Archives de la catégorie ‘Coke en Stock’

L’année 2019 au Brésil reste marquée par les deux grands coups de filet réunissant d’un coup de nombreux avions qui sont tous de petite taille.

Nous ne sommes pas là-bas au stade des gros porteurs à réaction que l’on n’a pas cessé de voir tomber cet été au Belize, au Guatemala et au Quintana Roo.  Mais, nombreux, ils sont d’une redoutable efficacité, emportant régulièrement plus de 400 kilos de cocaïne à chaque vol.

L’un des responsables narcos de cette flotte imposante, traqué depuis 2018, a été arrêté le 31 août 2019.  Il entretenait méticuleusement ses avions, au contraire de ses collègues dans la profession.

Un autre, arrêté en décembre, nous amène directement en Europe, puisqu’il est… Portugais…

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Cela ressemblait à une entreprise de vente par correspondance ordinaire

Le hangar de stockage, en Californie, était bien rangé et organisé. Les fournitures postales, le ruban adhésif et le matériel étaient empilés ou triés dans des bacs étiquetés, et une grande boîte contenait des colis adressés et prêts à être déposés au bureau de poste.

C’est là que des agents du FBI, du Service d’inspection postale des États-Unis (USPIS) et des enquêtes de sécurité intérieure (HSI) ont trouvé environ 50 livres de méthamphétamine et des sacs et des conteneurs remplis de milliers de pilules d’Adderall. Il y avait aussi des balances, des scelleurs de colis et trois armes à feu.

La recherche d’un deuxième site utilisé pour emballer les médicaments pour la même opération a produit un autre énorme approvisionnement. Les agents ont découvert plus de 100 livres de méthamphétamine et quelque 30 000 comprimés dans les deux endroits – un paquet de drogues dangereuses d’une valeur de plusieurs millions de dollars.

Les deux opérations de recherche, combinées à des mesures d’application de la loi dans d’autres endroits et à des dates ultérieures, ont conduit à l’arrestation de plusieurs personnes liées à une organisation de trafic de drogue en ligne qui a vendu sous plusieurs noms sur le darknet. Les individus sont maintenant confrontés à une combinaison d’accusations de trafic de stupéfiants, de complot, de blanchiment d’argent et d’armes à feu qui pourraient entraîner des peines de 10 à 25 ans de prison fédérale.

Les enquêteurs du FBI affirment que le groupe a réalisé plus de 18 000 ventes de stupéfiants sur plusieurs sites darknet.

Les forces de l’ordre pensent que cela pourrait être l’un des plus gros vendeurs de darknet de méthamphétamine en vrac à ce jour. Les enquêteurs ont déclaré que les preuves indiquent que le groupe fournissait d’autres vendeurs de darknet et de drogue de rue en plus d’expédier des drogues à des acheteurs individuels aux États-Unis et à l’étranger.

Ces opérations dans la région de Los Angeles et des efforts similaires aux États-Unis et en Europe faisaient partie d’un effort concentré appelé Operation DisrupTor, mené par les agences partenaires qui forment l’équipe Joint Criminal Opioid Darknet Enforcement (JCODE).

Les forces de l’ordre américaines et à l’étranger ont arrêté 179 personnes et saisi plus de 500 kilogrammes de drogues illicites dans le cadre de l’opération DisrupTor.

Créé en 2018, JCODE combine les efforts du FBI, USPIS, HSI, Drug Enforcement Administration (DEA), US Customs and Border Protection, Department of Justice, Financial Crimes Enforcement Network, Naval Criminal Investigative Service, Department of Defence et Bureau of Alcool, tabac, armes à feu et explosifs.

Les effets de la mondialisation

Étant donné que nombre de ces marchés traversent les frontières, Europol est également un partenaire international inestimable dans le travail de JCODE pour avoir un impact mondial sur le trafic de drogue sur le darknet.

«Le personnel des forces de l’ordre affecté à JCODE se spécialise dans les menaces où l’activité criminelle traditionnelle croise des plates-formes technologiques sophistiquées», a déclaré le directeur du FBI Christopher Wray lors d’une conférence de presse annonçant aujourd’hui les résultats de l’opération DisrupTor. «Chaque jour, ils s’efforcent de montrer à ces criminels qu’ils ne peuvent plus compter sur le fait de se cacher sur le darknet, car nous allons infiltrer leurs réseaux, fermer leurs marchés illicites en ligne et les traduire en justice, quoi qu’il arrive. ça prend. »

 

Le darknet offre à ses utilisateurs l’anonymat, et les crypto-monnaies – qui sont le mode de paiement préféré sur les sites darknet – offrent des moyens supplémentaires de voiler les transactions.

« Beaucoup de gens sont plus à l’aise de se connecter à leur ordinateur et d’acheter de la drogue en trois minutes depuis leur canapé que d’aller dans un coin de rue peu fréquent« , a déclaré l’agent spécial du FBI Los Angeles Christopher Siliciano, qui estime que la facilité et la dissimulation offertes par ces marchés ont permis de rendre la drogue plus accessible.

Mais ce qui semble de l’extérieur être un cycle impénétrable d’échanges distants et anonymes n’est pas sans fissures.

«Les vendeurs doivent encore transformer leur argent en espèces, ils doivent encore récupérer les médicaments, ils doivent encore transporter les médicaments», a déclaré Siliciano. « Tout cela ne se produit pas sur Internet. »

L’agent spécial HSI Christopher Hicks, qui soutient l’équipe JCODE à Los Angeles, a déclaré que des vulnérabilités existaient également pour les acheteurs de darknet. «Même si vous recevez des articles dans une boîte postale sous un faux nom, vous devez ouvrir cette boîte aux lettres. Vous devez toucher ce paquet.  »

L’expertise particulière de Hicks consiste à suivre l’argent de la drogue à travers le monde incroyablement complexe des échanges, des applications et des tumblers de crypto-monnaie. Il a souligné que les crypto-monnaies ont également leurs points d’exposition: «Les gens pensent que la crypto-monnaie est cette plate-forme anonyme, mais il y a des choses que nous pouvons exploiter pour découvrir qui sont les gens. Ce n’est pas vraiment anonyme. »

Bien que les marchés du darknet offrent aux enquêteurs des moyens d’entrer, ce n’est pas facile.

Nathan Cocklin, l’agent spécial qui dirige le groupe de travail JCODE de Los Angeles pour le FBI, a déclaré que le partenariat sur ces affaires complexes et chronophages est le seul moyen pour l’application de la loi d’être efficace. «Aucun de nous ne pouvait le faire seul», a-t-il expliqué. «Nous apportons chacun un ensemble de compétences spécifiques à l’enquête.»

Les inspecteurs postaux sont souvent le point de départ essentiel des cas et offrent la possibilité de suivre et d’enquêter sur les colis.

La DEA est un partenaire essentiel de partage d’informations et aide à tester, à analyser et à suivre les tendances des drogues. Le FBI fournit un puits profond de ressources d’enquête, tandis que HSI soutient les enquêtes sur les transactions financières et relie les efforts internationaux.

Et la capacité de partager des informations avec des partenaires internationaux est essentielle dans ces réseaux qui traversent si facilement les frontières. «Beaucoup de nos partenaires européens ont d’excellentes unités de cybercriminalité», a déclaré Hicks. «Nous sommes en mesure de tirer parti de leurs compétences et de ce qu’ils savent faire le mieux

Les efforts d’enquête conjoints ont donné d’énormes succès au cours des 10 dernières années, les forces de l’ordre ayant saisi plusieurs grands marchés de darknet. La saisie la plus récente a été celle de Wall Street Market en 2019, lorsque les administrateurs du site ont été accusés non seulement de gérer le marché illégal, mais également de voler tout l’argent détenu sur ses comptes séquestres et utilisateurs.

Chaque succès donne aux enquêteurs des pistes supplémentaires pour alimenter davantage d’enquêtes. «Les données et les informations que nous recevons de chaque retrait ultérieur nous donnent une image plus claire de la prochaine cible», a déclaré Cocklin.

L’effet boule de neige des mesures d’application de la loi, combiné à certaines fraudes très médiatisées, comme celle pratiquée sur le marché de Wall Street, a érodé la confiance des acheteurs et des vendeurs sur le marché. «Nous commençons à voir un impact de ce que les mesures d’application de la loi ont fait», a expliqué Cocklin. «Il y a une grande méfiance et des bouleversements sur les marchés.»

Cela n’a pas mis les marchés à la faillite, mais a poussé les acheteurs et les vendeurs vers des sites moins centralisés. «Nous voyons plus d’applications cryptées peer-to-peer», a déclaré Cocklin. «Cela crée un nouveau défi pour les forces de l’ordre, mais ils ont également supprimé une partie de la facilité offerte par le darknet. Les tactiques changent et nous devons simplement rester avec le jeu. »

Siliciano a déclaré que s’il était plus difficile de trouver et d’acheter les drogues, il espérait que davantage de personnes chercherait de l’aide.

Atteindre les acheteurs de darknet a toujours été un autre objectif des enquêtes JCODE, car elles révèlent souvent des listes de personnes qui ont acheté de la drogue.

Les agents visitent certains de ces acheteurs pour leur faire savoir que leurs achats ne sont pas aussi anonymes qu’ils le croient et pour leur offrir des informations et des ressources de traitement dans l’espoir qu’ils n’achètent plus.

« Vous ne pouvez pas traiter ces cas sans être touché par le bilan humain dévastateur de ces drogues – les vies et les êtres chers perdus« , a déclaré l’agent spécial Maggie Blanton, une superviseure de l’Unité du crime organisé de haute technologie au siège du FBI. « C’est pourquoi ces marchés en ligne sont si inquiétants et pourquoi JCODE a été créé pour les combattre. »

sources

EXTRAIT:  « de la coke, des hélicos, des machines à sous… et Bolsonaro !« 

Des policiers véreux organisés en gangs violents, voilà qui nous amène… au plus haut de l’Etat, avec un président trumpien nageant dans le milieu… et celui  de la « famille » à la brésilienne :  la mère et la femme d’Adriano da Nóbrega, un des pires gangsters de Rio lié à des milices de favelas étaient salariés de l’Etat, employées par Flávio Bolsonaro, le fils aîné de Jair Bolsonaro !!! En fait deux beaux emplois fictifs, puisque que c’était en fait Flavio qui touchait l’argent à leur place !!!

