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La Guardia Civil ha intervenido en el puerto de La Luz y Las Palmas 26,283 kilos de cocaína que halló en un contenedor procedente de Brasil y en el que suponía que había azúcar, según ha informado este jueves el instituto armado en un comunicado.

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FRANCE 🇫🇷 (DNRED de la Douane française): relire l’interview de Marc Fievet par 24 Ore

Publié: 29 février 2020 par Marc Fievet dans 36, Aeronarcotrafic, AFRIQUE, Allemagne, AMERIQUE CENTRALE - CARAÏBE, AMERIQUE du NORD, AMERIQUE du SUD, Balkans, Belgique, Blanchiment, Canada, Canaries, Cannabis - Hachis - Haschich, Ceuta, Cocaïne, Colombie, Corse, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, Espagne, EUROPE, France, Gendarmerie, GIBRALTAR, GRC - RCMP (Canada), Guardia Civil, Guardia di Finanza, HM Customs Excise (UK), INTERPOL, Irlande, Italie, Justice, MAFIA, Malte, Maroc, Narco-logistique, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, Narcotrafic maritime, NCA, NS 55, OCRTIS, OFAST, Pays-Bas, Police, Policia, Pologne., Portugal, Saint-Martin, Santo Domingo, Sardaigne, Sénégal, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, Suisse, SVA, TRACFIN, UK, USA, Venezuela
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Marc Fiévet est une sorte de Donnie Brasco à la française – du nom de cet agent qui a infiltré des années durant une des principales familles de la mafia italo-américaine et dont l’histoire avait été portée à l’écran avec le duo Johnny Depp-Al Pacino.

Michel Charasse

A partir de1988, à la demande des autorités douanières françaises et de leur service action, la DNRED, l’agent NS55 a vécu au cœur d’une des principales organisations du trafic mondial, en devenant le numéro deux opérationnel. Fiévet a notamment été encouragé dans son action par le ministre du Budget de l’époque, Michel Charasse. Présenté par la justice canadienne comme le n° 1 du trafic mondial, condamné à perpétuité au Canada, finalement extradé, il aura au final payé de 11 années de prison les risques qu’il a pris pour le compte du gouvernement français, après avoir été lâché par ceux qui l’avaient envoyé au combat. En première ligne.

Claudio Pasquale Locatelli

24 Ore : C’est nous qui lui avons appris la nouvelle de la chute de Locatelli. Fiévet a travaillé à ses côtés pendant des années. Au cœur d’une des principales organisations du trafic international de came. En dépit de son évasion de la prison de Grâce en 1989, peu de monde sait qui est Locatelli en France. Après ceci, vous n’aurez plus d’excuses…

24 Ore: On vient d’apprendre ce week-end l’arrestation de Pasquale Claudio Locatelli. Pas vraiment un inconnu, pour vous…Alors, Locatelli, c’est qui?

Marc Fievet

Locatelli, c’était, c’est, et je suis certain que ce sera demain encore, un des principaux distributeurs de la cocaïne colombienne en Europe, doublé d’un des plus importants fournisseurs de cannabis marocain, notamment sur la péninsule italienne. C’est un gros faiseur, comme on dit. Un industriel de la came, pas un petit trafiquant. Du très très lourd. À l’époque où je m’étais rapproché de lui – j’étais chargé du transport et de la logistique de son réseau –, on dépassait toujours les 20 ou 30 tonnes en matière de cannabis. Et en matière de cocaïne, il n’était pas rare de parler de 5, 10 ou 15 tonnes.

24 Ore: Ce Locatelli a plusieurs noms, je crois, de multiples identités…

Oui. Moi, je connaissais Mario Maroni et Claudio Pasquale Locatelli. Plus une autre, que j’ai oubliée.

24 Ore: C’est vraiment la pointure au-dessus?

Quelqu’un d’excessivement brillant. Une belle machine, dotée d’une intelligence supérieure. Un type qui prend d’ailleurs lui-même de la coke pour accélérer ses propres capacités de raisonnement.

24 Ore: Si on établit une sorte de classement du business international de la came, avec de telles quantités, comme celles que vous évoquez, ça le placerait comment?

Écoutez…Là, on parle de l’élite mondiale. Avec Locatelli, on est face aux dix ou quinze personnes capables dans le monde de donner confiance aux expéditeurs et aux fournisseurs, d’une part, et, de l’autre côté, d’être en mesure d’exiger de la part des mafias locales un bon règlement, dans les meilleures conditions. Le genre de choses que peu de personnes sont capables de faire. C’est-à-dire que son nom est une garantie. Clairement, ici, on est au niveau du trafic d’État. Ce monsieur fait partie de ceux qui gèrent un business qui ne peut pas être stoppé par l’activité policière traditionnelle.

24 Ore: Quand on s’appelle Locatelli, les sommes en jeu, ça pèse quoi?

Quand je travaillais avec lui, il prenait 30%de la marchandise. Ça, c’était le prix du passage. En échange, il mettait à disposition les bateaux, l’avion et les infrastructures nécessaires. Très souvent, il négociait aussi l’acquisition des 70 % restants avec les expéditeurs. Il s’occupait lui-même de la redistribution et négociait le prix dans le territoire de destination. À l’époque, le kilo de coke, récupérée par parachutages en mer, se négociait à 2000 dollars. Derrière, pour la revente sur le territoire espagnol, c’était entre 18000 et 20000dollars le kilo. Dans ce cas, généralement, Locatelli redistribuait par 500 kg.

24 Ore: Au fond, il a quoi de plus que les autres? Qu’est-ce qu’il a su faire mieux, ou différemment?

Il a simplement fait grimper le volume des mouvements, n’hésitant pas à passer au stade industriel. Il a été un des tout premiers à faire du regroupement pour plusieurs organisations mafieuses à la fois. Du transport mutualisé, en réalité. Pour ça, il faut avoir la capacité de garantir l’atterrissage de la marchandise, sa tranquillité et sa bonne organisation. Notamment pour éviter que les différents destinataires ne se rencontrent au même moment, et que ça ne dégénère pas. En résumé, Locatelli est à la fois un très fin diplomate, mais avec, derrière, certainement une force de frappe. Deux qualités qui lui permettent d’imposer sa façon de concevoir le business.

24 Ore: Il est très bien entouré, je crois…

Oui. Il a des relais et des connections incroyables. À l’époque, on se retrouvait à l’apéro avec un magistrat. Il avait un avocat rayé du barreau pour quelques irrégularités mais qui avait une connaissance approfondie des procédures judiciaires. Il est capable aussi de trouver des appuis chez les policiers, des services qui lui permettent de repartir (Locatelli a été arrêté à plusieurs reprises en Espagne, avant d’être de façon assez incompréhensible relâché, alors que plusieurs pays demandaient son extradition, ndlr] et d’être à nouveau dehors. Enfin, j’en suis persuadé, il a des connexions étroites avec la DEA (le service anti-stups des Américains, ndlr), qui l’ont certainement aidé à sortir plus d’une fois d’un mauvais pas. Je ne peux pas imaginer avoir payé pour son compte, alors que ma situation d’agent infiltré des douanes était connue, et que lui n’ait pas été poursuivi, sans qu’il y ait eu une intervention des Américains. Il y a eu une guerre des services, et on a préféré sacrifier un agent infiltré français pour laisser se développer un marché qui génère d’énormes profits en matière d’économie souterraine.

24 Ore: Vous semblez toujours amer, même après l’annonce de cette arrestation…

Il y a de quoi. Ce monsieur a été arrêté dix jours avant moi, en 1994. Il a fait un peu de prison. Il est ressorti et s’est arrangé pour être de nouveau arrêté, plusieurs fois.
À chaque fois, il se débrouille pour faire frapper d’annulation toutes les demandes d’extradition, alors qu’il est poursuivi par la France, les États-Unis, le Canada…Une fois encore, j’ai la nausée. Pas parce qu’on vient de l’arrêter, mais parce qu’on m’a laissé pourrir en prison et que je suis toujours considéré comme un narco par le Canada.
Je vais vous dire…On a affaire à des ‘petites frappes’ policières qui font tout, sauf empêcher que nos économies et nos propres banques soient financées par le narcotrafic. Le reste, c’est encore du cinéma.

D’après 24 Ore

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Une partie de la flotte de Claudio Pasquale Locatelli

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General cargo ships PACIFICO

Enregistré à Chypre 🇨🇾 – propriétaire Jurgen Kirchoff financé par Locatelli

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MV Poseidon

Enregistré à Saint Vincent 🇻🇨 – Propriétaire Fortitude Maritime Research ltd à Gibraltar

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MY Sea Harmony

Enregistré à Jersey 🇬🇧 – Propriétaire Charles Henri De Bossieu, un des noms d’emprunt de NS 55

 

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Par Marc Fievet

Depuis que Christian Gatard m’a présenté ‘El Señor Ayuso’, le directeur des Douanes de Madrid  et le chef du SVA d’Algésiras (Servicio de Vigilancia Aduanera),  le service de surveillance des Douanes espagnoles, Don Fernando[1], j’ai retrouvé le plaisir de voler. Ma rencontre avec l’ensemble des douaniers espagnols a été chaleureuse et constructive. Ils avaient hâte de me connaître. Cet agent français hors norme que je suis les intriguait parce que, visiblement, je n’avais pas le profil des aviseurs habituels. Muñoz d’ailleurs me l’a dit devant Gatard dès notre premier entretien. En quelques minutes j’étais passé de l’agent trouble au collègue et, à ses yeux, je faisais partie intégrante du service français. Quand je lui ai révélé que j’étais aussi pilote il n’a pas hésité une seconde :

Il faut absolument que vous participiez à nos reconnaissances aériennes. Pourquoi ne viendriez-vous pas de temps en temps travailler avec nos équipages ?

