Archives de la catégorie ‘Belize’

L’Histoire est toujours là pour faire comprendre des choses qui nous ont échappées et Belize n’échappe pas à la règle.

Nous avons vu dans des épisodes précédents que le trafic de cocaïne par avion s’est installé en trois étapes en Amérique Centrale ; ça a d’abord été de la contrebande, notamment des États vers le Mexique (1), puis du trafic de marijuana dans l’autre sens à l’arrivée de la vague hippie des année 70-80, pour se transformer en trafic de « colombienne », de la cocaïne à qui on a donné comme surnom celui du pays producteur principal à l’époque, qui a culminé avec la période Escobar des années 90 et ses Caravelle (2).

L’attitude des USA, durant toute cette période n’a cessé d’intriguer : le pays a déclaré officiellement faire la guerre aux trafiquants, mais officieusement il a nourri le trafic pour lui permettre en retour d’approvisionner la lutte anticommuniste devenue obsession sous des présidents tels que Nixon ou Reagan qui vont partager le même conseiller ; Edward Meese, chantre de cette guerre d’une rare hypocrisie.

 

Le célèbre Edwin Meese, le conseiller de Reagan, organisateur et planificateur du trafic de cocaïne nécessaire à la CIA, celui qui a reçu des mains du président-baudruche actuel la plus haute distinction civile existante aux USA (ici à droite) !!! Sidérant !!! Que n’a-t-on pas fait pour fournir en armes les Contras !!!

Dans ce marécage politique, la Jamaïque, point de relais obligatoire par avion de la « dope » sud-américaine se retrouve alors à utiliser un autre petit pays comme allié ; c’est bien entendu le Belize, en droite ligne le plus proche de l’île à « ganja » passée de porte-avions à coke…

Les tripatouillages américains à Belize remontent à bien des années…

lire la suite dans Coke en stock (CCCV) : la pierre de Rosette du trafic découverte à Santa Elena

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Pour Deborah Bonello de Vice, le constat, amer, est là : la période du Covid a été faste pour le trafic de coke au Honduras.

« Avec deux saisies massives récentes de cocaïne, le Honduras a confisqué davantage de drogue au cours des sept premiers mois de cette année que pour l’ensemble de 2019.

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Un été chargé, malgré la pandémie

Cela fait plusieurs épisodes que je vous le dis : cela ne s’arrête jamais, ces transferts de cocaïne par avions privés. On s’était quitté pendant la pandémie de juin et juillet (article paru le 7 août) avec de gros porteurs à hélice ou a réaction bourrés de coke, accompagnés par les éternels petits Piper Navajo, posés ici et là et au 21 août, date à laquelle est rédigé cet épisode, on recommence pareil en égrenant une nouvelle liste d’arrivées. En débutant par une livraison exceptionnelle, il est vrai, de deux tonnes.

Le 5 juillet, la répétition des expéditions via le Guatemala et la région du Peten, moult fois décrite ici, avait provoqué un copieux article plutôt retentissant du Washington Post qui avait décrit en détail ce qu’il avait appelé « le jeu du chat et de la souris des narcotrafiquants avec la DEA américaine », un chat ne sachant plus où donner de la tête vu l’ampleur du nombre de souris gavées de coke…

La main de Dieu ?

Le 20 juillet, pour reprendre fil des arrivages, c’est au Honduras que ça s’est passé, avec un bimoteur à hélices, retrouvé dans un endroit bien connu : la région entourant Brus Laguna, objet d’atterrissages irréguliers depuis des lustres comme vous le savez. L’armée envoyée sur zone, guidée par un observateur radar aéroporté (US ?) après un bref accrochage avec les narco-trafiquants, avait découvert 806 kilos de cocaïne; à bord du Beechcraft B-200 N740P (le numéro de série BB-1218), répartis en 26 sacs dûment ficelés portant tous la mention « Disney »,

L’avion ayant été retrouvé planté le nez en avant, jambe de train avant pliée ou plutôt le train d’atterrissage enfoncé dans un terrain trop souple pour supporter un tel poids, comme le montrent les larges traces des pneumatiques laissées derrière lui.

Une vidéo a été prise de son laborieux atterrissage, prise par une caméra infra-rouge embarquée; suivi de l’arrivée de nombreux aides des narcos venus tenter de le vider (ici à droite). Le 1er février 2020 il avait effectué un trajet de Los Mochis, le fief d’El Chapo à Guadalajara, tous deux au Mexique… un habitué des cieux Mexicains, donc. Selon les autorités, il serait venu du Venezuela. L’avion était encore enregistré chez SYF LLC à Okmulgee en Oklahoma au nom des époux Abbott, Paul et Betty (c’est toujours le leur, on ne trouve rien à propos d’une quelconque vente). Il avait au préalable appartenu à des indiens Navajo à qui il servait d’avion VIP (cf ci-dessous). Le couple est aussi à la tête d’Abbott Industries Inc, une entreprise de maintenance en aviation et de pièce détachées. Et de Convington Aircraft également, racheté en 1975 à son fondateur.

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Coke en stock (CCXCVIII) : d’autres surprises encore

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises pendant la pandémie. D’autres pays et d’autres avions ont participé bien sûr à perpétuer et entretenir le trafic, avec là encore de belles surprises dont la principale est bolivienne, avec la découverte d’une vraie entreprise à retaper les épaves d’avions pour les faire revoler …

 

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Coke en stock (CCXCVII) : les surprises de la periode Covid19

D’autres surprises sont apparues durant cette période exceptionnelle, notamment l’arrestation surprise d’un membre éminent du cercle proche de Nicolas Maduro, piégé au Cap Vert lors du ravitaillement d’un de ses jets privés, avec lequel il sillonne le monde. L’occasion de s’apercevoir aussi que Maduro est aussi le roi du poulet ! Au Honduras c’est une ambulance …
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Coke en stock (CCXCVI) : de gros porteurs retrouvés incendiés pendant le Covid-19

Pour ceux qui s’attendaient à du changement durant cette période troublée de pandémie, c’est raté : on a retrouvé des avions incendiés, une fois venus livrer leur chargement de coke, comme précédemment ces derniers temps. Aux endroits les plus courus ces derniers mois, dont le Mexique, comme on l’a vu, et au Venezuela, où l’on continue toujours à tromper la populace …
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Coke en stock (CCXCV) : la situation pendant le Covid19

La pandémie a changé les choses, y compris chez les trafiquants qui se sont vite reconvertis en distributeurs de masques, pour les profits, ou de nourriture, pour leur image de marque. Mais cela n’a en fait que fort peu ralenti les arrivées de jets bourrés de coke, comme on a pu …
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Coke en stock (CCXCIV) : un gouverneur en ligne de mire

Dans le Campeche ou le Quintana Roo, dans le Yucatan, au Mexique,  la facilité avec laquelle les appareils atterrissent et leurs pilotes s’échappent, ou les enquêtes qui suivent tombent à l’eau laissent entendre des interventions politiques favorisant le trafic. Ce n’est donc pas vraiment une surprise quand on tombe sur l’un d’entre eux, de politicien, détenteur en prime …
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Coke en stock (CCXCIII) : champs de soja et poupées russes

On est loin d’en avoir terminé avec les visites surprises dans le Campeche. Des jets, là-bas, atterrissent en effet parfois en plein champ de soja ! D’autres se posent sur des routes sommaires de terre, entre deux exploitations mennonites. L’un d’entre eux, un superbe jet fraîchement repeint, résiste aujourd’hui encore aux investigations. Il est vrai que l’on semble avoir tout fait …
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Coke en stock (CCXCII) : de toutes sortes, dans le Campeche

Dans le Campeche, partie Est du Yucatan, de nombreux avions ont été retrouvés porteurs de cocaïne.  On a tenté d’en faire disparaître certains en les enterrant, d’autres ont été incendiés, d’autre encore ont été retrouvés noyés, emportés par les crues, certains ont même été réparés à ciel ouvert, preuve de …
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Coke en stock (CCXCI): l’invasion du Yucatan

 

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Dans le Campeche, partie Est du Yucatan, de nombreux avions ont été retrouvés porteurs de cocaïne. 

