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Première intrigue sur l’île

Au début de l’année 2019, le 12 février, un petit avion privé immatriculé N18GC, un Piper Aztec s’était écrasé lui à Môle Saint-Nicolas dans le département du Nord-Ouest d’Haïti. Et là le cas était très différent. L’île avait bien été choisie cette fois pour faire l’objet d’un transfert de cocaïne.

Les agents de la Police Nationale Haïtienne (PNH) accourus y avaient découvert de la drogue. La quantité n’avait pas été indiquée, mais l’avion était un Piper Aztec, dont on connaît la capacité d’emport élevée par rapport à sa taille plutôt modeste.

C’est le propriétaire de l’avion qui cette fois faisait lever le sourcil. L’appareil était immatriculé N18GC (ici à gauche) propriété due Strong Tower Services, LLC Trustee (1). Autrement dit, un « anonymisé » par un de ces fameux « Trustee ». Le hic cette fois étant le propriétaire lui-même du Trustee, et son CV suspicieux. A savoir Daniel Piriano, ancien pilote de Delta Airlines engagé depuis longtemps dans les affaires douteuses en République Démocratique du Congo, dans la province du Katanga, notamment auprès de l’intriguant Moise Katumbi avec sa société « Ask, LLC » (on évoquait à son propos bien sûr du commerce illicite d’armes). Piriano affichant d’étranges liens avec le pouvoir là-bas. « Plus intrigant encore, l’une des autres entreprises de Daniel Piriano a conclu un accord de fiducie pour gérer un jet privé appartenant à l’épouse de Katumbi, Carine, qui faisait partie des bus armés de Raphael Soriano pour frauder en Zambie. Cet accord a permis à l’avion à 8 millions de dollars d’être réenregistré aux États-Unis en tant que N2SA, (un Gulfstream G-IV !) et de demander une couverture d’assurance ici ».

« Piriano a obtenu cette assurance, et par la suite le jet s’est écrasé le 12 février 2012, tuant un ancien gouverneur du Katanga (le même État où Katumbi était gouverneur),  Augustin Ktumba Mwanke. Ktumba était un allié très proche du président de la RDC, Joseph Kabila. » (ça baigne en tout cas pour Parain, à voir sa villa ici à gauche de Wilmington).

Pour en revenir à notre crash du jour, les deux pilotes de l’avion étaient eux, des Bahamas : Stephen Hanna Remington 46 ans et Taylor Michael 35 ans. A côté, un pickup Montero Mitsubishi de couleur noire, occupé par quatre hommes : Clerveaux Yvenson le chauffeur, un ex policier de la PNH, équipé sur lui d’un Glock 19 de calibre 9mm, Nelson Markenley 26 ans, un américain, et deux deux haïtiens : Henry Junior Petit 39 ans, et Lucien Junior 45 ans.  Surprise, deux jours plus tard est également arrêté le maire de la commune de Môle Saint-Nicolas, Christian Joseph, élu sous la bannière du Parti OPL (de Jovenel).

A gauche, il est ici en photo en campagne avec le président Jovenel Moîse… les vieux démons laissés par son infâme  prédécesseur sont bien toujours présents sur l’île !!!

Un Jovenel Moïse bien cerné, désormais, et qui avait exprimé cette phrase en février dernier, qui sonne étrangement aujourd’hui comme quoi « il ne ne livrait pas le pays aux gangs armés et à des trafiquants de drogue« … Il est vrai aussi que lors d’une manifestation récente, un chef de gang recherché par la police, Arnel, avait défilé dans les rues avec ses partisans bien armés !!!

Il avait adroitement essuyé d’un revers le cas de l’appareil qui s’était écrasé, en en faisant l’objet d’un complot contre lui : « selon le président, des gens ont profité des moments de troubles au pays pour faire passer au Môle Saint-Nicolas un avion transportant de la drogue, libéré des prisonniers dans le Sud, « utilisé des fugitifs internationaux pour tenter d’assassiner le président… ».  

On verra ici un peu plus loin que ce genre de phrase pouvait être la clé d’une autre affaire étrange en effet survenue dans l’île au même moment

Un trafiquant heureux d’être extradé aux USA !!!

En juin dernier, étrange arrestation aux USA, à Fort Lauderdale (Floride) : celle de Joris Mergelus (ici à gauche), un ancien commandant de la Brigade de lutte contre le trafic de stupéfiants (BLTS) en Haïti. Il avait en sa possession la somme de sept-mille dollars, une vraie fortune dans l’île miséreuse. Selon le « Miami Herald », Mergelus aurait en effet reçu de l’argent venant des trafiquants, pour bloquer l’enquête sur le Manzanares, ce cargo arraisonné le 15 avril 2015 avec plus de 700 kg de cocaïne (10 fois plus que ce que j’avais indiqué au départ ici même !!). Surprise, car cela tranchait avec les propos de 2013 du même Mergelus qui s’était alors targué d’avoir arrêté, en vingt mois de présence à la tête de l’office antidrogue, 238 suspects de trafiquants de drogue et saisi plus de 2 000 kilogrammes illicites de drogue. « Sur 38 personnes arrêtées en août de cette année, 31 sont des femmes et 18 ont été extradées vers les États-Unis, les Bahamas et la République dominicaine » avait-il aussi présidé, faisant du trafic une organisation extérieur au pays, en quelque sorte. La vantardise affichée du responsable avoisinant un gros coup de cirage à son seul supérieur… le chef de l’Etat de l’époque : « Bien sûr, c’est un défi car les trafiquants de drogue ont de gros moyens, mais nous faisons des progrès dans la lutte contre le trafic de drogue en Haïti », a déclaré Mergelus. Le haut responsable de la lutte contre les stupéfiants a déclaré que son bureau et l’effort anti-drogue dans son ensemble avaient reçu un soutien sans précédent des plus hautes autorités politiques du pays et confirmé qu’une telle position constituait une source de motivation pour son équipe. « Depuis que je fais partie de l’unité anti-drogue, c’est pour la première fois que je constate une telle volonté politique de lutter contre le trafic de drogue », a expliqué Mergelus qui a intégré l’unité depuis sa création en 1997. « Le président (Michel) Martelly et le Premier ministre (Laurent) Lamothe nous ont personnellement demandé d’appliquer la tolérance zéro contre les trafiquants de drogue et ils nous ont donné des moyens supplémentaires pour faire le travail », a déclaré Mergelus ». Mouai….(si tu crois ça, c’est que t’es bon pour l’asile!)

La suite des affaires allait ruiner cet argument comme on va le voir…

Le blocage par Mergelus de l’enquête sur le cargo, cela, on se doute de pourquoi en effet, à avoir ici suivi l’affaire de près : l’affaire remonte directement en effet à Olivier Martelly, le fils du président outrancier qui aura décidément tout raté durant sa mandature et ravagé son pays autant qu’un tremblement de terre et un ouragan réunis, comme j’ai déjà pu le dire ici.

