TURQUIE 🇹🇷 : des avions en paquets-cadeaux ?

Deux avions vendus à perte par le gouvernement, en tout cas, selon l’analyse qui suit, à partir d’éléments rigoureusement exacts (cf Rzjets par exemple) : « force est de constater que la vente, qui s’est faite en toute discrétion, était assez inhabituelle. Les avions étaient exploités par la compagnie aérienne nationale Turkish Airlines sous les numéros d’immatriculation TC-ATA et TC-GAP. (ici le TC-ATA (le Gulfstream IV) en mars 2013 à Helsinki portant bien les couleurs officielles du gouvernement. « Ils ont été transférés à la présidence des industries de défense, le principal sous-traitant du gouvernement en matière de défense, en 2016 avant d’être vendus à Şeyhmus sous les nouveaux numéros d’enregistrement TC-GVA et TC-GVB. Şeyhmus aurait payé 1,4 million de dollars pour chaque jet, qui avait une valeur marchande de 5 millions de dollars à l’époque  » (c’est à peu près exact aujourd’hui ce serait la moitié !). « Conçus comme des avions VIP, le gouvernement avait dépensé 2,5 millions de dollars juste pour les remettre à neuf ».) Ça a été effectivement refait en 2017 alors qu’ils appartenaient encore à l’armée : exemple de l’intérieur – plutôt sobre et spartiate – refait du TC-GVA ici à gauche. En comparaison à droite ci-dessous un intérieur de 1987 resté dans son jus, celui du N456AL (de Jordan Aviation)  : la réfection était bien pour des militaires et non pour le privé, à voir la taille des fauteuils : en dessous c’est la scène de la saisie de coke dans  l’avion, on peut remarquer les fameux fauteuils étroits, bien remarquables ! « Ils sont également arrivés avec de nouveaux moteurs de rechange. En fait, lorsque Şeyhmus a déposé une demande de mise en faillite en 2019, il a déclaré que la valeur des jets était de 12,7 millions de dollars. Autrement dit, le gouvernement avait vendu les avions à une perte de près de 10 millions de dollars ». Ici à droite, on peut s’apercevoir que des valises pleines de coke jonchaient toute la carlingue.

VoilĂ  qui n’est pas commun en effet et qui ressemble plutĂ´t Ă  un Ă©norme cadeau… gouvernemental  (avec deux rĂ©acteurs Rolls-Royce Tay 811 neufs, gratuits, comme bonus supplĂ©mentaire, en sus de la rĂ©fection intĂ©rieure !).

Erdogan a en tout cas vite senti le danger du voisinage de son propriétaire trop gâté par lui, dès la découverte de l’appareil au Brésil, en faisant tweeter rapidement que « l’avion turc, dont les valises pleines de cocaïne ont été saisies au Brésil, est l’avion TC ATA appartenant à l’ancien très célèbre Premier ministre. Le nom a ensuite été changé en TC GVA et vendu ».  Et hop-là, plus aucun lien officiel pour cet avion, qui aurait « récemment » changé de mains, puisque « vendu ».. oubliant sa prestation décrite complaisamment en 2018, lors de l’inauguration de l’aéroport ! Et son achat par un proche… dès octobre 2017 et non récemment !!! Et surtout en gommant d’un trait ses liens avec son sulfureux propriétaire !

La coke en plus haut lieu Ă  Ankara et un cadeau dynastique

Le code de conduite du maître d’Ankara, au contraire du progressisme d’un Ataturk, ce sont bien les « valeurs islamiques » les  plus austères tant prônées par son parti de l’AKP.