« Le lieutenant Ilson Martins de Figueiredo, 62 ans, alors chef de la sécurité de l’Assemblée législative du Mato Grosso do Sul, a été tué à 6 heures du matin le 11 juin sur l’Avenida Guaicurus. La camionnette dans laquelle il se trouvait a été touchée par au moins 45 coups de fusil, la même arme utilisée dans l’exécution d’aujourd’hui. Aux premières heures du 18 octobre 2018, Marcel Costa Hernandes Colombo, 31 ans, connu sous le nom du « Playboy da Mansão », a été la deuxième cible des hommes armés de l’année, abattus par un pistolet 9 mm, alors qu’il se trouvait dans un bar de l’Avenida Fernando Corrêa da Costa, en Vila Rosa Pires. Marcel avait été la cible de l’opération Harpócrates, menée par la PF (Police fédérale) le 21 décembre. Le procès a enquêté sur la vente de produits importés sans payer de taxes – un crime d’appropriation illicite » . 

Comme le rappelle The Intercept, lors du meurtre de la juge Patricia Acioli; le même fils avait posté un tweet (ici à gauche) affirmant qu’elle avait « provoqué » les milices… en réalité ses meurtriers ! Honteux !!! Le meilleur ami de Favio s’appelle Fabrício Queiroz; qui a été membre de la Police Militaire de Rio de 1987  et qui est devenu le conseiller parlementaire de Flávio Bolsonaro en 2007 : il connait bien le président, et ce depuis 1980, date à laquelle il était parachutiste avec lui dans la même compagnie !!! Et c’est aussi le grand copain d’… Adriano Magalhães da Nóbrega ! L’un des chefs de la milice du Rio das Pedras !!!

Nobrega et Queiroz ont été impliqués dans le meurtre en 2003 dans la favela Cidade de Deus, d’un technicien frigoriste, tué lors dans une opération de police dans des circonstances floues. Nobrega, l’année suivante se retrouve à nouveau accusé de meurtre, celui de Leandro dos Santos Lima, 24 ans, un voiturier, qui avait eu le tort de dénoncer la veille les miliciens. Pourtant ce n’est que 9 ans plus tard pourtant que Nobrega sera viré de la police, pour participation à des jeux clandestins (on y revient !) !!! Nobrega a pris alors la fuite, jusque sa mort à l’âge de 43 ans, le 9 février 2020, abattu par la police militaire de Bahia. Peu de temps après, Flavio Bolsonaro publiera sur Twitter des photos de son autopsie, prenant ouvertement sa défense et parlant « d’assassinat« , laissant même entendre qu’il aurait été torturé !!! Immonde !

Et ce n’est pas fini avec les Bolsonaro : quand la police brésilienne en mars 2019 découvre la plus grande cache d’armes du pays (117 M16 automatiques, tous neufs, démontés !) chez les assassins de la militante Marielle Franco (assassinée le avec son chauffeur Anderson Gomes tué avec elle), cet amoncellement d’armes est trouvé dans une villa appartenant à Alexandre Mota de Souza, lui-même lié à un officier de police, Ronnie Lessa, qui avait mis en dépôt chez Souza les armes en lui demandant de ne pas ouvrir les caisses. Or, lui aussi, c’est un un proche de la famille Bolsonaro, rappelle The Intercept !

En octobre 2019 un portier d’immeuble a même fait une déposition sous serment sidérante : Ronnie Lessa, principal suspect du meurtre de la conseillère Marielle Franco et de son chauffeur, Ander Gomes (avec Elcio Queiroz tous deux ici à droite), se trouvait dans la copropriété Vivendas da Barra où vit justement… Jair Bolsonaro, et ce peu de temps avant de se rendre sur le lieu du crime !!! Il habitent en effet dans la même rue !! Le plus jeune fils de Bolsonaro, issu de son deuxième mariage, Jair Renan, âgé de 20 ans était en fait en relation suivie avec la fille de Lessa !

Ah! la famille au Brésil … celle de Don Corleone Bolsonaro

Face à ses accumulations de preuves des diverses implications de Flavio et de l’étalage de ses liens flagrants avec la pègre brésilienne, le père, devenu président, se devait de réagir.

C’est chose faite le 5 septembre avec une décision bien dans son style trumpien : celle de manipuler la Justice du pays, en la personne de la juge de première instance de Rio de Janeiro, visiblement fort peu indépendante, Cristina Feijo, qui a ordonné à la principale chaîne de TV, Globo de faire désormais des reportages à propos de Flavio !!!

Ce dernier évoquant… comme Trump, des « fakes news » son propos, alors que les faits sont là, accablants pour lui !! Une décision ubuesque , faisant la risée du net avec un président vitre comparé au Parrain et affublé du sobriquet hilarant  de « Bolsomito » !!!

Des faits de corruption familiale indéniables en effet : « le magazine Crusoé a affirmé le mois dernier que Fabricio Queiroz, un policier à la retraite, ami de Jair Bolsonaro et ancien conseiller de Flavio Bolsonaro, aurait déposé 21 chèques d’un total de 72 000 reais (environ 22 000 dollars) sur le compte de Michelle Bolsonaro, l’épouse du président, entre 2011 et 2016. D’autres documents indiquent que l’épouse de Queiroz aurait déposé 17 000 reais supplémentaires sur le compte de Michelle Bolsonaro, portant la valeur totale à 89 000 reais » explique ce 6 mars le Monde. La dame a pourtant bien souvent la main sur le cœur, comme son mari d’ailleurs… qui a enfin résolu de mettre un masque, comme Trump (et comme lui, il l’enlève le plus souvent… : les deux époux ont été atteints du Covid19 au final).

Feijo, c’est à noter, est l’une des 18 nouveaux juges de la Cour de justice de Rio de Janeiro. Le Brésil, emmené par ce président fou, a atteint les 4 millions de cas de Covid19 pour plus de 123 000 décès, derrière les Etats-Unis. Le style trumpien a fait des émules, hélas.

Pour ce qui est des aventures de cet autre grotesque et inculte qu’est Jair Bolsonaro, il y a bien sur l’épisode de la découverte d’un beau lot de cocaïne dans son avion présidentiel en juin 2019, lors du déplacement en Espagne du président brésilien au sommet du G20.

Cet été, une nouvelle information est parvenue à propos de cet événement, et c’est pourquoi on va en parler un peu plus tard si vous le voulez bien…. à droite l’excellent titre du New-York Times qui avait relaté les faits…

 

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Les arrestations se sont donc succédées au Brésil durant l’année 2019, avec en vedette les sempiternels Beechcraft Baron 58 et des hélicoptères dont des « Esquilo » fabriqués sur place, on le rappelle.

Avec parfois les deux pris ensemble, comme on va le voir. Des hélicos prisés par les narcotrafiquants qui sont des mafieux dont la drogue n’est pas la seule source de revenus : les salles de jeux clandestines et les casinos de l’ombre situés à la frontière bolivienne sont aussi au cœur du même réseau, comme le sont des policiers véreux ayant sombré dans les délits voir les assassinats.

Ce qui nous amène… à la famille présidentielle actuelle, eh oui, hélas !!!

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Nous avons déjà vu que le Honduras a été de la partie, alors que le Guatemala et le Venezuela ont été abondamment cités eux aussi. Et nous n’en étions alors qu’au milieu de l’été !!! Dans la deuxième partie du mois, l’avalanche a continué, preuve que le Covid 19 n’a en rien ralenti de ce trafic devenu dantesque avec ces jets, dont certains achetés plus d’un million de dollars sont incendiés par les narcotrafiquants une fois leur tâche effectuée, comme s’il s’agissait d’un kleenex à se débarrasser.

On notera cette fois l’apparition d’un modèle d’avion inusité jusqu’ici, venu du Brésil mais retrouvé planté… au Guatemela !

Un avion de plage

Le 11 août, c’est une autre vision encore : sur une plage, un cockpit caractéristique émerge à peine des vagues. Nous sommes sur la côte de la péninsule de Paraguana au Venezuela, cette avancée vers la mer de l’Etat de Falcon (l’île d’Aruba se trouve à 27 km de là seulement), toujours avec un avion qui provenait du Mexique et qui avait tenté de se poser sur la plage. C’est à El Conejal, sur la plage d’Ibrahim, exactement dans la municipalité de Buchivacoa. Son cockpit à l’ancienne, chromé nous laisse entrevoir un un vieux Sabreliner 75A de 1978 (380-25, ex N50PM Philip Moriss) qui était encore il y a peu bleu et blanc.

C’est le N400RS (ici à droite), devenu intégralement blanc pour l’occasion. Selon les vénézuéliens, ce sont des avions de l’armée qui l’ont forcé à atterrir ainsi, ce que rien encore ne prouve encore une fois: l’avion s’est en tout cas crashé, ses deux pilotes ont été tués lors de la tentative d’atterrissage ou en voulant voler trop bas au ras des flots.

Les pilotes ne semblaient pourtant pas des novices : « l’un des défunts avait environ 38 ans, avait le teint blanc, les cheveux noirs et portait un pantalon noir et une chemise blanche à rayures bleues et rouges. L’autre, âgé d’environ 54 ans, avait le teint blanc, les cheveux gris, portait un pantalon noir et une chemise orange » raconte ici /nuevodia.com. L’avion connaissait le chemin : le 15 juin il avait effectué  une liaison entre Toluca et Chetuma, deux fiefs narcos comme on le sait. Sans trop de surprise, on apprend qu’il avait appartenu ces derniers mois à Technical Aviation LLC, déjà moult fois cité ici comme fournisseur d’avions narco, qui l’avait acheté aux américano-mexicains de T-Air LLC pour le revendre… à d’autres mexicains le 8 juin 2020… (T-Air le possédant depuis 2017 semble-t-il).

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Pour Deborah Bonello de Vice, le constat, amer, est là : la période du Covid a été faste pour le trafic de coke au Honduras.

« Avec deux saisies massives récentes de cocaïne, le Honduras a confisqué davantage de drogue au cours des sept premiers mois de cette année que pour l’ensemble de 2019.

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Un été chargé, malgré la pandémie

Cela fait plusieurs épisodes que je vous le dis : cela ne s’arrête jamais, ces transferts de cocaïne par avions privés. On s’était quitté pendant la pandémie de juin et juillet (article paru le 7 août) avec de gros porteurs à hélice ou a réaction bourrés de coke, accompagnés par les éternels petits Piper Navajo, posés ici et là et au 21 août, date à laquelle est rédigé cet épisode, on recommence pareil en égrenant une nouvelle liste d’arrivées. En débutant par une livraison exceptionnelle, il est vrai, de deux tonnes.

