FRANCE 🇫🇷 (DNRED) : un procès, finalement pourquoi ?

Michel Sapin, Erwan Guilmin et François Hollande

par Marc Fievet, AKA NS 55 DNRED

Une affaire de café ! Vraiment ?

Avoir voulu juger cette affaire fut une gageure hasardeuse qui n’a rien solutionnĂ© et ne solutionnera rien, surtout en ayant oubliĂ© tout ou partie des responsables de ces dĂ©rives .

ÉTAT de droit, comme ils disent !

Dans un Ă©tat de droit, comme aiment tant nous le rappeler Ă  longueur d’annĂ©es tous nos rĂ©galiens et autres ‘Politiques’ dans des trĂ©molos de gorges profondes, il s’avère que cet Ă©tat de droit n’est qu’un Ă©tendard brandi pour mieux tromper le citoyen ordinaire.

Que penser d’une justice qui accepte, qui a acceptĂ© et qui acceptera encore de se servir de boucs Ă©missaires pour rendre des jugements qui deviennent, sont devenus ou deviendront des vĂ©ritĂ©s dĂ©finitives selon le dogme rĂ©publicain de l’ infaillibilitĂ© des dĂ©cisions prononcĂ©es ?

La justice aujourd’hui omniprĂ©sente doit trancher sur tout, comme si nos magistrats avaient la science infuse et l’onction sacrĂ©e reçue Ă  l’ENM (De mĂ©moire le cĂ©lèbre Azibert en avait les commandes) les dotant d’une autoritĂ© qui n’est en rĂ©alitĂ© que rĂ©duite Ă  rendre une justice arrangeante pour les aigles et une autre beaucoup plus dure pour les pigeons.

Ah! Ne pas contrarier le pouvoir Ă©tabli qui s’autorise tout et son contraire au mĂ©pris du bon sens !

Mais qu’en est-il de ce pouvoir Ă©tabli aux mains du CAC 40 et autres groupes financiers et dĂ©pendant d’une caste dirigeante que sont les IGF, Ă©narques et autres issus des grands corps. (Ils sont discrets en cette pĂ©riode!)

Un pouvoir qui s’autorise l’utilisation de toutes les ressources humaines, scientifiques et commerciales de la France pour satisfaire, voire garantir, des positions dominantes au mĂ©pris de l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral.

Pour mĂ©moire, Karachi et son attentat, qui dorment toujours dans quelques tiroirs, restent pour moi la preuve Ă©clatante de la non-indĂ©pendance de la justice. Pourquoi le parquet de Paris refuse d’ouvrir une enquĂŞte sur les mensonges de plusieurs hauts responsables des services de renseignement français concernant l’un des personnages clĂ©s de l’affaire, le Saoudien Ali Ben Moussalem ?

Comment peut-on encore imaginer que les vĂ©ritables mafieux politiques de l’Ă©poque oĂą Nicolas Sarkozy Ă©tait au Budget n’ont pas encore comparu devant des juges pour assumer les responsabilitĂ©s qu’ils ont, LĂ©otard exceptĂ© qui est en cassation. Balladur innocentĂ© ! Et Sarkozy le magouilleur pas concernĂ© !

Comment peut-on accepter encore que des services entiers de nos régaliennes sont occupés à maintenir en place, à tout prix, ceux qui sont aux manettes?

Quant aux services de renseignement

On ne fait pas du renseignement et autres actions dérivées avec le « Dalloz » en main en le brandissant telle la bible lors des campagnes de christianisation ou autres croisades. N’est pas Torquemada qui veut ! Plus même, lorsqu’on est en guerre, et bien on agit au mieux des intérêts de la cause que l’on défend.

Mais dans toutes guerres , il y a des salauds institutionnels qui profitent du dĂ©sordre pour se promouvoir voire s’enrichir, et lĂ  est le vrai problème !

