DOUANE FRANÇAISE 🇫🇷 (DNRED): la controverse suite Ă  la sortie du film Gibraltar et la rĂ©ponse de Marc Fievet publiĂ©e sur AllocinĂ© et complĂ©tĂ©e

Publié: 16 août 2020 par Marc Fievet dans 36, Afghanistan, AFRIQUE, Allemagne, AMERIQUE CENTRALE - CARAÏBE, AMERIQUE du NORD, AMERIQUE du SUD, Andorre, ASIE, Balkans, BAN, Belgique, Canaries, Carabinieri, CELTIC, Ceuta, Corse, Customs and Border Protection, Cyberdouane, Cybergendarmes, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, Espagne, EUROPE, EUROPOL, France, Gendarmerie, GIBRALTAR, GRC - RCMP (Canada), Guardia Civil, Guardia di Finanza (Italie), HM Customs Excise (UK), INTERPOL, Irlande, Italie, Justice, LUXEMBOURG, MAFIA, Malte, Moyen-Orient, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, NCA, NS 55, OCAD, OCLCO, OCRTIS, OFAST, Pakistan, Pays-Bas, Police, Policia, Portugal, Sardaigne, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, Suisse, SURV et BSI, SVA, TRACFIN, UAR, UK
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La controverse suite à la sortie du film Gibraltar et ma réponse publiée sur AllocinéRéponse de Marc Fiévet, suite à la polémique autour du tournage de Gibraltar, dans son intégralité

Bonjour Ă  toutes et Ă  tous, je m’appelle Marc Fievet, je suis l’homme qui a inspirĂ© le film « GIBRALTAR » après la parution de mon livre « L’AVISEUR ».

Suite aux vidĂ©os mises en ligne sur AllocinĂ© (celles d’Abdel Raouf Dafri et Julien Leclercq) et la controverse soulevĂ©e, j’estime nĂ©cessaire d’apporter quelques prĂ©cisions supplĂ©mentaires sur le film produit par Dimitri Rassam et rĂ©alisĂ© par Julien Leclercq, avec dans le rĂ´le de Marc Duval, Gilles Lelouche, dans le rĂ´le de l’officier recruteur des douanes françaises et agent traitant, Tahar Rahim et dans le rĂ´le du narco – considĂ©rĂ© comme le Copernic du narcotrafic mondial par Roberto Saviano dans son dernier livre Zero, zero, zero – Riccardo Scamarcio. Surprise dans ce livre de Saviano qui consacre plus de 50 pages Ă  Claudio Pasquale Locatelli, aucune trace de moi, certainement modification des faits souhaitĂ©e par les autoritĂ©s italiennes et amĂ©ricaines. Bizarre! Vous avez pensĂ© bizarre, comme c’est bizarre!

L’AVISEUR
Le  scĂ©nario initial tirĂ© du livre « L’Aviseur » que j’ai Ă©crit, et qui a inspirĂ© l’Ă©criture par Abdel Raouf Dafri, du scĂ©nario auquel j’ai participĂ© et pour lequel j’ai signĂ© un contrat de consultant, n’a pas Ă©tĂ© respectĂ© par le rĂ©alisateur et ne correspond en rien Ă  ce qui devait ĂŞtre tournĂ©…

Comment aurais-je pu accepter d’ĂŞtre prĂ©sentĂ© comme ce Marc Duval, tenancier d’un « bar Ă  tapas » de troisième zone, incapable de faire marcher son business et s’entĂŞtant toutefois Ă  garder un voilier qu’il n’Ă©tait pas capable d’assumer financièrement ?

Comment aurais-je pu accepter que le rĂ©alisateur Julien Leclercq tourne des scènes qui n’ont strictement rien Ă  voir avec la rĂ©alitĂ© de mon vĂ©cu ?

Comment aurais-je pu accepter de voir sali le rĂ´le que j’ai jouĂ© auprès des autoritĂ©s rĂ©galiennes et des ‘opĂ©rations undercover’ des services de lutte contre le narcotrafic ?