Le 5 juillet, la répétition des expéditions via le Guatemala et la région du Peten, moult fois décrite ici, avait provoqué un copieux article plutôt retentissant du Washington Post qui avait décrit en détail ce qu’il avait appelé « le jeu du chat et de la souris des narcotrafiquants avec la DEA américaine », un chat ne sachant plus où donner de la tête vu l’ampleur du nombre de souris gavées de coke…

La main de Dieu ?

Le 20 juillet, pour reprendre fil des arrivages, c’est au Honduras que ça s’est passé, avec un bimoteur à hélices, retrouvé dans un endroit bien connu : la région entourant Brus Laguna, objet d’atterrissages irréguliers depuis des lustres comme vous le savez. L’armée envoyée sur zone, guidée par un observateur radar aéroporté (US ?) après un bref accrochage avec les narco-trafiquants, avait découvert 806 kilos de cocaïne; à bord du Beechcraft B-200 N740P (le numéro de série BB-1218), répartis en 26 sacs dûment ficelés portant tous la mention « Disney »,

L’avion ayant été retrouvé planté le nez en avant, jambe de train avant pliée ou plutôt le train d’atterrissage enfoncé dans un terrain trop souple pour supporter un tel poids, comme le montrent les larges traces des pneumatiques laissées derrière lui.

Une vidéo a été prise de son laborieux atterrissage, prise par une caméra infra-rouge embarquée; suivi de l’arrivée de nombreux aides des narcos venus tenter de le vider (ici à droite). Le 1er février 2020 il avait effectué un trajet de Los Mochis, le fief d’El Chapo à Guadalajara, tous deux au Mexique… un habitué des cieux Mexicains, donc. Selon les autorités, il serait venu du Venezuela. L’avion était encore enregistré chez SYF LLC à Okmulgee en Oklahoma au nom des époux Abbott, Paul et Betty (c’est toujours le leur, on ne trouve rien à propos d’une quelconque vente). Il avait au préalable appartenu à des indiens Navajo à qui il servait d’avion VIP (cf ci-dessous). Le couple est aussi à la tête d’Abbott Industries Inc, une entreprise de maintenance en aviation et de pièce détachées. Et de Convington Aircraft également, racheté en 1975 à son fondateur.

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Tout ce que nous venons de lire depuis l’épisode CCLXI (261) peut se résumer à ce titre.

Les « cafards », ce sont les trafiquants bien sûr, obligés de se cacher et de se déplacer depuis la « guerre à la drogue » déclarée au Mexique par le gouvernement précédent de Felipe Calderon (de 2006 à 2012), et qui, pour y échapper, ont choisi de constamment bouger, en traversant comme bon leur semble trois frontières, celle du Mexique, du Guatemala et de Belize, pour s’installer de façon régulière (ou provisoire, selon le besoin) dans ce que l’on peut appeler un nouveau « triangle d’or de la drogue ».

Un peu comme le premier du nom, qui existait entre le Laos, la Birmanie (Myanmar) et la Thaïlande (et celui plus proche de , le second, réunissant Chihuahua, Durango et Sinaloa).

C’est là qu’atterrissent désormais des volumes impressionnants de cocaïne, venus par air, une augmentation importante due aussi au
renforcement de la coercition navale côté Pacifique comme dans l’arc du Golfe du Mexique.

L’expression « effet cafard » (« cockroach effect ») ayant été inventée par un chercheur qui lui-même a été à le surprise générale récemment accusé de blanchiment d’argent, signifiant que très peu de personnes résistent au flot d’argent que déverse cet immense trafic !

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Dans les années 90, une terrible épidémie de crack ravage les USA : comme la coke arrivée par tombereaux (volants) son prix a beaucoup baissé et ses adeptes sont devenus plus nombreux.

A l’origine de ce fléau dénoncé par G.W.Bush père, il y a en fait l’État lui-même, qui, pour financer sa guerre des Contras, revend la coke colombienne, la CIA servant à fournir les avions et les pilotes pour la transporter, dont le célèbre Barry Seal.

Tout cela se fait avec l’aval des autorités mexicaines, comme on l’a vu dans l’épisode précédent avec les Caravelle du Seigneur des Cieux.

C’est à ce moment-là que les narcos font du Yucatan une base définitive et non plus temporaire. Ils s’installent et amènent leur mode de vie avec villas de rêves, voitures de luxe et Kalashnikovs dorées.

L’épidémie de crack des années 90 aux USA

Le tonnage apporté aux Etats-Unis (essentiellement par camion après avoir été amené au Mexique par avion) est alors devenu sidérant au seuil des années 90. Toute la Californie se retrouve ravagée par une épidémie… de crack, qui, vendu à bas prix fait des adeptes par milliers et des morts par centaines.

Les quantités découvertes deviennent astronomiques et entrent en effet dans le livre des records……

Comment-a-t-on pu en laisser entrer autant de cocaïne dans le pays ?

Un journaliste va enquêter … pour finir par y trouver la mort à la fin : Gary Webb. Ce qu’il a découvert ? C’est que c’est la CIA qui se charge en réalité du trafic, quitte à s’opposer régulièrement aux actions de la DEA !

Webb sera déclaré suicidé de deux balles (?) dans la tête sans que cela ne choque qui que ce soit…

Installation à demeure des narcos dans le Yucatan 

Wikipédia résume rapidement ici son cas : « À partir d’, le journaliste américain Gary Webb publie une série d’articles dans le San Jose Mercury News dans lequel il expose une enquête sur le financement des Contras au Nicaragua dans les années 1980 par des narcotrafiquants, lesquels auraient été couverts par la CIA : l’agence aurait sciemment favorisé la distribution du crack dans les banlieues noires deLos Angeles. Le sérieux de cette enquête a été contesté par de nombreux médias dont The New York Times,The Washington Post et leLos Angeles Times. En  mai 1997, le rédacteur en chef du  San Jose Mercury News, Jerry Ceppos, publie une tribune dans le journal critiquant la méthodologie de Webb. Le , le Mercury News reconnu que Gary Webb avait raison, mais exigea qu’il signe un accord pour ne pas rendre publique les termes du règlement, ce qui a insulté la fierté de Gary et le fit décider de quitter le journal ce jour-là ».

En réalité, ce qu’à aussi découvert Webb, c’est que les Colombiens se sont installés dans le Yucatan, où ils ont acquis un ranch pour stocker la cocaïne apportée de Colombie par voie maritime et aérienne et la transmettre à la Floride et à la Georgie dans de petits avions.

Fin juillet 1988, un agent de la DEA, Ernest Jacobsen, reconnaîtra ouvertement devant les membres du Congrès lors de leur enquête que Barry Seal, impliqué dans le cartel de Medellín, dirigeait effectivement les transferts de coke.

Selon Jacobsen, le but était de piéger le Cartel, et de remonter jusqu’aux principaux commanditaires dans « la plus importante enquête de l’histoire de la DEA« , selon lui, ce qui aurait pu marcher s’il n’y avait pas eu un grain de sable venu tout mettre par terre appelé Oliver North… Seal est abattu juste au moment ou North a révélé le pot aux roses, la seule façon pour lui de s’en sortie en fait, pour lui, mais condamnant irrémédiablement Seal. « Dans son témoignage, Jacobsen a déclaré que Seal avait révélé à la DEA qu’entre 1984 et 1986, le Cartel de Medellín avait au Yucatan un ranch de 40 000 acres (16 184 hectares, mais le document ne précise pas l’emplacement), pour stocker la cocaïne colombienne. et la transmettre aux États-Unis dans de petits avions. Ces engins pouvaient transporter de quatre à cinq cents paquets de drogue chacun ». (ici une réunion dans le ranch d’Escobar montre un éventail de ces petits appareils).

L’opération était connue et même parrainée par la CIA, selon des documents récemment publiés par le gouvernement américain, liés à l’affaire Iran-Contra.

« De 1984 à 1986, l’agence d’espionnage a organisé de 50 à 100 vols en avion du Cartel de Medellín vers les terminaux de l’aéroport nord-américain, sans être inspecté par le service des douanes de ce pays, dans le cadre d’un accord entre la CIA et les Colombiens, selon un rapport de 410 pages de l’inspecteur général de la CIA de l’époque, Frederick Hitz, récemment déclassifié. La péninsule et plusieurs pays d’Amérique centrale sont alors devenus des points importants pour le transbordement de drogues en provenance d’Amérique du Sud, tant par air que par mer. Selon les documents déclassifiés, sa proximité géographique avec les pays producteurs et les États-Unis a fait de la péninsule « une voie naturelle pour le transport de drogues ». Des milliers de kilomètres de côtes non surveillées, de pistes d’atterrissage clandestines et de frontières non surveillées ont facilité l’opération. À cette époque, les expéditions de cocaïne sont passées de la péninsule à la Géorgie, à la Louisiane, au Texas, au Colorado et à New York ». Seal utilisait plusieurs avions dont son Piper « dopé »(un modèle Panther), mais aussi deux gros Beechchrafts.

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Le Quintana Roo revenu à la une des journaux avec tous ces jets qu’y s’y écrasent ? Ce n’est pas un hasard.

Plutôt une simple continuation de ce qui perdure depuis la grande époque de Pablo Escobar et d’un de ses barons surnommé le « Seigneur des Cieux », autrement dit Carilio Fuentes.

Déjà à l’époque, Cancun, la ville du tourisme de masse et des clubs de foot, faisait figure de fief narco et aujourd’hui encore:  cela fait plus de trente ans que cela dure, en effet, là-bas (1) …  Retour sur l’histoire désastreuse d’un pays qui ne connaît plus depuis des décennies que la corruption, la gangrène des trafics et la trahison de ses élites politiques…

La photo est représentative : malgré le temps, et un accoutrement bien différent de ces costumes cintrés d’antan, on le reconnaît bien avec son visage si reconnaissable et son éternel rictus.

L’homme qui descend de la la camionnette de police, c’est bien en effet Mario Villanueva, 72 ans aujourd’hui, l’ancien chef de la municipalité de Benito Juárez, dans le Quintana Roo, puis plus tard le gouverneur de l’Etat, l’ancien responsable du Parti révolutionnaire institutionnel au pouvoir (le PRI), au parcours assez sidérant.

