INDE 🇮🇳 (port de Mundra – Golf of Kutch) : 3 tonnes d’héroïne saisies qui arrivaient d’Afghanistan sous forme de talc

C’est la Douane qui a intercepté deux conteneurs expédiés d’Iran dans le port de Mundra à Bhuj.

2 tonnes ont été récupérées dans un premier conteneur et 988,64 kilos ont été récupérés dans un deuxième conteneur.

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ESPAGNE 🇪🇸 (Algésiras) : saisie de 8.200 kilos de haschich dans un camion à des narcos de Cambados (Galicia)

La DEA est omniprésente en Afrique et en Europe, comme partout ailleurs dans le monde pour « aider » les services des différentes douanes, de la police et des gendarmes.

Pourquoi, alors qu’elle est dans l’incapacité de ralentir le narcotrafic vers le territoire des États-Unis et de faire diminuer la consommation de drogue sur son propre territoire ?

Certainement le partage d’informations récoltées par les innombrables agences dédiées à la lutte contre le narcotrafic.

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Du grand classique dans le détroit de Gibraltar

L’organisation démantelée utilisait un camion qui prenait un ferry entre Tanger et Algésiras.

La « Policia Nacional » espagnole, dans le cadre d’une opération conjointe menée avec la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) du Maroc et la DEA (Drug Enforcement Administration) des États-Unis, a démantelé un réseau de trafic de drogues à Algésiras.

Plus de huit tonnes de haschich marocain ont été saisies et cinq personnes dont un Marocain arrêtées lors de l’opération.

Les agents, après avoir identifié le camion, ont mis en place un dispositif au port d’Algésiras afin de connaître la destination de la drogue importée et d’identifier et appréhender les acteurs de ce trafic mené depuis la localité Pontevedra de Cambados (Galice).

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Incautan a unos narcos de Cambados 8.200 kilos de hachís dentro de un camión

Así, y merced a la citada cooperación internacional, la Brigada Central (en concreto, la unidad Greco Galicia con base en Pontevedra) coordinó el operativo de vigilancia que le sirvió para detectar la llegada de un camión cargado de droga por el puerto de Algeciras . Mediante un sigiloso seguimiento, los agentes comprobaron que el vehículo se dirigía a una finca en una zona apartada, donde también se ocultaba una narcolancha. Dos vehículos salieron a su encuentro, uno de los cuales ya había sido detectado horas antes en el puerto controlando la salida de la droga.

Mas en castellano

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FRANCE 🇫🇷 (DNRED – CELTICS) : les douaniers de Loon-plage saisissent 420 kilos de cocaïne

Le conteneur qui arrivait du Brésil a été contrôlé suite au ciblage réalisé par les agents de la CELTICS.

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PAYS BAS 🇳🇱 (Rotterdam) : les 4 tonnes de coke arrivaient du Surinam

Le conteneur contenait aussi du bois et se dirigeait vers une entreprise en Pologne.

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COSTA RICA 🇨🇷 (Eaux des Caraïbes et du Pacifique) : saisie de 1.412 kilos de coke et 1.254 de marijuana

San José, 15 sept. (EFE) .- Les autorités costariciennes ont signalé ce mercredi la saisie de 1.412 kilos de cocaïne et 1.254 de marijuana lors de trois actions de police menées dans les eaux du Pacifique et des Caraïbes.

12 suspects ont été arrêtés.

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COCAÏNE (narco-transport) : EUROPOL jamais avare de constat, mais quant à se décider à sécuriser les ports, c’est autre chose!

La Belgique et les Pays-Bas sont devenus les principaux centres de transit de la cocaïne en Europe, dépassant l’Espagne comme principale route d’approvisionnement, a révélé ce mardi 7 septembre 2021 Europol, l’agence de police de l’Union européenne.

Profitant de l’augmentation de l’offre de cocaïne, principalement en provenance de Colombie, des bandes criminelles utilisent les villes portuaires de Rotterdam, Hambourg et surtout Anvers pour expédier la drogue aux Pays-Bas, d’où elle est distribuée dans toute l’Europe.

« L’épicentre du marché de la cocaïne en Europe s’est déplacé vers le nord », a déclaré Europol, qui a produit un rapport de 27 pages avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) basé à Vienne.

« L’augmentation des expéditions de conteneurs dans les ports à haut volume d’Anvers, Rotterdam et Hambourg a consolidé le rôle des Pays-Bas en tant que point d’étape. »

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ESPAGNE 🇪🇸 (Andalousie – Campo de Gibraltar) : avec l’opération Carteia, les forces de l’ordre (SVA – GC – PN) saisissent plus de 25 tonnes de drogues par mois

Quelque 25 tonnes de drogue par mois, environ 200 détenus et au moins « l’éclatement » d’une opération par semaine sont les chiffres des résultats de la lutte du SVA Hacienda, de la Guardia civil et de la Policia Nacional contre le trafic de drogue en Andalousie.

Le mois dernier a marqué les trois ans depuis la mise en œuvre du plan de sécurité pour le Campo de Gibraltar projeté par le ministère de l’Intérieur pour lutter contre l’impunité avec laquelle les trafiquants de drogue opéraient dans la région, avec une augmentation de la violence et, même le harcèlement des forces de sécurité.

Parallèlement au plan du gouvernement, la « Guardia civil » a lancé l’opération Carteia pour lutter contre le trafic de drogue de manière plus globale, en intégrant le travail des différentes commanderies en intégrant progressivement les différentes provinces andalouses dans le plan d’action sauf Jaén et Córdoba.

La création du Centre régional d’analyse et de renseignement contre le trafic de drogue (CRAIN) pour centraliser et interpréter toutes les informations et l’OCON Sur, un organe de coordination pour favoriser les enquêtes sur le terrain.

Le narcotrafic avant Carteia

Comment fonctionnaient les narcos avant Carteia ? Comme l’explique le commandant analyste en chef du CRAIN, les organisations ont basé leur activité « sur l’efficacité et l’économie de moyens », avec des actions rapides et au moindre coût possible.

Pour ce faire, ils ont placé à la fois les points de lancement des narco-bateaux, ainsi que les points de cargaison et de stockage dissimulé, le plus près possible pour économiser les coûts logistiques, ainsi que pour avoir moins d’exposition aux forces de sécurité.

Cependant, le lancement de Carteia frappait les organisations, avec le démantèlement des quais de la drogue le long de la côte andalouse et le démantèlement de certaines des organisations les plus puissantes.

« Les organisations pensaient que cela ne durerait pas longtemps et que l’averse passerait en quelques mois. Elles ont baissé leur profil avec la conviction que la pression policière passerait et qu’elles fonctionneraient comme avant », souligne le commandant.

Ce n’était pas le cas, et la « Guardia civil » a continué à intensifier son travail avec un nouvel « allié »: l’arrêté royal qui interdit désormais l’usage privé sans autorisation préalable des bateaux pneumatiques et semi-rigides à grande vitesse, les fameux ‘narcolanchas’; arrêté qui autorise leur confiscation bien qu’ils ne transportent pas de drogue ou de tabac lorsqu’ils sont détectés.

source et plus en Castillan

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ÎLES VIERGES BRITANNIQUES 🇻🇬 (Anegada): les garde-côtes américains du « Richard Etheridge » ont saisi le 27 août 1.700 kilos de cocaïne

Les garde-côtes américains du « Richard Etheridge » ont saisi le 27 août 1.700 kilos de cocaïne près d’Anegada, dans les îles Vierges britanniques.

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FRANCE 🇫🇷 (Bordeaux) : deuxième jour tendu au procès de Moufide Bouchibi, le narco-businessman

Le procès a viré au bras de fer procédural entre magistrats et avocats, provoquant neuf suspensions. Moufide Bouchibi jusque-là n’a pas été entendu.

Les avocats ont accusé le tribunal de vouloir juger le prévenu «à marche forcée», les magistrats dénonçant, eux, une obstruction.

Appel de l’acte de renvoi, contestation des écoutes téléphoniques, et du mandat d’arrêt lancé en 2012: les avocats sont encore revenus à la charge jeudi pour torpiller la procédure et tenter de faire annuler le procès, en vain. «Il n’a jamais été informé qu’il était poursuivi et qu’il était en fuite (…) ce procès est impossible, il faut arrêter le massacre», a plaidé Me Thomas Bidnic.

