La Suisse raffine l’or illégal de Madre de Dios

Publié: 25 décembre 2015 par Marc Fievet dans DNRED, Douane française, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, TRACFIN
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Blanchiment

Après avoir tenté de réduire les dégâts sur l’environnement, l’Etat a décidé de s’attaquer aux responsables de cette industrie illicite. Il enquête sur une trentaine de personnes et plusieurs entreprises pour «activité minière illégale» et «blanchiment d’argent», comme le confirme Daniel Linares, membre de l’Unité d’Intelligence financière du Pérou, qui participe à l’enquête effectuée par le ministère public et l’administration fiscale. «Le premier problème, c’est que ces entreprises n’ont payé aucun impôt depuis leur création», explique-t-il. Plusieurs clans familiaux, dont le procès est en cours, risquent près de dix ans de prison pour avoir vendu l’or récolté illégalement à Madre de Dios. Différentes sociétés sont concernées: Oro Fino, Arturo Ortiz Ortiz, Los Poderosos. Ainsi qu’une plus grande, Universal Metal Trading (UMT).

Ce n’est pas tout. Daniel Linares «soupçonne que pour financer l’extraction de l’or à Madre de Dios, ces entreprises ont eu recours à l’argent provenant du trafic de drogue». Dans un pays encore traumatisé par les exactions du Sentier Lumineux, la guérilla liée au trafic de la coca, la question est explosive. L’une des personnes actuellement poursuivies par les autorités, Luis Esteban Gallardo, a été condamnée à huit ans de prison en 2008 pour avoir blanchi l’argent du narcotrafic en achetant puis en revendant pour un million de dollars d’or. La presse nationale parle de «mafia».

Pourquoi le Pérou a-t-il attendu tant d’années avant de poursuivre ces clans? «Il n’existait tout simplement pas de loi pour condamner ces personnes», répond Julio Arbizu, le tout nouveau procureur anticorruption. Jeune et fringant, l’homme est bien décidé à imposer la tolérance zéro. Mais cet arsenal législatif a pris des années à être mis en place. Le délit de mine illégale n’est entré en vigueur qu’au mois d’avril 2012.

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Marie Maurisse

Le procureur Julio Guzman enquête sur l’un des plus gros scandales qui touche le Pérou. Et de son bureau de San Isidro, au sud de Lima, ce haut fonctionnaire a la Suisse dans le viseur. Une firme genevoise achète et raffine près de Chiasso de l’or venant de Madre de Dios, région tropicale à la frontière avec le Brésil. L’Etat péruvien soupçonne ces mines d’être liées au narcotrafic. Une fois purifié, le métal est vendu à l’horlogerie, l’industrie médicale ou dans les banques. Nommé en 2010 pour faire la guerre aux mines illégales, le procureur du ministère de l’Environnement exige que «la Suisse vérifie mieux l’origine de l’or péruvien».

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