Archives de la catégorie ‘Bolivie’

Les narco-trafiquants on fêté l’arrivée de l’année 2020 à leur façon, en envoyant leurs plus gros porteurs de coke dans le Yucatan, en visant le Guatemala, Belize ou le Quintana Roo, apportant de ce fait des tonnages impressionnants d’un seul coup : souvent plus de deux tonnes… représentant des centaines de millions de dollars. Ces arrivages conséquents ont de quoi inquiéter, comme inquiète également le passage de certains pays du stade d’importateur au stade de producteur. 

L’Amérique Centrale entière devient terre de coke, déversant une production, devenue pléthorique, venue du Pérou, de Bolivie, du Paraguay, de Colombie et du Venezuela, les deux derniers étant les points de départ essentiels de ces jets pour milliardaires transformés en simples avions cargos, et jetés ou incendiés pou la plupart après usage.

Comme les sommes emportées sont conséquentes, ces appareils détournés de leur vocation première emportent de plus en plus à bord des armes, de véritables arsenaux parfois, comprenant des armes lourdes. 

C’est une véritable guerre qui s’installe, désormais.

Un Gulfstream de brousse de plus

Si le 27 janvier c’est un Hawker 800 qui avait atterri, le 16 décembre c’était un énorme Gulfstream III G1159A (23,72 m d’envergure contre 20,98 m pour son prédécesseur, il a été rallongé de 97 cm et peut faire jusqu’à 31 tonnes à pleine charge !), qui s’était posé pas loin, toujours proche de San Andres, et toujours dans le Peten, mais en pleine brousse cette fois, à proximité de la municipalité de Candelaria, une apparition surprenante, à l’image de son prédécesseur vénézuélien, premier du genre aperçu ainsi en 2015. Cette fois il s’est posé sur une piste clandestine plus que conséquente, car faisant 300 mètres de large sur 3 km de long celle-là (ci-dessous à gauche (1)) !

L’avion abandonné a été retrouvé vide, hélas, supposé ayant transporté  au moins « pour 40 millions de dollars de coke, (750 millions de pesos) » selon les autorités.  Sans surprise on constate qu’à l’intérieur l’avion a été complètement vidé (cf ci-dessous à droite), comme il est de norme chez les trafiquants pour en faire une avion-cargo, ce qui sur ce type de modèle de grande taille octroie un volume conséquent on s’en doute…

Logistique préparatoire et armement

Lui aussi avait été l’objet d’une logistique préparatoire importante, deux camionnettes et pick-ups l’attendant sur place, près de l’énorme piste clandestine prête  pour son arrivée nocturne.

Sa cargaison  (ci-dessous à droite) étant rapidement retrouvée (une partie dans des fourrés, l’autre chargée déjà à bord des pick-ups attendant à proximité, ainsi que de nombreuses armes plutôt hétéroclites (il y a même un fusil ordinaire), combinant surtout Kalachnikovs et M-16, ainsi qu’un Colt, et de nombreux chargeurs sans oublier les indispensables téléphones et talkie-walkies. Visiblement, on avait encore une fois affaire à tout sauf des amateurs. Tout présentait l’image d’une opération interrompue par l’armée au moment le plus crucial, celui de la réception de la marchandise (il y en avait au total pour 2,572 kilos répartis dans 86 sacs, visibles ici à droite !). L’engin avait été doublement attendu !!! L’histoire ne s’arrête pas pour autant car, le 20 décembre, on apprend que l’arrestation d’un des trafiquants s’était en fait mal passée : des tirs avaient en effet été échangés avec l’armée à l’arrivée de l’avion (on parle d’une heure et demie d’échanges de coups de feu !), et un homme avait été blessé : il s’agît d’un dénommé Miguel Acosta González et c’est en fait le directeur de la Défense Civile de Calendaria !!! Une vidéo de l’arrestation des trafiquants, proposée par les colombiens (qui avaient suivi l’appareil) est visible en ligne. (On peut supposer que les images du suivi de l’atterrissage et du transvasement des 2,5 tonnes de coke proviennent d’un avion de la DEA américaine et non des forces colombiennes, quoique ces derniers nous ont déjà prouvé qu’elles savaient le faire en filmant en 2015 un Hawker bourré de coke de perdition avant son crash) : le nombre de participants pour transporter les sacs est impressionnant, en tout cas ! L’aviation colombienne, c’est à noter pour tempérer l’avis précédent, possède un engin très capable et fort efficace pour suivre les jets de drogue et les filmer : c’est un Cessna Citation 560 (OT-47B ) numéroté FAC5764 bardé de capteurs et d’un caméra-boule de type FLIR rétractable, comme on peut le voir ici à droite.