Alors, pour les quelques cadres de la Douane française qui ont dĂ» rĂ©pondre de mĂ©faits avĂ©rĂ©s, bĂ©nĂ©ficiant j’imagine de la « protection fonctionnelle », il serait peut-ĂŞtre intĂ©ressant de chercher Ă  qui profite rĂ©ellement la mise en touche momentanĂ©e de ce service, peut-ĂŞtre orchestrĂ©e par des manipulateurs qui n’ont jamais eu Ă  assumer une responsabilitĂ© quelconque des mĂ©faits qu’ils ont commis au cours d’une carrière « exemplaire » bien que terriblement coĂ»teuse pour le contribuable français.

Ces grands ‘serviteurs’ de l’État comme ils se prĂ©sentent sont avant tout au service de leurs intĂ©rĂŞts personnels.

Quant Ă  la DNRED

La DNRED a Ă©tĂ© durant quelques dĂ©cennies un service performant mais dĂ©rangeant pour les magouilleurs aux manettes. C’est vrai, on peut dĂ©placer un ou deux hommes qui dĂ©rangent (Souvenons-nous de la corruption Ă  la DCN et de la seule conclusion qui a rĂ©tabli nos deux gendarmes qui n’auraient Ă©tĂ© mutĂ©s que suite Ă  une erreur d’apprĂ©ciation alors que des officiers supĂ©rieurs et gĂ©nĂ©raux Ă©taient mis en cause dans une affaire de prĂŞt illĂ©gal de main d’œuvre mise Ă  la disposition de la DCN et payĂ©e par des faux marchĂ©s publics), mais comment alors se dĂ©barrasser d’une lĂ©gion d’agents qui remontent mensuellement des informations toutes plus accablantes les unes que les autres sur l’Ă©thique de nos dirigeants ?

C’est simple, il suffit de ne pas hĂ©siter Ă  dĂ©sĂ©quilibrer cette ‘agence’ en rĂ©vĂ©lant des actes inconsidĂ©rĂ©s et inacceptables qu’elle a commis …et qu’elle commettra encore .

Un Ă©narque du nom d’Erwan Guilmin, qui avait pour objectif de devenir le boss de la DNRED, quand il prit la direction de la DOD , n’hĂ©sita pas alors Ă  s’aventurer dans des circuits inconnus qu’empruntaient ses prĂ©dĂ©cesseurs.

C’est vrai, la place de calife, ça se mĂ©rite ! Il faut afficher des rĂ©sultats ! Fichtre, et l’Erwan y prit goĂ»t Ă  ces magouilles qu’il croyait indispensables pour arriver Ă  ses fins.

Pendant cette pĂ©riode, la guerre larvĂ©e entre DNRED et OCRTIS fut rĂ©activĂ©e par l’énarque en mal de reconnaissance. François Thierry avait de tels rĂ©sultats avec ses opĂ©rations ‘Myrmidon’ qu’Erwan voulut chasser sur les terres de François et qu’il commit l’irrĂ©parable lors de la saisie bidon du boulevard Exelmans !

MĂŞme que Jean Paul Garcia s’attendait Ă  des reprĂ©sailles ! «On a marchĂ© sur la queue du tigre», admettait-il en interne en rĂ©fĂ©rence aux fameuses «Brigades du tigre», surnom de la police judiciaire Ă  l’Ă©poque de Clemenceau.

Une bonne nouvelle quand mĂŞme pour Erwan Guilmin, depuis ces « affaires », il est devenu « ChargĂ© de mission Ă  la sous-direction des politiques sociales – SecrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral » au Ministère de l’économie et des finances en janvier 2018. Introuvable et ne figurant sur aucun listing tĂ©lĂ©phonique Ă  Bercy, et… Et Ă  la DG de la Douane française, contactĂ©e par Marc Fievet, on ne sait que bredouiller…

Alzheimer a frappé grave!

