Archives de la catégorie ‘GIBRALTAR’

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Ils le font dans et autour d’Algésiras et dans la zone du Campo de Gibraltar, là où les criminels sont devenus forts et où le trafic de drogue déforme les volontés, déplace des millions de personnes et amène la corruption naturellement.

Ce sont les agents de surveillance douanière. Ils agissent en coordination avec la « Policia nacional » et la « Guardia civil« , mais ils se sentent oubliés par les décideurs madrilènes. Accumulant les maux physiques – et psychologiques – dérivés de leur métier, ils craignent pour leur intégrité dans une région où les «méchants» n’oublient jamais un visage.

Dans toute l’Espagne, Il y n’a environ que 1 800 agents, l’organe armé de « Agencia tributaria« , l’Agence nationale de l’administration fiscale dans la lutte contre le trafic de drogue et de tabac et aussi contre le blanchiment d’argent, les crimes contre le Trésor public … Autant dire un foutage de gueule et la démonstration que les autorités espagnoles ne souhaitent pas lutter efficacement contre tous ces maux, dérives et autres évasions fiscales.

Au sud, en Andalousie, dans les provinces de Cadix et Malaga, c’est la zone où ils ont leur front le plus actif. Le Collectif des agents de surveillance douanière en poste à Campo de Gibraltar souhaiterait plus de moyens, plus de personnel et aussi une reconnaissance salariale tenant compte de leurs fonctions. Il réclame surtout, la déclaration du Campo de Gibraltar comme zone de singularité particulière.

Les autorités madrilènes continuent à faire la sourde oreille!


En FRANCE …

 

Fichtre, on assiste à la même situation, ou la Douane française, pourtant saisissant encore la majorité des cargaisons de drogues, n’est plus que l’ombre de ce qu’elle fût.

Pléthore de directeurs et d’improductifs, de penseurs et autres cooptés à la SURV, le bras armé de la Douane! C’est la réalité d’aujourd’hui, puisque même la DNRED, mise sous tutelle de l’OFAST, est particulièrement discrète actuellement. Il faut dire que la direction actuelle n’est reconnue que pour sa retenue que d’aucuns appellent sagesse!

C’est vrai, au moins ce service ne risquera pas d’emmerder le monde par des découvertes inopportunes.

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La subtilité de ces bandes organisées, et c’est là qu’elles tirent leur force, est qu’elles contrôlent une grande partie de la ville.

Alors que celle-ci détient un taux de chômage de 30% et que les effectifs de police diminuent, une partie de la population érige les narcotrafiquants en héros.

Appel aux politiques

Face aux narcotrafiquants et aux contrebandiers, les autorités espagnoles ne relâchent pas leurs efforts. Les forces de l’ordre locales, la « Policia nacional » et la « Guardia civil« , sans oublier Vigilancia Aduanera (DAVA) estiment que leur présence est indispensable pour maintenir debout La Línea.

Elles dénoncent le manque de moyens mis à leur disposition pour lutter contre ces acteurs du commerce illégal, organisés en mafia et toujours plus équipés et redoutables.

Bien conscients des risques qu’elles prennent tous les jours, elles livrent une vraie bataille notamment contre le narcotrafic et la contrebande de tabac, et réclament le soutien des politiques.

Les forces de l’ordre, tout comme les habitants, se sentent délaissés par le gouvernement espagnol qu’ils accusent de les abandonner et de les laisser livrés à eux-mêmes.

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GIBRALTAR, 9 Sep. (EUROPA PRESS) – Una patrullera de Aduanas de Gibraltar ha interpelado a la tripulación de una lancha del Servicio de Vigilancia Aduanera española tras perseguir a una lancha rápida tripulada por dos personas y entrar « en aguas territoriales británicas de Gibraltar ».

Según ha informado un portavoz del Gobierno gibraltareño, los hechos se produjeron sobre las 14,40 horas de este miércoles, cuando una lancha del Servicio de Vigilancia Aduanera (SVA) persiguió a una lancha rápida Phantom matriculada en Gibraltar tripulada por « dos hombres locales » hasta la zona de Water Gardens.

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Les « llanitos feraient mieux de poursuivre les narco-financiers que les agents du SVA….

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Lu dans le Journal du Dimanche

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La police des frontières de Gibraltar a interpellé un trafiquant de drogue belge détenant également la nationalité marocaine. Âgé de 53 ans, il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par le Maroc.

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DOUANE FRANÇAISE 🇫🇷 (DNRED): la controverse suite à la sortie du film Gibraltar et la réponse de Marc Fievet publiée sur Allociné et complétée

Publié: 16 août 2020 par Marc Fievet dans 36, Afghanistan, AFRIQUE, Allemagne, AMERIQUE CENTRALE - CARAÏBE, AMERIQUE du NORD, AMERIQUE du SUD, Andorre, ASIE, Balkans, BAN, Belgique, Canaries, Carabinieri, CELTIC, Ceuta, Corse, Customs and Border Protection, Cyberdouane, Cybergendarmes, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, Espagne, EUROPE, EUROPOL, France, Gendarmerie, GIBRALTAR, GRC - RCMP (Canada), Guardia Civil, Guardia di Finanza (Italie), HM Customs Excise (UK), INTERPOL, Irlande, Italie, Justice, LUXEMBOURG, MAFIA, Malte, Moyen-Orient, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, NCA, NS 55, OCAD, OCLCO, OCRTIS, OFAST, Pakistan, Pays-Bas, Police, Policia, Portugal, Sardaigne, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, Suisse, SURV et BSI, SVA, TRACFIN, UAR, UK
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La controverse suite à la sortie du film Gibraltar et ma réponse publiée sur AllocinéRéponse de Marc Fiévet, suite à la polémique autour du tournage de Gibraltar, dans son intégralité

Bonjour à toutes et à tous, je m’appelle Marc Fievet, je suis l’homme qui a inspiré le film « GIBRALTAR » après la parution de mon livre « L’AVISEUR ».

Suite aux vidéos mises en ligne sur Allociné (celles d’Abdel Raouf Dafri et Julien Leclercq) et la controverse soulevée, j’estime nécessaire d’apporter quelques précisions supplémentaires sur le film produit par Dimitri Rassam et réalisé par Julien Leclercq, avec dans le rôle de Marc Duval, Gilles Lelouche, dans le rôle de l’officier recruteur des douanes françaises et agent traitant, Tahar Rahim et dans le rôle du narco – considéré comme le Copernic du narcotrafic mondial par Roberto Saviano dans son dernier livre Zero, zero, zero – Riccardo Scamarcio. Surprise dans ce livre de Saviano qui consacre plus de 50 pages à Claudio Pasquale Locatelli, aucune trace de moi, certainement modification des faits souhaitée par les autorités italiennes et américaines. Bizarre! Vous avez pensé bizarre, comme c’est bizarre!

L’AVISEUR
Le  scénario initial tiré du livre « L’Aviseur » que j’ai écrit, et qui a inspiré l’écriture par Abdel Raouf Dafri, du scénario auquel j’ai participé et pour lequel j’ai signé un contrat de consultant, n’a pas été respecté par le réalisateur et ne correspond en rien à ce qui devait être tourné…

Comment aurais-je pu accepter d’être présenté comme ce Marc Duval, tenancier d’un « bar à tapas » de troisième zone, incapable de faire marcher son business et s’entêtant toutefois à garder un voilier qu’il n’était pas capable d’assumer financièrement ?

Comment aurais-je pu accepter que le réalisateur Julien Leclercq tourne des scènes qui n’ont strictement rien à voir avec la réalité de mon vécu ?

Comment aurais-je pu accepter de voir sali le rôle que j’ai joué auprès des autorités régaliennes et des ‘opérations undercover’ des services de lutte contre le narcotrafic ?

J’ai rencontré le réalisateur Julien Leclercq pour la première fois lors de la projection privée à laquelle j’ai assisté, accompagné de mes avocats, le 15 juin 2013. Je lui ai immédiatement demandé pour quelles raisons la scène de ma rencontre avec le ministre Michel Charasse ne figurait pas dans le film (alors qu’elle se trouvait dans le scénario d’Abdel Raouf Dafri)?  Après un bafouillage, il m’expliqua que c’était une question de coût !

Fichtre, tourner une scène dans un bureau avec un ventru à bretelles fumant le « Cohiba » aurait au moins démontré la volonté politique des actions d’infiltration. Mais c’était trop cher ! Ce sera l’unique rencontre que j’aurais eu avec ce « grand » professionnel.

Pourtant, si l’on en croit les propos de Christian Gatard :

Christian Gatard (le douanier joué par Tahar Rahim) interviewé par Ouest France le 7 octobre 2013:

« Marc Fiévet a été très productif et très professionnel en matière de renseignements. Il travaillait de manière rigoureuse avec une production dense, riche et intéressante sur les individus et les mouvements de bateaux. Il a rencontré plusieurs fois le ministre, Michel Charasse, et les Douanes lui ont même financé l’achat d’un restaurant près de Marbella.