J’ai rencontrĂ© le rĂ©alisateur Julien Leclercq pour la première fois lors de la projection privĂ©e Ă  laquelle j’ai assistĂ©, accompagnĂ© de mes avocats, le 15 juin 2013. Je lui ai immĂ©diatement demandĂ© pour quelles raisons la scène de ma rencontre avec le ministre Michel Charasse ne figurait pas dans le film (alors qu’elle se trouvait dans le scĂ©nario d’Abdel Raouf Dafri)?  Après un bafouillage, il m’expliqua que c’Ă©tait une question de coĂ»t !

Fichtre, tourner une scène dans un bureau avec un ventru Ă  bretelles fumant le « Cohiba » aurait au moins dĂ©montrĂ© la volontĂ© politique des actions d’infiltration. Mais c’Ă©tait trop cher ! Ce sera l’unique rencontre que j’aurais eu avec ce « grand » professionnel.

Pourtant, si l’on en croit les propos de Christian Gatard :

Christian Gatard (le douanier joué par Tahar Rahim) interviewé par Ouest France le 7 octobre 2013:

« Marc FiĂ©vet a Ă©tĂ© très productif et très professionnel en matière de renseignements. Il travaillait de manière rigoureuse avec une production dense, riche et intĂ©ressante sur les individus et les mouvements de bateaux. Il a rencontrĂ© plusieurs fois le ministre, Michel Charasse, et les Douanes lui ont mĂŞme financĂ© l’achat d’un restaurant près de Marbella.

