Archives de la catégorie ‘BAN’

D’apprendre que désormais, les policiers et gendarmes seront protégés par le nouvel occupant de la place Bauveau me laisse songeur!

Alors que chaque journée, des milliers de propositions sont mises en ligne via les réseaux sociaux qui remplacent le Darkweb, Superman Darmanin qui est sur tous les fronts pour soutenir gendarmes, policiers et pompiers, promet des renforts, encore des renforts et quelques gadgets oubliant les douaniers. (Sûr, juré, dès que ces derniers seront rattachés à Beauvau, ils pourront eux aussi bénéficier de l’aile protectrice de l’archange Gérald Darmanin.)

En attendant, Olivier Dussopt fait la tournée des popotes avec la DG Braun-Lemaire en grand uniforme…alors que nos frontières sont des passoires.

-Rien de prévu pour renforcer les cyberservices en incapacité totale de stopper toutes ces propositions de livraison-vente d’armes, d’explosifs, de pédocriminalité et de stups via Twitter.

-Rien de prévu pour contrôler, vraiment contrôler, à l’arrivée, les conteneurs.

-Rien de prévu pour faire évoluer la politique répressive mise en avant qui ose prétendre qu’elle agit pour lutter contre la drogue et qui est un echec total.

Nos virtuoses flûtistes imaginent encore que la ligne Maginot était la ligne de défense absolue… jusqu’à l’extase de la défaite, ouvrant nos portes alors, à un autre envahisseur quelques années plus tard.

Serait-ce cela le génie français ?

 

0000

Pour les propositions de ventes mises en ligne, la loi est claire en France, c’est le job des réseaux sociaux que de contrôler et modérer …
La France ne peut prendre en charge celles mises en ligne en Thaïlande, en Amérique latine, etc….
Twitter a largement les moyens d’investir dans la modération.
C’est à lui de s’assurer que son outil est conforme à la législation

0000

Par Sabrina Fekih

Plusieurs polices européennes ont collaboré pour mettre la main sur des milliers de données criminelles récupérées sur EncroChat, un réseau de communication chiffré. L’investigation, révélée en fin de semaine, a permis près d’un millier d’arrestations.

Amorcée en 2017, l’enquête débute lorsque des smartphones Android utilisant le moyen de communication sécurisé « EncroChat » sont détectés. Rapidement les autorités françaises et néerlandaises appuyées par les agences de police Europol et Eurojust ont débuté des investigations techniques afin de comprendre le fonctionnement et l’étendue de l’utilisation de cette solution de communication.

Utilisé par plus de 60 000 utilisateurs, Encrochat fonctionne via des serveurs installés en France pour des utilisateurs éparpillés dans le monde entier. L’utilisation du service nécessitait un téléphone entièrement modifié pour être ensuite agrémenté d’une messagerie instantanée chiffrée.

LIRE

0000

Écoutez Crim’Sous Cric – La chronique de Crim’HALT, l’association qui démonte le crime organisé.

Crim’Sous Cric, le podcast radio mensuel sur le crime organisé proposé par l’association Crim’HALT. Chaque 1er samedi du mois, le podcast « La république inaltérable » du @MondeModerne

Pour écouter

0000

Dans le monde de la lutte internationale contre la criminalité, cette route est appelée Highway 10, référence à la dixième latitude, et c’est la route la plus courte de l’Amérique du Sud à l’Afrique de l’Ouest. Pendant des siècles, des millions d’esclaves ont été amenées en Amérique par cette route, maintenant ce sont des dizaines de tonnes de cocaïne qui partent dans la direction opposée chaque année.

La ‘Ndrangheta, entre autres, s’occupe ensuite d’assurer le transport d’Abidjan vers l’Italie et la Belgique.

Coupé décalé, sacs de coke échoués et mafia italienne, VICE s’est rendu en Côte d’Ivoire, plaque tournante du trafic de cocaïne.

Partie 1/5

« Il y avait des sacs remplis de coke sur toute la côte » : on a suivi la piste de la ‘Ndrangheta jusqu’au port de transit d’Abidjan, maillon indispensable du réseau de la mafia italienne.

Par Nicholas Ibekwe et Daan Bauwens

LIRE

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Partie 2/5

« La Guinée est devenue un État narcotrafiquant à part entière. Tout le budget de l’État, les salaires des ministres, de la police ; tout est payé par les chefs de la mafia colombienne. »

par Daan Bauwens et Nicholas Ibekwe

 LIRE

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Partie 3/5

« Le ministre de la Défense, le plus grand trafiquant de cocaïne ? Je le sais. Et tout le monde le sait. »

Par Nicholas Ibekwe et Daan Bauwens

LIRE

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
000000

Au total, plus de 100 tonnes de stupéfiants ont été saisis en France et en haute mer.

En baisse de 18%, le cannabis a fait l’objet de la majorité des saisies, avec 52,3 tonnes. En baisse également de 27,8%, les saisies de cocaïne se chiffrent quand même à 8,8 tonnes.

Pour Gérald Darmanin, c’est la faute à la création de l’OFAST…! Explication bizarre puisque l’OFAST n’est devenu opérationnel qu’au 1er janvier 2020!

Par contre, forte hausse des saisies de drogues de synthèse (+56%) et d’amphétamines (+400% sur un an).

A ces chiffres s’ajoutent 22,33 tonnes de saisies réalisées à l’étranger sur renseignement de la DNRED de la douane française.

La douane a aussi saisi 360,3 tonnes de tabac, soit 49% de plus que l’année précédente.

0000

0000000000000000000000000000000000

27 tonnes pour le Canada

Ricky Anthony Parsons, rentre au port de Clarenville-St Jones, au Nouveau Brunswick.  Son bateau, le « M/V Cutknife II » est chargé de vingt-sept tonnes de cannabis afghan qu’il a récupéré sur le supplyer  en eaux internationales. La Royal Canadian Mounted Police (RCMP)  saisit la cargaison.

5 tonnes pour l’Angleterre

Le 3 novembre, un bateau de pêche, le  » Schema  » est arraisonné par les douanes anglaises à Bideford, en Cornouailles. Il y a cinq tonnes de cannabis afghan à bord.

 

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Aviseur International

Eté 1993

ile-de-SocotraQuelques problèmes en mer d’Oman!

L’intervention américaine en Somalie perturbe les plans. Des avions de l’US Air force ne cessent de survoler la zone où le cannabis afghan enlevé dans la région de Gwadar, sur la côte ouest du Pakistan, devait être transféré à bord du Melor, entre l’extrême Est du Yémen et le Nord de l’île de Socotra.

Le cargo iranien qui avait chargé  dans le port pakistanais n’a pu attendre le Melor et a improvisé en transférant les trente-deux tonnes  à bord d’un discret boutre local qui attend sagement le navire Melor dans la zone de Obock, au nord-est de Djibouti, sans attirer l’attention des pilotes américains.

Obock.8

D’un saut d’avion, NS 55 va rejoindre l’équipage en escale à Djibouti avant l’opération de chargement, et s’assure que tout est en ordre.

Le transbordement  s’effectuera le 14 juillet  1993 sans problème.

MELORM/S Melor finançé à l’origine par la…

Voir l’article original 230 mots de plus

Arrêté du 20 septembre 2005 portant délégation de signature (direction générale des douanes et droits indirects) – Article 19

 

 » Délégation est donnée à M. Erwan Guilmin, administrateur civil et à Mme Elisabeth Melscoet , inspectrice principale des douanes, à l’effet de signer, au nom du ministre délégué au budget et à la réforme de l’Etat, porte-parole du Gouvernement, toutes pièces relatives aux affaires de la compétence du Conseil d’Etat, des cours administratives d’appel ou des tribunaux administratifs ainsi que tous documents comptables intéressant la direction générale des douanes et droits indirects. »

Le 30 juillet 2010, Erwan Guilmin a été le signataire au nom du Ministre du budget, d’un mémoire de onze pages destiné à transformer l’action menée par Marc Fievet, AKA NS 55 DNRED, pour permettre de rejeter sa demande d’indemnisation que ses avocats avaient déposée auprès du tribunal administratif.

Après vérifications faites auprès des douaniers du service opérationnel de la DNRED, Erwan Guilmin n’a jamais posé la moindre question concernant l’action de cet aviseur, pourtant considéré par le ministre Michel Charasse et par toute la hiérarchie douanière comme accomplissant une mission d’agent infiltré.

 

Christian Gatard, chef de l’échelon DNRED de Nantes écrira à Marc Fievet le 4 mars 2014:

« Comme je viens de te le dire par tel, j’ai lu ce mémoire dont je n’avais jamais entendu parler, ce qui veut dire que l’on ne m’a jamais consulté depuis mon départ à la retraite en 2006.
Je partage ton analyse globale: j’ai notamment noté que dès les premiers § il est écrit que tu as donné « quelques renseignements » ou quelque chose comme ça. Inutile de te préciser que ton rôle est largement sous estimé. »

Jean Henri Hoguet, (photo à gauche), patron de la DNRED, qui avait organisé le recrutement de Marc Fievet à Gibraltar, n’a jamais été contacté.

Est-ce à dire que l’administrateur civil Erwan Guilmin s’est autorisé à déformer la vérité des faits pour satisfaire les souhaits du directeur général de l’époque Jérôme Fournel (photo à droite)

Certes, la récompense est venue quelques années plus tard lorsqu’Erwan Guilmin a pris la direction de la DOD (Direction des opérations Douanières) à la suite de Vincent Sauvalere.

Comment puis-je aujourd’hui écrire ces quelques lignes ?

C’est qu’il s’avère en effet que l’énarque, administrateur civil, Erwan Guilmin est un faussaire, d’État certes, mais un faussaire quand même, puisque non content d’avoir faussé la totalité de l’action de Marc Fievet auprès de la DNRED, il a quelques années plus tard confirmé sa qualité de faussaire en étant confondu d’avoir modifier délibérément un document classé « Secret Défense » qui démontrait sa connaissance et sa participation à des faits habituellement reprochés aux escrocs internationaux et au monde du crime organisé. De caviardage tout simplement, l’énarque Erwan Guilmin s’est rendu coupable sur un document que l’on devrait considéré comme sacré puisque classé secret défense.

Pour Erwan Guilmin, tout va bien, Jérôme Fournel l’a reclassé à Bercy comme « Chargé de mission à la sous-direction des politiques sociales – Secrétariat général » au Ministère de l’économie et des finances et ce depuis janvier 2018, où il n’apparait jamais.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Thomas Charvet – Bruxelles

Conseiller Douanes – Contrôle et gestion du risque, accises et autres fiscalités, OMD), Union douanière GUD (législation, systèmes d’information, douane électronique, tarif douanier, accords internationaux, mouvements argent liquide, biens culturels

qui, au nom du ministre chargé des douanes, rédigea les 26 janvier 2012, 17 février 2012 et 30 spetembre 2013, trois réponses en défense pour le ministre du Budget sans se renseigner sur la réalité du dossier de Marc Fievet auprès des douaniers directeurs de la DNRED, Jean Henri Hoguet, Bernard Pouyanné, Jean Puons, Gérard Estavoyer, Jean Paul Garcia.