Notre coopération opérationnelle a duré six ans et malheureusement il a été arrêté par les Britanniques, à la demande des Canadiens.
À la question « Pourquoi a-t-il été arrêté ? » :
« Au fil du temps, il s’est infiltré dans les réseaux et a été, entre autre, en relation avec un gros baron de la drogue, Claudio Locatelli. Il a participé à de nombreuses opérations, notamment six tonnes de cocaïne au Canada. Bien que les Britanniques aient profité des renseignements de Marc Fievet, ils avaient une dent contre lui au sujet d’une livraison de cocaïne pour l’IRA qui n’avait pas eu lieu et ils l’ont « flingué ».
Grâce à lui, on les avait informés de cette livraison, ils étaient très intéressés, ils espéraient arrêter des membres de l’IRA et ont donné des instructions précises.
Marc Fievet devait attendre en pleine mer la livraison par avion, en provenance du Vénézuela. Mais, dans la zone concernée, les Américains ont procédé inopinément à des contrôles renforcés et le largage n’a donc pas eu lieu.
Après un mois d’attente, Marc Fievet est reparti et les Anglais ont été très désappointés.
Cet épisode est d’ailleurs relaté dans le film de manière déformée. Après son arrestation, il n’a pas été soutenu par la France. Il aurait peut-être pu bénéficier d’une remise de peine suite à son rapatriement du Canada, deux ans après sa condamnation, mais le directeur général des douanes avait changé ainsi que le ministre. »
Que pensez-vous du film ?
« Il est assez violent. Heureusement, ces meurtres n’ont pas existé ! Il y a des invraisemblances. On me fait faire des contrôles en Espagne alors que c’est impossible. Il y a des choses aménagées par rapport à la réalité.
Je n’ai pas un mauvais rôle, mais le film ne retrace pas les nombreux échanges qu’on a eus avec Marc Fievet. J’ai toujours des contacts avec lui et une certaine admiration, car il fallait du courage pour faire ce qu’on lui demandait. »
Interrogé à mon tour le 18 octobre 2013 par Ouest France
Comment avez-vous rencontré Christian Gatard ?
« J’étais en recherche d’emploi, il m’a contacté par téléphone puis nous nous sommes rencontrés à Gibraltar. J’ai accepté de travailler pour les douanes car c’était une activité d’observation dans laquelle je pensais pouvoir m’intégrer et obtenir des résultats. J’estimais que j’étais en capacité de donner le change afin d’éviter le danger et de pouvoir passer au travers des suspicions et de la paranoïa des narco-trafiquants.
Nous avions des résultats exceptionnels. Cela a bien marché jusqu’à un changement de politique en mars 1993. Nicolas Sarkozy devenu ministre du budget du gouvernement Balladur a donné pour directive de supprimer toutes les actions d’infiltration, mais moi, j’étais déjà infiltré dans l’organisation dirigée par Claudio Locatelli, baron de la drogue.
le cargo MELOR
Les responsables des douanes avec lesquels j’étais en relation ont été mutés.
À l’époque, je naviguais sur un bateau, financé à 50 % par les douanes françaises et pour le reste par des narco-trafiquants anglais. N’étant pas informé de cette nouvelle orientation politique, j’ai continué mon activité et fin juin 1993, j’ai organisé à l’hôtel Meurice un rendez-vous avec deux financiers d’un trafic de quatre-vingts tonnes de cannabis. J’ai avisé Christian Gatard pour que soit mis en place un dispositif afin de les identifier. La direction parisienne a refusé de mettre à disposition des hommes pour soutenir l’équipe nantaise et le dispositif a échoué. (C’était Joseph Le Louarn qui dirigeait la DNRED et qui a tout fait pour entraver mon action.)
Quelles ont été vos relations avec Christian Gatard ?
« Christian Gatard me disait d’être prudent, mais j’étais axé sur la culture du résultat et infiltré à un niveau tel que je ne pouvais plus reculer. Je me suis retrouvé sous la coupe de Locatelli qui m’a mis à l’abri avec ma famille à un moment où j’étais menacé ; les douanes françaises que j’avais sollicitées m’avaient laissé tomber.
Christian Gatard a ensuite été muté à Marseille et a reçu l’ordre de ne plus suivre mon affaire. Il a cependant été sollicité par sa hiérarchie pour se rendre au Canada après mon arrestation pour me dire que je devais plaider coupable, que je serai après rapatrié en France et qu’on solliciterait une grâce présidentielle.
Quand je suis rentré, l’énarque, inspecteur des finances François Auvigne, directeur général des douanes à l’époque, a refusé d’intervenir et d’assumer la continuité du service de l’État.

De son côté, Michel Charasse, que j’avais rencontré cinq fois, n’est pas intervenu auprès de Jacques Chirac pour que je sois gracié. Ce sont eux les deux responsables. Christian Gatard ne m’a pas laissé tomber, on a travaillé ensemble pendant six ans et je ne vois pas pourquoi je lui en voudrais. On se rencontre de temps en temps et c’est toujours un plaisir, même si cela provoque chez moi un retour d’adrénaline et me renvoie des années en arrière. »

Que pensez-vous du film Gibraltar ?
« Il ne reflète pas du tout la réalité, ce n’est pas mon histoire. Je passe pour une vieille tâche. On oublie les relations politiques, il n’y a plus d’adoubement. La chronologie n’est pas du tout respectée et (lors de la promo de sortie du film faite par Gilles Lellouche) Je suis présenté par les médias comme un narco-trafiquant repenti, ce qui est faux. »
Au début, j’ai eu un contrat de coscénariste et j’ai participé aux quatre premiers scénarios (il y en a eu sept). Après j’ai été écarté et je n’ai plus eu de nouvelles. Je n’ai pas été approché par Julien Leclercq, le réalisateur, ni par Gilles Lellouche qui joue mon personnage.

Comment aurais-je pu approuver le rôle du personnage censé me représenter, tel que le joue Gilles Lelouche, alors même que ce dernier s’est refusé à toute rencontre avec moi, arguant du fait qu’il ne voulait pas être « subjugué » ou « déçu ».

Un acteur, pour moi, lorsqu’il joue le rôle d’un individu bien réel qui a inspiré un scénariste,  doit respecter le profil de celui qu’il incarne à l’écran. Et s’il a la chance que ce dernier soit vivant et qui plus est consultant sur le film, le minimum semble au moins qu’il accepte de passer quelques jours avec lui sur le tournage. Au lieu de cela, et c’est Gilles Lelouche lui-même qui le précisera lors d’une interview le 7 septembre 2013 avec Charlotte Bouteloup (Télématin-France 2),  il réécrivait les dialogues et revoyait la mise en scène avec Tahar Rahim lors des soirées à l’hôtel, pendant le tournage en Andalousie. L’acteur a donc arrangé le scénario et les dialogues à sa façon, avec l’aval du prétendu réalisateur.

Dans ces conditions, les états d’âme de Gilles Lelouche sont surprenants.

Alors, pourquoi ce film qui ne représente en rien la réalité ? C’est la question que je me pose et que je pose à Dimitri Rassam !

Pourquoi avoir changé le scénario, le titre du film et le nom du personnage principal ?
J’ai appris de la bouche même d’Abdel Raouf Dafri (qui le tient de Dimitri Rassam avec lequel il a eu une conversation téléphonique assez houleuse à ce sujet) que le changement de mon nom en Marc Duval venait d’informations transmises à SND (le distributeur du film) par un agent de la DST (La Direction de la Surveillance du territoire était un service de renseignements du ministère de l’Intérieur, au sein de la Direction générale de la Police)… Ce mystérieux agent aurait informé la société SND que je serais un individu sulfureux… Et qu’il valait mieux changer mon nom.
Dafri n’en a pas cru un mot, s’est brouillé définitivement avec le producteur et le réalisateur et a tourné le dos au film, 8 jours avant le début du tournage.
Personnellement, je pense qu’il vaut mieux en rire quand on sait que la DST n’existait déjà plus à l’époque de la mise en chantier du film, car remplacée par la DCRI (Direction centrale du Renseignement intérieur) au 1er juillet 2008, et que la postface de mon livre, « Infiltré, au coeur de la mafia », fut écrite par un ancien patron de la DST !

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Un porte-parole de l’autorité de police européenne Europol a déclaré à « Welt am Sonntag » qu’il y a des indications que 2020 sera une nouvelle année record pour l’importation illégale de cocaïne dans l’UE.

Des saisies récentes en Belgique et aux Pays-Bas, entre autres, l’ont montré. Les chiffres augmentent également fortement à Berlin. Comme le rapporte le «Welt am Sonntag», il y a eu 65% plus d’infractions liées à la cocaïne dans la capitale au premier semestre 2020 qu’au cours des six premiers mois de la même période de l’année dernière.

Olaf Schremm, Bureau des enquêtes criminelles

La réalité et… l’Allemagne n’est pas une exception !

« Berlin est bien sûr particulièrement vulnérable« , a déclaré Olaf Schremm, responsable de la recherche de drogue, n’hésitant pas à déclarer:

«Nous avons des politiciens ici, ainsi que des yuppies* et des cadres montants qui consomment de la cocaïne. Parfois comme drogue de fête, parfois comme moyen d’augmenter les performances.»

L’augmentation des livraisons de cocaïne et autres drogues par courrier – les soi-disant« taxis à coke »- préoccupe particulièrement les autorités. En 2019, la police de Berlin a mené 209 enquêtes à cet égard. Au premier semestre 2020, il y en avait déjà 178. «Nous aurons du mal à suivre», déclare Schremm. « Souvent, il ne s’écoule que 15 minutes entre la commande et la livraison... »

Le volume du commerce mondial de la drogue augmente régulièrement provoquant des saisies plus nombreuses qui ne sont pas pour autant la résultante d’une plus grande performance des autorités en charge de lutter contre

source

*Yuppie est l’acronyme de Young Urban Professional, terme anglophone définissant les jeunes cadres et entrepreneurs de haut niveau, évoluant dans les milieux du commerce international et de la haute finance, et habitant le cœur de grandes métropoles.

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La Guardia Civil, en el marco de las labores de vigilancia y control que realiza en el Estrecho, ha detenido a cuatro personas y ha confiscado 963 kilos de hachís así como una embarcación semirrígida que transportaba los fardos.

La actuación tuvo lugar cuando un avión del servicio de guardacostas de Islandia, que presta servicio dentro de la Operación Indalo de Frontex, detectó a una embarcación navegando en el mar de Alborán y en la que se apreciaba claramente que llevaba fardos a bordo.

fuente

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Pour parler clairement, en espionnant les échanges sur le réseau EncroChat, “les autorités ont pu découvrir l’ampleur de la corruption au sein des services de l’État, notamment des forces de police”, relève Le Monde.

“Ce réseau non déclaré avait installé ses serveurs en France et disposait d’une clientèle mondiale”, a indiqué Carole Etienne, la procureure de Lille, citée par Le Monde.

Chaque appareil était vendu 1000 euros sur Internet, et était accompagné d’un abonnement (3000 euros par an) donnant droit à une assistance technique 24h/24 et 7 jours/7.

LIRE   Tom SWARTZ / NewZilla.NET 5 juillet 2020

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La Guardia civil a localisé dans un contrôle routier effectué à Diezma (Grenade) une cargaison de plus de 257 kilos de haschich cachée sous les entrailles d’animaux et a arrêté le chauffeur du van, de nationalité polonaise.

La découverte a eu lieu vers 23h00 le 26 mai sur l’A-92, au kilomètre 278, dans la commune de Diezma.

À ce stade, les agents effectuaient un contrôle et ont intercepté une camionnette se dirigeant vers Puerto Lumbreras chargée de fûts pleins d’intestins d’animaux salés.