La filière costaricienne en évidence

Le 18, c’était un autre participant à ce trafic qui avait été arrêté : Héctor Alberto García Tejocote, un autre responsable de la Défense Civile du Campeche (au Mexique, donc, cette fois). Parmi les hommes interpellés, tous des mexicains, sauf un autre guatémaltèque (Emanuel López López), et un costa-ricain.  Celui-là nous intéresse davantage, il s’agit en effet d‘Albán Azofeifa Chacón, c’est un ex-policier, ici  à gauche, qui a travaillé de 2008 à 2010 au « Ministerio de Seguridad Pública,  Servicio de Vigilancia Aérea » : autrement dit celui qui surveillait la circulation aérienne au dessus du Costa-Rica !!!  Il laissait tout passer, déjà, on suppose au-dessus de son pays …

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La Paz, 2 dic (EFE).- La Fuerza Especial de Lucha Contra el Narcotráfico
(FELCN) en Bolivia incautó 205 kilos de cocaína y 82 paquetes de marihuana, en dos operativos realizados en el país, según informaron este lunes fuentes oficiales.

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Au total, ce sont plus de 679 kilos de cocaïne en provenance de Bolivie qui ont été saisis en Belgique, lors d’opérations conjointes menées par les deux pays, a annoncé mercredi 5 juin la police bolivienne.

« Nous avons pu nous coordonner avec la police belge (…) et réaliser une ‘livraison surveillée’. La Belgique a été alertée que des conteneurs transportant du bois allaient entrer » avec de la cocaïne cachée à l’intérieur, a déclaré en conférence de presse Maximiliano Davila, le chef de la police antidrogue bolivienne.

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Pour faire passer la drogue de la Bolivie au Chili, les trafiquants recourent à des femmes, bien souvent des Indiennes, qui font les “mules”. Poussées par la pauvreté, ces messagères, lorsqu’elles se font intercepter, paient lourdement leur faute, et c’est toute leur famille qui se voit privée de ressources.

Une enquête à lire sur le site latino-américain Connectas.

Elles témoignent depuis leur prison chilienne de Iquique (dans le nord du pays) ou d’Antofagasta (un peu plus au sud) et toutes racontent leur “vulnérabilité et les nécessités économiques qui les ont converties en proies faciles du trafic de drogue”, relate la plateforme d’investigation collective Connectas, qui a interviewé des Boliviennes condamnées pour avoir transporté de la cocaïne entre leur pays et le Chili. En moins d’un an et demi, de janvier 2017 à mars 2018, 325 femmes boliviennes ont été condamnées au Chili dans le cadre de ce trafic. Au total, elles ont transporté 714 kilos de cocaïne.

L’enquête publiée par Connectas a été menée par trois journaux : le quotidien bolivien El Deber et deux médias chiliens, El Mercurio et La Estrella de Iquique.

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Le jury anonyme, en partie isolé, est composé de cinq hommes et sept femmes, ainsi que de six suppléants,suite à la sélection qui a durée deux jours et demi devant le US District Court à Brooklyn.

Les New-Yorkais – comprenant plusieurs immigrés, des hispanophones et des membres de la famille des forces de l’ordre – ont été sélectionnés  au cours d’un processus parfois surprenant durant lequel un juré éventuel a été renvoyé après avoir demandé l’aide d’un officier de justice pour obtenir l’autographe d' »El Chapo » Guzman. « Je suis un peu fan », a déclaré l’homme au juge…
Un autre juré potentiel a été remercié après avoir révélé qu’il commandait fréquemment un sandwich nommé « El Chapo » dans une épicerie locale.
D’autres ont été écartés parce qu’ils ont dit craindre pour leur sécurité. .

Les hommes et les femmes qui décideront du sort d’un accusé autrefois considéré comme le plus puissant et le plus impitoyable trafiquant de drogue au monde ont entendu des déclarations liminaires mardi.

Avant cela, toutefois, un avocat de l’équipe de défense de Guzman avait écrit une lettre demandant au juge Brian Cogan de la Cour de district américaine de permettre à Guzman de donner un « bref câlin » à sa femme, Emma Coronel Aispuro (photo).