Puis se tournant vers Gatard il ajoute en riant :

En plus nous pourrions bénéficier de vos renseignements à moindre coup…

Je n’ai pas laissé passer l’opportunité. Quelques jours plus tard, Fernando Muñoz m’a  convié dans la zone affaires de l’aéroport de Malaga où ses appareils, des avions Casa 235, et des hélicoptères M.S. 530  sont parqués. Le chef des Douanes m’a présenté à ses pilotes et depuis je vole régulièrement avec eux. Cette collaboration est rentable pour moi. L’échange inévitable d’informations et la vision aérienne du trafic dans le détroit de Gibraltar me permettent de multiplier sans cesse mon chiffre d’affaires. Il ne se passe pas une journée sans que je  signale un mouvement à ma maison mère de Nantes, et quelquefois je livre même deux ou trois bateaux  par jour. Le rythme est si rapide que j’ai l’impression que mes amis de la DNRED s’essoufflent et laissent filer les embarcations que je leur signale, ce qui commence à m’agacer. Je m’en suis ouvert à Gatard qui, en gros, m’a prié de m’occuper de mes oignons. Je ne supporte ni l’amateurisme, ni le travail bâclé ou inachevé et, je l’avoue volontiers, je ne supporte pas plus que l’on m’envoie aux pelotes.

Furieux et vexé, je décide ce même jour de chercher un « employeur » un peu plus efficace et je pense au service des stupéfiants de la Police Judiciaire. Je téléphone au  Ministère de l’Intérieur et, après les présentations d’usage,  une standardiste me dirige vers le service concerné où un policier m’écoute avec attention puis me prie de le rappeler le lendemain. Ce que je fais ponctuellement :

-L’un de nos inspecteurs est actuellement en mission à Malaga, vous pourriez le rencontrer ?

Je prends les coordonnées et je compose aussitôt le numéro pour fixer un rendez-vous le soir même, dans un hôtel du centre ville. Lorsque j’arrive, le policier m’attend déjà au bar de l’établissement. Je lui expose la situation en essayant d’être le plus convaincant possible. J’insiste sur le nombre d’affaires que j’ai déjà apportées aux douanes, mais je vois bien que mon interlocuteur pense à autre chose et condescend juste à m’accorder un peu de temps parce que Paris lui a demandé de le faire. En regagnant Gibraltar je ne suis guère optimiste sur la suite de cette entrevue et je n’entendrai d’ailleurs plus jamais parler du service des stupéfiants. Je ne comprends pas bien cette attitude, tant des douanes que des policiers et j’en parle  un jour à Fernando Muñoz. Il réfléchit et me lance sur une autre piste :

-Vous devriez aller voir le représentant du DEA à Malaga. Je vais vous donner ses coordonnées.

Le DEA (Drug Enforcment Administration(, le service des stups américain. Muñoz en parle avec respect. Depuis que je travaille pour les douanes, je sais moi aussi qu’ils ont beaucoup d’argent, qu’ils disposent d’une logistique exceptionnelle, et qu’ils peuvent être redoutables et efficaces…s’ils en ont envie.

Nouveau coup de téléphone, et nouveau rendez-vous dans un hôtel de Malaga, un  cinq étoiles en bordure de mer. D’entrée le ton est tout autre. L’agent américain, type gringalet latino, me reçoit en chemisette en se gavant de cacahuètes. Il me pose des questions et écourte mes réponses la plupart du temps. C’est mon bateau qui l’intéresse. Brusquement sur un ton parfaitement badin, comme s’il me demandait des nouvelles de ma famille, il me met un incroyable marché en main :

Je sais que  des narcos du coin cherchent un bateau pour enlever trois tonnes de cocaïne en Colombie. Est-ce que vous voulez y aller? Mon service vous couvre et on fait la saisie  à l’arrivée.

J’atterris sur une autre planète. L’Américain s’en rend compte et il engloutit une tonne de cacahuètes en poursuivant :

Ça n’a rien d’exceptionnel, je monte souvent ce genre d’opérations. Je ne vous demande que de faire le transport. C’est votre job, non ?

Oui, bien sûr, officiellement c’est mon job. La société Rio Plata est répertoriée comme entreprise de transports. Ce que mon interlocuteur ne sait pas, c’est que je ne peux  toujours pas sortir le Windarra du port puisque je n’ai toujours pas réglé la totalité de son achat.  Mais, de toutes façons, cette cargaison m’affole, même si je sais très bien ce qu’elle peut me rapporter. Pour des convoyages normaux, les skippers traditionnels sont payés au mile parcouru et au temps passé en mer. Pour un transport de drogue, le prix est multiplié par dix. Malgré cet attrait, je n’hésite pas une seconde, trois tonnes de coke, ce type est fou : je refuse tout net et mon vis-à-vis en paraît réellement surpris. Il écarte largement les bras, lâche un retentissant OK boy et quitte le tabouret sur lequel il est assis, me signifiant que la conversation est terminée et qu’il n’envisage absolument pas de boire un verre avec moi. Je n’ai pas plus envie que lui de prolonger la discussion et je reprends la route vers Gibraltar. Finalement, les douanes françaises c’est très bien, je vais juste les secouer un peu…

En attendant, demain matin je dois m’occuper de mon ami Yvon Jouguet. Il bricole sur son bateau depuis plusieurs jours et je sais très bien quel genre d’aménagements il effectue. Il installe des réservoirs spéciaux comportant une cache pour de la drogue et il est tout à fait possible que d’autres compartiments soient déjà prévus ailleurs. Jouguet n’est pourtant pas le mieux équipé, bien des bateaux sont construits dans les chantiers en prévision des transports douteux qu’ils vont effectuer. On ne prévoit pas des caches sur le navire, on construit le navire autour des caches…

À l’aube, des visiteurs  s’installent sur le bateau d’Yvon. Je parviens à les photographier au téléobjectif et à neuf heures  vais faire développer les films chez un photographe de La Linéa à neuf heures. D’habitude je préfère  envoyer ce genre de pellicules à un laboratoire industriel, beaucoup plus anonyme, mais quand le temps presse je suis bien obligé de faire appel à un artisan, à chaque fois différent cependant. Et aujourd’hui je suis pressé car je me doute que Jouguet va aller charger rapidement au Maroc avant de filer vers la France, et je veux envoyer les portraits de ses coéquipiers en express à Gatard pour qu’il les identifie. Je fais bien car, dès le lendemain, il me rappelle :

-Ceux- là on les connaît, ce sont de grosses pointures.

J’en profite pour déverser mon fiel :

-Et vous allez encore les laisser filer, comme d’habitude…

Gatard cette fois ne fait aucun commentaire.

Pour me détendre je vais saluer mes amis pilotes à Algésiras et rendre compte à Muñoz de mon entretien avec le représentant de la DEA. Cela  devrait l’amuser.

Lorsque j’arrive sur la base, un pilote d’hélicoptère, Federico, s’apprête à décoller à bord d’un  MS 530. Il est seul et me propose de l’accompagner. Quelques minutes plus tard nous survolons le bateau qu’il cherchait, un petit voilier de onze mètres qui file vers les côtes marocaines, au sud de Gibraltar. Federico aimerait voir ce qui se trame à bord.  Je prends les jumelles, et prépare un appareil photo pendant que Federico, après un premier survol en altitude effectue une large boucle et revient se positionner loin derrière le bateau. Il le rattrape rapidement et au dernier moment pique vers le pont alors que j’enclenche le moteur du Nikon qui va assurer une série de clichés. À notre passage, je vois deux hommes s’engouffrer dans une petite cabine. Nous reprenons de l’altitude et quelques secondes plus tard, le voilier change de cap, bifurquant vers le large. Nous les avons dérangés. Méfiants, ils vont différer le chargement de la marchandise. Federico effectue encore quelques passages de routine entre les deux côtes puis nous rentrons.

Avant de regagner le Windarra je m’arrête pour prendre un verre Chez Bianca et là j’apprends que Sergio fait route vers la Corse avec le Seliti, le voilier que j’avais conduit en Italie. Je connais le parcours et je peux donc assurer à Gatard  qu’il y a de la drogue à bord. Je lui indique même l’endroit des caches que je connais  grâce à quelques indiscrétions de Sergio. Je vais regretter ce luxe de détails car les douaniers de la Méditerranée qui réalisent l’opération débarquent sur le bateau avec d’énormes sabots. Ou ils sont très pressés, ou ils sont franchement idiots, toujours est-il qu’à peine sur le pont, ils foncent directement vers les caches, découvrent la marchandise et passent les menottes à tout le monde. Sergio n’est pas dupe. Il comprend instantanément que les douaniers ont été parfaitement renseignés et il réfléchit aux  donneurs potentiels.

Dans l’Estafette qui le conduit vers Ajaccio il se tourne vers un douanier et grince :

-C’est le Français de Gib’ qui m’a donné ?

Quand l’histoire me revient par une indiscrétion depuis Nantes, je suis fou de rage.  Ces crétins me mettent en grand danger et il faut que je prépare à toute vitesse une défense solide au cas ou quelqu’un viendrait me demander des comptes. Mais avant tout, j’en touche deux mots à Gatard. L’incident arrive à point car je devais régler d’autres problèmes avec lui. Nous sommes au mois d’août et je n’ai pas touché un centime depuis sa visite du mois de mai. Je commence à avoir d’énormes difficultés  financières et je ne peux même pas reprendre mes activités de charters qui, au moins m’assureraient le quotidien. Tant que je n’aurai pas réglé le maudit solde du Windarra je serai bloqué au port. Je ne vois vraiment pas où  aller chercher deux cent soixante mille francs.

