Archives de la catégorie ‘Nicaragua’

Les moyens dérisoires des guatémaltèques et leur manque de coordination avec les mexicains et les américains

 

Après le déversement des vols vers le Honduras voici quelques années, qui se poursuit aujourd’hui encore, c’est désormais le Guatemala qui sert de terre d’accueil aux avions bourrés de coke venant d’Amérique du Sud. Plus éloigné, il accueille des avions plus gros et davantage chargés. Les trafiquants sont de véritable businessmen (comme les banquiers auxquels ils empruntent pour investir dans le matériel nécessaire !) et ont vite calculé le nouveau rapport poids-distance pour éliminer les vols directs de moins d’une tonne, en effet, réservés à ceux qui font des sauts de puce passant par le Nicaragua ou le Costa Rica, voire le Salvador, lui aussi touché par l’invasion.

C’est la troisième fois, historiquement que le flux d’apport de cocaïne par voie aérienne change de direction : une véritable révolution, qui laisse le Guatemala fort démuni face à ce fléau.

Un article prophétique écrit il y a a dix ans avait pourtant déjà annoncé ces déboires à venir….

Un bilan géographique et cartographique s’impose avant tout, au vu de tout ce que l’on vient d’absorber. En somme, c’est une troisième révolution qui est en marche, là-bas. C’est en effet la troisième réorientation du trafic aérien de la coke en Amérique Centrale qui est actuellement en cours.
« Souvenons-nous, depuis les années 2000 jusque 2007, les couloirs aériens ont d’abord ressemblé à ça (ici à gauche).

A cette époque c’est vers la République Dominicaine, la plus proche, que s’oriente trafic partant essentiellement du Venezuela. Certains vols traversent, en partant eux de la Colombie, toute l’Amérique Central pour se poser directement au Mexique. Le Yucatan n’est alors toujours pas touché.

En 2010-2012, changement de cap : on se dirige en masse vers le Honduras (lire la série d’articles ici-même). A la même période, ce sont essentiellement des Cessna, des Piper ou des bimoteurs Beechcraft qui occupent le devant de la scène, selon la distance à parcourir et non le tonnage. On pourrait en tenir le catalogue ou plutôt en faire une taxonomie : certains modèles plus que d’autres, certains équipements en plus, etc.. je ne désespère pas de vous l’écrire un jour ici. Le Yucatan est progressivement abordé. Et puis depuis 2018, tout a changé avec l’apparition de nos gros porteurs à réaction pour doubler ceux à turbines, déjà apparus en éclaireurs, et qui font d’une seule traite le trajet du Venezuela au Guatemala ou à Belize, pour la majeure partie d’entre eux. Le Yucatan est davantage impacté, au niveau de sa frontière Est Atlantique, dans le département du Quintana Roo, au plus proche, puis dans le Campeche pour une autre raison: la présence de communautés mennonites, qui entretiennent d’étranges relations avec les trafiquants, comme elles le font en Bolivie ou au Paraguay par exemple.

Pour le seul Guatemala (c’est à noter) ça donne désormais ceci et c’est… frappant cette évolution des vols chargés de cocaïne :

La troisième révolution des transports de coke

Ceci n’étant qu’un aspect, qui ignore totalement le sud du pays qui, lui, fait face à une double invasion, celle directe de la Colombie (et c’est nouveau de l’Equateur, touché également) et du Costa Rica qui sert également désormais de relais aux colombiens.

Le tarif maritime est bien plus imposant en part de tonnage transporté, on le sait et on le voit, à comptabiliser le contenu d’un seul semi-submersible (jusqu’à 5 tonnes d’un coup), alors que le premier découvert au Guatemala l’a été en août 2016 ! Ceux-ci voyagent par centaines chaque année pour déposer leur cargaison sur la côte Sud, la plus impactée, où parfois les avions les secondent (et ça se renforcera plus le contrôle des submersibles deviendra plus efficace).

Schématiquement ça donnait ceci comme tracés en 2016 : en rouge l’énorme « arc » maritime, partant des deux pays cités et en jaune les vols, dont ceux des jets dont fort peu atterrissent directement au Mexique (mais avec un chargement conséquent). Depuis, les vols arrivant sur le sud de la côte se sont accentués, doublés par le nouveau rôle joué par le Costa Rica ou le Nicaragua, pays où l’on s’obstine toujours à nier un quelconque trafic, alors que le passé du pays raconte tout le contraire nous rappelle ici Insight Crime. C’est donc cela cette troisième réorganisation du trafic, ou la troisième révolution des transferts de coke par voie aérienne (Escobar avait fait la sienne en son temps en remplaçant les vieux DC-3 ou DC-6 par des Caravelle !).

En août 2015 déjà le journal Cronica Viva avait fait le lien entre la drogue qui partait de Colombie et le relais du Costa Rica, aidé par une infographie fort explicite, en citant El Chapo Guzman comme responsable de tout le réseau, qui, au final, conduisait au Mexique !