« M. Guzmán n’a été autorisé à avoir aucun contact avec sa femme, ni par téléphone ni en personne« , a déclaré l’avocat Mariel Colon Miro au tribunal, notant que son client avait été maintenu à l’isolement dans une petite cellule sans fenêtre pendant 23 heures par jour.
Elle a ajouté: « Dans l’intérêt de la santé mentale de M. Guzmán et de la justice, il est respectueusement demandé que la demande de geste humanitaire envers M. Guzmán soit acceptée« .
Le juge n’a pas encore décidé d’accorder à Guzman le premier câlin avec sa femme depuis près de deux ans.

Guzman, 61 ans, a plaidé non coupable.

S’il est reconnu coupable de trafic international de drogue, d’avoir conspiré pour tuer des rivaux, d’armes à feu et de blanchiment d’argent, il risque une peine de prison à vie.


Compte tenu de l’histoire violente de Guzman, le juge Brian Cogan (photo à droite)a ordonné que le jury soit anonyme et partiellement « séquestré ». Les noms, adresses et lieux d’affectation des jurés seront tenus secrets pendant toute la durée d’un procès pouvant durer quatre mois.


Les jurés seront transportés vers et depuis le palais de justice par des policiers américains armés.

La poursuite sera une entreprise énorme.

La portée internationale d’une prétendue entreprise criminelle qui s’étend sur plusieurs continents « en fait un cas particulier, même parmi les plus grosses poursuites en matière de drogue à ce jour« , a écrit le juge Cogan la semaine dernière.

Les avocats de la défense de Guzman se sont également plaints de ne pas avoir eu le temps d’examiner les volumineuses preuves présentées contre Guzman, notamment plus de 100 000 enregistrements audio et des cartables récemment remis contenant 14 000 pages de nouveaux documents.

Le juge Brian Cogan a également annoncé qu’il enquêterait pour connaitre l’origine de fonds destinés à régler les avocats d’El Chapo!

Des “sources fédérales” américaines ont déclaré au quotidien colombien El Tiempo que le FBI avait notamment obtenu les témoignages de parrains colombiens extradés “pour s’assurer que le grand jury condamne l’insaisissable mafieux mexicain à la perpétuité”.

source: CNN

 

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VICE News travels to the Sinaloa cartel stronghold of Culianán, where we meet a drug trafficker and see ow cartel violence affects daily life.

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L’un des avions découvert à la Mosquitia cet été a été plus ou moins cerné comme on l’a vu dans l’épisode précédent : avion de trafiquant décoré comme ceux de surveillance ISR déployée par une énorme entreprise privée profiteuse de guerre. On hésite encore à son sujet. Pour le deuxième, ce ne sera guère mieux, puisque trois solutions vont s’offrir à nous comme on va le voir.

Les trois solutions possibles aboutissant à la même conclusion: le « Grand Caravan » découvert n’a sans doute pas été acheté par les trafiquants…

La grande caravane des narcos

Un Beechraft de l’âge de celui découvert c’est abordable, comme on l’a vu. Mais les narcos auraient-ils investi 1,5 ou 2 millions de dollars dans un Cessna 208, son prix moyen d’occasion ? Pas sûr. Il ont peut-être utilisé une autre méthode. C’est assez surprenant après coup, mais elle fait écho à un article prémonitoire du 13 juin 2010 écrit par La Republica, à la suite d’une circonstance particulière : à Nazca, sur l’aérodrome de María Reiche, un gros Cessna de ce ce type d’Aerodiana (OB-1922-P), ex N2360B (le 208B2099 « exported to Peru ») tout récent, il datait de 2009 !) avait en effet été subtilisé le 10 juin 2010, par des trafiquants qui avaient pris l’équipage (double) en otage. Et tout de suite voici ce qu’on en avait dit Milagros Laura S. : « cet avion est le plus recherché par les trafiquants de drogue Il a la polyvalence.

Le Cessna Grand Caravan peut atterrir sur n’importe quelle surface. Il atteint de grandes hauteurs, dépasse même la chaîne de montagnes, avec une charge pouvant atteindre 1500 kilos.

