Articles Tagués ‘corruption’

Un policier a été mis en examen pour « trafic de stupéfiants, corruption, détournement de données de fichiers, détournement de scellés, violation du secret de l’enquête et de l’instruction et divulgation d’informations portant sur une enquête », vendredi 26 juin.

Il travaillait à la brigade des stupéfiants de Metz(Moselle), rapporte Actu.fr.

Le fonctionnaire de police est soupçonné d’avoir aidé des trafiquants de drogue depuis 2017, en leur fournissant des informations émanant de la brigade des stups.

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Comme on l’a vu dans l’épisode précédent, la gestion des appareils « abandonnés » effectuée par l’administration vénézuélienne frise le surréalisme. Le moment est donc venu de lui rappeler l’existence d’un avion qu’elle semble avoir oublié (il a en effet totalement disparu !!!). Celui du descendant d’une dynastie industrielle vénézuélienne, dont l’enlèvement était resté une énigme, jusqu’à sa réapparition surprise. Pendant deux ans, on avait imaginé tout autre ravisseur que celui qui le libérera. Et personne n’avait non plus pu imaginer que le gouvernement d’Hugo Chavez de l’époque avait dissimulé beaucoup de choses sur cette affaire. Retour sur un autre cas pendable pouvant servir aujourd’hui de décor explicatif à notre récente découverte. Celle de tripatouillages éhontés de l’information, par un pouvoir désormais aux abois, qui a de plus en plus de mal à dissimuler ses turpitudes (1).

Parmi les numéros d’avions annoncés comme « abandonnés » (voir notre épisode précédent) figure aussi l’immatriculation YV465T, qui semble rappeler un Beechcraft, modèle B-90C, modèle King Air, LJ-556, (ex N9456Q) immatriculé exactement YV465CP, chez Servivensa, (une division d’Avensa qui exploitait aussi des Boeing 727 après avoir débuté avec des DC-3 et des C-46). C’est il est vrai, un avion datant de 1972. Un avion un peu particulier, celui-là, qui va nous permettre de tracer un décor pas vraiment idyllique du régime, ce qui va encore déplaire à notre lecteur assidu. Un avion « enlevé » un jour où il s’était posé, au Haras San Francisco Tocuyito, avec poussé à l’intérieur son propriétaire Winckelmann Richard Boulton, dont le grand père avait fondé l’entreprise de gaz nationale et le père la compagnie aérienne Avensa (qui s’est mise en faillite en 2002, quoi qu’un de ses appareils volera un peu plus tard encore et est aujourd’hui entreposé).  Etrangement, Avensa, qui a possédé de gros porteurs comme le DC-10 ci-dessous a disparu des radars vers 2004Pourtant, on découvrira longtemps encore une société portant de nom, vensa Servivensa (pour Aerovías Venezolanas S.A) installée à… Medellin en Colombie, sur l’aéroport Jose María Cordoba. Une page Facebook célèbre encore aujourd’hui les Caravelle de l’entrprise. Tout s’est arrêté pourtant, depuis. Son Boeing 757 YV-78C a été revendu à American Express Bank (N270AE) Air Europa EC-845, puis Iberia EC-GCA pour devenir Avianca N951PG en 2001, être stocké en 2003 ; faire une apparition chez Orient Thai Airlines HS-OTB en 2003 et être à nouveau stocké en 2006. Le 24 décembre 1998, un 727 de Servivensa avait fait quelques frayeurs sur la piste N°6 de l’aéroport Alberto Carnevali de Mérida en sortant de la piste de 1630 m de long seulement. On s’écrase pas mal au Venezuela, semble-t-il.