Ma collaboration avec les douanes est prospère et j’enrage à l’idée qu’elle ne soit pas récompensée à sa juste valeur. Il faut vraiment que j’aie foi en mon action pour continuer ainsi.  J’ai fait un premier bilan : 80% des affaires  indiquées ont été des succès. Ce pourcentage est tout à fait exceptionnel car je sais qu’en moyenne les douanes, sur toute la France, saisissent,  huit à dix tonnes de drogue par an. Moi, en six mois j’ai permis la saisie de quinze tonnes de cannabis et  cent-cinquante kilos de cocaïne. Et mon bilan serait encore meilleur si mes correspondants de Nantes n’avaient pas laissé filer bien des bateaux suspects que je leur avais signalés. Tout cela me met de méchante humeur. En plus je sens que bientôt mes voisins de Marina Bay  vont s’interroger sur mes sources de  revenus. Pour l’instant je peux laisser croire que je dispose d’un petit pécule, mais ça ne durera pas et je deviendrai suspect.

J’appelle Gatard  pour lui  exposer tous ces problèmes. Pour me calmer, il me jure qu’il va me débloquer de l’argent le plus vite possible :

-Merci, c’est la moindre des choses, mais ça ne règle pas l’essentiel. Il faut trouver une solution pour l’achat du Windarra et je souhaite que vous me précisiez ce que vous attendez de moi. Je ne vais pas continuer à prendre des risques si ce que j’apporte ne vous intéresse pas…

Gatard m’interrompt et, pour la première fois depuis que nous nous connaissons, il me tutoie :

-Mais non, Marc, comprends que du cannabis il en circule des tonnes dans le monde. Nous le savons bien mais nous ne pouvons pas courir après tous les dealers. Nous n’en avons pas les moyens…

-Pas les moyens ou pas l’envie ?

-En ce qui me concerne, pas les moyens. Pour l’envie, il faut demander plus haut  à ceux qui déterminent précisément ces moyens. Moi j’expose mes besoins à ma hiérarchie. Après j’adapte au mieux avec ce que je reçois.

-Christian, tu es chef d’échelon, pourquoi n’essayes-tu pas de te faire entendre. Qui va enfin prendre conscience de la situation ? À qui faut-il aller expliquer ce qui se passe là, sous mes yeux à Gibraltar, ce qui se passe en Colombie, en Bolivie…

Gatard éclate de rire, mon discours l’amuse, tous les jeunes douaniers doivent lui tenir le même :

-Va expliquer ça à notre ministre Marc, va voir Charasse à Bercy, c’est lui qui s’occupe du budget et il paraît qu’il est très ouvert…

-Tu as raison Christian, je vais l’appeler.

-Excellente idée. Tu me tiens au courant, je m’occupe de tes primes.

En raccrochant le téléphone je pense instantanément à ma mère qui ne m’avait pas cru lorsque, enfant, je lui avais annoncé que j’allais écrire au président de la République pour sauver le château de Versailles. L’attitude de Gatard ne fait qu’accroître ma motivation. Le temps de trouver le numéro de téléphone du ministère des Finances et j’appelle Michel Charasse au Budget.

Une secrétaire prend mes coordonnés, note le motif de mon appel, m’assure qu’elle va transmettre mon message au ministre, et me prie de rappeler le lendemain pour savoir s’il accepte de m’accorder le rendez-vous que je lui demande.

À l’heure dite je compose à nouveau le numéro. Une chance sur deux… Au moins j’aurai essayé… J’ai la même jeune femme en ligne:

-Ah oui, monsieur Fiévet, je vous passe monsieur le Ministre.

Gagné, je jubile, j’aimerais que Gatard entende ça…

De la manière la plus claire et la plus concise possible j’expose le but de mon appel à Michel Charasse, je lui brosse un tableau rapide de la situation  que je constate, et avance quelques suggestions pour l’améliorer. Nous parlons depuis  une dizaine de minutes lorsque le ministre me dit :

-Monsieur Fiévet j’aimerais parler de tout cela de vive voix avec vous. Je vous repasse ma secrétaire. Voyez avec elle pour un rendez-vous. Dîtes-lui bien : le plus vite possible.

À Nantes, mon rendez-vous avec le ministre provoque un véritable cataclysme. Dans un premier temps, Gatard a du mal à me croire. Puis il reçoit confirmation par sa direction parisienne. Avant de voir Charasse on me demande de passer au siège, rue du Louvre, afin que l’on prépare l’entrevue. Je ne suis pas dupe, en fait la haute direction veut surtout savoir ce que j’ai l’intention de dire à Charasse et compte peut-être sur moi pour transmettre quelques messages.

Il fait encore beau en ce mois de septembre 1988 lorsque je débarque à Paris et je suis content de retrouver la capitale. Je me promène longuement dans les Halles, le quartier du  Sentier, avant de me rendre à mon rendez-vous rue du Louvre. L’immeuble des douanes est tout à fait discret. Pas un drapeau, pas un nom, même pas une plaque. Heureusement qu’on m’avait dit que l’entrée était juste en face du Figaro, autrement j’aurais cru à une erreur. Un ascenseur douteux me dépose au cinquième étage où mes chefs m’attendent. Christian Gatard est là et il me présente le directeur de la DNRED à Paris, Jean-Henri Hoguet, ainsi que plusieurs de ses collaborateurs. L’accueil est glacial. Nous nous asseyons autour d’une table ronde et mon officier traitant prend aussitôt la parole pour exposer ma situation et mes problèmes d’argent.

Après un bref tour de table il apparaît évident pour tous  qu’il faut débloquer le Windarra. D’abord parce que j’en ai besoin pour vivre et pour justifier de mes activités officielles, ensuite parce que ce motor-yacht me sera bien plus utile en mer qu’à quai, pour mes activités officieuses. Il est certain que je serai beaucoup plus efficace si je peux naviguer dans le détroit et au large des côtes marocaines. Chacun en est conscient, mais les différents responsables présents, et en premier lieu Jean-Henri Hoguet, refusent de débloquer les deux cent soixante mille francs  nécessaires  pour payer mon bateau. Il faut donc trouver une autre solution et plus la discussion avance, plus je la sens se profiler, mais ce n’est certainement pas moi qui vais la proposer. Et pourtant elle est là, elle éclate, elle s’impose : pour finir de payer mon bateau sans que cela coûte aux douanes, je dois entrer dans le trafic de drogue… Rendons lui cet hommage, c’est Gatard qui ose enfin le dire. Le plus dur est fait et  tout le monde paraît soulagé, l’atmosphère se détend brusquement, et chacun y va maintenant de son commentaire. Un léger brouhaha s’installe même dans la pièce. C’est tout juste si l’on ne me félicite pas alors que je suis le seul à n’avoir toujours pas dit un mot. Personne n’a encore songé à me demander mon avis. Je suis pourtant le premier concerné. Lorsque Christian se tourne enfin vers moi il me lance simplement:

-Voilà Marc, nous avons enfin résolu le problème. Tu vas pouvoir l’acheter ton bateau…

Je devrais quasiment me lever et embrasser tout le monde pour remercier alors que j’ai conscience que ces gens m’envoient à l’abattoir pour leur plus grand bien et sans débourser un centime. Et malgré les promesses de Christian, je n’ai toujours pas été payé depuis le mois de mai. Je le souligne tout en acceptant l’étrange marché qui vient de m’être proposé. Pendant que chacun se félicite d’avoir résolu mon problème je m’interroge sur la perversité du système. Pour bénéficier de mes services  en limitant leurs frais, les autorités douanières non seulement m’autorisent à collaborer à des trafics, mais elles m’y invitent. Je me demande si la morale y trouve son compte mais c’est la seule façon d’y retrouver le mien. Je n’ai pas tellement le choix si je veux continuer à vivre à Gibraltar sur le Windarra. L’affaire est donc entendue et nous passons à d’autres sujets avant que je ne parte pour mon entretien avec le ministre.

En me serrant la main, le directeur de la DNRED croit utile d’ajouter :

-Nous comptons beaucoup sur vous, Monsieur Fiévet.

Alors qu’il me conduit vers la rue de Bercy, Gatard me fait encore ses dernières recommandations : ne pas m’énerver, ne pas dénoncer, ne pas froisser de susceptibilités… J’ai vraiment l’impression d’être un gamin. Gatard ferait mieux de s’interroger : en quelques minutes, j’ai obtenu ce qu’il n’avait jamais osé demander en quelques années.

Je me sens parfaitement détendu lorsqu’à dix-huit heures un huissier  m’introduit dans l’antichambre du ministre.

J’attends quelques minutes, puis Michel Charasse ouvre lui même la porte de son bureau et m’invite à entrer.