Erdogan répète que son parti banni en effet l’alcool et la drogue. Sauf qu’en avril dernier, la (trop) belle image se fend et se déchire avec une seule vidéo balancée sur les réseaux sociaux où l’on distingue un jeune loup du parti, Kürsat Ayvatoglu, une étoile montante présentée comme un futur ministrable, déjà, sniffer tranquillement sa ligne de coke, dans une grosse berline. (cf ici à gauche)

Le problème, c’est que ce semble pas ĂŞtre le seul Ă  faire ça, constate le public, mais le seul Ă  s’être fait prendre sur le fait : « Ă  travers le cas de ce personnage aux dents longues, la presse et l’opposition interrogent sur la corruption de la classe dirigeante, les avantages, pots-de-vin et magouilles diverses qui permettent de parader, Ă  27 ans, au volant de berlines de plus de 100 000 €. Et de souligner, aussi, l’opportunisme et l’hypocrisie d’une partie des serviteurs du pouvoir islamo-nationaliste qui, plus que par la politique, semblent mus par l’intĂ©rĂŞt financier..«  Â»Comme le confesse le principal intĂ©ressĂ© lui-mĂŞme dans une lettre d’excuse publique : C’est pour gagner de la force et de l’influence que je tentais de me prĂ©senter au cĂ´tĂ© du pouvoir​ Ă©crit ici Ouest-France. Symbole de ce goĂ»t assumĂ© pour les  fastes du rĂ©gime ?

Un étonnant cadeau reçu par le président Erdogan en personne accentue cette idée… car le mauvais exemple vient du plus haut. Celui-là, tout le monde l’a oublié, malgré le fait qu’il soit ultra-visible :

Le gigantesque palais volant d’Erdogan qui ne lui a pas coûté un seul radis ! Un rare Boeing 747-8ZV BBJ (un 747 allongé pour VIPs, attignant 76,30 mètres de long avec 18 personnes d’équipage et 7 chambres à coucher !), le  TC-TRK, ex VQ-BSK (ici à droite), offert tout simplement par l’émir du Qatar (le Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani) au président turc !!! (La visite guidée est ici, c’est un étalage sidérant de mauvais goût comme le salon principal ici à gauche). « Après notre reportage sur le vol mystérieux de l’avion vers la Turquie, Ankara a été bombardée de questions sur l’état de l’avion. Le turc a officiellement déclaré à contrecœur qu’il s’agissait d’un cadeau du Qatar. C’est tout à fait l’affirmation étant donné que l’avion coûte près de 400 millions de dollars neufs, et c’est juste pour l’avion lui-même. Son intérieur orné et ses caractéristiques uniques, comme un lit chirurgical gyro-stabilisé, coûtant plusieurs millions de plus » écrit mi-amusé War Zone qui lui consacre un chapitre complet.. Les « doutes » sur le cadeau énoncés par Erdogan semblant un sommet d’hypocrisie, à l’évidence ! Lui qui se veut irréprochable !!! Au passage on comprend pourquoi l’A-340 a été remisé ! Erdogan, en vieux roublard, l’avait sorti la première fois pour impressionner Trump en se rendant avec à Washington en novembre 2019. L’engin est en effet plus grand et plus moderne qu’Air Force One !!

Question moralité, il y aurait à dire en effet, dans le pays, qui se voudrait exemplaire dans le genre. L’hypocrisie y est de règle. La Turquie possède aussi un vieux yacht imposant de 1931, le Savarona, hérité du temps d’Ataturk, qui a encore belle allure et fait toujours ses 132 mètres de long (ici à gauche, et son super look vieillot. Il a vu défiler un nombre important de politiques dont certains l’ont loué à la semaine. Parce qu’il l’avait entièrement retapé en 1989, on a accordé au milliardaire turc Kahraman Sadıkoğlu le droit de l’utiliser en son nom jusque… 2038. Or en 2010 il est pris d’assaut par un raid de la police qui découvre dedans un vrai lupanar, car il hébergeait à son bord un vaste réseau de prostitution dotée de très jeunes filles, venues pour la plupart de Russie  (15 ans à peine  chez certaines !), amenées par deux mafieux turcs, Musa Çelik et Gunduz Akdeniz  !!! . L’enquête avait commencé avec la surveillance du Rixos Premium Hotel à Belek, en Turquie, à 50 kilomètres d’Antalya, un hôtel cinq étoiles de la chaîne des hôtels Rixos, dirigé par la famille Arif,  Tevfik Arif. et ses fils, Efendi et Refi. Tevfik (ici à droite à côté d’Ivanka Trump et son père) était aussi à la tête un temps du groupe Bayrock, engagé comme on le sait dans l’hôtel du Trump SoHo… Au moment du raid, celui qui l’avait loué était le citoyen belgo-kazak Alexander Mashkevitch, le directeur de l’Eurasian National Resources Corporation (ENRC) et un ami personnel de Nursultan Nazarbayev, président du Kazakstan. J’ai déjà évoqué ici ce personnage douteux, notamment pour le « Kazakhgate » de Sarkozy. »

