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ITALIE 🇮🇹 (opération CRYPTO) : plusieurs familles de clans mafieux de Gioia Tauro et Rosarno en Calabre dans la tourmente

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LA GUERRE A LA DROGUE ET LES INTÉRÊTS DES ÉTATS

20 ans après ce rapport, rien n’a changé !

Combien de milliards pour un tel résultat ?

Les politiques mises en place par les Politiques et autres hauts fonctionnaires sont responsables de cet échec majeur !

Et aujourd’hui, en France, pays des lumières, on ne peut que constater que Gérald Darmanin n’a pas payé sa facture d’électricité !

Dans une préface du dernier rapport l’Office pour le contrôle des drogues et la prévention du crime (ODDCP) son directeur, Pino Arlacchi, écrit que « la psychologie du désespoir s’est emparée des esprits » [dans le domaine des drogues]. Suivent une série de données tendant à accréditer l’idée, que nous sommes pour le moins dans l’obligation de nuancer, de substantiels progrès dans la lutte contre la production et le trafic de ces substances.

Pino Arlacchi note en outre : « La fin de la Guerre froide et l’émergence de réels processus de paix dans un nombre de conflits qui paraissaient insolubles a atténué les tensions au sein de la communauté internationale, facilitant la mise en place de la coopération ». Bien au contraire que la fin de la Guerre froide a favorisé d’une part l’apparition de pseudo-Etats au sein desquels s’est institutionnalisée la corruption du politique ; elle a permis d’autre part le déclenchement de nouveaux conflits locaux. Leurs protagonistes ne recevant plus de subsides de l’un des deux grands blocs, ont dû chercher des sources de financement dans des activités illégales, au premier rang desquelles, le trafic des drogues. De la Colombie à l’Afghanistan en passant par l’Angola ou le Kosovo, la drogue est un des éléments de la prolongation de ces conflits.

Enfin la lutte contre le commerce des drogues est brouillée par les intérêts économiques et géopolitiques des États, particulièrement des pays riches qui se posent en leaders de la guerre à la drogues, enclins à faire preuve d’indulgence à l’égard de leurs alliés ou clients.

Les limites de la lutte contre les trafics

Seule une utilisation sélective des données permet au rapport de l’ODDCP de prétendre que les productions illicites sont en sensible diminution. Par exemple il y est écrit que les cultures de cocaïers ont régressé en Bolivie et au Pérou entre 1995 et 2000 (d’environ 150 000 hectares à 50 000 h.), sans mentionner que cette diminution a été compensée par une augmentation quasi équivalente des superficies illicites en Colombie (de 40 000 h à 130 000 h). En outre, l’amélioration des techniques agricoles a entrainé une hausse sensible de la productivité. En 1990, la production annuelle de cocaïne qui se situait entre 500 tonnes et 700t. annuellement est passée de 800 t et 1000 t dix ans plus tard.D’ailleurs, pour le rapport du Département d’Etat des Etats-Unis, rendu public au début du mois de mars 2001, la production de feuilles de coca a augmenté de 6 % passant de 613 000 t à 650 800 t.

Dans le cas des opiacés, la hausse de la production (qui est passée de 4 263 t à 5 004 t entre 1999 et 2000, soit une augmentation de 20 %) est si élevée, que ce sont les trafiquants eux-mêmes qui ont décrété son gel en Afghanistan de crainte de voir les prix s’effondrer. En juillet 2000, Mollah Omar, chef des taliban, a décrété l’éradication totale des cultures de pavot dans un pays qui était jusque là le premier producteur mondial d’opium devant la Birmanie. Au mois d’octobre, période où l’on sème le pavot, des techniciens d’ONG européennes ont observé que des émissaires l’Emir parcouraient les villages diffusant un message de ce dernier selon lequel la terrible sécheresse qui frappait le pays était une punition du ciel pour avoir cultivé cette plante impie. Des paysans récalcitrants ont été emprisonnés à Djelalabad, la capitale de la province du Nangahar. Une enquête de terrain dans l’est du pays auprès des commerçants d’opium pakistanais et afghans, donne à penser que la mesure aurait en fait été suggérée par les mafias d’Asie centrale qui n’ont pas voulu jeter sur le marché les énormes stocks d’opium et d’héroïne accumulés à la suite des récoltes record de 1999 et 2000. Elles auraient donc proposé aux taliban de compenser financièrement l’arrêt de la production pendant une ou plusieurs années.

Quant à la production des dérivés du cannabis, elle ne cesse de croître pour alimenter des marchés où la consommation se banalise. Selon le rapport de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) publié au mois d’octobre 2000, « plus de 40 millions de personnes dans l’UE ont consommé de la marijuana ou du haschisch. En moyenne, un adolescent de 15-16 ans sur cinq et au moins une personne sur quatre dans la tranche des 15-34 ans y ont expérimenté le cannabis ». En 1999, l’Espagne, à elle seule, a saisi près de 400 tonnes de haschisch en provenance du Maroc où les cultures pourraient couvrir, dans les montagnes du Rif et au-delà, 90 000 hectares. Partout dans le monde, on saisit également d’importantes quantités de haschisch en provenance du Pakistan, d’Afghanistan et du Népal, et de la marijuana exportée par le Mexique, la Colombie, la Jamaïque, le Cambodge et par l’ensemble des pays d’Afrique sub-saharienne.

Même si la substitution des drogues d’origine naturelle par des drogues de synthèse n’est pas encore à l’ordre du jour, la production et le trafic de ces dernières connaissent une croissance exponentielle. Dès 1996, le PNUCID lançait un cri d’alarme en affirmant que les stimulants synthétiques du type amphétamines « pourraient devenir les drogues de prédilection au XXIème siècle ». Force est de constater que, en Europe, les saisies ont augmenté de 38 % en 1997/1998 avec, en moyenne annuelle, près de trois tonnes de pilules au Royaume-Uni, 1,5 tonne aux Pays-Bas et 250 kg en Allemagne et en Belgique. La France sert de pays de transit pour les exportations d’amphétamine et d’ecstasy en direction des Etats-Unis qui sont notamment entre les mains de réseaux israëliens.

Aux États-Unis, où les saisies annuelles ont atteint 1,7 tonne par an en 1997/1998, le nombre d’admissions dans des centres de traitement a crû de façon spectaculaire entre 1992 (20 000) et 1997 (70 000). Le chiffre s’est ensuite stabilisé, en 1999 et en 2000. En revanche, en Asie du Sud-Ouest et, surtout, en Extrême-Orient, le phénomène ne cesse de s’amplifier.

Activités mafieuses et corruption du politique

Aucune autre activité illicite n’étant aussi lucrative, le trafic des drogues a accru la capacité de nuisance des organisations criminelles qui s’y livrent, notamment leur pouvoir de pénétrer les structures économiques et politiques de certains Etats. Sur le plan économique elles ont suivi le mouvement de la mondialisation, quand elles ne l’ont pas anticipé. Cependant, confrontées à une offensive des Etats les grandes organisations (« cartels colombiens », « mafias » italiennes et chinoises, parrains pakistanais et turcs, etc.) ont, dans la seconde moitié des années 1990, d’abord décentralisé leurs structures pour être moins vulnérables à la répression. Alors qu’il existait en Colombie trois ou quatre grands « cartels », on compte aujourd’hui dans ce pays une quarantaine de moyennes organisations. De même, dans les années 1980, on recensait une douzaine de groupes de la Camorra à Naples ; ils sont aujourd’hui une centaine, forts de 6 000 affiliés. Ces organisations ont simultanément diversifié leurs activités (trafic d’être humains, de diamants, d’espèces protégées, etc.) et les ont délocalisées en resserrant leurs liens d’affaires avec leurs homologues intervenant sur d’autres continents.

Ainsi, des organisations mafieuses turques autrefois spécialisées dans le trafic de l’héroïne, sont de plus en plus impliquées dans celui de clandestins, la contrebande de cigarettes et la contrefaçon. Lorsque le gouvernement a turc a interdit les casinos, les baba (parrains) avaient commencé à les délocaliser dans les Caraïbes (à Saint-Martin en particulier) ou en Afrique (à Dar Es-Salaam en Tanzanie).

Une affaire récente illustre la coopération entre organisations criminelles. A la fin du mois de février 2001, la police du Nicaragua appuyée par la DEA américaine a intercepté en haute mer un navire battant pavillon brésilien et transportant huit tonnes de cocaïne vendues par les cartels colombiens à la mafia russe. Le capitaine du vaisseau était un nicaraguayen travaillant depuis cinq ans pour une organisation criminelle russe.

La Cosa Nostra sicilienne qui a subi des coups très durs de la part des forces de répression au cours de la dernière décennie, a renforcé son implantation internationale notamment au Brésil, au Canada, en Europe de l’Est ou en Afrique du Sud. Selon les services anti-mafia sud-africains, la mafia sicilienne est solidement implantée au Cap et à Johannesburg. Ses activités vont du blanchiment — sociétés-écrans, achat de biens immobiliers — au trafic de cocaïne, en collaboration avec des groupes colombiens, en passant par le recel de criminels en fuite. Pour la région du Cap, le parrain le plus en vue est Vito Palazzolo, ancien banquier de la Pizza Connection. Évadé de Suisse et « réfugié » en Afrique du Sud où il a d’abord mis ses compétences au service du régime d’apartheid, avant de rendre des services au gouvernement de Mandela, il resterait l’un des chefs de Cosa Nostra. Il est actuellement en résidence surveillée, sous la seule accusation d’avoir usurpé la nationalité sud-africaine.

Ces activités sont favorisées par les liens entretenues par les organisations criminelles avec les pouvoirs politiques. Cela est vrai non seulement dans des « dictatures bananières » (Birmanie, Guinée Equatoriales) ou dans des non-Etats (Afghanistan, Paraguay, Liberia) mais également dans de grands pays qui jouent un rôle géopolitique clé dans leur région comme par exemple la Turquie en Europe et le Mexique en Amérique du Nord. En Turquie, les élections d’avril 1999 ont permis à une coalition de partis nationalistes (de la gauche à l’extrême droite) de constituer, avec l’appui de l’armée, un gouvernement. Fort de ses 16 % des voix, le MPH, façade présentable d’une organisation qui l’est moins, Les Loups Gris, dont des dizaines de membres sont incarcérés pour activités criminelles un peu partout en Europe, occupe les postes de vice-Premier ministre et de ministre de l’Intérieur.

On trouve une situation semblable dans les relations entre les Etats-Unis et le Mexique. Un livre récent apporte des éléments nouveaux à la connaissance des relations entre les « cartels » mexicains de la drogue et les leaders du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), au pouvoir depuis soixante-dix ans, en particulier avec les différents présidents qui se sont succédés depuis le début des années 1980.

Jean-François Boyer qui a interrogé des policiers de hauts rangs, des universitaires parmi lesquelles Jorge Castaneda, politologue devenu ministre des Affaires étrangères du Président Vicente Fox élu à l’été 2000, écrit : « les autorités financières du pays auraient invité les narcotrafiquants à investir leurs revenus dans une économie décapitalisée, en pleine restructuration ; en contrepartie, la police et l’armée mexicaine fermeraient les yeux sur le narcotrafic ; et les deux parties s’engageraient à ne pas recourir à la violence et à négocier d’éventuelles arrestations au cas où il serait nécessaire de lâcher du lest vis-à-vis des autorités antidrogues américaines. L’Etat mexicain s’engagerait enfin à ne pas autoriser la DEA et les agences antidrogues américaines à participer à la répression sur son territoire ». En contrepartie, les organisations criminelles auraient investi dans le pays leurs profits (de 5 à 10 milliards de dollars chaque année), ce qui aurait contribué à permettre au Mexique de remplir les conditions économiques fixées par les Etats-Unis pour la création en 1994 du grand marché nord-américain, l’ALENA. On remarque enfin que chaque président nouvellement élu a surtout réprimé le cartel dont son prédécesseur était le plus proche et s’est rapproché d’un de ses rivaux. Les Etats-Unis ont fermé les yeux sur ces « accords » et cela d’autant plus que, dans les années 1980, leurs services secrets ont eux-mêmes utilisé les cartels mexicain pour appuyer les « contras », milices luttant contre le régime « marxiste » du Nicaragua à partir des pays voisins.