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Nos « Dalloziens » distingués n’aiment pas que les avocats de la défense remettent en cause les procédures. Eux, toujours tellement respectueux des textes qu’ils savent, si nécessaire, s’en affranchir !

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En mémoire le magistrat Frederick Arseneault du tribunal Provincial de Barhurst au Nouveau Brunswick qui condamna à perpétuité Marc Fievet, l’agent infiltré de la Dnred de la Douane Française qui avait plaidé coupable à la demande de la Direction générale de la Douane Française, du ministre DSK et de son dircab François Auvigne. Perpétuité obtenue, alors que Fievet n’avait pas d’avocats, et retour en France où l’adaptation de la sentence à Bobigny, prononcée à huis clos, qui devait arranger la situation de Fievet se transforma alors en véritable catastrophe juridico-administrative puisque, non contente de transformer la sentence en 20 ans de taule sans prendre en compte son temps de détention déjà effectué, la substitut du procureur Djemni-Wagner qui obtint 20 ans, conseilla à Fievet de déposer un recours en grâce présidentiel, se lavant les mains à la Ponce-Pilate..

Jean Puons, le directeur de la DNRED, rendit visite à Fievet pour lui dire que l’on allait privilégier le recours en grâce et qu’il ne fallait surtout pas faire appel de la sentence prononcée pour ne pas retarder encore sa libération !

Le DG François Auvigne refusa alors au directeur de la DNRED Jean Puons l’intervention pour obtenir la grâce.

L’ancien directeur de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), Jean Henri Hoguet, affirme qu’il n’avait « jamais entendu la DNRED dire que ce dernier avait tenté de faire du trafic pour son propre compte ». Il confirme que plusieurs responsables des douanes sont allés rendre visite à Marc Fiévet en Espagne, puis en Angleterre et au Canada : « On lui a dit de plaider coupable et qu’ensuite on le ferait rapatrier en France pour arranger les affaires », assure le haut fonctionnaire. Cependant, Jean-Henri Hoguet assure qu’il s’est passé ensuite « quelque chose de tout à fait inhabituel » : le nouveau directeur général des douanes, qui ne connaissait pas l’affaire, devait intervenir auprès du ministre des Finances, qui devait lui-même avertir le ministère de la Justice pour tenter d’obtenir — via le parquet — sa remise en liberté. « Une peine symbolique, comme par exemple cinq ans avec sursis », précise l’ex patron de la DNRED. Une promesse faite à l’agent infiltré qui n’a jamais été tenue. La situation a scandalisé M. Hoguet : « Si je suis sorti de ma réserve, c’est que je trouve inadmissible ce qui s’est passé (…). C’est la première fois que je rencontre un tel comportement qui fait que la continuité de l’État n’est pas assurée ou assumée ».

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COLOMBIA 🇨🇴 (Pacifico) : en semisumergible incautan 1.800 kilos de cocaína de las disidencias

En la mañana de este miércoles, el comandante de la Fuerza de Tarea contra el Narcotráfico ‘Poseidón’ el contralmirante Orlando Cubillos Chacón, confirmó que fueron incautados 1.800 kilos de cocaína que eran transportados en un semisumergible.

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FRANCE 🇫🇷 (OFAST) : pour Frédéric Ploquin, de Marseille à Lille, certains quartiers semblent aujourd’hui hors de contrôle

Pour Marc Fievet , c’est de Dunkerque à Bordeaux, d’Algeciras à Rotterdam, d’Anvers au Pirée, d’Hambourg à Lisbonne, du Havre à Naples et Gioia Tauro, de Saint Nazaire à Marseille et de Gdansk à Cagliari par le seul fait que nos frontières européennes sont, comme les frontières françaises des passoires et que nos élites dirigeantes n’ont pas encore réalisé ce fait.

Mais le souhaitent-elles ? 

Mais OUI, on a FRONTEX savent-elles s’exclamer… et pourtant !

FRONTEX est sur le point de devenir la plus grosse agence de l’Union européenne dotée du budget le plus important.

Frontex est, depuis sa création en 2004, chargée de veiller sur les frontières extérieures de l’Union. En quelques années elle n’a cessé de prendre de l’ampleur, pour atteindre quelque 10 000 hommes en 2027 (contre à peine 750 il y a deux ans) tandis que son budget s’envole : de 19 millions d’euros en 2006, il devrait atteindre quelque 900 millions d’euros par an sur la période 2021- 2027. L’argent du contribuable européen est-il utilisé à bon escient ? La Cour des comptes de l’Union européenne vient de remettre son audit. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est guère tendre envers l’agence.

Inefficace, tel est le terme le plus diplomatique pour qualifier la gardienne des frontières de l’Union.

Inefficace dans ses missions actuelles et sans doute incompétente, tacle le rapport, pour assumer efficacement son nouveau mandat. Car outre la surveillance et la sécurisation des frontières, Frontex doit aussi venir en appui des États pour contrer le trafic de migrants, la traite des êtres humains, traquer le crime transfrontalier et passer d’un rôle de coordination à un rôle opérationnel, en première ligne sur le terrain. Mais c’est sans doute un trop gros morceau, estime le rapporteur Léo Brincat. L’agence a en fait grandi trop vite, sous la pression politique en 2015 face au défi migratoire, et n’a cessé depuis lors de se voir confier de plus en plus de missions. Des missions fustige le rapport qui n’ont jamais fait l’objet d’étude d’impact ou de réel contrôle. Frontex s’est montrée plus habile pour décrire son travail que pour l’évaluer, ironise le rapporteur. Difficile même, expliquent les auteurs du rapport de connaître le coût réel des opérations conjointes que ne fournit pas Frontex. Une agence de garde-frontières incapable même de répertorier et d’analyser les franchissements illégaux.

 Un véritable réquisitoire

Frontex n’est pas seule responsable de ces lacunes. Le Conseil européen et la Commission ne sont pas exempts de reproches, eux qui ont alourdi sa tâche sans même évaluer ses capacités. Les États membres sont également dans le viseur pour leur manque de coopération. Ainsi, pour analyser la vulnérabilité des frontières ou l’immigration illégale et faire ses recommandations, l’agence manque de données tout simplement parce que nombre de pays les gardent jalousement pour eux pour des raisons de sécurité nationale ou ne donnent que des bribes d’informations. Résultat Frontex a en sa possession des données qui ne sont ni exhaustives, ni harmonisées d’un État à l’autre, ni actualisées. On pourrait rêver mieux pour gérer les frontières. Quant à sa mission de lutte contre les crimes transfrontaliers, aucun cadre d’action n’a même été défini. L’agence manque aussi de ressources humaines pour remplir son mandat : elle devrait recruter des profils de criminologues par exemple. Frontex prend acte et se dit consciente que des améliorations sont nécessaires, mais la tempête risque de continuer à souffler. L’Office européen de lutte anti-fraude travaille en effet de son côté sur des soupçons de mauvaise gestion. Et la Cour prépare un nouveau rapport pour la rentrée, sur un sujet encore plus sensible : les refoulements illégaux. Frontex est accusée d’avoir renvoyé des migrants en mer et fait d’ailleurs l’objet de plusieurs enquêtes à ce sujet. On ne parlera plus alors d’incompétence mais d’actions potentiellement criminelles.

sourceFrédéric Ploquin, journaliste et auteur de documentaires, est un spécialiste reconnu de l’histoire et des enjeux du trafic de stupéfiants en France. Fort de trente ans d’exploration des milieux policier et criminel, il nous raconte comment et pourquoi, de Marseille à Lille, certains quartiers semblent aujourd’hui hors de contrôle.

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PÉROU 🇵🇪 (Coke en Stock – CCCXLVIII) : le Pérou approvisionneur du Brésil

Logiquement, après l’épisode précédent, nous voici naturellement à devoir parler de la situation au Pérou, ex premier producteur en 2013 re-dépassé à nouveau depuis 2018 par… la Colombie. Il fournit en grande partie le Brésil, via sa frontière commune qui fait 2 995 kilomètres. On y rencontre beaucoup de ‘Cessna’ et moins de ‘Beechraft’, et surtout un nombre important de laboratoires de transformation de la cocaïne disséminés dans la partie haute de l’Amazone.