Le Manzanares, « un cargo appartenant société Nabatco, propriété des Acra, l’une des plus riches familles d’Haïti;  venue du Liban (lire ici un excellent reportage sur ces familles qui ont en fait toujours été du côté des dictatures » avais-je écrit. L’autre grande famille mise en cause étant celle des Mevs, propriétaire du terminal Varreux où le bateau avait été déchargé (voir ici un exemple de ces grandes familles ayant pillé l’île). L’homme visé principalement s’appelant Marc Antoine Acra, héritier de l’empire sucrier qui était alors associé à Grégory Georges, alias Ti Ketant, qui, curieux hasard aussi venait alors d’être extradé aux USA, le 3 mai précédent à bord d’un avion de la Drug Enforcement Administration (DEA) !!!

« Ti-Ketant », étant un surnom pour Gregory Georges, en référence au célèbre roi de la cocaïne haïtienne, Beaudouin « Jacques » Ketant, qui avait accusé l’ancien président Jean-Bertrand Aristide d’avoir accepté des pots-de-vin liés à la drogue !!! Avant de réussir à être extradé, George avait réussi à éviter plusieurs tentatives d’assassinat sur place ; en voilà un qui, pour une fois, apprécie de pouvoir se rendre encore vivant dans une prison américaine…Visiblement on craint en effet qu’il ne balance pas mal de personnes ! Marc Antoine Acra, on le rappelle, ayant à l’époque accusé nommément Martelly père d’être le commanditaire du lot de cocaïne saisie sur son propre navire !!! Selon Global Security, il y a une dizaine d’années maintenant,  »

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Avant d’évoquer plus loin le sort de Belize, je vous propose d’aller faire un petit tour sur l’île d’Haïti, qui quoique quelque peu délaissée ces derniers temps par les trafiquants, a quand même reçu quelques avions lourdement chargés, elle aussi. En résumé, un gros bimoteur qui s’était visiblement égaré et qui sera vite dépouillé de son contenu, un petit Piper Aztec bourré d’armes et de drogue, et, surprise, un Hawker très particulier comme on va le voir. Une incroyable histoire, en réalité. Celle d’un avion venu prêter main forte à un président à la dérive, digne successeur de l’inepte précédent. Pas de coke, cette fois-ci, mais une autre forme d’intoxication pour la démocratie: des mercenaires américains !

Un crash (plutôt isolé) en Haïti : le Beechcraft détecteur de boue

Si les gros bimoteurs tombés au Guatemala ou au Belize semblent avoir évité pour la plupart d’avoir joué aux détecteurs de boue, ce n’est pas le cas du cas isolé que représente un autre gros Beechchraft 200 qui s’est écrasé à Haïti, destination un peu abandonnée ces derniers temps par les trafiquants. L’appareil immatriculé au Mexique est en effet retrouvé entièrement maculé de boue dans une pâture de St-Jean le 25 novembre 2019 .

Encore un qui n’avait pas regardé la météo la veille, pour sûr ! Trois hommes, deux Mexicains et un Haïtien, sont arrêtés vers 20 heures le lendemain du crash, avenue Cartagena, dans la ville des Cayes.

Il s’agit de Vargas Flores Andres, 42 ans, et de Villeda Avila Juan Jose, 37 ans, les deux pilotes de nationalité mexicaine, et un chauffeur de taxi-moto haïtien, Jimmy Archil le lampiste de l’affaire, à l’évidence. Très vite, on constate que les déclarations des témoins sur place ne semblent pas coller tout à fait avec la version qu’ils donnent de leur mésaventure : « le commissaire Richemond a expliqué que, selon les déclarations des deux pilotes mexicains, ils avaient décollé du Belize vers le Venezuela pour récupérer une cargaison de stupéfiants à livrer au Guatemala » (ils ont cité le poids de 900 kilos de coke !!!). Comme l’avion était à mi-chemin, le moteur gauche de l’avion est tombé en panne et a forcé le pilote à effectuer un atterrissage d’urgence en Haïti, l’endroit le plus proche sur la route ». Celle de l’Atlantique, qui « vise » effectivement en priorité Belize (et depuis peu le Guatemala également), jusque-là ça se tient encore.

Mais ce qui cloche c’est que des témoins ont clairement vu des personnes débarquer des sacs, les mettre dans un pick-up non identifié avant l’arrivée des agents de la Brigade anti-drogue (BLTS). Selon l’enquêteur, « L’engin qui contenait plusieurs boites a été pillé par les habitants de la localité », ce qui ne serait pas non plus surprenant, à vrai dire, vu l’état de précarité qui règne partout sur place. Comme il ne serait pas étonnant non plus que le BLTS aussi se soit servi, pour les mêmes raisons d’ailleurs : en somme, il vaut mieux ne pas s’écraser en avion en Haïti, pays démuni de tout ! Le lendemain c’est un squelette d’avion qui subsiste à la place !!! L’avion était-il bien attendu sur place, comme le clament certains, il ne le semble pas en tout cas !!! Sur les deux mexicains auraient été trouvée une somme de 10 000 dollars américains, le responsable du réseau mexicain surnommé « Lobo » leur ayant promis 300 000 dollars à leur retour au Guatemala selon les enquêteurs….

Bref ce jour-là, Haïti avait été bel et bien le choix d’un atterrissage de diversion des pilotes après un ennui technique (un moteur en panne)… Affaire close..

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par Ariel Ávila

La Fondation pour la paix et la réconciliation a publié un rapport révélateur sur la dynamique du trafic de drogue en Colombie et les voies de sortie des drogues.

L’information survient à un moment où le gouvernement des États-Unis a mis un prix sur la direction de Chavismo et lorsqu’une force navale a été mobilisée vers la mer des Caraïbes, près des eaux vénézuéliennes.

Le rapport donne quatre données révélatrices.

La première est que pour 2017, selon les données de services officiels des États-Unis, 85% du trafic de drogue était maritime, ce qui signifie que 15% était aérien. Mais sur le trafic maritime total, 70% ont transité par le Pacifique, ce qui signifie que les 30% restants ont transité par la mer des Caraïbes.


Ce qui précède indique que le Venezuela n’est pas la principale voie de sortie de la cocaïne produit en Colombie. En outre, le rapport cite un rapport de l’organisation Wola, qui dit que les données de la Consolidated Interagency Drug Database (CCDB, pour son acronyme en anglais) des États-Unis. USA montrent que les flux de cocaïne à travers le Venezuela ont diminué par rapport à leur pic de 2017. Selon les données du CCDB, la quantité de cocaïne traversant le Venezuela a diminué de 13% de 2017 à 2018, et semble continuer à diminuer légèrement jusqu’à mi 2019.

Les secondes données complètent les premières. Fondamentalement, nous avons le gros problème dans le Pacifique colombien, où la majeure partie de la drogue provient de la Colombie en Amérique centrale et de là aux États-Unis.

Dans cette partie du pays, il y a une véritable reconfiguration criminelle.

Une vingtaine d’organisations criminelles contestent ce territoire mètre par mètre. Les comptables, le Oliver Sinisterra Front, l’ELN, le Gulf Clan, The Company et différents dissidents des Farc font partie de ces structures.

Il en résulte des dizaines d’homicides, de déplacements forcés et de séquestration contre la population de ces territoires, ainsi que le meurtre de dirigeants sociaux et, en général, un massacre constant contre la population noire et indigène.