On a tenté d’en faire disparaître certains en les enterrant, d’autres ont été incendiés, d’autre encore ont été retrouvés noyés, emportés par les crues, certains ont même été réparés à ciel ouvert, preuve de l’implantation durable des trafiquants dans le secteur. 

Etat des lieux des trouvailles de ces derniers mois… 

 

 

Le push-pull de chez Cessna, c’est un oiseau à part

D’autres avions que ceux vus hier sont donc tombés dans le Yucatan.

Un dossier d’enquête mexicain de police, nous a appris autre chose encore, à propos d’un tout autre appareil, c’est celui dans le rapport numéroté  0000359/2019, du FGR, qui évoque la découverte le 26 mai 2019 par la police fédérale dans la vallée de Yohaltún, à Champotón, toujours dans le Campeche« que l’on a trouvé un petit avion blanc avec des rayures bleues et grises, avec l’inscription N971LP, qui était étiquetée « Riley Super Skyrocket »« .

Voilà quelque chose de nouveau, car ce « petit avion » est un cas à part : c’est en effet un bimoteur, mais push-pull, de chez Cessna, mais largement retravaillé par Jack Riley, autre magicien de la clé de douze. Un 337 déjà « supercharged » était alors perçu comme une Ferarri des airs, et avec Riley on est arrivé au stade ultime de l’appareil, devenu à la fois rapide et STOL, en plus d’être  désormais pressurisé. Il était vendu 225 000 dollars en 1989, une fortune. Une conversion à moteurs 310 hp est arrivée plus tard, il n’y en a eu qu’une douzaine de construits (et aujourd’hui moins de 10 volants, c’est dire la rareté du bidule !).

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Port du Havre, France

Les autorités ont découvert 1,4 tonne de cocaïne dans une cargaison de café du Honduras

Les découvertes de grandes quantités de cocaïne sur des navires qui partent des ports hondurien et guatémaltèque révèlent des difficultés à garantir la sécurité des opérations de transport maritime le long du tronçon nord de la côte caraïbe d’Amérique centrale.

Les douaniers du port du Havre, dans le nord de la France, ont découvert 1,4 tonne de cocaïne cachée dans un conteneur transportant du café, selon un communiqué officiel publié le 19 mai par les autorités françaises.

La cargaison avait appareillé le 6 avril de Puerto Cortés, le plus grand port commercial du Honduras sur la côte du pays au-dessus des Caraïbes, comme l’a rapporté La Prensa. La cargaison a changé de navire en République dominicaine avant d’arriver en France, où elle a été marquée et inspectée par les douaniers français.

SOURCE

Cocaine Seizures Expose Flaws at Guatemala, Honduras Ports

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Le défilé est devenu incessant au Belize, comme on l’a constaté au fil des épisodes précédents.

Mais décidément on n’avait encore rien vu à-bas.

Un record est en effet battu en mars dernier avec la plus grosse prise de cocaïne jamais faite dans le pays. Sans trop de surprises, elle a été amenée par un jet, un Gulfstream cette fois… Il avait été précédé d’un autre avion du même type, retrouvé vide celui-là, en février. Le hic pour le recordman étant qu’il appartenait à un homme déjà condamné pour trafic de coke voici 13 ans déjà à Cleveland, aux USA…

Le 22 janvier 2020, dans un endroit appelé Rhaburn Ridge, près de Crooked Tree et de la Philip Goldson Highway (longue de 153 km, elle joint Belize City à Corozal, au nord), un énième appareil s’est posé de nuit. Au lendemain matin, on le découvre, intact et plutôt impressionnant, comme on peut le voir.

Celui-là est resté en effet tel quel, en tout cas. Les riverains l’avaient entendu tourner cette nuit-là avant qu’il ne se pose.

Il est bien entendu vide.

Chester Williams

Le terrain est plat et ne paraît pas trop humide, ce qui n’empêche le chef de la police, Chester Williams d’en sortir une bonne comme à son habitude pour tenter de justifier un énième ratage : « nous avons depuis déployé nos officiers dans la région et ce n’est pas un endroit facile à atteindre; c’est un terrain extrêmement accidenté. Nous avons obtenu l’information, nous nous sommes mobilisés et nous n’avons pas pu arriver dans la région à cause du terrain boueux. Tous les véhicules de police finissent par s’enliser et ce sont des véhicules à quatre roues motrices. Et ils n’ont pas pu se rendre sur les lieux. »

 

En fait, cette explication plutôt oiseuse sur l’état véritable du terrain où le Gulfstream, à l’endroit où il est s’est posé sans s’enliser, cherchait à dissimuler quelque chose qu’une simple recherche sur Google Earth démontrait facilement.

Le point d’atterrissage donné par la police GPS est faux d’une bonne paire de kilomètres.

Le vrai se situe plus au nord, et c’est tout simplement une piste clandestine connue, puisque l’on y a fait exploser des charges il y a quelques années déjà pour creuser des trous pour empêcher son usage. On les distingue pleines d’eau sur Google Earth quand on remonte dans le temps ! Cette très longue piste a donc tout simplement été rebouchée et c’est très certainement pour cela que Williams a inventé la fable de ses 4×4 enlisés.

Une piste qui a été détruite au moins en 2011, dès sa mise en service il semble. En janvier 2018, tous les trous n’avaient pas encore été rebouchés.

 

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En quelques mois, c’est à une véritable pluie de jets à laquelle on va assister au Belize : Hawker, Gulfstream, tout y passe. Le pays est devenu un vrai porte-avions pour appareils VIP !

Évidemment, avec de tels engins dépassant la quinzaine de tonnes, le volume de cocaïne apporté a fait un bond : pas moins d’une tonne à chaque voyage, sachant que les photos que l’on a sont celles de ceux qui sont restés coincés sur place : une grande partie a réussi à se poser et à redécoller ! Obligés de se poser, car au contraire des avions bimoteurs Beechcraft volant plus lentement, et constamment pressurisés, ces jets ne peuvent effectuer de largages en vol de type « wet drops« , devenu le nouveau sport local aérien a Belize… comme on l’a vu !

Après les bombardiers à hélices déversant des sacs de toile, voici les avions-cargos à réaction qui livrent à domicile !