Document incomplet et arrangé, dans lequel les mensonges sont entremêlés savamment au milieu de vérités.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Elizabeth Melscoet de la DG de la Douane (DGDDI), au nom du ministre chargé des douanes, dans la limite de ses attributions, peut signer toutes pièces relatives aux affaires de la compétence du Conseil d’État, des cours administratives d’appel ou des tribunaux administratifs, tous documents comptables intéressant la direction générale des douanes et droits indirects, les pouvoirs de représentation en justice, les décisions relatives aux demandes de bénéfice de la protection fonctionnelle des agents de l’État ainsi que les habilitations des agents des douanes visées à l’article 64 du code des douanes, à l’article L. 38 du livre des procédures fiscales et à l’article 64 du code des douanes dans ses versions respectivement applicables à Saint-Pierre-et-Miquelon, à Wallis-et-Futuna, en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie…. ne posa aucune question aux douaniers directeurs de la DNRED, Jean Henri Hoguet, Bernard Pouyanné, Jean Puons, Gérard Estavoyer, Jean Paul Garcia, concernés par l’affaire de Marc Fievet, AKA NS 55, avant de rédiger le 21 mai 2015 une réponse incomplète, arrangée et mensongère au TA (Tribunal administratif).

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Michel Baron – administrateur des douanes, qui, au nom du ministre chargé des douanes, dans la limite de ses attributions, peut signer toutes pièces relatives aux affaires de la compétence du Conseil d’Etat, des cours administratives d’appel ou des tribunaux administratifs, tous documents comptables intéressant la direction générale des douanes et droits indirects, les pouvoirs de représentation en justice, les décisions relatives aux demandes de bénéfice de la protection fonctionnelle des agents de l’Etat ainsi que les habilitations des agents des douanes visées à l’article 64 du code des douanes, à l’article L. 38 du livre des procédures fiscales et à l’article 64 du code des douanes dans ses versions respectivement applicables à Saint-Pierre-et-Miquelon, à Wallis-et-Futuna, en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie…. ne posa aucune question aux douaniers directeurs de la DNRED, Jean Henri Hoguet, Bernard Pouyanné, Jean Puons, Gérard Estavoyer, Jean Paul Garcia, concernés par l’affaire de Marc Fievet, AKA NS 55, avant de rédiger le 19 janvier 2016 une réponse incomplète, arrangée et mensongère au TA (Tribunal administratif).

°°°°°°°°°°°°

A Bercy, l’administrateur civil voyou Erwan Guilmin, l’administrateur civil Thomas Charvet, l’administrateur des douanes Michel Baron comme Elizabeth Melscoet de la DG de la Douane (DGDDI), certainement des grands spécialistes des actions d’infiltration à l’international, ont réécrit l’histoire en interprétant les actions que Marc Fievet a menées pour le compte de la DNRED, dans le seul but de dégager la Douane Française et la DNRED de toutes responsabilités.

000000

Après la politique, le terrorisme.

John Short me l’a clairement indiqué: le Melor ne va pas faire du cabotage.

Mon gentil trafic entre le Maroc et l’Espagne, voire l’Italie, n’était que de l’artisanat à côté de ce que Short me laisse entrevoir. On ne parle plus de cannabis, ni de Tanger, mais de cocaïne et des Caraïbes, et je dois impérativement en tenir compte pour les travaux de mise à niveau de mon cargo. Celui-ci doit être absolument fiable, je ne peux m’aventurer en haute mer, pour de longues traversées, sans un maximum de sécurité. J’en parle longuement avec Ralf De Groot qui m’avertit que la sécurité et la belle mécanique ont un coût. Lorsqu’il me montre le calcul, le total me donne le vertige. J’en avise mon commanditaire anglais qui tousse un peu mais finit par se ranger à mes arguments et accepte de régler les factures. En bon commerçant, il comprend que la fiabilité du bateau rassure le client, convaincu que ses commandes arriveront à bon port.

Parkhave Rotterdam


Le principe de réparations et d’aménagements lourds est donc acquis, ce qui va m’obliger à rester à Rotterdam pendant deux mois et demi. Le Melor disposera d’une autonomie de soixante-dix jours de mer. Mais pour cela il faut installer de nouveaux réservoirs de fuel et donc, également, de nouvelles canalisations. Nous sommes loin du bricolage prévu au départ et cette nouvelle orientation n’échappe pas aux douaniers hollandais.Mon équipement de bord les avait déjà intrigués, voilà qu’ils s’interrogent maintenant sur mes aménagements et me demandent des comptes sur mes projets.Cette fois l’heure n’est plus aux civilités et je me fâche lorsqu’un officier de la Douane hollandaise vient à nouveau me poser des questions :-Ceci est mon bateau, j’en fais ce que je veux. Pour votre information, j’ai l’intention de commercer et de monter une affaire avec un pays d’Amérique centrale. J’aurai besoin de mon cargo pour transporter du matériel et des marchandises. Jusqu’à preuve du contraire ce n’est pas interdit et je suis bien aimable de vous en aviser. Le douanier grommelle quelques remarques que je n’écoute pas, puis rejoint le quai. Je sais fort bien qu’il ne va pas se contenter de ces explications et qu’il me demandera d’autres précisions. Je devrai les lui fournir et pour cela une évidence apparaît : je dois effectivement lancer un projet avec un pays d’Amérique centrale, ou, en tout cas, en donner l’impression.Je ne manque pas d’imagination et la démesure ne m’effraie pas. Je consulte un atlas et je décide tout à fait arbitrairement d’implanter une affaire sur la côte Atlantique du Guatemala. La base étant définie, j’opte pour la création d’un complexe hôtelier autour d’une marina. C’est ambitieux, mais seul un projet ambitieux peut motiver les autorités locales et les pousser à me fournir les cautions et les justifications que les douaniers vont me demander à coup sûr. Aidé par un juriste, j’échafaude mon projet avec le plus grand sérieux pour le rendre crédible, puis je prends contact avec l’attaché commercial de l’ambassade du Guatemala à Madrid. Un rendez-vous est fixé et je fais un aller-retour en Espagne pour peaufiner le projet et lui donner corps. Un lieu précis est déterminé : Puerto Barrios, qu’il faut aller reconnaître. Pour me justifier aux yeux des douanes, je dois aller jusqu’au bout de l’illusion et j’envoie à Guatemala City mon fils Laurent et un ami, cadre commercial, totalement étranger à tous trafics, rencontré à Gibraltar, qui parle parfaitement espagnol. Avant leur départ je les invite, bien sûr, à susciter et multiplier les actes écrits avec les autorités et les entreprises. Paré de ce côté, je dois maintenant m’occuper de l’autre volet de mes travaux sur le Melor : leur financement. Le chantier de Parkhaven m’a présenté une première facture que je dois régler et j’appelle mon caissier à Londres. John Short tient parole et m’invite aussitôt à le rejoindre au Croydon Palace Hôtel, juste en face de la Cour de Justice, dans la banlieue de Londres où il me remettra l’argent. Mais il s’inquiète :

-Comment comptes-tu sortir une telle somme en argent liquide d’Angleterre ?

-Je me débrouillerai, j’ai l’habitude. En fait d’habitude j’appelle aussitôt Gatard pour qu’il demande de l’aide à son homologue anglais. Il ne peut tout de même pas refuser. Quelques jours plus tard, je suis assez satisfait de passer devant les douaniers de l’aéroport d’Heathrow sous la discrète protection de John Hector, l’un des leurs, sans même leur montrer la moindre pièce d’identité. Je n’ai même pas cherché à dissimuler les liasses de livres sterling serrées dans une pochette en plastique au fond de mon sac de voyage, puisque pour plus de sûreté, c’est John Hector lui-même qui portait mon sac. Sous l’impulsion de Ralf, les travaux ne prennent pas de retard et je peux bientôt communiquer avec exactitude à John Short la date où le Melor sera prêt à appareiller. Il me donne alors plus de détails sur l’opération que je vais mener et, brusquement, je comprends pourquoi les Anglais s’intéressent tant à lui :-Marc, tu pars dès que le bateau est paré. Tu vas charger une tonne de cocaïne aux Caraïbes que tu livreras à des gens de l’IRA. C’est urgent, ils ont besoin d’argent, et moi aussi. Nous avons déjà perdu trop de temps. Je te préciserai le programme plus tard. Pour l’instant je peux juste te dire que tu déchargeras près d’Oban, en Écosse. Tu peux aller repérer les lieux et chercher le site qui te convient. Tiens-moi au courant. Je sens que Short ne tient pas à en dire plus pour le moment mais je l’interroge tout de même car l’information qu’il vient de me donner sans la moindre précaution me paraît énorme :

-John, l’IRA donne dans le trafic de drogue ?

Allons Marc, tu n’es pas naïf, ça coûte cher la clandestinité. A ton avis, ils vivent de quoi ? Des dons des militants ? Et les armes, les bombes, ça pousse dans les champs comme les salades ? Au revoir Marc, je te rappelle.

Après le GAL en Espagne, l’IRA en Irlande… Décidément les trafics de drogue ne profitent pas qu’aux dealers des banlieues et je me pose des questions sur la volonté de certains États d’y mettre un terme. Pour alimenter certaines caisses noires quoi de plus anonyme et discret qu’une livraison dans un charmant petit port ? Pas de paperasse, pas de trace, pas de TVA et le contribuable n’est même pas floué…En tout cas j’ai la certitude que je viens de franchir un palier. Je naviguais en eaux troubles, je plonge en eaux profondes.

Christian Gatard

Christian Gatard, le patron de la DNRED de Nantes émet un long sifflement lorsque je lui révèle mon information:

C’était donc ça, les British se doutaient que par Bob Mills, puis John Short, ils allaient remonter jusqu’à l’IRA. Je comprends mieux, il ne s’agit plus seulement de saisir des stups mais surtout de coincer salement des indépendantistes irlandais. C’est une toute autre dimension.

Bobby Mills

Avec Christian je ne cherche pas à jouer l’oisillon tombé du nid: depuis le temps, je suppose quand même que les flics anglais se doutent bien que l’IRA ne vit pas d’oboles ?

C’est certain. Tu vois bien qu’ils ne pistaient pas Mills par hasard. Mais, entre savoir et prouver, il y a un grand vide juridique.

Je constate encore que tous les mouvements clandestins du monde, qu’ils soient de droite ou de gauche, n’existent que par les trafics, mais que le lien entre la drogue et le financement du mouvement n’est jamais évident, sans compter que, bien souvent, la politique vient encore compliquer les choses. Même très riches, les États n’aiment pas mettre la main à la poche, alors, si leurs protégés peuvent subvenir à leurs besoins, ils ferment pudiquement les yeux sur les méthodes et, éventuellement, donnent même un petit coup de pouce. Ce qui ne les empêche pas, parallèlement, d’engloutir des sommes colossales dans la lutte contre les trafics à grand renfort de beaux discours et de bonnes intentions.Tous les policiers, tous les douaniers du monde sont d’accord sur ce point, ce qui ne les empêche pas de traquer les trafiquants pour la plupart d’entre eux avec pugnacité, conviction, voire avec courage, ce qui est d’autant plus admirable. Pour l’heure c’est ce que font les douaniers de Nantes et ceux de Londres, les HM Customs excise officers.

George Atkinson

En apprenant que je vais livrer pour l’IRA, le contrôleur George Atkinson s’autorise une sorte de glapissement qui doit traduire chez lui une intense euphorie, et propose immédiatement de mettre l’un de ses hommes à ma disposition pour aller repérer les lieux de la livraison.