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Comment ne pas revenir au pays suscitant le plus d’inquiétudes en Amérique du Sud. 

Je parle du Venezuela, bien sûr, en proie à une déliquescence du pouvoir inimaginable, et surtout à l’emprise, comme on a pu le voir, des narco-trafiquants, dont les généraux à la tête du pays sont les relais, sinon les organisateurs eux-mêmes du trafic de cocaïne, comme j’ai pu vous l’expliquer déjà ici à plusieurs reprises.  Temps aussi de revenir en détail sur ce trafic, dans ses moindres détails, en commençant dès aujourd’hui par un énième crash aérien, survenu à la rentrée dernière, et impliquant une personne dont je viens de vous parler dans l’épisode précédent de cette longue saga… mais ça nous allons le découvrir dans quelques épisodes, seulement… car le sujet est vaste, très vaste, et le trafic… intense.

 

Entretenir le doute, tout mélanger, pour éviter de parler des sujets qui fâchent

La presse entretient le doute, sans trop s’en apercevoir.  Est-elle manipulée ou est-ce de l’incompétence, on laissera le débat se faire.  Seul un magazine affirme que pour le jet calciné, « les journalistes n’ont pas été conviés à se rendre sur les lieux », c’est tout, et c’est tout aussi saisissant :  on cherche vraiment à cacher quelque chose, c’est sûr !!!  Intéressons-nous donc plutôt pour commencer aux clichés « supplémentaires » montrés le même jour avant d’attaquer l’étude du crash du moment, ce qui va nous prendre quelques jours de recherche, pour sûr (ça prendra quelques semaines en fait !).  Ces images ce sont sont celles d’une queue d’avion qui n’est visiblement pas celle d’un Hawker et d’un réacteur passablement abîmé, dont les aubes de turbines ont été sorties du corps même du réacteur, ou plutôt dont l’enveloppe extérieure a explosé.  Un étude du réacteur indique qu’il est muni de grilles, celles d’un inverseur de poussée dont on retrouve assez vite l’origine :  c’est bien celui d’un Gulfstream modèle II ou III.  Et une fois encore, on s’aperçoit que c’est un vieux cliché :  il date en fait du 19 octobre 2014 ! Chercherait-on, sciemment ou pas à tromper les gens en mélangeant les informations à ce point sur ce crash ?  Ou bien mélangerait-on tout, en raison de la multiplicité de ces crashs aériens dans la région ???

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Dans un nouveau livre, «  »Kilo: Inside the Deadliest Cocaine Cartels » », le correspondant de guerre Toby Muse rapporte les histoires humaines derrière le passage de la drogue à travers la Colombie, des cueilleurs de feuilles de coca et des chimistes de la jungle aux sicarios du cartel et aux contrebandiers du hors-bord.

Co-caïne.

Le nom à lui seul fait écho à Caïn et marquerait l’entreprise dès le départ, frère massacrant son frère. Un commerce qui corrompt les pays, fausse les économies, emploie des centaines de milliers de personnes et rend des monstres multimilliardaires. Une vie dans la cocaïne a cette énergie nerveuse d’un casino où tout le monde continue de gagner de l’argent, le sexe est partout et à tout moment, quelqu’un peut intervenir et vous mettre une balle dans la tête.

La drogue du glamour.

Le champagne des stupéfiants, la drogue des riches. Et ceux qui aspirent à l’être. Exclusif et promiscuité. La cocaïne suit l’argent. Il était là pour les banquiers de New York et de Londres dans les années 80, les oligarques russes des années 90. Les trafiquants colombiens ciblent désormais les nouveaux entrepreneurs chinois.

Et il y en a plus que jamais auparavant. Vous le savez, nous le ressentons. Les États-Unis ont trouvé près de 20 tonnes de cocaïne en une seule opération l’année dernière, un record. L’Allemagne a fait de même, le Costa Rica aussi. Au Royaume-Uni, la police recueille plus de cocaïne que jamais auparavant.

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Le président Donald Trump a annoncé mercredi que des navires de l’US Navy se dirigeaient vers le Venezuela alors que son administration renforçait les opérations de lutte contre les stupéfiants dans les Caraïbes à la suite de l’acte d’accusation américain contre Nicolás Maduro.

L’annonce est intervenue au début de la conférence de presse quotidienne de la Maison-Blanche pour discuter de la pandémie de coronavirus.

« Le peuple vénézuélien continue de souffrir énormément en raison de Maduro et de son contrôle criminel sur le pays, et les trafiquants de drogue saisissent cette anarchie« , a déclaré le secrétaire à la Défense Mark Esper après l’annonce du président.

Le déploiement est l’une des plus grandes opérations militaires américaines dans la région depuis l’invasion du Panama en 1989 pour retirer le général Manuel Noriega du pouvoir et l’amener aux États-Unis pour faire face à des accusations de drogue. Il s’agit de matériels comme des navires de guerre de la Marine, des avions de surveillance AWACS et des forces spéciales au sol rarement vues auparavant dans la région.

L’objectif est de presque doubler la capacité américaine de lutte contre les stupéfiants dans l’hémisphère occidental, avec des forces opérant à la fois dans les Caraïbes et dans le Pacifique oriental.

Esper a déclaré que pour mener les opérations, le président avait ordonné le déploiement de ressources militaires dans la zone de responsabilité du Southern Command (Southcom) des États-Unis.

«Ces opérations comprendront des destroyers et des navires de combat littoraux de la Marine, des chasseurs de la Garde côtière, des avions de patrouille P-8 et des éléments d’une brigade d’assistance des forces de sécurité de l’armée. Ces forces supplémentaires doubleront presque notre capacité à mener des opérations de lutte contre les stupéfiants dans la région », a-t-il déclaré.

Esper a déclaré que la mission serait soutenue par 22 pays partenaires.

«Alors que les gouvernements et les nations se concentrent sur le coronavirus, il existe une menace croissante que les cartels, les criminels, les terroristes et d’autres acteurs malveillants tentent d’exploiter la situation pour leur propre profit», a déclaré Trump. « Nous ne devons pas laisser cela se produire. »

Boeing P8

Il est devenu plus urgent de renforcer les opérations après la mise en accusation la semaine dernière de Maduro, le leader socialiste assiégé du Venezuela et des membres de son entourage et de l’armée. Ils sont accusés d’avoir dirigé un complot narcoterroriste responsable de la contrebande de 250 tonnes métriques de cocaïne par an aux États-Unis, dont environ la moitié par voie maritime.

Le ministre des Communications de Maduro, Jorge Rodriguez, a qualifié le déploiement de « tentative désespérée de détourner l’attention de la tragique crise humanitaire » aux États-Unis causée par le coronavirus. Dans un jargon ironique, il a déclaré que «pour la première fois» depuis des décennies, les États-Unis tentaient d’étouffer l’approvisionnement en cocaïne, qui, selon lui, proviendait principalement de la Colombie, un allié fidèle des États-Unis.

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Le trafic de cocaïne par voie aérienne et maritime a augmenté en mars entre l’Amérique du Sud et la Belgique, les trafiquants anticipant une réduction des voyages et du commerce en raison de la nouvelle pandémie de coronavirus.