Et on pourra lire les révélations tonitruantes du roi des narcos du pays

A l’époque un homme observe tout cela en souriant : il s’agît de Demetrio Chávez Peñaherrera, surnommé « Vaticano » (Le Vatican mais aussi Gerónimo, Loco Limonier, Patron, Garrincha, Coca Loca, Irak, Sadam ou Al Capone) considéré comme le plus grand trafiquant de drogue du pays, directement lié aux trafiquants de drogue colombiens Rodríguez Orejuela (cartel de Cali) et Pablo Escobar (cartel de Medellín).

Il manipulait 80 % de la production péruvienne e pâte de cocaïne  par an à cette époque). En précurseur de ce qui se fait aujourd’hui, il avait fait construire à la frontière péruvienne avec la Colombie et le Brésil un gigantesque laboratoire de traitement du chlorhydrate de cocaïne doté d’une piste d’atterrissage de 1 500 mètres, d’une villa et d’un entrepôt alimentaire. Il avait investi pour 1 million de dollars US en intrants chimiques !!!

Le 13 janvier 2016; le voici qu’il sort de prison, après y avoir passé 22 ans, et sa première déclaration est tout simplement explosive, accusant ouvertement l’ex président Fujimori de l’avoir aidé, carrément à installer le trafic et le faire perdurer : « C’était une période désastreuse pour le Pérou, il y avait un narco-état là-bas et c’est indéniable. Ce que j’ai fait, je ne l’ai pas fait seul mais avec consentement ; s’ils m’auraient dit de ne pas le faire, je ne l’aurai pas fait.«  a-t – il déclaré à la presse lorsqu’il a rappelé ses activités illégales . 

Il a également mentionné que: « L’ancien président Fujimori était au courant de la piste d’atterrissage qu’il avait dans la jungle pour l’expédition de drogue et qu’il aurait toléré son fonctionnement jusqu’à deux ans après avoir reçu un document du gouvernement américain demandant sa fermeture (!!!). »

Selon les historiens, en effet: « En mai 1996, des agents du renseignement de l’armée de l’air péruvienne ont découvert une cargaison de 176 kilos de cocaïne, pas moins que dans l’avion présidentiel. Le pilote Luis Escárcega Ishikawa, était l’un du président Alberto Fujimori. En juillet de la même année, ils trouvèrent une autre cargaison, cette fois sur un navire de la Marine. La révélation causa stupeur et confusion dans le pays. Cependant, un an après la saisie de la drogue, en juillet 1997, le président de l’époque, Alberto Fujimori, a disculpé les officiers de l’équipage du narco-avion dans un discours public. Non seulement les officiers ont été acquittés, mais l’un d’entre eux, le colonel FAP Óscar Salinas, a obtenu une promotion ».

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BRÉSIL 🇧🇷 (opération ‘Tamoios’) : des bateaux et des ‘narcoplongeurs’ pour transporter de la cocaïne d’Espírito Santo dans l’État de Rio de Janeiro jusqu’au port de Rotterdam, aux Pays-Bas 🇳🇱

Au cours de l’enquête, qui a duré environ deux ans, les agents de PF ont saisi 14 voitures de luxe. Six propriétés haut de gamme étaient également situées à Rio et Mangaratiba, dans la région métropolitaine de l’État, et à Guarapari, Espírito Santo, en plus de 200 kilos de cocaïne (dans un bateau et dans une voiture) et 827 000 R$. En deuxième lieu, la bande a utilisé de petits bateaux de pêche et des plongeurs professionnels.
Huit suspects ont été arrêtés dans lors de cette opération Tamoios.

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ITALIE 🇮🇹 (Gioia Tauro) : les douaniers de la ‘Guardia di Finanza’ ont saisi 108 kilos de cocaïne pure dans le port de Calabre

Grâce à une activité complexe d’analyse des risques et de retour d’information factuel sur plus de 4 300 conteneurs du continent sud-américain, les agents de la « Guardia di Finanza » et les agents des douanes, à l’aide de scanners sophistiqués dont ils disposent, ont réussi à localiser la drogue astucieusement cachée dans un conteneur chargé de bois du Brésil.

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MONTÉNÉGRO 🇲🇪 (Mojanovici) : la police saisit plus d’une tonne de cocaïne dans une cargaison de… bananes

La Police monténégrine a annoncé vendredi sur son compte Twitter que deux personnes ont été arrêtées et d’autres suspects sont encore recherchés après la découverte de plus de 1200 paquets de cocaïne dans une «cargaison de bananes».

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BRÉSIL 🇧🇷 (port d’Itapoá) : les douaniers du  » Receita Federal » ont saisi plus de 350 kilos de cocaïne en route pour l’Espagne 🇪🇸

Les douaniers de  » Receita Federal » ont saisi plus de 350 kilos de cocaïne au port d’Itapoá, sur la côte nord de Santa Catarina, ce mardi 24 août dans l’après-midi.

La cocaïne était dans un conteneur avec une cargaison de céramiques qui devait partir en Espagne via le port de Valence.

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Les douaniers pensent que les trafiquants ont inséré la coke parmi les produits à l’insu de l’exportateur selon la technique bien connue, appelée ‘rip-on/rip-off ».

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LA GUERRE A LA DROGUE ET LES INTÉRÊTS DES ÉTATS

20 ans après ce rapport, rien n’a changé !

Combien de milliards pour un tel résultat ?

Les politiques mises en place par les Politiques et autres hauts fonctionnaires sont responsables de cet échec majeur !

Et aujourd’hui, en France, pays des lumières, on ne peut que constater que Gérald Darmanin n’a pas payé sa facture d’électricité !

Dans une préface du dernier rapport l’Office pour le contrôle des drogues et la prévention du crime (ODDCP) son directeur, Pino Arlacchi, écrit que « la psychologie du désespoir s’est emparée des esprits » [dans le domaine des drogues]. Suivent une série de données tendant à accréditer l’idée, que nous sommes pour le moins dans l’obligation de nuancer, de substantiels progrès dans la lutte contre la production et le trafic de ces substances.

Pino Arlacchi note en outre : « La fin de la Guerre froide et l’émergence de réels processus de paix dans un nombre de conflits qui paraissaient insolubles a atténué les tensions au sein de la communauté internationale, facilitant la mise en place de la coopération ». Bien au contraire que la fin de la Guerre froide a favorisé d’une part l’apparition de pseudo-Etats au sein desquels s’est institutionnalisée la corruption du politique ; elle a permis d’autre part le déclenchement de nouveaux conflits locaux. Leurs protagonistes ne recevant plus de subsides de l’un des deux grands blocs, ont dû chercher des sources de financement dans des activités illégales, au premier rang desquelles, le trafic des drogues. De la Colombie à l’Afghanistan en passant par l’Angola ou le Kosovo, la drogue est un des éléments de la prolongation de ces conflits.

Enfin la lutte contre le commerce des drogues est brouillée par les intérêts économiques et géopolitiques des États, particulièrement des pays riches qui se posent en leaders de la guerre à la drogues, enclins à faire preuve d’indulgence à l’égard de leurs alliés ou clients.

Les limites de la lutte contre les trafics

Seule une utilisation sélective des données permet au rapport de l’ODDCP de prétendre que les productions illicites sont en sensible diminution. Par exemple il y est écrit que les cultures de cocaïers ont régressé en Bolivie et au Pérou entre 1995 et 2000 (d’environ 150 000 hectares à 50 000 h.), sans mentionner que cette diminution a été compensée par une augmentation quasi équivalente des superficies illicites en Colombie (de 40 000 h à 130 000 h). En outre, l’amélioration des techniques agricoles a entrainé une hausse sensible de la productivité. En 1990, la production annuelle de cocaïne qui se situait entre 500 tonnes et 700t. annuellement est passée de 800 t et 1000 t dix ans plus tard.D’ailleurs, pour le rapport du Département d’Etat des Etats-Unis, rendu public au début du mois de mars 2001, la production de feuilles de coca a augmenté de 6 % passant de 613 000 t à 650 800 t.

