CÔTE D’IVOIRE 🇹🇼 (Spaghetti connection au BrĂ©sil): tous les chemins de la coke mĂšnent Ă  Rome (ou plutĂŽt Ă  Reggio de Calabre)

Quand Sylvain Coué racontait une saisie de coke

DerniĂšrement nous nous sommes arrĂȘtĂ©s en route du BrĂ©sil Ă  la CĂŽte d’Ivoire, suite Ă  la parution d’un article retentissant au printemps dernier qui continue Ă  faire des remous dans le pays, car il a clairement montrĂ© du doigt comme responsable du trafic de cocaĂŻne dans le pays, un ministre bien en vue, pas moins. On y a dĂ©couvert une nouvelle filiĂšre, en fait, surnommĂ©e trĂšs vite la « spaghetti connection » car elle Ă©tait dirigĂ©e
 par des italiens liĂ©s à l’inĂ©vitable mafia calabraise. Des italiens qui vont nous faire faire un tour en Afrique du Sud et en Croatie, comme quoi le trafic de coke nous fait beaucoup voyager. Avec au bout, hĂ©las, la menace que toute cette coke serve à alimenter les rĂ©seaux terroristes du Sahel, tous plus mafieux les uns que les autres


Pour nos deux journalistes , Nicholas Ibekwe (qui est nigĂ©rian d’origine, il est nĂ© dans le bidonville Maroko au sein d’une famille de onze enfants (1) et le belge Daan Bauwens, (2), la cocaĂŻne, dĂ©sormais, c’est sĂ»r, a bien envahi toute la CĂŽte d’Ivoire, depuis 2012  en commençant par la cĂŽte et les rejets intempestifs de la mer de ballots tombĂ©s des cargos les vĂ©hiculant. En commençant un article au titre un peu trop provocateur par une info douteuse ou mal documentĂ©e en fait : »Un matin, elle s’échouait sur la cĂŽte, on s’est littĂ©ralement fait submerger », dit Babacar, un grand rastafari qui supervise le chantier. « Un bateau d’AmĂ©rique du Sud se faisait poursuivre par un bateau de police et le capitaine n’a rien trouvĂ© de mieux Ă  faire que de jeter toute la marchandise par dessus bord. On trouvait des sacs en plastique remplis de coke sur toute la cĂŽte de l’Afrique de l’Ouest. Encore aujourd’hui, ça arrive. » Plusieurs personnes du village ont confirmĂ© l’histoire de Babacar mais personne ne parvient Ă  mettre une date dessus. Il se peut qu’il s’agisse des 6 tonnes qui ont Ă©tĂ© jetĂ©es dans l’ocĂ©an par un bateau bĂ©lizien devant la cĂŽte marocaine en 1997. Il est fort possible qu’il s’agisse d’un de ces incidents non-signalĂ©s ». Seulement voilĂ  : les courants  descendants des Canaries n’auraient pu que difficilement apporter en CĂŽte d’Ivoire cette fameuse cargaison abandonnĂ©e par le Duanas et qui s’est rĂ©pandue sur les plages, allant de Casablanca jusqu’au maximum Ă  la ville de Safi qui est bien plus au Nord du pays Ă©galement. (en CĂŽte d’Ivoire, les plages du pays sont en effet aussi lĂ©chĂ©es par un fort courant inverse, d’Est en Ouest, qui s’appelle le courant de Benguela ) ! Bon, toujours est-il que des ballots, il y en a eu, et
 beaucoup mĂȘme. Mais provenant du Maroc c’est nettement moins sĂ»r ! Dans son rapport « COCAINE TRAFFICKING IN WESTERN AFRICA » d’octobre  2007, l’UNDOC l’avait notĂ©  : « selon les forces de l’ordre, la cocaĂŻne est principalement expĂ©diĂ©e vers l’Afrique de l’Ouest sur des bateaux de pĂȘche et des cargos. La drogue est gĂ©nĂ©ralement dissimulĂ© dans des zones de dissimulation construites spĂ©cialement Ă  cet effet dans le cadre du bateau, comme un rĂ©servoir d’huile modifiĂ©. Ces zones de dissimulation rendent trĂšs difficile la dĂ©tection du mĂ©dicament sans intelligence spĂ©cifique quant Ă  sa localisation. Des saisies de cocaĂŻne ont Ă©galement Ă©tĂ© effectuĂ©es sur des yachts privĂ©s plus petits ». En illustration la photo de l’interception du cargo «Master Endeavour» et les ballots de cocaĂŻne retrouvĂ©s dans le chĂąssis du navire par la Marine Nationale, prĂȘts Ă  ĂȘtre balancĂ©s Ă  l’eau. « Les saisies effectuĂ©es en haute mer nĂ©cessitent de longs prĂ©paratifs et la perquisition ne peut ĂȘtre effectuĂ©e qu’aprĂšs avoir reçu l’autorisation des autoritĂ©s du pavillon du navire » y-ajoutait-on : les attraper n’est pas facile, dĂšs qu’il s’agit de relais international, si on veut ne se mettre personne Ă  dos
 ci-dessous une saisie record en 2006 sur la cĂŽte du Ghana :