« Ces derniers jours, nous avons constaté une augmentation substantielle des saisies« , a expliqué à l’AFP Kristian Vanderwaeren, administrateur général des douanes de ce pays, sur la route de la cocaïne vers l’Europe via le port d’Anvers.

Selon le chef des douanes, « les narcos en Amérique du Sud ont organisé et placé autant de marchandises que possible dans les conteneurs, sachant que le trafic de conteneurs diminuerait vers l’Europe dans les prochains mois« .

Plus de 1,6 tonne de cocaïne a ainsi été interceptée dans le port d’Anvers, le deuxième plus grand d’Europe derrière Rotterdam (Pays-Bas), entre le 27 et le 30 mars, dans trois contrôles.

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Tous ces avions remplis de cocaïne se posent, on l’a vu, plutôt sur des pistes clandestines. Faut rester discret. Sur les aéroports, c’est à une autre ballet auquel on assiste au Guatemala. Là, ce sont des valises pleines d’argent liquide qui circulent, la monnaie d’échange des trafiquants étant le dollar américain, plus rarement la monnaie du pays.

Dans le genre on a assisté à de beaux cas d’exemples ces dernières années. Un avion qui cachait ses billets dans le plafond de sa cabine, une ex star de la TV essayant de sortir discrètement un demi-million de dollars du pays, un entraîneur de foot avec ses millions, et toujours une corruption tous azimuts dans le pays.

En résumé c’est plutôt simple : la majorité des aéroports est aux mains des trafiquants !

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Retour sur une vieille affaire

C’est bien cela en effet, des avions, transporteurs de cocaïne, qui se posent partout, car les trafiquants ont mis la main sur tout l’infrastructure aérienne du pays : « Les trafiquants de drogue pourraient même être à l’origine du meurtre d’un contrôleur aérien qui a empêché un avion chargé de cocaïne d’atterrir en 2007. Des sources de l’aviation civile ont assuré aux Américains dans le premier des deux câbles que «des officiers de l’aviation impliqués étaient impliqués dans le meurtre le 17 août 2007, le contrôleur José Emanuel Méndez, qui avait refusé l’autorisation d’atterrir à un avion chargé de trois tonnes de cocaïne et qui, après cinq tours à l’aéroport, a fini par tomber » (Mendez était aussi le fils de l’activiste des droits humains et ancien congressman Amilcar Mendez). « En représailles, Méndez aurait été tué », explique le câble, qui s’appuie sur l’aviation civile, la police et les autorités syndicales. (…) « Pour ce meurtre, son collègue Erwin Omar Gudiel Arias a été reconnu coupable par un tribunal. Le journaliste Andreas Bourke, ami de Méndez, a exigé le 22 juillet 2010 dans le journal que la paternité intellectuelle soit poursuivie. Et il s’est souvenu que Carlos Castresana, alors qu’il était le chef de la Commission internationale contre l’impunité (Cicig), a déclaré que la Commission avait trouvé des indications comme quoi Juan Roberto Garrido, responsable de la sécurité de l’aéroport, avait été impliqué dans le meurtre. » Cet effort de nettoyage de l’aéronautique et des aéroports du Guatemala, pays qui compte le plus d’avions par habitant sur le continent, ne fait que commencer. » Il n’est pas allé loin, pour l’instant semble-t-il, hélas.

Les aéroports du pays aux mains des trafiquants

En 2012, le site Cosecha Roja avait pourtant déjà alarmé sur ce qui se passait à La Aurora : « de nombreux avions ont atterri en provenance d’Amérique du Sud et sont stationnés sur la piste d’atterrissage abandonnée et incontrôlée de Puerto Barrios.

Et même une partie est contrôlée par un trafiquant de drogue connu », dit le câble « 08GUATEMALA1360 » du 31 octobre 2008, signé par l’ancien ambassadeur Stephen McFarland, après une réunion avec les autorités de l’aviation civile. Un autre câble, « 08GUATEMALA1180 », a indiqué que cette piste de 2060 mètres de long avait été abandonnée par l’armée en 2004 (elle est bien visible ici sur Google Earth). Le câble en premier disait aussi ceci : « Le commissaire Carlos Castresana était au courant de la situation à la suite de l’arrestation, en juillet 2008, de Luis Fernando Archila Lima, Chef de la sécurité de la Direction générale de la société civile Chef de la sécurité de la Direction générale de la société civile Aviation (DGAC) à Puerto Barrios, pour possession de drogue. Selon la presse, Archila Lima a été arrêtée bientôt après que les autorités ont perquisitionné une tour de contrôle de l’aéroport où deux des onces d’héroïne ont été trouvées dans son lit ».
Le chef de la sécurité de l’aéroport se droguait ! Un comble !

 

« Des cas d’atterrissages sur les pistes de Cobán et Zacapa ont été documentés. Par exemple, en décembre 2010, les autorités ont trouvé trois petits avions à l’aéroport de Cobán: dans l’un, il y avait 300 milles quetzals et deux autres n’avaient pas la permission d’entrer dans le pays. Tous trois étaient au service des Zetas, selon des sources des renseignements civils. Ils ont également utilisé un côté de la piste pour les courses de chevaux. Ces cas dans lesquels des trafiquants de drogue utilisent les aéroports nationaux comme pistes privées ont été étendus au port de San José, selon les câbles (…) « en juillet 2005, l’ancien chef du secrétaire à l’analyse et à l’information contre la drogue (Saia), Adán Castillo, a déclaré que l’aéroport international de La Aurora était utilisé pour introduire de grandes expéditions de drogues dans le pays et que c’était la famille Mendoza de Izabal qui gérait l’essentiel du trafic de drogue (ils s’en occupaient toujours en 2019 selon Insight Crime et « anonguatemala » ). Quatre mois plus tard, Castillo a été capturé aux États-Unis pour avoir convenu avec les trafiquants de la prise en charge d’une cargaison de drogue. Il a été condamné en 2007 à dix ans de prison. »

A gauche, la famille Mendoza avec le politicien Mario Estrada aujourd’hui derrière les barreaux, devant son hélicoptère de campagne TG-MEO controversé. Ce trafic perdure : les deux photos ici sont celles diffusés dans un journal télévisé du matin en mars 2018 au lendemain de la découverte d’un Cessna incendié sur une piste clandestine au nord de Zacapa, visible ci-dessous (au 15° 4.902’N et 89° 40.490’O) :

Dans le plafond

L’argent continue à circuler : si en 2010 c’était une dame qui avait été pincée avec une valise pleine de billets, en mars 2019 c’est un avion au complet, un petit Cessna 340 reconnaissable à ses bidons de bout d’aile, sa vitre latérale de cockpit en demi-cercle, ses hublots ovales: un avion immatriculé XB-FKB, venu du Mexique, donc, avec à l’intérieur un compartiment « secret », parfaitement dissimulé à l’intérieur du plafond de l’appareil qui allait surprendre les enquêteurs montés à son bord (il avait été soigneusement recousu sans laisser de traces !)