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avensa-2df3fUn enlèvement à bord de son propre avion, donc, pour l’héritier de la dynastie, c’est plutôt rare, le samedi 15 juillet, 2000, à Libertador, dans l’état de Carabobo, par un groupe de 12 hommes armés lié aux Farcs semblait-il, déguisés en policiers de la Garde Nationale ! Les preneurs d’otage n’emportent avec eux que le fils de l’industriel, Richard Boulton. Un (riche) propriétaire, qui avait épousé en décembre 1998 Marena Bencomo (élue Miss Venezuela 1996, à 18 ans). Cette dernière, lors du kidnapping, avait été lors laissée sur place, attachée à un poteau avec du barbelé… Les preneurs d’otage n’avaient pas fait dans la dentelle ! (ci-dessous à gauche la photo de leur mariage). On retiendra leur uniforme : celui de la Garde Nationale, et non celle de policiers ni de l’armée proprement dite.

soci1-95532Un enlèvement qui visiblement avait embarrassé à l’époque Hugo Chavez : à la télévision, à plusieurs reprises, il avait juré qu’il ferait tout pour faire libérer l’héritier industriel. Il ira même jusqu’à dire le 23 juillet 2000 pour rassurer la famille ou la population que « l’avion a été trouvé en Colombie grâce à un système de satellite ». Les vénézuéliens étant ravis d’apprendre qu’ils en possédaient alors un… lancé en réalité 8 ans plus tard (le 29 octobre 2008). Baptisé « Simon Bolivar », de type CAST muni de caméras, il était censé en effet lutter contre le trafic de drogue. Un deuxième (Miranda)tourne même depuis trois ans maintenant en orbite (un troisième est prévu). Les images montrées révélant que le deuxième a une résolution maximale de 2,5 mètres… mais il a été lancé en 2012, celui-là cast_sat-d827aChavez, qui avait donc largmement anticipé ses prouesses astronautiques, racontent Jennifer L. McCoy, et David J. Myer « The Unraveling of Representative Democracy in Venezuela » avait dû composer avec les industriels pour assurer son élection, certains ayant déjà pris position en sa faveur : « des membres éminents de l’entreprise et de l’élite sociale, ont accordé leur soutien au mouvement bolivarien d’Hugo Chavez mis en place dans les années 1990, même si uraveiling-23ce4Chavez lui-même avait attaqué le secteur privé, pour avoir soutenu le pacte démocratique de Punto Fijo (qui excluait les communistes). Parmi eux : il y avait les hommes d’affaires Reinaldo Cervini (de l’agro-industrie, du fer et de l’acier) ; Luis Vallenilla, un banquier et financier de Fundapatria, une organisation qui s’était opposée à la politique pétrolière de Caldera ; et Henry Lord Boulton, actionnaire principal et président du Avensa, la plus grande compagnie aérienne du Venezuela ». Chavez, pour cela, avait pris contact avec la Fedecámaras, la « Fédération de Chambres et Associations de Commerce et de Production » du Venezuela, devant laquelle il avait tenu un discours fort modéré. Plus tard, Senen Torrealba, président de l’union des entrepreneurs de l’État de Bolivar affirmera clairement que des patrons votaient aussi Chavez. Le Figaro, en 2006, expliquera que des brouilles ont même été mises sous le boisseau : « l’exemple le plus remarquable est celui du milliardaire Gustavo Cisneros. Le propriétaire de la chaîne privée Venevision était en guerre ouverte avec Hugo Chavez jusqu’à ce qu’en août 2004, l’ex-président américain Jimmy Carter, soucieux de diminuer la tension politique, organise une rencontre. Le contenu de l’échange est secret, mais, depuis, Hugo Chavez a cessé de traiter Cisneros de conspirateur et ce dernier a demandé à sa télévision de moins attaquer le président. Ses affaires s’en portent mieux. « C’est un traité de non-agression », confirme un proche du président. »