« Il a également un temps de vol de six heures. Pourquoi ont-ils détourné le Cessna Grand Caravan et pas un autre ? Quelles sont les caractéristiques de cet avion, qui a suscité un grand intérêt pour les pirates de l’aéronautique ? Dans quelle mesure cet avion peut-il être utile pour le trafic de drogue ? Cette machine aérienne, d’une valeur de plus de 2 millions de dollars, a la plus haute capacité de survoler la Cordillère des Andes, l’une des plus grandes difficultés des autres avions de même type. Un autre avantage de cet avion  réside dans le fait qu’il peut atterrir sur n’importe quelle surface, même s’il ne dispose pas de mesures d’atterrissage de base telles que l’éclairage. »

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http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-ccxxvii-la-reorientation-du-trafic-le-honduras-comme-premiere-destination-aerienne-5/

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Avant d’aller scruter les archives brésiliennes, revenons avant sur un cas particulier : celui d’un des rares chefs de gang féminin dans un secteur où le machisme sert de viatique.   Car il existait aussi une reine de la coca, et elle s’appelait Sonia Atalá…
On l’a aussi oublié, mais les narco trafiquants boliviens ont eu aussi leur égérie.  Une jeune femme d’à peine trente ans au moment des faits. « Déjà au pouvoir, Arce Gómez ne pouvait pas être laissé pour compte. Profitant du monopole des appareils de sécurité de l’Etat et du soutien de « Les amis de la mort », un groupe de mercenaires formés par le nazi Klaus Barbie (le boucher de Lyon) se consacrait à « éliminer » les petits et moyens trafiquants pour empocher la coke évaluée à des milliards de dollars. Mais vendre toute cette production nécessitait une personne de confiance et des liens avérés en Colombie et aux États-Unis, un pays où la majorité des trafiquants boliviens craignaient toujours d’être envoyés un jour ou l’autre.  Arce Gómez a alors confié une tâche à Sonia Sanjinés de Atalá : celle « d’inonder les Etats-Unis de cocaïne ». Et la reine de Santa Cruz s’est pleinement conformée à cette mission.  En six mois, Atala, 30 ans, est devenue le principal agent de vente de la «drogue du gouvernement».  Du cartel de Medellín à la mafia italienne, Atalá a étendu l’offre de cocaïne à des niveaux jamais connus en Bolivie.  Sa renommée a atteint un tel point que Pablo Escobar lui-même l’a couronnée comme «reine de la Bolivie avec une couronne de neige», faisant allusion à la couleur de la cocaïne « (elle est ici à droite avec Levine au milieu).  « Craignant le pouvoir qu’Atalá a acquis à l’intérieur et à l’extérieur de la Bolivie, Arce Gómez a entrepris de l’amener à la faire tomber. Mais il n’imaginait pas que cette décision causerait l’effondrement de beaucoup de ses puissants clients dans la région et qu’il finirait par ébranler son propre empire. La vie de Sonia Atalá surpasse tout roman de fiction qui a émergé ces dernières années sur les femmes dans le trafic de drogue en Amérique latine. Belle, manipulatrice, ambitieuse et de sang-froid, Atalá était la vraie reine de la cocaïne. Une femme qui a amassé une fortune, qui a causé la mort de beaucoup et qui, finalement, a réussi à duper la Drug Enforcement Administration (DEA) elle-même pour se débarrasser de ses concurrents. C’est son histoire (et celle du boom du trafic de drogue bolivien) racontée, entre autres, à partir de l’expérience d’un ancien agent de la DEA qui l’a rencontrée ».
Des liens avec Barry Seal
Cette femme ne vous est pas inconnue si vous suivez cette saga, car Barry Seal l’avait connue en effet, ainsi qu’un de ses adjoints, Bo Abott, « cover agent » de la DEA, qui décrit son action en Bolivie comme celle d’entrer en contact avec les narcotrafiquants afin d’éviter que la CIA ne les débusque elle-même (il évoque aussi la contrebande par avion en même temps !) : « Il existait pour Barry Seal d’autres points de chute, en Arkansas même ou ailleurs dans le pays : « Selon Bo Abbott, une des pistes d’atterrissage dans l’Arkansas réalisée pour livrer la drogue était juste au sud de l’Interstate 30 sud-ouest vers Memphis, Tennessee, appelé Marianna.  Plusieurs autres témoins sérieux comme contacts m’ont écrit le même aéroport, et le rôle joué par la police de l’Etat pour protéger les opérations de drogue et d’armes.  Abbott m’a décrit la manière dont la Police de l’état d’Arkansas avait bloqué les routes menant à la petite piste d’atterrissage lorsque les avions de cocaïne arrivaient.  