Dans cet espace inattendu et difficilement, détectable (à moins de disposer d’une information sur la modification faite quelque part sur l’appareil, ce qui à sans doute été le cas dans cette affaire) étaient dissimulés 64 400 dollars américains et 16 500 pesos mexicains, plus huit téléphones portables, un GPS et même un iPad. Une caverne d’Ali Baba, mais au-dessus de la tête !

Fait à noter, les membres d’équipage et les passagers avaient été identifiés comme étant tous des jeunes, aucun ne dépassant la quarantaine : Jonathan Quezada Flores, 35 ans; Alejandro Galindo Benítez, 33 ans, Abraham Galindo Escamilla, 21 ans et Alexia Sarahí Herrera Inzunza, 24 ans, tous également de nationalité mexicaine. La nouvelle génération des trafiquants mexicains, certainement trop bavards sur le net… Depuis, « leur » avion pourrit sur le tarmac de la Aurora (et ce n’est pas un Cessna 401 comme indiqué !). En vérité, l’immatriculation était certainement fausse. Aucune recherche ne pointe vers elle en effet. L’avion est donné comme étant le 340A-0646 qui est celui du N8875K, annoncé comme invendu en avril 2017, et reversé à la Cessna Aircraft Company.

L’évasion de devises, le sport roi au Guatemala : sortir l’agent !

C’est Global Voices qui nous le confirme ici le 26 juillet 2014 : l’évasion de numéraire a pris des proportions inquiétantes ces dernières années au Guatemala et l’endroit principal par lequel cela se fait est l’aéroport de la Aurora. L’article débute par un exemple précis, celui de « la présentatrice de télévision María Magdalena Stahl Hurtado, par ailleurs mannequin et « psychologue » (elle a participé à la finale de Miss Equateur en 2005), une citoyenne américaine d’origine allemande » dont l’attitude avait interpellé un agent des douanes suspicieux. La belle, ici à droite, interrogée, finit par craquer devant le douanier : « après plusieurs heures de comptage, le ministère public a calculé qu’il y avait 435 762 dollars USD cachés dans les bagages que Mme Stahl s’apprêtait à emporter à Panama ». Elle avait tenté de dissimuler 1/2 million de dollars dans ses bagages !!! Un phénomène courant, nous apprend l’article : « le dernier cas signalé est celui de M. Richard Alexis Preza Herrera, l’entraîneur de l’équipe de football Coatepeque qui a été arrêté pour le transport de 14,6 millions de dollars US. Lors de son procès, il a été condamné à une amende de 600 000 quetzales (7 750 dollars US) et il lui est interdit de quitter le pays. » Ces transferts interdits, les trafiquants les font aussi, mais de manière plus adroite à vrai dire : “La loi stipule que jusqu’à un montant de 10 000 dollars peut être transporté sans déclaration. Aussi y a-t-il des gens qui voyagent avec 9 700 ou 9 800 dollars, tout juste, pour rester dans la limite légale “, dit M. Rodenas. Au moins deux grands groupes de « courriers », chacun transportant un montant légal d”argent, ont été capturés transportant de ‘l’argent à Panama, la destination principale pour le blanchiment d’argent. Selon M. Rodenas, un autre moyen de transporter de l’argent était de prétendre que les courriers étaient des directeurs ou des employés d’entreprises qui voyageaient pour affaires ou faire des achats. Ensuite, après des mois d’enquête, on arrive à la conclusion que les entreprises n’étaient qu’une couverture et qu’elles n’avaient pas d’activités financières réelles.

En fait, les trafiquants continuent à utiliser cette méthode. “Voilà comment ils exportent l’argent hors du pays. Ils font ce que la loi permet”, dit M. Rodenas, qui ne s’aventure pas à avancer une hypothèse quant aux montants totaux d’argent qui sont exportés hors du pays illégalement. “Il est difficile de donner un chiffre ; une étude devrait être réalisée”, dit-il.

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Histoire du trafic de drogue

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Comment, deux siècles durant, les pouvoirs en place ont fait naître et prospérer le commerce des drogues, envers occulté du libre-échange.

Cette fresque dense et limpide pulvérise les idées reçues en démontrant l’impasse de la prohibition.

Au XIXe siècle, l’opium se répand à travers toute l’Asie, sous l’impulsion des puissances coloniales. Parallèlement, l’industrie pharmaceutique occidentale découvre des produits miraculeux : morphine, cocaïne, héroïne. L’addiction devient un fléau mondial et un enjeu de santé publique ; la prohibition va progressivement s’imposer. L’interdit donne naissance aux premiers réseaux du trafic de drogue, qui ne vont cesser de chercher la protection des États. Cette criminalité connaît un essor sans précédent pendant la guerre froide, quand les services secrets utilisent les drogues comme un instrument politique. Les États-Unis en paient le prix : en 1970, un tiers de leurs soldats au Viêtnam sont accros à l’héroïne. Un an plus tard, le président Richard Nixon lance la guerre contre la drogue.

Frontières mouvantes
Héroïne, cocaïne : deux produits qui pèsent aussi lourd dans l’économie mondiale que le pétrole ou le textile. Ces drogues, responsables en deux siècles de millions de morts, ont d’abord été mises au point, le plus légalement du monde, par l’industrie pharmaceutique occidentale. Les systèmes bancaires et les services secrets du monde entier, en lien plus ou moins direct avec des organisations criminelles, ont contribué à les faire prospérer. La répression s’est toujours révélée impuissante à mettre fin à ce commerce immensément lucratif, car le secteur des stupéfiants, « le plus agile du monde« , selon l’un des passionnants analystes interrogés ici, parvient à se recomposer chaque fois qu’un coup lui est porté. Surtout, les masses d’argent qu’il injecte dans l’économie mondiale ne cessent de remodeler les frontières d’une légalité dont Julie Lerat et Christophe Bouquet (Mafia et République) démontrent la porosité. Tissant avec fluidité archives, lumineux entretiens et, dans la dernière partie, séquences de reportages, leur brillant traité de géopolitique mondiale dévoile les logiques cachées du trafic de drogue et ses liens organiques avec les pouvoirs en place.

Histoire du trafic de drogue (1/3)

VIDÉO d’un clic

53 min
Disponible du 24/03/2020 au 29/05/2020
Prochaine diffusion le mardi 31 mars à 20:55
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Avec leur bras armé, la DEA (Drug Enforcement Administration), les États-Unis frappent fort. Mais le trafic se déplace, se transforme, s’adapte. Une nouvelle génération de trafiquants émerge à la fin des années 1970, qui recherche à la fois l’argent et le pouvoir. Si Pablo Escobar est le plus emblématique de tous, Totò Riina en Sicile, Khun Sa dans le Triangle d’or, et Félix Gallardo au Mexique ont aussi bouleversé le destin de leur pays et fait exploser le trafic à l’échelle mondiale. Ils défient les États, menacent les pouvoirs en place. Il faut près de vingt ans pour que ces derniers s’organisent et fassent tomber les quatre barons de la drogue.