Dans le cas des opiacés, la hausse de la production (qui est passée de 4 263 t à 5 004 t entre 1999 et 2000, soit une augmentation de 20 %) est si élevée, que ce sont les trafiquants eux-mêmes qui ont décrété son gel en Afghanistan de crainte de voir les prix s’effondrer. En juillet 2000, Mollah Omar, chef des taliban, a décrété l’éradication totale des cultures de pavot dans un pays qui était jusque là le premier producteur mondial d’opium devant la Birmanie. Au mois d’octobre, période où l’on sème le pavot, des techniciens d’ONG européennes ont observé que des émissaires l’Emir parcouraient les villages diffusant un message de ce dernier selon lequel la terrible sécheresse qui frappait le pays était une punition du ciel pour avoir cultivé cette plante impie. Des paysans récalcitrants ont été emprisonnés à Djelalabad, la capitale de la province du Nangahar. Une enquête de terrain dans l’est du pays auprès des commerçants d’opium pakistanais et afghans, donne à penser que la mesure aurait en fait été suggérée par les mafias d’Asie centrale qui n’ont pas voulu jeter sur le marché les énormes stocks d’opium et d’héroïne accumulés à la suite des récoltes record de 1999 et 2000. Elles auraient donc proposé aux taliban de compenser financièrement l’arrêt de la production pendant une ou plusieurs années.

Quant à la production des dérivés du cannabis, elle ne cesse de croître pour alimenter des marchés où la consommation se banalise. Selon le rapport de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) publié au mois d’octobre 2000, « plus de 40 millions de personnes dans l’UE ont consommé de la marijuana ou du haschisch. En moyenne, un adolescent de 15-16 ans sur cinq et au moins une personne sur quatre dans la tranche des 15-34 ans y ont expérimenté le cannabis ». En 1999, l’Espagne, à elle seule, a saisi près de 400 tonnes de haschisch en provenance du Maroc où les cultures pourraient couvrir, dans les montagnes du Rif et au-delà, 90 000 hectares. Partout dans le monde, on saisit également d’importantes quantités de haschisch en provenance du Pakistan, d’Afghanistan et du Népal, et de la marijuana exportée par le Mexique, la Colombie, la Jamaïque, le Cambodge et par l’ensemble des pays d’Afrique sub-saharienne.

Même si la substitution des drogues d’origine naturelle par des drogues de synthèse n’est pas encore à l’ordre du jour, la production et le trafic de ces dernières connaissent une croissance exponentielle. Dès 1996, le PNUCID lançait un cri d’alarme en affirmant que les stimulants synthétiques du type amphétamines « pourraient devenir les drogues de prédilection au XXIème siècle ». Force est de constater que, en Europe, les saisies ont augmenté de 38 % en 1997/1998 avec, en moyenne annuelle, près de trois tonnes de pilules au Royaume-Uni, 1,5 tonne aux Pays-Bas et 250 kg en Allemagne et en Belgique. La France sert de pays de transit pour les exportations d’amphétamine et d’ecstasy en direction des Etats-Unis qui sont notamment entre les mains de réseaux israëliens.

Aux États-Unis, où les saisies annuelles ont atteint 1,7 tonne par an en 1997/1998, le nombre d’admissions dans des centres de traitement a crû de façon spectaculaire entre 1992 (20 000) et 1997 (70 000). Le chiffre s’est ensuite stabilisé, en 1999 et en 2000. En revanche, en Asie du Sud-Ouest et, surtout, en Extrême-Orient, le phénomène ne cesse de s’amplifier.

Activités mafieuses et corruption du politique

Aucune autre activité illicite n’étant aussi lucrative, le trafic des drogues a accru la capacité de nuisance des organisations criminelles qui s’y livrent, notamment leur pouvoir de pénétrer les structures économiques et politiques de certains Etats. Sur le plan économique elles ont suivi le mouvement de la mondialisation, quand elles ne l’ont pas anticipé. Cependant, confrontées à une offensive des Etats les grandes organisations (« cartels colombiens », « mafias » italiennes et chinoises, parrains pakistanais et turcs, etc.) ont, dans la seconde moitié des années 1990, d’abord décentralisé leurs structures pour être moins vulnérables à la répression. Alors qu’il existait en Colombie trois ou quatre grands « cartels », on compte aujourd’hui dans ce pays une quarantaine de moyennes organisations. De même, dans les années 1980, on recensait une douzaine de groupes de la Camorra à Naples ; ils sont aujourd’hui une centaine, forts de 6 000 affiliés. Ces organisations ont simultanément diversifié leurs activités (trafic d’être humains, de diamants, d’espèces protégées, etc.) et les ont délocalisées en resserrant leurs liens d’affaires avec leurs homologues intervenant sur d’autres continents.

Ainsi, des organisations mafieuses turques autrefois spécialisées dans le trafic de l’héroïne, sont de plus en plus impliquées dans celui de clandestins, la contrebande de cigarettes et la contrefaçon. Lorsque le gouvernement a turc a interdit les casinos, les baba (parrains) avaient commencé à les délocaliser dans les Caraïbes (à Saint-Martin en particulier) ou en Afrique (à Dar Es-Salaam en Tanzanie).

Une affaire récente illustre la coopération entre organisations criminelles. A la fin du mois de février 2001, la police du Nicaragua appuyée par la DEA américaine a intercepté en haute mer un navire battant pavillon brésilien et transportant huit tonnes de cocaïne vendues par les cartels colombiens à la mafia russe. Le capitaine du vaisseau était un nicaraguayen travaillant depuis cinq ans pour une organisation criminelle russe.

La Cosa Nostra sicilienne qui a subi des coups très durs de la part des forces de répression au cours de la dernière décennie, a renforcé son implantation internationale notamment au Brésil, au Canada, en Europe de l’Est ou en Afrique du Sud. Selon les services anti-mafia sud-africains, la mafia sicilienne est solidement implantée au Cap et à Johannesburg. Ses activités vont du blanchiment — sociétés-écrans, achat de biens immobiliers — au trafic de cocaïne, en collaboration avec des groupes colombiens, en passant par le recel de criminels en fuite. Pour la région du Cap, le parrain le plus en vue est Vito Palazzolo, ancien banquier de la Pizza Connection. Évadé de Suisse et « réfugié » en Afrique du Sud où il a d’abord mis ses compétences au service du régime d’apartheid, avant de rendre des services au gouvernement de Mandela, il resterait l’un des chefs de Cosa Nostra. Il est actuellement en résidence surveillée, sous la seule accusation d’avoir usurpé la nationalité sud-africaine.

Ces activités sont favorisées par les liens entretenues par les organisations criminelles avec les pouvoirs politiques. Cela est vrai non seulement dans des « dictatures bananières » (Birmanie, Guinée Equatoriales) ou dans des non-Etats (Afghanistan, Paraguay, Liberia) mais également dans de grands pays qui jouent un rôle géopolitique clé dans leur région comme par exemple la Turquie en Europe et le Mexique en Amérique du Nord. En Turquie, les élections d’avril 1999 ont permis à une coalition de partis nationalistes (de la gauche à l’extrême droite) de constituer, avec l’appui de l’armée, un gouvernement. Fort de ses 16 % des voix, le MPH, façade présentable d’une organisation qui l’est moins, Les Loups Gris, dont des dizaines de membres sont incarcérés pour activités criminelles un peu partout en Europe, occupe les postes de vice-Premier ministre et de ministre de l’Intérieur.

On trouve une situation semblable dans les relations entre les Etats-Unis et le Mexique. Un livre récent apporte des éléments nouveaux à la connaissance des relations entre les « cartels » mexicains de la drogue et les leaders du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), au pouvoir depuis soixante-dix ans, en particulier avec les différents présidents qui se sont succédés depuis le début des années 1980.

Jean-François Boyer qui a interrogé des policiers de hauts rangs, des universitaires parmi lesquelles Jorge Castaneda, politologue devenu ministre des Affaires étrangères du Président Vicente Fox élu à l’été 2000, écrit : « les autorités financières du pays auraient invité les narcotrafiquants à investir leurs revenus dans une économie décapitalisée, en pleine restructuration ; en contrepartie, la police et l’armée mexicaine fermeraient les yeux sur le narcotrafic ; et les deux parties s’engageraient à ne pas recourir à la violence et à négocier d’éventuelles arrestations au cas où il serait nécessaire de lâcher du lest vis-à-vis des autorités antidrogues américaines. L’Etat mexicain s’engagerait enfin à ne pas autoriser la DEA et les agences antidrogues américaines à participer à la répression sur son territoire ». En contrepartie, les organisations criminelles auraient investi dans le pays leurs profits (de 5 à 10 milliards de dollars chaque année), ce qui aurait contribué à permettre au Mexique de remplir les conditions économiques fixées par les Etats-Unis pour la création en 1994 du grand marché nord-américain, l’ALENA. On remarque enfin que chaque président nouvellement élu a surtout réprimé le cartel dont son prédécesseur était le plus proche et s’est rapproché d’un de ses rivaux. Les Etats-Unis ont fermé les yeux sur ces « accords » et cela d’autant plus que, dans les années 1980, leurs services secrets ont eux-mêmes utilisé les cartels mexicain pour appuyer les « contras », milices luttant contre le régime « marxiste » du Nicaragua à partir des pays voisins.

