FRANCE đŸ‡«đŸ‡· (brigade de surveillance aĂ©ro-maritime de Lann-BihouĂ©): la BSAM est confrontĂ©e Ă  un manque d’aĂ©ronefs et dans l’incapacitĂ© d’assurer ses missions au service de l’action de l’Etat en mer

Publié: 11 novembre 2019 par Marc Fievet dans Narcotrafic INFOS

A Lann-Bihoué, la brigade de surveillance aéromaritime manque de moyens opérationnels.
Les personnels de la brigade de surveillance aĂ©ro-maritime de Lann-BihouĂ© (BSAM), c’est-Ă -dire la composante aĂ©rienne de la douane, sont dans l’incapacitĂ© d’assurer leurs missions au service de l’action de l’Etat en mer. Source

La BSAM est confrontĂ©e Ă  un manque d’aĂ©ronefs.

Sur les sept officiellement dĂ©clarĂ©s opĂ©rationnels, deux sont en maintenance, le 3Ăšme est mis Ă  la disposition d’une autre brigade.

Le retrait du dernier avion F406 a eu lieu comme prĂ©vu le 30 novembre dernier, alors que la mise en service du BEECHCRAFT KING AIR 350 ER n’est toujours pas effective. Cette situation plonge la brigade dans une situation d’inactivitĂ© durable et de dĂ©tresse.

De fin juillet au 31 dĂ©cembre 2018, la BSAM de Lann-BihouĂ© n’a disposĂ© que d’un avion opĂ©rationnel durant deux jours en septembre, afin de s’entraĂźner pour la mission Frontex en GrĂšce.

Face Ă  ce manque de moyens opĂ©rationnels et de solutions notoires, deux commandants de bord ont dĂ©jĂ  dĂ©missionné et rejoint le civil.

Les pilotes de la brigade sont au chÎmage technique, ils ne sont plus suffisamment entraßnés et perdent leur niveau de formation.

La DGA avait notamment soulignĂ© le fait que l’intĂ©gration des Ă©quipements techniques nĂ©cessaires Ă©tait susceptible d’occasionner des risques de dysfonctionnements, Ă  la fois de ces Ă©quipements mais aussi de l’avion lui-mĂȘme, en raison des interactions possibles entre les Ă©quipements et le systĂšme de commande de vol.

Les principales difficultĂ©s, encore non rĂ©solues Ă  ce jour, sont nĂ©es des opĂ©rations d’intĂ©gration des Ă©quipements que la Douane avait entendu mener seule. Les problĂšmes sont liĂ©s au choix de ne pas recourir Ă  un intĂ©grateur unique, qui aurait eu la responsabilitĂ© de la bonne fin de ces opĂ©rations et de contracter avec trois partenaires diffĂ©rents que l’administration n’avait pas la capacitĂ© technique de coordonner.

En novembre 2016, aucun des sept King Air 350 n’était opĂ©rationnel pour les missions auxquelles ils Ă©taient destinĂ©s faute d’ĂȘtre Ă©quipĂ©s.
Apparemment, ils ne le sont toujours pas. L’intĂ©gration des Ă©quipements de lutte contre la pollution se heurte toujours Ă  des difficultĂ©s importantes, et aucune solution viable n’a Ă©tĂ© trouvĂ©e permettant Ă  un appareil ainsi Ă©quipĂ© d’obtenir son certificat de navigabilitĂ©.

Il est mĂȘme envisagĂ© de ne pas utiliser les Ă©quipements de lutte contre la pollution pourtant achetĂ©e pour plus de 10 M€.
La DGA avait notamment soulignĂ© le fait que l’intĂ©gration des Ă©quipements techniques nĂ©cessaires Ă©tait susceptible d’occasionner des risques de dysfonctionnements, Ă  la fois de ces Ă©quipements mais aussi de l’avion lui-mĂȘme, en raison des interactions possibles entre les Ă©quipements et le systĂšme de commande
de vol. Les principales difficultĂ©s, encore non rĂ©solues Ă  ce jour, sont nĂ©es des opĂ©rations d’intĂ©gration des Ă©quipements que la Douane avait entendu mener seule.