Notre coopération opérationnelle a duré six ans et malheureusement il a été arrêté par les Britanniques, à la demande des Canadiens.
Ă€ la question « Pourquoi a-t-il Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© ? » :
« Au fil du temps, il s’est infiltrĂ© dans les rĂ©seaux et a Ă©tĂ©, entre autre, en relation avec un gros baron de la drogue, Claudio Locatelli. Il a participĂ© Ă  de nombreuses opĂ©rations, notamment six tonnes de cocaĂŻne au Canada. Bien que les Britanniques aient profitĂ© des renseignements de Marc Fievet, ils avaient une dent contre lui au sujet d’une livraison de cocaĂŻne pour l’IRA qui n’avait pas eu lieu et ils l’ont « flinguĂ© ».
Grâce Ă  lui, on les avait informĂ©s de cette livraison, ils Ă©taient très intĂ©ressĂ©s, ils espĂ©raient arrĂŞter des membres de l’IRA et ont donnĂ© des instructions prĂ©cises.
Marc Fievet devait attendre en pleine mer la livraison par avion, en provenance du VĂ©nĂ©zuela. Mais, dans la zone concernĂ©e, les AmĂ©ricains ont procĂ©dĂ© inopinĂ©ment Ă  des contrĂ´les renforcĂ©s et le largage n’a donc pas eu lieu.
Après un mois d’attente, Marc Fievet est reparti et les Anglais ont Ă©tĂ© très dĂ©sappointĂ©s.
Cet Ă©pisode est d’ailleurs relatĂ© dans le film de manière dĂ©formĂ©e. Après son arrestation, il n’a pas Ă©tĂ© soutenu par la France. Il aurait peut-ĂŞtre pu bĂ©nĂ©ficier d’une remise de peine suite Ă  son rapatriement du Canada, deux ans après sa condamnation, mais le directeur gĂ©nĂ©ral des douanes avait changĂ© ainsi que le ministre. »
Que pensez-vous du film ?
« Il est assez violent. Heureusement, ces meurtres n’ont pas existĂ© ! Il y a des invraisemblances. On me fait faire des contrĂ´les en Espagne alors que c’est impossible. Il y a des choses amĂ©nagĂ©es par rapport Ă  la rĂ©alitĂ©.
Je n’ai pas un mauvais rĂ´le, mais le film ne retrace pas les nombreux Ă©changes qu’on a eus avec Marc Fievet. J’ai toujours des contacts avec lui et une certaine admiration, car il fallait du courage pour faire ce qu’on lui demandait. »
Interrogé à mon tour le 18 octobre 2013 par Ouest France
Comment avez-vous rencontré Christian Gatard ?
« J’Ă©tais en recherche d’emploi, il m’a contactĂ© par tĂ©lĂ©phone puis nous nous sommes rencontrĂ©s Ă  Gibraltar. J’ai acceptĂ© de travailler pour les douanes car c’Ă©tait une activitĂ© d’observation dans laquelle je pensais pouvoir m’intĂ©grer et obtenir des rĂ©sultats. J’estimais que j’Ă©tais en capacitĂ© de donner le change afin d’Ă©viter le danger et de pouvoir passer au travers des suspicions et de la paranoĂŻa des narco-trafiquants.
Nous avions des rĂ©sultats exceptionnels. Cela a bien marchĂ© jusqu’Ă  un changement de politique en mars 1993. Nicolas Sarkozy devenu ministre du budget du gouvernement Balladur a donnĂ© pour directive de supprimer toutes les actions d’infiltration, mais moi, j’Ă©tais dĂ©jĂ  infiltrĂ© dans l’organisation dirigĂ©e par Claudio Locatelli, baron de la drogue.
le cargo MELOR
Les responsables des douanes avec lesquels j’Ă©tais en relation ont Ă©tĂ© mutĂ©s.
Ă€ l’Ă©poque, je naviguais sur un bateau, financĂ© Ă  50 % par les douanes françaises et pour le reste par des narco-trafiquants anglais. N’Ă©tant pas informĂ© de cette nouvelle orientation politique, j’ai continuĂ© mon activitĂ© et fin juin 1993, j’ai organisĂ© Ă  l’hĂ´tel Meurice un rendez-vous avec deux financiers d’un trafic de quatre-vingts tonnes de cannabis. J’ai avisĂ© Christian Gatard pour que soit mis en place un dispositif afin de les identifier. La direction parisienne a refusĂ© de mettre Ă  disposition des hommes pour soutenir l’Ă©quipe nantaise et le dispositif a Ă©chouĂ©. (C’Ă©tait Joseph Le Louarn qui dirigeait la DNRED et qui a tout fait pour entraver mon action.)
Quelles ont été vos relations avec Christian Gatard ?
« Christian Gatard me disait d’ĂŞtre prudent, mais j’Ă©tais axĂ© sur la culture du rĂ©sultat et infiltrĂ© Ă  un niveau tel que je ne pouvais plus reculer. Je me suis retrouvĂ© sous la coupe de Locatelli qui m’a mis Ă  l’abri avec ma famille Ă  un moment oĂą j’Ă©tais menacĂ© ; les douanes françaises que j’avais sollicitĂ©es m’avaient laissĂ© tomber.
Christian Gatard a ensuite Ă©tĂ© mutĂ© Ă  Marseille et a reçu l’ordre de ne plus suivre mon affaire. Il a cependant Ă©tĂ© sollicitĂ© par sa hiĂ©rarchie pour se rendre au Canada après mon arrestation pour me dire que je devais plaider coupable, que je serai après rapatriĂ© en France et qu’on solliciterait une grâce prĂ©sidentielle.
Quand je suis rentrĂ©, l’énarque, inspecteur des finances François Auvigne, directeur gĂ©nĂ©ral des douanes Ă  l’Ă©poque, a refusĂ© d’intervenir et d’assumer la continuitĂ© du service de l’État.