Le nom de baptĂȘme de la filiĂšre « spaghetti » 

Plus intĂ©ressante est la suite de leur enquĂȘte : « en septembre 2018, 1,2 tonne de cocaĂŻne d’une valeur marchande de 250 millions d’euros a Ă©tĂ© interceptĂ©e dans le port de Santos, au BrĂ©sil , Ă  destination d’Abidjan. La drogue Ă©tait cachĂ©e dans des machines de construction lourdes (nota : on en trouvera 8 tonnes au final !!!). Le transport Ă©tait organisĂ© par la ‘Ndrangheta et la Camorra napolitaine.

 On doit donc y rencontrer Sylvain CouĂ©, l’agent qui avait arrĂȘtĂ© en pleine nuit dix-huit suspects de cette opĂ©ration quelques semaines avant cet entretien (
) Couvert d’une casquette rouge, Sylvain CouĂ© est un cinquantenaire plutĂŽt affable. Il commande des expressos pour tout le monde et commence Ă  raconter » : « J’avais reçu l’info de la police brĂ©silienne qu’il y avait 1,2 tonnes en route pour Abidjan », dit-il Ă  propos de l’opĂ©ration, « J’avais reçu l’adresse du dĂ©pĂŽt oĂč les engins de construction allaient arriver et ĂȘtre dĂ©mantelĂ©s. En mĂȘme temps j’avais reçu l’info de la police italienne qu’un membre de la ‘Ndrangheta venait d’ĂȘtre envoyĂ© ici. On l’a suivi dĂšs son arrivĂ©e et il s’est dirigĂ© directement vers le dĂ©pĂŽt de dĂ©mantĂšlement au port. La 1,2 tonne allait y ĂȘtre sortie des engins, emballĂ©e et envoyĂ©e dans des containers vers l’Italie ».

Le surnom des trafiquants inconnus a alors vite Ă©tĂ© trouvĂ© : « Les propriĂ©taires du dĂ©pĂŽt n’appartenaient pas Ă  la « Ndrangheta mais Ă  la Camorra, la mafia napolitaine. Ils tenaient Ă©galement la pizzeria « Regina Margherita » au centre d’Abidjan. « (ici Ă  droite) « Tout se passait autour de ce restaurant et comme j’avais besoin d’un nom pour l’opĂ©ration, je l’ai baptisĂ©e “The Spaghetti Connection”. Je pensais que ça ferait rire tout le monde. Pizza Connection, French Connection, Italian Connection, ils avaient tous Ă©tĂ© utilisĂ©s auparavant. Ce n’était certes pas un restaurant de spaghetti, mais bon. »  L’homme derriĂšre la coke Ă©tait en fait « PĂ©pé » (ici Ă  gauche) et c’était en fait le cuisinier de la pizzeria ! Il a Ă©tĂ© interpellĂ© le 7 juin 2019 en compagnie de 5 compatriotes italiens, d’un franco-turc, et de 3 ivoiriens. « Ils tentaient de faire pĂ©nĂ©trer sur le sol ivoirien plus d’une tonne de cocaĂŻne en provenance du BrĂ©sil »  note le journal KOACI.

Le spaghetti, c’est universel; on le trouve partout !

A signaler que le procĂ©dĂ© de la pelleteuse Ă©tait classique (3), ils avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© utilisĂ© à plusieurs reprises auparavant comme j’avais pu aussi vous le dire ici. « Un procĂ©dĂ© ancien, car en 2006 dĂ©jĂ , lors de l’arrestation puis l’extradition aux USA de Manuel Felipe Salazar-Espinoza, alias “Hoover« , alias encore « el rey de la cocaĂ­na », un des rois en effet du marchĂ© de la coke coincĂ© par la DEA, on s’était aperçu qu’il avait abondamment utilisĂ© ce procĂ©dĂ© pour transborder sa cocaĂŻne de Panama au Mexique, via d’énormes grues dans laquelle avait Ă©tĂ© dissimulĂ© 1,3 tonne d’un coup (contenu Ă©talĂ© ici Ă  gauche), un record pour l’époque. En 2011 encore, la police  espagnole avaient saisi idem une cargaison de pains de coke dissimulĂ©s dans l’embase d’une pelleteuse (ci-dessus Ă  droite).