LIRE la suite

0000

Le conflit des générations, ce n’est pas réservé qu’aux familles. Chez les trafiquants aussi, les jeunes poussent la porte pour prendre la place de leur aînés, apportant avec eux d’autres méthodes (il sont plus tournés vers l’usage d’outils électroniques, notamment) mais aussi une violence encore accrue.

Aucune inhibition chez eux, aucun code d’honneur mafieux à suivre. Mais ici, ils ne font que réutiliser de vieilles recettes déjà décrites il y a plusieurs années.

En recyclant les mêmes petits vieux coucous, les « grands anciens » utilisant des jets énormes comme on vient de le voir et comme on va encore le découvrir bientôt…

D’autres engins se sont posés au Guatemala, dont des inévitables Cessna, bien sûr, mais pas n’importe lesquels non plus.

Plus rares sont les habituels appareils de ce type aperçus sur place. Le 17 août, à Estrella del Norte, dans la Laguna del Tigre, c’est un classique Cessna Turbo Centurión II qui s’est posé de façon impeccable sur une piste clandestine. Il était immatriculé N6782R (un appareil sous cette immatriculation existe vraiment, c’est un T210F)

LIRE la suite

0000

Il n’y a pas que le trajet, allongé jusqu’au Guatemala, qui a changé pour les arrivages de coke partis du Venezuela ou de Colombie.

Les tonnages étant plus gros, la somme transportée plus rondelette, les avions emportent aussi avec eux plus d’armes qu’auparavant, depuis quelques mois.

De véritables arsenaux de guerre, comportant des armes de plus en plus lourdes, jamais vues avant à bord de ces aéronefs. La surprise étant qu’au Guatemala même, ces armes ont été parfois fournies par… le frère du Président !!!

Les avions de tous types atterrissent un peu partout le long des innombrables pistes clandestines ou semi-clandestines du pays, des endroits peu (ou mal) surveillés en tout cas, faute d’une aviation militaire inexistante.

Les plus petits appareils venant des pays voisins, tels le Costa-Rica, le Salvador ou le Nicaragua, entré lui aussi dans la danse, malgré les dénégations de ses dirigeants qui ferment les yeux sur le trafic (on se doute un peu pourquoi) .

Avec ce déplacement du marché, celui de l’augmentation des homicides, qui se calque à l’identique.  Avec en plus un désastre écologique annoncé !

L’avion de l’autoroute et son engin de guerre à bord

On quitte provisoirement le Guatemala mais on ne va pas très loin pour autant. Car comme ça n’a jamais de fin, le jour même où le Gulfstream décrit à l’épisode précédent est arrivé, on a assisté vers Chetumal-Mérida, au Mexique, à la hauteur de Bacalar, près de la ville de Nuevo Israel (près de Quintana Roo, la zone en gris tout au nord de notre carte) à un autre phénomène sidérant : l’atterrissage sur une route d’un bimoteur de taille respectable.

L’avion a été suivi de près par l’avion d’observation Cessna des douanes mexicaines, qui l’ont photographié dans leur viseur posé sur le bord de la route (ici à droite). L’avion s’est posé de plus de nuit, comme le montre le tout premier cliché de sa découverte, fait par le passager d’une voiture l’ayant croisé sur son passage sur le bord de la route (ici à gauche)

C’est un Beechcraft C90 (faussement) immatriculé N2204 qui semble avoir connu un atterrissage délicat, son aile gauche enfoncée à l’emplanture du moteur comme s’il avait heurté un poteau (l’extrémité de l’aile droite est aussi tordue, et surtout une hélice côté gauche est complètement pliée comme on peut le voir ci-dessous).

Il s’est posé en plein trafic routier, des camions restant bloqués devant lui… à peine posé, un intense échange de tirs soutenus a eu lieu et quatre militaires ont été blessés (dont le commandant général José Luis Vázquez Araiza), et l’un d’entre eux, le caporal Emiliano Medina Ramírez, est décédé peu après.

lire plus

000000

Les narco-trafiquants on fêté l’arrivée de l’année 2020 à leur façon, en envoyant leurs plus gros porteurs de coke dans le Yucatan, en visant le Guatemala, Belize ou le Quintana Roo, apportant de ce fait des tonnages impressionnants d’un seul coup : souvent plus de deux tonnes… représentant des centaines de millions de dollars. Ces arrivages conséquents ont de quoi inquiéter, comme inquiète également le passage de certains pays du stade d’importateur au stade de producteur. 

L’Amérique Centrale entière devient terre de coke, déversant une production, devenue pléthorique, venue du Pérou, de Bolivie, du Paraguay, de Colombie et du Venezuela, les deux derniers étant les points de départ essentiels de ces jets pour milliardaires transformés en simples avions cargos, et jetés ou incendiés pou la plupart après usage.

Comme les sommes emportées sont conséquentes, ces appareils détournés de leur vocation première emportent de plus en plus à bord des armes, de véritables arsenaux parfois, comprenant des armes lourdes. 

C’est une véritable guerre qui s’installe, désormais.

