Archives de 17 octobre 2020

Environ 20 000 conteneurs sont manipulés chaque semaine dans le port du Havre.

«Sur les ports, l’automatisation est généralisée, des dizaines de milliers de conteneurs circulants chaque jour» et «la douane* est dépassée», constate Michel Gandilhon qui sans détour l’affirme: « La tâche des forces de l’ordre est très , très difficile. »

* Les services de la douane ont répondu négativement à la demande de reportage sur le port et n’ont pas répondu aux demandes d’interview.

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FRANCE 🇫🇷 (Douaniers et Pafistes): les contrôles aléatoires sont tellement rares que la sécurité est remise en cause

Pourtant des moyens existent pour contrôler et vérifier ces conteneurs.

Encore faudrait-il que la Douane s’y intéresse!

Aujourd’hui, la CELTICS ne suffit plus pour détecter les cibles potentiels.

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Mais dans les faits, les moyens manquent toujours.

« On veut bien croire notre nouveau ministre qui a la volonté de lutter contre les drogues, mais il faut à tout prix qu’il mette en musique la partition qu’il nous joue », demande Frédéric Desguerres représentant Unité SGP police FO pour la région Normandie. L’antenne havraise du Service régional de police judiciaire est submergée de dossiers et ne s’intéresse quasiment exclusivement qu’à la cocaïne… Les agents manquent. « Au vu de l’importance des stupéfiants au Havre, l’antenne de la PJ mériterait d’avoir une réelle brigade de stupéfiants avec six personnes supplémentaires, pour avoir au minimum dix personnes qui ne fassent que ça et que les autres enquêteurs s’attaquent au criminel et au financier », demande le représentant syndical.

« Le combat contre ces trafics ne peut absolument pas se mener seul, reconnaissent les magistrats de la Jirs de Lille. Déjà au sein de l’Europe, nous sommes en relation sur des affaires avec Europol ou Eurojust. » Des coopérations ont lieu notamment avec le Brésil et le port de Santos, où les autorités « peuvent nous alerter en amont d’un déchargement », expliquent les magistrats de la Jirs. Toutefois, avec de nombreux pays, « la collaboration est encore à ce jour impossible. C’est compliqué par exemple de coopérer avec le Venezuela ou des pays qui n’ont pas de fichiers ADN ».

À cette coopération pénale délicate, vient s’ajouter la complexité du contexte de libre-échange où environ 20 000 conteneurs sont manipulés chaque semaine dans le port du Havre. «Sur les ports, l’automatisation est généralisée, des dizaines de milliers de conteneurs circulants chaque jour» et «la douane est dépassée», constate Michel Gandilhon qui sans détour l’affirme: « La tâche des forces de l’ordre est très , très difficile. »

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Une plantation illégale de cannabis à Martorell, près de Barcelone, le 6 octobre 2020. – AFP

A la frontière française, la Catalogne (nord-est) est devenue «la ferme (de cannabis) de l’Europe», selon Ramon Chacon, adjoint aux enquêtes criminelles de la police régionale catalane.

L’Espagne représente un tiers des saisies au sein de l’Union européenne, selon le dernier rapport européen sur les drogues, publié en 2019.

Tout a commencé il y a dix ans, lorsque les organisations distribuant le haschich marocain sur la côte méditerranéenne espagnole, qui disposaient déjà d’infrastructures solides et de contacts, «se sont rendues compte qu’elles gagnaient plus d’argent avec la marijuana», poursuit-il.

Avec 25 millions de consommateurs, le cannabis est la drogue la plus consommée en Europe et son commerce y pèserait environ 11,6 milliards d’euros en 2019, selon les estimations d’Europol.

Ces juteux bénéfices attirent en Espagne «les groupes organisés étrangers et multinationaux qui y créent de grandes installations de production pour répondre à la demande dans leurs pays», explique Jan Op Gen Oorth, porte-parole d’Europol.

Des groupes anglais, suisses, serbes, polonais ou français sont séduits par les faibles coûts et la législation espagnole et ses «zones grises», explique Ramon Chacon.

Le commerce et la consommation publique du cannabis sont interdits en Espagne mais la production pour la consommation personnelle est autorisée. Une législation qui a permis la création d’associations de consommateurs sans statut légal qui produisent du cannabis pour leurs membres.

Avec pour résultat, estime Ramon Chacon, une banalisation du cannabis et des «tentacules» du trafic de drogue qui atteignent «toutes les couches de la société», y compris en corrompant policiers et politiciens.

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