Cette intervention fait partie du « plan Telos », qui a lieu dans le Campo de Gibraltar et sa zone d’influence pour lutter contre le trafic de drogue en provenance d’Afrique du Nord.

source

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Mon cher Michel

Mon cher administrateur des douanes

Mon cher responsable des affaires juridiques et contentieuses

Mon cher menteur

Mon cher tartuffe

Relisant en ces journées de confinement que je supporte avec légèreté après celles que je dus subir suite aux cascades de lâcheté de tes semblables de la DG de la douane française, j’ai pu constater avec effroi que tu étais particulièrement performant dans l’art de la rhétorique mensongère. Il fallait que la lâcheté de François Auvigne fût effacée.

Ô, mon cher Michel, mon cher administrateur des douanes, mon cher responsable des affaires juridiques et contentieuses, mon cher menteur, mon cher tartuffe, constater une fois encore tes savantes manœuvres pour dégager la responsabilité de l’administration des douanes ne m’ont permis que de faire un constat, accablant pour toi, comme pour tes prédécesseurs Elizabeth Melscoet, Thomas Charvet et le gredin Erwan Guilmin : vous êtes des menteurs institutionnels !

Mon cher Michel, mon cher administrateur des douanes, mon cher responsable des affaires juridiques et contentieuses, mon cher menteur, mon cher tartuffe, sais tu que je ne peux accepter cette infamie savamment distillée par tes écris mensongers. Il m’est insupportable de constater qu’après avoir été encensé puis encouragé à infiltrer et infiltrer encore, tu ne souhaitais que flétrir tant de lauriers amassés. Mes actions qu’avec respect toute la hiérarchie de la DNRED admirait, mes informations précises qui tant de fois ont permis des saisies importantes, tant de fois valorisaient un service… aux actions que tu ne connais même pas! Tu m’as trahi comme tu as trahi l’honneur de la douane tout entière en ne faisant rien pour moi. Ô cruel souvenir de ma gloire passée ! Œuvre de tant de jours en un jour effacée ! Précipice élevé d’où tomba mon honneur ! Sans qu’un seul instant, ta réflexion ne te permit de retrouver le chemin de l’honneur!

Mon cher Michel, mon cher administrateur des douanes, mon cher responsable des affaires juridiques et contentieuses, mon cher menteur, mon cher tartuffe, toi qui occupe un haut rang d’administrateur, comment peux tu l’occuper sans honneur? Tu as préféré emprunter les affabulations de tes prédécesseurs pour m’écarter de toutes réparations. Seras-tu un sprinter comme ce faquin de Gérard Schoen si tu me rencontrais ou préférerais-tu jouer les timides dédaigneux, comme le fit Corinne Cleostrate, et t’éloigner sans me regarder?

Mon cher Michel, mon cher administrateur des douanes, mon cher responsable des affaires juridiques et contentieuses, mon cher menteur, mon cher tartuffe, relire encore que toutes les turpitudes subies ne seraient la résultante que d’une erreur d’appréciation de ma part sur l’engagement de la douane sur lequel j’étais persuadé pouvoir compter, me trouble. En homme d’honneur que je suis, habitué à la parole donnée, il m’était difficile d’imaginer que tant de bassesses pouvait t’habiter.

Mon cher Michel, mon cher administrateur des douanes, mon cher responsable des affaires juridiques et contentieuses, mon cher menteur, mon cher tartuffe, je te croyais honnête et factuel, n’hésitant pas à t’informer avant de m’emballer dans des écrits totalement infondés. Non, tu n’as rien demandé, te permettant alors de tordre le cou à la vérité des faits.

Mon cher Michel, mon cher administrateur des douanes, mon cher responsable des affaires juridiques et contentieuses, mon cher menteur, mon cher tartuffe, merci de transmettre mes meilleures civilités à ton entourage…douanier.

Marc Fievet

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Arrêté du 20 septembre 2005 portant délégation de signature (direction générale des douanes et droits indirects) – Article 19

 

 » Délégation est donnée à M. Erwan Guilmin, administrateur civil et à Mme Elisabeth Melscoet , inspectrice principale des douanes, à l’effet de signer, au nom du ministre délégué au budget et à la réforme de l’Etat, porte-parole du Gouvernement, toutes pièces relatives aux affaires de la compétence du Conseil d’Etat, des cours administratives d’appel ou des tribunaux administratifs ainsi que tous documents comptables intéressant la direction générale des douanes et droits indirects. »

Le 30 juillet 2010, Erwan Guilmin a été le signataire au nom du Ministre du budget, d’un mémoire de onze pages destiné à transformer l’action menée par Marc Fievet, AKA NS 55 DNRED, pour permettre de rejeter sa demande d’indemnisation que ses avocats avaient déposée auprès du tribunal administratif.

Après vérifications faites auprès des douaniers du service opérationnel de la DNRED, Erwan Guilmin n’a jamais posé la moindre question concernant l’action de cet aviseur, pourtant considéré par le ministre Michel Charasse et par toute la hiérarchie douanière comme accomplissant une mission d’agent infiltré.

 

Christian Gatard, chef de l’échelon DNRED de Nantes écrira à Marc Fievet le 4 mars 2014:

« Comme je viens de te le dire par tel, j’ai lu ce mémoire dont je n’avais jamais entendu parler, ce qui veut dire que l’on ne m’a jamais consulté depuis mon départ à la retraite en 2006.
Je partage ton analyse globale: j’ai notamment noté que dès les premiers § il est écrit que tu as donné « quelques renseignements » ou quelque chose comme ça. Inutile de te préciser que ton rôle est largement sous estimé. »

Jean Henri Hoguet, (photo à gauche), patron de la DNRED, qui avait organisé le recrutement de Marc Fievet à Gibraltar, n’a jamais été contacté.

Est-ce à dire que l’administrateur civil Erwan Guilmin s’est autorisé à déformer la vérité des faits pour satisfaire les souhaits du directeur général de l’époque Jérôme Fournel (photo à droite)

Certes, la récompense est venue quelques années plus tard lorsqu’Erwan Guilmin a pris la direction de la DOD (Direction des opérations Douanières) à la suite de Vincent Sauvalere.

Comment puis-je aujourd’hui écrire ces quelques lignes ?

C’est qu’il s’avère en effet que l’énarque, administrateur civil, Erwan Guilmin est un faussaire, d’État certes, mais un faussaire quand même, puisque non content d’avoir faussé la totalité de l’action de Marc Fievet auprès de la DNRED, il a quelques années plus tard confirmé sa qualité de faussaire en étant confondu d’avoir modifier délibérément un document classé « Secret Défense » qui démontrait sa connaissance et sa participation à des faits habituellement reprochés aux escrocs internationaux et au monde du crime organisé. De caviardage tout simplement, l’énarque Erwan Guilmin s’est rendu coupable sur un document que l’on devrait considéré comme sacré puisque classé secret défense.

Pour Erwan Guilmin, tout va bien, Jérôme Fournel l’a reclassé à Bercy comme « Chargé de mission à la sous-direction des politiques sociales – Secrétariat général » au Ministère de l’économie et des finances et ce depuis janvier 2018, où il n’apparait jamais.

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Thomas Charvet – Bruxelles

Conseiller Douanes – Contrôle et gestion du risque, accises et autres fiscalités, OMD), Union douanière GUD (législation, systèmes d’information, douane électronique, tarif douanier, accords internationaux, mouvements argent liquide, biens culturels

qui, au nom du ministre chargé des douanes, rédigea les 26 janvier 2012, 17 février 2012 et 30 spetembre 2013, trois réponses en défense pour le ministre du Budget sans se renseigner sur la réalité du dossier de Marc Fievet auprès des douaniers directeurs de la DNRED, Jean Henri Hoguet, Bernard Pouyanné, Jean Puons, Gérard Estavoyer, Jean Paul Garcia.

Document incomplet et arrangé, dans lequel les mensonges sont entremêlés savamment au milieu de vérités.

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Elizabeth Melscoet de la DG de la Douane (DGDDI), au nom du ministre chargé des douanes, dans la limite de ses attributions, peut signer toutes pièces relatives aux affaires de la compétence du Conseil d’État, des cours administratives d’appel ou des tribunaux administratifs, tous documents comptables intéressant la direction générale des douanes et droits indirects, les pouvoirs de représentation en justice, les décisions relatives aux demandes de bénéfice de la protection fonctionnelle des agents de l’État ainsi que les habilitations des agents des douanes visées à l’article 64 du code des douanes, à l’article L. 38 du livre des procédures fiscales et à l’article 64 du code des douanes dans ses versions respectivement applicables à Saint-Pierre-et-Miquelon, à Wallis-et-Futuna, en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie…. ne posa aucune question aux douaniers directeurs de la DNRED, Jean Henri Hoguet, Bernard Pouyanné, Jean Puons, Gérard Estavoyer, Jean Paul Garcia, concernés par l’affaire de Marc Fievet, AKA NS 55, avant de rédiger le 21 mai 2015 une réponse incomplète, arrangée et mensongère au TA (Tribunal administratif).

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Michel Baron – administrateur des douanes, qui, au nom du ministre chargé des douanes, dans la limite de ses attributions, peut signer toutes pièces relatives aux affaires de la compétence du Conseil d’Etat, des cours administratives d’appel ou des tribunaux administratifs, tous documents comptables intéressant la direction générale des douanes et droits indirects, les pouvoirs de représentation en justice, les décisions relatives aux demandes de bénéfice de la protection fonctionnelle des agents de l’Etat ainsi que les habilitations des agents des douanes visées à l’article 64 du code des douanes, à l’article L. 38 du livre des procédures fiscales et à l’article 64 du code des douanes dans ses versions respectivement applicables à Saint-Pierre-et-Miquelon, à Wallis-et-Futuna, en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie…. ne posa aucune question aux douaniers directeurs de la DNRED, Jean Henri Hoguet, Bernard Pouyanné, Jean Puons, Gérard Estavoyer, Jean Paul Garcia, concernés par l’affaire de Marc Fievet, AKA NS 55, avant de rédiger le 19 janvier 2016 une réponse incomplète, arrangée et mensongère au TA (Tribunal administratif).

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A Bercy, l’administrateur civil voyou Erwan Guilmin, l’administrateur civil Thomas Charvet, l’administrateur des douanes Michel Baron comme Elizabeth Melscoet de la DG de la Douane (DGDDI), certainement des grands spécialistes des actions d’infiltration à l’international, ont réécrit l’histoire en interprétant les actions que Marc Fievet a menées pour le compte de la DNRED, dans le seul but de dégager la Douane Française et la DNRED de toutes responsabilités.

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Histoire du trafic de drogue

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Comment, deux siècles durant, les pouvoirs en place ont fait naître et prospérer le commerce des drogues, envers occulté du libre-échange.