La pièce est vaste et lumineuse. Sur la droite, par une large baie vitrée on découvre les péniches qui glissent sur la Seine. Sur un mur, derrière le bureau et le fauteuil Louis Philippe du ministre est tendue une vaste tapisserie des Gobelins représentant une scène galante. Des livres sont soigneusement rangés au fond de la pièce sur un buffet massif, et en avant de celui-ci, sur un guéridon, je remarque tout de suite une photo de Michel  Charasse dans les bras de Gaston Deferre. Mon hôte ne se presse pas de regagner son fauteuil, comme s’il voulait me laisser le temps de m’imprégner des lieux. S’asseyant en face de moi, fidèle à son image, il sort un Cohiba d’une cave à cigares et entreprend de l’allumer sans le mettre en bouche mais en  chauffant l’extrémité avec une allumette, puis en soufflant doucement sur la feuille incandescente afin que la première bouffée soit plus douce. J’observe religieusement ce cérémonial et sans quitter son cigare des yeux le ministre lance la discussion :

-Vous travaillez donc pour nous. Et fort bien, m’a t-on dit. Alors qu’est ce qui ne va pas ?

-Nous pourrions faire beaucoup mieux. Monsieur le Ministre, je trouve inconcevable qu’à Gibraltar, où je suis basé, des trafiquants opèrent quasiment à visage découvert. Ils ne se cachent absolument pas pour dépenser chaque jour en repas, fêtes,  ou achats de deux mille à cinq mille francs, et quelquefois bien plus. Que l’on ne me dise pas que personne n’a jamais songé à leur demander la provenance de cet argent. Je crois plutôt qu’on ne veut pas le savoir et cela me choque. J’en arrive à me demander s’il y a, au niveau des gouvernements, une réelle volonté politique de faire cesser ces trafics, si chacun, à un  moment ou à un autre n’y trouve pas son compte.

-Peut-être, Monsieur Fiévet, mais pas en ce qui me concerne. Je vais demander à mon Directeur général des Douanes, Jean-Dominique Comolli de nous rejoindre, j’aimerais avoir son avis sur vos remarques.

En entrant dans le bureau, Jean-Dominique Comolli me fusille du regard. C’est l’archétype de l’Énarque. Il a pris la direction des Douanes parce que ses amis lui ont proposée de le faire, mais demain il pourrait tout aussi bien s’installer à la tête de France Télécom, de la Française des Jeux ou de la SEITA pour peu que le salaire soit à la hauteur de ses prétentions. Le trafic de drogue se limite pour lui en grande partie à des colonnes de chiffres, de résultats, de statistiques, de bénéfices et de coûts. Qu’on le détourne de ses courbes pour qu’il vienne écouter les balivernes d’un aventurier perdu à Gibraltar lui déplaît profondément. Ce mouvement d’humeur ne peut échapper à Charasse mais cela ne le perturbe absolument pas. Bien au contraire, en invitant Comolli à s’asseoir, lui se lève et tombe la veste, indiquant ainsi que nous nous engageons dans une longue séance de travail et non pas dans un échange de propos anodins sans suite.

Devant son directeur, le ministre réaffirme sa volonté politique de s’attaquer aux problèmes de la drogue. Pour lui, il n’y a pas d’équivoque sur ce point. J’en profite pour lui glisser  en souriant qu’il y a peu de temps j’ai vu des semi-remorques être déchargés au Main pier,  au vu et au su de tous, de tonnes de matériel informatique destiné à la Libye frappée d’embargo. Il n’y avait pourtant, là non plus, aucune équivoque pour les gouvernements, paraît-il. Charasse me renvoie mon sourire et me fait remarquer que ni les produits, ni les réseaux, ni les marchés, ne sont comparables,  et qu’il entend, pour le moment, réellement pourchasser les narcotrafiquants. Il a souhaité me rencontrer parce que je sors du lot habituel des aviseurs souvent plus proches de l’indic que de l’agent infiltré, et plus à l’aise avec les truands qu’avec les officiers des douanes. Je suis la perle rare, le maillon fort qui manquait à la chaîne et en plus je fais rentrer de l’argent dans les caisses car les douanes, lors des saisies, font jouer leur droit de préemption sur les matériels : bateaux, voitures, avions, ordinateurs… Autant de biens affectés  aux différents services et revendus plus tard. Ce rappel ne déride pas Comolli qui me gratifie juste d’un vague salut du menton. En revanche, pour moi l’occasion est trop belle et je saisis la perche que Michel Charasse me tend  pour évoquer mes soucis financiers et les paiements à retardement des primes sur saisies. Le ministre en convient, il y a là un problème réel dû à l’ambiguïté de la situation. Il estime anormal que je ne sois pas, au moins, reconnu par ses services, mais Comolli intervient immédiatement pour lui rappeler que c’est strictement impossible tant que les lois et le cadre juridique ne seront pas changés. Charasse le sait et il questionne:

-Justement, n’est-ce pas dans ce sens qu’il faut travailler ? Ne pourrait-on pas trouver des aménagements. L’infiltration comme la pratique notre ami comporte d’énormes risques. Cela se paie, mais devrait également se reconnaître.

Comolli nuance aussitôt le propos :

-Par définition, les aviseurs sont des gens infiltrés, et donc masqués. C’est à dire qu’ils participent aux opérations illicites et touchent à ce titre les dividendes du trafic avant d’être rémunérés par les douanes lorsque la saisie et les arrestations sont opérées. Doublement payés ils ne sont tout de même pas trop à plaindre. Monsieur Fiévet est payé lorsqu’il effectue des convoyages avec son bateau ou le bateau des autres lorsqu’il se contente d’être skipper.

Je  m’attendais un jour ou l’autre à entendre cet argument, mais j’ai encore parfaitement en tête les mots prononcés quelques heures plus tôt par mes « patrons » de la rue du Louvre et je revois leur embarras pour m’inviter clairement à solder mon bateau grâce aux gains du trafic de drogue. J’en fais part immédiatement à Jean-Dominique Comolli en le priant de m’indiquer s’il voit, lui, une autre solution. J’en profite aussi pour bien lui préciser que moi je n’ai jamais été trafiquant avant que les douanes ne m’y invitent, que je sais développer d’autres activités, ce que j’ai prouvé, et qu’elles me permettraient de vivre:

-Moins bien, ne peut s’empêcher de lâcher Comolli.

-Mais plus sereinement. Et pour l’instant si je ne comptais que sur vous, je serais au SMIC.

Levant légèrement la main, Charasse met un terme à l’échange avant qu’il ne s’envenime et rappelle que nous ne sommes pas réunis pour défendre chacun notre pré carré, mais pour trouver d’éventuelles solutions, acceptables pour tous, à une situation anormale mais pourtant incontournable. C’est la quadrature du cercle et l’éternel problème de la police depuis que la pègre  existe. Nous échangeons encore quelques idées puis Charasse met un  terme à l’entretien en me disant:

-Cher ami, nous réfléchissons à tous ces problèmes et nous nous revoyons. De votre côté, pensez  aussi à tous les moyens qui pourraient nous permettre d’améliorer notre action, notamment dans la lutte contre le blanchiment  d’argent et n’hésitez pas  à m’appeler. Je suis certain que dans ce domaine aussi nous pouvons être nettement plus efficaces  malgré les paradis fiscaux et les circuits bancaires.

Michel Charasse me tend une carte de visite sur laquelle est noté un numéro de ligne directe puis, en se levant, il se tourne vers Comolli :

-Dis en tout cas à tes équipes de suivre les directives de Monsieur Fiévet lorsqu’il les met sur une affaire. J’aimerais  que l’on ne passe plus à côté des bons coups qu’il lève.

Comolli  prend acte,  me tend vaguement la main en maugréant un bonsoir qu’il souhaiterait assassin.

La réunion a duré une heure vingt. Pour ma part, je la trouve extrêmement positive et j’ai hâte de savoir ce que mon ami Gatard va en penser. Nous avons prévu de dîner ensemble dans une brasserie près de la gare de Lyon après mon rendez-vous. Lorsque j’entre dans la salle Christian est déjà attablé et il consulte instinctivement sa montre :

-Tu t’es perdu ?

-Pas du tout, je sors seulement de chez le Ministre.

Je raconte tout dans le détail et je sens bien  que mon récit dérange Gatard. Il m’accorde une attention exceptionnelle, ce qui n’est pas toujours le cas chez lui, mais j’ai le sentiment que ces préoccupations sont tout autres que les miennes. Lorsque j’estime avoir terminé un  résumé correct de l’entrevue j’attends des questions et je n’obtiens qu’un commentaire perplexe :

-Quand même, le trafic de cannabis dans la baie d’Algésiras, ce n’est pas la French Connection. Bon, Charasse t’a reçu, tant mieux, c’est bon pour le service, mais qu’il passe autant de temps là-dessus, c’est tout de même surprenant.

Moi, ce qui me surprend, c’est la surprise de mon agent traitant. Je lui rappelle tout de même mon bilan sur six mois : quinze tonnes d’herbe, cent cinquante kilos de coke… Mais Gatard balaye les chiffres d’un revers de main :

-Oui, bien sûr, mais parce que ton prédécesseur ne fichait rien. Il ne travaillait pas, il se contentait d’écouter aux portes.

En résumé ce n’est pas moi qui suis bon, c’est Glacoz qui était mauvais. Voilà qui me fait chaud au cœur. Heureusement Christian me redonne le sourire :

-Avant de te rencontrer Charasse avait fait passer une note pour que l’on te paye immédiatement. J’ai fait virer cent mille francs  sur ton compte à la Barclay’s. Tu vas pouvoir souffler. Dès que tu rentres, il faut que tu trouves une opération pour payer le bateau. Maintenant que tu es couvert par le Ministre, tu peux tout te permettre…

Gatard rit, puis en se plongeant dans la carte du dîner, il change brusquement de sujet. Sa journée est terminée, il me demande :

-Tu t’intéresses au Football–Club de Nantes ?

[1] Fernando Muñoz : Responsables des opérations aériennes et maritimes de surveillance douanière à Algésiras.