el_nacinal-1c75eChavez avait finement joué en 1998, selon les deux auteurs, en séduisant la presse et une chaîne de télévision : « pendant la première partie de la campagne, les sondages ont constaté que lorsque l’intention de voter pour Chavez dépassait à peine 10 pour cent (loin derrière Irene Saez et Claudio Fermin), le seul média majeur qui avait accordé beaucoup d’attention au lieutenant-colonel défroqué était le journal El Nacional. Cela a changé lorsque les candidatures de Saez et de Fermin ont implosé et la course est devenu un concours entre Chavez et le gouverneur de l’État de Carabobo, Henrique Salas Römer, qui a rapidement gagné le soutien de deux des principaux médias les plus conservateurs, le journal El Universal et Radio Caracas TV. La décision prise par ces médias de soutenir Romer a provoqué une réponse attendue de leurs concurrents, les médias rivaux comme El Nacional (et les chaînes Venevision et Televen) qui ont par conséquent donné une grande couverture à Chavez. Immédiatement après la victoire de Chavez, les décisions prises par les entrepreneurs des médias pour soutenir les candidats devenaient des dividendes pour ceux qui avaient soutenu le gagnant. Le site choisi par le président nouvellement élu pour son premier discours devant le pays (le soir des élections) était l’Ateneo de Caracas, une institution culturelle étroitement liée à El Nacional. Le lendemain, le nouveau président et la première dame ont passé la matinée à Venevisión, comme invités sur plusieurs de ses programmes du matin ».

carlota-cb858Le soutien de la famille Boulton avait donc été suivi de quelques… compensations. La gêne était telle pour le pouvoir, que le ministre José Vicente Rangel Vale (qui deviendra aussi plus tard vice-président) avait été obligé de faire une mise au point sur les prérogatives sur l’usage par la compagnie Servivensa, de la famille Boulton, de l’aéroport militaire vénézuélien de La Carlota (ici à gauche)  : « en outre, plusieurs sociétés aéronautiques dont Servivensa s’exploitent commercialement auprès de La Carlota et portent alors les initiales de l’aéroport « CP », alors que c’est interdit à d’autres opérateurs. Parmi ces avions il y a les King Air 90, acronymes YV-465-CP ; YV-467-CP et YV-516-CPdont les activités sont disponibles à la base aérienne de Francisco de Miranda ». carlota_autre-e7609 Les trois appareils cités étant ceux de Servivensa (ici l’YV-467CP).… reconnaissables à leur déco, appliquée de la même façon sur un 737 ou un B-757... la ligne Avensa ayant été créée au départ, rappelons-le, avec des capitaux américains, apportés par TWA, preuve que Chavez savait aussi parfois oublier certaines choses. Boulton, l’héritier d’une véritable dynastie industrielle, restera en fait presque deux ans en captivité avant d’être libéré… contre rançon, comme on le supposait dès le départ. Exigée à 30 millions de dollars au départ ; elle aurait été au final négociée à un demi million selon les sources journalistiques… étrangement, le ministre de l’intérieur vénézuélien avait d’emblée déclaré que ceux qui l’avaient enlevé n’avaient rien à voir avec les Farcs et étaient « des criminels de droit commun »….images-7-13-e2562 L’embarras en effet était palpable, Chavez, on le sait, soutenant ouvertement les Farcs (comme le montre la photo avec Reyes). Les ravisseurs semblaient en tout cas bien renseignés : l’avion ne s’était pas posé aux Haras San Francisco, la propriété de Richard Boulton, mais chez le voisin de ce dernier, le vétérinaire Francisco Larrazabal…. S’en était suivi tout un imbroglio : on annoncera avoir vu l’avion à plusieurs reprises au Venezuela, mais des annonces qui furent toutes de fausses alertes. Pour beaucoup, l’avion n’avait jamais quitté le territoire vénézuélien…

