Archives de la catégorie ‘OCRTIS’

Les faits courent sur toute l’année 2018, de janvier à décembre pour de la revente de cannabis, cocaïne et héroïne, jusqu’aux interpellations des gendarmes de décembre 2018 à février 2019. 16 prévenus âgés entre 20 et 26 ans sont renvoyés devant la justice pour leur appartenance à des degrés divers à ce trafic de drogue.

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Flash info

Attendue depuis de longs mois par les protagonistes du dossier, la décision de la Cour de cassation tient finalement en trois pages.

Dans un arrêt expéditif rendu mercredi, consulté par Libé, la haute juridiction a jugé régulière l’enquête ayant conduit à la chute de François Thierry, l’ancien patron de l’Office antistups (Ocrtis, devenu depuis Ofast).
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Un pour tous et tous pour un

 

Conçue comme le «chef de file unique de la lutte contre les trafics de drogue, sur le modèle de la DGSI pour la lutte antiterroriste», cette structure est le symbole d’une approche novatrice contre les filières criminelles.

Plus incisif, l’Ofast joue la carte de l’«union sacrée» en associant, pour la première fois dans sa gouvernance, police, gendarmerie, douanes et magistrats.

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Par Marc Fievet

La réunification est un chemin difficile et les différentes cultures et pratiques de ces différentes régaliennes rendent l’union sacrée particulièrement compliquée, voire impossible en réalité.

Cet article, sorti à la demande des communicants de Beauvau, cherche seulement à s’auto rassurer sur cette structure lancée suite à la guerre entre DNRED et OCRTIS pour tenter de faire oublier les dérives commises.

N’oublions pas les actions illégales et autres conneries de la DOD de la DNRED et de son directeur Erwan Guilmin.

Le bordel qui s’en est suivi est de sa seule responsabilité d’ énarque imbu de sa personne, cherchant seulement à abattre l’OCRTIS de François Thierry.

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La rumeur concernant la mort de Sofiane Hambli n’était que rumeur et désinformation.

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Ce n’était qu’une rumeur!

Des proches de Sofiane Hambli disent avoir assisté à son ‘exécution’ d’une balle dans la tête vers 01 h 00 du matin à la marina.

Les autorités restent, pour l’instant, totalement muettes.

Même pas un démenti sur cette rumeur!

A qui profiterait le plus l’assassinat de Sofiane Hambli, l’allié de François Thierry dans ses opérations Myrmidon?

A cette heure, 12 h 30 locale à Marbella, aucune confirmation ou infirmation de la part des services de la Policia et de la Guardia Civil.

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DOUANE FRANÇAISE 🇫🇷 (DNRED): la controverse suite à la sortie du film Gibraltar et la réponse de Marc Fievet publiée sur Allociné et complétée

Publié: 16 août 2020 par Marc Fievet dans 36, Afghanistan, AFRIQUE, Allemagne, AMERIQUE CENTRALE - CARAÏBE, AMERIQUE du NORD, AMERIQUE du SUD, Andorre, ASIE, Balkans, BAN, Belgique, Canaries, Carabinieri, CELTIC, Ceuta, Corse, Customs and Border Protection, Cyberdouane, Cybergendarmes, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, Espagne, EUROPE, EUROPOL, France, Gendarmerie, GIBRALTAR, GRC - RCMP (Canada), Guardia Civil, Guardia di Finanza (Italie), HM Customs Excise (UK), INTERPOL, Irlande, Italie, Justice, LUXEMBOURG, MAFIA, Malte, Moyen-Orient, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, NCA, NS 55, OCAD, OCLCO, OCRTIS, OFAST, Pakistan, Pays-Bas, Police, Policia, Portugal, Sardaigne, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, Suisse, SURV et BSI, SVA, TRACFIN, UAR, UK
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La controverse suite à la sortie du film Gibraltar et ma réponse publiée sur AllocinéRéponse de Marc Fiévet, suite à la polémique autour du tournage de Gibraltar, dans son intégralité

Bonjour à toutes et à tous, je m’appelle Marc Fievet, je suis l’homme qui a inspiré le film « GIBRALTAR » après la parution de mon livre « L’AVISEUR ».

Suite aux vidéos mises en ligne sur Allociné (celles d’Abdel Raouf Dafri et Julien Leclercq) et la controverse soulevée, j’estime nécessaire d’apporter quelques précisions supplémentaires sur le film produit par Dimitri Rassam et réalisé par Julien Leclercq, avec dans le rôle de Marc Duval, Gilles Lelouche, dans le rôle de l’officier recruteur des douanes françaises et agent traitant, Tahar Rahim et dans le rôle du narco – considéré comme le Copernic du narcotrafic mondial par Roberto Saviano dans son dernier livre Zero, zero, zero – Riccardo Scamarcio. Surprise dans ce livre de Saviano qui consacre plus de 50 pages à Claudio Pasquale Locatelli, aucune trace de moi, certainement modification des faits souhaitée par les autorités italiennes et américaines. Bizarre! Vous avez pensé bizarre, comme c’est bizarre!

L’AVISEUR
Le  scénario initial tiré du livre « L’Aviseur » que j’ai écrit, et qui a inspiré l’écriture par Abdel Raouf Dafri, du scénario auquel j’ai participé et pour lequel j’ai signé un contrat de consultant, n’a pas été respecté par le réalisateur et ne correspond en rien à ce qui devait être tourné…

Comment aurais-je pu accepter d’être présenté comme ce Marc Duval, tenancier d’un « bar à tapas » de troisième zone, incapable de faire marcher son business et s’entêtant toutefois à garder un voilier qu’il n’était pas capable d’assumer financièrement ?

Comment aurais-je pu accepter que le réalisateur Julien Leclercq tourne des scènes qui n’ont strictement rien à voir avec la réalité de mon vécu ?

Comment aurais-je pu accepter de voir sali le rôle que j’ai joué auprès des autorités régaliennes et des ‘opérations undercover’ des services de lutte contre le narcotrafic ?

J’ai rencontré le réalisateur Julien Leclercq pour la première fois lors de la projection privée à laquelle j’ai assisté, accompagné de mes avocats, le 15 juin 2013. Je lui ai immédiatement demandé pour quelles raisons la scène de ma rencontre avec le ministre Michel Charasse ne figurait pas dans le film (alors qu’elle se trouvait dans le scénario d’Abdel Raouf Dafri)?  Après un bafouillage, il m’expliqua que c’était une question de coût !

Fichtre, tourner une scène dans un bureau avec un ventru à bretelles fumant le « Cohiba » aurait au moins démontré la volonté politique des actions d’infiltration. Mais c’était trop cher ! Ce sera l’unique rencontre que j’aurais eu avec ce « grand » professionnel.

Pourtant, si l’on en croit les propos de Christian Gatard :

Christian Gatard (le douanier joué par Tahar Rahim) interviewé par Ouest France le 7 octobre 2013:

« Marc Fiévet a été très productif et très professionnel en matière de renseignements. Il travaillait de manière rigoureuse avec une production dense, riche et intéressante sur les individus et les mouvements de bateaux. Il a rencontré plusieurs fois le ministre, Michel Charasse, et les Douanes lui ont même financé l’achat d’un restaurant près de Marbella.

Notre coopération opérationnelle a duré six ans et malheureusement il a été arrêté par les Britanniques, à la demande des Canadiens.
À la question « Pourquoi a-t-il été arrêté ? » :
« Au fil du temps, il s’est infiltré dans les réseaux et a été, entre autre, en relation avec un gros baron de la drogue, Claudio Locatelli. Il a participé à de nombreuses opérations, notamment six tonnes de cocaïne au Canada. Bien que les Britanniques aient profité des renseignements de Marc Fievet, ils avaient une dent contre lui au sujet d’une livraison de cocaïne pour l’IRA qui n’avait pas eu lieu et ils l’ont « flingué ».
Grâce à lui, on les avait informés de cette livraison, ils étaient très intéressés, ils espéraient arrêter des membres de l’IRA et ont donné des instructions précises.
Marc Fievet devait attendre en pleine mer la livraison par avion, en provenance du Vénézuela. Mais, dans la zone concernée, les Américains ont procédé inopinément à des contrôles renforcés et le largage n’a donc pas eu lieu.
Après un mois d’attente, Marc Fievet est reparti et les Anglais ont été très désappointés.
Cet épisode est d’ailleurs relaté dans le film de manière déformée. Après son arrestation, il n’a pas été soutenu par la France. Il aurait peut-être pu bénéficier d’une remise de peine suite à son rapatriement du Canada, deux ans après sa condamnation, mais le directeur général des douanes avait changé ainsi que le ministre. »
Que pensez-vous du film ?
« Il est assez violent. Heureusement, ces meurtres n’ont pas existé ! Il y a des invraisemblances. On me fait faire des contrôles en Espagne alors que c’est impossible. Il y a des choses aménagées par rapport à la réalité.
Je n’ai pas un mauvais rôle, mais le film ne retrace pas les nombreux échanges qu’on a eus avec Marc Fievet. J’ai toujours des contacts avec lui et une certaine admiration, car il fallait du courage pour faire ce qu’on lui demandait. »
Interrogé à mon tour le 18 octobre 2013 par Ouest France
Comment avez-vous rencontré Christian Gatard ?
« J’étais en recherche d’emploi, il m’a contacté par téléphone puis nous nous sommes rencontrés à Gibraltar. J’ai accepté de travailler pour les douanes car c’était une activité d’observation dans laquelle je pensais pouvoir m’intégrer et obtenir des résultats. J’estimais que j’étais en capacité de donner le change afin d’éviter le danger et de pouvoir passer au travers des suspicions et de la paranoïa des narco-trafiquants.
Nous avions des résultats exceptionnels. Cela a bien marché jusqu’à un changement de politique en mars 1993. Nicolas Sarkozy devenu ministre du budget du gouvernement Balladur a donné pour directive de supprimer toutes les actions d’infiltration, mais moi, j’étais déjà infiltré dans l’organisation dirigée par Claudio Locatelli, baron de la drogue.
le cargo MELOR
Les responsables des douanes avec lesquels j’étais en relation ont été mutés.
À l’époque, je naviguais sur un bateau, financé à 50 % par les douanes françaises et pour le reste par des narco-trafiquants anglais. N’étant pas informé de cette nouvelle orientation politique, j’ai continué mon activité et fin juin 1993, j’ai organisé à l’hôtel Meurice un rendez-vous avec deux financiers d’un trafic de quatre-vingts tonnes de cannabis. J’ai avisé Christian Gatard pour que soit mis en place un dispositif afin de les identifier. La direction parisienne a refusé de mettre à disposition des hommes pour soutenir l’équipe nantaise et le dispositif a échoué. (C’était Joseph Le Louarn qui dirigeait la DNRED et qui a tout fait pour entraver mon action.)
Quelles ont été vos relations avec Christian Gatard ?
« Christian Gatard me disait d’être prudent, mais j’étais axé sur la culture du résultat et infiltré à un niveau tel que je ne pouvais plus reculer. Je me suis retrouvé sous la coupe de Locatelli qui m’a mis à l’abri avec ma famille à un moment où j’étais menacé ; les douanes françaises que j’avais sollicitées m’avaient laissé tomber.
Christian Gatard a ensuite été muté à Marseille et a reçu l’ordre de ne plus suivre mon affaire. Il a cependant été sollicité par sa hiérarchie pour se rendre au Canada après mon arrestation pour me dire que je devais plaider coupable, que je serai après rapatrié en France et qu’on solliciterait une grâce présidentielle.
Quand je suis rentré, l’énarque, inspecteur des finances François Auvigne, directeur général des douanes à l’époque, a refusé d’intervenir et d’assumer la continuité du service de l’État.

De son côté, Michel Charasse, que j’avais rencontré cinq fois, n’est pas intervenu auprès de Jacques Chirac pour que je sois gracié. Ce sont eux les deux responsables. Christian Gatard ne m’a pas laissé tomber, on a travaillé ensemble pendant six ans et je ne vois pas pourquoi je lui en voudrais. On se rencontre de temps en temps et c’est toujours un plaisir, même si cela provoque chez moi un retour d’adrénaline et me renvoie des années en arrière. »

Que pensez-vous du film Gibraltar ?
« Il ne reflète pas du tout la réalité, ce n’est pas mon histoire. Je passe pour une vieille tâche. On oublie les relations politiques, il n’y a plus d’adoubement. La chronologie n’est pas du tout respectée et (lors de la promo de sortie du film faite par Gilles Lellouche) Je suis présenté par les médias comme un narco-trafiquant repenti, ce qui est faux. »
Au début, j’ai eu un contrat de coscénariste et j’ai participé aux quatre premiers scénarios (il y en a eu sept). Après j’ai été écarté et je n’ai plus eu de nouvelles. Je n’ai pas été approché par Julien Leclercq, le réalisateur, ni par Gilles Lellouche qui joue mon personnage.