Cette fresque dense et limpide pulvérise les idées reçues en démontrant l’impasse de la prohibition.

Au XIXe siècle, l’opium se répand à travers toute l’Asie, sous l’impulsion des puissances coloniales. Parallèlement, l’industrie pharmaceutique occidentale découvre des produits miraculeux : morphine, cocaïne, héroïne. L’addiction devient un fléau mondial et un enjeu de santé publique ; la prohibition va progressivement s’imposer. L’interdit donne naissance aux premiers réseaux du trafic de drogue, qui ne vont cesser de chercher la protection des États. Cette criminalité connaît un essor sans précédent pendant la guerre froide, quand les services secrets utilisent les drogues comme un instrument politique. Les États-Unis en paient le prix : en 1970, un tiers de leurs soldats au Viêtnam sont accros à l’héroïne. Un an plus tard, le président Richard Nixon lance la guerre contre la drogue.

Frontières mouvantes
Héroïne, cocaïne : deux produits qui pèsent aussi lourd dans l’économie mondiale que le pétrole ou le textile. Ces drogues, responsables en deux siècles de millions de morts, ont d’abord été mises au point, le plus légalement du monde, par l’industrie pharmaceutique occidentale. Les systèmes bancaires et les services secrets du monde entier, en lien plus ou moins direct avec des organisations criminelles, ont contribué à les faire prospérer. La répression s’est toujours révélée impuissante à mettre fin à ce commerce immensément lucratif, car le secteur des stupéfiants, « le plus agile du monde« , selon l’un des passionnants analystes interrogés ici, parvient à se recomposer chaque fois qu’un coup lui est porté. Surtout, les masses d’argent qu’il injecte dans l’économie mondiale ne cessent de remodeler les frontières d’une légalité dont Julie Lerat et Christophe Bouquet (Mafia et République) démontrent la porosité. Tissant avec fluidité archives, lumineux entretiens et, dans la dernière partie, séquences de reportages, leur brillant traité de géopolitique mondiale dévoile les logiques cachées du trafic de drogue et ses liens organiques avec les pouvoirs en place.

Histoire du trafic de drogue (1/3)

VIDÉO d’un clic

53 min
Disponible du 24/03/2020 au 29/05/2020
Prochaine diffusion le mardi 31 mars à 20:55
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Avec leur bras armé, la DEA (Drug Enforcement Administration), les États-Unis frappent fort. Mais le trafic se déplace, se transforme, s’adapte. Une nouvelle génération de trafiquants émerge à la fin des années 1970, qui recherche à la fois l’argent et le pouvoir. Si Pablo Escobar est le plus emblématique de tous, Totò Riina en Sicile, Khun Sa dans le Triangle d’or, et Félix Gallardo au Mexique ont aussi bouleversé le destin de leur pays et fait exploser le trafic à l’échelle mondiale. Ils défient les États, menacent les pouvoirs en place. Il faut près de vingt ans pour que ces derniers s’organisent et fassent tomber les quatre barons de la drogue.

Frontières mouvantes
Héroïne, cocaïne : deux produits qui pèsent aussi lourd dans l’économie mondiale que le pétrole ou le textile. Ces drogues, responsables en deux siècles de millions de morts, ont d’abord été mises au point, le plus légalement du monde, par l’industrie pharmaceutique occidentale. Les systèmes bancaires et les services secrets du monde entier, en lien plus ou moins direct avec des organisations criminelles, ont contribué à les faire prospérer. La répression s’est toujours révélée impuissante à mettre fin à ce commerce immensément lucratif, car le secteur des stupéfiants, « le plus agile du monde« , selon l’un des passionnants analystes interrogés ici, parvient à se recomposer chaque fois qu’un coup lui est porté. Surtout, les masses d’argent qu’il injecte dans l’économie mondiale ne cessent de remodeler les frontières d’une légalité dont Julie Lerat et Christophe Bouquet (Mafia et République) démontrent la porosité. Tissant avec fluidité archives, lumineux entretiens et, dans la dernière partie, séquences de reportages, leur brillant traité de géopolitique mondiale dévoile les logiques cachées du trafic de drogue et ses liens organiques avec les pouvoirs en place.

Histoire du trafic de drogue (2/3)

VIDÉO d’un clic

53 min
Disponible du 24/03/2020 au 29/05/2020
Prochaine diffusion le mardi 31 mars à 21:50
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Comment, deux siècles durant, les pouvoirs en place ont fait naître et prospérer le commerce des drogues, envers occulté du libre-échange. Cette fresque dense et limpide pulvérise les idées reçues en démontrant l’impasse de la prohibition. Dernier volet : les trafiquants de drogue d’aujourd’hui ont muté. L’invisibilité est leur arme…

Le paysage s’est désormais morcelé, voire atomisé. Les trafiquants d’aujourd’hui ont muté. L’invisibilité est leur arme. Le trafic s’enracine dans des zones hors de contrôle, comme l’Afghanistan ou la Colombie, où une guerre d’intensité variable se poursuit. Au Mexique, les cartels ont fait entrer le pays entier dans une spirale de violence sans précédent, et partout, le bilan de la guerre contre la drogue se réduit à un décompte macabre. Faciles à fabriquer et à dissimuler, les drogues de synthèse, comme le fentanyl, cinquante fois plus puissant que l’héroïne, annoncent la génération à venir, celle des trafiquants en blouse blanche. Aux États-Unis, les antidouleurs prescrits sur ordonnance ont ouvert la voie aux opioïdes, qui sèment la mort à l’échelle d’une épidémie.

Frontières mouvantes
Héroïne, cocaïne : deux produits qui pèsent aussi lourd dans l’économie mondiale que le pétrole ou le textile. Ces drogues, responsables en deux siècles de millions de morts, ont d’abord été mises au point, le plus légalement du monde, par l’industrie pharmaceutique occidentale. Les systèmes bancaires et les services secrets du monde entier, en lien plus ou moins direct avec des organisations criminelles, ont contribué à les faire prospérer. La répression s’est toujours révélée impuissante à mettre fin à ce commerce immensément lucratif, car le secteur des stupéfiants, « le plus agile du monde« , selon l’un des passionnants analystes interrogés ici, parvient à se recomposer chaque fois qu’un coup lui est porté. Surtout, les masses d’argent qu’il injecte dans l’économie mondiale ne cessent de remodeler les frontières d’une légalité dont Julie Lerat et Christophe Bouquet (Mafia et République) démontrent la porosité. Tissant avec fluidité archives, lumineux entretiens et, dans la dernière partie, séquences de reportages, leur brillant traité de géopolitique mondiale dévoile les logiques cachées du trafic de drogue et ses liens organiques avec les pouvoirs en place.

Histoire du trafic de drogue (3/3)

VIDÉO d’un clic

53 min
Disponible du 24/03/2020 au 29/05/2020
Prochaine diffusion le mardi 31 mars à 22:45
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Motor Yacht Windarra

Enregistré à Gibraltar 🇬🇧 – Propriétaire Rio Plata Ltd, compagnie off-shore de Marc Fievet, financé par Marc Fievet et opérations de la DNRED

A réalisé le transport pour l’échelon DNRED de Lyon d’une tonne 285 de cannabis du Maroc à Port la Nouvelle (Saisie fortuite place Belcourt à Lyon d’une tonne) – Opération d’achat-transport réalisée par Jean Pierre Cazet et Michel Ribatet

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°General cargo ships MELOR

Enregistré à Gibraltar 🇬🇧 – Propriétaire Rio Plata Ltd, compagnie off-shore de Marc Fievet

Financé en cash à 50 % par le trésor public français et 50 % en cash par John Short, un des lieutenants de Tony White

Infiltration de Marc Fievet dans le vrai narcobusiness

A réalisé plusieurs opérations, aussi bien pour le HM Customs excise anglais que le dernier pour la DNRED: l’enlèvement de 32 tonnes de cannabis au large de Djibouti entrainant « fortuitement » les saisies de 27 tonnes au Canada et de 5 tonnes en Angleterre.

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MV Poseidon

Enregistré à Saint Vincent 🇻🇨 – Propriétaire Fortitude Maritime Research ltd à Gibraltar

Financé par Locatelli en cash sortie de Suisse, via ABN AMRO

Infiltration de Marc Fievet dans le vrai narcobusiness

saisie de 6 tonnes de cannabis

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General cargo ships PACIFICO

Enregistré à Chypre 🇨🇾 – propriétaire Jurgen Kirchoff financé par Locatelli en cash via Banco Atlantico de Gibraltar

Infiltration de Marc Fievet dans le vrai narcobusiness

saisie  de 5 tonnes 400 de cocaine

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MY Sea Harmony

Enregistré à Jersey 🇬🇧 – Propriétaire Charles Henri De Bossieu, un des noms d’emprunt de NS 55

Financé par Locatelli en cash via Banco Atlantico – Gibraltar

Infiltration de Marc Fievet dans le vrai narcobusiness

devait réaliser le transfert de 10 tonnes de cocaïne sur Propiano en Corse

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FRANCE 🇫🇷 (DNRED de la Douane française): relire l’interview de Marc Fievet par 24 Ore

Publié: 29 février 2020 par Marc Fievet dans 36, Aeronarcotrafic, AFRIQUE, Allemagne, AMERIQUE CENTRALE - CARAÏBE, AMERIQUE du NORD, AMERIQUE du SUD, Balkans, Belgique, Blanchiment, Canada, Canaries, Cannabis - Hachis - Haschich, Ceuta, Cocaïne, Colombie, Corse, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, Espagne, EUROPE, France, Gendarmerie, GIBRALTAR, GRC - RCMP (Canada), Guardia Civil, Guardia di Finanza, HM Customs Excise (UK), INTERPOL, Irlande, Italie, Justice, MAFIA, Malte, Maroc, Narco-logistique, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, Narcotrafic maritime, NCA, NS 55, OCRTIS, OFAST, Pays-Bas, Police, Policia, Pologne., Portugal, Saint-Martin, Santo Domingo, Sardaigne, Sénégal, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, Suisse, SVA, TRACFIN, UK, USA, Venezuela
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Marc Fiévet est une sorte de Donnie Brasco à la française – du nom de cet agent qui a infiltré des années durant une des principales familles de la mafia italo-américaine et dont l’histoire avait été portée à l’écran avec le duo Johnny Depp-Al Pacino.