François Mongin

Les problĂšmes sont liĂ©s au choix de ne pas recourir Ă  un intĂ©grateur unique, qui aurait eu la responsabilitĂ© de la bonne fin de ces opĂ©rations et de contracter avec trois partenaires diffĂ©rents que l’administration n’avait pas la capacitĂ© technique de coordonner.

L’antenne POLMAR de dĂ©tection de la pollution maritime mesure 4 mĂštres de long et pĂšse 70kg. Elle doit ĂȘtre montĂ©e de part et d’autre du fuselage, ce qui a pour consĂ©quence d’occulter les prises statiques de l’avion. DĂ©placer ces prises entrainerait un lourd dossier de certification avec Ă  la clĂ© des essais en vol au CEV.

Inenvisageable. 10 M€ gaspillĂ©s.

La Douane a acquis la totalitĂ© des divers Ă©quipements destinĂ©s Ă  ĂȘtre montĂ©s sur les BEECHCRAFT, sans attendre les rĂ©sultats de l’intĂ©gration des Ă©quipements sur un premier appareil. La Douane prĂ©voit que les derniers appareils qui pourraient ĂȘtre Ă©quipĂ©s avec les deux systĂšmes ne seraient pas opĂ©rationnels avant 2019.

La Douane doit gĂ©rer et entretenir deux flottes : celle des anciens appareils Cessna qui restent opĂ©rationnels mais dont le nombre diminue et celle des nouveaux BEECHCRAFT qui peuvent voler, mais sans utilitĂ© opĂ©rationnelle puisqu’ils ne sont pas Ă©quipĂ©s des systĂšmes de surveillance leur permettant d’accomplir leurs missions.

Sur les 17 pilotes formés sur BEECHCRAFT, 3 sont déjà partis à la retraite à ce jour, sans avoir pu rendre de services.

Soulignons aussi qu’à la Douane, les pilotes ne peuvent pas possĂ©der deux qualifications de types, ce qui offrirait pourtant un peu de souplesse. Au total, sur 133 M€ engagĂ©s depuis 2010, 117 M€ avaient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© rĂ©glĂ©s en 2016, sans qu’aucun appareil ne soit encore opĂ©rationnel, alors que le premier avait Ă©tĂ© livrĂ© en janvier 2011. S’ajoutent Ă  cette somme les coĂ»ts de maintenance des appareils livrĂ©s et les dĂ©penses pour les formations devenues inutiles. Reims Aviation qui avait fourni autrefois les F406 aux douanes françaises, n’a pas acceptĂ© d’ĂȘtre Ă©cartĂ© du marchĂ© de renouvellement de la flotte de la Douane. En guise de lot de consolation, elle a obtenu le marchĂ© de l’équipement des King Air 350ER, un avion que le constructeur ne connaissait pas. Faute de rĂ©unir toutes les compĂ©tences, Reims Aviation est allĂ©e les chercher ailleurs, d’une part chez ASI Innovation, bureau d’études Ă©galement implantĂ© Ă  Reims, d’autre part chez Atlantic Air Industries (titulaire du contrat de maintenance des F406 de la Douane), venu en soutien d’ASI Innovation.
D’oĂč le montage Ă  trois fournisseurs.

Entre temps, Reims Aviation a été placée en redressement judiciaire et a été reprise en 2014 par ASI Innovation, associé à Continental Motors, filiale du groupe chinois AVIC. 18 mois plus tard, ASI Innovation a repris Atlantic Air
Industries, mise en redressement judiciaire le 11 juin 2015 par le Tribunal de commerce de Toulouse.

JĂ©rĂŽme Fournel

La Douane a Ă©tĂ© Ă©pinglĂ©e par la cour des comptes, mais son DG JĂ©rĂŽme Fournel a continuĂ© Ă  gravir les Ă©chelons de sa belle carriĂšre d’irresponsable. Aujourd’hui, il est le patron de la DGFIP.

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