Comment aurais-je pu approuver le rôle du personnage censé me représenter, tel que le joue Gilles Lelouche, alors même que ce dernier s’est refusé à toute rencontre avec moi, arguant du fait qu’il ne voulait pas être « subjugué » ou « déçu ».

Un acteur, pour moi, lorsqu’il joue le rôle d’un individu bien réel qui a inspiré un scénariste,  doit respecter le profil de celui qu’il incarne à l’écran. Et s’il a la chance que ce dernier soit vivant et qui plus est consultant sur le film, le minimum semble au moins qu’il accepte de passer quelques jours avec lui sur le tournage. Au lieu de cela, et c’est Gilles Lelouche lui-même qui le précisera lors d’une interview le 7 septembre 2013 avec Charlotte Bouteloup (Télématin-France 2),  il réécrivait les dialogues et revoyait la mise en scène avec Tahar Rahim lors des soirées à l’hôtel, pendant le tournage en Andalousie. L’acteur a donc arrangé le scénario et les dialogues à sa façon, avec l’aval du prétendu réalisateur.

Dans ces conditions, les états d’âme de Gilles Lelouche sont surprenants.

Alors, pourquoi ce film qui ne représente en rien la réalité ? C’est la question que je me pose et que je pose à Dimitri Rassam !

Pourquoi avoir changé le scénario, le titre du film et le nom du personnage principal ?
J’ai appris de la bouche même d’Abdel Raouf Dafri (qui le tient de Dimitri Rassam avec lequel il a eu une conversation téléphonique assez houleuse à ce sujet) que le changement de mon nom en Marc Duval venait d’informations transmises à SND (le distributeur du film) par un agent de la DST (La Direction de la Surveillance du territoire était un service de renseignements du ministère de l’Intérieur, au sein de la Direction générale de la Police)… Ce mystérieux agent aurait informé la société SND que je serais un individu sulfureux… Et qu’il valait mieux changer mon nom.
Dafri n’en a pas cru un mot, s’est brouillé définitivement avec le producteur et le réalisateur et a tourné le dos au film, 8 jours avant le début du tournage.
Personnellement, je pense qu’il vaut mieux en rire quand on sait que la DST n’existait déjà plus à l’époque de la mise en chantier du film, car remplacée par la DCRI (Direction centrale du Renseignement intérieur) au 1er juillet 2008, et que la postface de mon livre, « Infiltré, au coeur de la mafia », fut écrite par un ancien patron de la DST !

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Ça mitraille un peu partout dans l’hexagone.

Tout va très bien!

Le ministre de l’intérieur protège nos régaliens, gendarmes, pompiers et policiers….!!!

Pour les douaniers, on ne sait pas encore s’ils bénéficieront de la protection de « SuperDarmanin »!  Peut-être avec un rattachement à la place Beauvau?

Pour les citoyens, rien de changé!

Superman a 80 ans : retour sur la naissance d'un mythe

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A l’époque, ces 1 332 kilos dissimulés dans une trentaine de valises à bord d’un vol Air France Caracas-Paris étaient considérés comme la plus belle saisie dse coke sur le territoire francais .

Le 23 septembre 2013, le ministre de l’Intérieur d’alors, Manuel Valls, est venu en personne à l’OCRTIS, au siège de la ­Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), à Nanterre, pour féliciter les enquêteurs et saluer le fruit de plusieurs semaines de collaboration avec les polices espagnole, britannique et néerlandaise.

«Cette ­affaire illustre l’intérêt d’un renforcement de la coopération internationale dans la lutte contre les trafiquants», conclut Manuel Valls sur un ton martial.

A côté de lui sur la photo, le commissaire François Thierry savoure sa victoire.

Et comme dans ces grosses affaires de stups, rien n’est simple, Libération révèle aujourd’hui de nouveaux éléments sur cette saisie record de Roissy.

En particulier le témoignage d’un douanier présent ce jour-là, jamais joint à l’enquête, et oui, ça simplifie les procédures, qui montre l’opacité qui a entouré cette opération et la dissimulation d’éléments majeurs à l’autorité judiciaire.

Des révélations qui lèvent un peu plus le voile sur certaines pratiques des services régaliens en charge de lutter contre les stups et qui pourraient, surtout, remettre en cause toute la procédure devant la « Cour d’appel spéciale de Paris ».

Je n’imagine pas Robert Dawes plaider coupable pour éviter un fiasco judiciaire!

Et pourtant, tout avait si bien commencé en 2013, dans la nuit du 10 au 11 septembre.

Vers minuit et demie, un renseignement parvient à l’OCRTIS en provenance de l’Office national antidrogue (ONA) du Venezuela : le vol Air France numéro AF435, qui vient de décoller de Caracas pour Paris, contiendrait une grosse quantité de cocaïne destinée à un réseau britannique.

Des passagers fantômes

Branle-bas de combat à la DCPJ. Dès le lendemain matin, à 7 heures, un dispositif de surveillance est mis en place à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle…

la suite : A lire sur Libé

Pour mémoire

Lors d’une audition dans un autre dossier, Sofiane Hambli avait pourtant lui même reconnu sa participation à la saisie record de Roissy. «Il y a eu une importation de cocaïne en 2013 et j’ai fait croire que c’est moi qui allais permettre de faire sortir de la cocaïne de l’aéroport,a-t-il expliqué. J’ai fait croire que je connaissais des gens qui travaillaient à l’aéroport et qui allaient permettre de faire sortir la drogue

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Déjà, à la DNRED, on ne rêvait que de faire mieux!

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Les autorités britanniques le considèrent comme «l’un des criminels les plus influents et redoutés en Europe». *

Surnommé «le Général» ou «Drug Lord», Robert Dawes, 48 ans, est jugé à partir de ce lundi devant la cour d’assises spéciale d’appel de Paris pour l’importation de plus de 1,3 tonne de cocaïne à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle en septembre 2013.

Avant d’écoper, en décembre 2018, de vingt-deux ans de réclusion criminelle en première instance à la suite de cette saisie controversée, l’homme n’avait encore jamais été condamné pour trafic de drogue.

LIRE

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* Connaissant bien toutes ces autorités britanniques, italiennes, espagnoles ou françaises , il est certain qu’elles ne sont jamais avares, parfois de suppositions hasardeuses, pour conforter un dossier…

A l’OCRTIS de Francois Thierry, comme à la DNRED de Jean Paul Garcia, une telle saisie ne pouvait laisser indifférent et ne pouvait que conforter des rancoeurs déjà bien établies !

Marc Fievet

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« Prépare m’en deux bonnes comme j’aime. »

Isco Tejón, Castaña, affirme que lorsqu’il a fait cette demande au Marocain qui l’écoutait de l’autre côté d’un téléphone sur écoutes policières, il ne parlait que de femmes. Avec le roi du haschich et ses 30 millions d’euros de fortune, c’est presque un acte de foi de croire qu’il ne faisait pas référence à deux de ces narco-bateaux qui alimentent l’Europe avec des tonnes de drogues, dans un flux constant que même la crise des coronavirus n’a pas atteint.

Dans le détroit de Gibraltar, les services de la Vigilancia Aduanera, de la Guardia Civil et de la Police ont arrêté Tejon, son frère Antonio et bien d’autres encore, mais le trafiquant de drogue du sud sait toujours s’adapter à toutes les situations qui perturbent ses rotations.

« Une réserve de drogue prise en flagrant délit à côté de l’urbanisation luxueuse de Sotogrande, du coté de San Roque. La remorque d’un bateau semi-rigide abandonné dans le sable d’une plage d’Almería. Un ‘Ceutí’ avec une expérience dans le trafic de drogue, découvert à un barrage routier à Jerez avec 278 000 euros en billets de 10, 20 et 50 euros emballés dans trois sacs en plastique. »

Ce sont toutes des actions de la police, de la Guardia civil et du SVA  qui se sont produites en pleine pandémie.

« Nous pensions que le trafic allait baisser, mais non. Ils continuent jour et nuit! », explique un chercheur qui lutte contre le trafic de drogue en Andalousie. Les chiffres lui donnent raison. Les deux premières semaines de détention, OCON Sur, le corps créé par la Guardia civil pour lutter contre le trafic de drogue plus particulièrement dans le Campo de Gibraltar, a arrêté 58 personnes et saisi 5,5 tonnes de haschisch, des chiffres très proches des périodes antérieures au coronavirus.

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Lire le reportage d’El Pais

 

Operación Mayis. Operaciones de la Guardia Civil. OCON sur, EDOA Málaga, Policía Francesa

Enquête conjointe de la garde civile et de la police française

Démantèlement d’une organisation dédiée au trafic de drogue à destination de Madrid et de la France

Il y a 16 personnes arrêtées et 2400 kilos de haschisch, neuf kilos de marijuana et 17 véhicules ont été saisis.

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27 tonnes pour le Canada

Ricky Anthony Parsons, rentre au port de Clarenville-St Jones, au Nouveau Brunswick.  Son bateau, le « M/V Cutknife II » est chargé de vingt-sept tonnes de cannabis afghan qu’il a récupéré sur le supplyer  en eaux internationales. La Royal Canadian Mounted Police (RCMP)  saisit la cargaison.

5 tonnes pour l’Angleterre

Le 3 novembre, un bateau de pêche, le  » Schema  » est arraisonné par les douanes anglaises à Bideford, en Cornouailles. Il y a cinq tonnes de cannabis afghan à bord.

 

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Aviseur International

Eté 1993

ile-de-SocotraQuelques problèmes en mer d’Oman!

L’intervention américaine en Somalie perturbe les plans. Des avions de l’US Air force ne cessent de survoler la zone où le cannabis afghan enlevé dans la région de Gwadar, sur la côte ouest du Pakistan, devait être transféré à bord du Melor, entre l’extrême Est du Yémen et le Nord de l’île de Socotra.

Le cargo iranien qui avait chargé  dans le port pakistanais n’a pu attendre le Melor et a improvisé en transférant les trente-deux tonnes  à bord d’un discret boutre local qui attend sagement le navire Melor dans la zone de Obock, au nord-est de Djibouti, sans attirer l’attention des pilotes américains.

Obock.8

D’un saut d’avion, NS 55 va rejoindre l’équipage en escale à Djibouti avant l’opération de chargement, et s’assure que tout est en ordre.

Le transbordement  s’effectuera le 14 juillet  1993 sans problème.

MELORM/S Melor finançé à l’origine par la…

Voir l’article original 230 mots de plus

Mon cher Michel

Mon cher administrateur des douanes

Mon cher responsable des affaires juridiques et contentieuses

Mon cher menteur

Mon cher tartuffe

Relisant en ces journées de confinement que je supporte avec légèreté après celles que je dus subir suite aux cascades de lâcheté de tes semblables de la DG de la douane française, j’ai pu constater avec effroi que tu étais particulièrement performant dans l’art de la rhétorique mensongère. Il fallait que la lâcheté de François Auvigne fût effacée.

Ô, mon cher Michel, mon cher administrateur des douanes, mon cher responsable des affaires juridiques et contentieuses, mon cher menteur, mon cher tartuffe, constater une fois encore tes savantes manœuvres pour dégager la responsabilité de l’administration des douanes ne m’ont permis que de faire un constat, accablant pour toi, comme pour tes prédécesseurs Elizabeth Melscoet, Thomas Charvet et le gredin Erwan Guilmin : vous êtes des menteurs institutionnels !

Mon cher Michel, mon cher administrateur des douanes, mon cher responsable des affaires juridiques et contentieuses, mon cher menteur, mon cher tartuffe, sais tu que je ne peux accepter cette infamie savamment distillée par tes écris mensongers. Il m’est insupportable de constater qu’après avoir été encensé puis encouragé à infiltrer et infiltrer encore, tu ne souhaitais que flétrir tant de lauriers amassés. Mes actions qu’avec respect toute la hiérarchie de la DNRED admirait, mes informations précises qui tant de fois ont permis des saisies importantes, tant de fois valorisaient un service… aux actions que tu ne connais même pas! Tu m’as trahi comme tu as trahi l’honneur de la douane tout entière en ne faisant rien pour moi. Ô cruel souvenir de ma gloire passée ! Œuvre de tant de jours en un jour effacée ! Précipice élevé d’où tomba mon honneur ! Sans qu’un seul instant, ta réflexion ne te permit de retrouver le chemin de l’honneur!

Mon cher Michel, mon cher administrateur des douanes, mon cher responsable des affaires juridiques et contentieuses, mon cher menteur, mon cher tartuffe, toi qui occupe un haut rang d’administrateur, comment peux tu l’occuper sans honneur? Tu as préféré emprunter les affabulations de tes prédécesseurs pour m’écarter de toutes réparations. Seras-tu un sprinter comme ce faquin de Gérard Schoen si tu me rencontrais ou préférerais-tu jouer les timides dédaigneux, comme le fit Corinne Cleostrate, et t’éloigner sans me regarder?