 

Extrait de « l’Archipel des Soumis », écrit durant mes trois dernières années de détention

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Michel Charasse vient de mourir, et nous allons être inondés de commentaires dithyrambiques sur ce grand homme d’État…qui fuyait Marc Fievet.

A croire que son échec judiciaire lorsqu’il avait poursuivi Marc Fievet pour diffamation lui restait en travers de la gorge. En première instance comme en appel, il avait perdu!

Lors de la dernière rencontre dans le canton de Puy Guillaume avec Michel Charasse

La dernière interpellation écrite que je lui avais adressée concernait les dérapages de la DNRED et en particulier ceux d’Erwan Guilmin de la DOD, restée sans réponse.

Mais que de souvenirs… de ce ministre couillu, utilisant parfois des méthodes peu conventionnelles pour la clique d’énarques qui l’entourait à Bercy. Il arrivait même à choquer son Directeur Général de la Douane Jean Dominique Comolli, qui n’est pourtant pas un enfant de chœur.

En vrac:

Il n’hésita pas à menacer de faire cimenter les portes et fenêtres du directeur du trésor à qui il réclamait des cartes « American express » pour les agents des douanes qui infiltraient des réseaux de trafiquants de drogue..et qui disait que cela était impossible. Michel Charasse obtint ces fameuses cartes de crédit sous 48 heures!

-D’accord pour rencontrer régulièrement Marc Fievet dans son bureau à Bercy, très souvent en tête à tête et parfois en compagnie de Jean Domique Comolli, le Dg de la Douane, ou, et de Christian Gatard de la DNRED.

-D’accord pour monter un service parallèle d’agents infiltrés en recrutant dans le service de la DNRED pour une période d’infiltration ne pouvant dépasser 24 mois avec, à la sortie une prime de 2 millions de francs 1990, bloquée dés le départ à la caisse des dépôts. L’indien, surnom donné par Jean Henri Hoguet pour Comolli, s’y opposa farouchement.

-D’accord pour demander à Jean Dominique Comolli, qui faisait toujours la gueule quand il voyait Fievet, de bien vouloir le recevoir à l’Hôtel de Montalembert pour une réunion de travail avec le boss de la DNRED Jean Henri Hoguet et Christian Gatard

-D’accord pour laisser poursuivre la procédure contre François Sagan qui recevait quantité de cocaïne par courrier. L’affaire fut pourtant classée par un procureur aux ordres de Tonton!

-D’accord pour financer 50 % d’un restaurant, « le Saint Georges », à Estepona en Espagne pour NS 55 (Marc Fievet) qui avait sa base vie en Andalousie.

D’accord pour rendre visite à Marc Fievet à Marbella, à l’hotel ‘Puente Romano’ situé à San Pedro de Alcantara!

D’accord pour que la Douane française indemnise Marc Fievet à qui il avait donné ordre de se débarrasser du motor yacht ‘Windarra’, rebaptisé ‘Tancrède’ suite à l’opération de Lyon. La Douane française n’a jamais indemnisé Marc Fievet pour la perte enregistrée s’élevant à 1 million 800.000 francs en 1991 (300.000 euros).

-D’accord pour financer à 50 % le cargo ‘Melor’ en association avec John Short, un narcotrafiquant anglais. Les fonds, directement sortis du Trésor, furent apportés à Fievet au Novotel d’Anvers par les douaniers Lesquert et Capitaine.

-D’accord, pour suggérer et demander à Marc Fievet d’envisager de créer une banque à Zagreb, en Croatie, pour mieux connaitre les différentes voies impénétrables du blanchiment à l’international.

Et pourtant, et pourtant, lorsque Michel Charasse quitta Bercy, aucune consigne ne fut donnée à son successeur pour quelques mois Martin Malvy, ni à son successeur Nicolas Sarkozy.

Au contraire, ces ministres interdirent toutes actions d’infiltration en commençant par interdire aux fonctionnaires de se déplacer à l’étranger sans une demande préalable. Pour les agents infiltrés fonctionnaires, on les retira du circuit en les mutant très souvent dans les DOM-TOM.

Pour Marc Fievet, on le laissa continuer son infiltration dans l’organisation Locatelli sans prendre en compte les dangers réels qu’il encourait.

Qu’il repose en paix sachant qu’il aura pour l’éternité, l’étiquette du ministre qui a lamentablement lâché un de ses collaborateurs, après l’avoir envoyé infiltrer les réseaux de narcotrafic des seigneurs colombiens et européens de la drogue.

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Seulement 5 minutes!

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Avec la participation de Michel Charasse, l’ancien ministre du Budget, de l’ancien directeur de la DST, Yves Bonnet, de l’ancien directeur de la DNRED jean Henri Hoguet et de l’ancien ministre Azouz Begag.

 

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Le rocher de Gibraltar, à moins de 20 km des côtes africaines, c’est l’entrée sud de l’Europe. C’est aussi l’un des détroits les plus surveillés au monde, puisqu’il est devenu le passage obligé des tonnes et des tonnes de drogue des montagnes du Rif marocain…qui sont expédiées chaque jour.

La plupart du hasch consommées en France en Allemagne en Angleterre passe par le détroit de Gibraltar, avant d’arriver sur les plages de la Costa del Sol, de Tarifa, Cadix, Huelva ou sur les cotes algériennes, françaises, italiennes, portugaises , tunisiennes et parfois anglaises.

 

Estimation du trafic: 15 tonnes de haschich par 24 heures

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Opération d’inflitration Date Marchandise Quantité saisie COMMENTAIRES
Mai-Juin 88
NATAJAK cannabis marocain 300kg + Sloop de 16m Saisie Douane française
Premier contact avec Michel charasse à Bercy pour rendez-vous
G.A.L. Premier contact avec l’organisation – Photos transmises
ALTAÎR cannabis marocain 300 kg La douane n’est pas intervenue
MOYER cannabis marocain 3 tonnes et 1 voilier Saisie par HM Customs-excise
MIKADO cannabis marocain 2 tonnes sur  voilier « banana split » Saisie par HM Customs-excise
Première réunion avec Charasse et Comolli à BERCY
GASTON cannabis marocain 200 kg et 1 voilier Saisie par SVA
ARCO-IRIS cocaïne 150 kg et 1 bateau de pêche Saisie Guardia Civil
HALIFAX cannabis afghan Pas vu
1989
INDIGO

Sottogrande

cannabis marocain saisie partielle des 600kg transportés Solde du financement du Motor/Yacht WINDARRA
BRIGANTINE cannabis marocain 1 tonne et 1 voilier Saisie par Autorités portugaises
DAUDET-FERRAN – GAL Équipe protégée par commissaire Ricardo Kohl d’Estepona
PÊCHE Alicante cannabis marocain 800 kg et bateau de pêcheur Douaniers ripoux du SVA arrêtés suite fréquences radio SSB du SVA  communiquées aux narcos
GOLDEN SUNSET cannabis marocain 3.000 KG Pas de surveillance ce jour là
Bryan PRICE cannabis marocain 600 kg Saisie SVA
HALIFAX 2 cannabis marocain 300 KG Pas vu par les Canadiens
FUMÉE NOIRE cannabis marocain 1.000 KG Pas vu par la Douane, tous les avions en GV en même temps; le seul dispo était à Nice pour transporter Michel Charasse au GP de Monaco

Restaurant

Saint Georges

1990

 

Financement, équipement et le douanier Francis Geoffroy

WINDARRA

avec

SERVICES allemands + SVA

cannabis marocain saisie partielle de 800 kg Cafouillage du SVA et investigations en Allemagne
BACARDI cannabis marocain 600 kg Pas vu
Opération de LYON cannabis marocain Enlèvement d’1 tonne au Maroc Engagement de Michel Ribatet, chef d’Echelon DNRED Lyon de verser à Marc FIEVET la somme de 1,000,000 F
LYON cannabis marocain 1 tonne
Port la Nouvelle cannabis Chargement d’un petit camion loué par la DNRED

DNRED – rue du Louvre

 

 

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Gérard RIVIÈRE

 

 

 

 

Préparation

Reçu 500.000 F sur 1 million promis – Reçu signé et récupéré par Gérard Estavoyer et G.Bastien

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Remorqueur « Le Vaillant »

Big John (Sottogrande) Préparation Motor Yacht « Golden Sunset »
INDIGO

Gibraltar

600 kg INFILTRATION de 3 officiers du HM Customs.

Livraison Bobby Mills

HALIFAX cannabis marocain 1.200 KG Pas vu par les Canadiens
JOUGUET-JOFI cannabis 800 KG Pas vu par les Canadiens
1991
SCARAB cannabis marocain 500 kg et Speedboat Speedboat Fuengirola
Anne-Liese (Amsterdam) cannabis marocain 3,5 tonnes + Bateau Anne-Liese  Saisie par Police
De GROOT (Amsterdam) Préparation Achat du MELOR – financement Douane Française à 50% (Argent déposé par Lesquert et Capitaine à Anvers) et argent de narcos anglais à 50% sorti par John Short – Customs officer
1992
Camion

FH12-VOLVO

cannabis marocain 6 tonnes Pas contrôlè au Perthus!