haras-4bd67Des auteurs supposés de l’enlèvement sont néanmoins vite retrouvés et jugés : le 4 décembre 2001, la juge Ana Herminia Arellano de l’État de Carabobo, avait condamné sur des accusations de vol qualifié, des responsables de l’enlèvement, Juan José Meneses un jeune fermier, Jose Gregorio Perozo, Jose Gregorio Montana, Alexander Mata, Douglas Calderon Carlos Noguera, mais son jugement avait aussitôt été remis en cause. Les deux plus chargés avaient obtenu 14 ans de prison, les autres 7, 6 et 5 pour complicité. Calderon, un ancien sergent technique dans la Garde Nationale, avait été arrêté pour avoir coordonné l’opération dans le Haras San Francisco (ci-dessus à gauche) : on semble l’avoir oublié, cela. Le rôle trouble de la Garde Nationale, on en reparlera un peu plus loin… Le ver aurait déjà dans le fruit en 2000 !!! On avait certes emprisonné des responsables, mais l’homme enlevé demeurait toujours introuvable : le véritable organisateur manquait toujours à l’appel, et les Farcs étaient régulièrement citées. Tout n’avait pas été dit lors du procès, à l’évidence. En fait de Farcs, cela aurait été un commandant de l’ELN – fondée par Fabio Vásquez Castaño – un certain Anatole Martinez, et « un pilote colombien » qui auraient fait le coup semble-t-il, du moins c’est ce qui a été raconté lors de ce procès : ce qu l’ELN avait aussitôt nié avec véhémence. L’histoire lui donnera raison.

castano-043e7On reste ainsi dans le doute pendant des mois sur la personnalité des ravisseurs, qui demeure floue, sinon totalement inconnue. Or, à la surprise générale, en 2002, c’est le chef paramilitaire Carlos Castano, le fondateur des Autodéfenses paysannes de Córdoba et d’Urabá (l’AUC) une organisation paramilitaire d’extrême droite colombienne, qui annonçait une libération possible pour l’otage, et revendique en même temps l’enlèvement et négocie donc dans la foulée la rançon ! Lors de l’enlèvement, Castano, qui avait été entraïné par Yaïr Klein *, (qui entraînait aussi Pablo Escobar et José Gonzalo Rodríguez Gacha dit le « Mexicain ») avait tenu soin à faire dire aux personnes présentes que c’étaient les Farcs les ravisseurs ! Les détails de la détention resteront en fait à jamais forts obscurs, car beaucoup de participants sont morts depuis.

19ca0d7castano-270p-d3ee1Castano, le leader de Los Pepes, ceux qui avait aussi mis fin à l’empire d’Escobar, et qui faisait régner dans son propre groupe la terreur, un homme aussi fort porté sur la bouteille, est mort le 16 avril 2004 dans des circonstances surprenantes : il a été abattu par ordre de son propre frère, et on en a récupéré depuis que les ossements…. ce même frère qui sera lui même tué à coup de machette le 11 mars 2007, son corps étant brûlé entouré de pneus et ses cendres seront jetés dans la rivière Nechi: on ne rigole pas dans ce milieu, c’est sûr !!!

libere-4e627Le 15 juillet 2002, l’héritier Boulton était entretemps réapparu libre (fort marqué, c’est visible ici à droite) , à … l’aéroport de Villavicencio. Sa libération sonnait en fait la fin du mouvement de ses ravisseurs. Le 19 juillet 2002, l’AUC annonçait en effet sa dissolution. Une dernière suprise quand on découvre que le Beechcraft déclaré abandonné ayant a été déclaré détruit… le 15 juillet 2000. Le jour même de l’enlèvement… Pour Chavez, qui l’avait annoncé comme aperçu des semaines après l’enlèvement, l’annonce jetait comme un froid. Pire encore peut-être avec une déclaration de Richard Boulton, qui remerciait le même Chavez pour son intercession dans sa libération… sachant qui le détenait… car cela avait de quoi surprendre en effet. On apprenait de même que prix de sa libération avait été de 460 000 dollars de rançon, versée en février 2002, alors que l’ineffable président avait évoqué une « opération commando » pour le libérer !Unknown-57-dd64c Mais ce n’est rien encore pour le pouvoir avec l’arrestation surprise de Freddy Barros Sotillo, un des négociateurs assermenté, arrêté en avril 2001 comme ayant participé à l’enlèvement : sa première déclaration ayant résonné comme un coup de tonnerre : « commandant Chavez, si tel est le moyen de payer l’une des unités de sa mission accomplie, je vous offre ma démission à la révolution bolivarienne ». Un ange était alors passé dans les rédactions à l’entendre : Sotillo avait-il été l’intermédiaire avec Castano, l’ennemi juré du régime, ce qui était inavouable, ou avait-il détourné une partie de l’argent (la famille s’était effectivement plainte d’avoir à donner pour chacune des approches de transaction, sans savoir dans quelles poches ça partait), on ne le saura jamais. En tout cas, Sotillo avait clamé haut et clair que le gouvernement Chavez savait tout… depuis le début de l’enlèvement !!! Ce qui était désastreux pour l’image du maître de Caracas, qui préféra se priver de son représentant… envoyé au cachot ! Pour Germán Jaramillo, le responsable de la DAS, toujours prêt à emballer les poissons les plus pourris, cette libération devait être plutôt perçue comme « une œuvre de l’intelligence de niveau supérieur entreprise dans le pays ». Pas moins !!!