Mon cher Michel, mon cher administrateur des douanes, mon cher responsable des affaires juridiques et contentieuses, mon cher menteur, mon cher tartuffe, relire encore que toutes les turpitudes subies ne seraient la résultante que d’une erreur d’appréciation de ma part sur l’engagement de la douane sur lequel j’étais persuadé pouvoir compter, me trouble. En homme d’honneur que je suis, habitué à la parole donnée, il m’était difficile d’imaginer que tant de bassesses pouvait t’habiter.

Mon cher Michel, mon cher administrateur des douanes, mon cher responsable des affaires juridiques et contentieuses, mon cher menteur, mon cher tartuffe, je te croyais honnête et factuel, n’hésitant pas à t’informer avant de m’emballer dans des écrits totalement infondés. Non, tu n’as rien demandé, te permettant alors de tordre le cou à la vérité des faits.

Mon cher Michel, mon cher administrateur des douanes, mon cher responsable des affaires juridiques et contentieuses, mon cher menteur, mon cher tartuffe, merci de transmettre mes meilleures civilités à ton entourage…douanier.

Marc Fievet

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Malgré la crise sanitaire et les nombreuses mesures restrictives de déplacement, les organisations criminelles n’entendent pas abandonner le trafic et cherchent comment s’adapter aux nouvelles conditions imposées à leur commerce illégal qui leur permet, en temps normal, de fournir chaque mois en moyenne 35 tonnes de cannabis, 2 tonnes de cocaïne, 850 kg d’héroïne ou encore 500 000 comprimés d’ecstasy.

Dans un document intitulé « Note de situation sur l’impact du coronavirus sur la criminalité liée au trafic de stupéfiants », de la fin du mois de mars, l’office antistupéfiants (OFAST) de la police judiciaire revient sur la situation du trafic et décrit les moyens par lesquels les groupes criminels tentent de contourner les restrictions liées à la crise sanitaire pour continuer à acheminer de la drogue sur le territoire français.

Fin des « mules » et des « go fast »

L’OFAST note tout d’abord que « tous les vecteurs par lesquels les stupéfiants alimentent les points de vente sont fortement ralentis ou à l’arrêt complet. Cette situation ne permet plus d’acheminer les quantités auxquelles le marché s’était habitué. Le contexte de la lutte contre les trafics a ainsi radicalement changé. »

« L’arrêt des importations a interrompu l’arrivée de grandes quantités de stupéfiants qui sont en attente sur le territoire espagnol », souligne l’OFAST.

C’est par exemple le cas des « mules » transportant de la cocaïne au départ de Cayenne vers la métropole, dont le flux s’est totalement estompé depuis le 21 mars, souligne l’office.

LIRE

*Ne serait-ce que pour obtenir des masques, produits totalement légaux, et sans risques à acquérir, nous constatons la totale incapacité des décideurs et des services! C’est vrai que les commissions occultes en retour , cela se négocie et fait prendre du retard à la finalisation du deal!

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Arrêté du 20 septembre 2005 portant délégation de signature (direction générale des douanes et droits indirects) – Article 19

 

 » Délégation est donnée à M. Erwan Guilmin, administrateur civil et à Mme Elisabeth Melscoet , inspectrice principale des douanes, à l’effet de signer, au nom du ministre délégué au budget et à la réforme de l’Etat, porte-parole du Gouvernement, toutes pièces relatives aux affaires de la compétence du Conseil d’Etat, des cours administratives d’appel ou des tribunaux administratifs ainsi que tous documents comptables intéressant la direction générale des douanes et droits indirects. »

Le 30 juillet 2010, Erwan Guilmin a été le signataire au nom du Ministre du budget, d’un mémoire de onze pages destiné à transformer l’action menée par Marc Fievet, AKA NS 55 DNRED, pour permettre de rejeter sa demande d’indemnisation que ses avocats avaient déposée auprès du tribunal administratif.

Après vérifications faites auprès des douaniers du service opérationnel de la DNRED, Erwan Guilmin n’a jamais posé la moindre question concernant l’action de cet aviseur, pourtant considéré par le ministre Michel Charasse et par toute la hiérarchie douanière comme accomplissant une mission d’agent infiltré.

 

Christian Gatard, chef de l’échelon DNRED de Nantes écrira à Marc Fievet le 4 mars 2014:

« Comme je viens de te le dire par tel, j’ai lu ce mémoire dont je n’avais jamais entendu parler, ce qui veut dire que l’on ne m’a jamais consulté depuis mon départ à la retraite en 2006.
Je partage ton analyse globale: j’ai notamment noté que dès les premiers § il est écrit que tu as donné « quelques renseignements » ou quelque chose comme ça. Inutile de te préciser que ton rôle est largement sous estimé. »

Jean Henri Hoguet, (photo à gauche), patron de la DNRED, qui avait organisé le recrutement de Marc Fievet à Gibraltar, n’a jamais été contacté.

Est-ce à dire que l’administrateur civil Erwan Guilmin s’est autorisé à déformer la vérité des faits pour satisfaire les souhaits du directeur général de l’époque Jérôme Fournel (photo à droite)

Certes, la récompense est venue quelques années plus tard lorsqu’Erwan Guilmin a pris la direction de la DOD (Direction des opérations Douanières) à la suite de Vincent Sauvalere.

Comment puis-je aujourd’hui écrire ces quelques lignes ?

C’est qu’il s’avère en effet que l’énarque, administrateur civil, Erwan Guilmin est un faussaire, d’État certes, mais un faussaire quand même, puisque non content d’avoir faussé la totalité de l’action de Marc Fievet auprès de la DNRED, il a quelques années plus tard confirmé sa qualité de faussaire en étant confondu d’avoir modifier délibérément un document classé « Secret Défense » qui démontrait sa connaissance et sa participation à des faits habituellement reprochés aux escrocs internationaux et au monde du crime organisé. De caviardage tout simplement, l’énarque Erwan Guilmin s’est rendu coupable sur un document que l’on devrait considéré comme sacré puisque classé secret défense.

Pour Erwan Guilmin, tout va bien, Jérôme Fournel l’a reclassé à Bercy comme « Chargé de mission à la sous-direction des politiques sociales – Secrétariat général » au Ministère de l’économie et des finances et ce depuis janvier 2018, où il n’apparait jamais.

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Thomas Charvet – Bruxelles

Conseiller Douanes – Contrôle et gestion du risque, accises et autres fiscalités, OMD), Union douanière GUD (législation, systèmes d’information, douane électronique, tarif douanier, accords internationaux, mouvements argent liquide, biens culturels

qui, au nom du ministre chargé des douanes, rédigea les 26 janvier 2012, 17 février 2012 et 30 spetembre 2013, trois réponses en défense pour le ministre du Budget sans se renseigner sur la réalité du dossier de Marc Fievet auprès des douaniers directeurs de la DNRED, Jean Henri Hoguet, Bernard Pouyanné, Jean Puons, Gérard Estavoyer, Jean Paul Garcia.

Document incomplet et arrangé, dans lequel les mensonges sont entremêlés savamment au milieu de vérités.

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Elizabeth Melscoet de la DG de la Douane (DGDDI), au nom du ministre chargé des douanes, dans la limite de ses attributions, peut signer toutes pièces relatives aux affaires de la compétence du Conseil d’État, des cours administratives d’appel ou des tribunaux administratifs, tous documents comptables intéressant la direction générale des douanes et droits indirects, les pouvoirs de représentation en justice, les décisions relatives aux demandes de bénéfice de la protection fonctionnelle des agents de l’État ainsi que les habilitations des agents des douanes visées à l’article 64 du code des douanes, à l’article L. 38 du livre des procédures fiscales et à l’article 64 du code des douanes dans ses versions respectivement applicables à Saint-Pierre-et-Miquelon, à Wallis-et-Futuna, en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie…. ne posa aucune question aux douaniers directeurs de la DNRED, Jean Henri Hoguet, Bernard Pouyanné, Jean Puons, Gérard Estavoyer, Jean Paul Garcia, concernés par l’affaire de Marc Fievet, AKA NS 55, avant de rédiger le 21 mai 2015 une réponse incomplète, arrangée et mensongère au TA (Tribunal administratif).

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Michel Baron – administrateur des douanes, qui, au nom du ministre chargé des douanes, dans la limite de ses attributions, peut signer toutes pièces relatives aux affaires de la compétence du Conseil d’Etat, des cours administratives d’appel ou des tribunaux administratifs, tous documents comptables intéressant la direction générale des douanes et droits indirects, les pouvoirs de représentation en justice, les décisions relatives aux demandes de bénéfice de la protection fonctionnelle des agents de l’Etat ainsi que les habilitations des agents des douanes visées à l’article 64 du code des douanes, à l’article L. 38 du livre des procédures fiscales et à l’article 64 du code des douanes dans ses versions respectivement applicables à Saint-Pierre-et-Miquelon, à Wallis-et-Futuna, en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie…. ne posa aucune question aux douaniers directeurs de la DNRED, Jean Henri Hoguet, Bernard Pouyanné, Jean Puons, Gérard Estavoyer, Jean Paul Garcia, concernés par l’affaire de Marc Fievet, AKA NS 55, avant de rédiger le 19 janvier 2016 une réponse incomplète, arrangée et mensongère au TA (Tribunal administratif).

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A Bercy, l’administrateur civil voyou Erwan Guilmin, l’administrateur civil Thomas Charvet, l’administrateur des douanes Michel Baron comme Elizabeth Melscoet de la DG de la Douane (DGDDI), certainement des grands spécialistes des actions d’infiltration à l’international, ont réécrit l’histoire en interprétant les actions que Marc Fievet a menées pour le compte de la DNRED, dans le seul but de dégager la Douane Française et la DNRED de toutes responsabilités.

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Après la politique, le terrorisme.

John Short me l’a clairement indiqué: le Melor ne va pas faire du cabotage.

Mon gentil trafic entre le Maroc et l’Espagne, voire l’Italie, n’était que de l’artisanat à côté de ce que Short me laisse entrevoir. On ne parle plus de cannabis, ni de Tanger, mais de cocaïne et des Caraïbes, et je dois impérativement en tenir compte pour les travaux de mise à niveau de mon cargo. Celui-ci doit être absolument fiable, je ne peux m’aventurer en haute mer, pour de longues traversées, sans un maximum de sécurité. J’en parle longuement avec Ralf De Groot qui m’avertit que la sécurité et la belle mécanique ont un coût. Lorsqu’il me montre le calcul, le total me donne le vertige. J’en avise mon commanditaire anglais qui tousse un peu mais finit par se ranger à mes arguments et accepte de régler les factures. En bon commerçant, il comprend que la fiabilité du bateau rassure le client, convaincu que ses commandes arriveront à bon port.

Parkhave Rotterdam


Le principe de réparations et d’aménagements lourds est donc acquis, ce qui va m’obliger à rester à Rotterdam pendant deux mois et demi. Le Melor disposera d’une autonomie de soixante-dix jours de mer. Mais pour cela il faut installer de nouveaux réservoirs de fuel et donc, également, de nouvelles canalisations. Nous sommes loin du bricolage prévu au départ et cette nouvelle orientation n’échappe pas aux douaniers hollandais.Mon équipement de bord les avait déjà intrigués, voilà qu’ils s’interrogent maintenant sur mes aménagements et me demandent des comptes sur mes projets.Cette fois l’heure n’est plus aux civilités et je me fâche lorsqu’un officier de la Douane hollandaise vient à nouveau me poser des questions :-Ceci est mon bateau, j’en fais ce que je veux. Pour votre information, j’ai l’intention de commercer et de monter une affaire avec un pays d’Amérique centrale. J’aurai besoin de mon cargo pour transporter du matériel et des marchandises. Jusqu’à preuve du contraire ce n’est pas interdit et je suis bien aimable de vous en aviser. Le douanier grommelle quelques remarques que je n’écoute pas, puis rejoint le quai. Je sais fort bien qu’il ne va pas se contenter de ces explications et qu’il me demandera d’autres précisions. Je devrai les lui fournir et pour cela une évidence apparaît : je dois effectivement lancer un projet avec un pays d’Amérique centrale, ou, en tout cas, en donner l’impression.Je ne manque pas d’imagination et la démesure ne m’effraie pas. Je consulte un atlas et je décide tout à fait arbitrairement d’implanter une affaire sur la côte Atlantique du Guatemala. La base étant définie, j’opte pour la création d’un complexe hôtelier autour d’une marina. C’est ambitieux, mais seul un projet ambitieux peut motiver les autorités locales et les pousser à me fournir les cautions et les justifications que les douaniers vont me demander à coup sûr. Aidé par un juriste, j’échafaude mon projet avec le plus grand sérieux pour le rendre crédible, puis je prends contact avec l’attaché commercial de l’ambassade du Guatemala à Madrid. Un rendez-vous est fixé et je fais un aller-retour en Espagne pour peaufiner le projet et lui donner corps. Un lieu précis est déterminé : Puerto Barrios, qu’il faut aller reconnaître. Pour me justifier aux yeux des douanes, je dois aller jusqu’au bout de l’illusion et j’envoie à Guatemala City mon fils Laurent et un ami, cadre commercial, totalement étranger à tous trafics, rencontré à Gibraltar, qui parle parfaitement espagnol. Avant leur départ je les invite, bien sûr, à susciter et multiplier les actes écrits avec les autorités et les entreprises. Paré de ce côté, je dois maintenant m’occuper de l’autre volet de mes travaux sur le Melor : leur financement. Le chantier de Parkhaven m’a présenté une première facture que je dois régler et j’appelle mon caissier à Londres. John Short tient parole et m’invite aussitôt à le rejoindre au Croydon Palace Hôtel, juste en face de la Cour de Justice, dans la banlieue de Londres où il me remettra l’argent. Mais il s’inquiète :

-Comment comptes-tu sortir une telle somme en argent liquide d’Angleterre ?