Michel Charasse

A partir de1988, à la demande des autorités douanières françaises et de leur service action, la DNRED, l’agent NS55 a vécu au cœur d’une des principales organisations du trafic mondial, en devenant le numéro deux opérationnel. Fiévet a notamment été encouragé dans son action par le ministre du Budget de l’époque, Michel Charasse. Présenté par la justice canadienne comme le n° 1 du trafic mondial, condamné à perpétuité au Canada, finalement extradé, il aura au final payé de 11 années de prison les risques qu’il a pris pour le compte du gouvernement français, après avoir été lâché par ceux qui l’avaient envoyé au combat. En première ligne.

Claudio Pasquale Locatelli

24 Ore : C’est nous qui lui avons appris la nouvelle de la chute de Locatelli. Fiévet a travaillé à ses côtés pendant des années. Au cœur d’une des principales organisations du trafic international de came. En dépit de son évasion de la prison de Grâce en 1989, peu de monde sait qui est Locatelli en France. Après ceci, vous n’aurez plus d’excuses…

24 Ore: On vient d’apprendre ce week-end l’arrestation de Pasquale Claudio Locatelli. Pas vraiment un inconnu, pour vous…Alors, Locatelli, c’est qui?

Marc Fievet

Locatelli, c’était, c’est, et je suis certain que ce sera demain encore, un des principaux distributeurs de la cocaïne colombienne en Europe, doublé d’un des plus importants fournisseurs de cannabis marocain, notamment sur la péninsule italienne. C’est un gros faiseur, comme on dit. Un industriel de la came, pas un petit trafiquant. Du très très lourd. À l’époque où je m’étais rapproché de lui – j’étais chargé du transport et de la logistique de son réseau –, on dépassait toujours les 20 ou 30 tonnes en matière de cannabis. Et en matière de cocaïne, il n’était pas rare de parler de 5, 10 ou 15 tonnes.

24 Ore: Ce Locatelli a plusieurs noms, je crois, de multiples identités…

Oui. Moi, je connaissais Mario Maroni et Claudio Pasquale Locatelli. Plus une autre, que j’ai oubliée.

24 Ore: C’est vraiment la pointure au-dessus?

Quelqu’un d’excessivement brillant. Une belle machine, dotée d’une intelligence supérieure. Un type qui prend d’ailleurs lui-même de la coke pour accélérer ses propres capacités de raisonnement.

24 Ore: Si on établit une sorte de classement du business international de la came, avec de telles quantités, comme celles que vous évoquez, ça le placerait comment?

Écoutez…Là, on parle de l’élite mondiale. Avec Locatelli, on est face aux dix ou quinze personnes capables dans le monde de donner confiance aux expéditeurs et aux fournisseurs, d’une part, et, de l’autre côté, d’être en mesure d’exiger de la part des mafias locales un bon règlement, dans les meilleures conditions. Le genre de choses que peu de personnes sont capables de faire. C’est-à-dire que son nom est une garantie. Clairement, ici, on est au niveau du trafic d’État. Ce monsieur fait partie de ceux qui gèrent un business qui ne peut pas être stoppé par l’activité policière traditionnelle.

24 Ore: Quand on s’appelle Locatelli, les sommes en jeu, ça pèse quoi?

Quand je travaillais avec lui, il prenait 30%de la marchandise. Ça, c’était le prix du passage. En échange, il mettait à disposition les bateaux, l’avion et les infrastructures nécessaires. Très souvent, il négociait aussi l’acquisition des 70 % restants avec les expéditeurs. Il s’occupait lui-même de la redistribution et négociait le prix dans le territoire de destination. À l’époque, le kilo de coke, récupérée par parachutages en mer, se négociait à 2000 dollars. Derrière, pour la revente sur le territoire espagnol, c’était entre 18000 et 20000dollars le kilo. Dans ce cas, généralement, Locatelli redistribuait par 500 kg.

24 Ore: Au fond, il a quoi de plus que les autres? Qu’est-ce qu’il a su faire mieux, ou différemment?

Il a simplement fait grimper le volume des mouvements, n’hésitant pas à passer au stade industriel. Il a été un des tout premiers à faire du regroupement pour plusieurs organisations mafieuses à la fois. Du transport mutualisé, en réalité. Pour ça, il faut avoir la capacité de garantir l’atterrissage de la marchandise, sa tranquillité et sa bonne organisation. Notamment pour éviter que les différents destinataires ne se rencontrent au même moment, et que ça ne dégénère pas. En résumé, Locatelli est à la fois un très fin diplomate, mais avec, derrière, certainement une force de frappe. Deux qualités qui lui permettent d’imposer sa façon de concevoir le business.

24 Ore: Il est très bien entouré, je crois…

Oui. Il a des relais et des connections incroyables. À l’époque, on se retrouvait à l’apéro avec un magistrat. Il avait un avocat rayé du barreau pour quelques irrégularités mais qui avait une connaissance approfondie des procédures judiciaires. Il est capable aussi de trouver des appuis chez les policiers, des services qui lui permettent de repartir (Locatelli a été arrêté à plusieurs reprises en Espagne, avant d’être de façon assez incompréhensible relâché, alors que plusieurs pays demandaient son extradition, ndlr] et d’être à nouveau dehors. Enfin, j’en suis persuadé, il a des connexions étroites avec la DEA (le service anti-stups des Américains, ndlr), qui l’ont certainement aidé à sortir plus d’une fois d’un mauvais pas. Je ne peux pas imaginer avoir payé pour son compte, alors que ma situation d’agent infiltré des douanes était connue, et que lui n’ait pas été poursuivi, sans qu’il y ait eu une intervention des Américains. Il y a eu une guerre des services, et on a préféré sacrifier un agent infiltré français pour laisser se développer un marché qui génère d’énormes profits en matière d’économie souterraine.

24 Ore: Vous semblez toujours amer, même après l’annonce de cette arrestation…

Il y a de quoi. Ce monsieur a été arrêté dix jours avant moi, en 1994. Il a fait un peu de prison. Il est ressorti et s’est arrangé pour être de nouveau arrêté, plusieurs fois.
À chaque fois, il se débrouille pour faire frapper d’annulation toutes les demandes d’extradition, alors qu’il est poursuivi par la France, les États-Unis, le Canada…Une fois encore, j’ai la nausée. Pas parce qu’on vient de l’arrêter, mais parce qu’on m’a laissé pourrir en prison et que je suis toujours considéré comme un narco par le Canada.
Je vais vous dire…On a affaire à des ‘petites frappes’ policières qui font tout, sauf empêcher que nos économies et nos propres banques soient financées par le narcotrafic. Le reste, c’est encore du cinéma.

D’après 24 Ore

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Une partie de la flotte de Claudio Pasquale Locatelli

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General cargo ships PACIFICO

Enregistré à Chypre 🇨🇾 – propriétaire Jurgen Kirchoff financé par Locatelli

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MV Poseidon

Enregistré à Saint Vincent 🇻🇨 – Propriétaire Fortitude Maritime Research ltd à Gibraltar

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MY Sea Harmony

Enregistré à Jersey 🇬🇧 – Propriétaire Charles Henri De Bossieu, un des noms d’emprunt de NS 55

 

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Par Marc Fievet

Depuis que Christian Gatard m’a présenté ‘El Señor Ayuso’, le directeur des Douanes de Madrid  et le chef du SVA d’Algésiras (Servicio de Vigilancia Aduanera),  le service de surveillance des Douanes espagnoles, Don Fernando[1], j’ai retrouvé le plaisir de voler. Ma rencontre avec l’ensemble des douaniers espagnols a été chaleureuse et constructive. Ils avaient hâte de me connaître. Cet agent français hors norme que je suis les intriguait parce que, visiblement, je n’avais pas le profil des aviseurs habituels. Muñoz d’ailleurs me l’a dit devant Gatard dès notre premier entretien. En quelques minutes j’étais passé de l’agent trouble au collègue et, à ses yeux, je faisais partie intégrante du service français. Quand je lui ai révélé que j’étais aussi pilote il n’a pas hésité une seconde :

Il faut absolument que vous participiez à nos reconnaissances aériennes. Pourquoi ne viendriez-vous pas de temps en temps travailler avec nos équipages ?

Puis se tournant vers Gatard il ajoute en riant :

En plus nous pourrions bénéficier de vos renseignements à moindre coup…

Je n’ai pas laissé passer l’opportunité. Quelques jours plus tard, Fernando Muñoz m’a  convié dans la zone affaires de l’aéroport de Malaga où ses appareils, des avions Casa 235, et des hélicoptères M.S. 530  sont parqués. Le chef des Douanes m’a présenté à ses pilotes et depuis je vole régulièrement avec eux. Cette collaboration est rentable pour moi. L’échange inévitable d’informations et la vision aérienne du trafic dans le détroit de Gibraltar me permettent de multiplier sans cesse mon chiffre d’affaires. Il ne se passe pas une journée sans que je  signale un mouvement à ma maison mère de Nantes, et quelquefois je livre même deux ou trois bateaux  par jour. Le rythme est si rapide que j’ai l’impression que mes amis de la DNRED s’essoufflent et laissent filer les embarcations que je leur signale, ce qui commence à m’agacer. Je m’en suis ouvert à Gatard qui, en gros, m’a prié de m’occuper de mes oignons. Je ne supporte ni l’amateurisme, ni le travail bâclé ou inachevé et, je l’avoue volontiers, je ne supporte pas plus que l’on m’envoie aux pelotes.

Furieux et vexé, je décide ce même jour de chercher un « employeur » un peu plus efficace et je pense au service des stupéfiants de la Police Judiciaire. Je téléphone au  Ministère de l’Intérieur et, après les présentations d’usage,  une standardiste me dirige vers le service concerné où un policier m’écoute avec attention puis me prie de le rappeler le lendemain. Ce que je fais ponctuellement :

-L’un de nos inspecteurs est actuellement en mission à Malaga, vous pourriez le rencontrer ?

Je prends les coordonnées et je compose aussitôt le numéro pour fixer un rendez-vous le soir même, dans un hôtel du centre ville. Lorsque j’arrive, le policier m’attend déjà au bar de l’établissement. Je lui expose la situation en essayant d’être le plus convaincant possible. J’insiste sur le nombre d’affaires que j’ai déjà apportées aux douanes, mais je vois bien que mon interlocuteur pense à autre chose et condescend juste à m’accorder un peu de temps parce que Paris lui a demandé de le faire. En regagnant Gibraltar je ne suis guère optimiste sur la suite de cette entrevue et je n’entendrai d’ailleurs plus jamais parler du service des stupéfiants. Je ne comprends pas bien cette attitude, tant des douanes que des policiers et j’en parle  un jour à Fernando Muñoz. Il réfléchit et me lance sur une autre piste :

-Vous devriez aller voir le représentant du DEA à Malaga. Je vais vous donner ses coordonnées.

