FRANCE 🇫🇷 (procès des hauts-fonctionnaires de la DNRED) : l’omerta au quotidien

Au sixième jour du procès, la présidente Bénédicte de Perthuis s’est agacée mercredi des explications des prévenus. « Alors à partir du moment où il y a un aviseur (informateur, NDLR) dans une affaire, il n’y a pas de contrôle normal, pas de procédure écrite?« , interroge-t-elle.

Pascal Schmidt qui est le plus agité tente d’expliquer sans trouver les mots que dans ce milieu « tout est anormal, hors des normes« .

Oui, il y a des dossiers constitués

Lors de l’affaire dite de Lyon, l’ensemble des « archives sensibles » de l’Échelon DNRED de Nantes avait été emmené vers un lieu sûr…

1 – Opération de Lyon, instruite par le juge Jacques Dallest, dans laquelle, vous pourrez constater que tout a été organisé et arrangé par l’échelon DNRED de Lyon

C’est ce Motor Yacht qui a transporté 1 tonne 285 de cannabis (1 tonne 255 de savonnettes et 30 kilos de pollen), cargaison chargée au large de l’île de Perejil dans le détroit de Gibraltar.

LIRE : FRANCE (DNRED) : retour sur l’opération « Gisèle » et les stratagèmes douaniers

++++++++

2 – A Toulouse, saisie d’une tonne de coke avec un montage grand’guignolesque à visée auto publicitaire

LIRE : DNRED (échelon de Toulouse): du temps de Joseph Le Louarn, on mentait déjà effrontément aux magistrats…Mais ça, c’était hier!

+++++++++

Et le « secret défense » en prime

C’était le 23 mars 2022 sur France Culture : Marc Fievet , dont le dossier est classé « SECRET DÉFENSE », s’est exprimé dans l’émission ‘Les pieds sur terre‘: Marc Fievet parle longuement des mafieux institutionnels qui nous gouvernent et qui savent utiliser le « secret défense » pour se dédouaner de toutes responsabilités.

0000

000000

La présidente Bénédicte Giraud-de Perthuis de Laillevault

DOUANE FRANÇAISE 🇫🇷 (Direction Générale) : la qualité première des DG de la Douane française n’a jamais été le courage, surtout quand il s’agissait d’assurer la continuité du service de l’État

En octobre 2004, Dominique Barella, le président de l’USM réélu à ce poste pour deux ans écrivait sur les hiérarques: « Incapables de conduire une pédagogie publique, incapables d’assumer la responsabilité d’actes pris sous leur autorité, ne rendent service ni à nos concitoyens ni aux magistrats ? Leur activité serait-elle seulement d’éditer des camemberts sur la productivité ?

°°°°

Depuis plus de 30 ans, j’observe le comportement des DG de la Douane française et il est évident que chez ces gens-là, le courage d’assumer les actions terrains promues parfois, par des responsables politiques courageux et, parfois par des directeurs de la hiérarchie intermédiaire sur le terrain, ne fait pas partie des paramètres inculqués à l’ENA.

Prenons l’exemple de l’agent infiltré NS 55 de la DNRED, qualificatif et emploi pourtant reconnus par des Directeurs de la DNRED ou autres directeurs…désormais en retraite… mais qualificatif et emploi rejetés par les « énarques conseillers administrateurs » de Bercy et de Montreuil qui sont, comme toute la DNRED opérationnelle le sait, des gens qui ont la connaissance innée et absolue des opérations terrains.