Le Hawker échangé en 17 jours

 

Le 20 octobre 2019, nouvelle arrivée… d’un Hawker, un de plus.

C’est à Blue Creek, Orange Walk, au Belize toujours. Abandonné à nouveau sur la route, et retrouvé dans le brouillard du petit matin. C’est le vingtième depuis 2018 !!! Le précédent datant de 21 jours seulement! L’avion s’est posé au bord de la frontière mexicaine, à 2,5 miles seulement de là. On ne peut difficilement faire plus près.

La police sort à nouveau des propos lénifiants car elle n’a bien sûr rien intercepté encore une fois. « Well funded criminal activity is challenging » dit-elle, reconnaissant une fois de plus sa totale impuissance !

Les policiers étant incapables de retrouver quel était l’avion, on s’en est chargé à leur place à parti des indices habituels : âge, décoration et date des derniers changeants de propriétaire. Selon ces « pointeurs »  clés, c’est le Hawker 700A sn257176 immatriculé N322BC qui se retrouve candidat : sorti en qualité de N109G chez Gulf Oil en 1982, puis devenu un temps canadien chez Chevron en  C-FCHT ,de 2002 à 2004, puis N322BC chez TCA Air Llc et Vision Holdings 102 LLC pour être ensuite vendu vendu fin 2019 au Mexique, l’inscription US étant révoquée le 18 septembre 2019 pour s’envoler aussitôt de  Monterrey vers Victoria, toujours au Mexique, le 19 octobre. Le 1er octobre précédent, il venait juste d’été acheté par TWA International Inc, de Cheyenne… notre désormais célèbre vendeur d’avions aux trafiquants de tous poils !!! Il ne l’a gardé chez lui que 17 jours ! Juste le temps de faire la transaction avec les narcos !

Pour la police, avec ce Hawker intact, un autre problème devient crucial dans ses hangars : elle a déjà accumulé parmi ceux qui n’ont pas été brûlés 2 Hawker 125 (avec celui trouvé ce jour-là), 2 Beech King Air, 2 Cessna 210 et un 1 Piper, selon 7 News. L’un des King Air a été visité par le présentateur -plutôt frimeur- Ross Kemp, qui exploite comme filon sa notoriété obtenue en jouant jadis le rôle de Grant Mitchell dans le soap opéra télévisé à partir des années 90 pour faire une série documentaire appelée « Ross Kemp au Cœur des Gangs ». (la série à remporté un BAFTA award en mai 2007).

Dans cet épisode, on peut en effet le voir tourner autour d’un King Air C90 dans le hangar bélizien des saisies, il y montre même du doigt un trou laissé par une balle dans le pare-brise du King Air. Mais hélas, l’immatriculation de ce de dernier a été occultée par les autorités… Si l’émission ne donne pas l’endroit où a été confisqué cet appareil, ni son pedigree, nous on le sait ; c’est notre fameux « YV678 » (une fausse appellation) de la Northern Highway; arrivé le 7 mars 2008 !!! Des retrouvailles, en quelque sorte ! Le reportage est en effet de la même date,et à l’époque c’était donc du tout frais au moment des prises de vues !

Un jet cassé en deux !

Le 30 septembre 2019, à Blue Creek, Orange Walk, Belize, c’est à dire toujours dans le même secteur, ce qui devient lassant pour les habitants, note 7 News, ce n’est pas un Hawker que l’on retrouve au petit matin dans la brume, mais un énorme Gulfstream, un modèle ancien, de type G-1159 Gulfstream II B. Il s’est complètement cassé en deux, celui-là. L’engin est intégralement blanc, il porte sur ses réacteurs une appellation « PVO », seulement. Voilà qui ne devrait pas aider encore une fois à le cerner. Il aurait tenté de se poser vers 4 h du matin sur la longue ligne droite pas beaucoup plus large que son train d’atterrissage principal, ce qui était somme toute fort risqué.  Ses réacteurs montrent des volets de freinage par inversion de flux déployés, mais ça ne semble pas avoir suffit à le maintenir en ligne droite.

L’avion semble avoir un large cercle sur lui-même vers la droite, dans l’herbe avant de se casser. Il a dérapé sur les cultures !!!

L’image est très impressionnante en tout cas : l’avion s’est en effet brisé en deux net et son arrière au niveau des réacteurs est venu se replier sur l’aile gauche (en raison du mouvement giratoire initié dont on parlait).  C’est en descendant dans un fossé longeant la route qu’il a dû se briser, emporté par son élan, tous inverseurs poussés à fond.  Un choc terrible ! Encore une fois, à son propos, on a droit au même discours vide de la police de Belize, qui n’a fourni qu’un seul cliché (?) de l’événement : pas de photos de fouille de l’intérieur, pas d’autres détails, rien : on n’a rien trouvé non plus dedans , pas de blessés, de cadavres ou  de chargement. Bref, pour elle, c’était en quelque sorte un touriste ordinaire qui a raté sa visite !!!  Circulez, il n’y  rien à voir ! Il faudra attendre 4 jours seulement pour qu’on retrouve pas loin, mais au Mexique, dans la municipalité d’Othón P. Blanco, déjà cité ici, 48 sacs de coton blanc numérotés, contenant chacun vingt pains de coke toutes marquées « AP » (ou « Venao ») et contenant 925 kilos de cocaïne :  très certainement ce qu’avait apporté le  malheureux Gulfstream.

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Les avions remplis de drogue, c’est devenu commun au Belize. Le problème c’est que ça a pris une dimension absolument hallucinante depuis ces deux dernières années, avec une nette accélération des arrivées, dont désormais celle de gros jets à réaction qui se posent de façon quasiment mensuelle désormais, le reste, les appareils plus petits ou à hélices, le faisant de façon hebdomadaire.

Le jet posé sur la route

Le 24 avril 2018, c’est le choc des photos, pas besoin de celui des mots : on vient de découvrir en effet un jet, un biréacteur de plus de 10 tonnes, parqué sur le bord de la route (non bitumée) chemin reliant San Estevan à Progresso, à 3 miles du village de San Estevan dans l’Orange Walk District de Belize.  Ce matin là, à la découverte de l’engin, on ne peut que constater que les transferts aériens de cocaïne viennent de prendre une toute autre dimension en effet !

L’engin est un Hawker 125-700, un biréacteur portant l’immatriculation (fausse) N818LD (c’est une immatriculation réelle, mais celle d’un autre appareil à l’évidence. C’est aussi celle d’un autre Hawker retrouvé sous les feuillages le 7 mars 2018 qui précédait au Venezuela (1) : les trafiquants se sont passé le mot, à l’évidence. A l’intérieur de celui d’Orange Walk, tout a été complètement vidé, et on a tenté d’y mettre le feu, mais sans y parvenir, selon la police.

Pour les autorités, c’est un vraie claque, car peu de temps auparavant, en décembre, elles venaient d’inaugurer en grande pompe au Belize Civil Aviation, leur réseau de surveillance aérienne, doté d’une « nouvelle technologie » vantée par les responsables. En fait, c’est une simple application d’ordinateur surveillant les transpondeur à bord des aéronefs, un peu comme FlightRadar. Le hic étant que ça nécessite que l’appareil le mette en marche, ce qui est rarement le cas, on le comprend aisément, des vols illégaux de contrebande de coke !!! Une seule arrivée d’avion chargé de coke vient de ruiner leur communication !!! Le pays ne dispose en effet d’aucun radar !!!