Un Gulfstream de brousse de plus

Si le 27 janvier c’est un Hawker 800 qui avait atterri, le 16 décembre c’était un énorme Gulfstream III G1159A (23,72 m d’envergure contre 20,98 m pour son prédécesseur, il a été rallongé de 97 cm et peut faire jusqu’à 31 tonnes à pleine charge !), qui s’était posé pas loin, toujours proche de San Andres, et toujours dans le Peten, mais en pleine brousse cette fois, à proximité de la municipalité de Candelaria, une apparition surprenante, à l’image de son prédécesseur vénézuélien, premier du genre aperçu ainsi en 2015. Cette fois il s’est posé sur une piste clandestine plus que conséquente, car faisant 300 mètres de large sur 3 km de long celle-là (ci-dessous à gauche (1)) !

L’avion abandonné a été retrouvé vide, hélas, supposé ayant transporté  au moins « pour 40 millions de dollars de coke, (750 millions de pesos) » selon les autorités.  Sans surprise on constate qu’à l’intérieur l’avion a été complètement vidé (cf ci-dessous à droite), comme il est de norme chez les trafiquants pour en faire une avion-cargo, ce qui sur ce type de modèle de grande taille octroie un volume conséquent on s’en doute…

Logistique préparatoire et armement

Lui aussi avait été l’objet d’une logistique préparatoire importante, deux camionnettes et pick-ups l’attendant sur place, près de l’énorme piste clandestine prête  pour son arrivée nocturne.

Sa cargaison  (ci-dessous à droite) étant rapidement retrouvée (une partie dans des fourrés, l’autre chargée déjà à bord des pick-ups attendant à proximité, ainsi que de nombreuses armes plutôt hétéroclites (il y a même un fusil ordinaire), combinant surtout Kalachnikovs et M-16, ainsi qu’un Colt, et de nombreux chargeurs sans oublier les indispensables téléphones et talkie-walkies. Visiblement, on avait encore une fois affaire à tout sauf des amateurs. Tout présentait l’image d’une opération interrompue par l’armée au moment le plus crucial, celui de la réception de la marchandise (il y en avait au total pour 2,572 kilos répartis dans 86 sacs, visibles ici à droite !). L’engin avait été doublement attendu !!! L’histoire ne s’arrête pas pour autant car, le 20 décembre, on apprend que l’arrestation d’un des trafiquants s’était en fait mal passée : des tirs avaient en effet été échangés avec l’armée à l’arrivée de l’avion (on parle d’une heure et demie d’échanges de coups de feu !), et un homme avait été blessé : il s’agît d’un dénommé Miguel Acosta González et c’est en fait le directeur de la Défense Civile de Calendaria !!! Une vidéo de l’arrestation des trafiquants, proposée par les colombiens (qui avaient suivi l’appareil) est visible en ligne. (On peut supposer que les images du suivi de l’atterrissage et du transvasement des 2,5 tonnes de coke proviennent d’un avion de la DEA américaine et non des forces colombiennes, quoique ces derniers nous ont déjà prouvé qu’elles savaient le faire en filmant en 2015 un Hawker bourré de coke de perdition avant son crash) : le nombre de participants pour transporter les sacs est impressionnant, en tout cas ! L’aviation colombienne, c’est à noter pour tempérer l’avis précédent, possède un engin très capable et fort efficace pour suivre les jets de drogue et les filmer : c’est un Cessna Citation 560 (OT-47B ) numéroté FAC5764 bardé de capteurs et d’un caméra-boule de type FLIR rétractable, comme on peut le voir ici à droite.

La filière costaricienne en évidence

Le 18, c’était un autre participant à ce trafic qui avait été arrêté : Héctor Alberto García Tejocote, un autre responsable de la Défense Civile du Campeche (au Mexique, donc, cette fois). Parmi les hommes interpellés, tous des mexicains, sauf un autre guatémaltèque (Emanuel López López), et un costa-ricain.  Celui-là nous intéresse davantage, il s’agit en effet d‘Albán Azofeifa Chacón, c’est un ex-policier, ici  à gauche, qui a travaillé de 2008 à 2010 au « Ministerio de Seguridad Pública,  Servicio de Vigilancia Aérea » : autrement dit celui qui surveillait la circulation aérienne au dessus du Costa-Rica !!!  Il laissait tout passer, déjà, on suppose au-dessus de son pays …

lire la suite

0000000

VICE News travels to the Sinaloa cartel stronghold of Culianán, where we meet a drug trafficker and see ow cartel violence affects daily life.

00000000000000000000000000000

9 novembre 2017

 Los detenidos fueron identificados como Carlos Enrique Rodríguez Baran, de 47 años, y Erick Vinicio Zúñiga Suruy, de 41 años, dijo en una rueda de prensa este lunes el jefe de la Dirección de Auxilio Judicial de la Policía de Nicaragua, Luis Alberto Pérez Olivas.

Ambos conducían camiones de carga que, según Pérez Oliva, son propiedad de la empresa guatemalteca Transporte García, los cuales fueron retenidos el pasado fin de semana en el puesto fronterizo El Guasaule, que comparte Nicaragua con Honduras.

Leer

http://www.prensalibre.com/guatemala/justicia/detenidos-dos-guatemaltecos-con-34-kilos-de-cocaina-en-nicaragua

00000000000000000000000000000000000000