-A quoi servent-ils ces services si ce n’est que paraĂ®tre et se faire mousser pour justifier des budgets toujours Ă  la hausse alors que les saisies ne font que suivre difficilement les flux destinĂ©s Ă  l’approvisionnement d’un marchĂ© en pleine expansion.

-A quoi servent-ils ces agents qui ne peuvent dĂ©voiler la rĂ©alitĂ© des mĂ©faits qu’ils constatent sur les mafieux aux manettes comme sur les hiĂ©rarchies qui les dirigent?

Alors les cadres douaniers qui ont comparu devant les juges sont ils vraiment les responsables de la catastrophe ?

Lu dans « LibĂ© »

On a appris qu’Ă  son arrivĂ©e Ă  la tĂŞte de la DNRED, fin 2010, l’ancien patron Jean Paul Garcia raconte avoir reçu pour mission de «dĂ©velopper encore les rĂ©sultats», mais aussi de faire de la «communication», et mĂŞme du «storytelling», anglicisme qu’il dĂ©couvre Ă  cette occasion. A cette pĂ©riode , c’Ă©tait JĂ©rĂ´me Fournel qui Ă©tait le DG de la Douane !

En clair : raconter de belles histoires pour mettre en avant les grosses prises et faire briller le service.

N’ont ils pas Ă©tĂ© manipulĂ©s ?

Quoi de mieux alors que de disqualifier l’ensemble d’un service !

-Souvenons nous de Karachi encore! Nicolas Sarkozy lui mĂŞme dès son arrivĂ©e Ă  Bercy avait dĂ©crĂ©tĂ© l’arrĂŞt de toutes les actions d’infiltration sans qu’aucun cadre douanier ne s’Ă©lève contre cet ukase ministĂ©riel. (Du jour au lendemain, interdiction formelle de sortie du territoire pour les cadres de la DNRED fut dĂ©crĂ©tĂ©e par Sarkozy, et Joseph Le Louarn, le boss de la DNRED n’informa mĂŞme pas les agents infiltrĂ©s. C’est vrai que des agents infiltrĂ©s souvent dĂ©couvrent ce qui a vocation Ă  rester cachĂ©, alors si l’on peut s’en dĂ©barrasser astucieusement …. On monte des « chantiers » !

-Souvenons nous de l’agent Olivier ThĂ©rondel du Tracfin de J.B. Carpentier dans le dossier Cahuzac. VirĂ©, condamnĂ© Ă  de la prison pour ne pas avoir respectĂ© l’omerta.

Souvenons nous aussi

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La renaissance

Alors, sans doute, seul un Ă©narque pouvait rĂ©tablir la confiance et rĂ©animer la DNRED en rĂ©orientant les actions des grandes directions performantes qu’Ă©taient la DRD, la DED et la DOD!

Le coup de massue fut tel que l’ensemble des agents en titube encore!

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Ces derniers jours Florian Colas qui dirige la DNRED depuis avril 2021, a donné une (excellente) interview à AEF info.

Originaire du Var, diplômé de Sciences Po et de l’ENA, Florian Colas est sorti deuxième de sa promo en 2012, Il a ensuite rejoint l’Inspection générale des finances (IGF) où il a notamment réalisé un audit du contrôle fiscal des entreprises. Puis, il a fait une pige de quelques mois comme chargé d’affaires chez Wendel. C’est en 2017 qu’il a été recruté à Bercy, d’abord comme conseiller fiscalité du ministre Gérald Darmanin, s’occupant surtout de la mise en œuvre du prélèvement à la source. Avant de devenir directeur adjoint du cabinet puis le bras droit d’Olivier Dussopt en juillet 2020. (source)

Lors de cette interview, Florian Colas, le directeur national du renseignement et des enquêtes douanières, y détaille la montée en puissance de la structure.

Quelques extraits:

Nous restons sur le cœur de mission de la douane : les trafics illicites qui impliquent des flux de marchandises transfrontaliers.