L’homme vient de profiter en quelque sorte de la crise du Covid-19 puisque que « pour des raisons humanitaires« , le gouvernement fédéral du Mexique vient de l’autoriser à poursuivre « sa procédure pénale en cours » depuis son domicile, une autorisation accordée par le Président Andrés Manuel López Obrador, qui a tenu à faire savoir que c’était bien au risque de contagion du COVID-19 et non une faveur, ce qu’on n’a pas hésité à lui reprocher en effet. Villanueva n’est qu’un exemple en plus : en 15 ans, le pays a connu 7 gouverneurs différents, qui ont été accusés de corruption !!!

Outre Mario Villanueva (Quintana Roo), on compte en plus Andrés Granier (Tabasco), Tomas Yarrington (Tamaulipas), et Jesús Reyna (Michoacán), Salazar Mendiguchia (Chiapas), Luis Armando Reynoso Femat (León Guanajuato). Humberto Moreira (Coahuila).

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Coke en stock (CCXCVIII) : d’autres surprises encore

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises pendant la pandémie. D’autres pays et d’autres avions ont participé bien sûr à perpétuer et entretenir le trafic, avec là encore de belles surprises dont la principale est bolivienne, avec la découverte d’une vraie entreprise à retaper les épaves d’avions pour les faire revoler …

 

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Coke en stock (CCXCVII) : les surprises de la periode Covid19

D’autres surprises sont apparues durant cette période exceptionnelle, notamment l’arrestation surprise d’un membre éminent du cercle proche de Nicolas Maduro, piégé au Cap Vert lors du ravitaillement d’un de ses jets privés, avec lequel il sillonne le monde. L’occasion de s’apercevoir aussi que Maduro est aussi le roi du poulet ! Au Honduras c’est une ambulance …
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Coke en stock (CCXCVI) : de gros porteurs retrouvés incendiés pendant le Covid-19

Pour ceux qui s’attendaient à du changement durant cette période troublée de pandémie, c’est raté : on a retrouvé des avions incendiés, une fois venus livrer leur chargement de coke, comme précédemment ces derniers temps. Aux endroits les plus courus ces derniers mois, dont le Mexique, comme on l’a vu, et au Venezuela, où l’on continue toujours à tromper la populace …
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Coke en stock (CCXCV) : la situation pendant le Covid19

La pandémie a changé les choses, y compris chez les trafiquants qui se sont vite reconvertis en distributeurs de masques, pour les profits, ou de nourriture, pour leur image de marque. Mais cela n’a en fait que fort peu ralenti les arrivées de jets bourrés de coke, comme on a pu …
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Coke en stock (CCXCIV) : un gouverneur en ligne de mire

Dans le Campeche ou le Quintana Roo, dans le Yucatan, au Mexique,  la facilité avec laquelle les appareils atterrissent et leurs pilotes s’échappent, ou les enquêtes qui suivent tombent à l’eau laissent entendre des interventions politiques favorisant le trafic. Ce n’est donc pas vraiment une surprise quand on tombe sur l’un d’entre eux, de politicien, détenteur en prime …
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Coke en stock (CCXCIII) : champs de soja et poupées russes

On est loin d’en avoir terminé avec les visites surprises dans le Campeche. Des jets, là-bas, atterrissent en effet parfois en plein champ de soja ! D’autres se posent sur des routes sommaires de terre, entre deux exploitations mennonites. L’un d’entre eux, un superbe jet fraîchement repeint, résiste aujourd’hui encore aux investigations. Il est vrai que l’on semble avoir tout fait …
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Coke en stock (CCXCII) : de toutes sortes, dans le Campeche

Dans le Campeche, partie Est du Yucatan, de nombreux avions ont été retrouvés porteurs de cocaïne.  On a tenté d’en faire disparaître certains en les enterrant, d’autres ont été incendiés, d’autre encore ont été retrouvés noyés, emportés par les crues, certains ont même été réparés à ciel ouvert, preuve de …
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Coke en stock (CCXCI): l’invasion du Yucatan

 

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Au royaume des tartuffes, c’est Bercy qui est la capitale!

L’INSEE intègre le calcul du trafic de drogue dans le chiffre officiel du PIB, soit 2,7 milliards d’euros : 0,1% du PIB.

Qu’importent les ravages sur le cerveau et l’intelligence, que la drogue fait à son possesseur.

1°)- L’INSEE minimise la consommation de drogue en France :

Par ailleurs, 2,7 milliards est  une somme largement sous estimée par l’INSEE, J’avais une collègue, chargée de la santé, qui m’avait expliquée : « plus de 17 millions de français prend du cannabis. 4 millions de la cocaïne ». On trouvera ces chiffres sur Google.

Donc, malheureusement, la France est très touchée par la drogue : la somme de 2,7 milliards retenue par ‘INSEE sous-estime grandement l’ampleur de ce  trafic.

1-1°)- La cocaïne se répand en France :

Jacques Lanzmann, auteur de la célèbre chanson chantée par Jacques Dutronc (« Paris s’éveille »), connaissant bien le Tout-Paris, expliquait à son fils David, les ravages de la drogue :  » la drogue, c’est comme les termites de notre maison de campagne. Cela bouffe tout. Tu vois, tel présentateur, il n’a plus de nez, plus de cerveau, plus rien … » (sic)

Gérard Fauré, le vendeur de cocaïne du Tout Paris n’hésite pas, -dans un de ses livres de souvenirs : »Le prince de la cocke », édition nouveau monde, 2020-, à jouer les « père la Morale », et à se moquer durement de ses anciens clients.

1-2°)- Le cannabis, ce n’est pas la verveine :

De son côté, croire que le cannabis est inoffensif est une légende : le cannabis est responsable de nombreux accidents de la route.

La Sécurité routière s’arrache les cheveux, pour que les jeunes conduisent sans cannabis : ils ne meurent pas eux, c’est certain ; sauf qu’ils tuent les autres…!

 

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Dans le monde de la lutte internationale contre la criminalité, cette route est appelée Highway 10, référence à la dixième latitude, et c’est la route la plus courte de l’Amérique du Sud à l’Afrique de l’Ouest. Pendant des siècles, des millions d’esclaves ont été amenées en Amérique par cette route, maintenant ce sont des dizaines de tonnes de cocaïne qui partent dans la direction opposée chaque année.

La ‘Ndrangheta, entre autres, s’occupe ensuite d’assurer le transport d’Abidjan vers l’Italie et la Belgique.

Coupé décalé, sacs de coke échoués et mafia italienne, VICE s’est rendu en Côte d’Ivoire, plaque tournante du trafic de cocaïne.

Partie 1/5

« Il y avait des sacs remplis de coke sur toute la côte » : on a suivi la piste de la ‘Ndrangheta jusqu’au port de transit d’Abidjan, maillon indispensable du réseau de la mafia italienne.

Par Nicholas Ibekwe et Daan Bauwens

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Partie 2/5

« La Guinée est devenue un État narcotrafiquant à part entière. Tout le budget de l’État, les salaires des ministres, de la police ; tout est payé par les chefs de la mafia colombienne. »

par Daan Bauwens et Nicholas Ibekwe

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Partie 3/5

« Le ministre de la Défense, le plus grand trafiquant de cocaïne ? Je le sais. Et tout le monde le sait. »

Par Nicholas Ibekwe et Daan Bauwens

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Au Venezuela, où l’on ment ouvertement sur les arrivées d’avions et leur départ chargés de cocaïne, comme j’ai pu vous le rappeler dans l’épisode précédent, on assiste en mars dernier à l’arrivée d’un énième gros porteur, un bimoteur à hélice dont l’aspect extérieur a laissé pantois. L’avion était impeccable et venait visiblement juste d’être repeint à neuf avant de jouer les ‘Deliveroo à cocaïne’ des airs.

Un type d’appareil qui nous en a rappelé un autre, datant de fin 2017, et resté célèbre pour une belle mise en scène du pouvoir vénézuélien, vers qui tournent tous les regards depuis des années maintenant pour ses facultés à détourner l’attention sur sa propre participation au trafic…

Encore des brésiliens

Le 10 février 2020, la Force armée nationale bolivarienne (FANB), très fière d’elle, nous montre deux jeunes hommes, de dos et menottés, arrêtés à leur descente d’avion de l’aéroport international Jacinto Lara, à Barquisimeto, dans l’État de Lara.

Il s’appellent  Jhackes Villeneuve Da Silva Costa (22 ans !) et Matheus Chaves Fernández (27 ans), deux noms brésiliens.

Leur avion est un Piper Seneca littéralement plein à ras  bord : il contient en effet 482 kilogrammes de cocaïne, en plus de 420 litres de carburant pour avion léger (AV-Gas).

A l’intérieur il reste peu de place pour les occupants : le siège du copilote est constitué par des sachets de pains de coke (ici à gauche) !

L’intérieur est en effet complètement vide sans le chargement : même les parois internes de la cabine ont été enlevées, la laine de verre isolante est à nue.

On découvre une pompe à manivelle rouge, celle qui répartissait le carburant entre les bidons pour alimenter les moteurs (ici à droite).

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Le défilé est devenu incessant au Belize, comme on l’a constaté au fil des épisodes précédents.

Mais décidément on n’avait encore rien vu à-bas.

Un record est en effet battu en mars dernier avec la plus grosse prise de cocaïne jamais faite dans le pays. Sans trop de surprises, elle a été amenée par un jet, un Gulfstream cette fois… Il avait été précédé d’un autre avion du même type, retrouvé vide celui-là, en février. Le hic pour le recordman étant qu’il appartenait à un homme déjà condamné pour trafic de coke voici 13 ans déjà à Cleveland, aux USA…

Le 22 janvier 2020, dans un endroit appelé Rhaburn Ridge, près de Crooked Tree et de la Philip Goldson Highway (longue de 153 km, elle joint Belize City à Corozal, au nord), un énième appareil s’est posé de nuit. Au lendemain matin, on le découvre, intact et plutôt impressionnant, comme on peut le voir.

Celui-là est resté en effet tel quel, en tout cas. Les riverains l’avaient entendu tourner cette nuit-là avant qu’il ne se pose.

Il est bien entendu vide.

Chester Williams

Le terrain est plat et ne paraît pas trop humide, ce qui n’empêche le chef de la police, Chester Williams d’en sortir une bonne comme à son habitude pour tenter de justifier un énième ratage : « nous avons depuis déployé nos officiers dans la région et ce n’est pas un endroit facile à atteindre; c’est un terrain extrêmement accidenté. Nous avons obtenu l’information, nous nous sommes mobilisés et nous n’avons pas pu arriver dans la région à cause du terrain boueux. Tous les véhicules de police finissent par s’enliser et ce sont des véhicules à quatre roues motrices. Et ils n’ont pas pu se rendre sur les lieux. »

 

En fait, cette explication plutôt oiseuse sur l’état véritable du terrain où le Gulfstream, à l’endroit où il est s’est posé sans s’enliser, cherchait à dissimuler quelque chose qu’une simple recherche sur Google Earth démontrait facilement.