Dans le reportage visible ici,  on comprend mieux ce qui s’est passé ce soir-là ; l’aile droite de l’avion a heurté des branches et l’appareil, roue avant tombée dans le bord de ruine herbeux, s’est immobilisé en travers.

Les traces noires d’une tentative d’incendie sont visibles sous l’aile gauche.

L’avion était destiné à pouvoir redécoller, en fait. On l’aurait comme les autres ravitaillé et il serait reparti une fois son chargement déposé !!! Dernier défi pour les policiers bien dépassés par l’événement et l’audace des trafiquants :« se présente aux responsables de la police bélizienne un défi majeur: comment déplacer le jet de taille moyenne de la route du village, où il est maintenant sous la garde des forces de sécurité du Belize. Bien qu’il soit très probablement encore en état de navigabilité, il n’y aurait aucun pilote au Belize qui pourrait le piloter depuis son emplacement actuel, » note la radio Amandala, qui rappelle que c’était le septième appareil de trafiquants de l’année… et nous n’en étions qu’en avril !

Pour ce qui est de l’appareil lui-même, une fois désembourbé et réparé, un pilote de talent dégoté, il a réussi à redécoller de la même route (chapeau !) pour rejoindre le 26 avril, soit à peine deux jours plus tard, la base de l’ADF Airwing, située à Ladyville sur l’aéroport Philip S. W. Goldson International (appelée aussi Price Barracks chez les militaires).

Plus facile pour lui en effet de se poser sur une piste en dur de 3200 m en effet !

Le 17 janvier 2020, enfin, les autorités de Belize décidaient de se munir d’un radar à 12 millions de dollars. Il était temps !!!

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Ces deux dernières années (2019 et 2018) les arrivées d’appareils chargés de cocaïne ont augmenté à Belize.
De façon répétée on a retrouvé des vestiges de grosses carcasses d’avions en plein champ, abandonnés incendiés par
les trafiquants, comme au Guatemala voisin, et comme avant eux au Honduras, dont j’ai tenu ici la litanie des arrivées de ce type. Des arrivées de plus en plus nombreuses, non suivies d’arrestations, ni de saisie de drogue, pour la majeure partie d’entre elles. Jusqu’à ce jour d’octobre 2018 où l’on attrape des trafiquants venus attendre un de ces avions chargé de drogue : parmi eux, un responsable de la police, venu nous démontrer par l’exemple le fond du problème dans ce pays essentiellement corrompu à tous les niveaux…
Une apparition soudaine 
En 2015, c’est une visite impromptue et mystérieuse qui intrigue les autorités de Belize. Là on a affaire à un cas particulier car l’avion a atterri sur un aéroport tout ce qu’il y a des plus officiel, le Philip Goldson International Airport celui de Belmopan, vers 5H30 du matin alors que celui-ci ouvre à 6H, sans l’accord des autorités de l’aéroport donc. Problème, depuis, plus personne n’a vu son pilote ni son passager : l’avion a été abandonné sur place Le Piper Seneca PA-34 à  7 places est immatriculé N32812  et d’après son plan de vol il était encore à Managua, au Nicaragua, à environ quatre heures et demie de vol de Belmopan.
Le vol précédent datait du 30 septembre précédent, de Fullerton, à San Jose, en Californie.
Un rapide examen de l’avion montre qu’il n’était pas été équipé de réservoirs supplémentaires pour effectuer des vols plus longs. Mais le 25 octobre précédent il avait fait le trajet Aruba-Belize City (il s’y était rendu le 22). L’avion est depuis le 28 mars 2014, immatriculé au nom d’un pilote américain James A. Stallings d’Irvine, en Californie.
Cela, je vous l’ai décrit ici. Au 28 octobre, l’avion n’avait toujours pas été réclamé par son propriétaire légitime…
L’affaire ne semble par contre n’avoir eu aucune suite : le 25 juillet 2016 on le photographiait revenu aux Etats-Unis, tranquillement venu assister à la grande fête aérienne de la mecque d’OshKosh
Un mois avant, c’est un hélicoptère gris de type BELL-407 qui avait ainsi été abandonné à Blue Creek dans l’Orange Walk District.  Il arborant le numéro d’immatriculation N607AZ, une fausse immatriculation. Il aurait pu s’agir du XA-FMC, repeint plus discrètement
A la fin de l’année 2015, c’est un Cessna qui tente sa chance sur une route non macadamisée sur Spanish Lookout, près de la lagune d’Aguacate…(ici à droite) et que l’on retrouve incendié : il n’en reste que l’empennage de visible. La presse commente de façon ironique : « les détails officiels sont pratiquement inexistants, peut-être parce que la police n’a pas grand-chose à offrir pour le moment« .
Selon News Five « au cours de l’année écoulée, un autre avion qui transportait des stupéfiants avait atterri au même endroit et avait été brûlé » (c’est notre Cessna 210 de l’épisode précédent, retrouvé  à un mile de l’autre !). Le Cessna 210 incendié était immatriculé YV3241. C’est en fait celle d’un hélicoptère Agusta A109C, ex N111TS !!! Rien à voir avec l’original !
Encore raté !
En décembre 2016, encore raté pour la police de Belize. Et en même temps première inquiétude sur l’apparition d’avions bien plus imposants venant visiter régulièrement le pays. Sur une piste clandestine, une de plus, près de la Coastal Road, vers La Democracia, dans le Belize District, on n’a pas trouvé d’avion cette fois  mais de drôles de choses : des bidons énormes, une vingtaine (16 exactement encre pleins de kérozène et 4 vides), de quoi ravitailler un gros avion, donc. Mais aussi des sièges bicolores, de style plutôt anciens, à accoudoirs, repliables et assez hauts, encore juchés sur leurs piétements de tubes, un assortiment de ce qui semble être des tuyaux ou des câbles électrique, voire de la corde, quatre batteries, bref tout ce qui reste d’un vidage complet de gros porteur de type indéterminé. Les sièges sont ceux  d’un Beechchraft 200, signe que l’on est déjà passé au stade supérieur dans le trafic. Selon la population locale, la piste existait depuis trois années au moins ! Sidérant !

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Le cas « spécial » de Tropic Air

Belize a fort peu d’avions natifs, aujourd’hui encore. Ces sont essentiellement des petits Cessna (172P, 182S, 206, 206H, 208B) ou un dernier Britten Norman de Maya Island Air (V3-HGE, ancien G-BGFW, XC-GRO, C-FOKH HC-BTX et N103NE ), comme celui ici de Tropic Air, il y a quelques décennies maintenant. L’un des premiers avions aperçu était un hydravion amené en 1957 par John Grief. Sr. Ancien pilote de guerre tombé amoureux d’une bélizienne lettrée (la première diplômée d’une grande école là-bas), Celi Nuñez, il avait décidé de s’y installer et tous deux d’y bâtir un hôtel à San Pedro, inauguré en 1964, et pourquoi pas à côté une piste d’atterrissage (ici à droite), qu’il ont défriché ensemble à la main avec quelques Sanpedranos locaux munis de machettes et de pelles.