Un rendez-vous est prévu à l’ambassade de France, dans le bureau de l’attaché des Douanes, Marc Lerestre, pour monter l’opération. Nicole, la secrétaire de la DNRED de Nantes m’y accompagne pour représenter le service et ramener quelques documents confidentiels que Lerestre doit lui remettre. Il fait gris et il pleut

lorsque nous arrivons devant le King’s Gate House, 115 High Holborne, annexe de l’ambassade de France. Dans le hall, Marc Lerestre discute déjà avec un officier des Douanes anglais, John Hector. C’est lui qui va nous accompagner en Écosse. Les présentations effectuées, nous montons dans le bureau de l’attaché des Douanes qui a déjà étalé une carte des côtes écossaises sur une table ronde. John Hector pointe tout de suite son doigt sur le golfe de Murray, à l’ouest, et le canal Calédonien qui relie la côte ouest à la côte est de l’Ecosse. C’est dans cette zone que l’on m’a demandé de livrer et c’est donc là où nous allons nous rendre demain. Je loue une voiture à mon nom à l’aéroport de Glasgow et j’inscris John Hector comme conducteur parce que je n’ai pas l’habitude de la conduite à gauche. Un tout petit détail qui me lie par contrat aux douanes anglaises et scelle notre coopération.

King’s Gate House, 115 High Holborne

Pour mes trois compagnons de voyage, notre séjour écossais se transforme bien vite en circuit touristique. Ne connaissant rien aux manœuvres que je vais avoir à exécuter, ils ne me sont d’aucune utilité. Aussi, la plupart du temps, je leur laisse la voiture, préférant prospecter les ports et longer les côtes seul et à pied.

Nous restons trois jours sur le secteur et je fixe mon choix sur un tout petit port assez isolé, près d’Oban, face auquel je pourrai mouiller sans trop attirer l’attention. Un Zodiac viendra prendre la marchandise et la mènera jusqu’à un camion garé le long du canal Calédonien. La suite ne me regarde plus, elle concerne John Hector qui m’assure que son service n’a encore rien prévu. Le repérage est terminé, je rentre à Rotterdam.

Pas pour longtemps. Je reçois très vite un appel téléphonique de John Short. Je dois partir à Dublin


immédiatement et prendre une chambre dans un hôtel dont il me donne le nom. Puis il m’indique un jour, et l’heure exacte à laquelle je devrai me trouver au bar de cet hôtel. C’est concis. Au jour dit, à l’heure dite, je suis à mon poste. J’ai repéré le téléphone posé au bout d’un assez joli bar en bois et je me suis installé à la table la plus proche en commandant une « lager beer ». Cet instant m’excite, mais en même temps je pense que tout cela n’est qu’un jeu. Ce téléphone que je fixe intensément ne peut pas sonner, on ne voit cela que dans les films…Et pourtant il sonne. Incrédule, je refuse de regarder le barman, qui fait répéter un nom pour la troisième fois, et j’accroche mon regard sur le programme d’un singing-pub affiché en face de moi entre un jeu de fléchettes et une vieille publicité pour la Pelforth.

– Mister Fiévet ?

000000

UNODC
Alijo de cocaína
27 Febrero 2020

Un nuevo informe sobre el estado de los estupefacientes en la región revela cómo los máximos históricos de narcotráfico van de la mano con el aumento de la violencia, los esfuerzos por acabar con esta lacra y los desafíos que supone a nivel mundial, entre ellos el uso del lado oscuro de internet, a través de la llamada red oscura o dark web.

El cultivo de cocaína en América del Sur se ha duplicado entre 2013 y 2017, al tiempo que la violencia vinculada a la droga ha aumentado, especialmente en Brasil, Colombia y Venezuela, país este último en el que ha aparecido una nueva red informa de narcotráfico conocida como el Cartel de los Soles”, según revela el último informe 2019 de la Junta Internacional de Fiscalización de Estupefacientes.

La superficie total destinada al cultivo ilícito de la planta de coca en América del Sur creció de las 120.600 hectáreas en 2013 a un récord histórico de 245.000 en 2017.

Al mismo tiempo, el estudio estima que la fabricación ilegal mundial de cocaína también alcanzó un nuevo máximo histórico de 1976 toneladas en 2017, impulsada principalmente por el aumento de la fabricación de cocaína en Colombia.

Pese a la disminución del 1,2% del cultivo ilícito de la planta de coca en Colombia, Luis Alberto Otárola, miembro de la Junta de la Junta definió este problema como “muy complejo y grave”.

“No olvidemos que América del Sur es responsable de la producción total de la hoja de coca, pasta base y clorhidrato de cocaína en todo el mundo. Toda la red y las mafias que se originan para trasladar este producto a Europa y, sobre todo a América del Norte ha corrompido a funcionarios y está implicada con la poca predisposición para combatir esta situación en sistemas corruptos”.

Además, ha creado una economía ilegal que se enfrenta a dos problemas.

“Uno, existe una sofisticación en el envío de estos productos, recordemos las incautaciones que se han realizado de minisubmarinos que utiliza el narcotráfico, se han detectado avionetas que van a África, avionetas que permanentemente hacen una ruta del norte de Sudamérica hacia Honduras y El Salvador y de ahí a América del Norte; y también los problemas de violencia social que esto genera. En el informe confirmamos que el 33% de los homicidios mundiales ocurren en América Latina y el Caribe, lo que la convierte en una de las regiones más violentas del mundo”.

El estudio indica que en el Brasil, Colombia y Venezuela la tasa de homicidios es superior a la media regional de 22 por 100.000.

Hay que mejorar la coordinación ente países

Otárola destacó que trabajan codo a codo con los Gobiernos para tratar de apoyarlos en los grandes esfuerzos que la Junta, conocida por sus siglas como JIFE, ha detectado para enfrentar este tema.

“La gran preocupación que tiene JIFE en estos momentos es el crecimiento en la superficie de coca ilegal en los países de la región andina. ¿Por qué? Porque también se ha incrementado la producción potencial de cocaína a un récord histórico de casi 2000 toneladas, según nuestras mediciones”.

Destacó que estas aproximadamente 2000 toneladas se reparten al resto del mundo creando un serio problema internacional.

“Lo que nosotros creemos es que los países también tienen en este momento que mejorar la coordinación y la medición. Hay un país de la región andina que no está midiendo la superficie ilegal de coca generando algunos problemas para elaborar un informe conjunto sobre la región andina. Pero en la perspectiva que hemos trabajado recomendamos que se retome la iniciativa y el modelo de desarrollo alternativo, integral y sostenible que en el caso de Perú ha funcionado muy bien en los últimos años y que tiene que replicarse en las regiones de Sudamérica”.

JIFE
Luis Otárola Peñaranda, abogado miembro de la Junta Internacional de Fiscalización de Drogas.

Las rutas de la cocaína

La gran mayoría de estas 2000 toneladas va del mercado colombiano hacia los Estados Unidos donde se detectó una alta pureza de la cocaína, con el consiguiente aumento de los precios y un rebrote del consumo debido a su alta sofisticación.

Otra gran parte se destina al mercado europeo a través de los puertos africanos o directamente a los muelles del viejo continente, principalmente en Holanda y España.

“Y de la cocaína que sale de Perú y baja desde Colombia por el río Amazonas también se proyectan como países de tránsito por Guyana y Venezuela. También tenemos datos que estaría saliendo ingentes cantidades de este producto hacia Europa por esta ruta: Brasil, Guyana, Venezuela”.

Según el experto, los mayores envíos se producen por vía marítima adheridos a mercancías aparentemente lícitas ya que es más barato.

Venezuela y el “Cartel de los soles”

El informe señala que “en los últimos años, los grupos delictivos organizados han transportado grandes cantidades de drogas ilícitas a Europa y los Estados Unidos desde Colombia, pasando por la República Bolivariana de Venezuela”.

Para controlar ese tráfico, según el documento, en particular el de cocaína a través de Centroamérica con destino a los Estados Unidos, los grupos delictivos organizados controlan los puertos marítimos y utilizan aeronaves ligeras, con las que realizan vuelos ilegales.

A continuación, revela que “hay indicios de que, en la República Bolivariana de Venezuela, los grupos delictivos han logrado infiltrarse en las fuerzas de seguridad gubernamentales y han creado una red informal conocida como el ‘Cártel de los Soles’ para facilitar la entrada y salida de drogas ilegales”.

A este respecto, Otárola indicó que las fuentes de la Junta son “confiables y verificadas”.

“Es uno de los casi 900 párrafos de nuestro informe en el que, efectivamente, se recoge el problema de tránsito en Venezuela y la probable infiltración de una red informal en los sistemas de seguridad. Eso es lo que ha informado la JIFE. Se lo ha alertado también a los Estados que guardan relación con este tema y lo que nosotros conversamos con los Estados es una cooperación reservada”.

El experto indicó que, antes de su publicación comparten el informe con todos los Estados y, posteriormente , se producen reuniones bilaterales con muchos de ellos donde trabajan para mejorar algunos temas detectados en sus estudios anuales.

“Con Venezuela hubo una reunión en Viena y esa reunión la JIFE la mantiene en reserva porque solo es de interés para los Estados y nuestra institución”, dijo.

El problema de las pandillas en América central

En América Central y el Caribe, la JIFE observa dos problemas concretos: que forma parte de una zona de tránsito, en especial de cocaína en dirección a los Estados Unidos y la carencia de una estructura de programas de atención de los grupos delictivos organizados, como las bandas locales.

“Las pandillas locales y los grupos delictivos siguen explotando la subregión de Centroamérica y el Caribe como zona de tránsito y, dado que el tráfico de cocaína sigue siendo la fuente de ingresos más lucrativa, se intensifica la competencia, sobre todo en los segmentos jóvenes, para controlar los mercados y para incentivar el consumo de otras sustancias como los opioides y las drogas duras”.

Sin embargo, indicó que la noticia alentadora de la subregión fueron las grandes incautaciones de cocaína en Costa Rica o Panamá, o las más de 13 toneladas aprendidas en El Salvador en 2018, cuando se produjo la mayor confiscación subregional.

Por otro lado, el estudio señala que la mayoría de los países de la región de Centroamérica y el Caribe no recopilan sistemáticamente datos sobre el consumo de drogas ni sobre la disponibilidad de sustancias fiscalizadas para fines médicos y que es necesario que establezcan sistemas y procesos para hacerlo.

El especialista indicó que la JIFE trabaja básicamente con fuentes oficiales de los Estados y con instituciones dedicadas al estudio de fiscalización de estupefacientes.

“En América Central, efectivamente, no se ha podido contactar con cifras oficiales. Existe un desfase en cuanto a la información o no está actualizada o no ha sido trabajada adecuadamente”.

Aclaró que hay un esfuerzo de la Comisión Interamericana para el Control del Abuso de Drogas de la Organización de los Estados Americanos (CICAD) “por articular los observatorios de drogas de América Central y el Caribe”, pero que la información sobre este tema es limitada y no está estandarizada a nivel regional.

Otros datos destacados fueron:

  • El consumo de opioides con fines médicos y el de sustancias sicotrópicas
    continúan siendo bajos en la mayoría de los países de Centroamérica
  • El consumo de drogas, en particular de cannabis, parece incrementarse en todos los países de la región
  • La mayoría de los países de Centroamérica y el Caribe no recopilan sistemáticamente datos sobre el consumo de drogas ni sobre la disponibilidad de sustancias fiscalizadas para fines médicos. Se destaca la necesidad de establecer sistemas y procesos para captar datos

La crisis de los opioides en América del Norte

Pese a la ligera disminución del número total de muertes por sobredosis registrada en los Estados Unidos en 2018, la crisis de los opioides de América del Norte sigue siendo motivo de preocupación.

Aunque durante 2018 las muertes relacionadas con los opioides sintéticos, como el fentanilo, aumentaron; las relacionadas con los opioides semisintéticos, como la oxicodona, disminuyeron.

Además, el informe indica que tanto en Estados Unidos como en Canadá la heroína es fácil de obtener y que aumentó el número de organizaciones delictivas involucradas en el mercado ilícito de esta sustancia.