nef88jen_medium-491baPour ce qui est de la propriété des Boulton, le Haras San Francisco, le vétérinaire et voisin des Boulton, José Francisco Larrazabal (ici à droite), y avait été assassiné de trois coups de feu dès le lundi 5 janvier 2009. Pour mettre la pression sur la famille, très certainement… La police y avait vu au départ l’œuvre d’un membre du groupe des « Piloneros » , Jose Joaquin Martinez Orozco, surnommé « Le Joaquin Black ». L’homme aurait aussi assassiné l’avocat et journaliste Orel Sambrano, disait-on alors. Parmi les explications données à ces meurtres, on avait retenu une information fort inquiétante donnée par le commissaire Castillo. Selon lui c’était « l’interview du vétérinaire à propos de la saisie de près de 400 kilos de la drogue, trouvée à El Rosario chez Walid Makled le 13 Novembre 2008. La propriété jouxte en effet le Haras San Francisco, appartenant au vétérinaire ». Pour l’avocat et journaliste Orel Sambrano, 62 ans, « le chef de la police scientifique a déclaré la cause serait liée à la pratique du journalisme en raison d’allégations de trafic de drogue… » Le trafiquant Makled avait été un temps fort proche de la présidence, comme j’ai déjà pu vous le dire également ici. Arrêté, il avait mouillé tout les rangs du pouvoir vénézuélien. Mais on avait complètement oublié que sa propriété jouxtait celle des Boulton et de Larrazabal !!!

makled-905c2Cela je vous l’avais raconté ici en effet (ce devait être à une époque ou Collon ne lisait pas Agoravox…) : « en 2008, avec ses trois frères, Makled à acquis la compagnie phare du Venezuela en transport aérien, Aeropostal, qui a été nationalisé cette année. Mais les affaires les plus lucratives de la famille ont été l’installation de fret et un entrepôt à Puerto Cabello, sur la côte nord du pays (on calculera qu »il possédait à lui seul 12,46% des entrepôts du port). La riche famille Makled entretient une relation étroite avec des alliés influents du président Hugo Chavez, dont les gouverneurs et les juges de la Cour suprême, selon El Nuevo Herald, citant la presse locale et les documents obtenus par le journal. Aldala Makled, l’un des frères, a été président de la « Fédération des hommes d’affaires bolivariens », une des organisations pro-Chavez ». Vu sous cet angle, on voit bien que ce qu’on avait soupçonné dans un des épisodes précédents, à savoir que la CIA désirait ainsi mouiller Chavez, avait plutôt pris le bon chemin. aldal_makled-cc3faUn chemin que l’habile politicien Chavez lui-même coupera net : « mais les affaires de la famille et de l’empire politique n’ont pas tardé à s’effondrer. En novembre 2008, des officiers vénézuéliens du renseignement militaire ont signalé avoir trouvé 392 kilos de cocaïne stockés au ranch El Rosario, géré par les frères Makled qui ont été accusés de trafic de drogue et arrêtés, sauf Walid ». Selon l’avocat des deux frères arrêtés, cette arrestation était une représaille de Chavez pour avoir soutenu un candidat d’opposition. Il n’empêche : la principale agence aérienne du pays achetée par des trafiquants notoires, cela reste un bel exploit dont les services de Chavez peuvent difficilement être fiers ! »avais-je écrit dès 2011.