-Je me débrouillerai, j’ai l’habitude. En fait d’habitude j’appelle aussitôt Gatard pour qu’il demande de l’aide à son homologue anglais. Il ne peut tout de même pas refuser. Quelques jours plus tard, je suis assez satisfait de passer devant les douaniers de l’aéroport d’Heathrow sous la discrète protection de John Hector, l’un des leurs, sans même leur montrer la moindre pièce d’identité. Je n’ai même pas cherché à dissimuler les liasses de livres sterling serrées dans une pochette en plastique au fond de mon sac de voyage, puisque pour plus de sûreté, c’est John Hector lui-même qui portait mon sac. Sous l’impulsion de Ralf, les travaux ne prennent pas de retard et je peux bientôt communiquer avec exactitude à John Short la date où le Melor sera prêt à appareiller. Il me donne alors plus de détails sur l’opération que je vais mener et, brusquement, je comprends pourquoi les Anglais s’intéressent tant à lui :-Marc, tu pars dès que le bateau est paré. Tu vas charger une tonne de cocaïne aux Caraïbes que tu livreras à des gens de l’IRA. C’est urgent, ils ont besoin d’argent, et moi aussi. Nous avons déjà perdu trop de temps. Je te préciserai le programme plus tard. Pour l’instant je peux juste te dire que tu déchargeras près d’Oban, en Écosse. Tu peux aller repérer les lieux et chercher le site qui te convient. Tiens-moi au courant. Je sens que Short ne tient pas à en dire plus pour le moment mais je l’interroge tout de même car l’information qu’il vient de me donner sans la moindre précaution me paraît énorme :

-John, l’IRA donne dans le trafic de drogue ?

Allons Marc, tu n’es pas naïf, ça coûte cher la clandestinité. A ton avis, ils vivent de quoi ? Des dons des militants ? Et les armes, les bombes, ça pousse dans les champs comme les salades ? Au revoir Marc, je te rappelle.

Après le GAL en Espagne, l’IRA en Irlande… Décidément les trafics de drogue ne profitent pas qu’aux dealers des banlieues et je me pose des questions sur la volonté de certains États d’y mettre un terme. Pour alimenter certaines caisses noires quoi de plus anonyme et discret qu’une livraison dans un charmant petit port ? Pas de paperasse, pas de trace, pas de TVA et le contribuable n’est même pas floué…En tout cas j’ai la certitude que je viens de franchir un palier. Je naviguais en eaux troubles, je plonge en eaux profondes.

Christian Gatard

Christian Gatard, le patron de la DNRED de Nantes émet un long sifflement lorsque je lui révèle mon information:

C’était donc ça, les British se doutaient que par Bob Mills, puis John Short, ils allaient remonter jusqu’à l’IRA. Je comprends mieux, il ne s’agit plus seulement de saisir des stups mais surtout de coincer salement des indépendantistes irlandais. C’est une toute autre dimension.

Bobby Mills

Avec Christian je ne cherche pas à jouer l’oisillon tombé du nid: depuis le temps, je suppose quand même que les flics anglais se doutent bien que l’IRA ne vit pas d’oboles ?

C’est certain. Tu vois bien qu’ils ne pistaient pas Mills par hasard. Mais, entre savoir et prouver, il y a un grand vide juridique.

Je constate encore que tous les mouvements clandestins du monde, qu’ils soient de droite ou de gauche, n’existent que par les trafics, mais que le lien entre la drogue et le financement du mouvement n’est jamais évident, sans compter que, bien souvent, la politique vient encore compliquer les choses. Même très riches, les États n’aiment pas mettre la main à la poche, alors, si leurs protégés peuvent subvenir à leurs besoins, ils ferment pudiquement les yeux sur les méthodes et, éventuellement, donnent même un petit coup de pouce. Ce qui ne les empêche pas, parallèlement, d’engloutir des sommes colossales dans la lutte contre les trafics à grand renfort de beaux discours et de bonnes intentions.Tous les policiers, tous les douaniers du monde sont d’accord sur ce point, ce qui ne les empêche pas de traquer les trafiquants pour la plupart d’entre eux avec pugnacité, conviction, voire avec courage, ce qui est d’autant plus admirable. Pour l’heure c’est ce que font les douaniers de Nantes et ceux de Londres, les HM Customs excise officers.

George Atkinson

En apprenant que je vais livrer pour l’IRA, le contrôleur George Atkinson s’autorise une sorte de glapissement qui doit traduire chez lui une intense euphorie, et propose immédiatement de mettre l’un de ses hommes à ma disposition pour aller repérer les lieux de la livraison.

Un rendez-vous est prévu à l’ambassade de France, dans le bureau de l’attaché des Douanes, Marc Lerestre, pour monter l’opération. Nicole, la secrétaire de la DNRED de Nantes m’y accompagne pour représenter le service et ramener quelques documents confidentiels que Lerestre doit lui remettre. Il fait gris et il pleut

lorsque nous arrivons devant le King’s Gate House, 115 High Holborne, annexe de l’ambassade de France. Dans le hall, Marc Lerestre discute déjà avec un officier des Douanes anglais, John Hector. C’est lui qui va nous accompagner en Écosse. Les présentations effectuées, nous montons dans le bureau de l’attaché des Douanes qui a déjà étalé une carte des côtes écossaises sur une table ronde. John Hector pointe tout de suite son doigt sur le golfe de Murray, à l’ouest, et le canal Calédonien qui relie la côte ouest à la côte est de l’Ecosse. C’est dans cette zone que l’on m’a demandé de livrer et c’est donc là où nous allons nous rendre demain. Je loue une voiture à mon nom à l’aéroport de Glasgow et j’inscris John Hector comme conducteur parce que je n’ai pas l’habitude de la conduite à gauche. Un tout petit détail qui me lie par contrat aux douanes anglaises et scelle notre coopération.

King’s Gate House, 115 High Holborne

Pour mes trois compagnons de voyage, notre séjour écossais se transforme bien vite en circuit touristique. Ne connaissant rien aux manœuvres que je vais avoir à exécuter, ils ne me sont d’aucune utilité. Aussi, la plupart du temps, je leur laisse la voiture, préférant prospecter les ports et longer les côtes seul et à pied.

Nous restons trois jours sur le secteur et je fixe mon choix sur un tout petit port assez isolé, près d’Oban, face auquel je pourrai mouiller sans trop attirer l’attention. Un Zodiac viendra prendre la marchandise et la mènera jusqu’à un camion garé le long du canal Calédonien. La suite ne me regarde plus, elle concerne John Hector qui m’assure que son service n’a encore rien prévu. Le repérage est terminé, je rentre à Rotterdam.

Pas pour longtemps. Je reçois très vite un appel téléphonique de John Short. Je dois partir à Dublin


immédiatement et prendre une chambre dans un hôtel dont il me donne le nom. Puis il m’indique un jour, et l’heure exacte à laquelle je devrai me trouver au bar de cet hôtel. C’est concis. Au jour dit, à l’heure dite, je suis à mon poste. J’ai repéré le téléphone posé au bout d’un assez joli bar en bois et je me suis installé à la table la plus proche en commandant une « lager beer ». Cet instant m’excite, mais en même temps je pense que tout cela n’est qu’un jeu. Ce téléphone que je fixe intensément ne peut pas sonner, on ne voit cela que dans les films…Et pourtant il sonne. Incrédule, je refuse de regarder le barman, qui fait répéter un nom pour la troisième fois, et j’accroche mon regard sur le programme d’un singing-pub affiché en face de moi entre un jeu de fléchettes et une vieille publicité pour la Pelforth.

– Mister Fiévet ?

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« Dans le cadre de la création de l’OFAST nous allons analyser ce qui se passe et tenter de travailler autrement pour arriver à endiguer ce phénomène avec l’ensemble des acteurs. Mais cela se fera avec les mêmes moyens, car il ne faut pas rêver, on n’aura pas 200 à 300 fonctionnaires qui arriveront en plus demain matin, donc le défi est : comment, avec les mêmes moyens, nous pouvons travailler mieux. »

L’Office anti-stupéfiant (Ofast), qui était l’une des grandes mesures annoncées par le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner le 17 septembre 2019 dans le cadre de l’annonce du plan national de lutte contre les stupéfiants, est opérationnel depuis le début de l’année. Elle se substitue à l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Octris) et à la Mission de lutte anti-drogue (Milad) et devient le chef de file
unique de la lutte anti-drogues en coordonnant le travail des policiers, des gendarmes, des douaniers, des magistrats, des militaires des trois armées et des diplomates.

L’Ofast, qui dispose de quelque 150 hommes et femmes et de 16 antennes en métropole et outre-mer, est dirigé par un haut responsable de la police nationale, le commissaire divisionnaire Stéphanie Cherbonnier, secondé par un magistrat, le procureur Samuel Vuelta Simon et par Jean-Philippe Reiland, colonel de gendarmerie.

Le commissaire divisionnaire Christian Nussbaum est le directeur inter-régional de la police judiciaire Antilles-Guyane dont le siège est en Guadeloupe et qui a en charge l’Ofast Antilles-Guyane.

RFI :
Christian Nussbaum, vous qui avez connu l’Octris, vous êtes désormais en charge aujourd’hui de l’Ofast pour les Antilles-Guyane, qu’est-ce qui a changé avec cette nouvelle superstructure ?

Christian Nussbaum :
Aujourd’hui, il y a un chef de file dans la lutte contre le trafic de stupéfiants qui a été désigné par le ministre : c’est la police judiciaire par l’action de l’Ofast qui est directement rattachée au directeur central de la police judiciaire.

La marque forte de cette structure est de faire travailler ensemble tous les services qui travaillent encore sur les stupéfiants (stups) de façon un petit peu séparée. Aujourd’hui, c’est vraiment institutionnalisé, il doit y avoir mise en commun, réunion autour d’une table et enquête commune. C’est quelque chose qui s’est mis en place au travers des  » cross  » qui sont des centres de renseignement opérationnel sur le trafic de stupéfiant, à l’image de la  » cross  » de Marseille qui réunit tous les acteurs de la lutte contre le trafic de stupéfiant depuis déjà un petit moment. C’est la mise en commun du renseignement et du travail sur les enquêtes entre douane, police, gendarmerie, et tout cela sous l’autorité des magistrats qui dirigent les enquêtes. Les axes prioritaires de ce travail, ce sont le flux rentrant en provenance d’Amérique du Sud, le flux rentrant en provenance d’Espagne, et à l’intérieur du pays, c’est la lutte contre le narco-banditisme et le trafic dans les cités.

Pour vous qui êtes en charge de la lutte contre les stupéfiants sur les Antilles-Guyane, comment voyez-vous cette problématique aux Antilles ?

C’est une problématique de cocaïne principalement mais aussi d’herbe de cannabis et, depuis une date qui est plus récente, de résine de cannabis. Car il y a une forte augmentation du trafic qui est due aux possibilités d’échange de la résine de cannabis contre de la cocaïne sur les Antilles. La cocaïne qui vient des pays producteurs (Colombie, Pérou, Bolivie) est disponible aux Antilles et peut être échangée contre de la résine de cannabis importée par les trafiquants de métropole pour la même quantité, soit 1kg de cocaïne pour 1kg de résine de cannabis. Les trafiquants arrivent aux Antilles avec 1kg, 10kg ou 100kg de résine de cannabis et ils
repartent avec 1kg, 10kg ou 100kg de cocaïne. Dans ce troc, qu’on appelle le 1 pour 1, le kilo de résine se négocie entre 1 000 et 3 000 euros, cela permet aux trafiquants de toucher des kilos de cocaïne à ce
prix et d’avoir une énorme marge de progression. Le trafic est donc en augmentation de par la disponibilité de la cocaïne et de par son faible coût aux Antilles.