Un procĂ©dĂ© classique, donc, de dissimulation, qui a Ă©tĂ© rĂ©employĂ© rĂ©cemment, mais Ă  l’üle Maurice, l‘engin provenant cette fois de l’Afrique du Sud ! ! La drogue provenant lĂ  aussi au dĂ©part de façon surprenante du BrĂ©sil (importĂ©e par Scomat, une sociĂ©tĂ© sise Ă  Pailles) ! Le bateau transporteur Ă©tant alors le cargo de type RORO Hoegh Antwerp (qui avait transportĂ© aussi en mĂȘme temps Mauricio, le premier tram du Metro Express, en venant d’Espagne). Le BrĂ©sil mĂšne dĂ©cidĂ©ment Ă  tout ! Remarquez, avec le flot d’avions chargĂ©s de coke que l’on vient d’étudier (cf ls Ă©pisodes prĂ©cĂ©dents) et ceux Ă  dĂ©couvrir bientĂŽt ici, ce n’est guĂšre Ă©tonnant. Ce qui l’est davantage, cette fois, c’est le rĂŽle de l’intermĂ©diaire sud-africain et de l’arrivĂ©e Ă©galement par l’Est du contient (oĂč parvient plutĂŽt l’hĂ©roĂŻne afghane) !

A la RĂ©union aussi, mĂȘme principe !

Étrange dĂ©couverte, en effet que cette autre tractopelle brĂ©silienne pleine de coke, qui a menĂ© aussi Ă  une autre affaire, celle de la dĂ©couverte en juin de 140 kg de cannabis Ă  La RĂ©union sur la cĂŽte Ouest de l’Afrique donc. C’est le journal ExpressMu qui a fait le lien,  qui est assez Ă©tonnant, ma foi :  « Retour sur la saisie de 140 kg de «zamal» (la »weed » locale en fait le Cannabis Sativa L ). « Le 1er juin, la police rĂ©unionnaise fait main basse sur 140 kg de cannabis Ă  Sainte-Rose. Le skipper du bateau qui devait transporter la drogue vers Maurice a le temps de prendre la fuite et, quelques jours plus tard, l’embarcation est retrouvĂ©e Ă  Flic-en-Flac. Plusieurs personnes avec des connexions avec des partis politiques sont interpellĂ©es. Les Ă©tats-majors politiques dĂ©mentent sur le champ. La police les soupçonne d’ĂȘtre des prĂȘte-noms. Mais deux mois plus tard, rien de nouveau n’a Ă©tĂ© trouvĂ© et l’enquĂȘte est au point mort. Sunil Krishna Dowlut, Steve Nicolas Mariette et Damien Jean-Pierre, les trois propriĂ©taires du bateau qui a servi Ă  prendre la fuite pour rejoindre Maurice, ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s dĂ©but juin (nota : Sunil Krishna Dowlut, qui habite Pointe-aux-Canonniers, n’est autre que le fils de Sunil Dowlut, connu Ă  Grand-Gaube dans la gestion de catamarans et surtout pour ses liens politiques). « L’ancien propriĂ©taire du bateau avait aussi Ă©tĂ© appelĂ© Ă  donner sa version des faits. AprĂšs son interrogatoire, cet habitant du Nord avait Ă©tĂ© autorisĂ© Ă  partir. Cependant, un fait interpelle. Il aurait vendu le bateau pour la somme de reais (bĂ©siliens)  500 000 (79 328 euros) alors qu’il en valait au moins quatre fois plus, selon des sources policiĂšres. Ce n’est pas la premiĂšre fois que cet homme faisait parler de lui. En fĂ©vrier, la presse avait fait Ă©tat de son anniversaire qu’il avait cĂ©lĂ©brĂ© dans le Nord. Lors de la fĂȘte, de la drogue avait Ă©tĂ© mĂ©langĂ©e Ă  des amuse-bouches et plusieurs invitĂ©s estimant qu’ils subissaient les effets d’une overdose avaient dĂ» ĂȘtre transportĂ©s Ă  l’hĂŽpital (ici un  autre cas du mĂȘme genre en Australie). MalgrĂ© cela, aucune enquĂȘte policiĂšre n’avait Ă©tĂ© initiĂ©e. De plus, il se trouve que l’homme en question ne serait pas totalement Ă©tranger au controversĂ© couple Agliotti ».  En illustration ici, trois types de bateaux rapides rencontrĂ©s à Maurice oĂč ils sont fort apprĂ©ciĂ©s.  Des bateaux d’agrĂ©ment pouvant devenir au besoin des speed-boats Ă  coke !!!

Un riche couple d’origine italienne mis en cause

Pour mĂ©moire ce n’est pas la premiĂšre fois que ce couple richissime pourtant bien en vue se retrouvait dans la tourmente, en ayant pris rĂ©cemment la poudre d’escampette du pays. « Pour rappel, le nom de Glenn Agliotti avait surgi au Parlement le mardi 16 juillet. Adrien Duval, lui-mĂȘme habitant le Nord, comme ce dernier, avait demandĂ© comment cet homme, condamnĂ© pour trafic de drogue en Afrique du Sud, avait eu, du Prime Minister’s Office, son permis de rĂ©sidence Ă  Maurice. Ce dernier a quittĂ© le pays en compagnie de sa femme Lelani peu aprĂšs la saisie de cocaĂŻne, comme en faisait part l’express dans son Ă©dition du 27 juillet. Le couple Agliotti avait louĂ© une maison Ă  Cap-Malheureux appartenant Ă  l’épouse de l’ancien propriĂ©taire du bateau. Le bĂątiment devait abriter la compagnie de Lelani Agliotti, « Style by Bella ». Cette compagnie, spĂ©cialisĂ©e dans la mode et le design, demeure largement mĂ©connue dans le milieu local. D’ailleurs, le nom de la propriĂ©taire de la maison figure sur les documents d’enregistrement de Style by Bella. « 