« Kahraman Sadıkoğlu, (ici à gauche) que l’on a accusé d’avoir tiré de gros profits du navire sans être trop regardant sur l’usage qui en était fait, a reproché aux médias d’avoir grossi l’affaire, en ayant recours à la publication de photos falsifiées des prostituées arrêtées. Il a également laissé entendre que l’incident aurait été provoqué puisque les personnes incriminées étaient sous la surveillance de la police depuis longtemps et qu’on les aurait laissé entrer librement sur le territoire turc, quelques jours avant l’arraisonnement du yacht. En fait, Kahraman Sadıkoğlu a surtout cherché à se dédouaner, de façon peu convaincante, en expliquant qu’il ne pouvait assurer une surveillance permanente pour éviter de tels débordements et, pour finir, en renvoyant la responsabilité de ce «naufrage» à l’Etat et aux grandes fondations qui n’ont jamais voulu dépenser une livre pour assurer l’entretien ou la reconversion du navire, alors que lui aurait investi lourdement dans sa restauration. »

Erdogan, à sa décharge,  n’a utilisé en fait le yacht qu’une seule fois, en 2015, cinq ans après, pour recevoir le président de Bosnie  Gurbanguly Berdimuhamedow .

Les alertes avaient dĂ©jĂ  sonnĂ© pourtant… 

La Turquie noyée dans sa mafia et impliquée dans le trafic de cocaïne (elle, la « spécialiste » du circuit depuis des lustres de l’héroïne remontant d’Afghanistan, dans un flux inverse) ?  

Eh bien notre longue enquête (cf nos épisodes précédents) sur les ramifications de la mafia turque à Belize, coin stratégique des arrivages par avion de grosses quantités de cocaïne par avion, nous le laissaient entendre en effet, Elle afflue depuis un bout de temps déjà, malgré un pouvoir qui fait comme s’il ne la voyait pas. Il a bien été forcé en juin dernier, pourtant, de le reconnaître « s’ajoutant à une série de rapports sur les saisies de drogue en Turquie, les responsables du ministère du Commerce ont déclaré le 23 juin avoir saisi 463 kilogrammes de cocaïne cachés dans des conteneurs de bananes arrivés au port de Mersin après un voyage en provenance d’Équateur. Le ministre turc du Commerce, Mehmet Mus, un homme considéré comme faisant partie du camp « Pélican » de Berat Albayrak – le gendre du président Recep Tayyip Erdogan qui a démissionné en novembre dernier de son poste de ministre des Finances – a annoncé la saisie le 27 juin. lors d’un point de presse. Le trafic de narcos à destination de la Turquie est de plus en plus sous les projecteurs. Le pays a longtemps fait partie d’un itinéraire majeur de l’héroïne – le démantèlement de la tristement célèbre « French Connection » qui a fonctionné des années 30 aux années 70 n’a certainement pas mis un terme à tout le trafic – et certains prétendent que son importance augmente maintenant. non seulement en termes de consommation de drogues, mais en tant que voie de cocaïne ». le 4 mars 2019, c’est 185 kilos qui avaient été découverts dans un autre chargement de bananes, en provenance du même pays ! Le circuit s’était inversé ! La Turquie n’envoyait plus, mais recevait  (pas la même marchandise) !! En réalité, c’est pire, car elle fait aujourd’hui les deux !!

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