Saisie effectuée par la Police à Neuilly

A/R Caraïbes avec MELOR

DUBLIN

cocaïne IRA et narcos
SCHIPOL-ROTTERDAM IRA et narcos
CLAUDINE cocaïne 1 tonne Plusieurs journées en Écosse avec John Hector du HM Customs et Marc Lerestre, attaché douanier à Londres

IRA et narcos

Sept 92
DUBAÏ cannabis afghan 15 tonnes Préparation avec John Short
Herbe de la Jamaïque 8 tonnes Préparation avec John Short
1993
BRINDISI Cannabis  1.600 KG Début infiltration Locatelli
CAGLIARI Cannabis 2.400 KG Refus de C.Gatard de faire saisir les 2 tonnes de cannabis sur MELOR
ALMEER III Résine de cannabis afghan 15.000 KG Marchandise jetée à la mer
ROTTERDAM

BARCELONE

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DJIBOUTI

Acquisition Poseidon  Signalement à Gatard et Lesquert à Barcelone.

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Escale MELOR pour enlèvement 32 tonnes

Hôtel Meurice Meeting avec Graham – Financier des 80 tonnes de cannabis afghan Refus d’agir décidé par Joseph Le Luarn – DI DNRED
Hôtel Concorde Lafayette – PARIS Réunion avec Joseph Le Luarn et Gatard: opération 10 tonnes de cocaïne sur Corse et blanchiment prévu de 2 millions de dollars par l’ex DG WEBER
Brunswick Canada 30/10/1993 cannabis afghan Opération BELT* Signalement effectué à Jean Paul Garcia – Douane Française -Madrid
CANBERRA (UK) 03/11/1993 cannabis afghan 5 tonnes Saisies par HM Customs-excise
POSEIDON cannabis marocain 6 tonnes Saisie et arraisonnement à 1000 milles de l’Angleterre
*BELT résine de cannabis afghan 27 tonnes Saisies par Autorités canadiennes
JERSEY
Janvier 1994
Hervé Maignier, divisionnaire DNRED, rencontre la douane de Jersey à Jersey et fait noircir ma photo sur mon passeport Charles Henri de Bossieu, le propriétaire du « Sea Harmony »
PACIFICO 22/02/1994 cocaïne 5,4 tonnes Saisie après poursuite par navire militaire canadien et bidonnage du « plotter » pour pouvoir saisir le  cargo Pacifico.
Opération DINERO

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FRANCE

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BASTILLE

Nombreuses réunions avec le DEA de Paris et Rome à Paris, La Baule, Nantes et l’Ambassade américaine

°°°°

Meeting avec Puyanet, le DI DNRED et Gatard pour faire charger 1 tonne de cocaïne sur le M/Y « Sea Harmony »…

TOTAL

des

signalements

ayant entrainés saisies

Plus de

110 Tonnes

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Conclusions

Christian Gatard n’a pas été autorisé à s’exprimer…

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J.L Viala

Le DG J.L Viala n’a rien fait.Le DG P.M Duhamel a tenté une approche avec Md Strachan du HM Customs-excise à Stockholm, l’attaché douanier Philippe Galy de Londres m’a menacé de m’en faire prendre pour dix ans si je ne plaidais pas coupable.

P.M Duhamel

 

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Le DI Puyanet m’a fait dire que je pourrais plaider non coupable au Canada.

°°°

Christian Gatard, le DR de Marseille, B.Roux, l’attaché à Washington et O.Arribe le consul général de France à Moncton sont venus au Canada me dire de plaider coupable et que « On arrangerait les affaires une fois de retour en France » sur ordre d’un des conseillers de D.Strauss-Kahn, le ministre des finances.

°°°

Le ministre Michel CHARASSE n’a rien fait et a perdu son procès en première instance et en appel qu’il avait intenté contre Marc Fievet pour diffamation, suite à:

« CHARASSE M’A LACHÉ« 

paru dans « le Parisien »

°°°

Le DG François Auvigne a refusé d’intervenir malgré les suppliques de Jean Puons, DI de la DNRED. Il a dit qu’il n’avait pas à assumer les décisions prises par ses prédécesseurs!

°°°

Le DG François Mongin n’a rien fait!

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Résultat

 

3.888 jours de détention « non stop » dans quatre pays, 23 prisons et 392 cellules

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Jérôme Fournel a fait manipuler les faits  pour que la demande d’indemnités déposée par Marc Fievet soit rejetée aidé par Erwan GUILMIN, Elizabeth MELSCOET puis Thomas CHARVET et Michel BARON avant d’intervenir pour que le film « L’Aviseur » soit rebaptisé GIBRALTAR avec scénario modifié, écartant une scène où Michel Charasse apparaitrait.

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La Juge d’instruction Sophie Clément a blanchi Marc Fievet de toutes actions de narcotrafic!

°°°°

Et le dossier de Marc Fievet est toujours classé « SECRET DEFENSE« 

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La Guardia Civil et la Police nationale ont saisi 400 kilos de cocaïne dans un Cessna « Grand Caravan » à l’aéroport de Fuerteventura.

La drogue a été découverte lorsque les autorités de l’aéroport ont signalé que les passagers de cet avion n’avaient pas satisfait aux formalités d’arrivée.

L’enquête est en cours….

 

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Una avioneta con 400 kilos de cocaína aterrizó en el aeropuerto de Fuerteventura y la Guardia Civil busca ahora a los ocupantes de la aeronave.

La cocaína fue encontrada en el interior de la aeronave, después de que los ocupantes de la avioneta no entregaron la documentación necesaria tras tomar tierra.

LEER MAS

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DNRED 🇫🇷 (Douane française): la controverse, quand Christian Gatard contredit l’administrateur Michel Baron

Publié: 23 mars 2019 par Marc Fievet dans 36, Albanie, Allemagne, AMERIQUE CENTRALE - CARAÏBE, ASIE, Balkans, BAN, Belgique, Blanchiment, Canada, Canaries, CELTIC, Ceuta, Colombie, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Espagne, EUROPE, Gendarmerie, GIBRALTAR, GRC - RCMP (Canada), Guardia Civil, HM Customs Excise (UK), INTERPOL, Italie, Justice, Maroc, Moyen-Orient, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, NS 55, OCEAN INDIEN, OCRTIS, Pakistan, Police, Policia, Saint-Martin, Santo Domingo, Sardaigne, Sénégal, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN, UAR, Venezuela
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Il y a le film et… la réalité!

« Gibraltar » : l’auteur du livre rétablit SA vérité.
lundi 3 février 2014 – 18h00
L’auteur du livre et protagoniste des faits qui ont inspiré le film « Gibraltar », écrit par Abdel Raouf Dafri et réalisé par Julien Leclercq, a tenu à répondre aux propos des deux hommes, tenus sur le site ALLOCINE.
© Mika Cotellon / SND 

Réponse de Marc Fiévet, suite à la polémique autour du tournage de Gibraltar, dans son intégralité :

« Bonjour à toutes et à tous, je m’appelle Marc Fievet, je suis l’homme qui a inspiré le film « GIBRALTAR » après la parution de mon livre « L’AVISEUR ».

Suite aux vidéos mises en ligne sur Allocine (celles d’Abdel Raouf Dafri et Julien Leclercq) et la controverse soulevée, j’estime nécessaire d’apporter quelques précisions supplémentaires sur le film produit par Dimitri Rassam et réalisé par Julien Leclercq, avec dans le rôle de Marc Duval, Gilles Lellouche, dans le rôle de l’officier recruteur des douanes françaises et agent traitant, Tahar Rahim et dans le rôle du narco Claudio Pasquale Locatelli – considéré comme le Copernic du narcotrafic mondial par Roberto Saviano dans son dernier livre Zero, zero, zero – Riccardo Scamarcio.Le  scénario initial tiré du livre « L’Aviseur » que j’ai écrit, et qui a inspiré l’écriture par Abdel Raouf Dafri, du scénario auquel j’ai participé et pour lequel j’ai signé un contrat de consultant, n’a pas été respecté par le réalisateur et ne correspond en rien à ce qui devait être tourné…

En effet comment aurais-je pu accepter d’être présenté comme ce Marc Duval, tenancier d’un « bar à tapas » de troisième zone, incapable de faire marcher son business et s’entêtant toutefois à garder un voilier qu’il n’était pas capable d’assumer financièrement ?

Comment aurais-je pu accepter que le réalisateur Julien Leclercq tourne des scènes qui n’ont strictement rien à voir avec la réalité de mon vécu ?

Comment aurais-je pu accepter de voir sali le rôle que j’ai joué auprès des autorités régaliennes et des opérations undercover des services de lutte contre le narcotrafic ?

J’ai rencontré le réalisateur Julien Leclercq pour la première fois lors de la projection privée à laquelle j’ai assisté, accompagné de mes avocats, le 15 juin 2013. Je lui ai immédiatement demandé pour quelles raisons la scène de ma rencontre avec le ministre Michel Charasse ne figurait pas dans le film (alors qu’elle se trouvait dans le scénario d’Abdel Raouf Dafri)? 

Après un bafouillage, il m’expliqua que c’était une question de coût !

Fichtre, tourner une scène dans un bureau avec un ventru à bretelles fumant le « Cohiba » aurait au moins démontré la volonté politique des actions d’infiltration. Mais c’était trop cher !!!

Ce sera l’unique rencontre que j’aurais eu avec ce « grand » professionnel.

Ce qui me navre, c’est que je suis présenté dans ce mauvais film comme un pauvre mec aux abois et pis encore, comme un mauvais agent d’infiltration. »

Pourtant, si l’on en croit les propos de :

Christian Gatard (le douanier joué par Tahar Rahim) a été interviewé par Ouest France le 7 octobre 2013:

« Marc Fiévet a été très productif et très professionnel en matière de renseignements. Il travaillait de manière rigoureuse avec une production dense, riche et intéressante sur les individus et les mouvements de bateaux. Il a rencontré plusieurs fois le ministre, Michel Charasse, et les Douanes lui ont même financé l’achat d’un restaurant à Estepona, près de Marbella.