Un Agliotti qualifiĂ© par le mĂȘme magazine carrĂ©ment de
 trafiquant, quant il avait voulu relancer la culture du tabac dans l’üle :  « Pourquoi ce trafiquant de drogue s’intĂ©resse-t-il Ă  Maurice ? Depuis quelques semaines, dans les couloirs du ministĂšre des Finances, le nom de Glenn Agliotti fait du bruit. Le Sud-Africain semblerait vouloir relancer d’industrie du tabac Ă  Maurice. À l’HĂŽtel du gouvernement, l’on affirme n’avoir reçu aucune demande d’investissement. Glenn Agliotti, qui a Ă©tĂ© condamnĂ© en Afrique du Sud a, nĂ©anmoins, un occupation permit pour rester Ă  Maurice. Ce permis est valide jusqu’en 2021. Dans les milieux concernĂ©s, l’on explique que ce permis ne lui a pas Ă©tĂ© octroyĂ© comme Ă  un investisseur (local). D’ailleurs, il n’habite pas sur le territoire mauricien ». « Sa derniĂšre visite au pays remonte au mois dernier. NĂ©anmoins, au ministĂšre des Finances on laisse entendre que Glenn Agliotti serait en contact avec de hauts cadres de l’hĂŽtel du gouvernement. Et ce, puisqu’il voudrait investir dans l’industrie du tabac. Le hic, cependant, est que Glenn Agliotti n’est pas net. Outre sa condamnation pour trafic de drogue en 2007, il a Ă©tĂ© impliquĂ© dans le meurtre de l’homme d’affaires Brett Kebble, en Afrique du Sud. (en 2005). Les charges ont Ă©tĂ© abandonnĂ©es en 2010.  » Bref, notre « socialite » courant les salons et les soirĂ©es mondaines possĂ©dait un passĂ© trĂšs sulfureux qu’il avait rĂ©ussi, visiblement, Ă  faire oublier Ă  tout le monde !!!

Canaries versus Croatie

A noter que l’Afrique du Sud a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© citĂ© en 2011 dans la sĂ©rie, en tant que relais entre la Colombie et la Serbie ou le MontĂ©nĂ©gro
 y sĂ©vissait aussi le marchand d’armes David Topokh (et William Meaney !). Lire ceci aussi. La filiĂšre tout juste de faire reparler d’elle le 20 septembre, avec l’arrestation au large des Canaries  dans les eaux internationales, Ă  quelque 163 km Ă  l’ouest de l’üle de La Palma d’un voilier battant pavillon croate, le « Majic” un bel OcĂ©anis 46 de 13,68 m, contenant une tonne de cocaĂŻne. A son bord, « trois ressortissants croates. Ils font partie d’une « cellule » du « cartel balkanique spĂ©cialisĂ© dans le trafic de drogue sur des voiliers et des yachts« , a indiquĂ© la police dans un communiquĂ©. Le bateau avait en fait l’objet d’un suivi : « dans le cadre de l’opĂ©ration « Falkusa« , le voilier a Ă©tĂ© observĂ© depuis son dĂ©part du port croate de Sibenik, dĂ©but 2020. Au mois d’aoĂ»t, il s’était dirigĂ© des Ăźles Canaries vers le sud pour embarquer la cargaison. Plusieurs enquĂȘtes de la Garde civile espagnole ont fait Ă©tat ces derniers temps d’une « prĂ©sence toujours plus consolidĂ©e » en Galice, dans le sud de la pĂ©ninsule et sur les Ăźles Canaries, de membres des bandes criminelles de l’Albanie, du MontĂ©nĂ©gro, de la Croatie et de la Bosnie, « responsables de nombre des importations de cocaĂŻne en Europe » Les fameux galiciens, j’en ai aussi dĂ©jĂ  parlĂ© ici. On remarque que, fait inhabituel, le voilier Ă©tait venu chercher la drogue aux Canaries, oĂč elle avait donc Ă©tĂ© apportĂ©e d’abord. Par voie maritime.. ou aĂ©rienne ? On ne sait. Les trafiquants auraient eu en rĂ©alitĂ© d’autres projets « plus classiques » au dĂ©part : « en raison de la pandĂ©mie mondiale de COVID-19, l’équipage du «Majic» a Ă©tĂ© soumis Ă  plusieurs contrĂŽles et inspections sanitaires dans diffĂ©rents ports des CaraĂŻbes », selon la police espagnole. Cela a gĂąchĂ© leurs projets de chargement de drogue, de sorte que le bateau a naviguĂ© vers les Ăźles Canaries et a descendu la cĂŽte ouest-africaine, oĂč des groupes criminels locaux ont chargĂ© le navire de paquets de cocaĂŻne alors qu’il se trouvait dans les eaux internationales. » Ce qui nous donnerait un chargement vers le Sahara Occidental, voire la Mauritanie
 ou le SĂ©nĂ©gal !