La drogue dans un conflit local : l’exemple du Kosovo

Avec l’explosion et la diversification des productions de drogues et la transformation des narco-organisations, le troisième élément constitutif de la situation actuelle sont les effets sur la criminalité et le trafic de drogues de la multiplication des conflits locaux, effet pervers de la fin de l’antagonisme des blocs et des soubresauts provoqués par l’effondrement de l’Union soviétique. Durant la Guerre froide, les grandes puissances que la dissuasion nucléaire empêchait de s’affronter directement, le faisaient à travers leurs alliés dans le Tiers monde. L’argent de la drogue utilisée par les belligérants évitait ainsi à certains pays d’avoir à puiser dans des fonds secrets pour financer leurs alliés. Cela a été notamment le cas pour toutes les grandes puissances (Etats-Unis, France) et les puissances régionales (Israël, Syrie) concernées par la guerre civile libanaise et pour les Etats-Unis en Amérique centrale. La fin de la guerre froide, loin de mettre fin à ces conflits locaux, n’a fait que révéler leur absence de motifs idéologiques, libérant des affrontements ethniques, nationaux, religieux, etc. Les belligérants ne pouvant désormais compter sur le financement de leurs puissants protecteurs ont dû trouver dans les trafics, dont celui de drogues, des ressources alternatives.Dans une trentaine de conflits, ouverts, latents ou en voie de résolutions, la présence de la drogue, à des titres et des niveaux divers est avérée : en Amérique latine (Colombie, Pérou, Mexique) ; en Asie (Afghanistan, Tadjikistan, Inde, Azerbaïdjan-Arménie, Tchétchénie, Géorgie, Birmanie, Philippines) ; en Europe (Yougoslavie, Turquie, Irlande, Espagne) et en Afrique (Algérie, Soudan, Egype, Sénégal, Guinée Bissau, Liberia, Sierra-Leone, RDC, Congo, Tchad, Ouganda, Angola, Somalie, Comores).

Certains de ces conflits – en Colombie, en Afghanistan ou en Angola – existaient avant la fin de la guerre froide. Mais le retrait de partis frères ou de puissants protecteurs fait qu’ils ont pris un caractère nouveau : glissement progressif vers des activités de prédation dans le cas des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ; antagonismes ethnico-religieux manipulés par les puissances régionales dans celui des guerres civiles afghane et angolaise. Ailleurs, c’est la chute des régimes communistes qui est à l’origine des conflits yougoslaves, tchétchènes, azéris-arméniens et des guerres civiles géorgiennes. Les protagonistes de ces affrontements, dans leur recherche de financements, font flèche de tout bois : trafic de pétrole, de drogues, de métaux stratégiques, etc.

L’escalade des profits dans le cas de la drogue en fait une source de financement particulièrement intéressante. Ainsi on peut évaluer le montant des taxes perçus annuellement par les taliban sur les drogues à une centaine de millions de dollars. Ce chiffre peut être multiplié par trois ou par quatre dans le cas des FARC. Dans un micro-conflit comme celui de la Casamance au Sénégal, on pouvait évaluer en 1995 les taxes sur le cannabis perçues par le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MDFC) à plusieurs millions de dollars par an. Cela contribue à expliquer que ces quelques centaines de combattants aux pieds nus se soient dotés, au fil des années, d’un armement de plus en plus sophistiqué et qu’en dépit des accords de paix signés avec le gouvernement, des groupes continuent à affronter l’armée et à se battre entre eux, particulièrement à la saison de la récolte du cannabis.

Un des exemples récents les plus significatifs de l’utilisation de la drogue dans le déclenchement du conflit puis dans les obstacles mis à sa résolution, est celui du Kosovo.

Dès 1991, l’OGD a signalé que les profits de la vente d’héroïne dans toute l’Europe, en particulier en Suisse, par des ressortissants albanais de cette province serbe, étaient utilisés pour acheter des armes dans la perspective d’un soulèvement contre l’oppression serbe.L’UCK, après avoir déclanché des opérations militaires à la fin de 1997, a été chassée progressivement de ses bastions par l’armée et la police yougoslave et n’a plus opéré que dans des poches le long de la frontière albanaise. Après la campagne de bombardement de l’OTAN en Serbie et au Kosovo (24 mars au 10 juin 1999), il n’est plus resté au groupe nationaliste qu’à se préparer à un retour en force lors de la réinstallation des réfugiés. C’est la raison pour laquelle elle a cherché à acquérir le véritable potentiel militaire que lui refusait les pays occidentaux. Pour cela elle a eu d’abord pour source de financement   l’impôt payé par les 700 000 Albanais de la diaspora en Europe (3 % des salaires et souvent plus). Mais ce financement légal s’est révélé vulnérable, en particulier lorsque le gouvernement suisse a décidé de gérer le compte de l’UCK, intitulé « La Patrie appelle ». C’est alors que cette organisation a, semble-t-il, décidé de prévilégier une recherche de financement dans le trafic des drogues même si cela impliquait des liens avec les mafias italiennes qui lui fournissent des armes contre de l’héroïne, de la cocaïne ou des dérivés du cannabis.

Dans certaines affaires, la présence de l’UCK en tant que telle a été clairement établie, notamment par la justice italienne ; dans d’autres l’identité des commanditaires de trafics « albanais » est restée occultée, mais ne fait guère de doute. En effet, lorsque la police et la justice de pays européens détiennent les preuves de l’implication de l’UCK, il leur est difficile, du fait du rôle de l’OTAN au Kosovo, d’en faire officiellement état. C’est à la presse de tirer les conclusions des informations dont elle dispose ou des « fuites » dont elle bénéficie de la part de certains magistrats. En juin 1998 par exemple, une centaine de personnes parmi lesquelle de nombreux Kosovars ont été arrêtés à travers l’Italie et d’autres pays européens pour un trafic de drogues et d’armes. Selon le procureur de Milan, ils appartenaient à huit réseaux chargés d’introduire des armes au Kosovo. 100 kilos d’héroïne et de cocaïne, servant à payer les armes, ont été saisis.

Le 12 mars 1999, la police tchèque a annoncé l’arrestation à Prague du Kosovar Princ Dobroshi, évadé d’une prison norvégienne et considéré comme l’un des plus importants trafiquants de drogue en Europe. Un de ses porte-parole a précisé à l’AFP que des documents attestaient, sans ambiguité, que l’homme, agé de 35 ans, utilisait le produit de son trafic pour des achats d’armes. Citant un membre des services secrets tchèques (BIS), le journal Lidove Noviny a indiqué que ces armes étaient livrées à l’Armée de liberation du Kosovo (UCK).

A la fin de ce même mois, c’est un journal italien, Tempo, qui reproduisant un interview du procureur national anti-mafia, Alberto Mariati, publiait que l’UCK était « liée à la mafia de Naples, la Camorra, ainsi qu’à celle des Pouilles » et que « Les clans du Kosovo sont investis dans le trafic de drogues contre des armes ». En avril 1999, The Times de Londres, en avril 1999, indiquait qu’Europol préparait un rapport pour les ministres européens de l’Intérieur et de la Justice soulignant les connexions entre l’UCK et les narco-trafiquants. Selon ce magazine, les polices d’Allemagne, de Suisse et de Suède, détiendraient les preuves du financement partiel de l’UCK par la vente de drogues.

La lutte contre la drogue, arme économique et politique

Les différents type de compromissions des pays riches avec les Etats trafiquants sont si répandues, que leurs caractéristiques peuvent être modélisées. Le plus répandu a pour origine des intérêts économiques. Durant les années 1990, la Chine et la Pologne ont accepté sans rechigner que les armes qu’elles vendaient à la Birmanie soient payées avec l’argent de l’héroïne. Rangoon a en particulier dépensé près d’un milliard de dollars pour acheter des avions de combat à la Chine alors que ses réserves en devise ne dépassait pas 300 millions de dollars. Des membres des services de renseignement de l’ambassade de France au Pakistan rencontrés par l’auteur de cet article n’écartaient pas que l’argent de la drogue puisse, à la même époque, avoir également participé au règlement des ventes d’armement de la France à ce pays.

De leur côté, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ne se posent pas de questions sur l’origine des fonds qui permettent à certains pays – en particulier la Colombie durant toutes les années 1980 – de payer leur dette extérieure. Si certains Etats européens et l’Union elle-même ferment les yeux sur les protections officielles dont bénéficie la culture de cannabis au Maroc, c’est qu’elle contribue largement à l’équilibre économique du pays et que leur substitution coûterait extrêmement cher.

Mais la drogue peut-être aussi utilisée comme une arme diplomatique pour déstabiliser ou discréditer un adversaire politique.

Un des exemples de cette attitude est la politique des Etats-Unis à l’égard de l’Iran dans le domaine des drogues. Durant toutes les années 1990, en dépit de ses efforts dans le domaine de la lutte contre le transit de l’héroïne afghane (l’Iran a perdu près de 3000 hommes depuis vingt ans dans ces combats), ce pays a été « décertifié » par Washington, c’est à dire placé sur la liste des pays qui sont considérés comme des Etats trafiquants. Cette mesure entraine la suspension de toute aide économique de la part des Etats-Unis et surtout leur vote négatif dans toutes les instances internationales chargées de promouvoir la coopération internationale. Interrogé par l’OGD, un représentant du Département d’Etat a répondu à ce sujet que si l’Iran était placé sur la liste des pays « décertifiés » c’est qu’il s’agissait d’un Etat terroriste et non à cause de sa participation au trafic international des drogues. En décembre 1998, le président Clinton a annoncé qu’il allait retirer l’Iran de la liste des pays « décertifiés ». La raison avancée était que «  l’Iran n’est plus un producteur significatif d’opium et d’héroïne et qu’il avait cessé d’être un pays de transit de la drogue destinée aux Etats-Unis ». Tout le monde a compris qu’il s’agissait d’un geste de bonne volonté répondant à la politique d’ouverture manifestée par le président Mohamed Khatami depuis 1997.

L’utilisation par les Etats-Unis de l’arme politique de la drogue a fait des émules.

De nombreux pays du Tiers monde l’utilisent désormais pour combattre leurs opposants politiques ou les minorités ethniques et religieuses qui vivent sur le territoire. La situation au Timor a été largement médiatisée. Mais il existe au moins un autre Timor en Indonésie, c’est la province de l’Aceth où la répression féroce menée contre la population de cette région du nord de Sumatra a provoqué depuis 20 ans un mouvement de révolte armée. Or, au début de 1990, le prétexte pris par l’armée indonésienne pour intervenir en force dans cette région, a été de mener des campagnes d’éradication du cannabis appuyées par les Etats-Unis. Il est vrai que cette région était un producteur traditionnel de cette drogue, mais qui ne justifiaient en rien le déploiement d’aussi importants moyens militaires qui se sont révélés meurtriers. Un autre exemple est celui du Soudan où la lutte contre le cannabis, appuyée cette fois par l’organe spécialisé des Nations unies, a permis au gouvernement islamiste de Karthoum d’intervenir, ces dernières années, contre la tribu animiste des Beja.

Le dernier élément concernant les manipulations dont la drogue est l’enjeu est de caractère diplomatique. Il s’agit cette fois pour un pays de taire les implications d’un autre Etat dans le trafic de drogues afin d’exercer un chantage pour qu’il y mette fin ou fasse une politique voulue par le premier dans un autre domaine. Les Etats-Unis ont simultanément visé ces deux objectifs dans le cas de la Syrie, pays dont les troupes étaient profondément impliquées dans le trafic de haschisch et d’héroïne au Liban : ils ont obtenu ainsi des campagnes d’éradication des cultures illicites dans la plaine de la Bekaa et la participations de la Syrie aux négociations de paix au Moyen Orient. La même stratégie est actuellement utilisée par Washington à l’égard du général Hugo Banzer président élu de la Bolivie. La dictature militaire de ce dernier (1971-1978) s’est non seulement livrée à de graves violations des droits de l’homme et à l’assassinat d’opposants à l’étranger dans le cadre du « Plan Condor », mais a contribué à la spécialisation de la Bolivie dans la production de cocaïne.