Frontières mouvantes
Héroïne, cocaïne : deux produits qui pèsent aussi lourd dans l’économie mondiale que le pétrole ou le textile. Ces drogues, responsables en deux siècles de millions de morts, ont d’abord été mises au point, le plus légalement du monde, par l’industrie pharmaceutique occidentale. Les systèmes bancaires et les services secrets du monde entier, en lien plus ou moins direct avec des organisations criminelles, ont contribué à les faire prospérer. La répression s’est toujours révélée impuissante à mettre fin à ce commerce immensément lucratif, car le secteur des stupéfiants, « le plus agile du monde« , selon l’un des passionnants analystes interrogés ici, parvient à se recomposer chaque fois qu’un coup lui est porté. Surtout, les masses d’argent qu’il injecte dans l’économie mondiale ne cessent de remodeler les frontières d’une légalité dont Julie Lerat et Christophe Bouquet (Mafia et République) démontrent la porosité. Tissant avec fluidité archives, lumineux entretiens et, dans la dernière partie, séquences de reportages, leur brillant traité de géopolitique mondiale dévoile les logiques cachées du trafic de drogue et ses liens organiques avec les pouvoirs en place.

Histoire du trafic de drogue (2/3)

VIDÉO d’un clic

53 min
Disponible du 24/03/2020 au 29/05/2020
Prochaine diffusion le mardi 31 mars à 21:50
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Comment, deux siècles durant, les pouvoirs en place ont fait naître et prospérer le commerce des drogues, envers occulté du libre-échange. Cette fresque dense et limpide pulvérise les idées reçues en démontrant l’impasse de la prohibition. Dernier volet : les trafiquants de drogue d’aujourd’hui ont muté. L’invisibilité est leur arme…

Le paysage s’est désormais morcelé, voire atomisé. Les trafiquants d’aujourd’hui ont muté. L’invisibilité est leur arme. Le trafic s’enracine dans des zones hors de contrôle, comme l’Afghanistan ou la Colombie, où une guerre d’intensité variable se poursuit. Au Mexique, les cartels ont fait entrer le pays entier dans une spirale de violence sans précédent, et partout, le bilan de la guerre contre la drogue se réduit à un décompte macabre. Faciles à fabriquer et à dissimuler, les drogues de synthèse, comme le fentanyl, cinquante fois plus puissant que l’héroïne, annoncent la génération à venir, celle des trafiquants en blouse blanche. Aux États-Unis, les antidouleurs prescrits sur ordonnance ont ouvert la voie aux opioïdes, qui sèment la mort à l’échelle d’une épidémie.

Frontières mouvantes
Héroïne, cocaïne : deux produits qui pèsent aussi lourd dans l’économie mondiale que le pétrole ou le textile. Ces drogues, responsables en deux siècles de millions de morts, ont d’abord été mises au point, le plus légalement du monde, par l’industrie pharmaceutique occidentale. Les systèmes bancaires et les services secrets du monde entier, en lien plus ou moins direct avec des organisations criminelles, ont contribué à les faire prospérer. La répression s’est toujours révélée impuissante à mettre fin à ce commerce immensément lucratif, car le secteur des stupéfiants, « le plus agile du monde« , selon l’un des passionnants analystes interrogés ici, parvient à se recomposer chaque fois qu’un coup lui est porté. Surtout, les masses d’argent qu’il injecte dans l’économie mondiale ne cessent de remodeler les frontières d’une légalité dont Julie Lerat et Christophe Bouquet (Mafia et République) démontrent la porosité. Tissant avec fluidité archives, lumineux entretiens et, dans la dernière partie, séquences de reportages, leur brillant traité de géopolitique mondiale dévoile les logiques cachées du trafic de drogue et ses liens organiques avec les pouvoirs en place.

Histoire du trafic de drogue (3/3)

VIDÉO d’un clic

53 min
Disponible du 24/03/2020 au 29/05/2020
Prochaine diffusion le mardi 31 mars à 22:45
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Motor Yacht Windarra

Enregistré à Gibraltar 🇬🇧 – Propriétaire Rio Plata Ltd, compagnie off-shore de Marc Fievet, financé par Marc Fievet et opérations de la DNRED

A réalisé le transport pour l’échelon DNRED de Lyon d’une tonne 285 de cannabis du Maroc à Port la Nouvelle (Saisie fortuite place Belcourt à Lyon d’une tonne) – Opération d’achat-transport réalisée par Jean Pierre Cazet et Michel Ribatet

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°General cargo ships MELOR

Enregistré à Gibraltar 🇬🇧 – Propriétaire Rio Plata Ltd, compagnie off-shore de Marc Fievet

Financé en cash à 50 % par le trésor public français et 50 % en cash par John Short, un des lieutenants de Tony White

Infiltration de Marc Fievet dans le vrai narcobusiness

A réalisé plusieurs opérations, aussi bien pour le HM Customs excise anglais que le dernier pour la DNRED: l’enlèvement de 32 tonnes de cannabis au large de Djibouti entrainant « fortuitement » les saisies de 27 tonnes au Canada et de 5 tonnes en Angleterre.

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MV Poseidon

Enregistré à Saint Vincent 🇻🇨 – Propriétaire Fortitude Maritime Research ltd à Gibraltar

Financé par Locatelli en cash sortie de Suisse, via ABN AMRO

Infiltration de Marc Fievet dans le vrai narcobusiness

saisie de 6 tonnes de cannabis

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General cargo ships PACIFICO

Enregistré à Chypre 🇨🇾 – propriétaire Jurgen Kirchoff financé par Locatelli en cash via Banco Atlantico de Gibraltar

Infiltration de Marc Fievet dans le vrai narcobusiness

saisie  de 5 tonnes 400 de cocaine

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MY Sea Harmony

Enregistré à Jersey 🇬🇧 – Propriétaire Charles Henri De Bossieu, un des noms d’emprunt de NS 55

Financé par Locatelli en cash via Banco Atlantico – Gibraltar

Infiltration de Marc Fievet dans le vrai narcobusiness

devait réaliser le transfert de 10 tonnes de cocaïne sur Propiano en Corse

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Christophe CASTANER, ministre de l’Intérieur, et Laurent NUÑEZ, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, félicitent tous les services, et en particulier ceux de l’Office anti-stupéfiants (OFAST), qui ont concouru aux exceptionnelles saisies de drogue réalisées dans la journée du 27 février 2020.

CHRISTOPHE CASTANER (2)

Ces saisies sont des coups durs portés aux réseaux criminels….. Elles confirment les premiers succès très prometteurs de la nouvelle organisation mise en place en matière de lutte contre le trafic de stupéfiants.

Ainsi, hier :

– 3,3 tonnes de cocaïne en provenance d’Amérique et à destination de Marseille ont été saisies dans le cadre d’une opération de police internationale et trois personnes, soupçonnées de devoir récupérer cette cargaison, ont été interpellées à Marseille par les enquêteurs de l’Office antistupéfiants. Cette saisie a pu être réalisée grâce à un signalement à l’antenne OFAST de Marseille ;

– 4,8 tonnes de résine de cannabis ont été saisies à Villepinte par les enquêteurs de l’OFAST et plusieurs personnes soupçonnées d’appartenir à un trafic international de stupéfiants en provenance du Maroc via l’Espagne ont été interpellées.

Le ministre de l’Intérieur et le secrétaire d’État auprès du ministre saluent le travail remarquable mené par l’OFAST et tous les services impliqués sous l’autorité de la justice et avec les partenaires internationaux de la France pour réussir ces deux opérations.