Le trafic aux Antilles est surtout à destination de l’Europe et de la France métropolitaine en particulier et
donc il y a aussi aux Antilles la problématique des mules (des passeurs de drogue). Car les mules ne sont que le flux sortant des Antilles et s’il y a un flux sortant, c’est qu’il y a un flux entrant de cocaïne et elle rentre par le trafic inter-îles. Donc, on essaye de mieux lutter contre ce trafic inter-îles.

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Le nombre de passeurs de cocaïne interpellés en provenance de Guyane a plus que doublé l’année dernière, pour s’élever à 1.349 passeurs. Les filières sont en pleine explosion, au point de dépasser les capacités de la police à enrayer le phénomène…

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FRANCE 🇫🇷 (DNRED de la Douane française): relire l’interview de Marc Fievet par 24 Ore

Publié: 29 février 2020 par Marc Fievet dans 36, Aeronarcotrafic, AFRIQUE, Allemagne, AMERIQUE CENTRALE - CARAÏBE, AMERIQUE du NORD, AMERIQUE du SUD, Balkans, Belgique, Blanchiment, Canada, Canaries, Cannabis - Hachis - Haschich, Ceuta, Cocaïne, Colombie, Corse, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, Espagne, EUROPE, France, Gendarmerie, GIBRALTAR, GRC - RCMP (Canada), Guardia Civil, Guardia di Finanza, HM Customs Excise (UK), INTERPOL, Irlande, Italie, Justice, MAFIA, Malte, Maroc, Narco-logistique, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, Narcotrafic maritime, NCA, NS 55, OCRTIS, OFAST, Pays-Bas, Police, Policia, Pologne., Portugal, Saint-Martin, Santo Domingo, Sardaigne, Sénégal, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, Suisse, SVA, TRACFIN, UK, USA, Venezuela
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Marc Fiévet est une sorte de Donnie Brasco à la française – du nom de cet agent qui a infiltré des années durant une des principales familles de la mafia italo-américaine et dont l’histoire avait été portée à l’écran avec le duo Johnny Depp-Al Pacino.

Michel Charasse

A partir de1988, à la demande des autorités douanières françaises et de leur service action, la DNRED, l’agent NS55 a vécu au cœur d’une des principales organisations du trafic mondial, en devenant le numéro deux opérationnel. Fiévet a notamment été encouragé dans son action par le ministre du Budget de l’époque, Michel Charasse. Présenté par la justice canadienne comme le n° 1 du trafic mondial, condamné à perpétuité au Canada, finalement extradé, il aura au final payé de 11 années de prison les risques qu’il a pris pour le compte du gouvernement français, après avoir été lâché par ceux qui l’avaient envoyé au combat. En première ligne.

Claudio Pasquale Locatelli

24 Ore : C’est nous qui lui avons appris la nouvelle de la chute de Locatelli. Fiévet a travaillé à ses côtés pendant des années. Au cœur d’une des principales organisations du trafic international de came. En dépit de son évasion de la prison de Grâce en 1989, peu de monde sait qui est Locatelli en France. Après ceci, vous n’aurez plus d’excuses…

24 Ore: On vient d’apprendre ce week-end l’arrestation de Pasquale Claudio Locatelli. Pas vraiment un inconnu, pour vous…Alors, Locatelli, c’est qui?

Marc Fievet

Locatelli, c’était, c’est, et je suis certain que ce sera demain encore, un des principaux distributeurs de la cocaïne colombienne en Europe, doublé d’un des plus importants fournisseurs de cannabis marocain, notamment sur la péninsule italienne. C’est un gros faiseur, comme on dit. Un industriel de la came, pas un petit trafiquant. Du très très lourd. À l’époque où je m’étais rapproché de lui – j’étais chargé du transport et de la logistique de son réseau –, on dépassait toujours les 20 ou 30 tonnes en matière de cannabis. Et en matière de cocaïne, il n’était pas rare de parler de 5, 10 ou 15 tonnes.

24 Ore: Ce Locatelli a plusieurs noms, je crois, de multiples identités…

Oui. Moi, je connaissais Mario Maroni et Claudio Pasquale Locatelli. Plus une autre, que j’ai oubliée.

24 Ore: C’est vraiment la pointure au-dessus?

Quelqu’un d’excessivement brillant. Une belle machine, dotée d’une intelligence supérieure. Un type qui prend d’ailleurs lui-même de la coke pour accélérer ses propres capacités de raisonnement.

24 Ore: Si on établit une sorte de classement du business international de la came, avec de telles quantités, comme celles que vous évoquez, ça le placerait comment?

Écoutez…Là, on parle de l’élite mondiale. Avec Locatelli, on est face aux dix ou quinze personnes capables dans le monde de donner confiance aux expéditeurs et aux fournisseurs, d’une part, et, de l’autre côté, d’être en mesure d’exiger de la part des mafias locales un bon règlement, dans les meilleures conditions. Le genre de choses que peu de personnes sont capables de faire. C’est-à-dire que son nom est une garantie. Clairement, ici, on est au niveau du trafic d’État. Ce monsieur fait partie de ceux qui gèrent un business qui ne peut pas être stoppé par l’activité policière traditionnelle.

24 Ore: Quand on s’appelle Locatelli, les sommes en jeu, ça pèse quoi?

Quand je travaillais avec lui, il prenait 30%de la marchandise. Ça, c’était le prix du passage. En échange, il mettait à disposition les bateaux, l’avion et les infrastructures nécessaires. Très souvent, il négociait aussi l’acquisition des 70 % restants avec les expéditeurs. Il s’occupait lui-même de la redistribution et négociait le prix dans le territoire de destination. À l’époque, le kilo de coke, récupérée par parachutages en mer, se négociait à 2000 dollars. Derrière, pour la revente sur le territoire espagnol, c’était entre 18000 et 20000dollars le kilo. Dans ce cas, généralement, Locatelli redistribuait par 500 kg.

24 Ore: Au fond, il a quoi de plus que les autres? Qu’est-ce qu’il a su faire mieux, ou différemment?

Il a simplement fait grimper le volume des mouvements, n’hésitant pas à passer au stade industriel. Il a été un des tout premiers à faire du regroupement pour plusieurs organisations mafieuses à la fois. Du transport mutualisé, en réalité. Pour ça, il faut avoir la capacité de garantir l’atterrissage de la marchandise, sa tranquillité et sa bonne organisation. Notamment pour éviter que les différents destinataires ne se rencontrent au même moment, et que ça ne dégénère pas. En résumé, Locatelli est à la fois un très fin diplomate, mais avec, derrière, certainement une force de frappe. Deux qualités qui lui permettent d’imposer sa façon de concevoir le business.

24 Ore: Il est très bien entouré, je crois…

Oui. Il a des relais et des connections incroyables. À l’époque, on se retrouvait à l’apéro avec un magistrat. Il avait un avocat rayé du barreau pour quelques irrégularités mais qui avait une connaissance approfondie des procédures judiciaires. Il est capable aussi de trouver des appuis chez les policiers, des services qui lui permettent de repartir (Locatelli a été arrêté à plusieurs reprises en Espagne, avant d’être de façon assez incompréhensible relâché, alors que plusieurs pays demandaient son extradition, ndlr] et d’être à nouveau dehors. Enfin, j’en suis persuadé, il a des connexions étroites avec la DEA (le service anti-stups des Américains, ndlr), qui l’ont certainement aidé à sortir plus d’une fois d’un mauvais pas. Je ne peux pas imaginer avoir payé pour son compte, alors que ma situation d’agent infiltré des douanes était connue, et que lui n’ait pas été poursuivi, sans qu’il y ait eu une intervention des Américains. Il y a eu une guerre des services, et on a préféré sacrifier un agent infiltré français pour laisser se développer un marché qui génère d’énormes profits en matière d’économie souterraine.

24 Ore: Vous semblez toujours amer, même après l’annonce de cette arrestation…

Il y a de quoi. Ce monsieur a été arrêté dix jours avant moi, en 1994. Il a fait un peu de prison. Il est ressorti et s’est arrangé pour être de nouveau arrêté, plusieurs fois.
À chaque fois, il se débrouille pour faire frapper d’annulation toutes les demandes d’extradition, alors qu’il est poursuivi par la France, les États-Unis, le Canada…Une fois encore, j’ai la nausée. Pas parce qu’on vient de l’arrêter, mais parce qu’on m’a laissé pourrir en prison et que je suis toujours considéré comme un narco par le Canada.
Je vais vous dire…On a affaire à des ‘petites frappes’ policières qui font tout, sauf empêcher que nos économies et nos propres banques soient financées par le narcotrafic. Le reste, c’est encore du cinéma.

D’après 24 Ore

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Une partie de la flotte de Claudio Pasquale Locatelli

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General cargo ships PACIFICO

Enregistré à Chypre 🇨🇾 – propriétaire Jurgen Kirchoff financé par Locatelli

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MV Poseidon

Enregistré à Saint Vincent 🇻🇨 – Propriétaire Fortitude Maritime Research ltd à Gibraltar

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MY Sea Harmony

Enregistré à Jersey 🇬🇧 – Propriétaire Charles Henri De Bossieu, un des noms d’emprunt de NS 55

 

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UNODC
Alijo de cocaína
27 Febrero 2020

Un nuevo informe sobre el estado de los estupefacientes en la región revela cómo los máximos históricos de narcotráfico van de la mano con el aumento de la violencia, los esfuerzos por acabar con esta lacra y los desafíos que supone a nivel mundial, entre ellos el uso del lado oscuro de internet, a través de la llamada red oscura o dark web.

El cultivo de cocaína en América del Sur se ha duplicado entre 2013 y 2017, al tiempo que la violencia vinculada a la droga ha aumentado, especialmente en Brasil, Colombia y Venezuela, país este último en el que ha aparecido una nueva red informa de narcotráfico conocida como el Cartel de los Soles”, según revela el último informe 2019 de la Junta Internacional de Fiscalización de Estupefacientes.

La superficie total destinada al cultivo ilícito de la planta de coca en América del Sur creció de las 120.600 hectáreas en 2013 a un récord histórico de 245.000 en 2017.

Al mismo tiempo, el estudio estima que la fabricación ilegal mundial de cocaína también alcanzó un nuevo máximo histórico de 1976 toneladas en 2017, impulsada principalmente por el aumento de la fabricación de cocaína en Colombia.

Pese a la disminución del 1,2% del cultivo ilícito de la planta de coca en Colombia, Luis Alberto Otárola, miembro de la Junta de la Junta definió este problema como “muy complejo y grave”.

“No olvidemos que América del Sur es responsable de la producción total de la hoja de coca, pasta base y clorhidrato de cocaína en todo el mundo. Toda la red y las mafias que se originan para trasladar este producto a Europa y, sobre todo a América del Norte ha corrompido a funcionarios y está implicada con la poca predisposición para combatir esta situación en sistemas corruptos”.

Además, ha creado una economía ilegal que se enfrenta a dos problemas.

“Uno, existe una sofisticación en el envío de estos productos, recordemos las incautaciones que se han realizado de minisubmarinos que utiliza el narcotráfico, se han detectado avionetas que van a África, avionetas que permanentemente hacen una ruta del norte de Sudamérica hacia Honduras y El Salvador y de ahí a América del Norte; y también los problemas de violencia social que esto genera. En el informe confirmamos que el 33% de los homicidios mundiales ocurren en América Latina y el Caribe, lo que la convierte en una de las regiones más violentas del mundo”.

El estudio indica que en el Brasil, Colombia y Venezuela la tasa de homicidios es superior a la media regional de 22 por 100.000.

Hay que mejorar la coordinación ente países

Otárola destacó que trabajan codo a codo con los Gobiernos para tratar de apoyarlos en los grandes esfuerzos que la Junta, conocida por sus siglas como JIFE, ha detectado para enfrentar este tema.

“La gran preocupación que tiene JIFE en estos momentos es el crecimiento en la superficie de coca ilegal en los países de la región andina. ¿Por qué? Porque también se ha incrementado la producción potencial de cocaína a un récord histórico de casi 2000 toneladas, según nuestras mediciones”.

Destacó que estas aproximadamente 2000 toneladas se reparten al resto del mundo creando un serio problema internacional.