Le petit « aéroport » sera inauguré en 1969, en portante nom de « Central American Transport« ..ici la piste en 1969.


L’affaire de l’Antonov resté collé dans la boue

Le 29 août 2003, les béliziens n’en reviennent pas : un gros avion est venu les visiter la nuit, mais il semble s’être trompé de piste d’atterrissage et n’a pas réussi à redécoller : il est resté collé dans la boue, sur une piste fort étroite (2) !!! Son train gauche a raclé toute l’herbe, la voie n’étant visiblement pas assez large pour ce gros engin !

Mauvais calcul ou mauvais renseignement des trafiquants ?

C’est en effet un Antonov 26, pas moins, qui s’était posé sur une piste de fortune, près de Blue Creek dans l’Orange Walk District avec à bord de la drogue, selon la police locale qui le retrouvera pourtant vide…

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(1) lié par ses origines dira-t-on, au Hezbollah (extrait de Wikipedia : « Le nom d’El Aissami apparaît dans l’affaire des faux passeports vénézuéliens révélée en février 2017 par CNN en español : l’Irak a révélé que l’ambassade aurait distribué de faux passeports vénézuéliens à des citoyens syriens, dont une partie seraient des combattants du Hezbollah irakien. D’après le lanceur d’alerte, des passeports et visas étaient distribués par des employés de l’ambassade, en l’échange de fortes sommes d’argent. Les passeports octroyés permettent d’entrer sans visa dans un grand nombre de pays occidentaux, incluant l’Espace Schengen. Après avoir tenté d’alerter la Chancellerie sans succès, le lanceur d’alerte s’est tourné vers le FBI et la chaîne de télévision CNN. Les journalistes de CNN ont obtenu un rapport émis par les services secrets américains qui estime à 173 le nombre de passeports émis de façon frauduleuse dans cette affaire. Le rapport désigne Tareck El Aissami, alors ministre de l’Intérieur et responsable des services d’immigration, comme le donneur d’ordre. À la suite de ces révélations, le gouvernement vénézuélien accuse CNN de « propagande de guerre » et suspend l’autorisation de diffusion de la chaine pour une durée indéterminée ».

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L’OFAST, officiellement opérationnel depuis le premier janvier 2020, a remplacé l’OCRTIS qui présentait quelques sources d’ennuis judiciaires à venir pour la haute hiérarchie policière.

Les têtes pensantes de Beauvau ont pensé qu’en changeant de nom pour sortir des comportements parfois douteux pour le citoyen lambda de l’OCRTIS, ils feraient oublier la guéguerre entre policiers et douaniers, alors que l’ensemble du personnel a été intégralement absorbé par l’OFAST…

L’esprit et la façon de fonctionner ont-ils changé?

Les affaires de la DNRED avec Erwan Guilmin et de l’OCRTIS avec François Thierry, malgré la lenteur de la justice à trancher, n’arrangent pas le relationnel et l’esprit et la façon de fonctionner de l’ensemble du personnel qui a été intégralement absorbé par l’OFAST…n’ont pas changé!

Pour lancer ce vieux nouveau service, les ‘mamamouchis’ de Beauvau ont donc définis 6 grands objectifs avec 55 mesures pour répondre à l’attente d’efficacité et de changement…oubliant de préciser que d’être opérationnel H 24, 7 jours sur 7* et réactif étaient les conditions premières à respecter.

Mais sans embauche comment réussir?

L’OFAST a pour  »originalité » de faire travailler au sein d’une même structure policiers, gendarmes, douaniers et magistrats, pour favoriser l’échange d’informations et agir à tous les niveaux de la lutte contre les trafics. « De l’arrivée des drogues en France, jusqu’au point de deal au coin de la rue. De la cage d’escalier, à l’international », avait indiqué Christophe Castaner, en fixant le cap de cette nouvelle structure : « partager l’information, décloisonner les enquêtes et collaborer entre services »

Les sources

Oh surprise! Alors que la quasi totalité des saisies sont réalisées à la suite de renseignements fournis par des « sources », rien de concret sur ces informateurs sans lesquels, l’OFAST (policiers et Gendarmes) comme la DNRED de la Douane, ne seraient que des aveugles.

Mais, peut-être, qu’enfin, les liaisons dangereuses ** entre indics et régaliens ne seront plus source première d’informations et que les actions d’infiltration, toutes aussi dangereuses d’ailleurs, seront alors privilégiées…mais, là aussi rien de concret. On croit rêver!

Certes, en ces périodes de confinement d’une grande partie des consommateurs, le deal a déjà revu sa copie et passe par les snapchat, wathsapp, instagram et twitter pour permettre à tous les addicts de satisfaire le manque possible.

Là on se dit, bravo, quand l’Objectif n°1, qui est l’amélioration de la connaissance des trafics ainsi que du pilotage stratégique au niveau national et à l’échelon territorial dans sa mesure N° 8, nous annonce que les équipes en charge de l’analyse des cybertrafics seront renforcées…Mais Cyber-gendarmes et cyber-douaniers n’ont, jusqu’à ce jour, pas réussi à faire diminuer l’offre proposée de tous types de stupéfiants. Rien que sur TWITTER, plus de 1.300 lignes de propositions de livraisons à domicile sont toujours actives et se renouvellent sans cesse. L’offre se concentre autour de 20 utilisateurs qui représentent environ la moitié des lignes.

En Mesure 12, la détection et le ciblage des conteneurs permettant d’obtenir des saisies de gros volumes, qui réduisent l’offre dans des proportions structurelles; des objectifs quantitatifs et qualitatifs seront établis par l’Ofast sur une base annuelle, donc on espère que l’arrivage de quantité importante de cocaïne de l’Amérique du sud vers l’Europe et les ports du Havre, de Fos sur mer et de Dunkerque va sérieusement être diminué sauf…sauf que le nombre d’agents affectés à la CELTICS n’est pas à la hauteur des flux de conteneurs.

Mardi 11 février 2020, Christophe Castaner a inauguré le siège de cette structure à Nanterre

L’OFAST est basé à Nanterre, pas à Lourdes, le miracle de la réunification sans arrières pensées n’a donc pas eu lieu!

Depuis maintenant trois mois, l’OFAST a donc en charge la lutte contre le narcotrafic à l’international destiné à l’hexagone et à ses DOM/TOM.

En liaison avec l’ensemble des administrations concernées, l’Office anti-stupéfiants est chargé de l’évaluation de la menace liée aux trafics de stupéfiants.
Pour accomplir cette mission, l’office, dans le cadre de la législation applicable, centralise, analyse, exploite et communique aux services de la police nationale, de la gendarmerie nationale, des douanes et droits indirects, ainsi qu’aux autres administrations et services publics de L’État toutes documentations et données statistiques, en lien avec le service statistique ministériel de la sécurité intérieure, relatives à son domaine de compétence.
Dans le cadre de la législation applicable, les services de la police nationale, de la gendarmerie nationale, des douanes et droits indirects, ainsi que les autres administrations et services publics de L’État susceptibles d’apporter leur concours à l’office lui adressent, dans les meilleurs délais, les informations relatives à son domaine de compétence dont ils ont connaissance.
Pour les infractions qui relèvent de sa compétence, l’office, dans le cadre de la législation applicable, adresse, aux services de la police nationale, de la gendarmerie nationale, des douanes et droits indirects, et aux autorités judiciaires, toutes indications utiles à l’identification ou à la recherche des délinquants ainsi que, sur leur demande, tous renseignements nécessaires aux enquêtes dont ils sont saisis.