Asimismo, aumentó la disponibilidad y demanda de cocaína en Estados Unidos y Canadá.

La red oscura y el tráfico de drogas, un futuro problema mundial

En América del Norte, el tráfico de drogas en línea a través de redes anónimas sigue agravando las crisis de uso indebido de drogas y sobredosis.

Otárola destacó que hay una red internacional de tráfico de drogas que viene usando la Red Oscura (Dark web) donde las grandes corporaciones del narcotráfico internacional “minimizan la seguridad” para el tráfico y han conseguido hacer “más eficiente” la llegada del producto y “la penalización del traslado de este”.

“Cada día se pueden inventar hasta uno o dos sustancias distintas. Las legislaciones de los Estados no son lo suficientemente rápidas como para ingresar a las listas prohibidas o controladas de diversas sustancias (…) en ese contexto, las criptomonedas vienen circulando en estas redes oscuras y hace muy difícil la persecución judicial de tráfico de drogas”.

La JIFE destaca en su informe que las autoridades estadounidenses han creado un Equipo Conjunto de Control de Venta de Opioides en la Web Oscura “en las que se persigue el delito, pero también las cuentas de internet de estos traficantes que requiere una especialización de la policía”.

Otárola indicó que es un delito que cuenta con dos características específicas: es transnacional y que, por su propia naturaleza, tiene mucha facilidad para evadir los controles policiales de los Estados.

“Creemos que en los próximos años esto se podría convertir en un problema mundial, si es que no se establecen las estrategias y la cooperación internacional para tener una visión común y una capacitación a las autoridades policiales de los países que sufren este problema”.

Otros aspectos destacados en América del Norte:

  • El Plan Nacional de Desarrollo de México 2019–2024 prevé una reforma de las políticas en materia de drogas y la ampliación del tratamiento de la drogadicción.
  • Los grupos delictivos organizados de México también podrían haber encontrado un nuevo método para sintetizar metanfetamina a partir de sustancias químicas no fiscalizadas.
  • Las medidas de legalización y despenalización del cannabis se extienden por América del Norte.

fuente

0000000

Michel Charasse vient de mourir, et nous allons être inondés de commentaires dithyrambiques sur ce grand homme d’État…qui fuyait Marc Fievet.

A croire que son échec judiciaire lorsqu’il avait poursuivi Marc Fievet pour diffamation lui restait en travers de la gorge. En première instance comme en appel, il avait perdu!

Lors de la dernière rencontre dans le canton de Puy Guillaume avec Michel Charasse

La dernière interpellation écrite que je lui avais adressée concernait les dérapages de la DNRED et en particulier ceux d’Erwan Guilmin de la DOD, restée sans réponse.

Mais que de souvenirs… de ce ministre couillu, utilisant parfois des méthodes peu conventionnelles pour la clique d’énarques qui l’entourait à Bercy. Il arrivait même à choquer son Directeur Général de la Douane Jean Dominique Comolli, qui n’est pourtant pas un enfant de chœur.

En vrac:

Il n’hésita pas à menacer de faire cimenter les portes et fenêtres du directeur du trésor à qui il réclamait des cartes « American express » pour les agents des douanes qui infiltraient des réseaux de trafiquants de drogue..et qui disait que cela était impossible. Michel Charasse obtint ces fameuses cartes de crédit sous 48 heures!

-D’accord pour rencontrer régulièrement Marc Fievet dans son bureau à Bercy, très souvent en tête à tête et parfois en compagnie de Jean Domique Comolli, le Dg de la Douane, ou, et de Christian Gatard de la DNRED.

-D’accord pour monter un service parallèle d’agents infiltrés en recrutant dans le service de la DNRED pour une période d’infiltration ne pouvant dépasser 24 mois avec, à la sortie une prime de 2 millions de francs 1990, bloquée dés le départ à la caisse des dépôts. L’indien, surnom donné par Jean Henri Hoguet pour Comolli, s’y opposa farouchement.

-D’accord pour demander à Jean Dominique Comolli, qui faisait toujours la gueule quand il voyait Fievet, de bien vouloir le recevoir à l’Hôtel de Montalembert pour une réunion de travail avec le boss de la DNRED Jean Henri Hoguet et Christian Gatard

-D’accord pour laisser poursuivre la procédure contre François Sagan qui recevait quantité de cocaïne par courrier. L’affaire fut pourtant classée par un procureur aux ordres de Tonton!

-D’accord pour financer 50 % d’un restaurant, « le Saint Georges », à Estepona en Espagne pour NS 55 (Marc Fievet) qui avait sa base vie en Andalousie.

D’accord pour rendre visite à Marc Fievet à Marbella, à l’hotel ‘Puente Romano’ situé à San Pedro de Alcantara!

D’accord pour que la Douane française indemnise Marc Fievet à qui il avait donné ordre de se débarrasser du motor yacht ‘Windarra’, rebaptisé ‘Tancrède’ suite à l’opération de Lyon. La Douane française n’a jamais indemnisé Marc Fievet pour la perte enregistrée s’élevant à 1 million 800.000 francs en 1991 (300.000 euros).

-D’accord pour financer à 50 % le cargo ‘Melor’ en association avec John Short, un narcotrafiquant anglais. Les fonds, directement sortis du Trésor, furent apportés à Fievet au Novotel d’Anvers par les douaniers Lesquert et Capitaine.

-D’accord, pour suggérer et demander à Marc Fievet d’envisager de créer une banque à Zagreb, en Croatie, pour mieux connaitre les différentes voies impénétrables du blanchiment à l’international.

Et pourtant, et pourtant, lorsque Michel Charasse quitta Bercy, aucune consigne ne fut donnée à son successeur pour quelques mois Martin Malvy, ni à son successeur Nicolas Sarkozy.

Au contraire, ces ministres interdirent toutes actions d’infiltration en commençant par interdire aux fonctionnaires de se déplacer à l’étranger sans une demande préalable. Pour les agents infiltrés fonctionnaires, on les retira du circuit en les mutant très souvent dans les DOM-TOM.

Pour Marc Fievet, on le laissa continuer son infiltration dans l’organisation Locatelli sans prendre en compte les dangers réels qu’il encourait.

Qu’il repose en paix sachant qu’il aura pour l’éternité, l’étiquette du ministre qui a lamentablement lâché un de ses collaborateurs, après l’avoir envoyé infiltrer les réseaux de narcotrafic des seigneurs colombiens et européens de la drogue.

0000000000000000000000000000

 

0000

Des voyages incessants qui parfois ne se passent pas tout à fait comme prévu.

Par bateau aussi, la drogue parvient en Europe, en effet.  Avec parfois quelques déboires pour les trafiquants, dont celui arrivé en juin 2017 à un voilier, au large de Mimizan.

Cela démarre par cette photo, celle de paquets de cocaïne échoués sur la plage…. et une histoire qui ne manque pas de sel, racontée ici dans le JDD du 18 juillet 2017 : « Tout démarre par une annonce de location estivale postée sur le site du Bon Coin. Elle a été mise en ligne par une habitante de la région qui exerce la profession de… gardienne de prison. Ce qui explique sans doute sa réaction au téléphone. « Je ne parlerai à aucun journaliste », gronde-t-elle avant de raccrocher au nez du JDD. Et pour cause : à son insu, sa résidence secondaire a servi de base logistique pour le stockage de centaines de kilos de cocaïne. La réservation, passée selon nos informations par un Allemand sous le nom vraisemblablement fantaisiste de « Bosch », devait héberger les trafiquants de début juin à fin août. Un choix qui ne doit rien au hasard : une propriété reculée, à l’abri des regards, posée sur un terrain sec en périphérie du village d’Escource. Sur le ponton du port de plaisance de Mimizan, un pêcheur local assure, en revanche, avoir bien vu deux 4×4 mettre à l’eau deux ­bateaux pneumatiques le 19 juin au soir. Il faudra attendre l’aurore pour retrouver leur sillage, grâce à un autre pêcheur qui signale vers 6 heures du matin deux bateaux pneumatiques en difficulté avec un homme à la mer. Le temps que les secours arrivent, tout le monde a pu rejoindre le rivage. Fin de l’épisode ? Non. Vers 10h30, alors que la mairie a dépêché une pelleteuse pour désensabler un des canots, ce sont des agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) qui sont alertés de la présence de plusieurs véhicules manœuvrant sur des pistes interdites à la circulation. Des adeptes du camping sauvage ou d’une rave party en préparation ? Le contrôle se solde par une vérification d’identité avant que, depuis les dunes, les agents découvrent à la jumelle cinq hommes en train de rassembler 44 ballots de coke. Cette fois, la gendarmerie intervient. D’abord sur la plage » (ici à droite un voilier abandonné depuis plusieurs années sur cette même plage). « Puis dans la villa d’Escource, où 199 kg de cocaïne sont également saisis. Les restes d’un précédent débarquement ? « Des analyses sont en cours », répond prudemment au JDD Marie-Madeleine Alliot, procureur de la République de Bordeaux. Curieusement, aucune arme n’a été retrouvée, malgré une cargaison estimée à plus de 150 millions d’euros. Du sable d’une plage landaise aux rivages d’Amérique du Sud, en passant par les circuits financiers internationaux, c’est à une enquête planétaire que s’attellent gendarmes et policiers français. Des investigations ont déjà été lancées vers l’Espagne, l’Allemagne, la Grèce mais aussi auprès de tous les partenaires, américains compris, en prise sur la zone Caraïbes. Quant aux 12 membres de la « Greek connection » de Mimizan, ils ont été éparpillés dans toutes les prisons du Sud-Ouest. Dont celle où travaille la propriétaire de la villa d’Escource ».  

Pour passer inaperçus (ce qui avait raté, donc), les malfaiteurs venus en fait attendre la livraison de cocaïne par voilier avaient raconté à la propriétaire qu’ils « venaient tourner un film sur place » : « dans le secteur, l’arrivée du groupe n’est toutefois pas passée inaperçue. « Surtout avec trois gros 4×4 immatriculés outre-Rhin qui remorquent deux gros bateaux pneumatiques ! », souligne le propriétaire d’une maison voisine. Pendant trois semaines, les trafiquants jouent aux touristes. Le soir, ils n’hésitent pas à sortir le barbecue et à prendre l’apéro. Ils endorment les questions avec une couverture insolite. « Ils se faisaient passer pour des cinéastes en vacances ! », assurent des riverains encore bouche bée. Une voisine se souvient d’un jeune homme en short de bain venu demander une pelle ». Elle explique : «  avec le poids du bateau pneumatique, ils avaient ensablé un de leurs 4×4. On s’enlise facilement par ici… ».  Le sable et les baïnes, deux pièges que ne connaissaient donc pas les apprentis malfaiteurs… visiblement fort peu au courant des dangers sur les plages du Sud-Ouest !!! On peut être trafiquant et ignorer la géographie ou les courants marins. Voilà donc où on était resté, pendant trois longues années… et puis….