J’ai un de ces cas décrits au printemps de 1982.  Abbott a volé sur un Cessna 210 contenant 300 kilos de cocaïne (ici sa version pressurisée) de l’un de plusieurs entrepôts de Tocumen appartenant aux trafiquants de drogue Walter et Sonia Atala et sur les pistes de « cropdusters » (comme celui-ci) comme la piste d’atterrissage à Marianna, Arkansas. Il a fait une escale de ravitaillement au Belize, célèbre pour la transfert de la drogue chargée par avion, puis il s’est rendu à sa destination de Marianna.  Un agent de la DEA de Memphis a pris la cocaïne apportée par Abbott, tandis que des soldats de la cavalerie d’état de l’Arkansas bloquaient la route menant à la piste d’atterrissage. Une semaine plus tard, Abbott a redécollé avec six valises pleines d’argent, pour l’apporter à Cesar Rodriguez sur l’île de Contadora. Abbott dit que l’avion avait été fourni par Robert Corson par l’intermédiaire de Jim Bath de Houston. (Corson avait été impliqué dans des les scandales de prêts bancaires (1) »….
Une histoire sourcée : l’introduction de la cocaïne était une manœuvre de déstabilisation de l’Etat
Le rôle d’Abott est bien décrit dans un autre livre,  « Defrauding America«  de Rodney Stich.  Voici sa longue interview, très, très, dérangeante pour la DEA et pour l’Arkansas (et le couple Clinton, noyé jusqu’au coup dans l’affaire !), il y décrit aussi l’assassinat de sa confidente en Suède, alors qu’il songeait à y monter une affaire d’importation de motos …. En Bolivie, Atala avait elle aussi bénéficié de soutiens politiques, ajoute Levine :  « contrairement à la version donnée par Sanjinés de Atalá, le livre « Narcotráfico y política. Militarismo y mafia en Bolivia” – « Trafic de drogue et de la politique.  Le militarisme et la mafia en Bolivie « , publié par le Bureau latino-américain en 2001, déclare que » Sonia a été faite prisonnière à La Paz sous la présidence de Gueiler.  Elle a été emprisonnée à la prison pour femmes d’Obrajes.  Mais son emprisonnement a très peu duré.  Ses amis importants ont immédiatement obtenu un certificat médical par lequel le juge a accepté, sans problèmes majeurs, d’être transféré dans une clinique où ils l’ont fait s’échapper avec la plus grande facilité ». Les narcos, avant même le renversement de Gueiler par Luis García Meza Tejada, dirigeaient déjà tout !! Selon Jay Dub, de l’excellent Borderland Beat forum, la miss Sonia Atalá n’est elle aussi qu’un bout d’un iceberg mis en place par la CIA, celui du Cocaine Coup, le coup d’état de Luis García Meza Tejada, formé on le rappelle à la sinistre l’École militaire des Amériques (c’est l’auteur du coup d’État du qui a renversé le président Víctor Paz Estenssoro, avec l’aide de Klaus Barbie (1) : « Levine n’est pas seul dans son évaluation des forces derrière le coup de cocaïne, qui a fait de la Bolivie au narco-État sud-américain au début des années 1980 et un important fournisseur de cocaïne aux États-Unis pendant la période où Griselda Blanco et Papo Mejia se battaient dans les rues de Miami. Robert Parry, un ancien journaliste de l’Associated Press qui a joué un rôle clé dans l’exposition du scandale Iran / Contra au milieu des années 1980, dans une histoire écrite en 1998, insiste également sur le fait que la CIA a soutenu  « The Cocaine Coup ». Finalement, la reine de la cocaïne bolivienne a été victime de la trahison qui vient avec la cupidité et le pouvoir. Elle était devenue trop puissante aux yeux de puissants narcos boliviens qui dirigeaient le pays en 1980 et 1981, alors ils l’ont doublée lors d’un accord de coke qu’elle avait conclu avec le colombien Mejiathen. Elle n’avait pas voulu continuer et a décidé de devenir un informateur en échange d’une peine plus légère. Elle reste dans le programme de protection des témoins à ce jour. » D’où le fait que son visage est toujours dissimulé, aujourd’hui encore !  En ce qui concerne Bo Abbott, pour expliquer encore mieux l’ambiance l’entourant, il faut savoir que son contact à la DEA, l’agent Santiberio, a été assassiné après son arrestation à San Antonio, au Texas, au moyen d’un sandwich…. imprégné d’arsenic.  Pas vraiment une méthode de mafieux, ça…
Les miss Bolivie et la drogue…..
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La Bolivie, on l’a un peu vite oublié, a aussi été une terre d’accueil de l’extrême droite et des nazis. 

