AFRIQUE DU SUD 🇿🇦 (Narcotrafic): retour sur le parcours de Nelson Yester-Garrido

Publié: 9 décembre 2020 par Marc Fievet dans Afrique du Sud, DEA (USA), HM Customs Excise (UK), NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, SERVICES ANTI-DROGUES
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Dans les annĂ©es 2000, l’Afrique du sud Ă©tait un paradis pour les narcos

Pourtant la police sud-africaine tentait de mettre fin à un trafic de cocaïne qui empruntait des routes et des moyens complexes. Une affaire qui souligne l’importance de l’Afrique du Sud comme plaque tournante du trafic international de stupéfiants.

Nelson Yester-Garrido, suspect-clĂ© dans l’enquĂŞte de la police sud-africaine, Ă©tait recherchĂ© aux Etats-Unis pour avoir tentĂ© d’acheter un sous-marin de l’époque soviĂ©tique permettant de faire entrer des quantitĂ©s industrielles de cocaĂŻne sur la cĂ´te ouest des Etats-Unis et au Canada. Voitures de sport, propriĂ©tĂ©s huppĂ©es, vie de château, et cadavres Ă  l’envi – l’histoire avait tout d’un roman d’espionnage. Sauf que ce n’était pas de la fiction. Il s’est enfui en 1997 en Afrique du Sud oĂą il a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© en 2010 pour trafic de drogue. [En fĂ©vrier 2013, en Afrique du Sud, les charges contre lui ont Ă©tĂ© annulĂ©es pour vice de procĂ©dure].

Chris Els, de la police sud-africaine, a déclaré au New Statesman que les personnes impliquées poursuivaient leurs activités et que l’enquête restait donc ouverte. De leur côté, les autorités brésiliennes ont mis la main sur huit suspects dans une opération coordonnée avec les autorités sud-africaines. Les suspects ont été arrêtés dans un raid lors duquel 166 kilos de cocaïne ont été saisis au port de Ngqura, près de Port Elizabeth [Afrique du Sud].

Un ripoux dans la police sud-africaine

Le lien de ce trafic avec la Grande-Bretagne a été mis au jour en 2010, lors d’un des plus grands procès depuis la fin de l’apartheid : le commissaire de police Jackie Selebi, le plus vieux représentant des forces de l’ordre, a été reconnu coupable de corruption et condamné à quinze années de réclusion.

Jackie Selebi avait la confiance du prĂ©sident sud-africain Thabo Mbeki. Il fut par ailleurs le premier prĂ©sident africain d’Interpol, ce qui lui valu beaucoup de publicitĂ©. Selebi a Ă©tĂ© reconnu coupable d’avoir acceptĂ© de l’argent – des sacs de papier kraft remplis
de billets – de Glen Agliotti, un trafiquant de drogue notoire. Selebi et Agliotti se rencontraient presque tous les jours au Brazilian Coffee Shop, un restaurant de Sandton, une somptueuse banlieue de Johannesburg. Et parmi les habituĂ©s qui partageaient leur table se trouvait Yester-Garrido.

C’est pendant le procès de Selebi que ces documents ont dévoilé l’existence d’un trafic vers la Grande-Bretagne. Les douanes britanniques avaient contacté la police sud-africaine, à la recherche d’informations sur Agliotti.
Celui-ci était accusé, avec d’autres personnes, d’introduire des “quantités significatives de cocaïne au Royaume-Uni”. La drogue, dissimulée dans un container de meubles, était envoyée par avion du Venezuela jusqu’en Angola, puis par voie terrestre jusqu’en Afrique du Sud. Selon certaines informations, en 2004, un premier essai de convoyage aurait été mené via Tilbury [l’avant-port de Londres]. Trois containers “propres” auraient été suivis de trois containers “sales”, remplis de drogue. Un des documents mentionne un associé britannique, surnommé Baldy John, avec son adresse postale et son numéro de portable. Pour échapper à des poursuites, Agliotti a témoigné contre son complice et aidé à inculper le commissaire de police

.Des animaux à la drogue, le pays trempe dans tous les trafics

La police sud-africaine recherche actuellement plusieurs autres personnes impliquées dans cette livraison de cocaïne, notamment Shane Paul Bhatti, qui a vécu en Zambie et au Zimbabwe.
M. Els dit avoir parlé à Bhatti, qui envisageait de se livrer à la police pour un interrogatoire. Mais depuis la mort de Chris Couremetis, un de ses associés, il craint pour sa vie. Connu dans le milieu sous le nom de “M. Cocaïne”. Chris Couremetis s’est fait descendre lors d’un mariage, alors qu’il sortait de sa Porsche Cayenne, par deux hommes armés d’une kalachnikov et d’un pistolet 9 mm. Nelson Yester-Garrido, qui aurait été en possession d’un pistolet ayant appartenu à Couremetis, a été à l’époque interrogé.

L’agence américaine des stupéfiants, la Drug Enforcement Administration (DEA), était également sur le coup.

Le responsable de la section européenne et africaine de l’agence, l’agent spécial Jeff Breeden, a déclaré que Yester-Garrido faisait l’objet d’un procès à Miami, et qu’il était toujours considéré comme fugitif. La DEA espère que les autorités sud-africaines s’occuperont de lui, mais refuse tout commentaire en raison du procès en cours.

Depuis la fin de l’apartheid, l’Afrique du Sud joue un rôle considérable dans le trafic international de drogue 

Lorsque les autorités ont cessé de combattre le Congrès national africain, les contrôles aux frontières ont fortement diminué. On peut lire ceci dans rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, établi à Vienne :“La fin de dizaines d’années d’isolement sur la scène internationale a eu pour conséquence d’accroître l’exposition de l’Afrique du Sud aux trafics de drogues transnationaux, ce qui a par ailleurs induit une augmentation de l’usage de stupéfiants sur le territoire national. Les trafiquants ont de plus tiré parti des bonnes infrastructures du pays, et l’Afrique du Sud est devenue un pays de transit de la cocaïne en provenance d’Amérique du Sud et de l’héroïne en provenance d’Afghanistan, et à destination de l’Europe.”

Les organisations criminelles du monde entier, depuis la mafia italienne jusqu’aux triades chinoises, ont trouvé un paradis où mener tranquillement leurs opérations.

L’Afrique du Sud servait à tous les trafics, depuis les cornes de rhinocéros jusqu’aux ormeaux et à la marijuana. Certains de ces réseaux ont été mis en place bien avant l’arrivée de Nelson Mandela à la présidence du pays. D’autres étaient liés aux opérations de l’ANC en exil.

Toutes les tentatives d’extradition de chefs d’organisations mafieuses réfugiés en Afrique du Sud ont échoué à cette époque. La législation qui protège strictement les droits humains s’avèrait alors un sérieux obstacle : elle empêchait d’extrader des criminels présumés pour les traduire en justice à l’étranger. Vito Palazzolo, un banquier mafieux, qui était impliqué dans des affaires de trafic d’opium dans les années 1970, rendues célèbres par le film The French Connection [1971, réalisé par William Friedkin], a pu vivre en toute quiétude en Afrique du Sud et en Namibie à partir des années 1980. Ce n’est que lorsqu’il s’est rendu en Thaïlande pour rendre visite à son fils qu’il a fini par se faire arrêter et extrader vers l’Italie, où sa culpabilité avait déjà été établie.

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