La drogue dans un conflit local : l’exemple du Kosovo

Avec l’explosion et la diversification des productions de drogues et la transformation des narco-organisations, le troisième élément constitutif de la situation actuelle sont les effets sur la criminalité et le trafic de drogues de la multiplication des conflits locaux, effet pervers de la fin de l’antagonisme des blocs et des soubresauts provoqués par l’effondrement de l’Union soviétique. Durant la Guerre froide, les grandes puissances que la dissuasion nucléaire empêchait de s’affronter directement, le faisaient à travers leurs alliés dans le Tiers monde. L’argent de la drogue utilisée par les belligérants évitait ainsi à certains pays d’avoir à puiser dans des fonds secrets pour financer leurs alliés. Cela a été notamment le cas pour toutes les grandes puissances (Etats-Unis, France) et les puissances régionales (Israël, Syrie) concernées par la guerre civile libanaise et pour les Etats-Unis en Amérique centrale. La fin de la guerre froide, loin de mettre fin à ces conflits locaux, n’a fait que révéler leur absence de motifs idéologiques, libérant des affrontements ethniques, nationaux, religieux, etc. Les belligérants ne pouvant désormais compter sur le financement de leurs puissants protecteurs ont dû trouver dans les trafics, dont celui de drogues, des ressources alternatives.Dans une trentaine de conflits, ouverts, latents ou en voie de résolutions, la présence de la drogue, à des titres et des niveaux divers est avérée : en Amérique latine (Colombie, Pérou, Mexique) ; en Asie (Afghanistan, Tadjikistan, Inde, Azerbaïdjan-Arménie, Tchétchénie, Géorgie, Birmanie, Philippines) ; en Europe (Yougoslavie, Turquie, Irlande, Espagne) et en Afrique (Algérie, Soudan, Egype, Sénégal, Guinée Bissau, Liberia, Sierra-Leone, RDC, Congo, Tchad, Ouganda, Angola, Somalie, Comores).

Certains de ces conflits – en Colombie, en Afghanistan ou en Angola – existaient avant la fin de la guerre froide. Mais le retrait de partis frères ou de puissants protecteurs fait qu’ils ont pris un caractère nouveau : glissement progressif vers des activités de prédation dans le cas des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ; antagonismes ethnico-religieux manipulés par les puissances régionales dans celui des guerres civiles afghane et angolaise. Ailleurs, c’est la chute des régimes communistes qui est à l’origine des conflits yougoslaves, tchétchènes, azéris-arméniens et des guerres civiles géorgiennes. Les protagonistes de ces affrontements, dans leur recherche de financements, font flèche de tout bois : trafic de pétrole, de drogues, de métaux stratégiques, etc.

L’escalade des profits dans le cas de la drogue en fait une source de financement particulièrement intéressante. Ainsi on peut évaluer le montant des taxes perçus annuellement par les taliban sur les drogues à une centaine de millions de dollars. Ce chiffre peut être multiplié par trois ou par quatre dans le cas des FARC. Dans un micro-conflit comme celui de la Casamance au Sénégal, on pouvait évaluer en 1995 les taxes sur le cannabis perçues par le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MDFC) à plusieurs millions de dollars par an. Cela contribue à expliquer que ces quelques centaines de combattants aux pieds nus se soient dotés, au fil des années, d’un armement de plus en plus sophistiqué et qu’en dépit des accords de paix signés avec le gouvernement, des groupes continuent à affronter l’armée et à se battre entre eux, particulièrement à la saison de la récolte du cannabis.

Un des exemples récents les plus significatifs de l’utilisation de la drogue dans le déclenchement du conflit puis dans les obstacles mis à sa résolution, est celui du Kosovo.

Dès 1991, l’OGD a signalé que les profits de la vente d’héroïne dans toute l’Europe, en particulier en Suisse, par des ressortissants albanais de cette province serbe, étaient utilisés pour acheter des armes dans la perspective d’un soulèvement contre l’oppression serbe.L’UCK, après avoir déclanché des opérations militaires à la fin de 1997, a été chassée progressivement de ses bastions par l’armée et la police yougoslave et n’a plus opéré que dans des poches le long de la frontière albanaise. Après la campagne de bombardement de l’OTAN en Serbie et au Kosovo (24 mars au 10 juin 1999), il n’est plus resté au groupe nationaliste qu’à se préparer à un retour en force lors de la réinstallation des réfugiés. C’est la raison pour laquelle elle a cherché à acquérir le véritable potentiel militaire que lui refusait les pays occidentaux. Pour cela elle a eu d’abord pour source de financement   l’impôt payé par les 700 000 Albanais de la diaspora en Europe (3 % des salaires et souvent plus). Mais ce financement légal s’est révélé vulnérable, en particulier lorsque le gouvernement suisse a décidé de gérer le compte de l’UCK, intitulé « La Patrie appelle ». C’est alors que cette organisation a, semble-t-il, décidé de prévilégier une recherche de financement dans le trafic des drogues même si cela impliquait des liens avec les mafias italiennes qui lui fournissent des armes contre de l’héroïne, de la cocaïne ou des dérivés du cannabis.

Dans certaines affaires, la présence de l’UCK en tant que telle a été clairement établie, notamment par la justice italienne ; dans d’autres l’identité des commanditaires de trafics « albanais » est restée occultée, mais ne fait guère de doute. En effet, lorsque la police et la justice de pays européens détiennent les preuves de l’implication de l’UCK, il leur est difficile, du fait du rôle de l’OTAN au Kosovo, d’en faire officiellement état. C’est à la presse de tirer les conclusions des informations dont elle dispose ou des « fuites » dont elle bénéficie de la part de certains magistrats. En juin 1998 par exemple, une centaine de personnes parmi lesquelle de nombreux Kosovars ont été arrêtés à travers l’Italie et d’autres pays européens pour un trafic de drogues et d’armes. Selon le procureur de Milan, ils appartenaient à huit réseaux chargés d’introduire des armes au Kosovo. 100 kilos d’héroïne et de cocaïne, servant à payer les armes, ont été saisis.

Le 12 mars 1999, la police tchèque a annoncé l’arrestation à Prague du Kosovar Princ Dobroshi, évadé d’une prison norvégienne et considéré comme l’un des plus importants trafiquants de drogue en Europe. Un de ses porte-parole a précisé à l’AFP que des documents attestaient, sans ambiguité, que l’homme, agé de 35 ans, utilisait le produit de son trafic pour des achats d’armes. Citant un membre des services secrets tchèques (BIS), le journal Lidove Noviny a indiqué que ces armes étaient livrées à l’Armée de liberation du Kosovo (UCK).

A la fin de ce même mois, c’est un journal italien, Tempo, qui reproduisant un interview du procureur national anti-mafia, Alberto Mariati, publiait que l’UCK était « liée à la mafia de Naples, la Camorra, ainsi qu’à celle des Pouilles » et que « Les clans du Kosovo sont investis dans le trafic de drogues contre des armes ». En avril 1999, The Times de Londres, en avril 1999, indiquait qu’Europol préparait un rapport pour les ministres européens de l’Intérieur et de la Justice soulignant les connexions entre l’UCK et les narco-trafiquants. Selon ce magazine, les polices d’Allemagne, de Suisse et de Suède, détiendraient les preuves du financement partiel de l’UCK par la vente de drogues.

La lutte contre la drogue, arme économique et politique

Les différents type de compromissions des pays riches avec les Etats trafiquants sont si répandues, que leurs caractéristiques peuvent être modélisées. Le plus répandu a pour origine des intérêts économiques. Durant les années 1990, la Chine et la Pologne ont accepté sans rechigner que les armes qu’elles vendaient à la Birmanie soient payées avec l’argent de l’héroïne. Rangoon a en particulier dépensé près d’un milliard de dollars pour acheter des avions de combat à la Chine alors que ses réserves en devise ne dépassait pas 300 millions de dollars. Des membres des services de renseignement de l’ambassade de France au Pakistan rencontrés par l’auteur de cet article n’écartaient pas que l’argent de la drogue puisse, à la même époque, avoir également participé au règlement des ventes d’armement de la France à ce pays.

