FRANCE 🇫🇷 (Bordeaux) : deuxième jour tendu au procès de Moufide Bouchibi, le narco-businessman

Le procès a virĂ© au bras de fer procĂ©dural entre magistrats et avocats, provoquant neuf suspensions. Moufide Bouchibi jusque-lĂ  n’a pas Ă©tĂ© entendu.

Les avocats ont accusé le tribunal de vouloir juger le prévenu «à marche forcée», les magistrats dénonçant, eux, une obstruction.

Appel de l’acte de renvoi, contestation des Ă©coutes tĂ©lĂ©phoniques, et du mandat d’arrĂŞt lancĂ© en 2012: les avocats sont encore revenus Ă  la charge jeudi pour torpiller la procĂ©dure et tenter de faire annuler le procès, en vain. «Il n’a jamais Ă©tĂ© informĂ© qu’il Ă©tait poursuivi et qu’il Ă©tait en fuite (…) ce procès est impossible, il faut arrĂŞter le massacre», a plaidĂ© Me Thomas Bidnic.

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Nos « Dalloziens » distinguĂ©s n’aiment pas que les avocats de la dĂ©fense remettent en cause les procĂ©dures. Eux, toujours tellement respectueux des textes qu’ils savent, si nĂ©cessaire, s’en affranchir !

°°°°

En mĂ©moire le magistrat Frederick Arseneault du tribunal Provincial de Barhurst au Nouveau Brunswick qui condamna Ă  perpĂ©tuitĂ© Marc Fievet, l’agent infiltrĂ© de la Dnred de la Douane Française qui avait plaidĂ© coupable Ă  la demande de la Direction gĂ©nĂ©rale de la Douane Française, du ministre DSK et de son dircab François Auvigne. PerpĂ©tuitĂ© obtenue, alors que Fievet n’avait pas d’avocats, et retour en France oĂą l’adaptation de la sentence Ă  Bobigny, prononcĂ©e Ă  huis clos, qui devait arranger la situation de Fievet se transforma alors en vĂ©ritable catastrophe juridico-administrative puisque, non contente de transformer la sentence en 20 ans de taule sans prendre en compte son temps de dĂ©tention dĂ©jĂ  effectuĂ©, la substitut du procureur Djemni-Wagner qui obtint 20 ans, conseilla Ă  Fievet de dĂ©poser un recours en grâce prĂ©sidentiel, se lavant les mains Ă  la Ponce-Pilate..

Jean Puons, le directeur de la DNRED, rendit visite Ă  Fievet pour lui dire que l’on allait privilĂ©gier le recours en grâce et qu’il ne fallait surtout pas faire appel de la sentence prononcĂ©e pour ne pas retarder encore sa libĂ©ration !

Le DG François Auvigne refusa alors au directeur de la DNRED Jean Puons l’intervention pour obtenir la grâce.

L’ancien directeur de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), Jean Henri Hoguet, affirme qu’il n’avait « jamais entendu la DNRED dire que ce dernier avait tenté de faire du trafic pour son propre compte ». Il confirme que plusieurs responsables des douanes sont allés rendre visite à Marc Fiévet en Espagne, puis en Angleterre et au Canada : « On lui a dit de plaider coupable et qu’ensuite on le ferait rapatrier en France pour arranger les affaires », assure le haut fonctionnaire. Cependant, Jean-Henri Hoguet assure qu’il s’est passé ensuite « quelque chose de tout à fait inhabituel » : le nouveau directeur général des douanes, qui ne connaissait pas l’affaire, devait intervenir auprès du ministre des Finances, qui devait lui-même avertir le ministère de la Justice pour tenter d’obtenir — via le parquet — sa remise en liberté. « Une peine symbolique, comme par exemple cinq ans avec sursis », précise l’ex patron de la DNRED. Une promesse faite à l’agent infiltré qui n’a jamais été tenue. La situation a scandalisé M. Hoguet : « Si je suis sorti de ma réserve, c’est que je trouve inadmissible ce qui s’est passé (…). C’est la première fois que je rencontre un tel comportement qui fait que la continuité de l’État n’est pas assurée ou assumée ».

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