akled-c0757Wikileaks avait révélé les affres du gouvernement vénézuélien face au cas embarrassant de Makled : « un certain nombre de documents divulgués par WikiLeaks et étudiés par El Nuevo Herald font la lumière sur les véritables motivations de cet épisode. En particulier, ils expliquent la ferveur avec laquelle le président vénézuélien Hugo Chaveza exigé que Makled soit amené au Venezuela,où il a été interrogé sous de fortes suspicions, à la suite de l’incapacité de ce dernier de donner son témoignage aux États-Unis. L’analyse du journal de Miami sur les documents Stratfor – dont Wikileaks a récemment publié plus de cinq millions de documents montre que Chavez a été contraint par les généraux des Forces armées bolivariennes, qui étaient très préoccupés par ce « roi parmi les barons de la drogue « comme décrit Washington, et la ventilation de leurs activités illégales. Après avoir été arrêté en Colombie, Makled dit que plusieurs hauts fonctionnaires de Caracas font partie de sa masse salariale, y compris les officiers supérieurs des Forces armées, kled2-7861fet il a accusé l’armée vénézuélienne d’être directement impliquée dans le transport de la drogue. « On croit que Makled est en possession de précieux enregistrements de transactions incriminant les membres supérieurs du gouvernement vénézuélien avec le blanchiment d’argent, le trafic de drogue et peut-être le terrorisme », a déclaré l’un de ces rapports. » Il valait mieux rapatrier vite fait le « narco trop bavard » comme l’avait appelé ici Le Monde. Il le sera d’ailleurs dans un un des fameux Learjets gouvernementaux…

Episode supplémentaire à l’histoire : Francisco Larrazabal, mort, sa propriété de 400 hectares avait vite attiré les convoitises… dont celle de Walid Makled. Boulton viendra au tribunal raconter en 2012 que « Makled était intéressé par la propriété car ses avions pouvaient y atterrir« , et c’est pour cela qu’il était devenu propriétaire des terrains en 2006 « sans jamais avoir vraiment effectué tous les versements » qu’il aurait dû faire. Il en a avait assumé deux seulement, et encore « pour un faible pourcentage de la somme due« . « Selon l’accusation, la drogue apportée par avion sur la dite piste, et de était transportée à la maison don Makled était propriétaire, à travers un chemin qui, selon plusieurs témoins, se connectait directement à la ferme El Rosario . » Un employé des Haras avait confirmé la venue et le débarquement de « boîtes blanches, transportées par camionnette à l’hacienda de Makled ».makled_aircraft-673cf « Un des travailleurs Haras San Francisco, qui a refusé d’être identifié par crainte, dit que son patron a été tué pour avoir parlé. Pour cette raison, il craint d’être la prochaine. Cinq écuries avec plus de 500 chevaux, trois hangars, un théâtre et des animaux de laboratoire en ville et l’exploitation de deux gorilles, trois zèbres, des autruches, des deux un chameau et un hippopotame, tous les biens du Safari Valencia étaient les actifs les plus précieux de Larrazabal » peut-on lire. Les animaux ont vite disparu, et et la ferme a périclité ensuite. Boulton, retenu par un le mercenaire d’extrême droite avec lequel Chavez discutait pourtant, était venu ce jour là charger Makled au possible. cartons_crix_rouge-8821fPour ajouter à cela, l’l’Institut National des Terres avait exproprié une partie des terrains de Larrazabal, pour en faire des terres constructibles et y installer des habitations, un projet qu’avait accepté le vétérinaire la veille de son décès. Depuis, d’autres bâtiments avaient gagné du terrain sur les 400 hectares de départ… à l’hacienda (finca) de Makled, on trouvera effectivement un petit avion, plutôt de type ULM. La piste bitumée de la propriété avait pourtant 950 m de long… la drogue était effectivement dissimulée dans des boîtes blanches… portant le signe de la Croix Rouge !