Le point d’atterrissage donné par la police GPS est faux d’une bonne paire de kilomètres.

Le vrai se situe plus au nord, et c’est tout simplement une piste clandestine connue, puisque l’on y a fait exploser des charges il y a quelques années déjà pour creuser des trous pour empêcher son usage. On les distingue pleines d’eau sur Google Earth quand on remonte dans le temps ! Cette très longue piste a donc tout simplement été rebouchée et c’est très certainement pour cela que Williams a inventé la fable de ses 4×4 enlisés.

Une piste qui a été détruite au moins en 2011, dès sa mise en service il semble. En janvier 2018, tous les trous n’avaient pas encore été rebouchés.

 

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Les avions remplis de drogue, c’est devenu commun au Belize. Le problème c’est que ça a pris une dimension absolument hallucinante depuis ces deux dernières années, avec une nette accélération des arrivées, dont désormais celle de gros jets à réaction qui se posent de façon quasiment mensuelle désormais, le reste, les appareils plus petits ou à hélices, le faisant de façon hebdomadaire.

Le jet posé sur la route

Le 24 avril 2018, c’est le choc des photos, pas besoin de celui des mots : on vient de découvrir en effet un jet, un biréacteur de plus de 10 tonnes, parqué sur le bord de la route (non bitumée) chemin reliant San Estevan à Progresso, à 3 miles du village de San Estevan dans l’Orange Walk District de Belize.  Ce matin là, à la découverte de l’engin, on ne peut que constater que les transferts aériens de cocaïne viennent de prendre une toute autre dimension en effet !

L’engin est un Hawker 125-700, un biréacteur portant l’immatriculation (fausse) N818LD (c’est une immatriculation réelle, mais celle d’un autre appareil à l’évidence. C’est aussi celle d’un autre Hawker retrouvé sous les feuillages le 7 mars 2018 qui précédait au Venezuela (1) : les trafiquants se sont passé le mot, à l’évidence. A l’intérieur de celui d’Orange Walk, tout a été complètement vidé, et on a tenté d’y mettre le feu, mais sans y parvenir, selon la police.

Pour les autorités, c’est un vraie claque, car peu de temps auparavant, en décembre, elles venaient d’inaugurer en grande pompe au Belize Civil Aviation, leur réseau de surveillance aérienne, doté d’une « nouvelle technologie » vantée par les responsables. En fait, c’est une simple application d’ordinateur surveillant les transpondeur à bord des aéronefs, un peu comme FlightRadar. Le hic étant que ça nécessite que l’appareil le mette en marche, ce qui est rarement le cas, on le comprend aisément, des vols illégaux de contrebande de coke !!! Une seule arrivée d’avion chargé de coke vient de ruiner leur communication !!! Le pays ne dispose en effet d’aucun radar !!!

Dans le reportage visible ici,  on comprend mieux ce qui s’est passé ce soir-là ; l’aile droite de l’avion a heurté des branches et l’appareil, roue avant tombée dans le bord de ruine herbeux, s’est immobilisé en travers.

Les traces noires d’une tentative d’incendie sont visibles sous l’aile gauche.

L’avion était destiné à pouvoir redécoller, en fait. On l’aurait comme les autres ravitaillé et il serait reparti une fois son chargement déposé !!! Dernier défi pour les policiers bien dépassés par l’événement et l’audace des trafiquants :« se présente aux responsables de la police bélizienne un défi majeur: comment déplacer le jet de taille moyenne de la route du village, où il est maintenant sous la garde des forces de sécurité du Belize. Bien qu’il soit très probablement encore en état de navigabilité, il n’y aurait aucun pilote au Belize qui pourrait le piloter depuis son emplacement actuel, » note la radio Amandala, qui rappelle que c’était le septième appareil de trafiquants de l’année… et nous n’en étions qu’en avril !

Pour ce qui est de l’appareil lui-même, une fois désembourbé et réparé, un pilote de talent dégoté, il a réussi à redécoller de la même route (chapeau !) pour rejoindre le 26 avril, soit à peine deux jours plus tard, la base de l’ADF Airwing, située à Ladyville sur l’aéroport Philip S. W. Goldson International (appelée aussi Price Barracks chez les militaires).

Plus facile pour lui en effet de se poser sur une piste en dur de 3200 m en effet !

Le 17 janvier 2020, enfin, les autorités de Belize décidaient de se munir d’un radar à 12 millions de dollars. Il était temps !!!

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Ces deux dernières années (2019 et 2018) les arrivées d’appareils chargés de cocaïne ont augmenté à Belize.
De façon répétée on a retrouvé des vestiges de grosses carcasses d’avions en plein champ, abandonnés incendiés par
les trafiquants, comme au Guatemala voisin, et comme avant eux au Honduras, dont j’ai tenu ici la litanie des arrivées de ce type. Des arrivées de plus en plus nombreuses, non suivies d’arrestations, ni de saisie de drogue, pour la majeure partie d’entre elles. Jusqu’à ce jour d’octobre 2018 où l’on attrape des trafiquants venus attendre un de ces avions chargé de drogue : parmi eux, un responsable de la police, venu nous démontrer par l’exemple le fond du problème dans ce pays essentiellement corrompu à tous les niveaux…
Une apparition soudaine 
En 2015, c’est une visite impromptue et mystérieuse qui intrigue les autorités de Belize. Là on a affaire à un cas particulier car l’avion a atterri sur un aéroport tout ce qu’il y a des plus officiel, le Philip Goldson International Airport celui de Belmopan, vers 5H30 du matin alors que celui-ci ouvre à 6H, sans l’accord des autorités de l’aéroport donc. Problème, depuis, plus personne n’a vu son pilote ni son passager : l’avion a été abandonné sur place Le Piper Seneca PA-34 à  7 places est immatriculé N32812  et d’après son plan de vol il était encore à Managua, au Nicaragua, à environ quatre heures et demie de vol de Belmopan.
Le vol précédent datait du 30 septembre précédent, de Fullerton, à San Jose, en Californie.
Un rapide examen de l’avion montre qu’il n’était pas été équipé de réservoirs supplémentaires pour effectuer des vols plus longs. Mais le 25 octobre précédent il avait fait le trajet Aruba-Belize City (il s’y était rendu le 22). L’avion est depuis le 28 mars 2014, immatriculé au nom d’un pilote américain James A. Stallings d’Irvine, en Californie.
Cela, je vous l’ai décrit ici. Au 28 octobre, l’avion n’avait toujours pas été réclamé par son propriétaire légitime…
L’affaire ne semble par contre n’avoir eu aucune suite : le 25 juillet 2016 on le photographiait revenu aux Etats-Unis, tranquillement venu assister à la grande fête aérienne de la mecque d’OshKosh
Un mois avant, c’est un hélicoptère gris de type BELL-407 qui avait ainsi été abandonné à Blue Creek dans l’Orange Walk District.  Il arborant le numéro d’immatriculation N607AZ, une fausse immatriculation. Il aurait pu s’agir du XA-FMC, repeint plus discrètement
A la fin de l’année 2015, c’est un Cessna qui tente sa chance sur une route non macadamisée sur Spanish Lookout, près de la lagune d’Aguacate…(ici à droite) et que l’on retrouve incendié : il n’en reste que l’empennage de visible. La presse commente de façon ironique : « les détails officiels sont pratiquement inexistants, peut-être parce que la police n’a pas grand-chose à offrir pour le moment« .
Selon News Five « au cours de l’année écoulée, un autre avion qui transportait des stupéfiants avait atterri au même endroit et avait été brûlé » (c’est notre Cessna 210 de l’épisode précédent, retrouvé  à un mile de l’autre !). Le Cessna 210 incendié était immatriculé YV3241. C’est en fait celle d’un hélicoptère Agusta A109C, ex N111TS !!! Rien à voir avec l’original !
Encore raté !
En décembre 2016, encore raté pour la police de Belize. Et en même temps première inquiétude sur l’apparition d’avions bien plus imposants venant visiter régulièrement le pays. Sur une piste clandestine, une de plus, près de la Coastal Road, vers La Democracia, dans le Belize District, on n’a pas trouvé d’avion cette fois  mais de drôles de choses : des bidons énormes, une vingtaine (16 exactement encre pleins de kérozène et 4 vides), de quoi ravitailler un gros avion, donc. Mais aussi des sièges bicolores, de style plutôt anciens, à accoudoirs, repliables et assez hauts, encore juchés sur leurs piétements de tubes, un assortiment de ce qui semble être des tuyaux ou des câbles électrique, voire de la corde, quatre batteries, bref tout ce qui reste d’un vidage complet de gros porteur de type indéterminé. Les sièges sont ceux  d’un Beechchraft 200, signe que l’on est déjà passé au stade supérieur dans le trafic. Selon la population locale, la piste existait depuis trois années au moins ! Sidérant !

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L’OFAST, officiellement opérationnel depuis le premier janvier 2020, a remplacé l’OCRTIS qui présentait quelques sources d’ennuis judiciaires à venir pour la haute hiérarchie policière.

Les têtes pensantes de Beauvau ont pensé qu’en changeant de nom pour sortir des comportements parfois douteux pour le citoyen lambda de l’OCRTIS, ils feraient oublier la guéguerre entre policiers et douaniers, alors que l’ensemble du personnel a été intégralement absorbé par l’OFAST…

L’esprit et la façon de fonctionner ont-ils changé?

Les affaires de la DNRED avec Erwan Guilmin et de l’OCRTIS avec François Thierry, malgré la lenteur de la justice à trancher, n’arrangent pas le relationnel et l’esprit et la façon de fonctionner de l’ensemble du personnel qui a été intégralement absorbé par l’OFAST…n’ont pas changé!

Pour lancer ce vieux nouveau service, les ‘mamamouchis’ de Beauvau ont donc définis 6 grands objectifs avec 55 mesures pour répondre à l’attente d’efficacité et de changement…oubliant de préciser que d’être opérationnel H 24, 7 jours sur 7* et réactif étaient les conditions premières à respecter.

Mais sans embauche comment réussir?