Un organisateur… argentin

L’enquête a rebondi trois ans après avec la découverte de l’organisateur de l’affaire « un argentin de 43 ans (il est né le 22 juin 1976) a été arrêté ce week-end dans la ville de Rosario (Argentine). Luciano Eugenio Conocchiari Scherer (ici à gauche accroché au mât de son bateau) est soupçonné d’avoir joué un rôle de logisticien dans l’acheminement par voilier de près de deux tonnes de cocaïne sur le littoral landais ». « La drogue, embarquée dans les Caraïbes, avait voyagé par voiliers. Le nom d’un bateau, battant pavillon américain, l’Island Time, a rapidement attiré l’attention (1). Mais c’est un autre voilier, saisi en Espagne, le « Ayane », qui a conduit à son propriétaire en Argentine. C’est près du domicile de sa mère à Rosario, selon la presse argentine, que La División Investigación Federal de Fugitivos y Extradiciones de la Policía Federal Argentina (PFA) a retrouvé la trace de Luciano Eugenio Conocchiari ». L’homme avait en effet affrété le bateau lui appartenant, l’« Ayane » de 14 mètres de long pour transporter la coke jusque d’abord Getxo, sur la côte espagnole à quelques encablures de Bilbao (à 12 km, d’ici décrit par le marin bloggeur Phil Winch qui navigue sur le Dark Tarn,).  C’est en tentant de transférer les balles de cocaïne dans les deux Zodiacs au large de Mimizan que la houle avait piégé ces deux embarcations de transfert, répandant en mer pour l’une d’entre elles les ballots qui avaient ensuite dérivé. L’homme s’était un peu trahi lui-même explique Tech2.;org « La détention de Conocchiari, qui figurait dans les réseaux comme un traducteur d’anglais, possédant une société de développement de logiciels et un entrepreneur agricole, a eu lieu au centre de Rosario, à quatre pâtés de maisons des tribunaux fédéraux, dans laquelle leur procédure de situation sera définie. Lucho qui, par le biais de ses réseaux sociaux, avait l’habitude de montrer ses voyages à travers le monde, souvent à bord d’un voilier, a déclaré, dans son profil professionnel en ligne après, avoir travaillé à la Bourse. Rosario exerçait des activités agricoles, ses racines familiales depuis une décennie. En outre, en 2010, il a développé une plate-forme Web (« Bochos S.R.L »),une entreprise créée en fait en 2011 avec un capital de 60 000 pesos) et une application Facebook pour étudier dans le cadre d’un projet d’éducation en ligne à Barcelone. Cependant, il n’y a actuellement aucune trace dans ses projets. Ils l’ont arrêté à Rosario pur un trafic de drogue en France. Luciano Conocchiari était recherché par Interpol depuis 2017 ». Quant à savoir quel voilier il pilotait, on penche pour un bel engin à pont de teck, mais plutôt vieilli : un Halberg Rassy (la firme a travaillé avec l’argentin Herman Frers).

Le défilé des saisies : beaucoup de marins anglais, irlandais, gallois ou néerlandais (2)

Le 6 septembre dernier, on apprenait qu’un yacht anglais appelé « Bold «   (« l’audacieux ! » en anglais, quelle ironie !) avait été arrêté quelques jours auparavant par la douane anglaise. La police était sur la piste de ses propriétaires, repérés depuis 2018 à Majorque, là où le voilier avait été acheté.  Après la visite d’Huleva en Andalousie, le navire s’était rendu à Ténérife, où on lui avait enlevé son immatriculation d’origine, pour s’embarquer direction le Suriname, puis faire le retour direct vers l’Angleterre et se faire pincer bien sûr au large du Pays de Galles avec à bord 750 kilos de cocaïne : ceux-là, ils n’étant pas allés au Suriname pour ramener des perroquets ou des fruits exotiques !  Les six occupants du bateau, dont une femmes, étaient des Gallois.  En fait il y a confusion sur le nom du bateau…

°°°°°°°°°°°°°°°°

HMC Protector

 

Le 28 août, c’était l’Atrevido et non le « Bold »  en effet (ici à droite), avec 750 kilos de coke (on pensait 250 seulement au départ) qui avait été ramené dans le port gallois de Fishguard par le HMC Protector.

A bord deux hommes et des complices retrouvés à Liverpool et Loughborough.

Le bateau est un Beneteau 50 (de 14,7 pieds).

 

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

le PETREL I

Le 2 septembre, c’est aux Canaries que l’on amène un voilier appelé Seascape (ici à gauche) placé sous la surveillance du navire espagnol  Petrel I de 72,5 m de long.

Le trio de trafiquants à bord vaut le détour : il est composé d’un serbe, d’un russe  et d’un mexicain, chargés du transport de 800 kilos de cocaîne !!!  Le voilier avait été observé et suivi à partir du le 24 août, à environ 200 miles au sud-ouest des îles Açores.  Lors d’un passage d’avion au-dessus de lui, au cours de la manoeuvre d’approche, aucun drapeau n’avait été brandi par l’équipage, ni aucun autre signe pouvant indiquer clairement la nationalité du navire.  Il présentera pourtant lors de son arrestation « un certificat d’enregistrement des États-Unis d’Amérique » indique le communiqué.

Le 21 août, c’est à Ibiza, haut lieu du tourisme (mais aussi de la coke et de la jet set fortunée) que se fait une autre  découverte lors d’une opération appelée « haircut » ...  il y a cette fois 300 kilos de coke, interceptés sur un drôle de bateau entre entre Majorque et Eivissa.  Là encore, les trafiquants étaient sous surveillance depuis au mois un an: « les enquêteurs  du SVA (le service de surveillance des douanes espagnol) ont concentré leurs recherches sur un groupe de trafiquants néerlandais qui utilisaient Majorque comme centre logistique. Les recherches ont mis en évidence le fait qu’ils introduisaient d’énormes quantités de cocaïne de Colombie en Europe. Ils l’ont fait par le biais d’un yacht de luxe basé à Port Adriano, qu’ils avaient l’habitude de collecter la drogue en haute mer et de la transporter dans des ports de la péninsule. » En fait de « yacht de luxe », c’est l’HCH-X, appelé auparavant le Lady Esther, et qui ne ressemble pas vraiment à un yacht ordinaire et moderne à moteur.  C’est un engin gris et blanc de 28,5 mètres de long en acier, construit en …1973, en Louisiane, par Halter Marine…(3) un fabricant de remorqueurs ou de bateau d’assistance pétrolière  (comme on peut le voir dans cette publicité d’époque ici à droite) !!!  Refait entièrement en 1994, il avait été proposé à la vente en Allemagne à 780 000 euros.  Parmi l’équipage il y a un allemand et quatre hollandais, le bateau battant pavillon de Gibraltar.

Fait notable, ses réservoirs d’eau peuvent stocker environ 75 700 litres d’eau douce, et il contient  75 700 litres de diesel dans ses réservoirs de carburant,  » ce qui lui permet de faire l’aller-retour entre Hambourg en Allemagne et New York (à la vitesse de 12 nœuds, grâce à ses deux moteurs Detroit Diesel de 557 hp), et de revenir avec un réservoir de carburant » indiquait son annonce de vente. A-t-il effectué un trajet vers les Caraïbes, on l’ignore… (il semblait plutôt hanter tranquillement l’Elbe et approvisionner le cœur de l’Allemagne, donc, et Hambourg en priorité, mais il remonte en Tchéquie, ne l’oublions pas !).  A noter que l’on en vend un, d’Halter Marine, mais de plus grande taille, en ce moment même en Polynésie française, mais à un tout autre tarif (c’est le Suri):

Du haschisch aussi…

Il n’y a pas que de la coke, dans les voiliers.  Le 19 mai, l’Opération Libeccio menée par les policiers italiens à partir de Palerme, aidés par le groupe aéronaval de Messine en collaboration internationale avec les autorités françaises et turques arrête un voilier turc, le « Solen 1 », un sloop de 42 pieds.  Il emportait 5,5 tonnes de hash et venait de Sardaigne après une halte… dans le golfe d’Oran (cf ici à droite) !

Le 23 avril 2019, on reparle de Malaga, avec des images d’un ketch parti en direction des Baléares, arraisonné par deux embarcations souples tournant autour de lui.  L’un des deux occupants arrêté habite… Ibiza. A bord, 600 kilos de cocaïne (ici réunies à droite) dissimulés dans une cloison située à l’arrière du navire !  Selon la presse, le dossier avait été suivi par « les services de la douane française et la police estonienne ». A bord les trafiquants étaient lituaniens !!  L’opération conjointe ayant permis son arrestation s’appelait « Rabbit ».

Ibiza sert aussi d’aire de réception à un autre trafic connu : le 14 mai 2019, un autre grand voilier est saisi.  Il contient 150 balles de… haschich, soit 5 tonnes (!!!), pour une valeur marchande de 7 935 000 euros !!!  La police espagnole l’avait bloqué au large de Majorque.  On note ici que « les patrouilleurs Paíño et Arao ont effectué l’embarquement à 140 km au sud des îles Baléares. A la surprise des patrouilles de la SAV, les personnes à bord du bateau, actuellement en garde à vue, auraient tenté de faire couler le bateau avec la drogue à son bord, avant d’être interpellées par les autorités ».  Le yacht était très certainement de type Sun Odyssey 47 comme on peut le constater ici à gauche. Le haschich avait déjà fait parler de lui avec, le 18 septembre, un chargement de 2,5 tonnes saisies à 60 milles nautiques de Cabo de Gata (à Almería).  Le voilier appelé Maldia semble être de type Sun Odyssey 49  d’après sa proue (ici à droite).  Un autre cliché le confirme.  Le haschich vient bien entendu du Maroc :  le sud de l’Espagne joue sur les deux tableaux question trafic !!! Le 8 juin, 10 tonnes de haschich en 280 ballots avaient été découverts dans un autre voilier, amené à Carthagène, d’une valeur de 12 millions d’euros, avec comme skippers deux bulgares !!  Il y en avait partout à bord !

Le 7 qui précédait c’était un grand voilier de type sloop (assez récent) de 16 mètres, officiellement le « Bella », arborant pavillon américain), avec 7 tonnes de haschich en 200 ballots à bord qui avait été saisi, poursuivi par le Colimbo IV, et retenu dans l’arsenal de Carthagène par le navire patrouilleur. Surprise : les deux marins à bord sont de nationalité… russe, originaires de Saint-Pétersbourg !!!  Des russes avec le drapeau US !!!  Le bateau était plein à ras-bord, des balles étant même visibles sur le pont selon l’avion qui l’avait survolé !  L’engin utilisé était en fait baptisé à l’arrière l’Amira et l’opération de poursuite et saisie était appelée Zacatin. Le yacht semble être un Hanse 540, de 2007, qui se négocie aujourd’hui en occasion vers les 200 000 euros. Il fait 16.45m, c’est un 54 pieds, un engin de bonne taille donc !

Il n’y a pas que les voiliers

En février 2019, c’est au Portugal que ça se passe, mais avec l’aide de la police espagnole.  La scène se situe à Setubal, où a été ramené de force un grand navire de soutien pétrolier bleu et blanc immatriculé au Panama, le Seascan 1. L’engin qui fait 490 tonnes et 41 mètres de long en impose.  Il est photographié à quai, il avait été l’objet d’un suivi aérien.  A son bord, il y avait 2,5 tonnes de coke dans des paquets multicolores.  Même pas dissimulés !

Le 23 octobre 2018, on  change à nouveau de catégorie de bateau et de contenu, pour revenir à de la coke :  c’est un remorqueur qui est pris cette fois dans le filet de la police espagnole et le patrouilleur offshore Rayo (P-42), le « Breath », enregistré en Moldavie ! A bord, 1,4 tonne de coke, qui permet au espagnols de franchir alors la barre des 15 tonnes (!!!) de coke saisies pour la seule année 2018 ! Le remorqueur est reconduit jusque Las Palmas. Trois hommes ont été arrêtés :  un turc, un Géorgien et un Bulgare, sur les dix suspects retenus.  La coke était censée alimenter la mafia turque !!!  Les enquêteurs découvriront avec étonnement que le remorqueur Moldave était allé se promener au Guyana, et au Venezuela, ainsi qu’à Trinidad et Tobago, là où il aurait embarqué la coke en pleine mer :

En septembre, on apprend qu’en août la même sorte de vecteur avait déjà servi : c’est encore un remorqueur, le Titan III (Tercero), qui cette fois avait été trouvé avec  bord 2,5 tonnes de cocaïne.  L’engin avait été intercepté à 500 milles nautiques des Canaries. Il était passé auparavant à Cadiz, Agadir et air Sénégal du 21 avril au 10 mai !!!