Notre coopération opérationnelle a duré six ans et malheureusement il a été arrêté par les Britanniques, à la demande des Canadiens. »

À la question « Pourquoi a-t-il été arrêté ? » :
« Au fil du temps, il s’est infiltré dans les réseaux et a été, entre autre, en relation avec un gros baron de la drogue, Claudio Locatelli. Il a participé à de nombreuses opérations, notamment six tonnes de cocaïne au Canada. Bien que les Britanniques aient profité des renseignements de Marc Fievet, ils avaient une dent contre lui au sujet d’une livraison de cocaïne pour l’IRA qui n’avait pas eu lieu et ils l’ont « flingué ».
Grâce à lui, on les avait informés de cette livraison, ils étaient très intéressés, ils espéraient arrêter des membres de l’IRA et ont donné des instructions précises.
Marc Fievet devait attendre en pleine mer la livraison par avion, en provenance du Vénézuela. Mais, dans la zone concernée, les Américains ont procédé inopinément à des contrôles renforcés et le largage n’a donc pas eu lieu.
Après un mois d’attente, Marc Fievet est reparti et les Anglais ont été très désappointés.
Cet épisode est d’ailleurs relaté dans le film de manière déformée. Après son arrestation, il n’a pas été soutenu par la France. Il aurait peut-être pu bénéficier d’une remise de peine suite à son rapatriement du Canada, deux ans après sa condamnation, mais le directeur général des douanes avait changé ainsi que le ministre. »

Que pensez-vous du film ?
« Il est assez violent. Heureusement, ces meurtres n’ont pas existé ! Il y a des invraisemblances. On me fait faire des contrôles en Espagne alors que c’est impossible. Il y a des choses aménagées par rapport à la réalité.
Je n’ai pas un mauvais rôle, mais le film ne retrace pas les nombreux échanges qu’on a eus avec Marc Fievet. J’ai toujours des contacts avec lui et une certaine admiration, car il fallait du courage pour faire ce qu’on lui demandait.L’angélisme et le milieu du renseignement sont deux mondes très éloignés. Depuis cette période, il y a eu de gros progrès technologiques mais le renseignement est toujours nécessaire. »

Interrogé à mon tour le 18 octobre 2013 par Ouest France

Comment avez-vous rencontré Christian Gatard ?
« J’étais en recherche d’emploi, il m’a contacté par téléphone puis nous nous sommes rencontrés à Gibraltar. J’ai accepté de travailler pour les douanes car c’était une activité d’observation dans laquelle je pensais pouvoir m’intégrer et obtenir des résultats. J’estimais que j’étais en capacité de donner le change afin d’éviter le danger et de pouvoir passer au travers des suspicions et de la paranoïa des narco-trafiquants.
Nous avions des résultats exceptionnels. Cela a bien marché jusqu’à un changement de politique en mars 1993. Nicolas Sarkozy devenu ministre du budget du gouvernement Balladur a donné pour directive de supprimer toutes les actions d’infiltration, mais moi, j’étais déjà infiltré dans l’organisation dirigée par Claudio Locatelli, baron de la drogue. Les responsables des douanes avec lesquels j’étais en relation ont été mutés.
À l’époque, je naviguais sur un bateau, financé à 50 % par les douanes françaises et pour le reste par des narco-trafiquants anglais. N’étant pas informé de cette nouvelle orientation politique, j’ai continué mon activité et fin juin, j’ai organisé à l’hôtel Meurice un rendez-vous avec deux financiers d’un trafic de quatre-vingts tonnes de cannabis. J’ai avisé Christian Gatard pour que soit mis en place un dispositif afin de les identifier. La direction parisienne de la DNRED et en particulier Joseph Le louarn ont refusé de mettre à disposition des hommes pour soutenir l’équipe nantaise et le dispositif a échoué. »

Quelles ont été vos relations avec Christian Gatard ?
« Christian Gatard me disait d’être prudent, mais j’étais axé sur la culture du résultat et infiltré à un niveau tel que je ne pouvais plus reculer. Je me suis retrouvé sous la coupe de Locatelli qui m’a mis à l’abri avec ma famille à un moment où j’étais menacé ; les douanes françaises que j’avais sollicitées m’avaient laissé tomber.
Christian Gatard a ensuite été muté à Marseille et a reçu l’ordre de ne plus suivre mon affaire. Il a cependant été sollicité par sa hiérarchie pour se rendre au Canada après mon arrestation pour me dire que je devais plaider coupable, que je serai après rapatrié en France et qu’on solliciterait une grâce présidentielle.
Quand je suis rentré, François Auvigne, le directeur général des douanes de l’époque, a refusé d’intervenir et d’assumer la continuité du service de l’Etat. De son côté, Michel Charasse, que j’avais rencontré cinq fois, n’est pas intervenu auprès de Jacques Chirac pour que je sois gracié. Ce sont eux les deux responsables.
Christian Gatard ne m’a pas laissé tomber, on a travaillé ensemble pendant six ans et je ne vois pas pourquoi je lui en voudrais. On se rencontre de temps en temps et c’est toujours un plaisir, même si cela provoque chez moi un retour d’adrénaline et me renvoie des années en arrière. »

Que pensez-vous du film Gibraltar ?
« Il ne reflète pas du tout la réalité, ce n’est pas mon histoire. Je passe pour une vieille tâche. On oublie les relations politiques, il n’y a plus d’adoubement. La chronologie n’est pas du tout respectée et (lors de la promo de sortie du film faite par Gilles Lellouche) Je suis présenté par les médias comme un narco-trafiquant repenti, ce qui est faux.
Au début, j’ai eu un contrat de coscénariste et j’ai participé aux quatre premiers scénarios (il y en a eu sept). Après j’ai été écarté et je n’ai plus eu de nouvelles. Je n’ai pas été approché par Julien Leclercq, le réalisateur, ni par Gilles Lellouche qui joue mon personnage. »

« Comment aurais-je pu approuver le rôle du personnage censé me représenter, tel que le joue Gilles Lelouche, alors même que ce dernier s’est refusé à toute rencontre avec moi, arguant du fait qu’il ne voulait pas être « subjugué » ou « déçu » ».

« Un acteur, pour moi, lorsqu’il joue le rôle d’un individu bien réel qui a inspiré un scénariste,  doit respecter le profil de celui qu’il incarne à l’écran. Et s’il a la chance que ce dernier soit vivant et qui plus est consultant sur le film, le minimum semble au moins qu’il accepte de passer quelques jours avec lui sur le tournage.

Au lieu de cela, et c’est Gilles Lellouche lui-même qui le précisera lors d’une interview le 7 septembre 2013 avec Charlotte Bouteloup (Télématin-France 2),  il réécrivait les dialogues et revoyait la mise en scène avec Tahar Rahim lors des soirées à l’hôtel, pendant le tournage en Andalousie. L’acteur a donc arrangé le scénario et les dialogues à sa façon, avec l’aval du prétendu réalisateur.

Dans ces conditions, les états d’âme de Gilles Lellouche sont surprenants.
Alors, pourquoi ce film qui ne représente en rien la réalité ? C’est la question que je me pose et que je pose à Dimitri Rassam ! »

Pourquoi avoir changé le scénario, le titre du film et le nom du personnage principal ?

« J’ai appris de la bouche même d’Abdel Raouf Dafri (qui le tient de Dimitri Rassam avec lequel il a eu une conversation téléphonique assez houleuse à ce sujet) que le changement de mon nom en Marc Duval venait d’informations transmises à SND (le distributeur du film) par un agent de la DST (La Direction de la Surveillance du territoire était un service de renseignements du ministère de l’Intérieur, au sein de la Direction générale de la Police)… Ce mystérieux agent aurait informé la société SND que je serais un individu sulfureux… Et qu’il valait mieux changer mon nom.

Dafri n’en a pas cru un mot, s’est brouillé définitivement avec le producteur et le réalisateur et a tourné le dos au film, 8 jours avant le début du tournage.

Personnellement, je pense qu’il vaut mieux en rire quand on sait que la DST n’existait déjà plus à l’époque de la mise en chantier du film, car remplacée par la DCRI (Direction centrale du Renseignement intérieur) au 1er juillet 2008, et que la postface de mon livre, Infiltré, au coeur de la mafia, fut écrite par un ancien patron de la DST qui « connait la chanson »! »

En réalité, c’est Jérôme Fournel, le DG de la Douane française, qui a manipulé Rassam et la production, allant même jusqu’à s’en vanter auprès de Jean Paul Garcia, à l’époque à l’A2, un service de la DG.

Marc Fievet

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A VOIR EGALEMENT
Trop cher de montrer un acteur jouant le ministre Michel Charasse recevant Marc Duval!
Mais pourtant, Julien Leclercq va créer une scène pour y faire tourner sa compagne…Là ça ne devait sans doute rien couter…Mais ça n’apportait rien au film!
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DNRED 🇫🇷 (Douane française): retour sur l’affaire Fievet – NS 55

Publié: 19 mars 2019 par Marc Fievet dans AFRIQUE, Allemagne, AMERIQUE CENTRALE - CARAÏBE, AMERIQUE du NORD, AMERIQUE du SUD, ASIE, Balkans, BAN, Belgique, Blanchiment, Canada, Canaries, Cannabis - Hachis - Haschich, CELTIC, Ceuta, Cocaïne, Coke en Stock, Colombie, Corse, Customs and Border Protection, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, Espagne, EUROPE, France, Gendarmerie, GIBRALTAR, GRC - RCMP (Canada), Guardia di Finanza (Italie), HM Customs Excise (UK), INTERPOL, Italie, Justice, MAFIA, Malte, Martinique, Moyen-Orient, Narco-logistique, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, Narcotrafic maritime, NS 55, OCEAN INDIEN, OCRTIS, Pays de transit, Pays producteurs, Pays-Bas, Police, Portugal, Saint-Martin, Santo Domingo, Sardaigne, Sénégal, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, Suisse, SVA, UK, Venezuela
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FRANCE (NS 55 DNRED): le « SECRET DEFENSE »!