Des réminiscences surgissent régulièrement de cette période.  Celle où tout était en place, déjà, sous Banzer, à la fois contrebande et trafic de drogue, car à l’évidence Roberto Suarez avait des liens avec les nazis réfugiés après guerre dans le pays.

Des liens qui provoqueront, semble-t-il, des dissensions inattendues entre la DEA et la CIA; la première désirant intervenir dans ce qui était la chasse gardée de la seconde, une attitude que l’on retrouvera à la fin de cette longue étude vis à vis d’un trafiquant notoire, et l’un des principaux fournisseurs d’avions des narcos…

Selon un memo de la CIA du 8 février 2007, après Banzer, le trafic aurait continué et se serait agrandi, mélangeant constamment contrebande et coke : « une partie intégrante de ce fléau est la contrebande. Le trafiquant de drogue est indissolublement lié à la contrebande, c’est une de ses branches. Les Brésiliens savent parfaitement qu’une douzaine d’avions quittent chaque semaine leur territoire pour Santa Cruz de la Sierra, transportant d’importantes quantités d’éther et d’acétone, deux produits nécessaires pour transformer les feuilles de coca en pâte de cocaïne, en plus des appareils électriques et aliments ou produits manufacturés, dont le prix est beaucoup plus bas qu’en Bolivie. Le colonel au nom de famille prédestiné, Ariel Coca, était le chef du Département de contrôle des stupéfiants et des substances dangereuses à l’époque de Banzer. Il était également commandant de l’école d’aviation de la province de German Busch à Santa Cruz. Comme c’était le front parfait pour la contrebande du whisky, des appareils électriques, de la nourriture et surtout des armes légères du Paraguay, ces dernières étaient utilisées pour payer les bandes de trafiquants de stupéfiants et les hommes armés du FSB pour leur travail de soutien au trafic illégal et encore plus pour leur travail qualifié de « paramilitaire, » que Luis Arce Gomez a déclenché à partir de novembre 1979. Qu’il ait été nommé ministre de l’éducation semble être une blague, bien que la blague qui tourne en ce moment est qu’ils l’ont nommé parce qu’ils l’avaient vu un jour avec un livre à la main et qu’il portait des  lunettes, ce qui lui avait donné un air d’intellectuel »… 

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Le faux coup d’Etat en Bolivie, expliqué hier, fomenté par des opposants liés à des groupes extrémistes hongrois nous force quelque peu à aller chercher un peu plus loin dans des archives ce qui pourrait expliquer cette dissidence particulière et manipulable comme on vient de le voir. Pour cela, il faut se plonger dans quelques ouvrages plein d’enseignements, et s’intéresser de près à un autre cas pendable, celui de l’assassinat gratuit d’un naturaliste, qui avait révélé surtout la présence armée de narco-trafiquants dans un nombre importants de sites comportant des pistes d’atterrissage. Et tout un système instauré du temps de Banzer, ses généraux les plus proches étant les pires narco-trafiquants de l’époque. La Bolivie, en réalité est toujours malade, intoxiquée par ce très lourd héritage dont elle ne peut se défaire…

Retour historique avec un peu de littérature à la clé

Pour cela il nous faut revenir quelques années plus tôt au pays… et au trafic de drogue, étroitement lié à la politique on le sait en Bolivie, avec, pour nous aider, un peu de littérature. Un premier ouvrage indispensable nous explique les attenants et les aboutissants de cette mafia de la coke en Bolivie dans les années 90; là où en fait tout à démarré, y compris le trafic aérien, c’est ça le point fondamental. Un phénomène qui perdure et auquel a dû se confronter Evo Morales, à se demander aujourd’hui si sa décision d’interdire le territoire aux agents de la DEA américaine n’est pas le fait d’une pression de ces trafiquants ou de leurs descendants…