L’OFAST a pour  »originalité » de faire travailler au sein d’une même structure policiers, gendarmes, douaniers et magistrats, pour favoriser l’échange d’informations et agir à tous les niveaux de la lutte contre les trafics. « De l’arrivée des drogues en France, jusqu’au point de deal au coin de la rue. De la cage d’escalier, à l’international », avait indiqué Christophe Castaner, en fixant le cap de cette nouvelle structure : « partager l’information, décloisonner les enquêtes et collaborer entre services »

Les sources

Oh surprise! Alors que la quasi totalité des saisies sont réalisées à la suite de renseignements fournis par des « sources », rien de concret sur ces informateurs sans lesquels, l’OFAST (policiers et Gendarmes) comme la DNRED de la Douane, ne seraient que des aveugles.

Mais, peut-être, qu’enfin, les liaisons dangereuses ** entre indics et régaliens ne seront plus source première d’informations et que les actions d’infiltration, toutes aussi dangereuses d’ailleurs, seront alors privilégiées…mais, là aussi rien de concret. On croit rêver!

Certes, en ces périodes de confinement d’une grande partie des consommateurs, le deal a déjà revu sa copie et passe par les snapchat, wathsapp, instagram et twitter pour permettre à tous les addicts de satisfaire le manque possible.

Là on se dit, bravo, quand l’Objectif n°1, qui est l’amélioration de la connaissance des trafics ainsi que du pilotage stratégique au niveau national et à l’échelon territorial dans sa mesure N° 8, nous annonce que les équipes en charge de l’analyse des cybertrafics seront renforcées…Mais Cyber-gendarmes et cyber-douaniers n’ont, jusqu’à ce jour, pas réussi à faire diminuer l’offre proposée de tous types de stupéfiants. Rien que sur TWITTER, plus de 1.300 lignes de propositions de livraisons à domicile sont toujours actives et se renouvellent sans cesse. L’offre se concentre autour de 20 utilisateurs qui représentent environ la moitié des lignes.

En Mesure 12, la détection et le ciblage des conteneurs permettant d’obtenir des saisies de gros volumes, qui réduisent l’offre dans des proportions structurelles; des objectifs quantitatifs et qualitatifs seront établis par l’Ofast sur une base annuelle, donc on espère que l’arrivage de quantité importante de cocaïne de l’Amérique du sud vers l’Europe et les ports du Havre, de Fos sur mer et de Dunkerque va sérieusement être diminué sauf…sauf que le nombre d’agents affectés à la CELTICS n’est pas à la hauteur des flux de conteneurs.

Mardi 11 février 2020, Christophe Castaner a inauguré le siège de cette structure à Nanterre

L’OFAST est basé à Nanterre, pas à Lourdes, le miracle de la réunification sans arrières pensées n’a donc pas eu lieu!

Depuis maintenant trois mois, l’OFAST a donc en charge la lutte contre le narcotrafic à l’international destiné à l’hexagone et à ses DOM/TOM.

En liaison avec l’ensemble des administrations concernées, l’Office anti-stupéfiants est chargé de l’évaluation de la menace liée aux trafics de stupéfiants.
Pour accomplir cette mission, l’office, dans le cadre de la législation applicable, centralise, analyse, exploite et communique aux services de la police nationale, de la gendarmerie nationale, des douanes et droits indirects, ainsi qu’aux autres administrations et services publics de L’État toutes documentations et données statistiques, en lien avec le service statistique ministériel de la sécurité intérieure, relatives à son domaine de compétence.
Dans le cadre de la législation applicable, les services de la police nationale, de la gendarmerie nationale, des douanes et droits indirects, ainsi que les autres administrations et services publics de L’État susceptibles d’apporter leur concours à l’office lui adressent, dans les meilleurs délais, les informations relatives à son domaine de compétence dont ils ont connaissance.
Pour les infractions qui relèvent de sa compétence, l’office, dans le cadre de la législation applicable, adresse, aux services de la police nationale, de la gendarmerie nationale, des douanes et droits indirects, et aux autorités judiciaires, toutes indications utiles à l’identification ou à la recherche des délinquants ainsi que, sur leur demande, tous renseignements nécessaires aux enquêtes dont ils sont saisis.

Pour cela, l’Office anti-stupéfiants est chargé de :
-1° Procéder sur l’ensemble du territoire national à des enquêtes judiciaires relatives à des trafics de produits stupéfiants d’importance nationale et internationale ou présentant une sensibilité particulière ;
-2° Sous le contrôle de l’autorité judiciaire, coordonner les enquêtes de grande envergure diligentées par des services de la police nationale, de la gendarmerie nationale, des douanes et droits indirects, en particulier les enquêtes qui présentent une dimension internationale marquée et visent des filières d’importation complexes ;
-3° Coordonner l’action des services territoriaux de la police nationale, de la gendarmerie nationale, des douanes et droits indirects, le cas échéant dans le cadre de saisines conjointes décidées par l’autorité judiciaire ;
-4° Centraliser les informations concernant les demandes adressées aux fonctionnaires ou agents publics visant à permettre la mise en œuvre des opérations de surveillance prévues par l’article 706-80-1 du code de procédure pénale, par le I de l’article 67 bis et par l’article 67 bis-3 du code des douanes ;
-5° Coordonner avec l’ensemble des partenaires concernés la mise en œuvre des mesures de prévention, de recherche et de constatation des infractions constitutives de trafic de stupéfiants dont les modalités sont fixées par la loi n° 94-589 du 15 juillet 1994 relative à l’exercice par l’Etat de ses pouvoirs de police en mer pour la lutte contre certaines infractions relevant de conventions internationales.

Pour lutter efficacement contre le narcotrafic, l’une des solutions consiste aussi à faire baisser la demande. Mais rien n’est vraiment prévu pour enrayer l’arrivée de nouveaux consommateurs.

-Que font ces hauts fonctionnaires chargés de définir les politiques à mettre en œuvre pour tenter de diminuer cette « épidémie de zombies » ?

-Que font les chargés de l’analyse criminelle et/ou de l’intelligence économique et diplomatique qui, normalement doivent englober la prospective?

-Qui fait de la prospective ‘stups’ à Beauvau et à Montreuil ? Et si des services s’y consacrent, sont-ils encore en osmose avec le terrain ?

Non, ils sont comme ceux qui n’ont pas su prévoir le coronavirus ?

Notre haute administration et ses cohortes d’énarques, inspecteurs des finances, administrateurs civils et autres cooptés ne seraient ils pas le véritable MAL FRANÇAIS?

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« De tous les régimes qu’a connus notre peuple, pas un n’a su éviter la catastrophe. Des héros qu’on nous apprenait à admirer, pas un qui n’eût fini dans la tragédie, ou du moins dans l’échec… Quand la chance s’acharne à être mauvaise, elle est plus qu’un effet de hasard. » Alain Peyrefitte

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* Pour remplir les postes affectés aux tâches régaliennes, un poste à couvrir dans un secteur donné de lutte anti stups nécessite au minimun 5 hommes à temps complet. Par exemple, avec + ou – 8.000 douaniers affectés à la SURV, pour les BSI, BSE, navigants marins, navigants aériens et pour les opérations de contrôles suite aux signalements de la DNRED, en considérant les 35 heures comme base de calcul, il reste moins de 2.000 hommes mobilisables et opérationnels sur l’hexagone et l’ensemble des DOM/TOM. Quand on sait d’autre part qu’avec les fermetures successives des Brigades, l’éloignement des hommes des lieux de contrôles nécessite parfois plus de deux heures AR pour être effectivement opérationnel, un constat s’impose: de ces 2000 hommes, après avoir retirer les plantons de Bercy, de Montreuil et des DI et DR, qui représente environ 300 hommes plus… la kyrielle de sous-directeurs végétato-improductifs évaluée à une cinquantaine de tête, il ne reste donc que 1.650 opérationnels! Lors de ce décompte, les malades, les enceintes et les congés parentaux n’ont pas été chiffrés…

** Liaisons dangereuses pour les policiers et douaniers de fréquenter des malfaiteurs qui peuvent alors les utiliser, les manipuler…Les exemples des dernières années sont là! Quand aux actions d’infiltration, elles comportent toujours le risque majeur d’être découvert et/ou de ne pas pouvoir brandir à un moment critique le Dalloz pour dire stop, j’arrête! Quand on est en situation d’infiltration, on ne peut l’interrompre et c’est alors que la lâcheté des donneurs d’ordre, qu’ils soient politiques ou autres énarques en charge de grands services régaliens, peut s’exprimer en se reniant devenant alors non seulement des couards mais aussi des renégats démontrant alors la bassesse des motivations qui les ont amenés à ces postes de responsabilité.

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Première intrigue sur l’île

Au début de l’année 2019, le 12 février, un petit avion privé immatriculé N18GC, un Piper Aztec s’était écrasé lui à Môle Saint-Nicolas dans le département du Nord-Ouest d’Haïti. Et là le cas était très différent. L’île avait bien été choisie cette fois pour faire l’objet d’un transfert de cocaïne.

Les agents de la Police Nationale Haïtienne (PNH) accourus y avaient découvert de la drogue. La quantité n’avait pas été indiquée, mais l’avion était un Piper Aztec, dont on connaît la capacité d’emport élevée par rapport à sa taille plutôt modeste.

C’est le propriétaire de l’avion qui cette fois faisait lever le sourcil. L’appareil était immatriculé N18GC (ici à gauche) propriété due Strong Tower Services, LLC Trustee (1). Autrement dit, un « anonymisé » par un de ces fameux « Trustee ». Le hic cette fois étant le propriétaire lui-même du Trustee, et son CV suspicieux. A savoir Daniel Piriano, ancien pilote de Delta Airlines engagé depuis longtemps dans les affaires douteuses en République Démocratique du Congo, dans la province du Katanga, notamment auprès de l’intriguant Moise Katumbi avec sa société « Ask, LLC » (on évoquait à son propos bien sûr du commerce illicite d’armes). Piriano affichant d’étranges liens avec le pouvoir là-bas. « Plus intrigant encore, l’une des autres entreprises de Daniel Piriano a conclu un accord de fiducie pour gérer un jet privé appartenant à l’épouse de Katumbi, Carine, qui faisait partie des bus armés de Raphael Soriano pour frauder en Zambie. Cet accord a permis à l’avion à 8 millions de dollars d’être réenregistré aux États-Unis en tant que N2SA, (un Gulfstream G-IV !) et de demander une couverture d’assurance ici ».