De leur côté, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ne se posent pas de questions sur l’origine des fonds qui permettent à certains pays – en particulier la Colombie durant toutes les années 1980 – de payer leur dette extérieure. Si certains Etats européens et l’Union elle-même ferment les yeux sur les protections officielles dont bénéficie la culture de cannabis au Maroc, c’est qu’elle contribue largement à l’équilibre économique du pays et que leur substitution coûterait extrêmement cher.

Mais la drogue peut-être aussi utilisée comme une arme diplomatique pour déstabiliser ou discréditer un adversaire politique.

Un des exemples de cette attitude est la politique des Etats-Unis à l’égard de l’Iran dans le domaine des drogues. Durant toutes les années 1990, en dépit de ses efforts dans le domaine de la lutte contre le transit de l’héroïne afghane (l’Iran a perdu près de 3000 hommes depuis vingt ans dans ces combats), ce pays a été « décertifié » par Washington, c’est à dire placé sur la liste des pays qui sont considérés comme des Etats trafiquants. Cette mesure entraine la suspension de toute aide économique de la part des Etats-Unis et surtout leur vote négatif dans toutes les instances internationales chargées de promouvoir la coopération internationale. Interrogé par l’OGD, un représentant du Département d’Etat a répondu à ce sujet que si l’Iran était placé sur la liste des pays « décertifiés » c’est qu’il s’agissait d’un Etat terroriste et non à cause de sa participation au trafic international des drogues. En décembre 1998, le président Clinton a annoncé qu’il allait retirer l’Iran de la liste des pays « décertifiés ». La raison avancée était que «  l’Iran n’est plus un producteur significatif d’opium et d’héroïne et qu’il avait cessé d’être un pays de transit de la drogue destinée aux Etats-Unis ». Tout le monde a compris qu’il s’agissait d’un geste de bonne volonté répondant à la politique d’ouverture manifestée par le président Mohamed Khatami depuis 1997.

L’utilisation par les Etats-Unis de l’arme politique de la drogue a fait des émules.

De nombreux pays du Tiers monde l’utilisent désormais pour combattre leurs opposants politiques ou les minorités ethniques et religieuses qui vivent sur le territoire. La situation au Timor a été largement médiatisée. Mais il existe au moins un autre Timor en Indonésie, c’est la province de l’Aceth où la répression féroce menée contre la population de cette région du nord de Sumatra a provoqué depuis 20 ans un mouvement de révolte armée. Or, au début de 1990, le prétexte pris par l’armée indonésienne pour intervenir en force dans cette région, a été de mener des campagnes d’éradication du cannabis appuyées par les Etats-Unis. Il est vrai que cette région était un producteur traditionnel de cette drogue, mais qui ne justifiaient en rien le déploiement d’aussi importants moyens militaires qui se sont révélés meurtriers. Un autre exemple est celui du Soudan où la lutte contre le cannabis, appuyée cette fois par l’organe spécialisé des Nations unies, a permis au gouvernement islamiste de Karthoum d’intervenir, ces dernières années, contre la tribu animiste des Beja.

Le dernier élément concernant les manipulations dont la drogue est l’enjeu est de caractère diplomatique. Il s’agit cette fois pour un pays de taire les implications d’un autre Etat dans le trafic de drogues afin d’exercer un chantage pour qu’il y mette fin ou fasse une politique voulue par le premier dans un autre domaine. Les Etats-Unis ont simultanément visé ces deux objectifs dans le cas de la Syrie, pays dont les troupes étaient profondément impliquées dans le trafic de haschisch et d’héroïne au Liban : ils ont obtenu ainsi des campagnes d’éradication des cultures illicites dans la plaine de la Bekaa et la participations de la Syrie aux négociations de paix au Moyen Orient. La même stratégie est actuellement utilisée par Washington à l’égard du général Hugo Banzer président élu de la Bolivie. La dictature militaire de ce dernier (1971-1978) s’est non seulement livrée à de graves violations des droits de l’homme et à l’assassinat d’opposants à l’étranger dans le cadre du « Plan Condor », mais a contribué à la spécialisation de la Bolivie dans la production de cocaïne.

Elu président pour cinq ans en 1997, le général Banzer pour faire oublier son encombrant passé à la communauté internationale et en particulier aux Etats-Unis, s’est lancé immédiatement dans une vaste campagne d’éradication des cultures de cocaïers dont la quasi totalité (37 000 hectares) avaient été manuellement arrachés à la fin de l’année 2000. Cela a notamment valu à l’ex-dictateur d’être présenté comme un exemple lors de la réunion internationale qui s’est tenue à Palerme en décembre 2000 pour adopter une Convention contre le crime organisé. Cette réhabilitation tardive, avec l’ acquiescement des États-Unis, peut donner à penser à des leaders du tiers monde qu’ils auront toujours la possibilité de racheter dans l’avenir leur implication présente dans le trafic. En outre, durant l’année 2000, il a été prouvé qu’un des protégés du président de la Bolivie dont il avait fait le conseiller de ses services de renseignement, appartenait à une famille de la mafia italienne et renseignait les trafiquants de drogues boliviens.

L’Europe face au « Plan Colombie »…et aux Etats-Unis

Il convient de s’arrêter sur le « Plan Colombie » car il marque un différence d’approche très sensible entre l’Europe et les Etats-Unis. On trouve dans ce pays tous les ingrédients d’une crise durable : conflit interne entre guérillas marxistes et milices d’extrêmes droites dont le contrôle des productions de drogue est un des motifs ; tentative de l’État pour rétablir la paix civile et de reprendre le contrôle du territoire ; volonté des Etats-Unis d’intervenir pour mettre fin au trafic de drogues au risque de mettre en péril les négociations de paix.

Le « Plan Colombie » a pour objectif officiel de combattre le narco-trafic, d’appuyer les négociation de paix qui se sont ouvertes au début de l’année 1998 avec le principal mouvement de guérilla, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et plus récemment avec l’Armée de libération nationale (ELN) et de promouvoir le développement économique du pays, en particulier en faveur des secteurs les plus modestes de la population. Le coût global de ce plan est de 7, 5 milliards de dollars. La contribution du gouvernement colombien devrait s’élever à 4 millards de dollars. Les Etats-Unis ont décidé d’y contribuer au niveau de 1,3 milliards de dollars. Le reste est attendu de la coopération bilatérale (Espagne, Japon), et multilatérale, en particulier des organismes financiers internationaux (Banque mondiale, BID, Communauté financière andine, BIRD, etc.) et del’Union européenne.

En Colombie, le plan a fait l’objet de critiques, non seulement de la part des guérillas, mais aussi des ONG de développement et des organisations de défense des droits de l’Homme. Ces critiques se fondent sur le fait qu’environ 70 % des financements américains (un milliard de dollars) iront au renforcement du potentiel militaire des forces de répression. En particulier 60 hélicoptères, dont 18 de type Blackhawk, sont achetés aux Etats-Unis. Les FARC et l’ELN estiment donc que sous couvert de lutter contre le narco-trafic, le gouvernement américain en renforçant l’armée colombienne, vise en fait à saboter le processus de paix et qu’elles sont la cible d’un véritable « acte de guerre ». Les ONG colombiennes et internationales (Amnesty International, American Watch, WOLA, etc.) dénoncent, quant à elles, « une logique de guerre » qui ne peut qu’aggraver la situation d’insécurité dans laquelle vivent les populations. Ce plan inquiète et divise également les voisins de la Colombie. Ils ne peuvent s’empêcher de le mettre en relation avec un projet – en faveur duquel les États-Unis ont lancé des ballons d’essai tout en le démentant officiellement – de créer une armée multi-latérale latino-américaine d’intervention en Colombie dans le cas où les guérillas et les narco-trafiquants menaceraient la sécurité régionale. Un tel projet, qui avait été approuvé par le Pérou de l’ex-président Fujimori, a fait l’objet d’une vive opposition de la part du Venezuela (dont le président nationaliste Hugo Chavez ne cache pas ses sympathies pour les FARC), du Panama et du Brésil qui voit d’un mauvais œil toute initiative pouvant concurrencer son rôle de puissance régionale.