C’est le livre « Bolivia and Coca: A Study in Dependency » de James Painter, paru en 1994 (ici à droite) qui nous éclaire sur la question. Selon James Painter, les têtes d’affiche du trafic dans les années 80 en Bolivie étaient, je cite, Bismarck Barrientos, Gerardo « Yayo » Rodriguez, William Pato Pizarro, et Hugo Rivero Villavicencio, tous alors étaient des collaborateurs de Jorge Roca Suarez, alias « Tête en paille » (car il se teignait les cheveux en blond). Ensemble, ils formaient le clan de Los Techos. Le frère de Roca, Jose Luis Roca Suarez s’était fait arrêter, fait remarquer Painter, un nombre incalculable de fois dans le Chapare… et s’en était sorti le même nombre de fois : cet homme bénéficiait de protections en haut lieu (celles du gouvernement Banzer, donc). Selon Painter, la DEA demandera la tête, pour les extrader, de trois membres de la famille : la mère de Roca (Blanca Suarez de Roca) son frère, Rafael et leur sœur Asunta Beatriz, sans les obtenir. « Tête de paille » était lui le leader du clan de Santa Ana, qui comportait Hugo Rivero Villacencio, un fermier au ranch immense, et un chanteur nationalement connu, Oscar Roca Vasquez (genre larmoyant, photo à gauche lors d’un show TV, on peut l’entendre ici) qui était aussi le cousin de Jorge Roca Suarez. A l’évidence, le groupe trafiquait avant tout par voie aérienne. « Techo de Paja » s’était déjà entouré de pilotes, notamment d’Erwin Guzman, qui avait la particularité d’être un ancien officier de la Fuerza Aérea Boliviana, formée on le sait sur les Cessna achetés par Banzer. Le clan avait des liens avec les Cartels de Medelin et de Cali, dont ils distribuaient la production avec leurs avions. Selon la DEA américaine, la réputation du clan de Santa Ana était celle du plus violent gang existant, le plus acharné à produire de la coke, mais aussi le plus entreprenant, cherchant à en diversifier la distribution en se tournant directement vers les USA, mais aussi vers l’Europe (déjà !!!) : en somme, ils voyaient plus loin déjà que les Colombiens : ils avaient compris que le tout n’était pas de produire uniquement. Un raid en 1991 (décrit ici) avec force hélicoptères et hommes en armes s’attaquera au réseau, raid qui se soldera par la saisie 17 petits avions, pas moins, utilisés pour transporter de la cocaïne, dans une première phase, et de 18 autres avions trouvés à l’aéroport de Santa Ana et qui étaient été utilisés pour le même trafic.

En 1991, on en était déjà à ce qui est à nouveau décrit en 2014, 2015, 2016, 2017 (les dates des « visites « des hangars de narco-avions) !!! Cela fait bientôt trente ans que c’est ainsi dans le secteur, à croire que rien n’a bougé depuis !!! Pire, ça a même surtout augmenté !!! Or, en 1982, la DEA estimait déjà la production de cocaïne de Suarez à une tonne de pâte de cocaïne par mois (équivalent à entre 5 et 9 millions de dollars par mois), et sa production annuelle estimée plutôt à vingt tonnes ! Ses laboratoires clandestins étant dispersés à Yepacaní, Puerto Villaroel et dans la zone de Portezuelo (tous dans la région du Beni), tout étant dirigés depuis Santa Cruz.

 

L’Histoire, en ce sens est implacable : le trafic n’a donc jamais cessé depuis !!!

 

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http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-cxciv-la-decouverte-et-la-chute-des-fournisseurs-davions-29/

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Que ce soient Zendjabil (le Pablo Escobar de l’Oranie) ou Saïd l’«Emigré» (membre d’un réseau de trafiquants de drogue de renommée internationale, évadé d’une prison française, puis installé en toute quiétude en Algérie), les barons de la drogue n’ont pu ériger des fortunes colossales que grâce à leurs relations bien placées, tapies dans l’ombre et qui leur permettent d’agir en toute impunité.

Limiter l’affaire des 701 kg de cocaïne saisis à Oran à Kamel Chikhi et ses frères, c’est clore définitivement ce gros dossier pour protéger les vrais barons.

Que ce soient Zendjabil, le Pablo Escobar de l’Oranie, ou Saïd l’«Emigré», membre d’un réseau de trafiquants de drogue de renommée internationale, évadé d’une prison française, puis installé en toute quiétude en Algérie, les barons de la drogue n’ont pu ériger des fortunes colossales que grâce à leurs relations bien placées, tapies dans l’ombre et qui leur permettent d’agir en toute impunité…

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