« Piriano a obtenu cette assurance, et par la suite le jet s’est écrasé le 12 février 2012, tuant un ancien gouverneur du Katanga (le même État où Katumbi était gouverneur),  Augustin Ktumba Mwanke. Ktumba était un allié très proche du président de la RDC, Joseph Kabila. » (ça baigne en tout cas pour Parain, à voir sa villa ici à gauche de Wilmington).

Pour en revenir à notre crash du jour, les deux pilotes de l’avion étaient eux, des Bahamas : Stephen Hanna Remington 46 ans et Taylor Michael 35 ans. A côté, un pickup Montero Mitsubishi de couleur noire, occupé par quatre hommes : Clerveaux Yvenson le chauffeur, un ex policier de la PNH, équipé sur lui d’un Glock 19 de calibre 9mm, Nelson Markenley 26 ans, un américain, et deux deux haïtiens : Henry Junior Petit 39 ans, et Lucien Junior 45 ans.  Surprise, deux jours plus tard est également arrêté le maire de la commune de Môle Saint-Nicolas, Christian Joseph, élu sous la bannière du Parti OPL (de Jovenel).

A gauche, il est ici en photo en campagne avec le président Jovenel Moîse… les vieux démons laissés par son infâme  prédécesseur sont bien toujours présents sur l’île !!!

Un Jovenel Moïse bien cerné, désormais, et qui avait exprimé cette phrase en février dernier, qui sonne étrangement aujourd’hui comme quoi « il ne ne livrait pas le pays aux gangs armés et à des trafiquants de drogue« … Il est vrai aussi que lors d’une manifestation récente, un chef de gang recherché par la police, Arnel, avait défilé dans les rues avec ses partisans bien armés !!!

Il avait adroitement essuyé d’un revers le cas de l’appareil qui s’était écrasé, en en faisant l’objet d’un complot contre lui : « selon le président, des gens ont profité des moments de troubles au pays pour faire passer au Môle Saint-Nicolas un avion transportant de la drogue, libéré des prisonniers dans le Sud, « utilisé des fugitifs internationaux pour tenter d’assassiner le président… ».  

On verra ici un peu plus loin que ce genre de phrase pouvait être la clé d’une autre affaire étrange en effet survenue dans l’île au même moment

Un trafiquant heureux d’être extradé aux USA !!!

En juin dernier, étrange arrestation aux USA, à Fort Lauderdale (Floride) : celle de Joris Mergelus (ici à gauche), un ancien commandant de la Brigade de lutte contre le trafic de stupéfiants (BLTS) en Haïti. Il avait en sa possession la somme de sept-mille dollars, une vraie fortune dans l’île miséreuse. Selon le « Miami Herald », Mergelus aurait en effet reçu de l’argent venant des trafiquants, pour bloquer l’enquête sur le Manzanares, ce cargo arraisonné le 15 avril 2015 avec plus de 700 kg de cocaïne (10 fois plus que ce que j’avais indiqué au départ ici même !!). Surprise, car cela tranchait avec les propos de 2013 du même Mergelus qui s’était alors targué d’avoir arrêté, en vingt mois de présence à la tête de l’office antidrogue, 238 suspects de trafiquants de drogue et saisi plus de 2 000 kilogrammes illicites de drogue. « Sur 38 personnes arrêtées en août de cette année, 31 sont des femmes et 18 ont été extradées vers les États-Unis, les Bahamas et la République dominicaine » avait-il aussi présidé, faisant du trafic une organisation extérieur au pays, en quelque sorte. La vantardise affichée du responsable avoisinant un gros coup de cirage à son seul supérieur… le chef de l’Etat de l’époque : « Bien sûr, c’est un défi car les trafiquants de drogue ont de gros moyens, mais nous faisons des progrès dans la lutte contre le trafic de drogue en Haïti », a déclaré Mergelus. Le haut responsable de la lutte contre les stupéfiants a déclaré que son bureau et l’effort anti-drogue dans son ensemble avaient reçu un soutien sans précédent des plus hautes autorités politiques du pays et confirmé qu’une telle position constituait une source de motivation pour son équipe. « Depuis que je fais partie de l’unité anti-drogue, c’est pour la première fois que je constate une telle volonté politique de lutter contre le trafic de drogue », a expliqué Mergelus qui a intégré l’unité depuis sa création en 1997. « Le président (Michel) Martelly et le Premier ministre (Laurent) Lamothe nous ont personnellement demandé d’appliquer la tolérance zéro contre les trafiquants de drogue et ils nous ont donné des moyens supplémentaires pour faire le travail », a déclaré Mergelus ». Mouai….(si tu crois ça, c’est que t’es bon pour l’asile!)

La suite des affaires allait ruiner cet argument comme on va le voir…

Le blocage par Mergelus de l’enquête sur le cargo, cela, on se doute de pourquoi en effet, à avoir ici suivi l’affaire de près : l’affaire remonte directement en effet à Olivier Martelly, le fils du président outrancier qui aura décidément tout raté durant sa mandature et ravagé son pays autant qu’un tremblement de terre et un ouragan réunis, comme j’ai déjà pu le dire ici.

Le Manzanares, « un cargo appartenant société Nabatco, propriété des Acra, l’une des plus riches familles d’Haïti;  venue du Liban (lire ici un excellent reportage sur ces familles qui ont en fait toujours été du côté des dictatures » avais-je écrit. L’autre grande famille mise en cause étant celle des Mevs, propriétaire du terminal Varreux où le bateau avait été déchargé (voir ici un exemple de ces grandes familles ayant pillé l’île). L’homme visé principalement s’appelant Marc Antoine Acra, héritier de l’empire sucrier qui était alors associé à Grégory Georges, alias Ti Ketant, qui, curieux hasard aussi venait alors d’être extradé aux USA, le 3 mai précédent à bord d’un avion de la Drug Enforcement Administration (DEA) !!!

« Ti-Ketant », étant un surnom pour Gregory Georges, en référence au célèbre roi de la cocaïne haïtienne, Beaudouin « Jacques » Ketant, qui avait accusé l’ancien président Jean-Bertrand Aristide d’avoir accepté des pots-de-vin liés à la drogue !!! Avant de réussir à être extradé, George avait réussi à éviter plusieurs tentatives d’assassinat sur place ; en voilà un qui, pour une fois, apprécie de pouvoir se rendre encore vivant dans une prison américaine…Visiblement on craint en effet qu’il ne balance pas mal de personnes ! Marc Antoine Acra, on le rappelle, ayant à l’époque accusé nommément Martelly père d’être le commanditaire du lot de cocaïne saisie sur son propre navire !!! Selon Global Security, il y a une dizaine d’années maintenant,  »

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Avant d’évoquer plus loin le sort de Belize, je vous propose d’aller faire un petit tour sur l’île d’Haïti, qui quoique quelque peu délaissée ces derniers temps par les trafiquants, a quand même reçu quelques avions lourdement chargés, elle aussi. En résumé, un gros bimoteur qui s’était visiblement égaré et qui sera vite dépouillé de son contenu, un petit Piper Aztec bourré d’armes et de drogue, et, surprise, un Hawker très particulier comme on va le voir. Une incroyable histoire, en réalité. Celle d’un avion venu prêter main forte à un président à la dérive, digne successeur de l’inepte précédent. Pas de coke, cette fois-ci, mais une autre forme d’intoxication pour la démocratie: des mercenaires américains !

Un crash (plutôt isolé) en Haïti : le Beechcraft détecteur de boue

Si les gros bimoteurs tombés au Guatemala ou au Belize semblent avoir évité pour la plupart d’avoir joué aux détecteurs de boue, ce n’est pas le cas du cas isolé que représente un autre gros Beechchraft 200 qui s’est écrasé à Haïti, destination un peu abandonnée ces derniers temps par les trafiquants. L’appareil immatriculé au Mexique est en effet retrouvé entièrement maculé de boue dans une pâture de St-Jean le 25 novembre 2019 .

Encore un qui n’avait pas regardé la météo la veille, pour sûr ! Trois hommes, deux Mexicains et un Haïtien, sont arrêtés vers 20 heures le lendemain du crash, avenue Cartagena, dans la ville des Cayes.

Il s’agit de Vargas Flores Andres, 42 ans, et de Villeda Avila Juan Jose, 37 ans, les deux pilotes de nationalité mexicaine, et un chauffeur de taxi-moto haïtien, Jimmy Archil le lampiste de l’affaire, à l’évidence. Très vite, on constate que les déclarations des témoins sur place ne semblent pas coller tout à fait avec la version qu’ils donnent de leur mésaventure : « le commissaire Richemond a expliqué que, selon les déclarations des deux pilotes mexicains, ils avaient décollé du Belize vers le Venezuela pour récupérer une cargaison de stupéfiants à livrer au Guatemala » (ils ont cité le poids de 900 kilos de coke !!!). Comme l’avion était à mi-chemin, le moteur gauche de l’avion est tombé en panne et a forcé le pilote à effectuer un atterrissage d’urgence en Haïti, l’endroit le plus proche sur la route ». Celle de l’Atlantique, qui « vise » effectivement en priorité Belize (et depuis peu le Guatemala également), jusque-là ça se tient encore.

Mais ce qui cloche c’est que des témoins ont clairement vu des personnes débarquer des sacs, les mettre dans un pick-up non identifié avant l’arrivée des agents de la Brigade anti-drogue (BLTS). Selon l’enquêteur, « L’engin qui contenait plusieurs boites a été pillé par les habitants de la localité », ce qui ne serait pas non plus surprenant, à vrai dire, vu l’état de précarité qui règne partout sur place. Comme il ne serait pas étonnant non plus que le BLTS aussi se soit servi, pour les mêmes raisons d’ailleurs : en somme, il vaut mieux ne pas s’écraser en avion en Haïti, pays démuni de tout ! Le lendemain c’est un squelette d’avion qui subsiste à la place !!! L’avion était-il bien attendu sur place, comme le clament certains, il ne le semble pas en tout cas !!! Sur les deux mexicains auraient été trouvée une somme de 10 000 dollars américains, le responsable du réseau mexicain surnommé « Lobo » leur ayant promis 300 000 dollars à leur retour au Guatemala selon les enquêteurs….

Bref ce jour-là, Haïti avait été bel et bien le choix d’un atterrissage de diversion des pilotes après un ennui technique (un moteur en panne)… Affaire close..