Quatre hommes avaient été arrêtés, deux espagnols et deux sénégalais, et la police avait alors remonté vers un gang de 23 personnes… en Galicie (et deux à Tolède, un à Malaga et un à Hueva : on reste bien dans les Canaries).  Parmi eux, les trois membres aussi d’un bateau de pêche qui aurait servi pour transvaser la coke à la côte.

Le 30 août 2018, on repart sur les côtes anglaises.  C’est un grand catamaran de 40 pieds, le Nomad, qui cette fois est stoppé en mer par le HMC Vigilant et ramené au port de Newlyn.   Son équipage est fort représentatif du trafic actuel, à vrai dire :  il y a à bord deux anglais, Nigel Clark, 63 ans, et Dean Waters, 60 ans, le skipper
Richard Must, 48 ans, qui lui est estonien, et le reste de l’équipe avec Voldemars Gailis, 20 ans, venu de Lettonie et Raymond Dijkstra, 27 ans, un hollandais, on ne peut plus éclectique :  en prime, le catamaran est enregistré en… Belgique ! On n’indique hélas pas la quantité de cocaïne saisie ce jour-là, mais un cliché nous montre plusieurs ballots bien classiques lovés dans les pontons de l’engin (ici à gauche).

Le Le 3 juillet 2018, c’est l’interception de l’énorme voilier Wallstreet avec 1,4 tonne de coke à bord et deux ressortissants croates (aux initiales Vice Copic et Karlos Antoviz, qui avaient déjà été poursuivis pour trafic d’héroïne en 2009 et 2007, et un citoyen américain Roberto Juan Price Huelín, installé comme restaurateur à Malaga, quel hasard, tiens, encore. Le « Wallstreet », pris en chasse par le patrouilleur de la marine espagnole «Atalaya», arborait un pavillon hollandais.  Les militaires montés à bord n’en étaient pas revenus : les 90 millions d’euros de coke contenus dans 54 ballots n’étaient même pas dissimulés, « ils occupaient n’importe quelle place à bord« comme j’ai déjà pu vous le dire ici même en mars dernier au début de cette mini-série. Le bateau nous avait mené à une autre mafia, galicienne celle-là. Et pas moins pire que les autres.  Le bateau, au départ parti pour le Brésil (et Salvador de Bahia), avait chargé sa cocaïne dans la rivière Esequibo, en Guyana de l’est, revendiquée par le Venezuela.  « Il est clair que le Wall Street s’est amarré à Las Palmas le 20 avril en tant qu’étape précédente pour parcourir les 4 800 kilomètres (2 591 milles marins) qui manquaient encore vers la Guayana ». L’engin tombé en panne en Méditerranée était arrivé le 3 avril à Carthagène (en Murcie), puis le lendemain jusqu’à Motril (en Andalousie) pour arriver à Marbella (on y revient !) : « en fait cela ressemblait fort à une façade de croisière pour tromper ses suiveurs » avais-je écrit.  Ici à gauche le yacht intercepté, et à droite le même modèle faisant le charter en Grèce.  J’avais dit que « la discrétion sur le yacht intercepté s’expliquait par le fait que c’est un voilier très récent (aux lignes très basses de type Contest hollandais de grande taille, un 67CS comme le PH3) valant lui-même une fortune (plus de 3 millions de dollars), au contraire de tous les autres… »  Mais vérification faite, ce n’est pas un Contest, ce que confirment de nouveaux clichés de sa saisie (ici à gauche les détails de son pont). L’engin n’est pas neuf, non plus, à voir l’état de sa coque abîmée à plusieurs endroits.  Après deux jours de recherche intensive à éplucher les catalogues, on finit par retrouver l’engin exact :  c’est en fait bien un 62 pieds, en tout cas qui sert par exemple en charter chez Sotiris F. à faire découvrir les Cylades en Grèce, ou l’île de Santorin à 8800 euros la semaine, ou pour visiter Hydra, Syros, ou Mykonos. C’est un modèle de chez Dufour, dessiné en 1983 par Philippe Briand, le Dynamique en fait, de 19.2m de long.  Un modèle de ce genre est mis en vente à 239 000 euros, très loin du chiffre que je vous avançais (à droite son pont caractéristique sur le charter grec, avec la zone ronde en teck visible en partie sur le bateau saisi) !!!  Nous ne sommes pas très loin des colombiens achetant des jets Hawker 125 dans les mêmes tarifs pour les faire atterrir en plein champ au Mexique !!! (celui-là avait été annoncé en vente à 300 000 dollars, il a dû partir à moins !). Les investissements, sur mer comme sur l’eau, sont à peu près les mêmes.  Si certains voiliers s’échouent parfois, ou perdent en route leur cargaison, les avions eux aussi se plantent. Dans les champs ou sur les chemins, comme à Belize ou à la frontière mexicaine.  Je ne résiste pas à vous monter le plus récent dans le genre (atterri le 11 septembre dernier) :  saisissant, non, l’atterrissage en plein dans un champ de soja ?

 

Plus récemment, le 18 juillet 2018, c’est un yacht de 60 pieds, le Marcia, battant pavillon néerlandais, qui est intercepté par le HMC Vigilant, un modèle Damen bien connu, à environ 120 milles au sud-ouest de la côte des Cornouailles. A bord Maarten Peter Pieterse, le capitaine, âgé de 61 ans et un membre de l’équipage, Emile Adriaan Jeroen Schoemaker, 45 ans.  Les marins britanniques découvrent d’abord 1 600 kilogrammes de blocs enveloppés dans des sacs en plastique, placés dans un compartiment sous la zone de pont à l’arrière du bateau, et en cherchant davantage ce sont 2,1 tonnes de cocaïne de haute pureté qui sont trouvées, pour une valeur de gros estimée à 50 millions de livres sterling et 134 à la revente.  Les  paquets remontés sur le pont du voilier font un tas impressionnant. Le navire provenait… de Marina d’Angra, à Terceira, dans les Açores, qu’il venait de quitter le 9 juillet 2018 !!! Le capitaine était connu jusqu’ici comme joaillier, sponsor d’un festival de danse, (du tango et du LindyHop) de son quartier d’Oudedijk à Kralingen, près de Rotterdam (dans le quartier des boîtes de nuit (4)) A noter que dans l’affaire, Emile Adriaan Jeroen Schoemaker, ancien directeur d’une boîte de vidéo, EuworksDirect LTD, sera plus tard acquitté…

En juin 2018, c’est un autre record qui avait été battu : un double record, avec d’abord le Pepper Sauce, un voilier de 40 pieds (12 mètres) intercepté au large des Canaries avec à bord 61 balles de coke pesant 1,850 kilos (voir les vidéos ici) », et l’interception au sud de Faial (aux Açores) du yacht Oggi (ici à gauche, un modèle ancien indéterminé) inscrit aux British Virgin Islands (celles qui jouxtent l’île de Jeffrey Epstein !),
avec 1,4 tonne de coke, soit plus de 3 tonnes pour ce mois-là.  Le second avait un équipage triple composé d’un anglais de Torquay, d’un hollandais et d’un croate, le premier était aussi triple avec un anglais de Newquay, un surfer réputé appelé James McNaught,… et deux français cette fois dont les noms ne sont pas révélés.  L’avion d’Ibbotson emmenant Sala avait été photographié à Newquay, on le rappelle.  Ici en vidéo on voit l’interception de nuit du Pepper Sauce par le patrouilleur espagnol Petrel 1.  On le distingue aussi à quai au début du reportage.  Dans le même reportage, on montre les visages des deux occupants du Pepper Sauce autres que James McNaught (ici à droite)… le bateau lui-même apparaissant ci-dessous :  un bateau « sportif », sans cabine ou cockpit extérieurs d’un modèle ancien indéterminé. Le skipper n’était pas un ancien surfeur pour rien !!!

Les cargos aussi…

Les cargos aussi ne chôment pas. Le 25 avril 2018, près de 9 000 kilos de cocaïne, sont retrouvées dissimulés dans un conteneur réfrigéré de bananes, une pratique courante, en provenance de Colombie et voyageant à bord du navire «Lucie Schulte», battant pavillon singapourien, qui venait de les charger dans le port de Turbo (Colombie). Les paquets de coke (numéros) portaient pour certains la marque « iPhone ! (cf ici  à gauche). « La surveillance du conteneur a conduit les enquêteurs à un bâtiment industriel à Malaga, où trois personnes de nationalité espagnole ont été arrêtées. Deux autres hommes d’affaires membres de l’organisation qui avaient fui ont également été arrêtés. Ce sont deux personnes de nationalité française et résidant à Malaga dont la détention a été possible grâce à un mandat d’arrêt européen et aux efforts de la douane française ».
Il y en a pour 470 millions d’euros et l’expéditeur est le Cartel du Golfe mexicain, installé à Matamoros, dans le Tamaulipas, à la frontière avec le Texas, proche du Golfe du Mexique.  On notera la présence des deux français à la tête du réseau d’envoi :  ils habitaient Malaga, comme quoi rien n’a changé depuis la grande époque racontée en détail ici-même (Marbella et Malaga étant les deux mamelles nourricières du trafic depuis les années 70 !).

Toute cette drogue servait à qui et à quoi ?  Oh, là encore on a des surprises.  Ainsi a-t-on appris que des trafiquants espagnols, installés à Estepona sur la Costa del Sol, en Andalousie Orientale et à Malaga (encore une fois cité, on le remarque !) avaient bien sûr dilapidé leur argent en s’achetant moult voitures de luxe, montres de marques, des villas ou vivaient dans des hôtels.  Le quotidien de la frime des dealers, on le sait, ceci n‘est pas vraiment une surprise.  Ils pouvaient, en effet : il gagnaient 1,2 million d’euros par semaine de la revente de leur coke colombienne (ils en vendaient une tonne par an !).  Mais ce n’est pas ça qui a fini par les faire repérer.  Non, c’est leur comportement. Ils avaient en effet tout simplement décidé qu’ils avaient tellement d’argent qu’ils ne lavaient même plus leurs vêtements et en rachetaient continuellement de nouveaux quand ils étaient sales !!!!

(1) une info reprise ici dans « Ekathimerini.com », un quotidien grec  : « lun d’entre eux, âgé de 29 ans, s’est rendu en Colombie en mars et un autre de 28 ans s’est rendu au Venezuela quelques semaines à peine avant d’être arrêté en France. Il existe également des preuves selon lesquelles un suspect espagnol aurait déjà séjourné en Grèce et aurait pu jouer le rôle d’intermédiaire dans l’acquisition de la drogue en Amérique latine. Le propriétaire présumé du yacht à moteur Island Time, quant à lui, semble s’être rendu à l’île de la Martinique en mars à bord du navire, qui aurait également été enregistré au large des côtes du Venezuela. » Tout cela s’avérera une fausse piste, donc.