Le DEA (Drug Enforcment Administration(, le service des stups américain. Muñoz en parle avec respect. Depuis que je travaille pour les douanes, je sais moi aussi qu’ils ont beaucoup d’argent, qu’ils disposent d’une logistique exceptionnelle, et qu’ils peuvent être redoutables et efficaces…s’ils en ont envie.

Nouveau coup de téléphone, et nouveau rendez-vous dans un hôtel de Malaga, un  cinq étoiles en bordure de mer. D’entrée le ton est tout autre. L’agent américain, type gringalet latino, me reçoit en chemisette en se gavant de cacahuètes. Il me pose des questions et écourte mes réponses la plupart du temps. C’est mon bateau qui l’intéresse. Brusquement sur un ton parfaitement badin, comme s’il me demandait des nouvelles de ma famille, il me met un incroyable marché en main :

Je sais que  des narcos du coin cherchent un bateau pour enlever trois tonnes de cocaïne en Colombie. Est-ce que vous voulez y aller? Mon service vous couvre et on fait la saisie  à l’arrivée.

J’atterris sur une autre planète. L’Américain s’en rend compte et il engloutit une tonne de cacahuètes en poursuivant :

Ça n’a rien d’exceptionnel, je monte souvent ce genre d’opérations. Je ne vous demande que de faire le transport. C’est votre job, non ?

Oui, bien sûr, officiellement c’est mon job. La société Rio Plata est répertoriée comme entreprise de transports. Ce que mon interlocuteur ne sait pas, c’est que je ne peux  toujours pas sortir le Windarra du port puisque je n’ai toujours pas réglé la totalité de son achat.  Mais, de toutes façons, cette cargaison m’affole, même si je sais très bien ce qu’elle peut me rapporter. Pour des convoyages normaux, les skippers traditionnels sont payés au mile parcouru et au temps passé en mer. Pour un transport de drogue, le prix est multiplié par dix. Malgré cet attrait, je n’hésite pas une seconde, trois tonnes de coke, ce type est fou : je refuse tout net et mon vis-à-vis en paraît réellement surpris. Il écarte largement les bras, lâche un retentissant OK boy et quitte le tabouret sur lequel il est assis, me signifiant que la conversation est terminée et qu’il n’envisage absolument pas de boire un verre avec moi. Je n’ai pas plus envie que lui de prolonger la discussion et je reprends la route vers Gibraltar. Finalement, les douanes françaises c’est très bien, je vais juste les secouer un peu…

En attendant, demain matin je dois m’occuper de mon ami Yvon Jouguet. Il bricole sur son bateau depuis plusieurs jours et je sais très bien quel genre d’aménagements il effectue. Il installe des réservoirs spéciaux comportant une cache pour de la drogue et il est tout à fait possible que d’autres compartiments soient déjà prévus ailleurs. Jouguet n’est pourtant pas le mieux équipé, bien des bateaux sont construits dans les chantiers en prévision des transports douteux qu’ils vont effectuer. On ne prévoit pas des caches sur le navire, on construit le navire autour des caches…

À l’aube, des visiteurs  s’installent sur le bateau d’Yvon. Je parviens à les photographier au téléobjectif et à neuf heures  vais faire développer les films chez un photographe de La Linéa à neuf heures. D’habitude je préfère  envoyer ce genre de pellicules à un laboratoire industriel, beaucoup plus anonyme, mais quand le temps presse je suis bien obligé de faire appel à un artisan, à chaque fois différent cependant. Et aujourd’hui je suis pressé car je me doute que Jouguet va aller charger rapidement au Maroc avant de filer vers la France, et je veux envoyer les portraits de ses coéquipiers en express à Gatard pour qu’il les identifie. Je fais bien car, dès le lendemain, il me rappelle :

-Ceux- là on les connaît, ce sont de grosses pointures.

J’en profite pour déverser mon fiel :

-Et vous allez encore les laisser filer, comme d’habitude…

Gatard cette fois ne fait aucun commentaire.

Pour me détendre je vais saluer mes amis pilotes à Algésiras et rendre compte à Muñoz de mon entretien avec le représentant de la DEA. Cela  devrait l’amuser.

Lorsque j’arrive sur la base, un pilote d’hélicoptère, Federico, s’apprête à décoller à bord d’un  MS 530. Il est seul et me propose de l’accompagner. Quelques minutes plus tard nous survolons le bateau qu’il cherchait, un petit voilier de onze mètres qui file vers les côtes marocaines, au sud de Gibraltar. Federico aimerait voir ce qui se trame à bord.  Je prends les jumelles, et prépare un appareil photo pendant que Federico, après un premier survol en altitude effectue une large boucle et revient se positionner loin derrière le bateau. Il le rattrape rapidement et au dernier moment pique vers le pont alors que j’enclenche le moteur du Nikon qui va assurer une série de clichés. À notre passage, je vois deux hommes s’engouffrer dans une petite cabine. Nous reprenons de l’altitude et quelques secondes plus tard, le voilier change de cap, bifurquant vers le large. Nous les avons dérangés. Méfiants, ils vont différer le chargement de la marchandise. Federico effectue encore quelques passages de routine entre les deux côtes puis nous rentrons.

Avant de regagner le Windarra je m’arrête pour prendre un verre Chez Bianca et là j’apprends que Sergio fait route vers la Corse avec le Seliti, le voilier que j’avais conduit en Italie. Je connais le parcours et je peux donc assurer à Gatard  qu’il y a de la drogue à bord. Je lui indique même l’endroit des caches que je connais  grâce à quelques indiscrétions de Sergio. Je vais regretter ce luxe de détails car les douaniers de la Méditerranée qui réalisent l’opération débarquent sur le bateau avec d’énormes sabots. Ou ils sont très pressés, ou ils sont franchement idiots, toujours est-il qu’à peine sur le pont, ils foncent directement vers les caches, découvrent la marchandise et passent les menottes à tout le monde. Sergio n’est pas dupe. Il comprend instantanément que les douaniers ont été parfaitement renseignés et il réfléchit aux  donneurs potentiels.

Dans l’Estafette qui le conduit vers Ajaccio il se tourne vers un douanier et grince :

-C’est le Français de Gib’ qui m’a donné ?

Quand l’histoire me revient par une indiscrétion depuis Nantes, je suis fou de rage.  Ces crétins me mettent en grand danger et il faut que je prépare à toute vitesse une défense solide au cas ou quelqu’un viendrait me demander des comptes. Mais avant tout, j’en touche deux mots à Gatard. L’incident arrive à point car je devais régler d’autres problèmes avec lui. Nous sommes au mois d’août et je n’ai pas touché un centime depuis sa visite du mois de mai. Je commence à avoir d’énormes difficultés  financières et je ne peux même pas reprendre mes activités de charters qui, au moins m’assureraient le quotidien. Tant que je n’aurai pas réglé le maudit solde du Windarra je serai bloqué au port. Je ne vois vraiment pas où  aller chercher deux cent soixante mille francs.

Ma collaboration avec les douanes est prospère et j’enrage à l’idée qu’elle ne soit pas récompensée à sa juste valeur. Il faut vraiment que j’aie foi en mon action pour continuer ainsi.  J’ai fait un premier bilan : 80% des affaires  indiquées ont été des succès. Ce pourcentage est tout à fait exceptionnel car je sais qu’en moyenne les douanes, sur toute la France, saisissent,  huit à dix tonnes de drogue par an. Moi, en six mois j’ai permis la saisie de quinze tonnes de cannabis et  cent-cinquante kilos de cocaïne. Et mon bilan serait encore meilleur si mes correspondants de Nantes n’avaient pas laissé filer bien des bateaux suspects que je leur avais signalés. Tout cela me met de méchante humeur. En plus je sens que bientôt mes voisins de Marina Bay  vont s’interroger sur mes sources de  revenus. Pour l’instant je peux laisser croire que je dispose d’un petit pécule, mais ça ne durera pas et je deviendrai suspect.

J’appelle Gatard  pour lui  exposer tous ces problèmes. Pour me calmer, il me jure qu’il va me débloquer de l’argent le plus vite possible :

-Merci, c’est la moindre des choses, mais ça ne règle pas l’essentiel. Il faut trouver une solution pour l’achat du Windarra et je souhaite que vous me précisiez ce que vous attendez de moi. Je ne vais pas continuer à prendre des risques si ce que j’apporte ne vous intéresse pas…

Gatard m’interrompt et, pour la première fois depuis que nous nous connaissons, il me tutoie :

-Mais non, Marc, comprends que du cannabis il en circule des tonnes dans le monde. Nous le savons bien mais nous ne pouvons pas courir après tous les dealers. Nous n’en avons pas les moyens…

-Pas les moyens ou pas l’envie ?

-En ce qui me concerne, pas les moyens. Pour l’envie, il faut demander plus haut  à ceux qui déterminent précisément ces moyens. Moi j’expose mes besoins à ma hiérarchie. Après j’adapte au mieux avec ce que je reçois.

-Christian, tu es chef d’échelon, pourquoi n’essayes-tu pas de te faire entendre. Qui va enfin prendre conscience de la situation ? À qui faut-il aller expliquer ce qui se passe là, sous mes yeux à Gibraltar, ce qui se passe en Colombie, en Bolivie…

Gatard éclate de rire, mon discours l’amuse, tous les jeunes douaniers doivent lui tenir le même :

-Va expliquer ça à notre ministre Marc, va voir Charasse à Bercy, c’est lui qui s’occupe du budget et il paraît qu’il est très ouvert…

-Tu as raison Christian, je vais l’appeler.

-Excellente idée. Tu me tiens au courant, je m’occupe de tes primes.

En raccrochant le téléphone je pense instantanément à ma mère qui ne m’avait pas cru lorsque, enfant, je lui avais annoncé que j’allais écrire au président de la République pour sauver le château de Versailles. L’attitude de Gatard ne fait qu’accroître ma motivation. Le temps de trouver le numéro de téléphone du ministère des Finances et j’appelle Michel Charasse au Budget.

Une secrétaire prend mes coordonnés, note le motif de mon appel, m’assure qu’elle va transmettre mon message au ministre, et me prie de rappeler le lendemain pour savoir s’il accepte de m’accorder le rendez-vous que je lui demande.