Il est stupéfiant de constater qu’un Jean Dominique Comolli qui fut présenté à NS 55 dans le bureau du ministre Charasse, quelques jours après sa nomination, n’ait jamais levé le petit doigt pour sortir Fievet de la merde ‘juridico-administrative’ internationale dans laquelle il se trouvait par manque de réaction de son successeur, Jean Luc Viala… Là aussi, et Jean Paul Garcia l’avait bien dit à Fievet au centre de détention d’Alhaurin de la Torre en Espagne lors d’une visite qu’il lui rendit, quelques semaines après son arrestation par Interpol, pour l »assurer du soutien total des autorités françaises, en précisant toutefois que pour la DG, donc DG, administrateurs et autres conseillers, les opérations mises en route du temps de Michel Charasse, le ministre et Jean Henri Hoguet, le boss de la DNRED faisaient parties d’un passé révolu et seulement susceptibles d’être reniées. Pierre Mathieu DUHAMEL tenta une approche auprès de Madame Strachan, la DG du Customs excise anglais, sans y mettre le paquet avant de devenir amnésique. Pourtant à la DNRED, on aurait dû bouger, mais pas de ‘pot’ pour Fievet, le ‘tout en rondeur’ Bernard Pouyanné n’ayant rencontré Fievet qu’une fois en présence de Christian Gatard, ne pouvait être d’un grand soutien. Restait donc Joseph Le Louarn qui aurait pu et dû intervenir. Mais pas de ‘bol’ non plus, Le Louarn, successeur de Hoguet à la DNRED n’était pas un patron au sens noble du terme mais un parasite du système douanier. Joseph Le Louarn avait démontré tout au long de sa carrière, un égo surdimensionné par rapport à ses qualités et son seul souci n’était que la recherche de postes importants tout en restant totalement soumis à des décisions d’abandon d’opérations engagées au mépris des responsabilités inhérentes à sa charge comme le soutien des ses agents ou de ceux considérés comme tels.Sa seule motivation profonde était de s’attribuer des succès de saisies importantes de cocaïne alors qu’il n’y était pour rien mais pour cela il était particulièrement doué, bien qu’il fut parfois mouché assez sèchement!


Alors …Fievet aurait pu espérer que Jean Dominique Comolli…Mais non, lui était trop occupé à la SEITA pour brader la régie (des tabacs) et n’en avait vraiment rien à foutre, comme Jean Luc Viala d’ailleurs, qui n’avait qu’un seul souci, c’était d’améliorer son revers au tennis avec son entraineur favori!

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Pas de montée au créneau pour défendre l’agent NS 55!

Nommé à la suite de Viala, arrive François AUVIGNE, qui après un passage à l’Inspection des finances à sa sortie de l’ENA, avait été chargé de mission à la Direction des relations économiques extérieures (DREE) de 1986 à 1988, puis conseiller technique aux cabinets de Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de la Défense (1988-1991) puis de Philippe Marchand, au ministère de l’Intérieur. Il avait ensuite dirigé le cabinet de Jean-Noël Jeanneney au secrétariat d’Etat au Commerce extérieur puis à celui de la Communication entre 1991 et 1993. De retour à l’Inspection des finances, il en avait été chef de service adjoint de 1994 à 1997. Après le retour de la gauche au pouvoir en mai 1997, il avait été nommé chargé de mission auprès de Dominique Strauss-Kahn, ministre de l’Économie et des Finances, et de Christian Sautter, secrétaire d’Etat au Budget. C’est là que Francois Auvigne gère alors le courrier que Fievet envoie à DSK par la valise (diplomatique) du fond de sa cellule de Renous au Nouveau Brunswick en envoyant immédiatement Christian Gatard et Bernard Roux, l’attaché douanier de Washington, accompagné du consul général de France Olivier Arribe pour lui dire de plaider coupable alors que Bernard Pouyanné avait envoyé Philippe Galy, alors attaché à Londres, lui dire à Bellmarsh (prison à Londres) qu’il pouvait et devait plaider non coupable au Canada.

Donc François Auvigne connaissait le dossier de Fievet avant de devenir Directeur Général de la Douane française. Plus Ponce Pilate que Ponce Pilate, il refusera toutes interventions au mépris de la continuité du service de l’État.

C’est ce qu’on appelle en langage plébéien un salaud institutionnel!

—————————————

Quand à Alain CADIOU, ( deuxième en partant de la droite, accompagné de Jean-Yves Le Drian, député, (à gauche) et de la ministre Florence Parly au Budget à l’époque après une virée découverte de la côte à bord d’un des trois Cessna 406 de la base des douanes de Lann-Bihoué.). Alain CADIOU ne s’en occupera pas du tout et, maintenant, retiré au Touquet Paris-Plage, il s’en tape que Fievet soit resté 3.888 jours en taule!

—————————————

Mais comment ne pas relire l’interview donné par Jean Henri Hoguet lors d’une émission le Mardi 17 mai 2005 à 15 H 00, sur France Culture, dans l’émission « Le vif du sujet ».

Le Journaliste: mais vous, justement, vous étiez un de ses patrons; est-ce que lors de ses recours en grâce, vous avez été consulté par l’État?