Elu président pour cinq ans en 1997, le général Banzer pour faire oublier son encombrant passé à la communauté internationale et en particulier aux Etats-Unis, s’est lancé immédiatement dans une vaste campagne d’éradication des cultures de cocaïers dont la quasi totalité (37 000 hectares) avaient été manuellement arrachés à la fin de l’année 2000. Cela a notamment valu à l’ex-dictateur d’être présenté comme un exemple lors de la réunion internationale qui s’est tenue à Palerme en décembre 2000 pour adopter une Convention contre le crime organisé. Cette réhabilitation tardive, avec l’ acquiescement des États-Unis, peut donner à penser à des leaders du tiers monde qu’ils auront toujours la possibilité de racheter dans l’avenir leur implication présente dans le trafic. En outre, durant l’année 2000, il a été prouvé qu’un des protégés du président de la Bolivie dont il avait fait le conseiller de ses services de renseignement, appartenait à une famille de la mafia italienne et renseignait les trafiquants de drogues boliviens.

L’Europe face au « Plan Colombie »…et aux Etats-Unis

Il convient de s’arrêter sur le « Plan Colombie » car il marque un différence d’approche très sensible entre l’Europe et les Etats-Unis. On trouve dans ce pays tous les ingrédients d’une crise durable : conflit interne entre guérillas marxistes et milices d’extrêmes droites dont le contrôle des productions de drogue est un des motifs ; tentative de l’État pour rétablir la paix civile et de reprendre le contrôle du territoire ; volonté des Etats-Unis d’intervenir pour mettre fin au trafic de drogues au risque de mettre en péril les négociations de paix.

Le « Plan Colombie » a pour objectif officiel de combattre le narco-trafic, d’appuyer les négociation de paix qui se sont ouvertes au début de l’année 1998 avec le principal mouvement de guérilla, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et plus récemment avec l’Armée de libération nationale (ELN) et de promouvoir le développement économique du pays, en particulier en faveur des secteurs les plus modestes de la population. Le coût global de ce plan est de 7, 5 milliards de dollars. La contribution du gouvernement colombien devrait s’élever à 4 millards de dollars. Les Etats-Unis ont décidé d’y contribuer au niveau de 1,3 milliards de dollars. Le reste est attendu de la coopération bilatérale (Espagne, Japon), et multilatérale, en particulier des organismes financiers internationaux (Banque mondiale, BID, Communauté financière andine, BIRD, etc.) et del’Union européenne.

En Colombie, le plan a fait l’objet de critiques, non seulement de la part des guérillas, mais aussi des ONG de développement et des organisations de défense des droits de l’Homme. Ces critiques se fondent sur le fait qu’environ 70 % des financements américains (un milliard de dollars) iront au renforcement du potentiel militaire des forces de répression. En particulier 60 hélicoptères, dont 18 de type Blackhawk, sont achetés aux Etats-Unis. Les FARC et l’ELN estiment donc que sous couvert de lutter contre le narco-trafic, le gouvernement américain en renforçant l’armée colombienne, vise en fait à saboter le processus de paix et qu’elles sont la cible d’un véritable « acte de guerre ». Les ONG colombiennes et internationales (Amnesty International, American Watch, WOLA, etc.) dénoncent, quant à elles, « une logique de guerre » qui ne peut qu’aggraver la situation d’insécurité dans laquelle vivent les populations. Ce plan inquiète et divise également les voisins de la Colombie. Ils ne peuvent s’empêcher de le mettre en relation avec un projet – en faveur duquel les États-Unis ont lancé des ballons d’essai tout en le démentant officiellement – de créer une armée multi-latérale latino-américaine d’intervention en Colombie dans le cas où les guérillas et les narco-trafiquants menaceraient la sécurité régionale. Un tel projet, qui avait été approuvé par le Pérou de l’ex-président Fujimori, a fait l’objet d’une vive opposition de la part du Venezuela (dont le président nationaliste Hugo Chavez ne cache pas ses sympathies pour les FARC), du Panama et du Brésil qui voit d’un mauvais œil toute initiative pouvant concurrencer son rôle de puissance régionale.

Les pays frontaliers de la Colombie (Équateur, Pérou, Brésil, Venezuela et Panama) craignent qu’une violente offensive contre la production de drogue dans ce pays rejette dans les régions amazoniennes qui longent leur frontière avec lui, non seulement les populations mais aussi les guérillas et les narco-trafiquants.

Au cours d’une réunion des pays appuyant la lutte anti-drogues qui s’est tenue à Bogota le 24 octobre 2000, l’Union européenne, à l’issue d’un processus au cours duquel la France a joué un rôle déterminant, a clairement pris ses distances à l’égard du « Plan Colombie ». La contribution financière de l’U.E se montant à 871 millions de dollars sera destinée essentiellement à des programme de « renforcement des institutions » et de « développement social ». Mais, surtout, cette aide financière se situe clairement en dehors du cadre du « Plan Colombie ». Le porte-parole de l’Union, Renaud Vignal du ministère des Affaires étrangères français, a déclaré à cette occasion : « L’aide européenne est différente du Plan Colombie » et il a ajouté afin que ne subsiste aucune ambiguïté : « L’assistance européenne n’inclut aucun aspect militaire…Pour l’Union européenne il n’existe pas d’alternative au processus de paix, il n’existe pas de solution militaire permettant de rétablir une paix durable ». Le responsable de l’Union pour l’Amérique latine, Francisco de Camara, a enfoncé le clou : « Nous voulons contribuer à la paix, non accroître la tension ».

Le 8 mars 2001 a eu lieu une réunion entre les diplomates de 26 Etats et les FARC dans la zone démilitarisée concédée à la guérilla. Les Etats-Unis ont refusé d’y participer, même si la nouvelle administration affirme « soutenir sans équivoque » le processus de paix et « n’exclut pas de participer » au prochain round de discussion avec la guérilla. L’Union européenne et la plupart des pays de l’Espace Schengen étaient représentés ainsi que le le Vatican, la Suisse, le Canada, le Japon, le Mexique, le Brésil, le Venezuela, etc. A l’issue de la réunion un communiqué signé par tous les pays présents réitérait leur appui au processus de paix. En outre cinq pays – Cuba, Espagne, France, Norvège et Suisse – font partie depuis mai 2000 du groupe dit des « pays amis » du processus de paix avec l’autre guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN). L’opposition croissante de l’Union européenne au « Plan Colombie » a facilité le changement de stratégie des FARC, jusque là opposées à la présence de toute commission internationale dans la zone démilitarisée, et remis sur les rails des négociations sérieusement compromises.

Les limites de la lutte contre le blanchiment

Les drogues illicites d’origine naturelle, à l’exception du cannabis cultivé dans des pays comme les États-Unis, l’Australie ou les Pays Bas essentiellement destiné au marché interne, poussent dans des pays du tiers monde : Birmanie, Afghanistan, Pakistan, Maroc, Bolivie, Pérou et Colombie, pour ne mentionner que les principaux producteurs/exportateurs. Cette situation amène le public à faire porter à ces pays la responsabilité des dégâts causés par les drogues dans les pays riches.

Cependant, si l’on considère le blanchiment de l’argent généré par ces productions, on s’aperçoit que le tableau est en quelque sorte inversé. D’abord on constate qu’entre le prix payé au paysan pour la matière première de la drogue et celui que cette dernière rapportera, au détail, dans les rues des pays riches, la multiplication du profit est en moyenne de 1 500 à 2 000 dans le cas de l’héroïne et de 20 à 40 dans le cas du haschisch, drogue pour laquelle les trafiquants «se rattrapent» sur les énormes quantités commercialisées. On estime d’autre part que les profits de la drogue qui restent ou reviennent dans les pays producteurs ne représentent pas plus de 10 % de la valeur finale du produit vendu dans les pays riches. Ainsi, alors que le marché mondial de la cocaïne colombienne représente annuellement une cinquantaine de milliards de dollars, les retombées sur l’économie locale ne dépassent pas 2 milliards de dollars.

On peut en conclure que la plus grande partie des profits générés par la vente des drogues se blanchissent et s’investissent dans les pays riches.

C’est la raison pour laquelle ces derniers ont fait de la lutte contre le blanchiment une priorité. Ils ont créé une multitude de services spécialisés internationaux et nationaux pour traquer l’argent sale des narco : GAFI, TRACFIN, FINCEN, CTIF, FOPAC, etc. La principale organisation multilatérale, le Groupe d’action financière (GAFI) ayant été créé en 1989, il est légitime de s’interroger sur le bilan de cette lutte.

Damien Callamand, expert du FOPAC, cellule anti-blanchiment d’Interpol, a récemment déclaré que si l’on saisissait environ 10 % des drogues en circulation, on ne confisquait guère que 1 % des profits généré par l’ensemble des activités criminelles.

Il ajoutait que hormis l’«Opération La Mina» (1994) qui a abouti à la saisie de 1,2 milliard de dollars, l’ensemble des autres saisies effectuées depuis qu’existe la lutte anti-blanchiment dans le monde, c’est à dire une dizaine d’années, se situerait entre 1 et 2 milliards de dollars, alors que les profits de l’argent de la drogue sont estimés annuellement à des sommes variant entre 300 et 500 milliards de dollars.

Au-delà de l’ambiguïté des systèmes juridiques de contrôle et des défaillances dans leur application, existe aujourd’hui une contradiction plus fondamentale : la volonté de contrôler les mouvements de capitaux dans le cadre d’une économie mondialisée. D’un côté les organismes financiers internationaux recommandent la circulation sans entrave des capitaux, de l’autre les États leur étroite surveillance dans le cadre de la lutte anti-blanchiment. Les recettes ultra-libérales imposées aux pays du Sud et de l’Est impliquent notamment des privatisations massives et rapides dans des pays qui ne disposent généralement pas de capitaux, dont les unités industrielles et les services sont obsolètes et où les risques dissuadent souvent les entrepreneurs d’investir. Cela ouvre tout grand la porte à des mafias pour qui l’essentiel est moins de faire des affaires rentables, que de recycler leurs capitaux dans des conditions avec lesquelles ne peut concurrencer aucun entrepreneur disposant de capitaux licites. C’est ainsi que les mafias italiennes ont racheté des canards boiteux en Allemagne de l’Est et dans toute la CEI, que les mafias russes ont mis la main sur une grand partie des secteurs économiques dans leurs pays, que l’on voit pousser comme des champignons des complexes touristiques en Amérique latine et en Afrique dont les coefficients de remplissage sont truqués pour justifier le blanchiment des organisations criminelles de tout poil.

Mais les pays riches, en particulier certains de ceux qui appartiennent à l’espace Schengen, participent également à cette recherche de nouvelles alternatives économiques dans leurs possessions d’Outre-mer où ils font la chasse aux investisseurs étrangers pour lancer ou relancer l’économie : des zones franches se créent dans le but de développer de nouvelles activités (tourisme, services financiers). C’est le cas, par exemple, dans les Caraïbes, non seulement chez les États indépendants, mais également dans les territoires d’Outre-mer des pays du Nord, comme l’île de Saint-Martin que se partagent la France et les Pays-Bas. Après les mafias américaines dans les années 1950/1960, s’y sont successivement installées les organisations criminelles italiennes dans les années 1960/1970 et les organisations libanaises dans les années 1980/1990. Dernières arrivées, les maffyas turques.

Non seulement cette île est devenue une plate-forme du transit de la cocaïne à destination de l’Europe, mais aussi un centre de blanchiment de premier ordre à travers les banques, les infrastructures touristiques et les casinos.

Un certain nombre d’affaires donnent à penser que plusieurs pays, et non des moindres, sont surtout actifs lorsqu’il s’agit d’épingler le voisin, ils font preuve de beaucoup moins d’allant lorsque les intérêts de leurs grandes banques sont en jeu. Ainsi, les Etats-Unis ont été à l’origine de beaucoup d’affaires…en Suisse. Mais chez eux, l’affaire des fonds Salinas à la City Bank paraît complètement enterré comme si les autorités judicaire jouaient maintenant sur la prescription. Lorsque le GAFI a produit son rapport en octobre 2000, la presse européenne a révélé que l’absence de l’île de Jersey et de Monaco sur la liste des pays « blanchisseurs » avérés, résultait en fait d’une négociation entre le Royaume-Uni et la France

Dernier obstacle aux velléités de contrôle des capitaux : le Cyberbanking.