Les trafics de stupéfiants sont un fléau aux conséquences graves en matière de sécurité, de santé, d’exclusion sociale. Ils sont le terreau de toutes les délinquances, de la violence et du trafic d’armes. 80 % des règlements de compte ont, par exemple, pour origine les trafics de drogue.

Pour répondre à ce fléau, Christophe CASTANER et Laurent NUÑEZ ont décidé de mesures fortes et ont placé la lutte contre le trafic de stupéfiants au cœur de leur action.

Si l’année 2019 a montré des résultats satisfaisants (avec une augmentation de 11,4 % des faits de trafics poursuivis par rapport à 2018 et une hausse de 10,4 % des personnes mises en cause pour trafic de stupéfiants), Christophe CASTANER et Laurent NUÑEZ, avec la ministre de la Justice et le ministre de l’Action et des comptes publics, ont décidé en septembre 2019 de renforcer encore leur action en lançant un plan de lutte contre les trafics de stupéfiants fondé sur des moyens supplémentaires, une organisation plus efficace et le partage de l’information entre tous les services de l’État. Le 1er janvier dernier, le nouvel Office antistupéfiants, l’OFAST, est devenu pleinement opérationnel.

Disposant de 170 agents à la fin de l’année, l’OFAST est un service exceptionnel dans son organisation, puisqu’il rassemble policiers, gendarmes, magistrats et douaniers et qu’il est implanté tant dans son siège à Nanterre que dans les territoires au travers de 11 antennes régionales et de 5 détachements. L’ancrage territorial de l’OFAST va se renforcer avec la création prochaine de 6 détachements supplémentaires en région et de deux antennes outre-mer. L’OFAST est donc le centre névralgique de la lutte contre les trafics de stupéfiants, permettant une meilleure coordination des enquêtes sous l’autorité des parquets et un partage des renseignements optimal entre tous les services. Après un mois de janvier marqué par d’excellents résultats en matière de saisies de drogues, les saisies de ce mois de février confirment cette tendance et les premiers résultats extrêmement positifs de l’OFAST.

Christophe CASTANER, ministre de l’Intérieur, déclare : « Je veux féliciter les forces de l’ordre et tous les agents de l’OFAST qui ont permis ces deux saisies et saluer nos partenaires étrangers. Ces deux très belles opérations sont extrêmement encourageantes. Elles ne doivent toutefois être qu’un début. Nous devons continuer à travailler dur et agir fort. Nous ne baisserons jamais la garde face aux trafics de stupéfiants. »

Laurent NUÑEZ, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, déclare :« Les premiers résultats de l’OFAST confortent pleinement notre méthode : partage de l’information, présence dans les territoires, coopération pleine et entière entre les forces et à l’international. Nous devons continuer sur cette voie sans relâche. »

source

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Au centre Erwan Guilmin de la DOD (DNRED)

La dernière fois qu’on a parlé de coup très sérieux porté aux organisations criminels, c’était François Hollande au siège de la DNRED…

« C’est la plus grosse prise depuis longtemps, historiquement sans doute la plus importante à Paris« , avait déclaré le président de la République, venu féliciter les agents des douanes lors d’une visite surprise à la Direction des enquêtes douanières (DNRED), à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), près de Paris.

Un coup « très sérieux » porté contre les organisations criminelles selon François Hollande, parce que « derrière ces valises retrouvées, ce sont des organisations criminelles qui ont d’ailleurs des liens avec d’autres organisations, y compris terroristes« .

Malgré ces coups sérieux, malgré ces coups durs, malgré ces saisies exceptionnelles, le trafic ne fait qu’augmenter parce que la demande s’amplifie chaque jour!

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La FRANCAISE des STUPS: Police, douane, gendarmerie… la drogue les rend fous par G. MOREAS

RELIRE

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Par Marc Fievet

Le « tuyau » est tombé à l’OFAST (office anti-stupéfiants) il y a seulement quelques jours.

Tuyau d’un agent infiltré de L’OFAST ? D’un aviseur-infiltré de la DNRED? D’une source policière? D’un indic? Parce que tout dépend de l’origine du tuyau…pour savoir si dans le même temps, une dizaine de tonnes passait alors sans encombre, déchargée dans un container à Livorno, Genova ou Marseille.

Le tuyau expliquait qu’une cargaison venue d’Amérique du Sud faisait route, dans un container rempli de
purée de bananes, sur un cargo à destination de Marseille.

La mobilisation est déclenchée, et les carabiniers italiens sont mis à contribution, coopération internationale oblige, par la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée) de Marseille. Un transconteneur qui allait d’abord faire escale à Livorno puis à Genova avant de toucher Marseille….

Le travail des enquêteurs était simplifié et déjà le branle bas de combat médiatique pouvait se mettre en place.

« Saisie historique », « Saisie record », « Saisie exceptionnelle »…

On se calme!

La demande explose et il y a plus de 25 ans, les narcos faisaient déjà transporter des cargaisons de dix tonnes… voire plus.

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FRANCE 🇫🇷 (DNRED de la Douane française): relire l’interview de Marc Fievet par 24 Ore

Publié: 29 février 2020 par Marc Fievet dans 36, Aeronarcotrafic, AFRIQUE, Allemagne, AMERIQUE CENTRALE - CARAÏBE, AMERIQUE du NORD, AMERIQUE du SUD, Balkans, Belgique, Blanchiment, Canada, Canaries, Cannabis - Hachis - Haschich, Ceuta, Cocaïne, Colombie, Corse, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, Espagne, EUROPE, France, Gendarmerie, GIBRALTAR, GRC - RCMP (Canada), Guardia Civil, Guardia di Finanza, HM Customs Excise (UK), INTERPOL, Irlande, Italie, Justice, MAFIA, Malte, Maroc, Narco-logistique, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, Narcotrafic maritime, NCA, NS 55, OCRTIS, OFAST, Pays-Bas, Police, Policia, Pologne., Portugal, Saint-Martin, Santo Domingo, Sardaigne, Sénégal, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, Suisse, SVA, TRACFIN, UK, USA, Venezuela
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Marc Fiévet est une sorte de Donnie Brasco à la française – du nom de cet agent qui a infiltré des années durant une des principales familles de la mafia italo-américaine et dont l’histoire avait été portée à l’écran avec le duo Johnny Depp-Al Pacino.

Michel Charasse

A partir de1988, à la demande des autorités douanières françaises et de leur service action, la DNRED, l’agent NS55 a vécu au cœur d’une des principales organisations du trafic mondial, en devenant le numéro deux opérationnel. Fiévet a notamment été encouragé dans son action par le ministre du Budget de l’époque, Michel Charasse. Présenté par la justice canadienne comme le n° 1 du trafic mondial, condamné à perpétuité au Canada, finalement extradé, il aura au final payé de 11 années de prison les risques qu’il a pris pour le compte du gouvernement français, après avoir été lâché par ceux qui l’avaient envoyé au combat. En première ligne.