Jean Henri Hoguet-Ex-Directeur de la DNRED: Jamais, jamais ! Non, Ce que je sais c’est que, quand Fiévet, alors il y a dû avoir, sans doute, une fausse manœuvre quand on lui a dit de plaider coupable au Canada, donc, il en a pris plein les gencives, perpétuité, et là, on a peut-être commis une erreur technique, je n’en sais rien, mais ce dont je suis sûr, c’est que, quand Fiévet alors est revenu et qu’on l’a, qu’il a été rejugé à Bobigny pour transformer la peine canadienne en peine française dans les geôles françaises, je pense qu’à ce moment là et avant, il fallait intervenir du ministère des Finances « dont dépend la douane » à la chancellerie, au Garde des sceaux, en lui expliquant qu’un type qui est rentré et que le procureur général, peut-être, devrait requérir une certaine indulgence pour ce type en faisant état de ce qu’il avait fait pour nous. Hors, au moment où il est rentré, il y a un nouveau directeur général qui est arrivé (C’était François Auvigne), qui avait jamais vu la douane, qui ne connaissait rien à la Douane, mais enfin, c’est pas grave puisqu’il est inspecteur des finances, il a dit au chef de la DNRED, et je le tiens du chef de la DNRED de l’époque (C’était Jean Puons) ces informations et je n’ai aucune raison de mettre en cause sa parole. Il lui a répondu : « Monsieur, je ne suis pas là pour assumer les décisions prises par d’autres » et comme le chef de la DNRED de l’époque insistait en disant, mais Monsieur le directeur général, on peut pas laisser une affaire comme ça etc. il lui a répondu : » je ne veux plus entendre parler de cette affaire. » Et la conversation s’est arrêtée là, et moi je trouve inadmissible qu’un haut responsable de l’administration, un haut fonctionnaire tienne ce raisonnement, parce que… si il a accepté d’être directeur général des douanes, ça veut dire qu’il doit assurer la continuité de la responsabilité de l’Etat; hors en se lavant les mains, il ressemble à Ponce Pilate, mais pas à un haut fonctionnaire responsable.

Autre témoignage de Jean Henri Hoguet à écouter à partir de 22 minutes 15 chez Pradel

RTL - Yves Calvi et Jacques Pradel ont reçu le vendredi 6 septembre 2013 :  Marc Fievet, infiltré au coeur de la mafia.
FRANCE (RTL): Yves Calvi et Jacques Pradel ont reçu le vendredi 6 septembre  2013 : Marc Fievet, infiltré au coeur de la mafia. | Aviseur International

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Puis arriva l’onctueux François Mongin de 2002 à 2007, comme directeur général des Douanes et droits indirects et parallèlement secrétaire général de Tracfin. Lui aussi sera d’une totale discrétion sur l’affaire Fievet.

Ses « sbires administrateurs énarques et autres conseillers », agissant pour le convaincre que Fievet est un narco!

—————————————

Après c’est Jérôme Fournel (photo à droite), qui à peine arrivé à Montreuil, interdit à Fievet l’entrée de la DG, ukase transmis par Jean Paul Garcia qui était alors en charge de l’A2. Reçu longuement dans le hall d’accueil par Garcia, Fievet ne put rencontrer Corinne CLEOSTRATE qui l’évitât savamment et refusa même le fanzine que celui-ci avait préparé pour tracter devant la DG.

En fin de journée, Fievet ne put réussir à rattraper l’administrateur civil Gérard SCHOEN (photo à gauche) qui se sauva à sa vue! Espérons qu’il ait retrouvé un peu de fierté et de courage depuis qu’il est patron de 1.300 hommes dans l’est de la France.

Jérôme Fournel quand il apprit de la bouche de Jean Paul Garcia qu’un film était en préparation, lui rétorqua; « Ça aussi, il va falloir que je m’en occupe!« .

Jérôme Fournel pourra compter sur Erwan Guilmin, énarque et administrateur civil pour répondre par la négative à toutes demandes d’indemnisation formulées par Fievet en répétant jusqu’à l’orgasme que Fievet s’était mis à son compte. Erwan Guilmin qui est un magouilleur le démontrera officiellement quelques années plus tard lorsqu’il sera pris et confondu d’avoir pratiquer le caviardage sur un document classé « SECRET DEFENSE » alors qu’il avait rejoint la DNRED comme DOD (Directeur des opérations douanières).

—————————————

Quand à Hélène Crocquevielle, il est impossible d’en dire la moindre chose, vue son insignifiance au poste de DG qu’elle occupa durant 4 ans.

—————————————

L’espoir restait intact qu’enfin un DG assume la responsabilité de ce lâchage et ce DG c’était Rodolphe Gintz!

Lui n’a rien fait!