“Lo que nosotros creemos es que los países también tienen en este momento que mejorar la coordinación y la medición. Hay un país de la región andina que no está midiendo la superficie ilegal de coca generando algunos problemas para elaborar un informe conjunto sobre la región andina. Pero en la perspectiva que hemos trabajado recomendamos que se retome la iniciativa y el modelo de desarrollo alternativo, integral y sostenible que en el caso de Perú ha funcionado muy bien en los últimos años y que tiene que replicarse en las regiones de Sudamérica”.

JIFE
Luis Otárola Peñaranda, abogado miembro de la Junta Internacional de Fiscalización de Drogas.

Las rutas de la cocaína

La gran mayoría de estas 2000 toneladas va del mercado colombiano hacia los Estados Unidos donde se detectó una alta pureza de la cocaína, con el consiguiente aumento de los precios y un rebrote del consumo debido a su alta sofisticación.

Otra gran parte se destina al mercado europeo a través de los puertos africanos o directamente a los muelles del viejo continente, principalmente en Holanda y España.

“Y de la cocaína que sale de Perú y baja desde Colombia por el río Amazonas también se proyectan como países de tránsito por Guyana y Venezuela. También tenemos datos que estaría saliendo ingentes cantidades de este producto hacia Europa por esta ruta: Brasil, Guyana, Venezuela”.

Según el experto, los mayores envíos se producen por vía marítima adheridos a mercancías aparentemente lícitas ya que es más barato.

Venezuela y el “Cartel de los soles”

El informe señala que “en los últimos años, los grupos delictivos organizados han transportado grandes cantidades de drogas ilícitas a Europa y los Estados Unidos desde Colombia, pasando por la República Bolivariana de Venezuela”.

Para controlar ese tráfico, según el documento, en particular el de cocaína a través de Centroamérica con destino a los Estados Unidos, los grupos delictivos organizados controlan los puertos marítimos y utilizan aeronaves ligeras, con las que realizan vuelos ilegales.

A continuación, revela que “hay indicios de que, en la República Bolivariana de Venezuela, los grupos delictivos han logrado infiltrarse en las fuerzas de seguridad gubernamentales y han creado una red informal conocida como el ‘Cártel de los Soles’ para facilitar la entrada y salida de drogas ilegales”.

A este respecto, Otárola indicó que las fuentes de la Junta son “confiables y verificadas”.

“Es uno de los casi 900 párrafos de nuestro informe en el que, efectivamente, se recoge el problema de tránsito en Venezuela y la probable infiltración de una red informal en los sistemas de seguridad. Eso es lo que ha informado la JIFE. Se lo ha alertado también a los Estados que guardan relación con este tema y lo que nosotros conversamos con los Estados es una cooperación reservada”.

El experto indicó que, antes de su publicación comparten el informe con todos los Estados y, posteriormente , se producen reuniones bilaterales con muchos de ellos donde trabajan para mejorar algunos temas detectados en sus estudios anuales.

“Con Venezuela hubo una reunión en Viena y esa reunión la JIFE la mantiene en reserva porque solo es de interés para los Estados y nuestra institución”, dijo.

El problema de las pandillas en América central

En América Central y el Caribe, la JIFE observa dos problemas concretos: que forma parte de una zona de tránsito, en especial de cocaína en dirección a los Estados Unidos y la carencia de una estructura de programas de atención de los grupos delictivos organizados, como las bandas locales.

“Las pandillas locales y los grupos delictivos siguen explotando la subregión de Centroamérica y el Caribe como zona de tránsito y, dado que el tráfico de cocaína sigue siendo la fuente de ingresos más lucrativa, se intensifica la competencia, sobre todo en los segmentos jóvenes, para controlar los mercados y para incentivar el consumo de otras sustancias como los opioides y las drogas duras”.

Sin embargo, indicó que la noticia alentadora de la subregión fueron las grandes incautaciones de cocaína en Costa Rica o Panamá, o las más de 13 toneladas aprendidas en El Salvador en 2018, cuando se produjo la mayor confiscación subregional.

Por otro lado, el estudio señala que la mayoría de los países de la región de Centroamérica y el Caribe no recopilan sistemáticamente datos sobre el consumo de drogas ni sobre la disponibilidad de sustancias fiscalizadas para fines médicos y que es necesario que establezcan sistemas y procesos para hacerlo.

El especialista indicó que la JIFE trabaja básicamente con fuentes oficiales de los Estados y con instituciones dedicadas al estudio de fiscalización de estupefacientes.

“En América Central, efectivamente, no se ha podido contactar con cifras oficiales. Existe un desfase en cuanto a la información o no está actualizada o no ha sido trabajada adecuadamente”.

Aclaró que hay un esfuerzo de la Comisión Interamericana para el Control del Abuso de Drogas de la Organización de los Estados Americanos (CICAD) “por articular los observatorios de drogas de América Central y el Caribe”, pero que la información sobre este tema es limitada y no está estandarizada a nivel regional.

Otros datos destacados fueron:

  • El consumo de opioides con fines médicos y el de sustancias sicotrópicas
    continúan siendo bajos en la mayoría de los países de Centroamérica
  • El consumo de drogas, en particular de cannabis, parece incrementarse en todos los países de la región
  • La mayoría de los países de Centroamérica y el Caribe no recopilan sistemáticamente datos sobre el consumo de drogas ni sobre la disponibilidad de sustancias fiscalizadas para fines médicos. Se destaca la necesidad de establecer sistemas y procesos para captar datos

La crisis de los opioides en América del Norte

Pese a la ligera disminución del número total de muertes por sobredosis registrada en los Estados Unidos en 2018, la crisis de los opioides de América del Norte sigue siendo motivo de preocupación.

Aunque durante 2018 las muertes relacionadas con los opioides sintéticos, como el fentanilo, aumentaron; las relacionadas con los opioides semisintéticos, como la oxicodona, disminuyeron.

Además, el informe indica que tanto en Estados Unidos como en Canadá la heroína es fácil de obtener y que aumentó el número de organizaciones delictivas involucradas en el mercado ilícito de esta sustancia.

Asimismo, aumentó la disponibilidad y demanda de cocaína en Estados Unidos y Canadá.

La red oscura y el tráfico de drogas, un futuro problema mundial

En América del Norte, el tráfico de drogas en línea a través de redes anónimas sigue agravando las crisis de uso indebido de drogas y sobredosis.

Otárola destacó que hay una red internacional de tráfico de drogas que viene usando la Red Oscura (Dark web) donde las grandes corporaciones del narcotráfico internacional “minimizan la seguridad” para el tráfico y han conseguido hacer “más eficiente” la llegada del producto y “la penalización del traslado de este”.

“Cada día se pueden inventar hasta uno o dos sustancias distintas. Las legislaciones de los Estados no son lo suficientemente rápidas como para ingresar a las listas prohibidas o controladas de diversas sustancias (…) en ese contexto, las criptomonedas vienen circulando en estas redes oscuras y hace muy difícil la persecución judicial de tráfico de drogas”.

La JIFE destaca en su informe que las autoridades estadounidenses han creado un Equipo Conjunto de Control de Venta de Opioides en la Web Oscura “en las que se persigue el delito, pero también las cuentas de internet de estos traficantes que requiere una especialización de la policía”.

Otárola indicó que es un delito que cuenta con dos características específicas: es transnacional y que, por su propia naturaleza, tiene mucha facilidad para evadir los controles policiales de los Estados.

“Creemos que en los próximos años esto se podría convertir en un problema mundial, si es que no se establecen las estrategias y la cooperación internacional para tener una visión común y una capacitación a las autoridades policiales de los países que sufren este problema”.

Otros aspectos destacados en América del Norte:

  • El Plan Nacional de Desarrollo de México 2019–2024 prevé una reforma de las políticas en materia de drogas y la ampliación del tratamiento de la drogadicción.
  • Los grupos delictivos organizados de México también podrían haber encontrado un nuevo método para sintetizar metanfetamina a partir de sustancias químicas no fiscalizadas.
  • Las medidas de legalización y despenalización del cannabis se extienden por América del Norte.

fuente

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Par Marc Fievet

Depuis que Christian Gatard m’a présenté ‘El Señor Ayuso’, le directeur des Douanes de Madrid  et le chef du SVA d’Algésiras (Servicio de Vigilancia Aduanera),  le service de surveillance des Douanes espagnoles, Don Fernando[1], j’ai retrouvé le plaisir de voler. Ma rencontre avec l’ensemble des douaniers espagnols a été chaleureuse et constructive. Ils avaient hâte de me connaître. Cet agent français hors norme que je suis les intriguait parce que, visiblement, je n’avais pas le profil des aviseurs habituels. Muñoz d’ailleurs me l’a dit devant Gatard dès notre premier entretien. En quelques minutes j’étais passé de l’agent trouble au collègue et, à ses yeux, je faisais partie intégrante du service français. Quand je lui ai révélé que j’étais aussi pilote il n’a pas hésité une seconde :

Il faut absolument que vous participiez à nos reconnaissances aériennes. Pourquoi ne viendriez-vous pas de temps en temps travailler avec nos équipages ?

Puis se tournant vers Gatard il ajoute en riant :

En plus nous pourrions bénéficier de vos renseignements à moindre coup…

Je n’ai pas laissé passer l’opportunité. Quelques jours plus tard, Fernando Muñoz m’a  convié dans la zone affaires de l’aéroport de Malaga où ses appareils, des avions Casa 235, et des hélicoptères M.S. 530  sont parqués. Le chef des Douanes m’a présenté à ses pilotes et depuis je vole régulièrement avec eux. Cette collaboration est rentable pour moi. L’échange inévitable d’informations et la vision aérienne du trafic dans le détroit de Gibraltar me permettent de multiplier sans cesse mon chiffre d’affaires. Il ne se passe pas une journée sans que je  signale un mouvement à ma maison mère de Nantes, et quelquefois je livre même deux ou trois bateaux  par jour. Le rythme est si rapide que j’ai l’impression que mes amis de la DNRED s’essoufflent et laissent filer les embarcations que je leur signale, ce qui commence à m’agacer. Je m’en suis ouvert à Gatard qui, en gros, m’a prié de m’occuper de mes oignons. Je ne supporte ni l’amateurisme, ni le travail bâclé ou inachevé et, je l’avoue volontiers, je ne supporte pas plus que l’on m’envoie aux pelotes.

Furieux et vexé, je décide ce même jour de chercher un « employeur » un peu plus efficace et je pense au service des stupéfiants de la Police Judiciaire. Je téléphone au  Ministère de l’Intérieur et, après les présentations d’usage,  une standardiste me dirige vers le service concerné où un policier m’écoute avec attention puis me prie de le rappeler le lendemain. Ce que je fais ponctuellement :

-L’un de nos inspecteurs est actuellement en mission à Malaga, vous pourriez le rencontrer ?

Je prends les coordonnées et je compose aussitôt le numéro pour fixer un rendez-vous le soir même, dans un hôtel du centre ville. Lorsque j’arrive, le policier m’attend déjà au bar de l’établissement. Je lui expose la situation en essayant d’être le plus convaincant possible. J’insiste sur le nombre d’affaires que j’ai déjà apportées aux douanes, mais je vois bien que mon interlocuteur pense à autre chose et condescend juste à m’accorder un peu de temps parce que Paris lui a demandé de le faire. En regagnant Gibraltar je ne suis guère optimiste sur la suite de cette entrevue et je n’entendrai d’ailleurs plus jamais parler du service des stupéfiants. Je ne comprends pas bien cette attitude, tant des douanes que des policiers et j’en parle  un jour à Fernando Muñoz. Il réfléchit et me lance sur une autre piste :

-Vous devriez aller voir le représentant du DEA à Malaga. Je vais vous donner ses coordonnées.

Le DEA (Drug Enforcment Administration(, le service des stups américain. Muñoz en parle avec respect. Depuis que je travaille pour les douanes, je sais moi aussi qu’ils ont beaucoup d’argent, qu’ils disposent d’une logistique exceptionnelle, et qu’ils peuvent être redoutables et efficaces…s’ils en ont envie.

Nouveau coup de téléphone, et nouveau rendez-vous dans un hôtel de Malaga, un  cinq étoiles en bordure de mer. D’entrée le ton est tout autre. L’agent américain, type gringalet latino, me reçoit en chemisette en se gavant de cacahuètes. Il me pose des questions et écourte mes réponses la plupart du temps. C’est mon bateau qui l’intéresse. Brusquement sur un ton parfaitement badin, comme s’il me demandait des nouvelles de ma famille, il me met un incroyable marché en main :

Je sais que  des narcos du coin cherchent un bateau pour enlever trois tonnes de cocaïne en Colombie. Est-ce que vous voulez y aller? Mon service vous couvre et on fait la saisie  à l’arrivée.

J’atterris sur une autre planète. L’Américain s’en rend compte et il engloutit une tonne de cacahuètes en poursuivant :

Ça n’a rien d’exceptionnel, je monte souvent ce genre d’opérations. Je ne vous demande que de faire le transport. C’est votre job, non ?