YV1467-3-0ae41Makled avait été mouillé dans un plus gros appareil, dans l’affaire du British Aerospace 3212 Jetstream 32 d’inscription vénézuélienne YV1467 (ex N927AE) qui avait disparu le 31 mars 2009, après avoir décollé de l’aéroport Charallave à destination de la ville de Carora, dans l’État de Lara. Plus d’un mois après il était réapparu au Honduras, puis après dans un voyage qui avait commencé dans l’État d’Apure et qui s’était terminé par un crash près d’Utila ; l’avion étant tombé tout bêtement à cours d’essence. Les pilotes étaient colombiens et il y avait 1,5 tonne de coke à bord. Le 2 août 2010, Walid Makled García, alias » El Turco « , alias » L’Arabe « , avait fait un appel téléphonique de Colombie dans lequel réclamait le paiement d’environ 200 000 dollars dans le cadre du transfert de cocaïne lié à ce vol. Croyez-le si vous le voulez, mais le Jetstream en morceau figure, on ne rit pas, dans la liste des avions « abandonnés » de l’INAC vénézuélien !!!

En réalité, les auteurs des deux assassinats sont Rafael Segundo Pérez, condamné depuis à 25 ans de prison et un ancien policier, David Antonio Yánez, le troisième larron étant José Manuel Luque Daboín. Le commanditaire était le chef du Cartel del Soles… lié, on le sait, aux militaires vénézuéliens comme expliqué ici en 2010 : « connu pour être le chef du Cartel del Soles dans l’État de Monagas, José Ceferino García Fermín a été arrêté et renvoyé en prison le 23 février. L’enquête le désigne comme commanditaire de l’assassinat de Mauro Marcano, le 1er septembre 2004. José Ceferino García avait été arrêté à Trinidad-et-Tobago puis extradé en 2006. Il avait obtenu sa remise en liberté d’un tribunal de l’État de Monagas, deux ans plus tard. Soupçonnant des pressions sur la justice locale, le ministère public avait fait appel de cette décision. La cour d’appel de Monagas, accédant à la demande de renvoi en prison, a ordonné qu’une autre juridiction tranche l’affaire sur le fond. » Il aura fallu attendre février 2015 pour voir Ceferino Garcia condamné à 23 années de prisonAprès bien des tergiversations !

Après ce tableau évocateur de l’ambiance dans le pays, il est temps de revenir à notre crash du jour, après cette mise en bouche destinée à montrer qu’il ne faut pas nécessairement avaler les couleuvres données en pâture au public par le gouvernement vénézuélien, des assertions qui tombent jusqu’au fond des paniers du Grand Soir, par exemple ou des admirateurs du chavisme ayant perdu leur sens critique. Le journal alternatif, sous la plume de Gaël Brustier (Collaborateur du Centre d’étude de la vie politique (Cevipol) à l’Université libre de Bruxelles) et de Christophe Ventura (chercheur à l’Institut de Relations Internationales et Stratégique (IRIS) avait en effet ainsi décrit la libération de Boulton (en réponse à ce texte paru dans Libération sur « l’opportunisme humanitaire de Chavez » : « les auteurs accusent le président vénézuélien d’avoir, « pendant des années, (.) ignoré le sort des Vénézuéliens otages des Farc et (de) ne (s’être) nullement soucié de leur famille. » Jusqu’à aujourd’hui, personne ne sait si des Vénézuéliens comptent effectivement parmi les otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). En 2002, Hugo Chávez s’était pourtant préoccupé du sort de Richard Boulton, homme d’affaires vénézuélien, que tout le monde pensait otage de la guérilla colombienne. Il a même réussi, en juillet 2002, à organiser une opération de sauvetage qui a abouti à la libération de M.Boulton. C’est alors que les autorités ont découvert qu’il avait en réalité été repris aux paramilitaires des Autodéfenses unies de Colombie (AUC)« . Une rançon d’un demi-million de dollars, ou presque, appelée « opération de sauvetage »  ? Chavez aurait « découvert » au dernier moment celui avec qui il négociait la libération de l’otage fortuné ? On aura tout lu, décidément !!! Les mêmes auteurs ajoutant : « sil est vrai que le gouvernement vénézuélien a récemment acheté 25 avions de chasse russe, c’est pour remplacer la flotte de F-16 qui n’était plus utilisable à cause de l’embargo d’équipements militaires imposé par les Etats-Unis. De même, 100 000 fusils d’assaut Kalachnikov ont bien étachetés pour remplacer un stock de vieux fusils belges périmés. » Des avions périmés, eux aussi, pourtant présentés encore une fois dans notre exemple du jour comme l’ayant « descendu » (et dans les autres, cités dans les épisodes précédents qui ont tant plus aux amis de Collon … Décidément, le Venezuela est bien un pays de paradoxes !!! Comment croire alors les militaires vénézuéliens, qui ne cessent de dire que ce sont bien les vieux F-16 de l’armée nationale qui abattent à tour de bras les avions des narcotraficants ??? S’il ne sont pas « utilisables ? Nous reviendrons un peu plus loin sur ces fameux F-16 et leur armement, surtout : l’étude s’impose, avec de telles contradictions étalées par les propre soutiens du régime !