Si les transactions bancaires ne sont pas une nouveauté, ce sont leur application par le biais d’Internet qui en sont une. Cette facilité de mouvement offerte par un gigantesque réseau transnational aux multiples ramifications présente la particularité d’accroître la volatilité des capitaux et ceci pour deux raisons : tout d’abord, parce que de son propre ordinateur personnel des fonds peuvent être transférés d’un continent à l’autre et ensuite parce que l’argent liquide peut être stocké sur une smart card (porte monnaie électronique). L’argent est par conséquence immédiatement disponible à l’inverse d’une carte bancaire qui nécessite un distributeur. L’élimination de ce lien favorise également la confidentialité puisque par une simple opération commerciale impliquant une carte de crédit il est possible de répérer et de suivre l’itinéraire d’un individu. Cela offre d’immenses possiblités à des entreprises criminelles pour déplacer des sommes colossales. Ce problème s’accroit lorsqu’on associe à l’extrême perméabilité des banques offshore dont la législation bancaire des territoires où elles se trouvent est assouplie de façon à attirer les capitaux. Il convient de reprendre ici les analyses du professeur Jean Dupuy dans son article «Le dédoublement du monde» : «Nous assistons à l’émergence d’un monde dual. Au monde des États, système de légalité, se mêle un monde dont les acteurs sont des forces vives, portés par des flux transnationaux et animés du seul désir de l’efficacité. Ce second monde se distingue radicalement du premier : il est sans frontière ; il est hors la loi». On ne saurait souligner plus radicalement les difficultés de s’attaquer au trafic de drogues à travers la lutte contre le blanchiment.

Conclusion

On le sait les Etats-Unis viennent de perdre leur siège au sein de la direction de l’OICS, après avoir dû céder celui qu’ils occupaient au sein de la Commission des droits de l’Homme. Ce revers est probablement le résultat d’un conjonction d’intérêts divers. Mais un des motifs est certainement le vote de certains pays d’Amérique latine qui ont été toujours opposés au processus de « certification » de la part des Etats-Unis et qui ont reçu un important renfort avec l’élection en 2000 du Vicente Fox du Parti d’action national (PAN) à la présidence du Mexique. Bien que prôche des Etats-Unis, ce dernier la rejette et plaide haut et fort pour une révision des relations du Mexique et de l’Amérique latine avec les Etats-Unis sur le plan de la lutte anti-drogues.

D’autre part, des phénomènes ponctuels comme la quasi-disparition des productions d’opiacés en Afghanistan ou plus structurels, comme le développement de la production des drogues de synthèse dans les pays développés, vont enlever une partie des arguments des Etats-Unis dans leur croisade contre les pays producteurs. Sur le plan de la toxicomanie l’avancée des politiques de « réduction des risques », auxquelles s’est notamment ralliée la France depuis la fin des années 1990, au détriment des politiques en faveur de la politique américaine d’un « monde sans drogue », dont la Suède reste en Europe un des derniers tenants, est un autre signe de changement.

Mais les Etats-Unis conservent des alliés. Les trois grandes organisations onusiennes spécialisées dans la lutte contre les drogues appuient leur position : le PNUCID/ODDCP d’abord, nous l’avons dit, ainsi que l’Organe de contrôle international des drogues (OICS) dont la fonction est de veiller au respect de Conventions internationales (de 1964, 1971 et 1988) élaborées sous l’influence des Etats-Unis. Bien qu’ils puissent faire entendre leur voix au sein de ces organismes, c’est au niveau de la Commission des stupéfiants, expression directe de l’Assemblée générale des Nations unies, que les pays émergeants ou en voie de développement se font surtout entendre. Or ces pays sont sur des positions parfois plus extrêmes encore que celles des Etats-Unis tant au niveau des politiques nationales en matière de toxicomanie que sur le plan de la lutte internationale contre les drogues.

Cette attitude a plusieurs raison. Pour certains, elle découle du fait qu’il s’agit de sociétés non démocratiques – la Chine, la Malaisie, l’Arabie Saoudite ou l’Iran – qui punissent très sévèrement toutes les déviances visibles. Pour d’autres, il s’agit simplement de la conséquence de la fascination exercée par le « modèle américain » ou d’un opportunisme les poussant à rallier ce qui est perçu comme la position dominante parmi les pays riches. Une troisième catégorie vise, à travers des mesures punitives, dresser un rideau de fumée sur les trafics auxquels se livrent leurs élites. Ces pays traitent les consommateurs comme des délinquants, les petits trafiquants comme des criminels dangereux et sont prêts à appuyer toutes les croisades anti-drogues dans la mesure où ils n’en sont pas la cible.

Et cela d’autant plus que si les Européens se sont montrés aussi entreprenants dans le cas de la Colombie, c’est que ce pays fait partie du pré carré des Etats-Unis.

Mais en ce qui concerne par exemple l’Afrique, l’attitude des anciennes puissances coloniales – France, Royaume Uni, Espagne, Portugal – est loin d’être toujours aussi ferme avec certains gouvernement du continent impliqués dans les trafics. Pour ne pas parler de la complaisance dont elles font preuve à l’égard de centres de blanchiment comme Jersey pour le Royaume Uni ou Saint-Martin/Sint Marteen pour la France et les Pays-Bas.

Ces ambiguïtés et ces contradictions, non seulement sont un obstacle à la lutte contre la grande criminalité dans le domaine des stupéfiants, mais elles peuvent être elles-mêmes à l’origine de nouvelles menaces comme le suggère l’attitude des Etats-Unis dans le cas de la Colombie.

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PAYS-BAS 🇳🇱 (Amsterdam) : Peter R. De Vries, le journaliste blessé par balles en pleine rue, était une cible pour la narco mafia  

Peter R. De Vries

Un journaliste star, spécialisé dans les affaires criminelles, a été grièvement blessé par balles.

L’ombre de la Mocro Maffia plane.

Cette organisation dirigée par Ridouan Taghi, un Marocain résident au Pays-Bas, était devenue dans les années 2010 un acteur majeur du trafic de cannabis et de cocaïne aux Pays-Bas mais aussi en Europe. Finalement arrêté à Dubaï en 2019 et extradé, Taghi est actuellement jugé pour six meurtres ou tentatives.

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CHILI 🇨🇱 (Santiago) : un prêtre tient tête à la mafia

C’est le combat d’un homme seul face aux narco-trafiquants. Gérard Houis est un prêtre français de 74 ans installé dans un quartier pauvre de Santiago du Chili, où les parrains font régner la terreur.

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BRÉSIL 🇧🇷 (Joao Pessoa) : en cavale, Rocco Morabito de la ’Ndrangheta a été repris par la Police fédérale brésilienne

L’Italien Rocco Morabito, lors de son arrestation à Montevideo, en Uruguay, le 5 septembre 2017.

L’un des délinquants les plus recherchés par l’Italie, mais aussi par les autres pays du monde, va retrouver la case prison. Le chef mafieux italien Rocco Morabito, trafiquant de drogue en cavale depuis sa fuite d’une prison uruguayenne en juin 2019, a été capturé lundi dans la ville de Joao Pessoa, dans le nord-est du Brésil.

Considéré comme le patron de la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise, il a été appréhendé « avec un autre fugitif italien », dont l’identité n’a pas été révélée, à la suite d’une « enquête conjointe entre le Brésil et l’Italie », a affirmé la Police fédérale brésilienne (PF).
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ESPAGNE 🇪🇸 (Andalousie) : depuis plus de 30 ans, les structures mises en place, la logistique criminelle, les contacts et ramifications avec différents services spéciaux sont toujours d’actualité

NARCOTRAFIC : le trombinoscope des années 90

Carlos Gaston Ferran, dit « Le Grand »

ICI lors d’un séjour en Algérie dans sa jeunesse.


Jean Gilbert Para, un proche collaborateur de Charles Ferran, disparu le 11 mai 2002, dans la région de Ronda en Andalousie. (Son 4X4 a été retrouvé criblé de balles!)

Il était copropriétaire avec Carlos Ferran, Edouard ´Doudou´ Mari-Chica et Abdel Omar (Adiel OUANOUGLU) »Le Chacal » du ´My Lady Palace´ y ´Play Boy´ de Marbella et d’autres établissements similaires à Torremolinos et Benalmádena. Il gérait aussi un restaurant Plaza del Socorro à Ronda.



Adiel OUANOUGLU ou Abdel OMAR, dit « Le Chacal ».

enregistré par les autorités françaises de la DNRED et de l’OCRTIS

« C’est un personnage qui a fait bénéficier la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières, NDLR) comme d’autres services français d’un carnet d’adresses très étoffé« , expliquait Jean-Michel Pillon, chef de bureau au sein de la direction des douanes lors d’une audition devant la brigade financière en mars 2016

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Alain David Benhamou dit ´Doudou´ Mari-Chica

Le beau-frère de Carlos Ferran

ici à Marbella

 


Ricardo RUIZ COOL, commissaire de Police à Estepona (Andalousie) dans les années 90, chargé de la sécurité des GAL sur la Costa del Sol, était un contact très proche de Carlos Ferran. Il mettait à sa disposition le fichier de la Police Nationale espagnole et sécurisait les rendez-vous de Carlos Ferran avec Rafael Vera, le ministre espagnol de la sécurité.

Son adjoint à Estepona, Florentino Villabona Madera pourrait, j’en suis certain nous parler de cette grande époque, s’il n’est pas frappé d’amnésie sélective. Aujourd’hui, il est « Director Adjunto Operativo (DAO) de la Policía »!


Le GAL

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Felipe Gonzalez (au centre), le fondateurs du GAL et ses meilleurs collaborateurs Rafael Vera (à gauche) et José Barrionuevo.

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ESPAGNE (les années sombres du terrorisme et du narcotrafic d’Etat): retour sur les cloaques de Felipe Gonzalez, José Barrionuevo, José Luis Corcuera, Rafael Vera et des mercenaires du GAL

LIRE: NARCO-TERRORISMO (G.A.L.): los mercenarios de la OAS en España.

ET aussi: l’histoire du GAL

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La DNRED était copropriétaire de ce restaurant en bordure de mer à Estepona avec Marc Fievet

Lire plus :
DOUANE FRANÇAISE : quand la DNRED tenait un restaurant à Estepona en Andalousie

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SPAIN 🇪🇸 (Marbella) : the Costa del Sol is home to more than 100 different criminal organisations

They range from extremely powerful, tightly structured mafias, like the Serbian, Morrocan and Dutch groups, to gangs of small-time burglars. Most groups specialise in one or more of the various activities that revolve around trafficking drugs: buying merchandise, protection and security, transportation, distribution, money laundering. Almost none of these groups can manage the whole process by themselves, which makes collaboration essential.

A prosecutor in the region put it like this: “Anyone who thinks that the criminal organisations are the same as they were before – structured like a pyramid, managing every aspect of the business – well, they’re wrong. It’s not like that any more. It’s a lot more like in the TV series ZeroZeroZero, where everyone has to form alliances and each group takes on certain things. They’re not cartels, they’re service providers: it’s the Uberisation of organised crime.” Because of this, there’s also no division of territory. “It’s not possible to make a map, like they’ve done, for example, with Mexico,” he says. “Instead, you’d have to make a diagram that reflects the division of labour, the different roles and activities of each organisation.”

The groups in Costa del Sol, said one Marbella-based drug trafficker, “are talking with each other all day long, asking each other questions”. Everyone knows everything, he said, “and almost everyone knows each other”. Meetings take place in discreet locations: shopping centres, fast-food restaurants or parks, or during a stroll through a public garden in a luxury development.

While there might not be any clearly marked territories on the Costa del Sol, each group has its own stomping grounds – the businesses and other locations they frequent and control. And it’s important, the trafficker said, sipping his drink, that everyone knows the rules. “If a Brit walks into an Albanian gym, for example, he’s gonna have a problem.” The Irish have their own pubs in Puerto Banús; the Moroccans have their own bars, where there’s no (public) alcohol consumption but they smoke shisha; the Colombians hang out at the shopping centres; the Camorra have their pizzerias, and there are specific hotels for English gangsters. The police know a lot of these places by name.

Beyond its own frontiers, Marbella is inextricably linked to Dubai by crime.

Most of the area’s criminal groups live between these two cities. “Dubai is like Marbella but with no rules and no law,” said one high-level Costa del Sol criminal. “It’s extremely rare for them to arrest anyone there. It’s only happened a few times, and always for some underlying political reason. Most of the top bosses live there, and then they spend the summer in Marbella. The soldados go to Dubai when they feel like they’re under surveillance. We’re protected there. There’s no extradition.”