Oui, bien sûr, officiellement c’est mon job. La société Rio Plata est répertoriée comme entreprise de transports. Ce que mon interlocuteur ne sait pas, c’est que je ne peux  toujours pas sortir le Windarra du port puisque je n’ai toujours pas réglé la totalité de son achat.  Mais, de toutes façons, cette cargaison m’affole, même si je sais très bien ce qu’elle peut me rapporter. Pour des convoyages normaux, les skippers traditionnels sont payés au mile parcouru et au temps passé en mer. Pour un transport de drogue, le prix est multiplié par dix. Malgré cet attrait, je n’hésite pas une seconde, trois tonnes de coke, ce type est fou : je refuse tout net et mon vis-à-vis en paraît réellement surpris. Il écarte largement les bras, lâche un retentissant OK boy et quitte le tabouret sur lequel il est assis, me signifiant que la conversation est terminée et qu’il n’envisage absolument pas de boire un verre avec moi. Je n’ai pas plus envie que lui de prolonger la discussion et je reprends la route vers Gibraltar. Finalement, les douanes françaises c’est très bien, je vais juste les secouer un peu…

En attendant, demain matin je dois m’occuper de mon ami Yvon Jouguet. Il bricole sur son bateau depuis plusieurs jours et je sais très bien quel genre d’aménagements il effectue. Il installe des réservoirs spéciaux comportant une cache pour de la drogue et il est tout à fait possible que d’autres compartiments soient déjà prévus ailleurs. Jouguet n’est pourtant pas le mieux équipé, bien des bateaux sont construits dans les chantiers en prévision des transports douteux qu’ils vont effectuer. On ne prévoit pas des caches sur le navire, on construit le navire autour des caches…

À l’aube, des visiteurs  s’installent sur le bateau d’Yvon. Je parviens à les photographier au téléobjectif et à neuf heures  vais faire développer les films chez un photographe de La Linéa à neuf heures. D’habitude je préfère  envoyer ce genre de pellicules à un laboratoire industriel, beaucoup plus anonyme, mais quand le temps presse je suis bien obligé de faire appel à un artisan, à chaque fois différent cependant. Et aujourd’hui je suis pressé car je me doute que Jouguet va aller charger rapidement au Maroc avant de filer vers la France, et je veux envoyer les portraits de ses coéquipiers en express à Gatard pour qu’il les identifie. Je fais bien car, dès le lendemain, il me rappelle :

-Ceux- là on les connaît, ce sont de grosses pointures.

J’en profite pour déverser mon fiel :

-Et vous allez encore les laisser filer, comme d’habitude…

Gatard cette fois ne fait aucun commentaire.

Pour me détendre je vais saluer mes amis pilotes à Algésiras et rendre compte à Muñoz de mon entretien avec le représentant de la DEA. Cela  devrait l’amuser.

Lorsque j’arrive sur la base, un pilote d’hélicoptère, Federico, s’apprête à décoller à bord d’un  MS 530. Il est seul et me propose de l’accompagner. Quelques minutes plus tard nous survolons le bateau qu’il cherchait, un petit voilier de onze mètres qui file vers les côtes marocaines, au sud de Gibraltar. Federico aimerait voir ce qui se trame à bord.  Je prends les jumelles, et prépare un appareil photo pendant que Federico, après un premier survol en altitude effectue une large boucle et revient se positionner loin derrière le bateau. Il le rattrape rapidement et au dernier moment pique vers le pont alors que j’enclenche le moteur du Nikon qui va assurer une série de clichés. À notre passage, je vois deux hommes s’engouffrer dans une petite cabine. Nous reprenons de l’altitude et quelques secondes plus tard, le voilier change de cap, bifurquant vers le large. Nous les avons dérangés. Méfiants, ils vont différer le chargement de la marchandise. Federico effectue encore quelques passages de routine entre les deux côtes puis nous rentrons.

Avant de regagner le Windarra je m’arrête pour prendre un verre Chez Bianca et là j’apprends que Sergio fait route vers la Corse avec le Seliti, le voilier que j’avais conduit en Italie. Je connais le parcours et je peux donc assurer à Gatard  qu’il y a de la drogue à bord. Je lui indique même l’endroit des caches que je connais  grâce à quelques indiscrétions de Sergio. Je vais regretter ce luxe de détails car les douaniers de la Méditerranée qui réalisent l’opération débarquent sur le bateau avec d’énormes sabots. Ou ils sont très pressés, ou ils sont franchement idiots, toujours est-il qu’à peine sur le pont, ils foncent directement vers les caches, découvrent la marchandise et passent les menottes à tout le monde. Sergio n’est pas dupe. Il comprend instantanément que les douaniers ont été parfaitement renseignés et il réfléchit aux  donneurs potentiels.

Dans l’Estafette qui le conduit vers Ajaccio il se tourne vers un douanier et grince :

-C’est le Français de Gib’ qui m’a donné ?

Quand l’histoire me revient par une indiscrétion depuis Nantes, je suis fou de rage.  Ces crétins me mettent en grand danger et il faut que je prépare à toute vitesse une défense solide au cas ou quelqu’un viendrait me demander des comptes. Mais avant tout, j’en touche deux mots à Gatard. L’incident arrive à point car je devais régler d’autres problèmes avec lui. Nous sommes au mois d’août et je n’ai pas touché un centime depuis sa visite du mois de mai. Je commence à avoir d’énormes difficultés  financières et je ne peux même pas reprendre mes activités de charters qui, au moins m’assureraient le quotidien. Tant que je n’aurai pas réglé le maudit solde du Windarra je serai bloqué au port. Je ne vois vraiment pas où  aller chercher deux cent soixante mille francs.

Ma collaboration avec les douanes est prospère et j’enrage à l’idée qu’elle ne soit pas récompensée à sa juste valeur. Il faut vraiment que j’aie foi en mon action pour continuer ainsi.  J’ai fait un premier bilan : 80% des affaires  indiquées ont été des succès. Ce pourcentage est tout à fait exceptionnel car je sais qu’en moyenne les douanes, sur toute la France, saisissent,  huit à dix tonnes de drogue par an. Moi, en six mois j’ai permis la saisie de quinze tonnes de cannabis et  cent-cinquante kilos de cocaïne. Et mon bilan serait encore meilleur si mes correspondants de Nantes n’avaient pas laissé filer bien des bateaux suspects que je leur avais signalés. Tout cela me met de méchante humeur. En plus je sens que bientôt mes voisins de Marina Bay  vont s’interroger sur mes sources de  revenus. Pour l’instant je peux laisser croire que je dispose d’un petit pécule, mais ça ne durera pas et je deviendrai suspect.

J’appelle Gatard  pour lui  exposer tous ces problèmes. Pour me calmer, il me jure qu’il va me débloquer de l’argent le plus vite possible :

-Merci, c’est la moindre des choses, mais ça ne règle pas l’essentiel. Il faut trouver une solution pour l’achat du Windarra et je souhaite que vous me précisiez ce que vous attendez de moi. Je ne vais pas continuer à prendre des risques si ce que j’apporte ne vous intéresse pas…

Gatard m’interrompt et, pour la première fois depuis que nous nous connaissons, il me tutoie :

-Mais non, Marc, comprends que du cannabis il en circule des tonnes dans le monde. Nous le savons bien mais nous ne pouvons pas courir après tous les dealers. Nous n’en avons pas les moyens…

-Pas les moyens ou pas l’envie ?

-En ce qui me concerne, pas les moyens. Pour l’envie, il faut demander plus haut  à ceux qui déterminent précisément ces moyens. Moi j’expose mes besoins à ma hiérarchie. Après j’adapte au mieux avec ce que je reçois.

-Christian, tu es chef d’échelon, pourquoi n’essayes-tu pas de te faire entendre. Qui va enfin prendre conscience de la situation ? À qui faut-il aller expliquer ce qui se passe là, sous mes yeux à Gibraltar, ce qui se passe en Colombie, en Bolivie…

Gatard éclate de rire, mon discours l’amuse, tous les jeunes douaniers doivent lui tenir le même :

-Va expliquer ça à notre ministre Marc, va voir Charasse à Bercy, c’est lui qui s’occupe du budget et il paraît qu’il est très ouvert…

-Tu as raison Christian, je vais l’appeler.

-Excellente idée. Tu me tiens au courant, je m’occupe de tes primes.

En raccrochant le téléphone je pense instantanément à ma mère qui ne m’avait pas cru lorsque, enfant, je lui avais annoncé que j’allais écrire au président de la République pour sauver le château de Versailles. L’attitude de Gatard ne fait qu’accroître ma motivation. Le temps de trouver le numéro de téléphone du ministère des Finances et j’appelle Michel Charasse au Budget.

Une secrétaire prend mes coordonnés, note le motif de mon appel, m’assure qu’elle va transmettre mon message au ministre, et me prie de rappeler le lendemain pour savoir s’il accepte de m’accorder le rendez-vous que je lui demande.

À l’heure dite je compose à nouveau le numéro. Une chance sur deux… Au moins j’aurai essayé… J’ai la même jeune femme en ligne:

-Ah oui, monsieur Fiévet, je vous passe monsieur le Ministre.

Gagné, je jubile, j’aimerais que Gatard entende ça…

De la manière la plus claire et la plus concise possible j’expose le but de mon appel à Michel Charasse, je lui brosse un tableau rapide de la situation  que je constate, et avance quelques suggestions pour l’améliorer. Nous parlons depuis  une dizaine de minutes lorsque le ministre me dit :

-Monsieur Fiévet j’aimerais parler de tout cela de vive voix avec vous. Je vous repasse ma secrétaire. Voyez avec elle pour un rendez-vous. Dîtes-lui bien : le plus vite possible.

À Nantes, mon rendez-vous avec le ministre provoque un véritable cataclysme. Dans un premier temps, Gatard a du mal à me croire. Puis il reçoit confirmation par sa direction parisienne. Avant de voir Charasse on me demande de passer au siège, rue du Louvre, afin que l’on prépare l’entrevue. Je ne suis pas dupe, en fait la haute direction veut surtout savoir ce que j’ai l’intention de dire à Charasse et compte peut-être sur moi pour transmettre quelques messages.

Il fait encore beau en ce mois de septembre 1988 lorsque je débarque à Paris et je suis content de retrouver la capitale. Je me promène longuement dans les Halles, le quartier du  Sentier, avant de me rendre à mon rendez-vous rue du Louvre. L’immeuble des douanes est tout à fait discret. Pas un drapeau, pas un nom, même pas une plaque. Heureusement qu’on m’avait dit que l’entrée était juste en face du Figaro, autrement j’aurais cru à une erreur. Un ascenseur douteux me dépose au cinquième étage où mes chefs m’attendent. Christian Gatard est là et il me présente le directeur de la DNRED à Paris, Jean-Henri Hoguet, ainsi que plusieurs de ses collaborateurs. L’accueil est glacial. Nous nous asseyons autour d’une table ronde et mon officier traitant prend aussitôt la parole pour exposer ma situation et mes problèmes d’argent.

Après un bref tour de table il apparaît évident pour tous  qu’il faut débloquer le Windarra. D’abord parce que j’en ai besoin pour vivre et pour justifier de mes activités officielles, ensuite parce que ce motor-yacht me sera bien plus utile en mer qu’à quai, pour mes activités officieuses. Il est certain que je serai beaucoup plus efficace si je peux naviguer dans le détroit et au large des côtes marocaines. Chacun en est conscient, mais les différents responsables présents, et en premier lieu Jean-Henri Hoguet, refusent de débloquer les deux cent soixante mille francs  nécessaires  pour payer mon bateau. Il faut donc trouver une autre solution et plus la discussion avance, plus je la sens se profiler, mais ce n’est certainement pas moi qui vais la proposer. Et pourtant elle est là, elle éclate, elle s’impose : pour finir de payer mon bateau sans que cela coûte aux douanes, je dois entrer dans le trafic de drogue… Rendons lui cet hommage, c’est Gatard qui ose enfin le dire. Le plus dur est fait et  tout le monde paraît soulagé, l’atmosphère se détend brusquement, et chacun y va maintenant de son commentaire. Un léger brouhaha s’installe même dans la pièce. C’est tout juste si l’on ne me félicite pas alors que je suis le seul à n’avoir toujours pas dit un mot. Personne n’a encore songé à me demander mon avis. Je suis pourtant le premier concerné. Lorsque Christian se tourne enfin vers moi il me lance simplement:

-Voilà Marc, nous avons enfin résolu le problème. Tu vas pouvoir l’acheter ton bateau…

Je devrais quasiment me lever et embrasser tout le monde pour remercier alors que j’ai conscience que ces gens m’envoient à l’abattoir pour leur plus grand bien et sans débourser un centime. Et malgré les promesses de Christian, je n’ai toujours pas été payé depuis le mois de mai. Je le souligne tout en acceptant l’étrange marché qui vient de m’être proposé. Pendant que chacun se félicite d’avoir résolu mon problème je m’interroge sur la perversité du système. Pour bénéficier de mes services  en limitant leurs frais, les autorités douanières non seulement m’autorisent à collaborer à des trafics, mais elles m’y invitent. Je me demande si la morale y trouve son compte mais c’est la seule façon d’y retrouver le mien. Je n’ai pas tellement le choix si je veux continuer à vivre à Gibraltar sur le Windarra. L’affaire est donc entendue et nous passons à d’autres sujets avant que je ne parte pour mon entretien avec le ministre.