Pour cela, l’Office anti-stupéfiants est chargé de :
-1° Procéder sur l’ensemble du territoire national à des enquêtes judiciaires relatives à des trafics de produits stupéfiants d’importance nationale et internationale ou présentant une sensibilité particulière ;
-2° Sous le contrôle de l’autorité judiciaire, coordonner les enquêtes de grande envergure diligentées par des services de la police nationale, de la gendarmerie nationale, des douanes et droits indirects, en particulier les enquêtes qui présentent une dimension internationale marquée et visent des filières d’importation complexes ;
-3° Coordonner l’action des services territoriaux de la police nationale, de la gendarmerie nationale, des douanes et droits indirects, le cas échéant dans le cadre de saisines conjointes décidées par l’autorité judiciaire ;
-4° Centraliser les informations concernant les demandes adressées aux fonctionnaires ou agents publics visant à permettre la mise en œuvre des opérations de surveillance prévues par l’article 706-80-1 du code de procédure pénale, par le I de l’article 67 bis et par l’article 67 bis-3 du code des douanes ;
-5° Coordonner avec l’ensemble des partenaires concernés la mise en œuvre des mesures de prévention, de recherche et de constatation des infractions constitutives de trafic de stupéfiants dont les modalités sont fixées par la loi n° 94-589 du 15 juillet 1994 relative à l’exercice par l’Etat de ses pouvoirs de police en mer pour la lutte contre certaines infractions relevant de conventions internationales.

Pour lutter efficacement contre le narcotrafic, l’une des solutions consiste aussi à faire baisser la demande. Mais rien n’est vraiment prévu pour enrayer l’arrivée de nouveaux consommateurs.

-Que font ces hauts fonctionnaires chargés de définir les politiques à mettre en œuvre pour tenter de diminuer cette « épidémie de zombies » ?

-Que font les chargés de l’analyse criminelle et/ou de l’intelligence économique et diplomatique qui, normalement doivent englober la prospective?

-Qui fait de la prospective ‘stups’ à Beauvau et à Montreuil ? Et si des services s’y consacrent, sont-ils encore en osmose avec le terrain ?

Non, ils sont comme ceux qui n’ont pas su prévoir le coronavirus ?

Notre haute administration et ses cohortes d’énarques, inspecteurs des finances, administrateurs civils et autres cooptés ne seraient ils pas le véritable MAL FRANÇAIS?

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« De tous les régimes qu’a connus notre peuple, pas un n’a su éviter la catastrophe. Des héros qu’on nous apprenait à admirer, pas un qui n’eût fini dans la tragédie, ou du moins dans l’échec… Quand la chance s’acharne à être mauvaise, elle est plus qu’un effet de hasard. » Alain Peyrefitte

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* Pour remplir les postes affectés aux tâches régaliennes, un poste à couvrir dans un secteur donné de lutte anti stups nécessite au minimun 5 hommes à temps complet. Par exemple, avec + ou – 8.000 douaniers affectés à la SURV, pour les BSI, BSE, navigants marins, navigants aériens et pour les opérations de contrôles suite aux signalements de la DNRED, en considérant les 35 heures comme base de calcul, il reste moins de 2.000 hommes mobilisables et opérationnels sur l’hexagone et l’ensemble des DOM/TOM. Quand on sait d’autre part qu’avec les fermetures successives des Brigades, l’éloignement des hommes des lieux de contrôles nécessite parfois plus de deux heures AR pour être effectivement opérationnel, un constat s’impose: de ces 2000 hommes, après avoir retirer les plantons de Bercy, de Montreuil et des DI et DR, qui représente environ 300 hommes plus… la kyrielle de sous-directeurs végétato-improductifs évaluée à une cinquantaine de tête, il ne reste donc que 1.650 opérationnels! Lors de ce décompte, les malades, les enceintes et les congés parentaux n’ont pas été chiffrés…

** Liaisons dangereuses pour les policiers et douaniers de fréquenter des malfaiteurs qui peuvent alors les utiliser, les manipuler…Les exemples des dernières années sont là! Quand aux actions d’infiltration, elles comportent toujours le risque majeur d’être découvert et/ou de ne pas pouvoir brandir à un moment critique le Dalloz pour dire stop, j’arrête! Quand on est en situation d’infiltration, on ne peut l’interrompre et c’est alors que la lâcheté des donneurs d’ordre, qu’ils soient politiques ou autres énarques en charge de grands services régaliens, peut s’exprimer en se reniant devenant alors non seulement des couards mais aussi des renégats démontrant alors la bassesse des motivations qui les ont amenés à ces postes de responsabilité.

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Le trafic à Belize va mettre un temps à se mettre en place, facilité par la proximité du Guatemala et son régime hautement politique corrompu.

Au début, au seuil des années 2000, les gros
porteurs ne l’ont pas encore atteint : les plus gros appareils aperçus se limitent à des Beechcrafts de type Queen Air (puis C-90 au fil du temps).  Mais un Cartel mexicain y fait tranquillement son chemin, carsans concurrent sur place. Et c’est l’un des pires, celui des Zetas, des anciens policiers véreux mexicains virés trafiquants, ceux qui vont commettre rapidement les pires exactions au Mexique, en torturant, décapitant, pendant aux ponts des villes tous ceux qui s’opposent à leur hégémonie malfaisante.

Au passage, nous allons retomber sur une famille mormone bien particulière, communauté qui est déjà revenue plusieurs fois ici dans cet énorme dossier de cocaïne.

Première alerte en 2001

En 2001, première apparition d’un trafic aérien, avec la découverte d’un appareil carbonisé, dans le district de Toledo, au sud du pays, dont la ville principale est Punta Gorda. « Le soir du 21 mars, un B.D.F. La patrouille a observé un avion qui tournait dans la zone du Sarstoon supérieur et, lorsqu’ils ont enquêté le lendemain matin, ils ont trouvé les restes brûlés d’un petit bimoteur. L’avion avait apparemment effectué un atterrissage sans succès sur une piste d’atterrissage illégale près des rives de la succursale de Savery du Sarstoon, à environ cinq kilomètres à l’est de Gracias a Dios Falls. La piste en question avait auparavant été désactivée par le B.D.F. en faisant de grands trous dans la piste en terre avec des explosifs. Les trafiquants de drogue avaient tenté de réparer les dégâts, mais on pense que le train d’atterrissage de l’avion s’est effondré au contact de la surface inégale. Aucun signe du pilote ou de drogue n’a été trouvé dans la région et il n’est pas clair si l’avion était là pour livrer ou ramasser une cargaison des États-Unis. stupéfiants liés. Mercredi, le B.D.F. a découvert une autre piste d’atterrissage précédemment désactivée à un mile à l’est, cette fois sur la rive nord de la rivière Sarstoon dans un endroit appelé « Happy Home ». Elle avait également été réhabilitée et était en cours de préparation pour être utilisée car plusieurs bidons d’essence et d’huile de lubrification ont été trouvés sur le site et pourraient être utilisés par des bateaux de grande puissance. Il n’y a pas d’accès routier à l’une ou l’autre des pistes
d’atterrissage clandestines et les autorités sont fermement convaincues que la main-d’œuvre nécessaire pour reconstruire les pistes ne pouvait provenir que des villages guatémaltèques situés au sud du fleuve. La zone frontalière éloignée autour de l’embouchure du Sarstoon a longtemps été un foyer d’activité de drogue, car il y a de nombreuses criques pour que les bateaux se cachent et une présence policière très limitée par les deux pays ».