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ITALIE 🇮🇹 (‘Ndrangheta) : retour au bercail de Giuseppe Romeo pour y purger 20 ans de prison

Giuseppe Romeo, AKA ‘le fou’, ‘le nain’, en cavale depuis 2018,  arrêté à Barcelone le 11 mars, est rentré à Rome sous bonne escorte de la police italienne vendredi 14 mai.

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Interrogé par la Guardia Civil après son arrestation à Barcelone

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EUROPE 🇪🇺 (opération PLATINUM-DIA) : en Allemagne 🇩🇪, Espagne 🇪🇸, Italie 🇮🇹 et Roumanie 🇷🇴, vaste opération policière européenne contre la ‘Ndrangheta

L’opération contre la ’Ndrangheta, dévoilée mercredi matin par la Direction nationale des enquêtes anti-mafia (DIA), vise deux clans de cette mafia, la famille Agresta et de la famille Giorgi, cette dernière accusée de trafic de drogue international, dans plusieurs régions en Italie et en Allemagne.

« Plus de 200 » membres de la DIA (Direzione Investigativa Antimafia), « une centaine » de policiers et gendarmes, soutenus par des hélicoptères et des unités cynophiles ainsi qu’un régiment militaire, ont été mobilisés sur le territoire italien, tandis que « 500 agents » y participaient dans les trois autres pays, ont précisé les enquêteurs italiens chapeautés par le parquet de Turin (Nord) . Johannes George Roth, procureur de Constance en Allemagne, a précisé de son côté que 33 mandats d’arrêt ont été délivrés pour cette opération : trois en Allemagne et trente en Italie, et que plus de 80 perquisitions ont été effectués.

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FRANCE 🇨🇵 (OFAST) : la « Darmaniphobie » en question

La lutte anti-drogues cible principalement les consommateurs et tend à automatiser la sanction avec des amendes, « au détriment des mesures sanitaires », selon une note publiée mardi par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies.

« En Allemagne, on consacre plus de fonds à lutter contre le trafic qu’à interpeller des usagers »

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En FRANCE, aucune protection pour ceux qui luttent contre le narcotrafic

 

Malgré le témoignage de Jean Paul Garcia, attaché douanier en poste à Madrid, devant les magistrats espagnols, précisant que l’agent infiltré Marc Fievet serait plus utile dehors qu’incarcéré…Les autorités douanières françaises, au manque d’honneur avéré, l’ont laissé partir pour un périple carcéral de 3888 jours à travers l’ Espagne, l’Angleterre, le Canada et la France.

Explications avec

DOUANE FRANÇAISE (DNRED – Années 1988, 1989, 1990, 1991, 1992, 1993, 1994): qui est donc Marc Fievet qui ne peut « zapper » cette période?

 

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Les NARCONEWS sur TWITTER

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FRANCE 🇫🇷 (Douane Française – DNRED) : comment François Auvigne a démontré sa lâcheté dans la gestion du dossier de NS 55 malgré les demandes de Jean Puons, DI DNRED

Comment l’Etat assassine les lanceurs d’alerte (Quatrième partie)

par

Stéphanie Gibaud

De très nombreux citoyens sont victimes du mensonge de nos dirigeants politiques, économiques, financiers, mais aussi administratifs, militaires, sanitaires.

Les lanceurs d’alerte de tous horizons ont prouvé depuis des années que la vérité fait peur, isole. Il est plus simple de détruire les vies de ceux qui agissent avec leur conscience, avec bienveillance pour le bien de la communauté que de proposer des solutions pérennes. Mais les lanceurs d’alerte au sens de la loi Sapin II ne sont pas les seuls à alerter des dysfonctionnements de l’Etat.

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MEXIQUE 🇲🇽 (cartels de la drogue) : depuis septembre dernier, pas moins de 66 hommes et femmes politiques ont été assassinés

Pour Rosa Rodriguez, chargée de la sécurité et de la protection civile au sein de l’exécutif, les organisations criminelles cherchent à renforcer leurs opérations en intimidant et en augmentant leur influence politique (…) Nous pensons que c’est un véritable parti qui est en lice, le parti du crime, qui cherche à intimider la classe politique et le peuple en général

Ce n’est pas une campagne électorale mais une hécatombe !

Les Mexicains doivent se rendre aux urnes le 6 juin prochain pour élire à la fois leurs députés, leurs gouverneurs et leurs maires, entre autres, mais le sang des candidats de tout bord coule déjà abondamment : en seulement un peu plus de six mois, soit depuis septembre dernier, pas moins de 66 hommes et femmes politiques ont été assassinés froidement, selon un bilan tout à fait officiel.

La signature des gangs et des cartels

Il ne faut pas être un expert de la violence récurrente dans ce vaste pays pour savoir quels sont les coupables du massacre organisé et parfaitement ciblé. Il porte la signature des très nombreux gangs qui terrorisent la population mexicaine, et de leurs principaux commanditaires, les tristement célèbres cartels de la drogue ; ces derniers sont au nombre d’une douzaine sur tout le territoire à établir leur propre loi par la violence et la corruption, y compris au sein des forces de sécurité et bien évidemment dans le milieu politicien.

La peur, puis le renoncement ou la mort

Au moins sept États du Mexique sont particulièrement ensanglantés : ceux d’Oaxaca, de Guanajuato, Veracruz, Guerrero, Morelos, de Basse Californie et de Jalisco. Avant de leur infliger la peine suprême, la mort, les bandes criminelles font monter la peur des candidats locaux et de leurs familles en procédant à des enlèvements, des incendies de maisons ou de voitures, et autres représailles. Selon les forces de l’ordre, dans l’ombre de ces actions violentes se cachent parfois des rivaux politiques sans vergogne.

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BALKANS (Albanie 🇦🇱) : l’État balkanique approvisionne l’Allemagne en cannabis et en cocaïne depuis des années, mais pas que !

Dans les années 90, l’Albanie frappée par une grave crise économique était déjà affaiblie par la guerre en Yougoslavie. De nombreux jeunes Albanais considéraient le trafic de drogue comme le seul moyen de sortir de ce réseau de pauvreté et de corruption.

Depuis le pays est devenu le premier narco-État d’Europe. Et ceci en dépit du fait que l’Albanie est membre de l’OTAN et est sur le point de négocier son adhésion avec l’UE.

Dès le début des années 2000 de jeunes adolescents furent envoyés en Angleterre, en Allemagne, en Belgique en France, en Italie et aux Pays-Bas et, sous l’étiquette de réfugiés, s’implantèrent dans ces différents pays avec l’aide des services d’accueil à l’enfance. Ces jeunes gens devenus adultes et bien intégrés ont permis la mise en place de « cellules dormantes », disponibles pour toutes opérations de narcotrafic ou de vente d’armes.

Dans un rapport, VICE s’est entretenu avec deux trafiquants de cocaïne d’une banlieue délabrée de la capitale albanaise, Tirana.

Ils venaient de rentrer d’un voyage en Allemagne. Comme beaucoup de leurs collègues, Artin et Luli sont passés du cannabis à la cocaïne. Cela rapporte plus d’argent et le matériel est facile à obtenir. Ils gagnent environ 20 000 euros s’ils apportent un kilo de cocaïne dans les pays riches d’Europe. Et le marché se développe: « Il faut faire le tour de l’Allemagne, de l’Italie ou de l’Angleterre si l’on veut réaliser quelque chose ici. La cocaïne est un vrai travail », déclare Artan.

Le trafic de drogue en Albanie a une longue histoire

Entre-temps, le pays est devenu le premier narco-État d’Europe. Selon la définition du Fonds monétaire international, un narco-État est un pays «dans lequel toutes les institutions légitimes sont imprégnées de la puissance et de la richesse du trafic de drogues illicites».

Les exemples habituellement donnés sont le Venezuela, la Guinée-Bissau et l’Afghanistan, mais certains pays européens font aussi partie de la liste comme l’Albanie entre autres.

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BELGIQUE 🇧🇪 : quand les gendarmes jouent aux pirates pour rattraper les voleurs !

« Il est clair qu’on ne pouvait pas moralement se permettre de laisser passer certaines choses. Les images sont pires que ce que j’ai déjà vu dans certaines séries » entame Frédéric Van Leeuw. Concrètement ? « Des règlements de compte, des tueurs à gage, des photos de victimes, des personnes qui sont envoyées d’un pays à un autre pour tuer quelqu’un, des messages qui disent que si on ne trouve pas une cible, on s’attaque à la famille. C’est une violence incroyable, un monde où la morale a totalement disparu. »

Les policiers ont intercepté au total 1 milliard de messages, dont la moitié a déjà pu être décryptée à ce stade. Pour donner une idée : 3 millions de messages cryptés, écrits, enregistrements ou photos, s’échangent chaque jour entre les utilisateurs de Sky ECC.

Belgique, plaque tournante du trafic de drogue

Si l’on peut parler en ces termes, 2020 a été une année record : 65 tonnes de cocaïne ont été saisies au port d’Anvers l’an dernier. C’était 62 en 2019 contre 50 en 2018. Un chiffre qui augmente donc d’année en année. Selon plusieurs experts, le port d’Anvers capitalise à lui seul 20 à 25% des importations européennes de cocaïne.

 Frédéric Van Leeuw, procureur fédéral.

« La lutte contre le trafic de drogue devrait devenir une priorité absolue dans le monde entier« , commente le procureur fédéral. « C’est en train de tout pourrir : il y a évidemment le côté catastrophique de la consommation de drogue, mais il y a aussi ces sommes d’argent extravagantes qui pourrissent des systèmes entiers et qui génèrent une extrême violence. La vie n’a plus de valeur avec cet argent. »

Des structures venues de l’étranger et dont les méthodes arrivent en Belgique pour notre interlocuteur : « Je suis allé au Brésil il y a deux ans pour un accord de coopération. Le parquet général de Brasilia m’a présenté des situations de violence que je pensais inimaginables en Belgique. Force est de constater qu’en deux ans, chez nous, les attentats à la grenade et les tirs à la kalachnikov deviennent quasiment hebdomadaires. »

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FRANCE 🇫🇷 (Douane française) : retour sur l’affaire Fievet – NS 55 DNRED

Madame la directrice générale de la Douane française Isabelle Braun-Lemaire sera-t-elle comme son prédécesseur lointain l’énarque – IGF François Auvigne et tous ses successeurs qui ont refusé d’assumer les engagements pris par l’administration qu’elle dirige ?

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En France, dans la bibliothèque du Sénat