Tous les chemins de la coke mÚnent à Rome (ou plutÎt à Reggio de Calabre)

L’un des intĂ©rĂȘts de l’enquĂȘte explosive repose sur un clichĂ© Ă©tonnant : celui de policiers italiens munis de simples pelles en train de dĂ©vaster un jardin de Reggio de Calabre, tout Ă  la pointe de la botte italienne. « fin mars, le chef de la mafia Rocco MolĂš (25 ans) s’est fait coincer lorsque la brigade des stup italienne a trouvĂ© une demi-tonne de cocaĂŻne Ă  Reggio de Calabre, en campagne. Une partie Ă©tait cachĂ©e dans des granges et une autre Ă©tait enterrĂ©e Ă  un mĂštre sous terre. Le Clan MolĂš est l’une des branches les plus puissantes de la ‘Ndrangheta, de la mafia calabraise et l’une des organisations criminelles les plus Ă©laborĂ©es du monde. Mais alors que presque toute l’Italie Ă©tait immobilisĂ©e Ă  cause de la pandĂ©mie, la ‘Ndrangheta ne savait plus comment rĂ©pandre la cocaĂŻne Ă  travers l’Europe et des erreurs ont Ă©tĂ© commises. »

Le clan MolĂ© est surtout connu pour le dĂ©nommé  « Mommo » (avec deux « M »,aucun lien avec Ghostofmomo, rassurez-vous), chef de la ‘Ndrangheta de Calabre qui purge actuellement plusieurs peines de prison  à perpĂ©tuitĂ©. C’est le fils et l’hĂ©ritier d’Antonio MolĂš, le chef historique de ‘Ndrangheta de la rĂ©gion de Gioia Tauro. « Le clan a au moins cent ans d’histoire », selon Mommo MolĂš dans une conversation faite sous Ă©coute. « Les frĂšres MolĂš, Girolamo, Domenico et Rocco (celui du jour donc) ont repris les rĂȘnes du clan de leur pĂšre ». « Le clan MolĂš Ă©tait alliĂ© Ă  leurs proches des Piromalli ‘ndrina , Ă©galement de Gioia Tauro. On les appelle souvent une seule organisation, le clan Piromalli-MolĂš. Ils ont une emprise de fer sur de nombreuses activitĂ©s Ă©conomiques de la rĂ©gion, en particulier sur le port maritime de Gioia Tauro, le plus grand terminal Ă  conteneurs de la MĂ©diterranĂ©e ». VoilĂ  aussi qui nous mĂšne au trafic d’armes, donc !!! Et Ă  l’affaire de l’Otterloo, et a Century Arms, encore une fois !  « La famille MolĂš est le bras militaire du clan Piromalli », selon Francesco Forgione, ancien prĂ©sident de la Commission Antimafia du Parlement italien. Au sein de l’organisation Piromalli, le clan MolĂš est responsable du trafic de drogue et gĂšre les relations avec les succursales de ‘Ndrangheta dans le centre et le nord de l’Italie ainsi qu’avec les cartels de la drogue colombiens«   on y revient donc !

Des trafiquants qui voyaient grand

L’Afrique du Sud, devenue un autre refuge pour trafiquants : c’est lĂ  en effet que l’on a retrouvĂ© le cubain Nelson Yester-Garrido, recherchĂ© aux Etats-Unis pour avoir tentĂ© d’acheter un sous-marin de l’époque soviĂ©tique (ici il pose devant) permettant de faire entrer des quantitĂ©s industrielles de cocaĂŻne sur la cĂŽte ouest des Etats-Unis et au Canada. AvecJuan Almeida, Andrew Cassara, et Wade Jones, Jr.  Il s’était enfui en 1997 en Afrique du Sud oĂč il a Ă©té arrĂȘtĂ© en 2010 pour trafic de drogue (mais les charges contre lui ont Ă©tĂ© vite annulĂ©es pour vice de procĂ©dure). ArrĂȘtĂ© au final en Italie, Garrido a Ă©tĂ© extradĂ© aux USA en 2019. En aoĂ»t 2020 en Floride il a plaidĂ© coupable et risque dĂ©sormais 40 ans de prison (le jugement final est annoncĂ© pour la fin de l’annĂ©e).

A dĂ©faut, on l’a vu, c’est une semi-submersible artisanal e plus de 10 mĂštres de long qui rĂ©ussira une traversĂ©e que l’on suppose Ă©prouvant pour son Ă©quipage en novembre 2019 en se faisant prendre Ă  Cangas en Galice, prĂšs de la frontiĂšre portugaise, avec plus de 3 tonnes de coke Ă  bord (pour 100 millions d’euros). A bord, surprise, trois Ă©quatoriens ! Mais il aurait dĂ©marrĂ© son long pĂ©riple de l’Amazonie, Ă  Manaus
 au BrĂ©sil (situĂ©e Ă  1,380 km  de la mer) l!!!

