ARGENTINA: irruption du narcotrafic dans la campagne électorale

Dimanche soir le programme de Lanata « Journalisme pour tous » a sorti une grave accusation contre Anibal Fernandez le secrétaire du gouvernement (poste de coordination interministérielle occupé dans le passé par le candidat présidentiel S. Massa): Un des condamnés du triple assassinat de trafiquants d’éphédrine qui avait fait du bruit en 2008 l’a mis en cause comme étant le commanditaire et principal bénéficiaire du trafic. Compte tenu du CV du personnage, ce genre de témoignage tardif est à prendre avec précaution (on se souvient du faux témoignage de Telleldin payé 400 000 dollars de fonds secrets par le juge Galeano, qui va d’ailleurs enfin passer en jugement ainsi que l’ex-président Menem et d’autres complices du sabotage de l’enquête initiale sur l’attentat de l’AMIA).

LIRE: http://blogs.mediapart.fr/blog/michel-delarche/040815/irruption-du-narcotrafic-dans-la-campagne-electorale-argentine

000000000000000000000000000000000000

ARGENTINE: l’Église s’inquiète de l’expansion du narcotrafic

 

Parmi les drogues les plus prisées : l’héroïne. – REUTERS

20/05/2015 16:09
(RV) En Argentine, une enquête menée par l’université catholique Sainte-Marie de Buenos Aires, a mis en évidence l’ampleur du trafic et de la consommation de stupéfiants, avec leur cortège de violence et de corruption, un fléau qui exige une intervention directe de l’État
« Baromètre du trafic de drogue et de la toxicomanie en Argentine », c’est le titre de l’étude rendue publique lundi en présence du coordinateur de l’Observatoire de la Dette sociale argentine. C’est la première fois qu’une aussi vaste enquête est menée dans le pays. Elle révèle qu’entre 2010 et 2014, la vente de drogue dans les quartiers de Buenos Aires a augmenté de 50% et qu’elle touche 45% des familles ; 4,6% des foyers, soit quelque 500 000 personnes, sont gravement concernés. Le fléau fait tache d’huile, prévient l’Université catholique, et il devient de plus en plus difficile de l’enrayer.

Jusqu’à présent relativement épargnée par le narcotrafic, un fléau continental, l’Argentine est passée de pays de transit vers l’Europe ou l’Afrique à zone d’élaboration de stupéfiants ou de repli et d’investissement pour narcotrafiquants. Avec 10 000 kilomètres de frontières et 5000 kilomètres de côtes, et avec des forces de l’ordre notoirement corrompues jusqu’aux plus hauts niveaux, le pays est devenu un terrain de jeu prisé par la pègre. Les découvertes de laboratoires se multiplient, et le nombre des usagers augmente dans les quartiers pauvres. L’impact sur les couches les plus faibles de la société est énorme. La plupart des personnes interrogées par les enquêteurs de l’université catholique affirment être au courant de la situation.

L’Église ne cache pas son inquiétude. Selon les évêques, la situation se dégrade rapidement ; le pouvoir économique des narcotrafiquants s’impose de plus en plus et fragilise les structures de l’État. Les gens ont peur et se taisent. L’Église demande des mesures urgentes et invite les autorités à considérer la lutte contre ce fléau comme une affaire d’État. Elle envisage elle-même des parcours pastoraux destinés plus spécialement aux jeunes et aux adolescents. (avec OR/AFP)

source:http://fr.radiovaticana.va/news/2015/05/20/argentine__le_narcotrafic_en_pleine_expansion/1145508

0000000000000000000000000000000000

Argentine : des narcos à la Casa Rosada

19/09/2014 à 12:14 Par Marie Villacèque
 José Granero, ancien patron de la lutte antidrogue, en 2004.José Granero, ancien patron de la lutte antidrogue, en 2004. © HUGO VILLALOBOS / AFP

Pourquoi des trafiquants de drogue appelaient-ils périodiquement au téléphone le siège de la présidence argentine ? La police a mis en évidence des complicités au plus au niveau dans un vaste trafic d’éphédrine.

Des narcotrafiquants appelant leurs amis à la Casa Rosada, siège du gouvernement ? La scène paraît irréelle. Elle a pourtant eu lieu. Et à plusieurs reprises. C’est ce que la juge María Servini de Cubría a révélé début septembre.

Plusieurs postes étaient périodiquement appelés par les narcos, dont ceux du secrétariat pour la Prévention de l’addiction à la drogue et la lutte contre le narco­trafic (Sedronar) – un comble ! -, ainsi que le secrétariat privé de la présidence.

La juge Servini a demandé avec insistance à la présidente Cristina Kirchner d’aider la police à identifier les fautifs. « Le narcotrafic doit disposer de sérieux soutiens au sein du gouvernement, sinon ils auraient déjà été identifiés », estime la magistrate. Pour le gouvernement, l’affaire est d’autant plus embarrassante qu’elle n’est pas la première du genre.

En août 2008, un triple crime à General Rodríguez, ville de la province de Buenos Aires, avait permis de découvrir un important trafic d’éphédrine, substance chimique utilisée dans la fabrication de drogues synthétiques. Trois chefs d’entreprises pharmaceutiques, Sebastián Forza, Damián Ferrón et Leopoldo Bina, avaient été assassinés par une bande de narcos qui leur disputait la distribution de l’éphédrine à Mexico.

L’importation de cette substance en Argentine étant d’une grande facilité, des filières d’exportation clandestine vers le Mexique ou la Colombie avaient en effet été mises en place. L’enquête policière avait permis de découvrir que l’une des victimes et l’un des criminels avaient l’un et l’autre versé des fonds au Front pour la victoire (FPV), coalition de centre gauche qui soutenait la candidature de Cristina Kirchner lors de la présidentielle de 2007.

Trois ans plus tard, second coup de théâtre : José Granero, secrétaire du Sedronar, démissionne. Son attitude tranche avec celle du vice-président Amado Boudou, qui, poursuivi pour corruption, continue d’exercer ses fonctions. « Granero a choisi de se retirer pour éviter de compromettre la présidente », estiment plusieurs sources.

Le montant du trafic : 500 millions de dollars

Au mois d’août, la juge Servini a pourtant ouvert une enquête à son sujet – et à celui de Gabriel Abboud, son sous-secrétaire d’État. Entre 1999 et 2010, quelque 56 000 kg d’éphédrine ont été importés en Argentine, alors que les besoins de l’industrie pharmaceutique ne dépassaient pas 156 kg par an.

La magistrate a constaté que les appels téléphoniques des narcos coïncidaient avec les dates d’arrivée des dossiers d’autorisation pour l’importation (légale) d’éphédrine. À en croire le journaliste Horacio Verbitsky, le montant du trafic avoisinerait 500 millions de dollars (387,7 millions d’euros).

Sous la pression médiatique et judiciaire, Oscar Parrilli, le secrétaire général de la présidence, a assuré la juge de la pleine collaboration des autorités.

0000000000000000000000000000000