L’article, hélas, ne précisait pas le type d’avion : Piper Aztec, Beech Baron, le temps n’était pas encore à de plus gros engins.

Le premier Beechraft

Le 5 septembre 2007 c’était cette fois un Beechcraft Queen Air qui s’était posé sur la piste d’Hector Silva Airstrip à Belmopan
(on cite aussi le San Ignacio Airstrip dans son cas). L’avion avait été
« strippé », complètement vidé de ses sièges, portait un registre américain (N75TM) et avait endommagé son train lors de l’atterrissage. En 2002, l’armée
anglaise avait apporté son soutien à l’agrandissement de la piste de Belmopan pour les plus gros porteurs… tels les C-130 (ou même les C-17 !) ! Officiellement pour faciliter l’arrivée de l’aide humanitaire en cas de besoin.

L’inauguration avait eu lieu le 24 mai 2002. L’avion des trafiquants a fini ses jours au Matthew Spain Airport de Cayo, à Belize.

Si les premiers avions détectés étaient plutôt des Piper Aztec, les Beechcraft Queen Air puis King Air employés pour larguer des balles de marijuana avaient été vite réquisitionnés par les trafiquants pour se poser sur les routes de Belize pour y décharger plus facilement leur
contenu de cocaïne, désormais. Le premier du genre est un Beechcraft C90 qui s’était posé sur la Northern Highway le 7 mars 2008. Un modèle post N°317, à extrémité de queue plate (voir ici l’explication). Très vite cela avait été « chaud » sur place: « La police d’Orange Walk a reçu un appel disant qu’il y avait des hommes masqués armés sur la Northern Highway entre les kilomètres 40 et 41 sur la route qui arrêtaient les véhicules (c’est est l’une des quatre routes principales du Belize) Elle relie Belize City au nord-ouest du pays).

« En conséquence, ils ont alerté la Force de défense du Belize ainsi que l’Unité antidrogue et toutes les équipes ont répondu.

L’avion devait initialement atterrir, déposer la drogue, se ravitaille, puis redécoller, Mais alors que l’avion était en train de faire le plein, les soldats du BDF étaient arrivés sur les lieux. Il y a eu un échange de coups de feu alors que les suspects ont ouvert le feu sur les soldats. «Ils ont immédiatement essuyé des tirs, ils ont répondu en nature et en conséquence, les hommes qui semblaient avoir fait le plein de l’avion se sont précipités dans les buissons voisins et un camion, qui était à côté de l’avion, s’est également envolé dans les buissons voisins. » Cependant, cinq des balles ont déchiré le pare-brise du camion, blessant peut-être son conducteur, qui serait un ressortissant bélizien que la police connaît et il est recherché ».

L’avion était affublé d’une immatriculation vénézuélienne fantaisiste.

« À l’arrière du camion, la police a trouvé un réservoir Rotoplast de neuf cents gallons qui, selon les autorités, a été utilisé pour faire le plein de l’avion. Les plaques d’immatriculation Orange Walk du camion ont également été trouvées dans la cabine du véhicule. La police ne sait pas exactement combien se trouvaient à bord, mais ils se sont tous enfuis, laissant derrière eux des preuves à récupérer par les autorités. À ce moment-là, la police ne sait pas si la cargaison de drogue a été larguée à un autre endroit avant l’atterrissage de l’avion ou s’il a été transporté loin des lieux. Mais lorsque les policiers ont fouillé l’avion, ils n’ont trouvé que du kérosène. »

Nous retrouverons bientôt cet avion ici-même…

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Le trafic une fois mis en place, les agents de la DEA en font ce qu’ils veulent.

Vexée de voir les champs de marijuana s’étendre dans le pays, alors qu’elle tente de circonscrire ceux du pays voisin à grands coups de Round Up, la DEA s’en est prise à une tête de turc qui semblait lui résister :  « les contrevenants peuvent même être reconnus coupables de délits liés à la drogue sans posséder aucune drogue. Elijio Briceno, ancien ministre de l’Énergie et des Communications du Belize, a été arrêté en avril 1985 après avoir accepté l’argent du front d’agents de la DEA à Miami pour de prétendues drogues qu’il n’avait jamais livrées. Les troubles de Briceno ont commencé en octobre précédent, alors qu’il était encore au service du gouvernement du Belize, une nation qui avait attiré l’hostilité de l’administration Reagan pour son attitude décontractée envers la marijuana. Briceno en particulier avait offensé la DEA en s’opposant officiellement à sa demande de pulvériser des champs de marijuana avec du paraquat toxique (du Round Up). (Au Belize, la DEA n’est pas entravée par les restrictions de l’Environmental Protection Agency) »

Elijio Briceno

Des menaces, ou un piège, la technique habituelle des américains lui ont alors été appliquées :  « alors que Briceno était toujours au pouvoir, l’agent de la DEA, Robert Ridler, s’est approché de Briceno, lui demandant d’acheter de la cocaïne ou de la marijuana (l’entrevue avait eu lieu à Chetumal au Mexique !). Lorsque Briceno a exprimé son intérêt, la DEA l’a importé de venir aux États-Unis avec quelques marchandises. Selon l’avocat de Briceno, Reber Boult, Briceno a reporté la DEA, insistant pour qu’ils lui apportent d’abord l’argent. Des semaines de marchandage s’ensuivirent, au cours desquelles le parti de Briceno perdit les élections de 1984 et Briceno commença à faire face à des difficultés financières. Enfin, la DEA l’a persuadé de se rendre à Miami en échange de quelque 32 400 dollars ».

Bien sûr là c’était la deuxième solution choisie par la DEA, via un informant-aviseur resté dans l’ombre :Briceno a été arrêté lorsqu »il a récupéré l’argent. Il a été inculpé de trois chefs de complot et de 20 chefs d’utilisation du téléphone pour commettre un crime fédéral (passible d’une peine de quatre ans chacun); la DEA elle-même avait initié au moins 16 des appels, et en téléphonant à Briceno depuis la Caroline du Nord, elle a réussi à faire juger Briceno à Wilmington, l’un des quartiers les plus conservateurs et les plus enclins à des condamnations du pays. Devant le tribunal, l’avocat Boult a fait valoir que son client n’avait pas l’intention de livrer de la drogue mais qu’il ne cherchait que l’argent, une arnaque pas rare au Belize. Alors que les porte-parole de la DEA ont décrit Briceno comme un « grand revendeur de marijuana », Boult a fait valoir qu’il n’avait aucune des ressources, des capacités ou de la richesse d’un grand concessionnaire. Selon une déclaration sous serment d’un témoin, l’agent de la DEA, Russell Reina, avait admis en privé que « Briceno n’était pas un pivot ».