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Le rôle primordial des « fincas »

Coke en stock (CL)

Cette longue enquête a vu des choses répétitives se produire : des arrivées d’avions, dans des endroits bien précis.  Des pistes d’atterrissages clandestines, souvent situées dans des propriétés terriennes agricoles appelées là-bas « fincas » (synonyme en quelque sorte des haciendas andalouses importées en Amérique du Sud).  Si bien qu’il est normal d’en arriver à étudier en détail quelques unes d’entre elles, qui, surprise, se détectent assez vite sur Google Earth, à croire que l’armée vénézuélienne est incapable de les voir elle-même avec un outil qui n’a pourtant rien de militaire.  Ou ne souhaite pas les voir, car on en trouve vite de beaux exemplaires, en effet, en cherchant de cette manière:  toutes équipées de leur piste particulière, le plus souvent celle d’appareils destinés à l’épandage agricole et détournées ainsi de leur fonction première…

Des « fincas », de grandes propriétés terriennes, vous-avais-je dit, dans le Cojedes, pour accueillir les avions de la drogue, tel que celui-ci, le Cessna XB-NVX, tombé en mai 2015  à El Baúl, admiré de près par des hommes venus à cheval de la finca « Cañaote » (1) ?  On avait découvert à bord  deux cadavres et près d’une demi-tonne de cocaïne, mais aussi deux passeports étrangers, des téléphones dont un satellitaire et l’indispensable GPS, en deux exemplaires… la panoplie complète du trafiquant.  Ce n’est pas ce qui manque, en effet, des « fincas » de ce genre, certaines équipées d’une piste d’atterrissage bien meilleure qu’une piste de terre mal entretenue.  Même Google Earth peut vous en trouver, à croire que les services de Maduro ne sont pas équipés de cette recherche trop « capitaliste » à leur goût, à coup sûr.  Dans le Cojedes ou dans l’Etat voisin, d’ailleurs.  Tenez, celle-ci, située au  9° 2’14.95″N et 67°46’51.71″O, c’est à dire à moins de 5 km au sud-est de Hato San Teresa, un autre finca, et à moins de Guardatinajas, un des petits villages de la municipalité de Sebastián Francisco de Miranda, dans l’État de Guárico au Venezuela.

Une cité dont je vous ai déjà parlé ici-même, avec ce fameux Cessna 421 retrouvé prêt à partir (loin) avec ses effarantes provisions de combustible…

 

Et on en trouve d’autres, de pistes, parfois longues de plus d’un kilomètre.  Dont une à l’est de Zaraza, à moins de 100 km de la côte Nord (9°21’0.96″N,  65°13’15.24″O).  Ou encore là, au 9°12’6.51″N, 66°18’32.19″O), à savoir au nord-ouest de San Nicola, avec son apparence d’aéroport complet :

 

Ou encore en s’approchant vers l’état de Cojedes avec (9° 7’49.27″N, 66°23’14.94″O) liée elle aussi à une « finca« , au nord-nord ouest de Mercedes del Lano :

Pour se faire une idée de ce genre d’atterrissage en Apure même, voici celui d’un Cessna à Sabanas de Alto Apure, village fort touristique à paysage de savane tropicale aux abords de la Colombie. L’avion est le Cessna YV1763.  On peut voir que c’est plutôt sportif en plein jour, en imaginant que les trafiquants font ça plutôt de nuit.  On ne peut pas parler de piste, mais plutôt de chemin dont le seul guide est la trace laissée par le décollage ou l’atterrissage précédent…  On notera à la fin l’aide précieuse apportée par le Garmin GPS Map modèle 196(copie d’écran ici à droite (2).  Se poser la nuit de la sorte représente quand même une belle prouesse.  Les pilotes qui le font ne peuvent être des novices : souvent leur âge dépasse en effet la cinquantaine.

L’implication obligatoire des militaires 

Le système des fincas accueillant les avions ne marche pas qu’avec des paysans sans le sou et de riches trafiquants.  C’est bien d’un narco-état dont parle désormais Cardoza, qui dénonce aussi le rôle des militaires :  « Il ne s’agit pas seulement de troupeaux et de propriétaires, mais il y a quelque chose au-delà: une collaboration officielle.  Il serait beaucoup plus compliqué pour les réseaux de trafic de drogue d’étendre leurs activités si le personnel militaire, sous une forme ou une autre, n’était pas impliqué.  Il n’est pas possible, en tant que pays, d’avoir une présence dans les ports et les aéroports européens s’il n’y a pas un niveau de complicité structurelle qui garantit le passage des drogues », a déclaré Julio Montoya (il est député), ajoutant:  « Le Venezuela a progressivement remplacé les cartels de Medellin et Cali, pour une nouvelle caste militaire  » (…)  Il est très difficile de déterminer combien de soldats sont impliqués dans l’entreprise.  Le gouvernement n’a pas entamé d’enquêtes formelles à cet égard. La justice locale exige des éclaircissements sur certains points.  Par exemple, d’enquêter sur leur proportion et sur le thème du « cartel des soleils » et de savoir si cela  n’attaque pas les forces armées, parce qu’elle croit avoir plusieurs généraux impliqués dans le trafic de drogue et que cela génère une démoralisation et la démotivation « , explique l’assemblée ». L’homme mis en cause étant bien entendu Walid Makled celui par qui tout est arrivé :  « ces sentiments se développent lorsque l’existence d’une route appelé Makled est mise en évidence.  »  Walid Makled, qui est arrivé à avoir une carte de la Garde nationale, une autre de la Cour suprême de justice (TSJ) et des concessions – presque une coutume privée de l’aéroport de Michelena à Valence.  Il a également contrôlé près de 30% des exploitations de Puerto Cabello et un crédit de concession d’Urea dans Pequiven, qui a utilisé comme précurseur dans le chlorhydrate de cocaïne pour remplacer l’acétone, entre autres « , a déclaré le législateur.  Le député dit que l’enquête a déterminé que la route était vers Arauca, Alto Apure – et les zones adjacentes de l’état.  Par terre ou par avion, il est arrivé à Valencia et plus tard en Amérique Centrale. Makled lui-même a déclaré lors d’une interview avec Univisión en 2011 qu’ « à San Fernando de Apure arrivent chaque jour, cinq ou six avions sont chargés de cocaïne au Honduras, du Honduras au Mexique et du Mexique aux États-Unis », tout en soulignant des complicités supposées de l’armée vénézuélienne.  Pour Montoya, « il était clair qu’Apure n’est pas protégé. L’extension de l’état et les conditions géographiques favorisent les indices clandestins dans de nombreuses fermes et favorisent le développement des narco-opérations « .  Le député Julio Montoya affirme que Apure est mentionné dans les dossiers internationaux sur la question, car c’est une route terrestre qui tend les routes vers la Colombie.  C’est aussi une voie aérienne vers l’Amérique centrale, le Mexique et les États-Unis. En plus petite dimension vers le Brésil. « Cela a déclenché diverses opérations comme celle du Clotilde: le blanchiment d’argent qui comprenait des gens de la Banque d’Andorre et de la Mafia russe. La DEA, avec le gouvernement colombien et mexicain, étudie la zone pour les connexions avec le «cartel de Sinaloa».  Les faits concluants ont montré une relation étroite entre le «Cartel de Sinaloa» et ce que l’on appelle au Venezuela le Cartel de los Soles, qu’on ne sait pas s’il s’agit d’une affiche avec ses propres caractéristiques ou son travail pour le Sinaloa », a-t-il expliqué. Montoya, en rappelant que «Apure est le lieu du passage».  Le 2 mars 2016, le chef des crimes spéciaux de DIJIN, la police judiciaire colombienne, a déclaré qu’il avait démantelé un réseau de trafic de cocaïne qui «a déplacé environ deux tonnes et demi par mois aux États-Unis, lié aux cartels vénézuéliens, Honduriens et avec l’affiche du Zeta au Mexique « .  Selon le fonctionnaire, 12 personnes ont été capturées, « parmi lesquelles le responsable du réseau, les partenaires capitalistes, les propriétaires de laboratoires, les routes, les moyens de transport et les liens internationaux », a déclaré DIJIN dans un communiqué détaillant que  » opéré par voie aérienne dans des pistes clandestines dans l’État vénézuélien d’Apure avec des stupéfiants qui partent pour que le Honduras soit distribué à différentes cartels « , a cité un câble de l’agence de presse AFP.  

Sur Makled lire ici ce qui a été rédigé en 2015.

Les militaires visés : enfin des noms !

« Un cas récent concerne cinq hauts fonctionnaires militaires, dont le colonel d’Aviation Rafael Ponce Delgado, âgé de 46 ans, accusé par le ministère public d’aggraver le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes, une association pour commettre des crimes et la formation de groupes armés. Il était responsable de la zone de communication de la Tour de contrôle de l’aéroport de Las Flecheras à San Fernando. Des crimes semblables ont été attribués au commandant de la Force aérienne de base de Sucre (Maracay), le Major Fernando Antonio Silva (40 ans); et au capitaine Rafael Vargas Arreaga (37 ans ) rattaché au groupe de soutien logistique de ladite base; au lieutenant Rider José Silva (36 ans); appartenant au département de supervision et de contrôle 2911 de l’escadron de surveillance et de contrôle de la ville de San Fernando de Apure; en plus du lieutenant Juan José Mujica (24 ans), qui a travaillé dans cette dépendance. Ont également participé le major militaire retraité Fernando Alonzo Pereira León (68 ans); et son frère, le second sergent technique de la Garde nationale bolivarienne, Jonny Alfredo Pereira León (48 ans). Selon le 7e et 30e bureau du Procureur national de l’État d’Aragua, par Marisela de Abreu et Eylin Ruiz, «l’enquête date du 18 mai 2015 lorsqu’il a été signalé à la Direction générale du contre-espionnage militaire qu’un groupe de personnes appartenant à plusieurs composantes des forces armées nationales bolivariennes, ont été prêtées pour permettre les départs et les entrées d’aéronefs non autorisés par le Commandement stratégique opérationnel du territoire aérien vénézuélien « .  Non précisé, le ministère public a révélé qu’un officier militaire de haut rang, pour faciliter les vols illicites sans rapport, a offert de payer une somme importante en dollars par mois.  Aucun des fonctionnaires n’a été reconnu coupable et l’enquête est en cours.  Cependant, Juan José Gil Flores (58 ans), Léon Darío (59 ans) et son frère Cesar Marín Zapata (42 ns), ainsi que José Omar Umaña (49 ans), ont été condamnés à cinq ans de prison et ont admis les trois crimes mentionnés.  Une décision de la Cour d’Appel est attendue, alors que le Bureau du Procureur ne sera pas d’accord avec la peine et fera appel de la décision. »

 

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