(2) le but n’est pas d’être exhaustif, j’ai simplement retenue les plus grosses prises de cette année et de l’année dernière surtout, (bien aidé par le site de l’ami Marc Fievet, dont je vous recommande la lecture bien entendu !) en souhaitant surtout montrer le rôle du pôle central de distribution que jouent les Canaries (et les Açores), ainsi que l’implication des principales mafias européennes.  Je n’ai pas non plus retenu le formidable travail de fond des forces françaises déployées dans l’arc des Caraïbes, notamment avec la frégate Ventôse (qui est allée aussi visiter l’Afrique) et ses prises importantes, mais qui ne peuvent expliquer le circuit qu’empruntent habituellement les trafiquants.  Sa dernière prise remonte au 26 et 27 mai dernier avec 416 kilos de cocaïne, saisis à deux dominicains.  En août dernier, la République Dominicaine annonçait en avoir fini avec un redoutable gang dirigé par deux champions de baseball Octavio Dotel des « Detroit Tigers », aujourd’hui retraité, et Luis Castillo et un propriétaire de boîtes de nuit, Cesar Emilio Peralta (alias « César The Abuser » !).  Quelques jours plus tard, un juge, José Alejandro Vargas, libérait les deux joueurs « faute de preuves » selon lui.  Dotel avait déjà versé un million de dollars pour sa caution !!!

(3) Halter Marine fabrique aujourd’hui des bateaux rapides d’assaut pour les Navy Seals, comme ici à droite ce HSAC MK MOD 2 « High Speed Assault Craft » mis en vente dans le civil (il semble avoir subi des dégâts !). Voilà qui devrait intéresser d’autres… trafiquants !

(4) Parmi les incongruités des enquêtes, il y a celle-ci : on tombe sur un cliché de notre homme, invité d’une émission de télévision réputée présentée par Angela Groothuizen, une ancienne chanteuse,et appelée « Un nouveau départ » ayant comme thème le relèvement d’individus brisés dans la vie.  Ce jour-là, l’invitée s’appelle Iris, et on raconte qu’à 17 ans elle est tombée amoureuse de son patron de 19 ans plus vieux qu’elle.  Aveuglée par l’amour, elle a abandonné ses études pour voyager avec lui.  Or c’est vite devenu un cauchemar pour elle, l’individu étant accro à l’héroïne et à la cocaïne, et « il passe son temps à la rabaisser » explique l’article.  Elle mettra trois ans à le quitter et renter chez elle, après avoir rompu tous ses liens avec sa famille.  « Elle s’est fait refaire depuis le nez, et à retrouvé un travail » note le magazine et « Maarten Pieterse de Het Juweel (un fabriquant de bijoux) lui a donné un beau collier ».

source

000000000000000000000000

Seulement 5 minutes!

—————————

Avec la participation de Michel Charasse, l’ancien ministre du Budget, de l’ancien directeur de la DST, Yves Bonnet, de l’ancien directeur de la DNRED jean Henri Hoguet et de l’ancien ministre Azouz Begag.

 

000000000000000000000000000

00000

Aviseur international bénéficiait jusqu’alors d’un référencement par le moteur de recherche Google sur les mots repris régulièrement dans ce blog d’informations régulières sur la drogue et le narcotrafic.

Douane française, DNRED, Drogue, narcotrafic, hachis, cocaïne, cannabis, héroïne… ETC.ETC.

J’ai le regret de constater qu’aujourd’hui, Google a décidé de m’écarter du système de référencement automatique.

00000000

On a parlé avec un ex-policier qui a plus d’une mission d’infiltration derrière la cravate.

Illustration par Mathieu Rouland

Quand on parle d’infiltration, d’agent double, d’agent secret, on pense tout de suite à James Bond. Être un beau monsieur qui aime allonger de belles madames et qui sait se servir de plein de gadgets super technologiques. Mais est-ce que c’est vraiment ça, l’infiltration?

Je suis allée prendre un café avec Robert*, un policier à la retraite, pour lui soutirer des informations sur la vie d’infiltrateur. L’homme a plusieurs années d’expérience, et comme un pro, il esquive toutes les questions trop pointues à son goût.

VICE : C’est quoi la différence entre un agent double et un agent d’infiltration?
Robert : De nos jours, y a les Mister Big. C’est une méthode d’enquête, pour approcher un criminel quand on est convaincu qu’il a fait un meurtre. On envoie un gars qui infiltre son entourage pour essayer de le faire parler.

Le gars l’approche, peu importe les moyens, soit comme chum, comme ami, dans le but ultime, dans six mois ou un an, de le faire parler. Il lui paye la traite, l’amène dans les restos, lui paye des affaires, lui offre des opportunités de faire de l’argent et c’est comme ça qu’on voit si le gars est croche un peu. Ça, c’est un agent d’infiltration.

Alors qu’un agent double, c’est presque tout le temps relié aux stupéfiants. Un gars undercover qui va acheter de la drogue, pour essayer d’entrer dans un réseau. C’est un peu ça la différence.

Qu’est-ce qui t’a amené à faire de l’infiltration?
Faire de l’infiltration, ça te permet de patauger dans un genre de vie criminelle, sans y être complètement. Voir des affaires, tout en étant correct. J’irais pas jusqu’à dire que j’ai déjà rêvé de ça, mais je regarde mes amis quand j’étais jeune, j’aurais pu mal tourner… et y a le challenge de passer inaperçu dans ce milieu-là. Avoir 18, 20 ans, je suis pas certain que je retournerais dans la police. Ça apporte beaucoup, mais t’es toujours dans le négatif. T’as une vie familiale ‘fuckée’. Les horaires, c’est pas terrible. Le seul avantage, c’est que tu peux sacrer ton camp de bonne heure, avec une bonne pension.

La formation pour faire de l’infiltration, ça ressemble à quoi?

À l’époque, après la formation de policier, t’avais un mois de formation supplémentaire pour faire de l’infiltration. C’est pas assez, ça te prépare pas. Comment agir dans telles et telles situations, comment changer ton identité, comment te faire une deuxième vie… L’école, ça sera jamais comme être sur le terrain.

Est-ce qu’il y a des cours de jeu?
Non. T’improvises. T’embarques dans ton personnage pis tu t’arranges pour être prêt à réagir sur un 10 cennes.

C’est quoi les qualités que ça prend pour faire de l’infiltration?

Confiance en soi, être fonceur, mais il faut que tu sois allumé, parce que tu sais jamais qu’est-ce qui va se passer. Qu’est-ce que je fais icitte? Si je me fais poser telle question, qu’est-ce que j’vais dire? C’est comme un jeu d’échec, il faut que tu penses 15 coups d’avance. Le hamster roule tout le temps. T’es jamais tranquille à regarder les nuages.

Qu’est-ce que tu fais, pour pas te mélanger dans tes histoires?
À force de te forger des histoires, tu deviens bon menteur. Faut que tu les croies, tes menteries, parce qu’il faut que t’en parles, que tu t’imagines que tu l’as vraiment fait. Il faut que ça sorte tout seul quand tu en parles. Pis si on reparle la fin de semaine d’après, il faut revenir sur le sujet. Le danger, c’est que ça devienne pas clair dans ta tête, c’est plus difficile de convaincre les autres pis plus facile de te mélanger dans tes histoires. Ça fait que tu finis par croire tes histoires. C’est fucké, hein?

Combien de temps dure chaque mission?
T’es rarement là plus que deux ans, après ça, on t’envoie ailleurs. Tu retournes pas tout de suite en bleu [en uniforme], tu vas dans une section un peu à l’abri au début.

As-tu déjà eu peur pour ta vie?
[Long soupir] C’est arrivé, mais on dirait que j’ai fait une croix là-dessus. Je pourrais pas te conter quand j’ai eu peur parce que j’ai comme tassé ça de mon existence. Des fois, t’es tout seul dans un party avec des gens, tous criminalisés, pis sont pas comme toi pantoute. T’es bien entouré, par contre, t’as toujours le SWAT et des enquêteurs pas loin. Je me suis jamais senti abandonné, mais tu sais jamais comment ça peut tourner. Ça a comme un peu fucké ma vie… Encore aujourd’hui, quand je vais au restaurant, j’ai le réflexe de regarder partout, je vais en arrière, je m’assois toujours pour voir la sortie… Même chose quand je vais au centre d’achat, je pense à beaucoup de choses avant de choisir où je me stationne.

As-tu des anecdotes drôles?

Des fois, tu peux être dans un restaurant, pis là, t’as quelqu’un de ton autre vie qui vient te voir. Tu fais semblant de pas le connaître, alors qu’il vient te voir et qu’il t’appelle par ton prénom. « Je te connais pas, je t’ai jamais vu. T’es fucké. J’ai jamais fait ça. »

Ça peut te mettre dans la merde, j’imagine?
Je m’en suis bien tiré, mais c’est sûr qu’après, tu te fais poser des questions. « Comment ça qu’il t’appelle par un autre nom? » Les gars sont pas fous. Tu patines, pis t’es heureux d’avoir déjà pensé à tes portes de sortie.

As-tu déjà été découvert ?

Non. Personne ne s’est aperçu de ce que je faisais en mission, et, par la suite, j’ai jamais reconnu des visages que j’avais vus par le passé, pis qu’il n’aurait pas fallu que je reconnaisse.

Si ça arrive, comment il faut réagir?
Mettons que ça m’arrive demain matin, je suis retraité, c’est moins pire que si je me faisais voir en uniforme. Ça se peut que j’ai changé de vie pis que je me tienne tranquille. Quand tu patrouilles en uniforme, c’est là que c’est dangereux, parce que c’est assez dur de dire que t’es pas dans la police.

Tu dis quoi à ta blonde?
Tu la laisses. Tu peux pas faire ça avec une femme pis des enfants. C’est trop long, c’est pas comme si tu faisais ça une semaine ou deux. Tu peux pas cacher ça à ta blonde pendant trois ans… que tu fais une « autre affaire », que tu vis « dans un autre appartement » avec une « autre fake madame ».

Comment tu développes de vrais liens avec les gens?

T’en as quasiment pas. Même ma mère ne savait pas ce que je faisais.

Est-ce que ça t’est déjà arrivé de te faire une blonde « dans une autre vie »?
Une fréquentation, mais pas une blonde.

Est-ce que c’était dans le but d’obtenir ou d’apprendre quelque chose?
Non, pour le fun. C’est pour ça que ça a duré le temps d’une rose. Le danger, c’est de tomber en amour pour vrai pis d’oublier le but premier de ta mission. Faut mettre les distractions de côté. Le risque est trop grand quand tu deviens intime avec quelqu’un.

Est-ce qu’ils vous apprennent comment vous protéger de ça?
J’ai jamais eu de cours là-dessus. Tu l’apprends sur le tas. Tu gardes tes distances.

Quand tu arrives sur une mission, tu pars avec quoi comme information?
Ça dépend toujours, c’est du cas par cas. Des fois, on laisse ça à ta discrétion, des fois c’est des scénarios préétablis. On t’embarque dans un personnage pis on te dit quoi faire. Mais t’as toujours un bon dossier sur les voisins, les fréquentations du gars, plein d’autres affaires.

À qui on ne devrait jamais faire confiance?
Tu te fies juste à toi. Dans la vie, pis surtout dans ce milieu-là. Tu devrais pas faire confiance à personne. Sur Facebook, oui tu peux mettre des jokes, mais ce que tu manges, où, avec qui, pis où tu vas faire tes commissions l’après-midi, le moins possible.

Est-ce que dans le cadre de ton travail tu as déjà posé des actes illégaux ?
Oui, mais je peux pas te dire jusqu’à quel point. Qui n’a jamais fait des affaires illégales? Boire une bière dans un parc, c’est illégal.

C’est quoi tes outils pour te détacher de ces vies-là et rester sain d’esprit ?
Il faut que tu te trouves des passions en dehors de ça pour essayer d’oublier cette vie-là.