Les pays frontaliers de la Colombie (Équateur, Pérou, Brésil, Venezuela et Panama) craignent qu’une violente offensive contre la production de drogue dans ce pays rejette dans les régions amazoniennes qui longent leur frontière avec lui, non seulement les populations mais aussi les guérillas et les narco-trafiquants.

Au cours d’une réunion des pays appuyant la lutte anti-drogues qui s’est tenue à Bogota le 24 octobre 2000, l’Union européenne, à l’issue d’un processus au cours duquel la France a joué un rôle déterminant, a clairement pris ses distances à l’égard du « Plan Colombie ». La contribution financière de l’U.E se montant à 871 millions de dollars sera destinée essentiellement à des programme de « renforcement des institutions » et de « développement social ». Mais, surtout, cette aide financière se situe clairement en dehors du cadre du « Plan Colombie ». Le porte-parole de l’Union, Renaud Vignal du ministère des Affaires étrangères français, a déclaré à cette occasion : « L’aide européenne est différente du Plan Colombie » et il a ajouté afin que ne subsiste aucune ambiguïté : « L’assistance européenne n’inclut aucun aspect militaire…Pour l’Union européenne il n’existe pas d’alternative au processus de paix, il n’existe pas de solution militaire permettant de rétablir une paix durable ». Le responsable de l’Union pour l’Amérique latine, Francisco de Camara, a enfoncé le clou : « Nous voulons contribuer à la paix, non accroître la tension ».

Le 8 mars 2001 a eu lieu une réunion entre les diplomates de 26 Etats et les FARC dans la zone démilitarisée concédée à la guérilla. Les Etats-Unis ont refusé d’y participer, même si la nouvelle administration affirme « soutenir sans équivoque » le processus de paix et « n’exclut pas de participer » au prochain round de discussion avec la guérilla. L’Union européenne et la plupart des pays de l’Espace Schengen étaient représentés ainsi que le le Vatican, la Suisse, le Canada, le Japon, le Mexique, le Brésil, le Venezuela, etc. A l’issue de la réunion un communiqué signé par tous les pays présents réitérait leur appui au processus de paix. En outre cinq pays – Cuba, Espagne, France, Norvège et Suisse – font partie depuis mai 2000 du groupe dit des « pays amis » du processus de paix avec l’autre guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN). L’opposition croissante de l’Union européenne au « Plan Colombie » a facilité le changement de stratégie des FARC, jusque là opposées à la présence de toute commission internationale dans la zone démilitarisée, et remis sur les rails des négociations sérieusement compromises.

Les limites de la lutte contre le blanchiment

Les drogues illicites d’origine naturelle, à l’exception du cannabis cultivé dans des pays comme les États-Unis, l’Australie ou les Pays Bas essentiellement destiné au marché interne, poussent dans des pays du tiers monde : Birmanie, Afghanistan, Pakistan, Maroc, Bolivie, Pérou et Colombie, pour ne mentionner que les principaux producteurs/exportateurs. Cette situation amène le public à faire porter à ces pays la responsabilité des dégâts causés par les drogues dans les pays riches.

Cependant, si l’on considère le blanchiment de l’argent généré par ces productions, on s’aperçoit que le tableau est en quelque sorte inversé. D’abord on constate qu’entre le prix payé au paysan pour la matière première de la drogue et celui que cette dernière rapportera, au détail, dans les rues des pays riches, la multiplication du profit est en moyenne de 1 500 à 2 000 dans le cas de l’héroïne et de 20 à 40 dans le cas du haschisch, drogue pour laquelle les trafiquants «se rattrapent» sur les énormes quantités commercialisées. On estime d’autre part que les profits de la drogue qui restent ou reviennent dans les pays producteurs ne représentent pas plus de 10 % de la valeur finale du produit vendu dans les pays riches. Ainsi, alors que le marché mondial de la cocaïne colombienne représente annuellement une cinquantaine de milliards de dollars, les retombées sur l’économie locale ne dépassent pas 2 milliards de dollars.

On peut en conclure que la plus grande partie des profits générés par la vente des drogues se blanchissent et s’investissent dans les pays riches.

C’est la raison pour laquelle ces derniers ont fait de la lutte contre le blanchiment une priorité. Ils ont créé une multitude de services spécialisés internationaux et nationaux pour traquer l’argent sale des narco : GAFI, TRACFIN, FINCEN, CTIF, FOPAC, etc. La principale organisation multilatérale, le Groupe d’action financière (GAFI) ayant été créé en 1989, il est légitime de s’interroger sur le bilan de cette lutte.

Damien Callamand, expert du FOPAC, cellule anti-blanchiment d’Interpol, a récemment déclaré que si l’on saisissait environ 10 % des drogues en circulation, on ne confisquait guère que 1 % des profits généré par l’ensemble des activités criminelles.

Il ajoutait que hormis l’«Opération La Mina» (1994) qui a abouti à la saisie de 1,2 milliard de dollars, l’ensemble des autres saisies effectuées depuis qu’existe la lutte anti-blanchiment dans le monde, c’est à dire une dizaine d’années, se situerait entre 1 et 2 milliards de dollars, alors que les profits de l’argent de la drogue sont estimés annuellement à des sommes variant entre 300 et 500 milliards de dollars.

Au-delà de l’ambiguïté des systèmes juridiques de contrôle et des défaillances dans leur application, existe aujourd’hui une contradiction plus fondamentale : la volonté de contrôler les mouvements de capitaux dans le cadre d’une économie mondialisée. D’un côté les organismes financiers internationaux recommandent la circulation sans entrave des capitaux, de l’autre les États leur étroite surveillance dans le cadre de la lutte anti-blanchiment. Les recettes ultra-libérales imposées aux pays du Sud et de l’Est impliquent notamment des privatisations massives et rapides dans des pays qui ne disposent généralement pas de capitaux, dont les unités industrielles et les services sont obsolètes et où les risques dissuadent souvent les entrepreneurs d’investir. Cela ouvre tout grand la porte à des mafias pour qui l’essentiel est moins de faire des affaires rentables, que de recycler leurs capitaux dans des conditions avec lesquelles ne peut concurrencer aucun entrepreneur disposant de capitaux licites. C’est ainsi que les mafias italiennes ont racheté des canards boiteux en Allemagne de l’Est et dans toute la CEI, que les mafias russes ont mis la main sur une grand partie des secteurs économiques dans leurs pays, que l’on voit pousser comme des champignons des complexes touristiques en Amérique latine et en Afrique dont les coefficients de remplissage sont truqués pour justifier le blanchiment des organisations criminelles de tout poil.

Mais les pays riches, en particulier certains de ceux qui appartiennent à l’espace Schengen, participent également à cette recherche de nouvelles alternatives économiques dans leurs possessions d’Outre-mer où ils font la chasse aux investisseurs étrangers pour lancer ou relancer l’économie : des zones franches se créent dans le but de développer de nouvelles activités (tourisme, services financiers). C’est le cas, par exemple, dans les Caraïbes, non seulement chez les États indépendants, mais également dans les territoires d’Outre-mer des pays du Nord, comme l’île de Saint-Martin que se partagent la France et les Pays-Bas. Après les mafias américaines dans les années 1950/1960, s’y sont successivement installées les organisations criminelles italiennes dans les années 1960/1970 et les organisations libanaises dans les années 1980/1990. Dernières arrivées, les maffyas turques.

Non seulement cette île est devenue une plate-forme du transit de la cocaïne à destination de l’Europe, mais aussi un centre de blanchiment de premier ordre à travers les banques, les infrastructures touristiques et les casinos.

Un certain nombre d’affaires donnent à penser que plusieurs pays, et non des moindres, sont surtout actifs lorsqu’il s’agit d’épingler le voisin, ils font preuve de beaucoup moins d’allant lorsque les intérêts de leurs grandes banques sont en jeu. Ainsi, les Etats-Unis ont été à l’origine de beaucoup d’affaires…en Suisse. Mais chez eux, l’affaire des fonds Salinas à la City Bank paraît complètement enterré comme si les autorités judicaire jouaient maintenant sur la prescription. Lorsque le GAFI a produit son rapport en octobre 2000, la presse européenne a révélé que l’absence de l’île de Jersey et de Monaco sur la liste des pays « blanchisseurs » avérés, résultait en fait d’une négociation entre le Royaume-Uni et la France

Dernier obstacle aux velléités de contrôle des capitaux : le Cyberbanking.