Elise Lucet :
Invité de Pièces à conviction, Michel Charasse, bonsoir…

Michel Charasse :
Bonsoir.
Elise Lucet :
Vous êtes l’ancien ministre du budget de 1988 à 1992 et sénateur du Puy de dôme, c’est la raison pour laquelle, nous sommes exceptionnellement au Sénat pour réaliser cet interview…Euh, vous ne souhaitez pas parler de, de l’affaire Marc Fievet…Est-ce que je peux vous demander quels étaient vos rapports, lorsque vous étiez ministre du budget avec ces aviseurs, je crois que vous avez souhaité les rencontrer, pourquoi ?
Michel Charasse : Lorsque je suis arrivé au ministère du budget en mai…juin 88 , l’administration des douanes  dont l’une des fonctions importantes est de lutter contre tous les trafics …de drogue, d’argent,  euh, contre-façon..etc. prenaient par an à peu près 5 tonnes de drogue. Lorsque j’ai quitté le ministère le 2 octobre 1992, nous étions à 35 tonnes par an. C’est à dire multiplier par 5, par 7 pardon…
Elise Lucet : Ouais !
Michel Charasse : En, en un peu plus de quatre ans………..Vous pensez bien que tout ceci a nécessité une organisation
Elise Lucet :Honhon !
Michel Charasse : Ou une réu.. Ou .une réorganisation….Bien entendu ce n’est pas moi qui est tout inventé, mais j’ai donné à la douane beaucoup de moyens…avec l’argent du contribuable, pour en faire une véritable arme contre les trafiquants et notamment les trafiquants de drogues
Elise Lucet : Et parmi ces armes, il y avait les aviseurs
Michel Charasse : Et parmi ces armes il y avait la collecte de renseignement et dans l’ensemble des renseignements, il y avait bien entendu les renseignements fournis par les aviseurs…
Elise Lucet : Beaucoup ?
Michel Charasse :  Des aviseurs plus nombreux, mieux organisés, des relais mieux organisés par l’intermédiaire des , des, des correspondants que la douane pouvait avoir à l’étranger sous couverture planquée ou officielle, attachés douaniers dans les ambassades etc. etc…Donc bien entendu, on a dû beaucoup, enfin beaucoup a été dû aux renseignements
Elise Lucet : Ouais !
Michel Charasse : Et c’est d’ailleursparce que l’affaire a pris une ampleur importante pendant le temps où j’étais au ministère, en  particulier avec la technique de ce que l’on appelle les livraisons contrôlées, c’est à dire l’infiltration de nos aviseurs ou quelques fois de douaniers d’ ailleurs, dans les réseaux de drogue
Elise Lucet : Ouais !
Michel Charasse :  Et de fonctionnaires donc, de la douane, dans les réseaux de drogue..Euh, qui a conduit à…  justement un incident grave. ..Euh…entre 90 et 92, qui s’est retrouvé devant le tribunal de Dijon, puisqu’à l’époque la législation française n’autorisait pas la livraison contrôlée,…le code pénal
Elise Lucet : Vous parlez des quatre douaniers qui ont été incarcérés.
Michel Charasse : Voilà, donc il y a eu l’affaire de Dijon  et ces douaniers ont failli être condamné et ..euh, ils ne l’ont pas été que parce que d’une part j’ai fait voter la légalisation des livraisons contrôlées….Comme je l’ai déclaré un jour, on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre,
Elise Lucet : Oui
Miche Charasse : Quand on fait la guerre on fait la guerre…
Elise Lucet : Ouais…
Michel Charasse :On ne fait pas la guerre avec le, avec le code pénal dans la poche ou avec des prières ou la bible ou le portrait de Mahomet.
Elise Lucet ; Donc si on veut coincer des trafiquants, il faut utiliser leurs méthodes !
Miche Charasse : Donc, très bien euh…Il faut utiliser leurs méthodes, il faut aller les chercher là où ils sont.
Elise Lucet : Honhon.
Michel Charasse : Vous savez ce sont des tueurs, je parle pas du petit, du petit merdeux, du petit dealer, du pauvre gamin…
Elise Lucet : Non, non, on parle des Locatelli, des gens comme ceux qu’on a vu dans le reportage.
Michel Charasse : Etc… je parle, voilà, des gros. Ce sont des tueurs ! Par conséquent, on va pas attraper les tueurs en leur récitant des cantiques.
Elise Lucet : Alors, on en vient à la situation actuelle, si vous le voulez bien…
Michel Charasse : On tire d’abord et on discute après……………………….
Elise Lucet :……………….Euh, on va en venir à la situation actuelle si vous le voulez bien…
Michel Charasse : J’ai sur ce plan là, quand on a affaire à des tueurs, une notion  de l’Etat de droit qui est assez flexible…
Elise Lucet :.Michel Charasse, pour terminer, on a bien compris que vous ne vouliez pas parler du dossier de Fievet, mais est-ce qu’il y a en France … des aviseurs de la douane et là je parle pas forcément du moment où vous, vous y étiez, qu’on a laissé tomber…
Michel Charasse : ……………..A mon époque, je n’ai pas entendu dire qu’on avait laissé tomber qui que ce soit…
Elise Lucet : Donc, on laisse pas tomber les aviseurs ?
Michel Charasse :………Mais, on laisse tomber personne …Il faut laisser tomber personne. Lorsque vous êtes  engagé dans une bataille….Euh, et ben…Euh…Euh, vous faites le nécessaire pour sauver tous vos soldats…
Elise Lucet : C’est pas ce que Fievet a l’air de penser…
Michel Charasse : (6 secondes de silence).Chacun pense ce qu’il veut, moi je vous dis simplement que quand on voit les résultats qu’on voit, il faut bien que…euh, l’administration des douanes soit soutenue par son ministre et qu’elle soutienne tous ceux qui collaborent, fonctionnaires ou non à ses activités.
Elise Lucet : Michel Charasse, merci d’avoir répondu à nos questions.

La preuve par l’image:

Quelques années plus tard:


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ITALIE 🇮🇹 : qui arrêtera la Mafia ?

Dans « Débatdoc » le documentaire réalisé par Cécile Allegra et Mario Amura : Italie-Mafia, un pacte sanglant. En Italie, la Mafia a gangréné le pouvoir politique depuis l’après-guerre. C’est l’effrayant constat livré par ce documentaire. À l’aide de témoignages exclusifs, il dénonce l’accord passé entre l’organisation criminelle et la démocratie Chrétienne. Une liaison incestueuse entre l’Etat et la Mafia qui perdurerait, jusqu’à nos jours, en Italie.

sur LCP ce mardi 9 mars 2021

Avec:

Fabrice Rizzoli, docteur en Science politique de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, spécialiste de la grande criminalité. Auteur de « La mafia de A à Z : crime organisé, mafias, anti-mafia : 160 définitions pour un état des lieux » chez Tim Buctu Editions.

Jacques de Saint Victor, historien et écrivain, auteur de nombreux ouvrages sur les systèmes de droit et de criminalité organisée dont « Un pouvoir invisible. Les mafias et la société démocratie (XIXe-XXIe siècle) » chez Gallimard.

Charlotte Moge, maîtresse de conférences en Études italiennes à l’Université Jean Moulin-Lyon 3

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FRANCE 🇫🇷 (Douane française – DNRED) : l’histoire d’un homme ordinaire devenu presque par hasard agent secret

Après avoir épuisé tous les recours en France, mes avocats ont adressé une requête à la Cour Européenne (CEDH) pour jugement inéquitable (maintien du secret défense sur mon dossier). La requête a été rejetée au bout de 4 ans sans explications et sans avoir motivé ce refus.

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EUROPE 🇪🇺 (Méthamphétamine): des chimistes mexicains travaillent désormais aux Pays-Bas 🇳🇱 et en Belgique 🇧🇪

CÔTE D’IVOIRE 🇨🇮 (Spaghetti connection au Brésil): tous les chemins de la coke mènent à Rome (ou plutôt à Reggio de Calabre)

Quand Sylvain Coué racontait une saisie de coke

Dernièrement nous nous sommes arrêtés en route du Brésil à la Côte d’Ivoire, suite à la parution d’un article retentissant au printemps dernier qui continue à faire des remous dans le pays, car il a clairement montré du doigt comme responsable du trafic de cocaïne dans le pays, un ministre bien en vue, pas moins. On y a découvert une nouvelle filière, en fait, surnommée très vite la « spaghetti connection » car elle était dirigée… par des italiens liés à l’inévitable mafia calabraise. Des italiens qui vont nous faire faire un tour en Afrique du Sud et en Croatie, comme quoi le trafic de coke nous fait beaucoup voyager. Avec au bout, hélas, la menace que toute cette coke serve à alimenter les réseaux terroristes du Sahel, tous plus mafieux les uns que les autres…

Pour nos deux journalistes , Nicholas Ibekwe (qui est nigérian d’origine, il est né dans le bidonville Maroko au sein d’une famille de onze enfants (1) et le belge Daan Bauwens, (2), la cocaïne, désormais, c’est sûr, a bien envahi toute la Côte d’Ivoire, depuis 2012  en commençant par la côte et les rejets intempestifs de la mer de ballots tombés des cargos les véhiculant. En commençant un article au titre un peu trop provocateur par une info douteuse ou mal documentée en fait : »Un matin, elle s’échouait sur la côte, on s’est littéralement fait submerger », dit Babacar, un grand rastafari qui supervise le chantier. « Un bateau d’Amérique du Sud se faisait poursuivre par un bateau de police et le capitaine n’a rien trouvé de mieux à faire que de jeter toute la marchandise par dessus bord. On trouvait des sacs en plastique remplis de coke sur toute la côte de l’Afrique de l’Ouest. Encore aujourd’hui, ça arrive. » Plusieurs personnes du village ont confirmé l’histoire de Babacar mais personne ne parvient à mettre une date dessus. Il se peut qu’il s’agisse des 6 tonnes qui ont été jetées dans l’océan par un bateau bélizien devant la côte marocaine en 1997. Il est fort possible qu’il s’agisse d’un de ces incidents non-signalés ». Seulement voilà : les courants  descendants des Canaries n’auraient pu que difficilement apporter en Côte d’Ivoire cette fameuse cargaison abandonnée par le Duanas et qui s’est répandue sur les plages, allant de Casablanca jusqu’au maximum à la ville de Safi qui est bien plus au Nord du pays également. (en Côte d’Ivoire, les plages du pays sont en effet aussi léchées par un fort courant inverse, d’Est en Ouest, qui s’appelle le courant de Benguela ) ! Bon, toujours est-il que des ballots, il y en a eu, et… beaucoup même. Mais provenant du Maroc c’est nettement moins sûr ! Dans son rapport « COCAINE TRAFFICKING IN WESTERN AFRICA » d’octobre  2007, l’UNDOC l’avait noté  : « selon les forces de l’ordre, la cocaïne est principalement expédiée vers l’Afrique de l’Ouest sur des bateaux de pêche et des cargos. La drogue est généralement dissimulé dans des zones de dissimulation construites spécialement à cet effet dans le cadre du bateau, comme un réservoir d’huile modifié. Ces zones de dissimulation rendent très difficile la détection du médicament sans intelligence spécifique quant à sa localisation. Des saisies de cocaïne ont également été effectuées sur des yachts privés plus petits ». En illustration la photo de l’interception du cargo «Master Endeavour» et les ballots de cocaïne retrouvés dans le châssis du navire par la Marine Nationale, prêts à être balancés à l’eau. « Les saisies effectuées en haute mer nécessitent de longs préparatifs et la perquisition ne peut être effectuée qu’après avoir reçu l’autorisation des autorités du pavillon du navire » y-ajoutait-on : les attraper n’est pas facile, dès qu’il s’agit de relais international, si on veut ne se mettre personne à dos… ci-dessous une saisie record en 2006 sur la côte du Ghana :

Le nom de baptême de la filière « spaghetti » 

Plus intéressante est la suite de leur enquête : « en septembre 2018, 1,2 tonne de cocaïne d’une valeur marchande de 250 millions d’euros a été interceptée dans le port de Santos, au Brésil , à destination d’Abidjan. La drogue était cachée dans des machines de construction lourdes (nota : on en trouvera 8 tonnes au final !!!). Le transport était organisé par la ‘Ndrangheta et la Camorra napolitaine.

 On doit donc y rencontrer Sylvain Coué, l’agent qui avait arrêté en pleine nuit dix-huit suspects de cette opération quelques semaines avant cet entretien (…) Couvert d’une casquette rouge, Sylvain Coué est un cinquantenaire plutôt affable. Il commande des expressos pour tout le monde et commence à raconter » : « J’avais reçu l’info de la police brésilienne qu’il y avait 1,2 tonnes en route pour Abidjan », dit-il à propos de l’opération, « J’avais reçu l’adresse du dépôt où les engins de construction allaient arriver et être démantelés. En même temps j’avais reçu l’info de la police italienne qu’un membre de la ‘Ndrangheta venait d’être envoyé ici. On l’a suivi dès son arrivée et il s’est dirigé directement vers le dépôt de démantèlement au port. La 1,2 tonne allait y être sortie des engins, emballée et envoyée dans des containers vers l’Italie ».

Le surnom des trafiquants inconnus a alors vite été trouvé : « Les propriétaires du dépôt n’appartenaient pas à la « Ndrangheta mais à la Camorra, la mafia napolitaine. Ils tenaient également la pizzeria « Regina Margherita » au centre d’Abidjan. « (ici à droite) « Tout se passait autour de ce restaurant et comme j’avais besoin d’un nom pour l’opération, je l’ai baptisée “The Spaghetti Connection”. Je pensais que ça ferait rire tout le monde. Pizza Connection, French Connection, Italian Connection, ils avaient tous été utilisés auparavant. Ce n’était certes pas un restaurant de spaghetti, mais bon. »  L’homme derrière la coke était en fait « Pépé » (ici à gauche) et c’était en fait le cuisinier de la pizzeria ! Il a été interpellé le 7 juin 2019 en compagnie de 5 compatriotes italiens, d’un franco-turc, et de 3 ivoiriens. « Ils tentaient de faire pénétrer sur le sol ivoirien plus d’une tonne de cocaïne en provenance du Brésil »  note le journal KOACI.