°°°°

Isabelle Braun-Lemaire (@Dgdouanefrance) / Twitter

Reste aujourd’hui Isabelle Braun-Lemaire…

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

FRANCE (GO FAST): retour sur l’affaire Bessame, les magouilles de la Police grenobloise, l’IGPN, la justice…et les petits arrangements!

Parfois la police ne raconte pas la vérité.

 

Ce n’est pas un militant anti-flics qui vous le dit, mais un policier de terrain.

  Alain Devigne est gardien de la paix à Grenoble depuis 1986. Depuis vingt ans, il signale « des comportements malhonnêtes, des moralités douteuses et des méthodes illégales », notamment à propos des relations troubles entre flics et indicateurs. En 2016, suite à certaines de ses plaintes, une information judiciaire a été ouverte où il est partie civile. Non soumis au secret de l’instruction, il parle.  Beaucoup. De son histoire et du « travail » (la machination) qu’on a monté contre lui. De la manière dont sa hiérarchie le fait passer pour un « fou ». Il évoque également l’affaire Neyret et les relations entre certains policiers grenoblois et des indicateurs criminels, l’incidence que cette relation a sur quelques événements et procès. Son témoignage laisse apparaître une autre version de quelques-uns des grands faits-divers grenoblois de ces dernières années : le « go fast Bessame », le braquage de la bijouterie Delatour à Saint-Egrève ou le braquage du casino d’Uriage ayant précédé les émeutes de la Villeneuve en 2010.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Une « déposition » passionnante et instructive. Il y a bientôt sept ans éclatait l’affaire Neyret [du nom du « superflic » lyonnais tombé pour ses liens avec les indics], impliquant également les deux chefs de la police judiciaire de Grenoble, le commissaire Christophe Gavat et son ancien adjoint, le commandant Gilles Guillotin. Le procès en appel s’est déroulé en avril. Poursuivis pour « trafic de stupéfiants, détournements de scellés, association de malfaiteurs », Christophe Gavat a été relaxé et Gilles Guillotin a été condamné à huit mois de prison avec sursis lors du verdict du 12 juin dernier. Qu’en pensez-vous ? Il faut préciser que l’enquête de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale), diligentée par le parquet de Paris, était centrée sur Neyret, et pas sur le commandant Guillotin et le commissaire Gavat. Pour preuve, les perquisitions de leurs bureaux à l’hôtel de police de Grenoble ont été faites plus d’une semaine après les 96 heures de garde à vue passées dans le cadre de trafics de stupéfiants et association de malfaiteurs. Pourquoi ? C’est du jamais vu en matière de procédure de stupéfiants… Combien de dealers aimeraient avoir le temps de faire le « ménage » en sortant de chez le magistrat instructeur ? Beaucoup… Joli cadeau de l’IGPN en tout cas. Quand l’affaire Neyret a éclaté, je n’ai pas été étonné puisque cela faisait des années que je dénonçais par écrits et paroles les vols de scellés et les protections douteuses. J’avais même été menacé hors service et en service à ce sujet.
Guillotin et Gavat ont été placés en garde à vue puis écartés de leurs responsabilités grenobloises. Depuis, il n’y a plus ce genre de problèmes ? Hélas ! Ce sont les têtes qui sont tombées, mais les petites mains sont restées en place. Et quel est le réflexe des complices non inquiétés ? Protéger la tête et ne pas se remettre en question. La preuve, c’est que juste après l’affaire Neyret, une affaire louche va être montée de toutes pièces par la police judiciaire de Grenoble. Vous avez entendu parler de l’affaire Bessame ? Mohamed Bessame, c’est le célèbre trafiquant grenoblo-lyonnais habitué des go fast qui s’était échappé de la prison d’Aiton en hélicoptère… Exactement. En juin 2012, il est arrêté avec trois autres personnes lors d’un go fast en remontant sur Grenoble. Six cent kilos de résine de cannabis sont saisis, ce qui occasionne un procès rocambolesque. Car Bessame au fond de sa cellule, épluche le dossier et se rend compte qu’il a été piégé par un très bon ami à lui, qui se révèle être un indicateur de police, un certain X que je connais bien. Cet indic était venu le relancer dans le trafic de stups en octobre 2011, juste après l’affaire Neyret, pour monter le go fast. Mais au procès, il avait disparu de toute la procédure et ne s’y est évidemment pas présenté. Là-dessus, vous pouvez consulter les articles de presse relatant ce procès, mon