 

Mieux encore : lors d’une conversation enregistrĂ©e par un agent infiltrĂ© du FBI au sujet de l’accord pour le sous-marin de patrouille diesel de classe Tango rĂ©vĂ©lĂ©e devant le tribunal fĂ©dĂ©ral de Fort Lauderdale, le dĂ©nommĂ© Leonid « Tarzan » Fainberg Ă©galement connu sous le nom de Ludwig Lyosha Fainberg, un immigrant ukrainien dont la famille avait fui en IsraĂ«l pour Ă©viter l’antisĂ©mitisme soviĂ©tique, propriĂ©taire Ă  Miami du restaurant « russe » Babushka, s’est vantĂ© que lui-mĂȘme et Juan Almeida avaient vendu plusieurs hĂ©licoptĂšres militaires soviĂ©tiques ukrainiens Mil MI-8 d’un million de dollars au cartel de Cali, avant mĂȘme de proposer le sous-marin !!! En janvier 2017, Almeida a Ă©tĂ© accusĂ©e au niveau fĂ©dĂ©ral par la Drug Enforcement Administration de « complot en vue de possĂ©der des stupĂ©fiants dans l’intention de les distribuer ». Il a étĂ© condamnĂ© Ă  purger six ans dans une prison fĂ©dĂ©rale. En ce moment encore, on peut acheter via le net un MIL-MI8 hongrois d’occasion « fully functional, » pour 180 000 euros seulement affichant 3647 h de vol. On en ignore l’état gĂ©nĂ©ral
 mais pour ce tarif on bĂ©nĂ©ficie d’un gros rĂ©servoir supplĂ©mentaire en soute et mĂȘme de ses paniers Ă  roquettes (ici Ă  droite) ! Avis aux trafiquants !

Le coup du remorqueur 

Revenons sur l’autre cĂŽte de l’Afrique, cĂŽtĂ© Est. J‘avais aussi expliquĂ© en mars dernier ici le rĂŽle des traversĂ©es atlantiques des gros chargements par voiliers, mais aussi par d’autres moyens de transport maritime, parfois inattendus  : « selon des sources proches de l’enquĂȘte, le dispositif de police s’est accĂ©lĂ©rĂ© en octobre aprĂšs la saisie en haute mer de 3 800 kilos de cocaĂŻne dissimulĂ©s dans le Thoran, un remorqueur arborant le drapeau de la Barbade.  C’était l’opĂ©ration Briol, coordonnĂ©e par le juge du tribunal national Fernando Andreu. Les enquĂȘtes ouvertes visant Ă  trouver l’organisme responsable de l’envoi de ces 165 balles de drogue et de leur rĂ©ception en Espagne ont conduit Ă  Sito Miñanco (un trafiquant notoire). »

Le remorqueur Thoran décrit ici, battant pavillon des Comores, avait été, intercepté le 7 octobre 2017, entre le Portugal et les ßles Canaries, avec 3,8 tonnes de coke à bord.  Je vous avais rappelé son saisissant trajet:

Pour nos deux enquĂȘteurs, l’accumulation de paquets en bord de mer et l’épisode de la pizzeria indiquaient qu’il Ă©tait temps pour la Police d’intervenir. « Le 6 juin, les forces de l’ordre sont entrĂ©es en action » nous raconte Sylvain CouĂ©. « Nous avions 18 Ă©quipes pour un nombre Ă©gale de cibles », raconte Sylvain, « il Ă©tait six heures du matin et on les a toutes sorties du lit et placĂ©es sous arrestation. Tout le monde se trouvait Ă  Abidjan, Ă  l’exception d’un Italien qu’on a arrĂȘtĂ© Ă  la frontiĂšre du Liberia. » Dans les domiciles des suspects, on a retrouvĂ© des Uzis, des armes automatiques, 100 000 dollars en cash, des voitures de luxe et un nombre impressionnant de montres de luxe. « L’attirail classique du bon maffioso, quoi », commente Sylvain. Des 18 suspects, seulement cinq pouvaient ĂȘtre retenus grĂące aux preuves suffisantes. Il s’agit de quatre Italiens et d’une Ivoirienne ». « L’autoroute 10 » dĂ©crite partout la voici en effet :

Et la drogue qui continuait d’arriver, via ce trajet, notamment par voiliers : « retour sur la Highway 10, la route de la cocaĂŻne qui lie l’AmĂ©rique du Sud Ă  l’Europe via l’Afrique de l’Ouest ».