Zoé Lamontagne est sur internet ici et .

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
En France, certains dossiers d’opérations d’infitration sont classés « SECRET DÉFENSE », et par exemple, à la Douane française, la lâcheté de François AUVIGNE, un DG énarque et inspecteur des finances, laissera NS 55 DNRED, un des agents infiltrés plus de dix ans en taule, expliquant qu’il n’avait pas à assumer les engagements pris par ses prédécesseurs.  lire
000000000000000000000000000

Edouard Philippe semble oublier qu’en renforçant la lutte par une action hyper-répressive, il fait en réalité la partie belle au trafic, aux narcotrafiquants et aux narcofinanciers. La lutte contre la drogue est un autre combat, mais qui se heurte au fait que plus les individus se droguent, plus l’Etat se renforce.

La déclaration du premier ministre à l’Assemblée nationale:

0000

L’Office central antidrogue (OCAD) va remplacer l’actuel Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS)

L’OCAD aura pour mission de centraliser toutes les informations.

Il aura fallu plus d’un an pour que le projet se décante. La réforme des services chargés de la lutte contre le trafic de drogue, dont les derniers détails ont été fignolés lors d’une réunion interministérielle fin mai, devrait être présentée dans les jours qui viennent au président de la République, selon les informations du Monde.

Emmanuel Macron avait appelé de ses vœux ce «plan stup», en mai 2018, pour une présentation en juillet de la même année. Mais, entre l’affaire Benalla, la démission de Gérard Collomb du ministère de l’intérieur et la crise des « gilets jaunes », la Place Beauvau n’avait jamais trouvé le temps de rendre sa copie.

C’est désormais chose faite. Laurent Nunez, le secrétaire d’Etat auprès de Christophe Castaner, ministre de l’intérieur, a pris la main sur ce dossier complexe.

Sur le modèle de ce qui a été fait avec la DGSI

De nombreuses entités travaillent aujourd’hui sur la lutte contre les stupéfiants : l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants l’OCRTIS, qui dépend de la police judiciaire), les sûretés départementales, les douanes et la DNRED (Direction nationale du renseignement du renseignement et des enquêtes douanières), les sections et brigades de recherche des gendarmes… Le tout plus ou moins en lien direct avec les magistrats des juridictions interrégionales spécialisées (JIRS). Une multitude d’acteurs qui opéraient parallèlement, voire en concurrence. (Quand ils ne se montaient pas des ‘chantiers’ ou autres vilenies dont ils sont capables. Mais ça, c’était hier!)

« L’idée directrice du plan est de décloisonner le fonctionnement des nombreux services qui travaillent sur la lutte contre les stupéfiants et de mieux partager les informations », explique-t-on place Beauvau.

Les ministères de l’intérieur et de la justice, sous le contrôle de Matignon, ont fini par se mettre d’accord pour désigner un nouveau chef de file de la filière « stup », sur le modèle de ce qui a été fait avec la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour la lutte antiterroriste.

Un Office central antidrogue (OCAD) va donc être créé, en remplacement de l’OCRTIS, avec un rôle de centralisation de toutes les informations.

Il sera sous la coupe de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), grande gagnante du bras de fer. Au désarroi des gendarmes, qui participeront bien à la nouvelle entité, mais auraient préféré la diriger. Apporteront-ils l’ensemble des connaissances acquises depuis des décennies? Comme les Gendarmes ont eu l’habitude de la fermer, du temps où ils faisaient partie de la ‘Grande muette’ il est probable que certaines infos auront du mal à remonter.

Quant au ministère de la justice qui avait aussi espéré un temps placer un magistrat à la tête de cet office, il s’est vu renvoyé à la stricte application du Dalloz.

Cette refonte nationale s’accompagne de la création de CROSS (cellules de renseignement opérationnelles sur les stupéfiants) au niveau départemental. Composées de policiers et de gendarmes, elles seront chargées de collecter toute l’information localement avant de transmettre les éléments au procureur. Elles devront faire le lien avec la police de sécurité du quotidien, en prise directe avec les quartiers les plus difficiles en termes de trafics. Des comités de pilotage entre les préfets et les magistrats seront mis en place pour chapeauter le tout. Ce nouveau schéma s’inspire de ce qui est déjà pratiqué à Marseille et à Lille ou de la CROSS qui vient d’être mis en place à Perpignan.

Le « plan stup » présenté au président de la République devrait enfin comporter un volet international pour améliorer la collaboration avec les pays voisins et les grands organismes comme Europol.

Mais pourra-t-on travailler avec la DEA sans avoir à travailler pour la DEA?

La Douane française

La Douane, ses avions, ses gardes-côtes et son service action la DNRED avec la CELTICS et l’ensemble des échelons seront particulièrement mises à contribution pour lutter en amont contre l’importation des produits sachant aussi que les attachés douaniers sont des relais bien implantés au quatre coins de la planète. Et pour le TRACFIN, on peut imaginer qu’il soit, lui aussi, sollicité pour frapper fort au portefeuille…

Si le phénomène des mules – ces personnes qui transportent la cocaïne pour passer les contrôles des aéroports, notamment en provenance de Guyane – inquiète les autorités, il ne représente « que » deux tonnes de drogue sur les 16 qui arrivent chaque année sur le territoire, principalement par conteneurs, selon les autorités.

A travers cette grande réorganisation des services, le gouvernement espère faire coup double. S’il s’agit bel et bien de changer de braquet dans la lutte contre les trafics, ce plan est surtout l’occasion de tirer un trait sur plusieurs années de polémiques concernant le fonctionnement de l’ OCRTIS, l’actuelle entité en pointe sur les « stups ».

C’était un service tout-puissant

Basée à Nanterre sous la responsabilité de la DCPJ, mais avec une compétence nationale, il a été reproché à cette structure, mise en cause à plusieurs reprises, sa manière de mener ses enquêtes en lien parfois trop étroit avec ses informateurs.

Plusieurs informations judiciaires ont été ouvertes, et l’ancien directeur, François Thierry, a été mis en examen à plusieurs reprises, notamment pour « complicité de trafic de stupéfiants ». Un comble pour l’homme qui a longtemps incarné la figure charismatique de la lutte antidrogue et pour un service loué pour son efficacité par le pouvoir politique.

C’est en mettant en place une nouvelle doctrine de lutte contre les stupéfiants, baptisée « Myrmidon», consistant à privilégier le démantèlement des réseaux criminels aux saisies sèches de marchandises, que l’office a obtenu ses meilleurs résultats, au point de devenir un service tout-puissant et incontournable. C’est par cette même doctrine et avec la révélation de ses implications opérationnelles que l’OCRTIS a précipité la réforme présentée aujourd’hui.

La découverte…, en octobre 2015, par la DNRED, le service de renseignement des douanes, de sept tonnes de cannabis, boulevard Exelmans, dans le 16e arrondissement de Paris, a permis de lever le voile sur des pratiques douteuses. La cargaison saisie appartenait en fait à Sofiane Hambli (photo à gauche), figure majeure de l’importation de cannabis en France et informateur de l’OCRTIS.

Jour de gloire à la DNRED

De gauche à droite, François Hollande, Michel Sapin et l’énarque caviardeur Erwan Guillemin

Les enquêtes judiciaires qui ont suivi ont précisé les contours de sa relation avec l’office. Traité directement par le directeur, François Thierry, il a permis à celui-ci de réaliser de très belles affaires. Pour quelle contrepartie ? A-t-il continué de son côté à importer du cannabis pour son propre compte ? Que savait M. Thierry des autres activités de son informateur ? Et au final, qui a manipulé qui ?

Guerre sourde

François Thierry a par exemple été jusqu’à mettre en place une fausse garde à vue afin de permettre à Sofiane Hambli d’être extrait de la prison où il était incarcéré pour qu’il puisse passer des appels à ses contacts trafiquants au Maroc. Un habillage de la procédure qui vaut aujourd’hui à la procureure adjointe Véronique Degermann (photo à droite), alors en poste au parquet de Paris et qui avait validé la prolongation de cette garde à vue, une mise en examen pour « faux et usage de faux ». Les policiers de l’ OCRTIS assurent qu’ils ont toujours informé les parquets concernés des tenants et aboutissants de leurs opérations.(Grand bal des faux-culs en perspective.)

En créant l’OCAD sur les cendres de l’OCRTIS, le ministère de l’intérieur espère renouer le lien avec les procureurs et les juges, qui parlent de leur côté de « rupture de confiance ».

C’est que, en creux, une guerre sourde a opposé l’office à de nombreux magistrats des JIRS. D’un côté, les policiers reprochent à ces derniers de se draper dans des principes qu’ils n’avaient pas quand les résultats étaient au rendez-vous. Les magistrats estiment, en retour, que les policiers ont omis de les informer des détails de leurs opérations et ont eu une interprétation un peu trop libre du code pénal, notamment de l’article encadrant les « livraisons surveillées », ces ventes de drogue qui s’effectuent sous le contrôle des forces de l’ordre pour mettre au jour des réseaux.

Cet affrontement a eu de lourdes conséquences.

De nombreuses JIRS, à Paris et à Rennes par exemple, ont peu à peu cessé de saisir l’office sur des affaires de drogue. Il est même arrivé que certains magistrats de la JIRS de Paris doivent enquêter sur les agissements de l’OCRTIS, tout en travaillant par ailleurs avec l’office sur d’autres affaires. Une situation intenable.

La révélation récente par « Le Monde » d’une nouvelle incartade de l’OCRTIS a accéléré l’inéluctable réforme de l’office. Un capitaine de police a été soupçonné d’avoir fait, à Marseille, en 2018, une fausse réquisition judiciaire pour obtenir les fadettes (factures de téléphone détaillées) d’un trafiquant. Celui-ci était suspecté par un informateur de l’OCRTIS de lui avoir volé de la marchandise. Le policier a-t-il transmis ces fadettes à son indicateur ? Il assure que non. Toujours est-il que l’homme soupçonné d’avoir volé de la drogue à l’indicateur a ensuite été victime d’une expédition punitive. Cet ultime faux pas a sonné le glas de l’OCRTIS, au profit de l’OCAD.

Un simple coup de peinture sur la façade ?

Mais non, la Mère Denis a été appelé en renfort place Beauvau et elle lave toujours plus blanc que blanc les mêmes draps!

Le « plan stup » est avant tout une réforme de structure.

Il n’a pas pour objectif de régler l’épineuse question des indics, maillons essentiels de la lutte antidrogue, par qui les affaires, mais aussi parfois les scandales, arrivent.

Ite missa est!

source: Le MONDE, l’article a été revu et illustré par NS 55 DNRED

000000000000000000000000

Après avoir retracé l’histoire des guerres de l’opium lundi, suivi le quotidien des dealers mardi et pénétré le marché du cannabis légal hier, on s’intéresse aujourd’hui aux consommateurs et aux politiques menées à leur égard.

Si le discours du tout-répressif demeure aujourd’hui encore au fondement de la loi en France, les mentalités semblent évoluer vers la nécessité d’un plus grand accompagnement des usagers de drogues. Il faut dire que depuis 50 ans, la consommation de psychotropes n’a cessé d’augmenter dans les pays occidentaux malgré la guerre menée aux trafiquants et aux toxicomanes.

Alors, peut-on civiliser les drogues ? C’est la question que posait l’une de nos invités du jour dans un ouvrage et c’est le débat qui va nous occuper dans l’heure qui vient.

C’est l’heure d’entendre l’écho des paradis artificiels…

ÉCOUTER

0000


%d blogueurs aiment cette page :