De son cĂ´tĂ©, Michel Charasse, que j’avais rencontrĂ© cinq fois, n’est pas intervenu auprès de Jacques Chirac pour que je sois graciĂ©. Ce sont eux les deux responsables. Christian Gatard ne m’a pas laissĂ© tomber, on a travaillĂ© ensemble pendant six ans et je ne vois pas pourquoi je lui en voudrais. On se rencontre de temps en temps et c’est toujours un plaisir, mĂŞme si cela provoque chez moi un retour d’adrĂ©naline et me renvoie des annĂ©es en arrière. »

Que pensez-vous du film Gibraltar ?
« Il ne reflète pas du tout la rĂ©alitĂ©, ce n’est pas mon histoire. Je passe pour une vieille tâche. On oublie les relations politiques, il n’y a plus d’adoubement. La chronologie n’est pas du tout respectĂ©e et (lors de la promo de sortie du film faite par Gilles Lellouche) Je suis prĂ©sentĂ© par les mĂ©dias comme un narco-trafiquant repenti, ce qui est faux. »
Au dĂ©but, j’ai eu un contrat de coscĂ©nariste et j’ai participĂ© aux quatre premiers scĂ©narios (il y en a eu sept). Après j’ai Ă©tĂ© Ă©cartĂ© et je n’ai plus eu de nouvelles. Je n’ai pas Ă©tĂ© approchĂ© par Julien Leclercq, le rĂ©alisateur, ni par Gilles Lellouche qui joue mon personnage.

Comment aurais-je pu approuver le rĂ´le du personnage censĂ© me reprĂ©senter, tel que le joue Gilles Lelouche, alors mĂŞme que ce dernier s’est refusĂ© Ă  toute rencontre avec moi, arguant du fait qu’il ne voulait pas ĂŞtre « subjuguĂ© » ou « déçu ».

Un acteur, pour moi, lorsqu’il joue le rĂ´le d’un individu bien rĂ©el qui a inspirĂ© un scĂ©nariste,  doit respecter le profil de celui qu’il incarne Ă  l’Ă©cran. Et s’il a la chance que ce dernier soit vivant et qui plus est consultant sur le film, le minimum semble au moins qu’il accepte de passer quelques jours avec lui sur le tournage. Au lieu de cela, et c’est Gilles Lelouche lui-mĂŞme qui le prĂ©cisera lors d’une interview le 7 septembre 2013 avec Charlotte Bouteloup (TĂ©lĂ©matin-France 2),  il rĂ©Ă©crivait les dialogues et revoyait la mise en scène avec Tahar Rahim lors des soirĂ©es Ă  l’hĂ´tel, pendant le tournage en Andalousie. L’acteur a donc arrangĂ© le scĂ©nario et les dialogues Ă  sa façon, avec l’aval du prĂ©tendu rĂ©alisateur.

Dans ces conditions, les Ă©tats d’âme de Gilles Lelouche sont surprenants.

Alors, pourquoi ce film qui ne reprĂ©sente en rien la rĂ©alitĂ© ? C’est la question que je me pose et que je pose Ă  Dimitri Rassam !

Pourquoi avoir changé le scénario, le titre du film et le nom du personnage principal ?
J’ai appris de la bouche mĂŞme d’Abdel Raouf Dafri (qui le tient de Dimitri Rassam avec lequel il a eu une conversation tĂ©lĂ©phonique assez houleuse Ă  ce sujet) que le changement de mon nom en Marc Duval venait d’informations transmises Ă  SND (le distributeur du film) par un agent de la DST (La Direction de la Surveillance du territoire Ă©tait un service de renseignements du ministère de l’IntĂ©rieur, au sein de la Direction gĂ©nĂ©rale de la Police)… Ce mystĂ©rieux agent aurait informĂ© la sociĂ©tĂ© SND que je serais un individu sulfureux… Et qu’il valait mieux changer mon nom.
Dafri n’en a pas cru un mot, s’est brouillĂ© dĂ©finitivement avec le producteur et le rĂ©alisateur et a tournĂ© le dos au film, 8 jours avant le dĂ©but du tournage.
Personnellement, je pense qu’il vaut mieux en rire quand on sait que la DST n’existait dĂ©jĂ  plus Ă  l’Ă©poque de la mise en chantier du film, car remplacĂ©e par la DCRI (Direction centrale du Renseignement intĂ©rieur) au 1er juillet 2008, et que la postface de mon livre, « InfiltrĂ©, au coeur de la mafia », fut Ă©crite par un ancien patron de la DST !

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