« Le 3 fĂ©vrier dernier, Ă  six heures et demie du soir, la marine ivoirienne intercepte une pirogue en bois avec pour Ă©quipage, cinq personnes et 411 kilos de cocaĂŻne. Quatre jours plus tĂŽt, la marine avait dĂ©jĂ  repĂ©rĂ© un voilier espagnol qui avait rendez-vous avec la pirogue, Ă  250 kilomĂštres au large de la CĂŽte d’Ivoire. La cocaĂŻne Ă©tait conditionnĂ©e dans des emballages avec l’étiquette « Pacena Black », une biĂšre bolivienne.  Ça ou LV, pour le nom de Louis Vitton (ci-dessus Ă  droite) ! Le (grand) voilier mĂšre est ici Ă  gauche arraisonnĂ© Ă  41 km des cĂŽtes au large de San-Pedro. Il s’était alors dĂ©jĂ  dĂ©lestĂ© dans les barques parties du rivage des balles de coke. Mais on en retrouvera des traces Ă  son bord. Ce sont en fait ces frĂȘles embarcations, qui, en chavirant au large, dissĂ©minaient les ballots remplis de pains de coke
.

Au bout, le danger d’approvisionner le terrorisme 

Drogue et armes ont toujours fait bon mĂ©nage. Aussi c’est sans surprise que l’on relie ce commerce florissant Ă  l’explosion des groupes terroristes au Sahel, dĂ©guisĂ©s en islamistes fondamentaux. Le 2 mai 2013, l’IndĂ©pendent nous avait prĂ©venu  (et Reuters aussi) – l »ONU estime qu’environ 18 tonnes de cocaĂŻne, d’une valeur marchande estimĂ©e Ă  1,25 milliard de dollars (800 millions de livres sterling), traversent l’Afrique de l’Ouest chaque annĂ©e – prĂšs de 50% de toute la cocaĂŻne non destinĂ©e aux États-Unis. La plupart proviennent de la Colombie, du PĂ©rou et de la Bolivie et se rendent en Afrique de l’Ouest sur des jets privĂ©s, des bateaux de pĂȘche et des cargos le long de la fameuse «route 10» – la route la plus courte entre les continents le long du 10e parallĂšle de latitude. Aujourd’hui, le rĂŽle des islamistes liĂ©s Ă  Al-Qaida – qui contrĂŽlaient le nord du Mali depuis le dĂ©but de 2012 jusqu’à ce qu’ils aient Ă©tĂ© Ă©vincĂ©s par les troupes françaises et africaines cette annĂ©e – alimente les craintes quant au potentiel du trafic de drogue de dĂ©stabiliser la rĂ©gion ». On ne saurait mieux dire: l’autoroute 10 est à la fois maritime et aĂ©rienne !!!

«Il existe des preuves tangibles du lien entre Al-Qaida et le trafic de cocaĂŻne au Sahara», a dĂ©clarĂ© le Dr Kwesi Aning, directeur des affaires acadĂ©miques et de la recherche au centre international de formation au maintien de la paix Kofi Annan au Ghana. «Au dĂ©but, le commerce Ă©tait principalement dominĂ© par les Touaregs et les intermĂ©diaires qui guidaient les trafiquants vers des dĂ©charges d’eau et de carburant dans le dĂ©sert. Mais aprĂšs qu’Al-Qaida s’est impliquĂ©e il y a environ 10 ans, nous avons vu une augmentation massive des quantitĂ©s de cocaĂŻne impliquĂ©es. Ils avaient les rĂ©seaux et ils avaient le savoir-faire logistique. Les experts disent que le manque d’application de la loi au Sahara a permis Ă  l’islamisme et au commerce de la cocaĂŻne de prospĂ©rer, avec de vastes frontiĂšres dĂ©sertiques inhospitaliĂšres et montagneuses presque impossibles Ă  contrĂŽler. Beaucoup au Mali accusent Ă©galement les rĂ©gimes successifs du prĂ©sident dĂ©sormais Ă©vincĂ© Amadou Toumani TourĂ© d’ĂȘtre profondĂ©ment complice du commerce ».

« L’anarchie de la rĂ©gion a Ă©tĂ© mise en cause pour l’incident de 2009 «Air Cocaine», lorsqu’un Boeing 727 qui aurait transportĂ© jusqu’à 10 tonnes de cocaĂŻne a Ă©tĂ© retrouvĂ© incendiĂ© dans le dĂ©sert malien. En 2010, un commissaire de police malien a Ă©tĂ© condamnĂ© pour tentative de construction d’une piste d’atterrissage dans le dĂ©sert pour de futurs atterrissages. Et la mĂȘme annĂ©e, la Serious Organized Crime Agency du Royaume-Uni a rapportĂ© qu’un avion du Venezuela avait atterri au Mali et que sa cargaison Ă©tait conduite par des vĂ©hicules 4×4 Ă  Tombouctou avant que les autoritĂ©s ne perdent la trace du convoi ». Nous y revoici, donc, Ă  ce fameux « Boeing du dĂ©sert » ! Celui-ci, c’est Ă  noter, avait pris une route Dakar-Fortaleza ou Recife -Panama-Maracaibo et retour (ici il est vu Ă  Tenerife le 31 octobre 2006).