Le spaghetti, c’est universel; on le trouve partout !

A signaler que le procédé de la pelleteuse était classique (3), ils avait déjà été utilisé à plusieurs reprises auparavant comme j’avais pu aussi vous le dire ici. « Un procédé ancien, car en 2006 déjà, lors de l’arrestation puis l’extradition aux USA de Manuel Felipe Salazar-Espinoza, alias “Hoover« , alias encore « el rey de la cocaína », un des rois en effet du marché de la coke coincé par la DEA, on s’était aperçu qu’il avait abondamment utilisé ce procédé pour transborder sa cocaïne de Panama au Mexique, via d’énormes grues dans laquelle avait été dissimulé 1,3 tonne d’un coup (contenu étalé ici à gauche), un record pour l’époque. En 2011 encore, la police  espagnole avaient saisi idem une cargaison de pains de coke dissimulés dans l’embase d’une pelleteuse (ci-dessus à droite).

Un procédé classique, donc, de dissimulation, qui a été réemployé récemment, mais à l’île Maurice, l‘engin provenant cette fois de l’Afrique du Sud ! ! La drogue provenant là aussi au départ de façon surprenante du Brésil (importée par Scomat, une société sise à Pailles) ! Le bateau transporteur étant alors le cargo de type RORO Hoegh Antwerp (qui avait transporté aussi en même temps Mauricio, le premier tram du Metro Express, en venant d’Espagne). Le Brésil mène décidément à tout ! Remarquez, avec le flot d’avions chargés de coke que l’on vient d’étudier (cf ls épisodes précédents) et ceux à découvrir bientôt ici, ce n’est guère étonnant. Ce qui l’est davantage, cette fois, c’est le rôle de l’intermédiaire sud-africain et de l’arrivée également par l’Est du contient (où parvient plutôt l’héroïne afghane) !

A la Réunion aussi, même principe !

Étrange découverte, en effet que cette autre tractopelle brésilienne pleine de coke, qui a mené aussi à une autre affaire, celle de la découverte en juin de 140 kg de cannabis à La Réunion sur la côte Ouest de l’Afrique donc. C’est le journal ExpressMu qui a fait le lien,  qui est assez étonnant, ma foi :  « Retour sur la saisie de 140 kg de «zamal» (la »weed » locale en fait le Cannabis Sativa L ). « Le 1er juin, la police réunionnaise fait main basse sur 140 kg de cannabis à Sainte-Rose. Le skipper du bateau qui devait transporter la drogue vers Maurice a le temps de prendre la fuite et, quelques jours plus tard, l’embarcation est retrouvée à Flic-en-Flac. Plusieurs personnes avec des connexions avec des partis politiques sont interpellées. Les états-majors politiques démentent sur le champ. La police les soupçonne d’être des prête-noms. Mais deux mois plus tard, rien de nouveau n’a été trouvé et l’enquête est au point mort. Sunil Krishna Dowlut, Steve Nicolas Mariette et Damien Jean-Pierre, les trois propriétaires du bateau qui a servi à prendre la fuite pour rejoindre Maurice, ont été arrêtés début juin (nota : Sunil Krishna Dowlut, qui habite Pointe-aux-Canonniers, n’est autre que le fils de Sunil Dowlut, connu à Grand-Gaube dans la gestion de catamarans et surtout pour ses liens politiques). « L’ancien propriétaire du bateau avait aussi été appelé à donner sa version des faits. Après son interrogatoire, cet habitant du Nord avait été autorisé à partir. Cependant, un fait interpelle. Il aurait vendu le bateau pour la somme de reais (bésiliens)  500 000 (79 328 euros) alors qu’il en valait au moins quatre fois plus, selon des sources policières. Ce n’est pas la première fois que cet homme faisait parler de lui. En février, la presse avait fait état de son anniversaire qu’il avait célébré dans le Nord. Lors de la fête, de la drogue avait été mélangée à des amuse-bouches et plusieurs invités estimant qu’ils subissaient les effets d’une overdose avaient dû être transportés à l’hôpital (ici un  autre cas du même genre en Australie). Malgré cela, aucune enquête policière n’avait été initiée. De plus, il se trouve que l’homme en question ne serait pas totalement étranger au controversé couple Agliotti ».  En illustration ici, trois types de bateaux rapides rencontrés à Maurice où ils sont fort appréciés.  Des bateaux d’agrément pouvant devenir au besoin des speed-boats à coke !!!

Un riche couple d’origine italienne mis en cause

Pour mémoire ce n’est pas la première fois que ce couple richissime pourtant bien en vue se retrouvait dans la tourmente, en ayant pris récemment la poudre d’escampette du pays. « Pour rappel, le nom de Glenn Agliotti avait surgi au Parlement le mardi 16 juillet. Adrien Duval, lui-même habitant le Nord, comme ce dernier, avait demandé comment cet homme, condamné pour trafic de drogue en Afrique du Sud, avait eu, du Prime Minister’s Office, son permis de résidence à Maurice. Ce dernier a quitté le pays en compagnie de sa femme Lelani peu après la saisie de cocaïne, comme en faisait part l’express dans son édition du 27 juillet. Le couple Agliotti avait loué une maison à Cap-Malheureux appartenant à l’épouse de l’ancien propriétaire du bateau. Le bâtiment devait abriter la compagnie de Lelani Agliotti, « Style by Bella ». Cette compagnie, spécialisée dans la mode et le design, demeure largement méconnue dans le milieu local. D’ailleurs, le nom de la propriétaire de la maison figure sur les documents d’enregistrement de Style by Bella. « 

Un Agliotti qualifié par le même magazine carrément de… trafiquant, quant il avait voulu relancer la culture du tabac dans l’île :  « Pourquoi ce trafiquant de drogue s’intéresse-t-il à Maurice ? Depuis quelques semaines, dans les couloirs du ministère des Finances, le nom de Glenn Agliotti fait du bruit. Le Sud-Africain semblerait vouloir relancer d’industrie du tabac à Maurice. À l’Hôtel du gouvernement, l’on affirme n’avoir reçu aucune demande d’investissement. Glenn Agliotti, qui a été condamné en Afrique du Sud a, néanmoins, un occupation permit pour rester à Maurice. Ce permis est valide jusqu’en 2021. Dans les milieux concernés, l’on explique que ce permis ne lui a pas été octroyé comme à un investisseur (local). D’ailleurs, il n’habite pas sur le territoire mauricien ». « Sa dernière visite au pays remonte au mois dernier. Néanmoins, au ministère des Finances on laisse entendre que Glenn Agliotti serait en contact avec de hauts cadres de l’hôtel du gouvernement. Et ce, puisqu’il voudrait investir dans l’industrie du tabac. Le hic, cependant, est que Glenn Agliotti n’est pas net. Outre sa condamnation pour trafic de drogue en 2007, il a été impliqué dans le meurtre de l’homme d’affaires Brett Kebble, en Afrique du Sud. (en 2005). Les charges ont été abandonnées en 2010.  » Bref, notre « socialite » courant les salons et les soirées mondaines possédait un passé très sulfureux qu’il avait réussi, visiblement, à faire oublier à tout le monde !!!

Canaries versus Croatie

A noter que l’Afrique du Sud a déjà été cité en 2011 dans la série, en tant que relais entre la Colombie et la Serbie ou le Monténégro… y sévissait aussi le marchand d’armes David Topokh (et William Meaney !). Lire ceci aussi. La filière tout juste de faire reparler d’elle le 20 septembre, avec l’arrestation au large des Canaries  dans les eaux internationales, à quelque 163 km à l’ouest de l’île de La Palma d’un voilier battant pavillon croate, le « Majic” un bel Océanis 46 de 13,68 m, contenant une tonne de cocaïne. A son bord, « trois ressortissants croates. Ils font partie d’une « cellule » du « cartel balkanique spécialisé dans le trafic de drogue sur des voiliers et des yachts« , a indiqué la police dans un communiqué. Le bateau avait en fait l’objet d’un suivi : « dans le cadre de l’opération « Falkusa« , le voilier a été observé depuis son départ du port croate de Sibenik, début 2020. Au mois d’août, il s’était dirigé des îles Canaries vers le sud pour embarquer la cargaison. Plusieurs enquêtes de la Garde civile espagnole ont fait état ces derniers temps d’une « présence toujours plus consolidée » en Galice, dans le sud de la péninsule et sur les îles Canaries, de membres des bandes criminelles de l’Albanie, du Monténégro, de la Croatie et de la Bosnie, « responsables de nombre des importations de cocaïne en Europe » Les fameux galiciens, j’en ai aussi déjà parlé ici. On remarque que, fait inhabituel, le voilier était venu chercher la drogue aux Canaries, où elle avait donc été apportée d’abord. Par voie maritime.. ou aérienne ? On ne sait. Les trafiquants auraient eu en réalité d’autres projets « plus classiques » au départ : « en raison de la pandémie mondiale de COVID-19, l’équipage du «Majic» a été soumis à plusieurs contrôles et inspections sanitaires dans différents ports des Caraïbes », selon la police espagnole. Cela a gâché leurs projets de chargement de drogue, de sorte que le bateau a navigué vers les îles Canaries et a descendu la côte ouest-africaine, où des groupes criminels locaux ont chargé le navire de paquets de cocaïne alors qu’il se trouvait dans les eaux internationales. » Ce qui nous donnerait un chargement vers le Sahara Occidental, voire la Mauritanie… ou le Sénégal !

Tous les chemins de la coke mènent à Rome (ou plutôt à Reggio de Calabre)

L’un des intérêts de l’enquête explosive repose sur un cliché étonnant : celui de policiers italiens munis de simples pelles en train de dévaster un jardin de Reggio de Calabre, tout à la pointe de la botte italienne. « fin mars, le chef de la mafia Rocco Molè (25 ans) s’est fait coincer lorsque la brigade des stup italienne a trouvé une demi-tonne de cocaïne à Reggio de Calabre, en campagne. Une partie était cachée dans des granges et une autre était enterrée à un mètre sous terre. Le Clan Molè est l’une des branches les plus puissantes de la ‘Ndrangheta, de la mafia calabraise et l’une des organisations criminelles les plus élaborées du monde. Mais alors que presque toute l’Italie était immobilisée à cause de la pandémie, la ‘Ndrangheta ne savait plus comment répandre la cocaïne à travers l’Europe et des erreurs ont été commises. »

Le clan Molé est surtout connu pour le dénommé… « Mommo » (avec deux « M »,aucun lien avec Ghostofmomo, rassurez-vous), chef de la ‘Ndrangheta de Calabre qui purge actuellement plusieurs peines de prison  à perpétuité. C’est le fils et l’héritier d’Antonio Molè, le chef historique de ‘Ndrangheta de la région de Gioia Tauro. « Le clan a au moins cent ans d’histoire », selon Mommo Molè dans une conversation faite sous écoute. « Les frères Molè, Girolamo, Domenico et Rocco (celui du jour donc) ont repris les rênes du clan de leur père ». « Le clan Molè était allié à leurs proches des Piromalli ‘ndrina , également de Gioia Tauro. On les appelle souvent une seule organisation, le clan Piromalli-Molè. Ils ont une emprise de fer sur de nombreuses activités économiques de la région, en particulier sur le port maritime de Gioia Tauro, le plus grand terminal à conteneurs de la Méditerranée ». Voilà aussi qui nous mène au trafic d’armes, donc !!! Et à l’affaire de l’Otterloo, et a Century Arms, encore une fois !  « La famille Molè est le bras militaire du clan Piromalli », selon Francesco Forgione, ancien président de la Commission Antimafia du Parlement italien. Au sein de l’organisation Piromalli, le clan Molè est responsable du trafic de drogue et gère les relations avec les succursales de ‘Ndrangheta dans le centre et le nord de l’Italie ainsi qu’avec les cartels de la drogue colombiens« … on y revient donc !

Des trafiquants qui voyaient grand

L’Afrique du Sud, devenue un autre refuge pour trafiquants : c’est là en effet que l’on a retrouvé le cubain Nelson Yester-Garrido, recherché aux Etats-Unis pour avoir tenté d’acheter un sous-marin de l’époque soviétique (ici il pose devant) permettant de faire entrer des quantités industrielles de cocaïne sur la côte ouest des Etats-Unis et au Canada. AvecJuan Almeida, Andrew Cassara, et Wade Jones, Jr.  Il s’était enfui en 1997 en Afrique du Sud où il a été arrêté en 2010 pour trafic de drogue (mais les charges contre lui ont été vite annulées pour vice de procédure). Arrêté au final en Italie, Garrido a été extradé aux USA en 2019. En août 2020 en Floride il a plaidé coupable et risque désormais 40 ans de prison (le jugement final est annoncé pour la fin de l’année).