À l’heure dite je compose à nouveau le numéro. Une chance sur deux… Au moins j’aurai essayé… J’ai la même jeune femme en ligne:

-Ah oui, monsieur Fiévet, je vous passe monsieur le Ministre.

Gagné, je jubile, j’aimerais que Gatard entende ça…

De la manière la plus claire et la plus concise possible j’expose le but de mon appel à Michel Charasse, je lui brosse un tableau rapide de la situation  que je constate, et avance quelques suggestions pour l’améliorer. Nous parlons depuis  une dizaine de minutes lorsque le ministre me dit :

-Monsieur Fiévet j’aimerais parler de tout cela de vive voix avec vous. Je vous repasse ma secrétaire. Voyez avec elle pour un rendez-vous. Dîtes-lui bien : le plus vite possible.

À Nantes, mon rendez-vous avec le ministre provoque un véritable cataclysme. Dans un premier temps, Gatard a du mal à me croire. Puis il reçoit confirmation par sa direction parisienne. Avant de voir Charasse on me demande de passer au siège, rue du Louvre, afin que l’on prépare l’entrevue. Je ne suis pas dupe, en fait la haute direction veut surtout savoir ce que j’ai l’intention de dire à Charasse et compte peut-être sur moi pour transmettre quelques messages.

Il fait encore beau en ce mois de septembre 1988 lorsque je débarque à Paris et je suis content de retrouver la capitale. Je me promène longuement dans les Halles, le quartier du  Sentier, avant de me rendre à mon rendez-vous rue du Louvre. L’immeuble des douanes est tout à fait discret. Pas un drapeau, pas un nom, même pas une plaque. Heureusement qu’on m’avait dit que l’entrée était juste en face du Figaro, autrement j’aurais cru à une erreur. Un ascenseur douteux me dépose au cinquième étage où mes chefs m’attendent. Christian Gatard est là et il me présente le directeur de la DNRED à Paris, Jean-Henri Hoguet, ainsi que plusieurs de ses collaborateurs. L’accueil est glacial. Nous nous asseyons autour d’une table ronde et mon officier traitant prend aussitôt la parole pour exposer ma situation et mes problèmes d’argent.

Après un bref tour de table il apparaît évident pour tous  qu’il faut débloquer le Windarra. D’abord parce que j’en ai besoin pour vivre et pour justifier de mes activités officielles, ensuite parce que ce motor-yacht me sera bien plus utile en mer qu’à quai, pour mes activités officieuses. Il est certain que je serai beaucoup plus efficace si je peux naviguer dans le détroit et au large des côtes marocaines. Chacun en est conscient, mais les différents responsables présents, et en premier lieu Jean-Henri Hoguet, refusent de débloquer les deux cent soixante mille francs  nécessaires  pour payer mon bateau. Il faut donc trouver une autre solution et plus la discussion avance, plus je la sens se profiler, mais ce n’est certainement pas moi qui vais la proposer. Et pourtant elle est là, elle éclate, elle s’impose : pour finir de payer mon bateau sans que cela coûte aux douanes, je dois entrer dans le trafic de drogue… Rendons lui cet hommage, c’est Gatard qui ose enfin le dire. Le plus dur est fait et  tout le monde paraît soulagé, l’atmosphère se détend brusquement, et chacun y va maintenant de son commentaire. Un léger brouhaha s’installe même dans la pièce. C’est tout juste si l’on ne me félicite pas alors que je suis le seul à n’avoir toujours pas dit un mot. Personne n’a encore songé à me demander mon avis. Je suis pourtant le premier concerné. Lorsque Christian se tourne enfin vers moi il me lance simplement:

-Voilà Marc, nous avons enfin résolu le problème. Tu vas pouvoir l’acheter ton bateau…

Je devrais quasiment me lever et embrasser tout le monde pour remercier alors que j’ai conscience que ces gens m’envoient à l’abattoir pour leur plus grand bien et sans débourser un centime. Et malgré les promesses de Christian, je n’ai toujours pas été payé depuis le mois de mai. Je le souligne tout en acceptant l’étrange marché qui vient de m’être proposé. Pendant que chacun se félicite d’avoir résolu mon problème je m’interroge sur la perversité du système. Pour bénéficier de mes services  en limitant leurs frais, les autorités douanières non seulement m’autorisent à collaborer à des trafics, mais elles m’y invitent. Je me demande si la morale y trouve son compte mais c’est la seule façon d’y retrouver le mien. Je n’ai pas tellement le choix si je veux continuer à vivre à Gibraltar sur le Windarra. L’affaire est donc entendue et nous passons à d’autres sujets avant que je ne parte pour mon entretien avec le ministre.

En me serrant la main, le directeur de la DNRED croit utile d’ajouter :

-Nous comptons beaucoup sur vous, Monsieur Fiévet.

Alors qu’il me conduit vers la rue de Bercy, Gatard me fait encore ses dernières recommandations : ne pas m’énerver, ne pas dénoncer, ne pas froisser de susceptibilités… J’ai vraiment l’impression d’être un gamin. Gatard ferait mieux de s’interroger : en quelques minutes, j’ai obtenu ce qu’il n’avait jamais osé demander en quelques années.

Je me sens parfaitement détendu lorsqu’à dix-huit heures un huissier  m’introduit dans l’antichambre du ministre.

J’attends quelques minutes, puis Michel Charasse ouvre lui même la porte de son bureau et m’invite à entrer.

La pièce est vaste et lumineuse. Sur la droite, par une large baie vitrée on découvre les péniches qui glissent sur la Seine. Sur un mur, derrière le bureau et le fauteuil Louis Philippe du ministre est tendue une vaste tapisserie des Gobelins représentant une scène galante. Des livres sont soigneusement rangés au fond de la pièce sur un buffet massif, et en avant de celui-ci, sur un guéridon, je remarque tout de suite une photo de Michel  Charasse dans les bras de Gaston Deferre. Mon hôte ne se presse pas de regagner son fauteuil, comme s’il voulait me laisser le temps de m’imprégner des lieux. S’asseyant en face de moi, fidèle à son image, il sort un Cohiba d’une cave à cigares et entreprend de l’allumer sans le mettre en bouche mais en  chauffant l’extrémité avec une allumette, puis en soufflant doucement sur la feuille incandescente afin que la première bouffée soit plus douce. J’observe religieusement ce cérémonial et sans quitter son cigare des yeux le ministre lance la discussion :

-Vous travaillez donc pour nous. Et fort bien, m’a t-on dit. Alors qu’est ce qui ne va pas ?

-Nous pourrions faire beaucoup mieux. Monsieur le Ministre, je trouve inconcevable qu’à Gibraltar, où je suis basé, des trafiquants opèrent quasiment à visage découvert. Ils ne se cachent absolument pas pour dépenser chaque jour en repas, fêtes,  ou achats de deux mille à cinq mille francs, et quelquefois bien plus. Que l’on ne me dise pas que personne n’a jamais songé à leur demander la provenance de cet argent. Je crois plutôt qu’on ne veut pas le savoir et cela me choque. J’en arrive à me demander s’il y a, au niveau des gouvernements, une réelle volonté politique de faire cesser ces trafics, si chacun, à un  moment ou à un autre n’y trouve pas son compte.

-Peut-être, Monsieur Fiévet, mais pas en ce qui me concerne. Je vais demander à mon Directeur général des Douanes, Jean-Dominique Comolli de nous rejoindre, j’aimerais avoir son avis sur vos remarques.

En entrant dans le bureau, Jean-Dominique Comolli me fusille du regard. C’est l’archétype de l’Énarque. Il a pris la direction des Douanes parce que ses amis lui ont proposée de le faire, mais demain il pourrait tout aussi bien s’installer à la tête de France Télécom, de la Française des Jeux ou de la SEITA pour peu que le salaire soit à la hauteur de ses prétentions. Le trafic de drogue se limite pour lui en grande partie à des colonnes de chiffres, de résultats, de statistiques, de bénéfices et de coûts. Qu’on le détourne de ses courbes pour qu’il vienne écouter les balivernes d’un aventurier perdu à Gibraltar lui déplaît profondément. Ce mouvement d’humeur ne peut échapper à Charasse mais cela ne le perturbe absolument pas. Bien au contraire, en invitant Comolli à s’asseoir, lui se lève et tombe la veste, indiquant ainsi que nous nous engageons dans une longue séance de travail et non pas dans un échange de propos anodins sans suite.

Devant son directeur, le ministre réaffirme sa volonté politique de s’attaquer aux problèmes de la drogue. Pour lui, il n’y a pas d’équivoque sur ce point. J’en profite pour lui glisser  en souriant qu’il y a peu de temps j’ai vu des semi-remorques être déchargés au Main pier,  au vu et au su de tous, de tonnes de matériel informatique destiné à la Libye frappée d’embargo. Il n’y avait pourtant, là non plus, aucune équivoque pour les gouvernements, paraît-il. Charasse me renvoie mon sourire et me fait remarquer que ni les produits, ni les réseaux, ni les marchés, ne sont comparables,  et qu’il entend, pour le moment, réellement pourchasser les narcotrafiquants. Il a souhaité me rencontrer parce que je sors du lot habituel des aviseurs souvent plus proches de l’indic que de l’agent infiltré, et plus à l’aise avec les truands qu’avec les officiers des douanes. Je suis la perle rare, le maillon fort qui manquait à la chaîne et en plus je fais rentrer de l’argent dans les caisses car les douanes, lors des saisies, font jouer leur droit de préemption sur les matériels : bateaux, voitures, avions, ordinateurs… Autant de biens affectés  aux différents services et revendus plus tard. Ce rappel ne déride pas Comolli qui me gratifie juste d’un vague salut du menton. En revanche, pour moi l’occasion est trop belle et je saisis la perche que Michel Charasse me tend  pour évoquer mes soucis financiers et les paiements à retardement des primes sur saisies. Le ministre en convient, il y a là un problème réel dû à l’ambiguïté de la situation. Il estime anormal que je ne sois pas, au moins, reconnu par ses services, mais Comolli intervient immédiatement pour lui rappeler que c’est strictement impossible tant que les lois et le cadre juridique ne seront pas changés. Charasse le sait et il questionne:

-Justement, n’est-ce pas dans ce sens qu’il faut travailler ? Ne pourrait-on pas trouver des aménagements. L’infiltration comme la pratique notre ami comporte d’énormes risques. Cela se paie, mais devrait également se reconnaître.

