FRANCE (opération Janissaire):  comment les fonctionnaires de L’OCRTIS enfumaient la justice …et la DNRED est arrivée, sans se presser, au Boulevard Exelmans 

Le scandale des Stups entre dans sa phase la plus explosive. 

Plus d’un an après la spectaculaire saisie de 7 tonnes de cannabis boulevard Exelmans, en plein Paris, l’enquête judiciaire confiée aux juges Marc Sommerer et Baudoin Thouvenot dévoile l’existence d’un système d’une ampleur inédite. Des dizaines de rapports confidentiels, notes et mails internes, auxquels Libération a eu accès, viennent étayer nos premières révélations sur ce qui s’apparente à un véritable trafic d’Etat (lire Libération des 23 mai et 9 juin). Car sous couvert d’une opération d’infiltration secrète baptisée «Janissaire», destinée à démanteler des réseaux de trafiquants, l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) a directement supervisé l’importation d’au moins 40 tonnes de cannabis en octobre 2015. L’équivalent de la consommation française pendant près de deux mois. Un système mis en place au plus haut niveau de la hiérarchie policière, qui a totalement échappé au contrôle judiciaire. « Nous n’avons été informés d’aucun transport de stupéfiants, a expliqué aux magistrats enquêteurs le juge lyonnais en charge du dossier, Bertrand Grain. Nous n’aurions jamais accepté la livraison d’une seule tonne de cannabis sous couvert de l’opération d’infiltration. Il était convenu que les convois de stups s’inscrivant dans ce cadre ne devaient concerner « que » quelques centaines de kilos de cannabis. » Ces convois auraient alors dû faire l’objet d’une commission rogatoire spécifique, mesure qui n’a jamais été requise.

Une affaire d’autant plus embarrassante que cette opération d’importation massive était prévue de longue date, et son principe parfaitement connu d’un certain nombre de hauts responsables policiers. Plusieurs d’entre eux devraient bientôt avoir à s’en expliquer devant l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, qui selon nos informations vient d’être cosaisie. Par ailleurs, le parquet de Paris a ouvert en septembre une autre information judiciaire à la suite des révélations d’un ancien informateur, qui a raconté dans les colonnes de Libération avoir été mandaté par l’ex-patron de l’Ocrtis pour charger et décharger 19 tonnes de cannabis dans le sud de l’Espagne. Une affaire qui devrait tôt ou tard être jointe à celle des 7 tonnes du boulevard Exelmans.

«Tonton» hors pair

Dans ce dernier volet, tout commence en mars 2015. Le commissaire François Thierry, alors patron de l’Ocrtis, sollicite un juge d’instruction lyonnais, Bertrand Grain, pour mettre en place une mesure d’infiltration. Officiellement, il s’agit d’approcher les trafiquants présumés pour mieux les coffrer et détruire ensuite la drogue saisie. En l’occurrence, la cible est un certain Omar (1), présenté comme un trafiquant à la tête d’une «organisation criminelle tentaculaire». L’infiltration doit être organisée en collaboration avec le Service interministériel d’assistance technique (Siat), qui gère tous les agents undercover au sein de la police. Un dispositif sans précédent doit être mis en place. Sous couvert de l’infiltration, il s’agit en réalité de faire entrer de la drogue sous surveillance policière afin d’identifier les réseaux intermédiaires. Un dispositif légal, à la condition d’être rigoureusement encadré par un magistrat. Selon une note confidentielle de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), datée d’avril 2015 (voir ci-contre), l’opération Janissaire vise à «mettre en œuvre pour la première fois en ­Europe une logistique complète d’importation de stupéfiants pour éradiquer plusieurs réseaux d’acheminement en un seul dossier judiciaire». Outre l’Ocrtis et le Siat, les services espagnols, marocains et algériens sont dans la boucle. Plusieurs cadres de la DCPJ sont également informés de cette infiltration inédite, dont le contrôleur général Philippe Veroni, patron de la Sous-direction de lutte contre la criminalité organisée et la délinquance financière.

Lire tout l’article d’Emmanuel Fansten:

http://www.liberation.fr/france/2016/11/29/comment-les-stups-ont-enfume-la-justice_1531830

Lire aussi:

NARCOTRAFIC: rien de bien nouveau dans les méthodes utilisées par les régaliennes (OCRTIS -DNRED – 36 – GENDARMERIE) pour lutter contre le fléau de la drogue

https://ns55dnred.wordpress.com/2016/11/29/narcotrafic-rien-de-bien-nouveau-dans-les-methodes-utilisees-par-les-regaliennes-pour-lutter-contre-le-fleau-de-la-drogue/

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