témoignage et de nombreuses anecdotes (voir encart ci-contre). Bon ok, les flics ont utilisé un indic pour faire tomber un gros trafiquant. Mais les flics ne sont-ils pas obligés d’utiliser ce genre de procédés pour faire tomber des « gros », comme se sont défendus Neyret ou Guillotin ? Dans le dossier Bessame, ce qui est en cause, ce n’est pas juste le fait d’utiliser un indic, mais que cet indicateur soit un criminel et ait été à l’origine du go fast. Le fait que ce soit X qui soit venu relancer Bessame dans le trafic de stups et lui proposer ce go fast, est effectivement déloyal et problématique : l’indic ne doit pas impulser une action illégale, sinon ça fausse toute la procédure. Et en l’occurrence, cette procédure est truffée d’incohérences et de faux. Lors du procès en appel de ce go fast, le célèbre avocat Eric Dupont-Moretti, défendant Bessame, parlera de « mascarade judiciaire » et affirmera à propos de la présence de l’indic X dans la procédure : « tout est pourri dans ce dossier » ; « j’ai rarement vu autant de choses qui n’allaient pas. » Les avocats relèveront des vols de scellés et 188 procès-verbaux avec des signatures d’officiers de police judiciaire formellement imitées. L’enquête a été viciée et bâclée: comme pour l’affaire Tarnac, quand il y a une volonté malhonnête forte derrière une procédure, celle-ci devient complètement foireuse. Et d’ailleurs cela ne concerne pas uniquement Bessame et ses complices, mais moi aussi puisqu’on a essayé de me piéger [NDR : voir plus loin]. Pour que vous vous rendiez compte des dangers inhérents à l’utilisation des indics, je vais d’abord vous parler de deux affaires grenobloises, où le même indic X est impliqué. Vous souvenez-vous du braquage de la bijouterie Delatour à Saint-Egrève ? Ah ça, non, ça ne nous dit rien… On a beau lire Le Daubé tous les jours, on ne se souvient pas de tout… Ça remonte à mai 2010. Trois criminels prennent en otage, à son domicile, le directeur de la bijouterie Delatour, sa femme, et deux ados, à Saint-Hilaire du Rosier. Après les avoir amenés de force à Saint-Egrève, ils contraignent le directeur à ouvrir la bijouterie et le coffre. Mais un système discret d’alarme prévient la gendarmerie, qui intervient rapidement. Les trois hommes regagnent donc précipitamment leur voiture en abandonnant leur butin, mais en gardant les otages dans la voiture. Dès le début de la fuite, le conducteur heurte un trottoir et crève un pneu. Une course-poursuite s’engage avec la Bac. Un des truands tire sur les policiers qui restent à distance et qui ne peuvent pas riposter parce qu’il y a des otages dans la voiture ralentie par le pneu crevé. La fuite s’arrête sur les berges du Drac à Fontaine. Les criminels disparaissent dans la nature, sans avoir eu le temps d’incendier le véhicule pour effacer les traces. Les otages traumatisés sont indemnes. Les gendarmes de Saint-Marcellin qui mènent l’enquête peuvent donc récolter les ADN présents dans la voiture.
Ils sont donc arrêtés et poursuivis ? Arrêtés non, mais identifiés. L’enquête minutieuse démarre. Mais peu après, il y a un autre fait-divers, dont vous devez vous souvenir : c’est le braquage du casino d’Uriage, ayant entraîné les émeutes de la Villeneuve et le discours de Sarkozy.

En fait, parmi les trois braqueurs de la bijouterie Delatour, il y a l’indic X. Sur ce coup-là, il n’avait pas prévenu la PJ qu’il montait au « braquo ». Classique ! Parfois les indics aident la police, et d’autres fois, ils sont à leur compte. Là, X pensait qu’ils allaient cramer la voiture, effacer toutes les traces. Mais ça ne se passe pas comme prévu, il sait qu’il va être « accroché » par les gendarmes. Les indics jouent sur deux tableaux. Quand ça se passe bien, ils ne disent rien. Mais quand ils sont mis en cause dans la procédure, ils vont voir les flics en disant « je vous balance une affaire et vous me sortez d’une autre ». Alors pour se « rattraper » et pour avoir l’immunité adéquate, X balance quelques semaines plus tard un projet de braquage : celui du casino d’Uriage.

Karim Boudouda était aussi dans l’affaire Delatour et c’est lui qui tirait sur les policiers pendant que X conduisait. Ils sont de grands amis. Boudouda, ignorant le statut de son complice, lui propose de braquer le casino d’Uriage en lui servant encore une fois de chauffeur. X décline. Il vient enfin d’obtenir son immunité en « balançant » le projet et l’équipe. Lire la suite