Comolli nuance aussitôt le propos :

-Par définition, les aviseurs sont des gens infiltrés, et donc masqués. C’est à dire qu’ils participent aux opérations illicites et touchent à ce titre les dividendes du trafic avant d’être rémunérés par les douanes lorsque la saisie et les arrestations sont opérées. Doublement payés ils ne sont tout de même pas trop à plaindre. Monsieur Fiévet est payé lorsqu’il effectue des convoyages avec son bateau ou le bateau des autres lorsqu’il se contente d’être skipper.

Je  m’attendais un jour ou l’autre à entendre cet argument, mais j’ai encore parfaitement en tête les mots prononcés quelques heures plus tôt par mes « patrons » de la rue du Louvre et je revois leur embarras pour m’inviter clairement à solder mon bateau grâce aux gains du trafic de drogue. J’en fais part immédiatement à Jean-Dominique Comolli en le priant de m’indiquer s’il voit, lui, une autre solution. J’en profite aussi pour bien lui préciser que moi je n’ai jamais été trafiquant avant que les douanes ne m’y invitent, que je sais développer d’autres activités, ce que j’ai prouvé, et qu’elles me permettraient de vivre:

-Moins bien, ne peut s’empêcher de lâcher Comolli.

-Mais plus sereinement. Et pour l’instant si je ne comptais que sur vous, je serais au SMIC.

Levant légèrement la main, Charasse met un terme à l’échange avant qu’il ne s’envenime et rappelle que nous ne sommes pas réunis pour défendre chacun notre pré carré, mais pour trouver d’éventuelles solutions, acceptables pour tous, à une situation anormale mais pourtant incontournable. C’est la quadrature du cercle et l’éternel problème de la police depuis que la pègre  existe. Nous échangeons encore quelques idées puis Charasse met un  terme à l’entretien en me disant:

-Cher ami, nous réfléchissons à tous ces problèmes et nous nous revoyons. De votre côté, pensez  aussi à tous les moyens qui pourraient nous permettre d’améliorer notre action, notamment dans la lutte contre le blanchiment  d’argent et n’hésitez pas  à m’appeler. Je suis certain que dans ce domaine aussi nous pouvons être nettement plus efficaces  malgré les paradis fiscaux et les circuits bancaires.

Michel Charasse me tend une carte de visite sur laquelle est noté un numéro de ligne directe puis, en se levant, il se tourne vers Comolli :

-Dis en tout cas à tes équipes de suivre les directives de Monsieur Fiévet lorsqu’il les met sur une affaire. J’aimerais  que l’on ne passe plus à côté des bons coups qu’il lève.

Comolli  prend acte,  me tend vaguement la main en maugréant un bonsoir qu’il souhaiterait assassin.

La réunion a duré une heure vingt. Pour ma part, je la trouve extrêmement positive et j’ai hâte de savoir ce que mon ami Gatard va en penser. Nous avons prévu de dîner ensemble dans une brasserie près de la gare de Lyon après mon rendez-vous. Lorsque j’entre dans la salle Christian est déjà attablé et il consulte instinctivement sa montre :

-Tu t’es perdu ?

-Pas du tout, je sors seulement de chez le Ministre.

Je raconte tout dans le détail et je sens bien  que mon récit dérange Gatard. Il m’accorde une attention exceptionnelle, ce qui n’est pas toujours le cas chez lui, mais j’ai le sentiment que ces préoccupations sont tout autres que les miennes. Lorsque j’estime avoir terminé un  résumé correct de l’entrevue j’attends des questions et je n’obtiens qu’un commentaire perplexe :

-Quand même, le trafic de cannabis dans la baie d’Algésiras, ce n’est pas la French Connection. Bon, Charasse t’a reçu, tant mieux, c’est bon pour le service, mais qu’il passe autant de temps là-dessus, c’est tout de même surprenant.

Moi, ce qui me surprend, c’est la surprise de mon agent traitant. Je lui rappelle tout de même mon bilan sur six mois : quinze tonnes d’herbe, cent cinquante kilos de coke… Mais Gatard balaye les chiffres d’un revers de main :

-Oui, bien sûr, mais parce que ton prédécesseur ne fichait rien. Il ne travaillait pas, il se contentait d’écouter aux portes.

En résumé ce n’est pas moi qui suis bon, c’est Glacoz qui était mauvais. Voilà qui me fait chaud au cœur. Heureusement Christian me redonne le sourire :

-Avant de te rencontrer Charasse avait fait passer une note pour que l’on te paye immédiatement. J’ai fait virer cent mille francs  sur ton compte à la Barclay’s. Tu vas pouvoir souffler. Dès que tu rentres, il faut que tu trouves une opération pour payer le bateau. Maintenant que tu es couvert par le Ministre, tu peux tout te permettre…

Gatard rit, puis en se plongeant dans la carte du dîner, il change brusquement de sujet. Sa journée est terminée, il me demande :

-Tu t’intéresses au Football–Club de Nantes ?

[1] Fernando Muñoz : Responsables des opérations aériennes et maritimes de surveillance douanière à Algésiras.

 

Extrait de « l’Archipel des Soumis », écrit durant mes trois dernières années de détention

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« L’esprit des combats de Michel Charasse, la force de son engagement, ne nous quitteront pas. » Le président Emmanuel Macron et son épouse saluent avec émotion la disparition d’un monument du Puy-de-Dôme, du mitterrandisme, et de la République française, « Un homme qui a inlassablement servi nos valeurs cardinales et nos institutions, nos lois et notre Constitution, l’Etat et la démocratie. »

Souvenons-nous que ce grand serviteur de L’État promut une politique courageuse et ambitieuse pour lutter contre la drogue et les narcotrafiquants et permit à la DNRED de la Douane française d’obtenir des résultats très importants. Plus que tous les autres ministres du Budget, il n’hésita pas à promouvoir des actions importantes d’infiltration et permit au douaniers de réaliser de nombreuses opérations en mettant à disposition des moyens financiers importants.

Pourtant, une fois parti du ministère du Budget, il oublia d’assumer dans la durée les conséquences de la politique courageuse qu’il avait promue.

Mais que de souvenirs… de ce ministre couillu, utilisant parfois des méthodes peu conventionnelles pour la clique d’énarques qui l’entourait à Bercy.

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Michel Charasse vient de mourir, et nous allons être inondés de commentaires dithyrambiques sur ce grand homme d’État…qui fuyait Marc Fievet.

A croire que son échec judiciaire lorsqu’il avait poursuivi Marc Fievet pour diffamation lui restait en travers de la gorge. En première instance comme en appel, il avait perdu!

Lors de la dernière rencontre dans le canton de Puy Guillaume avec Michel Charasse

La dernière interpellation écrite que je lui avais adressée concernait les dérapages de la DNRED et en particulier ceux d’Erwan Guilmin de la DOD, restée sans réponse.

Mais que de souvenirs… de ce ministre couillu, utilisant parfois des méthodes peu conventionnelles pour la clique d’énarques qui l’entourait à Bercy. Il arrivait même à choquer son Directeur Général de la Douane Jean Dominique Comolli, qui n’est pourtant pas un enfant de chœur.

En vrac:

Il n’hésita pas à menacer de faire cimenter les portes et fenêtres du directeur du trésor à qui il réclamait des cartes « American express » pour les agents des douanes qui infiltraient des réseaux de trafiquants de drogue..et qui disait que cela était impossible. Michel Charasse obtint ces fameuses cartes de crédit sous 48 heures!

-D’accord pour rencontrer régulièrement Marc Fievet dans son bureau à Bercy, très souvent en tête à tête et parfois en compagnie de Jean Domique Comolli, le Dg de la Douane, ou, et de Christian Gatard de la DNRED.

-D’accord pour monter un service parallèle d’agents infiltrés en recrutant dans le service de la DNRED pour une période d’infiltration ne pouvant dépasser 24 mois avec, à la sortie une prime de 2 millions de francs 1990, bloquée dés le départ à la caisse des dépôts. L’indien, surnom donné par Jean Henri Hoguet pour Comolli, s’y opposa farouchement.

-D’accord pour demander à Jean Dominique Comolli, qui faisait toujours la gueule quand il voyait Fievet, de bien vouloir le recevoir à l’Hôtel de Montalembert pour une réunion de travail avec le boss de la DNRED Jean Henri Hoguet et Christian Gatard

-D’accord pour laisser poursuivre la procédure contre François Sagan qui recevait quantité de cocaïne par courrier. L’affaire fut pourtant classée par un procureur aux ordres de Tonton!

-D’accord pour financer 50 % d’un restaurant, « le Saint Georges », à Estepona en Espagne pour NS 55 (Marc Fievet) qui avait sa base vie en Andalousie.

D’accord pour rendre visite à Marc Fievet à Marbella, à l’hotel ‘Puente Romano’ situé à San Pedro de Alcantara!

D’accord pour que la Douane française indemnise Marc Fievet à qui il avait donné ordre de se débarrasser du motor yacht ‘Windarra’, rebaptisé ‘Tancrède’ suite à l’opération de Lyon. La Douane française n’a jamais indemnisé Marc Fievet pour la perte enregistrée s’élevant à 1 million 800.000 francs en 1991 (300.000 euros).

-D’accord pour financer à 50 % le cargo ‘Melor’ en association avec John Short, un narcotrafiquant anglais. Les fonds, directement sortis du Trésor, furent apportés à Fievet au Novotel d’Anvers par les douaniers Lesquert et Capitaine.

-D’accord, pour suggérer et demander à Marc Fievet d’envisager de créer une banque à Zagreb, en Croatie, pour mieux connaitre les différentes voies impénétrables du blanchiment à l’international.

Et pourtant, et pourtant, lorsque Michel Charasse quitta Bercy, aucune consigne ne fut donnée à son successeur pour quelques mois Martin Malvy, ni à son successeur Nicolas Sarkozy.

Au contraire, ces ministres interdirent toutes actions d’infiltration en commençant par interdire aux fonctionnaires de se déplacer à l’étranger sans une demande préalable. Pour les agents infiltrés fonctionnaires, on les retira du circuit en les mutant très souvent dans les DOM-TOM.

Pour Marc Fievet, on le laissa continuer son infiltration dans l’organisation Locatelli sans prendre en compte les dangers réels qu’il encourait.

Qu’il repose en paix sachant qu’il aura pour l’éternité, l’étiquette du ministre qui a lamentablement lâché un de ses collaborateurs, après l’avoir envoyé infiltrer les réseaux de narcotrafic des seigneurs colombiens et européens de la drogue.

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