En me serrant la main, le directeur de la DNRED croit utile d’ajouter :

-Nous comptons beaucoup sur vous, Monsieur Fiévet.

Alors qu’il me conduit vers la rue de Bercy, Gatard me fait encore ses dernières recommandations : ne pas m’énerver, ne pas dénoncer, ne pas froisser de susceptibilités… J’ai vraiment l’impression d’être un gamin. Gatard ferait mieux de s’interroger : en quelques minutes, j’ai obtenu ce qu’il n’avait jamais osé demander en quelques années.

Je me sens parfaitement détendu lorsqu’à dix-huit heures un huissier  m’introduit dans l’antichambre du ministre.

J’attends quelques minutes, puis Michel Charasse ouvre lui même la porte de son bureau et m’invite à entrer.

La pièce est vaste et lumineuse. Sur la droite, par une large baie vitrée on découvre les péniches qui glissent sur la Seine. Sur un mur, derrière le bureau et le fauteuil Louis Philippe du ministre est tendue une vaste tapisserie des Gobelins représentant une scène galante. Des livres sont soigneusement rangés au fond de la pièce sur un buffet massif, et en avant de celui-ci, sur un guéridon, je remarque tout de suite une photo de Michel  Charasse dans les bras de Gaston Deferre. Mon hôte ne se presse pas de regagner son fauteuil, comme s’il voulait me laisser le temps de m’imprégner des lieux. S’asseyant en face de moi, fidèle à son image, il sort un Cohiba d’une cave à cigares et entreprend de l’allumer sans le mettre en bouche mais en  chauffant l’extrémité avec une allumette, puis en soufflant doucement sur la feuille incandescente afin que la première bouffée soit plus douce. J’observe religieusement ce cérémonial et sans quitter son cigare des yeux le ministre lance la discussion :

-Vous travaillez donc pour nous. Et fort bien, m’a t-on dit. Alors qu’est ce qui ne va pas ?

-Nous pourrions faire beaucoup mieux. Monsieur le Ministre, je trouve inconcevable qu’à Gibraltar, où je suis basé, des trafiquants opèrent quasiment à visage découvert. Ils ne se cachent absolument pas pour dépenser chaque jour en repas, fêtes,  ou achats de deux mille à cinq mille francs, et quelquefois bien plus. Que l’on ne me dise pas que personne n’a jamais songé à leur demander la provenance de cet argent. Je crois plutôt qu’on ne veut pas le savoir et cela me choque. J’en arrive à me demander s’il y a, au niveau des gouvernements, une réelle volonté politique de faire cesser ces trafics, si chacun, à un  moment ou à un autre n’y trouve pas son compte.

-Peut-être, Monsieur Fiévet, mais pas en ce qui me concerne. Je vais demander à mon Directeur général des Douanes, Jean-Dominique Comolli de nous rejoindre, j’aimerais avoir son avis sur vos remarques.

En entrant dans le bureau, Jean-Dominique Comolli me fusille du regard. C’est l’archétype de l’Énarque. Il a pris la direction des Douanes parce que ses amis lui ont proposée de le faire, mais demain il pourrait tout aussi bien s’installer à la tête de France Télécom, de la Française des Jeux ou de la SEITA pour peu que le salaire soit à la hauteur de ses prétentions. Le trafic de drogue se limite pour lui en grande partie à des colonnes de chiffres, de résultats, de statistiques, de bénéfices et de coûts. Qu’on le détourne de ses courbes pour qu’il vienne écouter les balivernes d’un aventurier perdu à Gibraltar lui déplaît profondément. Ce mouvement d’humeur ne peut échapper à Charasse mais cela ne le perturbe absolument pas. Bien au contraire, en invitant Comolli à s’asseoir, lui se lève et tombe la veste, indiquant ainsi que nous nous engageons dans une longue séance de travail et non pas dans un échange de propos anodins sans suite.

Devant son directeur, le ministre réaffirme sa volonté politique de s’attaquer aux problèmes de la drogue. Pour lui, il n’y a pas d’équivoque sur ce point. J’en profite pour lui glisser  en souriant qu’il y a peu de temps j’ai vu des semi-remorques être déchargés au Main pier,  au vu et au su de tous, de tonnes de matériel informatique destiné à la Libye frappée d’embargo. Il n’y avait pourtant, là non plus, aucune équivoque pour les gouvernements, paraît-il. Charasse me renvoie mon sourire et me fait remarquer que ni les produits, ni les réseaux, ni les marchés, ne sont comparables,  et qu’il entend, pour le moment, réellement pourchasser les narcotrafiquants. Il a souhaité me rencontrer parce que je sors du lot habituel des aviseurs souvent plus proches de l’indic que de l’agent infiltré, et plus à l’aise avec les truands qu’avec les officiers des douanes. Je suis la perle rare, le maillon fort qui manquait à la chaîne et en plus je fais rentrer de l’argent dans les caisses car les douanes, lors des saisies, font jouer leur droit de préemption sur les matériels : bateaux, voitures, avions, ordinateurs… Autant de biens affectés  aux différents services et revendus plus tard. Ce rappel ne déride pas Comolli qui me gratifie juste d’un vague salut du menton. En revanche, pour moi l’occasion est trop belle et je saisis la perche que Michel Charasse me tend  pour évoquer mes soucis financiers et les paiements à retardement des primes sur saisies. Le ministre en convient, il y a là un problème réel dû à l’ambiguïté de la situation. Il estime anormal que je ne sois pas, au moins, reconnu par ses services, mais Comolli intervient immédiatement pour lui rappeler que c’est strictement impossible tant que les lois et le cadre juridique ne seront pas changés. Charasse le sait et il questionne:

-Justement, n’est-ce pas dans ce sens qu’il faut travailler ? Ne pourrait-on pas trouver des aménagements. L’infiltration comme la pratique notre ami comporte d’énormes risques. Cela se paie, mais devrait également se reconnaître.

Comolli nuance aussitôt le propos :

-Par définition, les aviseurs sont des gens infiltrés, et donc masqués. C’est à dire qu’ils participent aux opérations illicites et touchent à ce titre les dividendes du trafic avant d’être rémunérés par les douanes lorsque la saisie et les arrestations sont opérées. Doublement payés ils ne sont tout de même pas trop à plaindre. Monsieur Fiévet est payé lorsqu’il effectue des convoyages avec son bateau ou le bateau des autres lorsqu’il se contente d’être skipper.

Je  m’attendais un jour ou l’autre à entendre cet argument, mais j’ai encore parfaitement en tête les mots prononcés quelques heures plus tôt par mes « patrons » de la rue du Louvre et je revois leur embarras pour m’inviter clairement à solder mon bateau grâce aux gains du trafic de drogue. J’en fais part immédiatement à Jean-Dominique Comolli en le priant de m’indiquer s’il voit, lui, une autre solution. J’en profite aussi pour bien lui préciser que moi je n’ai jamais été trafiquant avant que les douanes ne m’y invitent, que je sais développer d’autres activités, ce que j’ai prouvé, et qu’elles me permettraient de vivre:

-Moins bien, ne peut s’empêcher de lâcher Comolli.

-Mais plus sereinement. Et pour l’instant si je ne comptais que sur vous, je serais au SMIC.

Levant légèrement la main, Charasse met un terme à l’échange avant qu’il ne s’envenime et rappelle que nous ne sommes pas réunis pour défendre chacun notre pré carré, mais pour trouver d’éventuelles solutions, acceptables pour tous, à une situation anormale mais pourtant incontournable. C’est la quadrature du cercle et l’éternel problème de la police depuis que la pègre  existe. Nous échangeons encore quelques idées puis Charasse met un  terme à l’entretien en me disant:

-Cher ami, nous réfléchissons à tous ces problèmes et nous nous revoyons. De votre côté, pensez  aussi à tous les moyens qui pourraient nous permettre d’améliorer notre action, notamment dans la lutte contre le blanchiment  d’argent et n’hésitez pas  à m’appeler. Je suis certain que dans ce domaine aussi nous pouvons être nettement plus efficaces  malgré les paradis fiscaux et les circuits bancaires.

Michel Charasse me tend une carte de visite sur laquelle est noté un numéro de ligne directe puis, en se levant, il se tourne vers Comolli :

-Dis en tout cas à tes équipes de suivre les directives de Monsieur Fiévet lorsqu’il les met sur une affaire. J’aimerais  que l’on ne passe plus à côté des bons coups qu’il lève.

Comolli  prend acte,  me tend vaguement la main en maugréant un bonsoir qu’il souhaiterait assassin.

La réunion a duré une heure vingt. Pour ma part, je la trouve extrêmement positive et j’ai hâte de savoir ce que mon ami Gatard va en penser. Nous avons prévu de dîner ensemble dans une brasserie près de la gare de Lyon après mon rendez-vous. Lorsque j’entre dans la salle Christian est déjà attablé et il consulte instinctivement sa montre :

-Tu t’es perdu ?

-Pas du tout, je sors seulement de chez le Ministre.

Je raconte tout dans le détail et je sens bien  que mon récit dérange Gatard. Il m’accorde une attention exceptionnelle, ce qui n’est pas toujours le cas chez lui, mais j’ai le sentiment que ces préoccupations sont tout autres que les miennes. Lorsque j’estime avoir terminé un  résumé correct de l’entrevue j’attends des questions et je n’obtiens qu’un commentaire perplexe :

-Quand même, le trafic de cannabis dans la baie d’Algésiras, ce n’est pas la French Connection. Bon, Charasse t’a reçu, tant mieux, c’est bon pour le service, mais qu’il passe autant de temps là-dessus, c’est tout de même surprenant.

Moi, ce qui me surprend, c’est la surprise de mon agent traitant. Je lui rappelle tout de même mon bilan sur six mois : quinze tonnes d’herbe, cent cinquante kilos de coke… Mais Gatard balaye les chiffres d’un revers de main :

-Oui, bien sûr, mais parce que ton prédécesseur ne fichait rien. Il ne travaillait pas, il se contentait d’écouter aux portes.

En résumé ce n’est pas moi qui suis bon, c’est Glacoz qui était mauvais. Voilà qui me fait chaud au cœur. Heureusement Christian me redonne le sourire :

-Avant de te rencontrer Charasse avait fait passer une note pour que l’on te paye immédiatement. J’ai fait virer cent mille francs  sur ton compte à la Barclay’s. Tu vas pouvoir souffler. Dès que tu rentres, il faut que tu trouves une opération pour payer le bateau. Maintenant que tu es couvert par le Ministre, tu peux tout te permettre…

Gatard rit, puis en se plongeant dans la carte du dîner, il change brusquement de sujet. Sa journée est terminée, il me demande :

-Tu t’intéresses au Football–Club de Nantes ?

[1] Fernando Muñoz : Responsables des opérations aériennes et maritimes de surveillance douanière à Algésiras.

 

Extrait de « l’Archipel des Soumis », écrit durant mes trois dernières années de détention

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« L’esprit des combats de Michel Charasse, la force de son engagement, ne nous quitteront pas. » Le président Emmanuel Macron et son épouse saluent avec émotion la disparition d’un monument du Puy-de-Dôme, du mitterrandisme, et de la République française, « Un homme qui a inlassablement servi nos valeurs cardinales et nos institutions, nos lois et notre Constitution, l’Etat et la démocratie. »

Souvenons-nous que ce grand serviteur de L’État promut une politique courageuse et ambitieuse pour lutter contre la drogue et les narcotrafiquants et permit à la DNRED de la Douane française d’obtenir des résultats très importants. Plus que tous les autres ministres du Budget, il n’hésita pas à promouvoir des actions importantes d’infiltration et permit au douaniers de réaliser de nombreuses opérations en mettant à disposition des moyens financiers importants.

Pourtant, une fois parti du ministère du Budget, il oublia d’assumer dans la durée les conséquences de la politique courageuse qu’il avait promue.

Mais que de souvenirs… de ce ministre couillu, utilisant parfois des méthodes peu conventionnelles pour la clique d’énarques qui l’entourait à Bercy.

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