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Nous avons débuté il y a déjà quatre épisodes une recherche à propos du trafic historique de drogue arrivant en Europe.

Un trafic qui continue aujourd’hui comme on peut le constater. En réalité, tout a commencé dans les années 70 avec des transferts de plus en plus importants de cocaïne partie le plus souvent de l’île Margarita à destination de l’Europe, à savoir en premier lieu de l’Espagne. Toute une noria de skippers de voiliers ont été ainsi enrôlés par des trafiquants colombiens pour acheminer la coke vers l’Europe, via l’archipel des Açores notamment comme relais quand ce n’était pas le Cap-Vert. Aujourd’hui encore, cette route « historique » demeure très fréquentée…

Le point de départ de tout le trafic: un bateau nommé « Liberté » !

Revenons à Marbella dans les années 70.

Il faut bien nourrir désormais toute la côte en cocaïne. La jet-set qui déboule à faim de plaisirs. Et comme les jets ne sont pas encore très répandus (1), c’est à la voile que l’on traverse l’Atlantique avec une cargaison de coke pour les approvisionner, en passant d’abord par l’Italie (car le maître-d’œuvre est la mafia, et son représentant de Marbella est romain d’origine !). En 2001, les douaniers et la brigade financière de Goa interceptent en mer un voilier appelé le « Libera » (la Liberté !) à destination d’Anzio et le remorquent au port de Cala Galera, à Argentario. Là, il l’inspectent et trouvent, après quelques difficultés, une cargaison cachée. A bord, il y a 244 kilos de cocaïne pure, un record toutes catégories pour l’époque. Un passionnant document retrouvé 18 ans plus tard dans les archives du journal Repubblica nous en détaille l’arrivée (on notera bien son point de départ au passage) : « le voilier, appelé « Libera », avait un double fond dans un espace creux, mais le repaire n’avait pas trompé les enquêteurs qui surveillaient le bateau dès le 9 juin, alors qu’il avait largué ses amarres dans le port de Ile de Margarita (et oui, déjà, l’endroit est à l’origine du trafic !!!). « Le « Liberté » a été perquisitionné le 5 août et la nouvelle a été gardée cachée jusqu’à hier par la Guardia di Finanza, qui a travaillé de concert avec la police espagnole (à l’époque les vedettes de la brigade sont des Meattini de 20 m, ici à droite).

Au cours des derniers jours, le juge Laviola a émis sept ordonnances de détention provisoire en prison. Quatre personnes se sont retrouvées en prison, trois ont réussi à échapper aux menottes. Parmi les fugitifs, l’acheteur du gros lot de cocaïne (1520 milliard de lires la valeur en gros, au moins le quadruple au détail).(…).

Parmi les personnes arrêtées se trouve le nom de Luigi Protani, âgé de 47 ans, d’origine romaine mais résidant à Marbella depuis des années, entrepreneur en bâtiment et éditeur du célèbre magazine glamour (« Absolute », qui a donné son nom à l’enquête des finances). Personnage célèbre dans le magnifique monde de la Costa del Sol, Protani a été arrêté à la sortie de sa villa à Benalmadena, un véritable château avec piscine et terrains de football. L’homme était au volant d’une Ferrari avec à ses côtés sa magnifique et jeune compagne, une beauté de couverture de magazine qui s’est révélée être totalement étrangère à l’histoire. En prison ont été envoyés le frère de Protani, Giacinto, 53 ans, de Velletri, le cousin Fabio Lommi, 35 ans, de Genzano et Luigi De Angelis, 48 ans de Zagarolo.

Outre les Catalans, on trouve aussi le bras droit de Protani, Sasha Babic, un slave cosmopolite (ah tiens la filière « balkanique » existait déjà !) et le skipper du « Libera », Loris De Dominicis. Le playboy entrepreneur – et éditeur – était déjà depuis quelques années, dans le collimateur d’une vaste enquête antidrogue, mais les enquêteurs n’avaient pas réussi à l’arrêter. Luigi Protani a parcouru le monde de manière continue et a su éviter les interceptions et les traques. Ses contacts avec les Catalans se limitent à quelques conversations téléphoniques laconiques et il a fallu tous les efforts conjugués des policiers pour identifier le trafic de cocaïne qui s’est déplacé de l’Amérique du Sud vers la capitale. Selon les enquêteurs, Protani avait organisé au plus deux expéditions par an, selon les enregistrements. Sous la direction des services centraux de lutte contre la drogue, les enquêteurs ont également enregistré les dernières innovations internationales dans le domaine du trafic de drogue. L’héroïne « tient » et, après la chute des talibans, les gangs tentent de planter de nouvelles cultures en Amérique du Sud. Les gangs kosovars, qui gèrent maintenant presque tout, ont également essayé de cultiver la coca sur leur territoire, mais sans succès. Et c’est aussi une bonne nouvelle, du moins pour le moment ».

Dix ans plus tard, autre bateau qui relie directement à la filière des Balkans

Libero Quotidiano nous donnera en 2012 deux autres exemples de cette organisation bien rodée. On démarre par l’affaire du Blaus VII (ici à gauche) : « Les skippers cocaïne ont pour la plupart une quarantaine d’années et sont passionnés d’aventure. Vous les appelez des jeunes un peu lassés de la vie de bureau et de la routine; des difficultés qu’une tonne de cocaïne pure importait d’Amérique du Sud à bord de voiliers et de petits navires. Les deux personnes que nous avons rencontrées affirment avoir fait partie de l’équipage à bord du Blaus VII, un bateau chargé de deux ou trois tonnes de cocaïne en déplacement avant d’être saisi. Un navire si grand qu’il est maintenant utilisé comme navire-école pour les cadets de la marine portugaise ».

Le voilier appartenait à la famille Bellocco (un clan de la ‘Ndrangheta); « le groupe avait acheté les stupéfiants par l’intermédiaire d’une association basée en Bulgarie, importée en Italie et dont le centre d’opérations était Milan. Des enquêtes ultérieures coordonnées par le parquet du district anti-mafia de Milan ont montré que les Bulgares avaient apparemment exercé l’activité de courtage également en faveur des Italiens et des étrangers qui importaient effectivement de la cocaïne en provenance d’Argentine (…) Sept Italiens arrêtés. Fabio et Lucio Cattelan, considérés comme des organisateurs de voyages et de recrutement de skippers ».

Dans l’ouvrage fondamental « ZeroZeroZero: Look at Cocaine and All You See Is Powder. Look through cocaïne and you would see the world .. »de Roberto Saviano, on trouve d’autres noms de bateaux ayant été recrutés par les frères Cattelan: le Mariposa, le Linnet, le Kololo II, skippé par un romain de 40 ans (les deux derniers interceptés sur les côtes de Sardaigne) mais aussi le Oct Challenger, un cargo de 62 mètres et cette fois arrêté en même temps que le Blaus VII.

 

Selon le livre, les deux skippers Gudo Massolino et Antonio d’Ercole venus de Turin, tous deux dépassant la soixantaine, auraient raté le rendez-vous aux Baléares et auraient disparu lors d’une tempête.

Un roi bulgare de la coke ?

Parmi les personnes arrêtées, on trouve un Bulgare comme organisateur du réseau. « En menottes également deux Paduans, père et fils, Antonio et Alessandro Melato.

Les deux ont pu organiser des équipages entiers transportant des croisières transocéaniques chargées de cocaïne, en particulier du Venezuela à l’Espagne.

LIRE PLUS

http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-ccxiv-le-chainon-manquant-du-trafic-ou-un-autre-viktor-bout-e/

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Même après une peine définitive, il y a de l’espoir, du moins en Italie.

Claudio Pasquale Locatelli, alias Mario de Madrid, 66 ans, né à Almenno San Bartolomeo était au moins jusque dans les années 90 considéré comme l’un des principaux trafiquants internationaux, un trait d’union entre l’Amérique du Sud et l’Europe.

En 2015, il a été extradé vers l’Italie à la suite d’une enquête considérée définitive sur le trafic de drogue entre la fin des années 1980 et le début des années 1990, sur la base d’une peine prononcée en 2012 de 26 ans de prison et il est incarcéré à la prison de Spoleto.

La prison de Spoleto

Après l’extradition, l’avocat de Mario de Madrid, le sicilien Vito Felici, avait ouvert un incident d’exécution, d’abord devant un tribunal de Milan, puis en cassation.

Un recours pour s’opposer à l’application de la peine puisque le prévenu, alors en fuite en Espagne, ne pouvait se défendre car ses avocats n’étaient pas informés de la procédure en cours.

Le château de Spoleto

La peine définitive de 26 ans d’emprisonnement pour 12 domaines d’inculpation différents, à donc été annulée pour une erreur bureaucratique, un défaut de notification dont seuls les magistrats en ont la responsabilité.

Il attend de sortir de la prison de Spoleto.

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