A défaut, on l’a vu, c’est une semi-submersible artisanal e plus de 10 mètres de long qui réussira une traversée que l’on suppose éprouvant pour son équipage en novembre 2019 en se faisant prendre à Cangas en Galice, près de la frontière portugaise, avec plus de 3 tonnes de coke à bord (pour 100 millions d’euros). A bord, surprise, trois équatoriens ! Mais il aurait démarré son long périple de l’Amazonie, à Manaus… au Brésil (située à 1,380 km  de la mer) l!!!

 

Mieux encore : lors d’une conversation enregistrée par un agent infiltré du FBI au sujet de l’accord pour le sous-marin de patrouille diesel de classe Tango révélée devant le tribunal fédéral de Fort Lauderdale, le dénommé Leonid « Tarzan » Fainberg également connu sous le nom de Ludwig Lyosha Fainberg, un immigrant ukrainien dont la famille avait fui en Israël pour éviter l’antisémitisme soviétique, propriétaire à Miami du restaurant « russe » Babushka, s’est vanté que lui-même et Juan Almeida avaient vendu plusieurs hélicoptères militaires soviétiques ukrainiens Mil MI-8 d’un million de dollars au cartel de Cali, avant même de proposer le sous-marin !!! En janvier 2017, Almeida a été accusée au niveau fédéral par la Drug Enforcement Administration de « complot en vue de posséder des stupéfiants dans l’intention de les distribuer ». Il a été condamné à purger six ans dans une prison fédérale. En ce moment encore, on peut acheter via le net un MIL-MI8 hongrois d’occasion « fully functional, » pour 180 000 euros seulement affichant 3647 h de vol. On en ignore l’état général… mais pour ce tarif on bénéficie d’un gros réservoir supplémentaire en soute et même de ses paniers à roquettes (ici à droite) ! Avis aux trafiquants !

Le coup du remorqueur 

Revenons sur l’autre côte de l’Afrique, côté Est. J‘avais aussi expliqué en mars dernier ici le rôle des traversées atlantiques des gros chargements par voiliers, mais aussi par d’autres moyens de transport maritime, parfois inattendus  : « selon des sources proches de l’enquête, le dispositif de police s’est accéléré en octobre après la saisie en haute mer de 3 800 kilos de cocaïne dissimulés dans le Thoran, un remorqueur arborant le drapeau de la Barbade.  C’était l’opération Briol, coordonnée par le juge du tribunal national Fernando Andreu. Les enquêtes ouvertes visant à trouver l’organisme responsable de l’envoi de ces 165 balles de drogue et de leur réception en Espagne ont conduit à Sito Miñanco (un trafiquant notoire). »

Le remorqueur Thoran décrit ici, battant pavillon des Comores, avait été, intercepté le 7 octobre 2017, entre le Portugal et les îles Canaries, avec 3,8 tonnes de coke à bord.  Je vous avais rappelé son saisissant trajet:

Pour nos deux enquêteurs, l’accumulation de paquets en bord de mer et l’épisode de la pizzeria indiquaient qu’il était temps pour la Police d’intervenir. « Le 6 juin, les forces de l’ordre sont entrées en action » nous raconte Sylvain Coué. « Nous avions 18 équipes pour un nombre égale de cibles », raconte Sylvain, « il était six heures du matin et on les a toutes sorties du lit et placées sous arrestation. Tout le monde se trouvait à Abidjan, à l’exception d’un Italien qu’on a arrêté à la frontière du Liberia. » Dans les domiciles des suspects, on a retrouvé des Uzis, des armes automatiques, 100 000 dollars en cash, des voitures de luxe et un nombre impressionnant de montres de luxe. « L’attirail classique du bon maffioso, quoi », commente Sylvain. Des 18 suspects, seulement cinq pouvaient être retenus grâce aux preuves suffisantes. Il s’agit de quatre Italiens et d’une Ivoirienne ». « L’autoroute 10 » décrite partout la voici en effet :

Et la drogue qui continuait d’arriver, via ce trajet, notamment par voiliers : « retour sur la Highway 10, la route de la cocaïne qui lie l’Amérique du Sud à l’Europe via l’Afrique de l’Ouest ».

« Le 3 février dernier, à six heures et demie du soir, la marine ivoirienne intercepte une pirogue en bois avec pour équipage, cinq personnes et 411 kilos de cocaïne. Quatre jours plus tôt, la marine avait déjà repéré un voilier espagnol qui avait rendez-vous avec la pirogue, à 250 kilomètres au large de la Côte d’Ivoire. La cocaïne était conditionnée dans des emballages avec l’étiquette « Pacena Black », une bière bolivienne.  Ça ou LV, pour le nom de Louis Vitton (ci-dessus à droite) ! Le (grand) voilier mère est ici à gauche arraisonné à 41 km des côtes au large de San-Pedro. Il s’était alors déjà délesté dans les barques parties du rivage des balles de coke. Mais on en retrouvera des traces à son bord. Ce sont en fait ces frêles embarcations, qui, en chavirant au large, disséminaient les ballots remplis de pains de coke….

Au bout, le danger d’approvisionner le terrorisme 

Drogue et armes ont toujours fait bon ménage. Aussi c’est sans surprise que l’on relie ce commerce florissant à l’explosion des groupes terroristes au Sahel, déguisés en islamistes fondamentaux. Le 2 mai 2013, l’Indépendent nous avait prévenu  (et Reuters aussi) – l »ONU estime qu’environ 18 tonnes de cocaïne, d’une valeur marchande estimée à 1,25 milliard de dollars (800 millions de livres sterling), traversent l’Afrique de l’Ouest chaque année – près de 50% de toute la cocaïne non destinée aux États-Unis. La plupart proviennent de la Colombie, du Pérou et de la Bolivie et se rendent en Afrique de l’Ouest sur des jets privés, des bateaux de pêche et des cargos le long de la fameuse «route 10» – la route la plus courte entre les continents le long du 10e parallèle de latitude. Aujourd’hui, le rôle des islamistes liés à Al-Qaida – qui contrôlaient le nord du Mali depuis le début de 2012 jusqu’à ce qu’ils aient été évincés par les troupes françaises et africaines cette année – alimente les craintes quant au potentiel du trafic de drogue de déstabiliser la région ». On ne saurait mieux dire: l’autoroute 10 est à la fois maritime et aérienne !!!

«Il existe des preuves tangibles du lien entre Al-Qaida et le trafic de cocaïne au Sahara», a déclaré le Dr Kwesi Aning, directeur des affaires académiques et de la recherche au centre international de formation au maintien de la paix Kofi Annan au Ghana. «Au début, le commerce était principalement dominé par les Touaregs et les intermédiaires qui guidaient les trafiquants vers des décharges d’eau et de carburant dans le désert. Mais après qu’Al-Qaida s’est impliquée il y a environ 10 ans, nous avons vu une augmentation massive des quantités de cocaïne impliquées. Ils avaient les réseaux et ils avaient le savoir-faire logistique. Les experts disent que le manque d’application de la loi au Sahara a permis à l’islamisme et au commerce de la cocaïne de prospérer, avec de vastes frontières désertiques inhospitalières et montagneuses presque impossibles à contrôler. Beaucoup au Mali accusent également les régimes successifs du président désormais évincé Amadou Toumani Touré d’être profondément complice du commerce ».

« L’anarchie de la région a été mise en cause pour l’incident de 2009 «Air Cocaine», lorsqu’un Boeing 727 qui aurait transporté jusqu’à 10 tonnes de cocaïne a été retrouvé incendié dans le désert malien. En 2010, un commissaire de police malien a été condamné pour tentative de construction d’une piste d’atterrissage dans le désert pour de futurs atterrissages. Et la même année, la Serious Organized Crime Agency du Royaume-Uni a rapporté qu’un avion du Venezuela avait atterri au Mali et que sa cargaison était conduite par des véhicules 4×4 à Tombouctou avant que les autorités ne perdent la trace du convoi ». Nous y revoici, donc, à ce fameux « Boeing du désert » ! Celui-ci, c’est à noter, avait pris une route Dakar-Fortaleza ou Recife -Panama-Maracaibo et retour (ici il est vu à Tenerife le 31 octobre 2006).

Ce terrorisme se nourrit donc des revenus du trafic de cocaïne en Afrique de l’Ouest. C’est ce que nous avions pressenti dès la découverte en 2010 du Boeing calciné de Tarkint, dont le propriétaire français s’est reconverti déjà deux fois et dans deux pays différents. Ce que cette enquête a ignoré, hélas, et ce sur quoi nous allons revenir demain, car cela interfère avec le texte de nos deux journalistes, comme on va le voir, pour un ultime volet avant de retrouver le Brésil… et ces avions remplis de cocaïne !

Nota : on prend note de la découvert le 2 octobre d‘un container charge de 557 kg de coke répartis dans sacs, dans le port de Cotonou, au Bénin, à destination d’Anvers, dissimulés dans une livraison de cajou. 

(1) Ce n’est pas un perdreau de l’année côté enquêtes: « ce natif de Maroko entame sa carrière journalistique en 2008 avec le journal Next. Nicolas Ibekwe est lauréat de plusieurs prix et distinctions dans les reportages d’investigation. En effet, en 2009, il a remporté le prix d’investigation, Wole Soyinka de la catégorie en ligne avec un reportage sur l’histoire de la prolifération des armées engagées dans la région en difficulté Niger-Delta du Nigéria. Il a également reçu le prestigieux prix CNN des journalistes africains au cours de la même année. Une année plus tard, en 2010, il reçoit le deuxième du prix Wole Soyinka pour les journalistes d’investigation. Il fût finaliste du plus grand prix décerné aux journalistes d’investigation en Afrique, Forum des journalistes d’investigation africains (FAIR), en 2010 et 2011 ».

(2) « Quant à Daan Bauwens, c’est un journaliste d’investigation de nationalité belge, basé en Belgique. Titulaire d’une maîtrise en psychologie, il travaille pour plusieurs médias internationaux. Notamment, Vice, De Morgen, De Standaard, Knack, MO et l’agence de presse internationale Inter Press Service. En tant que correspondant, il a travaillé en Israël, en Turquie, au Maroc et au Japon. En 2019, il réalise son premier documentaire sur la psyché et la sorcellerie en Ouganda. Daan combine le journalisme narratif et anthropologique dans des articles de journaux et en prose. Ce qui lui a valu le prix Fullbright pour le journalisme narratif et la recherche sur le dialogue interculturel à New York en 2015 et en 2016. Depuis 2008, ses recherches se focalisent sur l’influence de la culture, sur la communication interpersonnelle et interculturelle. Les sujets de recherches et publications de Daan Bauwens prennent en compte l’état d’esprit israélien et la culture des jeunes. En 2014, il a été bénéficiaire de la subvention Fulbright pour des recherches et une série de publications sur les effets profonds de la diversité culturelle et de la diversité sur la culture urbaine de Manhattan et de Brooklyn ». On peut penser que le style d’écriture à fort ton de « branchitude » est de lui, hélas. Sa réponse au ministère mis en cause semble bien meilleure que son article. La façon dont on cherche à le discréditer, est-elle particulièrement odieuse. Ceux qui ont écrit ce torchon-là à son encontre, s’ils l’ont fait de la sorte, accréditent plutôt ses dires qu’autre chose, par leur violence incroyable et leurs suppositions même pas voilées (sa maison, « achetée récemment », etc…). Des attaques personnelles du plus pur style… mafieux ! Le stade suivant devant être les menaces physiques, à ce stade avancé de délation !!! On peut craindre pour lui, à ce rythme.

 

(3) tellement qu’on le retrouve partout : le 18 juillet 1019 c’est en Australie qu’une pelleteuse Caterpillar est découverte avec dans son bras mécanique 384 kilos de cocaïne. Elle provenait elle aussi d’Afrique du Sud !

Documents :

Cliquer pour accéder à West_Africa_TOC_COCAINE.pdf

la liste des saisies en mer en 2006 :

source

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