Ce terrorisme se nourrit donc des revenus du trafic de cocaĂŻne en Afrique de l’Ouest. C’est ce que nous avions pressenti dĂšs la dĂ©couverte en 2010 du Boeing calcinĂ© de Tarkint, dont le propriĂ©taire français s’est reconverti dĂ©jĂ  deux fois et dans deux pays diffĂ©rents. Ce que cette enquĂȘte a ignorĂ©, hĂ©las, et ce sur quoi nous allons revenir demain, car cela interfĂšre avec le texte de nos deux journalistes, comme on va le voir, pour un ultime volet avant de retrouver le BrĂ©sil
 et ces avions remplis de cocaĂŻne !

Nota : on prend note de la dĂ©couvert le 2 octobre d‘un container charge de 557 kg de coke rĂ©partis dans sacs, dans le port de Cotonou, au BĂ©nin, Ă  destination d’Anvers, dissimulĂ©s dans une livraison de cajou. 

(1) Ce n’est pas un perdreau de l’annĂ©e cĂŽtĂ© enquĂȘtes: « ce natif de Maroko entame sa carriĂšre journalistique en 2008 avec le journal Next. Nicolas Ibekwe est laurĂ©at de plusieurs prix et distinctions dans les reportages d’investigation. En effet, en 2009, il a remportĂ© le prix d’investigation, Wole Soyinka de la catĂ©gorie en ligne avec un reportage sur l’histoire de la prolifĂ©ration des armĂ©es engagĂ©es dans la rĂ©gion en difficultĂ© Niger-Delta du NigĂ©ria. Il a Ă©galement reçu le prestigieux prix CNN des journalistes africains au cours de la mĂȘme annĂ©e. Une annĂ©e plus tard, en 2010, il reçoit le deuxiĂšme du prix Wole Soyinka pour les journalistes d’investigation. Il fĂ»t finaliste du plus grand prix dĂ©cernĂ© aux journalistes d’investigation en Afrique, Forum des journalistes d’investigation africains (FAIR), en 2010 et 2011 ».

(2) « Quant Ă  Daan Bauwens, c’est un journaliste d’investigation de nationalitĂ© belge, basĂ© en Belgique. Titulaire d’une maĂźtrise en psychologie, il travaille pour plusieurs mĂ©dias internationaux. Notamment, Vice, De Morgen, De Standaard, Knack, MO et l’agence de presse internationale Inter Press Service. En tant que correspondant, il a travaillĂ© en IsraĂ«l, en Turquie, au Maroc et au Japon. En 2019, il rĂ©alise son premier documentaire sur la psychĂ© et la sorcellerie en Ouganda. Daan combine le journalisme narratif et anthropologique dans des articles de journaux et en prose. Ce qui lui a valu le prix Fullbright pour le journalisme narratif et la recherche sur le dialogue interculturel Ă  New York en 2015 et en 2016. Depuis 2008, ses recherches se focalisent sur l’influence de la culture, sur la communication interpersonnelle et interculturelle. Les sujets de recherches et publications de Daan Bauwens prennent en compte l’état d’esprit israĂ©lien et la culture des jeunes. En 2014, il a Ă©tĂ© bĂ©nĂ©ficiaire de la subvention Fulbright pour des recherches et une sĂ©rie de publications sur les effets profonds de la diversitĂ© culturelle et de la diversitĂ© sur la culture urbaine de Manhattan et de Brooklyn ». On peut penser que le style d’écriture à fort ton de « branchitude » est de lui, hĂ©las. Sa rĂ©ponse au ministĂšre mis en cause semble bien meilleure que son article. La façon dont on cherche Ă  le discrĂ©diter, est-elle particuliĂšrement odieuse. Ceux qui ont Ă©crit ce torchon-lĂ  Ă  son encontre, s’ils l’ont fait de la sorte, accrĂ©ditent plutĂŽt ses dires qu’autre chose, par leur violence incroyable et leurs suppositions mĂȘme pas voilĂ©es (sa maison, « achetĂ©e rĂ©cemment », etc
). Des attaques personnelles du plus pur style
 mafieux ! Le stade suivant devant ĂȘtre les menaces physiques, Ă  ce stade avancĂ© de dĂ©lation !!! On peut craindre pour lui, Ă  ce rythme.

 

(3) tellement qu’on le retrouve partout : le 18 juillet 1019 c’est en Australie qu’une pelleteuse Caterpillar est dĂ©couverte avec dans son bras mĂ©canique 384 kilos de cocaĂŻne. Elle provenait elle aussi d’Afrique du Sud !

Documents :

Cliquer pour accéder à West_Africa_TOC_COCAINE.pdf

la liste des saisies en mer en 2006 :

source

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Un commentaire sur « CÔTE D’IVOIRE 🇹🇼 (Spaghetti connection au BrĂ©sil): tous les chemins de la coke mĂšnent Ă  Rome (ou plutĂŽt Ă  Reggio de Calabre) »

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