Néanmoins, Briceno (mort en 2016) a été condamné à sept ans (il en risquait 48 !) et à une amende de 50 000 dollars, au grand scandale de ses compatriotes béliziens. Plus de 3 000 de ses concitoyens ont signé une pétition pour sa libération. « Les Béliziens se rendent soudain compte que le gouvernement américain, par le biais de ses agents de la DEA, a peu ou pas d’égard pour les droits constitutionnels de nos citoyens béliziens et la souveraineté de notre pays », a estimé un chroniqueur du Belize Times ». 

Aujourd’hui, le leader d’opposition du PUP ( People’s United Party) est Johnny Briceno, son propre fils... pour lequel il avait fait campagne juste avant de décéder.

source

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Des pistes et des pilotes de la CIA (Abbott), un système de blanchiment mis en place par un industriel et financier anglais, devenu lord éminemment respecté (Lord Ashcroft), le Belize avait plusieurs cartes dans son jeu pour devenir un pays-clé du trafic de coke.

Tout a commencé là-bas à la fin des années 80
L’arrivée de bateaux et d’avions chargés de cocaïne au Belize date de la fin des années 80. C’est ce que dit ici avec justesse Julie López dans « Organized Crime and Insecurity in Belize » de janvier 2013. « Le rôle du Belize dans le commerce international de la drogue a suivi une trajectoire similaire à celle de ses voisins. Lorsque le pays a obtenu son indépendance de la Grande-Bretagne le 21 septembre 1981, l’Amérique centrale n’était pas encore un couloir clé pour les expéditions de cocaïne. Les trafiquants utilisaient plutôt les Caraïbes, en particulier les Bahamas. Cela a commencé à changer à la fin des années 1980, les États-Unis ayant bloqué les opérations aux Bahamas et les trafiquants alliés au dictateur du Panama Manuel Noriega pour ouvrir l’Amérique centrale comme couloir de trafic. Depuis lors, le trafic de drogue est devenu le principal déclencheur de crimes violents en la région. Au Belize, les forces de sécurité et de défense relativement jeunes et institutionnellement faibles, incapables de limiter le trafic de drogue, ont été encore plus mises à l’épreuve ».
La géographie s’y prêtait, alors que la consommation sur place était très faible, cette drogue était donc en transit au Belize : « la faible consommation de cocaïne – moins de 0,3% de la population du Belize, selon l’ONUDC – fait du Belize également un point de transit pour la cocaïne. Lovell note que la taille de la population ne rend pas le pays financièrement viable en tant que consommateur, mais son emplacement continue d’attirer les trafiquants. Sur le plan géographique, les principaux sujets de
préoccupation sont la frontière nord du Belize de 174 milles avec le Mexique, comprenant les districts d’Orange Walk et de Corozal; et les quartiers sud de Tolède, à la frontière avec le Guatemala, et Stann Creek, avec une zone côtière sujette aux activités de transbordement. Selon le commissaire aux ports John Flowers, toute la zone côtière du Belize, parsemée de centaines de petites îles (connues localement sous le nom de cayes), est en danger. »
Enfumer l’insurrection au Guatemala, via Belize ?

Les américains donc prévenus, et même déjà arrivés sur place mais pour toute autre chose. Episode méconnu de la présence US à Belize : venir en « aide » au Guatemala. Une drôle d’aide d’ailleurs, racontée ici dans le Magazine Mother Jones de févr.-mars 1989, un article
signé Mary Jo Mc Conahay et Robin Kirk. Une « aide » qui ressemble comme deux gouttes à ce qui a été fait au Viet-Nam avec l’Agent Orange de sinistre mémoire : «
Les Guatémaltèques ne cultivent pas de coca (nota : ils y viennent) et la production de marijuana et de pavot à opium du pays est si faible qu’elle ne figure pas sur la liste des Nations Unies des pays producteurs de drogue. Nous y sommes entrés malgré tout.

Selon un porte-parole du Département d’État, «les Guatémaltèques nous ont demandé de l’aide.»  À partir du printemps 1987, des pilotes américains ont volé du Belize pour pulvériser le défoliant Roundup Up. L’ambassade au Guatemala indique qu’elle note « une augmentation significative de la culture de marijuana et de pavot » au cours de l’année dernière, donc la pulvérisation continue, le gouvernement guatémaltèque refusant « pour des raisons de sécurité » d’informer la population rurale où et quand cela se produira.
Les régions guatémaltèques ciblées sont précisément celles où les troupes gouvernementales luttent contre trois armées de guérilla de gauche. Ces hautes terres et la jungle du nord abritent la mer civile dans laquelle nagent les poissons de la guérilla, et l’armée aimerait voir la mer se vider.

« Que ce soit contre la drogue ou contre la guérilla, la pulvérisation ne peut-elle pas se faire de manière plus humaine? » a récemment plaidé un fermier dans les montagnes occidentales à un journaliste de la BBC alors qu’il était assis parmi des tomates rétrécies et des tas de feuilles tachées de noir de sa récolte de café, de maïs et de haricots. « Les fumigations nous achèvent », a déclaré un paysan près de Huehuetenango à un autre journaliste. Le porte-parole de l’opposition guatémaltèque Frank LaRue accuse la campagne de pulvérisation d’effacer les récoltes des paysans afin de détruire l’approvisionnement alimentaire des insurgés. Par conséquent, les paysans indiens sont obligés de quitter les zones reculées et dépendent de l’armée pour se nourrir.

Des diplomates et des observateurs des droits de l’homme confirment que l’armée guatémaltèque, avec les États-Unis aide, fournit des vivres dans des conditions contrôlées dans le cadre de son vaste programme de contre-insurrection. Le Département d’État nie toute intention de contre-insurrection à la pulvérisation. Mais pour ceux qui sont sur le terrain, les dénégations sonnent creux.

Curt Wands, un ancien technicien médical d’urgence qui forme des «médecins pieds nus», a passé deux mois à voyager dans des régions montagneuses reculées. « Les gens avaient peur », dit-il, à cause des avions qui ont déferlé et fumigé. Dans de nombreuses cliniques, Wands a vu des soldats, ce qui, selon lui, découragerait les Indiens touchés par les embruns de sortir de leur cachette pour obtenir de l’aide. Un membre de la tribu Mam sur les flancs d’un volcan à San Marcos l’a clairement expliqué à Wands: La guerre contre la drogue, a-t-il dit, «n’est qu’une autre tactique» de la contre-insurrection ». Lire ici le dossier sur la Guerre à la drogue via les herbicides.
Les photos on été prises en Colombie semble-t-il, où on a pratiqué de même avec le mêmes engins … et le même produit. La photo du militaire US, le colonel Christopher Hughes, commandant de la Joint Task Force-Bravo de la Soto Cano Air Base, au Honduras a été prise a Belize durant l’exercice New Horizons Belize 2007.

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