Si les transactions bancaires ne sont pas une nouveauté, ce sont leur application par le biais d’Internet qui en sont une. Cette facilité de mouvement offerte par un gigantesque réseau transnational aux multiples ramifications présente la particularité d’accroître la volatilité des capitaux et ceci pour deux raisons : tout d’abord, parce que de son propre ordinateur personnel des fonds peuvent être transférés d’un continent à l’autre et ensuite parce que l’argent liquide peut être stocké sur une smart card (porte monnaie électronique). L’argent est par conséquence immédiatement disponible à l’inverse d’une carte bancaire qui nécessite un distributeur. L’élimination de ce lien favorise également la confidentialité puisque par une simple opération commerciale impliquant une carte de crédit il est possible de répérer et de suivre l’itinéraire d’un individu. Cela offre d’immenses possiblités à des entreprises criminelles pour déplacer des sommes colossales. Ce problème s’accroit lorsqu’on associe à l’extrême perméabilité des banques offshore dont la législation bancaire des territoires où elles se trouvent est assouplie de façon à attirer les capitaux. Il convient de reprendre ici les analyses du professeur Jean Dupuy dans son article «Le dédoublement du monde» : «Nous assistons à l’émergence d’un monde dual. Au monde des États, système de légalité, se mêle un monde dont les acteurs sont des forces vives, portés par des flux transnationaux et animés du seul désir de l’efficacité. Ce second monde se distingue radicalement du premier : il est sans frontière ; il est hors la loi». On ne saurait souligner plus radicalement les difficultés de s’attaquer au trafic de drogues à travers la lutte contre le blanchiment.

Conclusion

On le sait les Etats-Unis viennent de perdre leur siège au sein de la direction de l’OICS, après avoir dû céder celui qu’ils occupaient au sein de la Commission des droits de l’Homme. Ce revers est probablement le résultat d’un conjonction d’intérêts divers. Mais un des motifs est certainement le vote de certains pays d’Amérique latine qui ont été toujours opposés au processus de « certification » de la part des Etats-Unis et qui ont reçu un important renfort avec l’élection en 2000 du Vicente Fox du Parti d’action national (PAN) à la présidence du Mexique. Bien que prôche des Etats-Unis, ce dernier la rejette et plaide haut et fort pour une révision des relations du Mexique et de l’Amérique latine avec les Etats-Unis sur le plan de la lutte anti-drogues.

D’autre part, des phénomènes ponctuels comme la quasi-disparition des productions d’opiacés en Afghanistan ou plus structurels, comme le développement de la production des drogues de synthèse dans les pays développés, vont enlever une partie des arguments des Etats-Unis dans leur croisade contre les pays producteurs. Sur le plan de la toxicomanie l’avancée des politiques de « réduction des risques », auxquelles s’est notamment ralliée la France depuis la fin des années 1990, au détriment des politiques en faveur de la politique américaine d’un « monde sans drogue », dont la Suède reste en Europe un des derniers tenants, est un autre signe de changement.

Mais les Etats-Unis conservent des alliés. Les trois grandes organisations onusiennes spécialisées dans la lutte contre les drogues appuient leur position : le PNUCID/ODDCP d’abord, nous l’avons dit, ainsi que l’Organe de contrôle international des drogues (OICS) dont la fonction est de veiller au respect de Conventions internationales (de 1964, 1971 et 1988) élaborées sous l’influence des Etats-Unis. Bien qu’ils puissent faire entendre leur voix au sein de ces organismes, c’est au niveau de la Commission des stupéfiants, expression directe de l’Assemblée générale des Nations unies, que les pays émergeants ou en voie de développement se font surtout entendre. Or ces pays sont sur des positions parfois plus extrêmes encore que celles des Etats-Unis tant au niveau des politiques nationales en matière de toxicomanie que sur le plan de la lutte internationale contre les drogues.

Cette attitude a plusieurs raison. Pour certains, elle découle du fait qu’il s’agit de sociétés non démocratiques – la Chine, la Malaisie, l’Arabie Saoudite ou l’Iran – qui punissent très sévèrement toutes les déviances visibles. Pour d’autres, il s’agit simplement de la conséquence de la fascination exercée par le « modèle américain » ou d’un opportunisme les poussant à rallier ce qui est perçu comme la position dominante parmi les pays riches. Une troisième catégorie vise, à travers des mesures punitives, dresser un rideau de fumée sur les trafics auxquels se livrent leurs élites. Ces pays traitent les consommateurs comme des délinquants, les petits trafiquants comme des criminels dangereux et sont prêts à appuyer toutes les croisades anti-drogues dans la mesure où ils n’en sont pas la cible.

Et cela d’autant plus que si les Européens se sont montrés aussi entreprenants dans le cas de la Colombie, c’est que ce pays fait partie du pré carré des Etats-Unis.

Mais en ce qui concerne par exemple l’Afrique, l’attitude des anciennes puissances coloniales – France, Royaume Uni, Espagne, Portugal – est loin d’être toujours aussi ferme avec certains gouvernement du continent impliqués dans les trafics. Pour ne pas parler de la complaisance dont elles font preuve à l’égard de centres de blanchiment comme Jersey pour le Royaume Uni ou Saint-Martin/Sint Marteen pour la France et les Pays-Bas.

Ces ambiguïtés et ces contradictions, non seulement sont un obstacle à la lutte contre la grande criminalité dans le domaine des stupéfiants, mais elles peuvent être elles-mêmes à l’origine de nouvelles menaces comme le suggère l’attitude des Etats-Unis dans le cas de la Colombie.

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FRANCE 🇫🇷 (Drogue) : tout ce qu’il faut savoir sur l’économie du narcotrafic

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COLOMBIE 🇨🇴 (station des garde-côtes de Coveñas) : l’Armada saisit 755 kilos de cocaïne prêts pour l’export

Au cours des dernières heures, la Marine colombienne a trouvé un centre de stockage de cocaïne du Clan del Golfo situé dans une zone de mangrove du village de San Francisco de Sicara, dans la municipalité de San Bernardo del Viento, Córdoba.

Sur place, ils ont trouvé 755 kilos de drogue prêts à être exportés.

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FRANCE 🇫🇷 (DNRED- CELTICS) : les moyens humains mis en œuvre sont-ils suffisants ?

Et ça continue….!

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En France, les contrôles aléatoires sont tellement rares que la sécurité est remise en cause et nos savants continuent de réfléchir et de se refiler le dossier de ministères en ministères puis de services en services pour savoir si l’on va équiper nos ports de systèmes performants de contrôles qui existent !

Que du bonheur pour les narcos qui savent pouvoir compter sur le pinaillage des administrations françaises pour les laisser continuer à exporter des cargaisons de drogues.

Le groupe américain ADVANCED WARNING SYSTEMS INC a proposé le dernier système de numérisation automatique IGRIS (INELASTIC GAMMA RAY IMAGING SYSTEM) utilisé par le Pentagone pour inspecter de près les marchandises et les conteneurs avec précision.

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BRÉSIL 🇧🇷 (port de Santos) : les douaniers saisissent plus de 320 kilos de cocaïne sur un navire marchand panaméen

Operação conjunta apreende mais de 300 kg de cocaína em navio no Porto de Santos, SP — Foto: Divulgação/Receita Federal

Plus de 320 kg de cocaïne ont été localisés et saisis sur un navire dans le port de Santos, sur la côte de São Paulo, ce vendredi 20 août. La drogue a été trouvée lors d’une opération déclenchée par la Douane brésilienne avec la participation de la police fédérale, la garde portuaire et la marine brésilienne.

 

Selon la Douane, plusieurs sacs de cocaïne ont été retrouvés sur un navire panaméen amarré au port de Santos. Les douanes de Santos ont indiqué qu’au départ, des fouilles avaient été effectuées dans la salle des machines et dans d’autres parties internes de la structure du navire. Après un travail minutieux des équipes, six sacs de cocaïne pesant 174,47 kg ont été localisés.

Des sacs contenant de la cocaïne étaient cachés dans le compartiment appelé « coffre de mer » et des plongeurs du groupe de patrouille navale sud-sud-est de la marine brésilienne ont été sollicités.

Après de nouvelles recherches, cinq autres sacs ont été trouvés, préparés et cachés dans ce compartiment pesant 154,48 kg, soit au total onze sacs de cocaïne et 328,95 kg.

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