Claudio Pasquale Locatelli

24 Ore : C’est nous qui lui avons appris la nouvelle de la chute de Locatelli. Fiévet a travaillé à ses côtés pendant des années. Au cœur d’une des principales organisations du trafic international de came. En dépit de son évasion de la prison de Grâce en 1989, peu de monde sait qui est Locatelli en France. Après ceci, vous n’aurez plus d’excuses…

24 Ore: On vient d’apprendre ce week-end l’arrestation de Pasquale Claudio Locatelli. Pas vraiment un inconnu, pour vous…Alors, Locatelli, c’est qui?

Marc Fievet

Locatelli, c’était, c’est, et je suis certain que ce sera demain encore, un des principaux distributeurs de la cocaïne colombienne en Europe, doublé d’un des plus importants fournisseurs de cannabis marocain, notamment sur la péninsule italienne. C’est un gros faiseur, comme on dit. Un industriel de la came, pas un petit trafiquant. Du très très lourd. À l’époque où je m’étais rapproché de lui – j’étais chargé du transport et de la logistique de son réseau –, on dépassait toujours les 20 ou 30 tonnes en matière de cannabis. Et en matière de cocaïne, il n’était pas rare de parler de 5, 10 ou 15 tonnes.

24 Ore: Ce Locatelli a plusieurs noms, je crois, de multiples identités…

Oui. Moi, je connaissais Mario Maroni et Claudio Pasquale Locatelli. Plus une autre, que j’ai oubliée.

24 Ore: C’est vraiment la pointure au-dessus?

Quelqu’un d’excessivement brillant. Une belle machine, dotée d’une intelligence supérieure. Un type qui prend d’ailleurs lui-même de la coke pour accélérer ses propres capacités de raisonnement.

24 Ore: Si on établit une sorte de classement du business international de la came, avec de telles quantités, comme celles que vous évoquez, ça le placerait comment?

Écoutez…Là, on parle de l’élite mondiale. Avec Locatelli, on est face aux dix ou quinze personnes capables dans le monde de donner confiance aux expéditeurs et aux fournisseurs, d’une part, et, de l’autre côté, d’être en mesure d’exiger de la part des mafias locales un bon règlement, dans les meilleures conditions. Le genre de choses que peu de personnes sont capables de faire. C’est-à-dire que son nom est une garantie. Clairement, ici, on est au niveau du trafic d’État. Ce monsieur fait partie de ceux qui gèrent un business qui ne peut pas être stoppé par l’activité policière traditionnelle.

24 Ore: Quand on s’appelle Locatelli, les sommes en jeu, ça pèse quoi?

Quand je travaillais avec lui, il prenait 30%de la marchandise. Ça, c’était le prix du passage. En échange, il mettait à disposition les bateaux, l’avion et les infrastructures nécessaires. Très souvent, il négociait aussi l’acquisition des 70 % restants avec les expéditeurs. Il s’occupait lui-même de la redistribution et négociait le prix dans le territoire de destination. À l’époque, le kilo de coke, récupérée par parachutages en mer, se négociait à 2000 dollars. Derrière, pour la revente sur le territoire espagnol, c’était entre 18000 et 20000dollars le kilo. Dans ce cas, généralement, Locatelli redistribuait par 500 kg.

24 Ore: Au fond, il a quoi de plus que les autres? Qu’est-ce qu’il a su faire mieux, ou différemment?

Il a simplement fait grimper le volume des mouvements, n’hésitant pas à passer au stade industriel. Il a été un des tout premiers à faire du regroupement pour plusieurs organisations mafieuses à la fois. Du transport mutualisé, en réalité. Pour ça, il faut avoir la capacité de garantir l’atterrissage de la marchandise, sa tranquillité et sa bonne organisation. Notamment pour éviter que les différents destinataires ne se rencontrent au même moment, et que ça ne dégénère pas. En résumé, Locatelli est à la fois un très fin diplomate, mais avec, derrière, certainement une force de frappe. Deux qualités qui lui permettent d’imposer sa façon de concevoir le business.

24 Ore: Il est très bien entouré, je crois…

Oui. Il a des relais et des connections incroyables. À l’époque, on se retrouvait à l’apéro avec un magistrat. Il avait un avocat rayé du barreau pour quelques irrégularités mais qui avait une connaissance approfondie des procédures judiciaires. Il est capable aussi de trouver des appuis chez les policiers, des services qui lui permettent de repartir (Locatelli a été arrêté à plusieurs reprises en Espagne, avant d’être de façon assez incompréhensible relâché, alors que plusieurs pays demandaient son extradition, ndlr] et d’être à nouveau dehors. Enfin, j’en suis persuadé, il a des connexions étroites avec la DEA (le service anti-stups des Américains, ndlr), qui l’ont certainement aidé à sortir plus d’une fois d’un mauvais pas. Je ne peux pas imaginer avoir payé pour son compte, alors que ma situation d’agent infiltré des douanes était connue, et que lui n’ait pas été poursuivi, sans qu’il y ait eu une intervention des Américains. Il y a eu une guerre des services, et on a préféré sacrifier un agent infiltré français pour laisser se développer un marché qui génère d’énormes profits en matière d’économie souterraine.

24 Ore: Vous semblez toujours amer, même après l’annonce de cette arrestation…

Il y a de quoi. Ce monsieur a été arrêté dix jours avant moi, en 1994. Il a fait un peu de prison. Il est ressorti et s’est arrangé pour être de nouveau arrêté, plusieurs fois.
À chaque fois, il se débrouille pour faire frapper d’annulation toutes les demandes d’extradition, alors qu’il est poursuivi par la France, les États-Unis, le Canada…Une fois encore, j’ai la nausée. Pas parce qu’on vient de l’arrêter, mais parce qu’on m’a laissé pourrir en prison et que je suis toujours considéré comme un narco par le Canada.
Je vais vous dire…On a affaire à des ‘petites frappes’ policières qui font tout, sauf empêcher que nos économies et nos propres banques soient financées par le narcotrafic. Le reste, c’est encore du cinéma.

D’après 24 Ore

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Une partie de la flotte de Claudio Pasquale Locatelli

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General cargo ships PACIFICO

Enregistré à Chypre 🇨🇾 – propriétaire Jurgen Kirchoff financé par Locatelli

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MV Poseidon

Enregistré à Saint Vincent 🇻🇨 – Propriétaire Fortitude Maritime Research ltd à Gibraltar

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MY Sea Harmony

Enregistré à Jersey 🇬🇧 – Propriétaire Charles Henri De Bossieu, un des noms d’emprunt de NS 55

 

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Le livreur de cocaïne

Le livreur de cocaïne: aux ordres de la cabine

Elie, 25 ans, est livreur de cocaïne. Chaque nuit, il parcourt Paris en scooter pour fournir ses clients. Il raconte son quotidien, sa place dans l’organisation et son statut obtenu grâce à la drogue.
Toutes les commandes passent par la « cabine », un genre de standard qui trie les demandes et dirige Elie vers les clients.
Employé modèle d’un réseau très particulier, travailleur précaire affecté aux livraisons,
Elie est le dernier maillon d’un dangereux trafic qui augmente au rythme de la demande en « C ».
Dans ce premier épisode, il raconte le fonctionnement de ce service très particulier.

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