La DNRED s’appuie sur deux piliers.

Le premier c’est le code des douanes qui est très adapté pour la lutte et l’interception de trafics en flagrant délit.

Le second pilier, c’est le code de la sécurité intérieure puisque nous sommes un service de renseignement du premier cercle.

AEF info : SĂ©bastien Bombal a rĂ©cemment Ă©tĂ© nommĂ© directeur technique de la DNRED, après avoir prĂ©figurĂ© cette direction. Ă€ quoi sert-elle ?

Florian Colas : La direction technique est la dernière-née de la DNRED. Elle a été créée le 1er janvier dernier. C’est pour cette raison que la DNRED a été présente pour la première fois au FIC cette année. La direction technique doit répondre à trois défis. D’abord celui de la cybersécurité interne. Elle devra veiller à davantage sécuriser nos outils de communication et informatiques. La DNRED est un service du premier cercle de la communauté du renseignement et doit à ce titre se conformer à des standards extrêmement exigeants. Cela engage notre crédibilité et la confiance des partenaires avec lesquels nous échangeons (DGSE, DGSI, DRM, DRSD, Tracfin).

L’arrivée de la direction technique va entraîner une transformation technologique qui va irriguer nos méthodes. Il va falloir former les agents aux nouveaux outils jusqu’au terrain. Par ailleurs, on nous donne des pouvoirs exorbitants du droit commun, donc il faut toujours une traçabilité et du contrôle.

AEF info : Justement, le 7 juin dernier, les procureurs ont requis devant le tribunal correctionnel de Paris des peines Ă  l’encontre de six anciens cadres de la DNRED dont Jean-Paul Garcia, directeur national du renseignement et des enquĂŞtes douanières de 2010 Ă  2017, dans une affaire de trafic d’importation de cafĂ©. Cette affaire va-t-elle avoir une incidence sur la prĂ©vention de ce type de dĂ©rives et sur le contrĂ´le de la dĂ©ontologie ?

Florian Colas : De fait, la transformation a eu lieu dès la rĂ©vĂ©lation des faits en 2017. Le service a franchi une Ă©tape importante avec ce qu’on a appelĂ© la « refondation », qui a conduit Ă  tirer les consĂ©quences des dysfonctionnements mis Ă  jour. Une feuille de route a Ă©tĂ© mise en Ĺ“uvre pendant plusieurs annĂ©es et a profondĂ©ment transformĂ© la maison. La DNRED d’aujourd’hui n’est pas celle dont on a parlĂ© au cours du procès. Il y a eu une très forte structuration de nos processus internes, un effort de formation extrĂŞmement important. Nous avons Ă©galement recrutĂ© une magistrate qui est ma conseillère juridique et chargĂ©e des relations avec l’autoritĂ© judiciaire. En parallèle, une cellule de contrĂ´le interne et d’audit a Ă©tĂ© constituĂ©e.

Bien sûr, en matière de déontologie, il ne faut jamais se reposer sur ses lauriers. Je sollicite régulièrement l’inspection générale de la douane, qui a une fonction administrative [contrairement aux inspections générales de la police et de la gendarmerie nationales qui remplissent également une fonction judiciaire]. Il faut en permanence se requestionner pour sécuriser les opérations, d’autant plus que le cadre juridique est complexe et évolutif. Si les conséquences de cette affaire ont été tirées dès 2017, face aux risques que représentent les enquêtes et l’évolution des technologies, on doit continuer d’être robuste.

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C’est Pascal Schmidt qui disait au tribunal : « Un panier de crabes Ă  la DNRED !« 

En rĂ©alitĂ©, c’est un petit panier de crabes, comparĂ© Ă  Bercy, qui est un très très gros panier de très gros crabes.

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Une rĂ©flexion au sujet de « FRANCE 🇫🇷 (DNRED) : un procès, finalement pourquoi ? »

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