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Notre avion du jour, tombé au beau milieu de la nuit dans l’Etat de Cojedes (voir carte ci-dessus) est donc ce fameux Embraer venu du Brésil voisin, bourré de cocaïne, comme il se doit. Demain, je vous propose d’en parler plus en détail : ces deux pilotes, décédés, valent qu’on s’intéresse à leur sort, comme le vaut largement la mise en scène organisée par l’ineffable général de Brigade Irwin Ascanio, responsable de la Oficina Nacional Antidrogas (ONAdepuis juillet 2014,accompagné du General Valladares, responsable de la « Zone de Défense Intégrale (ZODI) Nº34 », et de Fraino Arellano commandant de la Zone GNB-32 de Cojedes » (l en manquait que l’ineffable et gaffeur Vladimir Padrino López). Venus, photographies en main, comme on a désormais l’habitude, faire un show vantant les mérites de la lutte antidrogue dans le pays. Mais encore une fois, on a fait vite, comme on va le voir, et cela sonne faux…Padrino s’empêtrant assez vite dans deux histoires de poursuite. Les clichés les montrant sont en date du 25 mai, pour le journal La Noticia, par exemple.siege_pilote_crash-06341 Ils montrent une certaine effervescence médiatique, sur place. En une journée, seulement, on a donc rapidement monté la présentation, amenant sur place de petits chapiteaux, des photocopies, des pieds de caméras et des tables pour étaler les documents découverts. C’est très bien fabriqué, à vrai dire, en terme de… propagande. On montre les vestiges de l’avion et on étale largement son contenu de drogue. La routine, là-bas, désormais. Des infortunés pilotes, il ne reste plus rien ou presque : un des premiers documents montré sont les vestiges d’un siège de pilote, totalement carbonisé, aux tubes déjà couverts de rouille. Et il n’y pas de doute, c’est bien le siège pilote d’un Navajo... quelques jours plus tard, un journal montre le corps carbonisé de ce même pilote (attention image choquante). Mais pas de trace du second : où et-il donc passé ? Cela intrigue. Mais d’autres choses encore clochent, ce que je vous propose de découvrir demain… en fait de décor, c’est manifestement un trompe-l’oeil qui a été dressé !!! Un de plus !

(*) « Il a été arrêté en août 2007 à l’aéroport de Domodedovo à Moscou alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour Tel-Aviv avec un faux passeport 9. La Colombie demande alors son extradition. En mai 2008, la Cour Suprême de Russie confirme la décision du Parquet russe prise en janvier 2008 d’extrader l’Israélien, mais la Cour européenne des droits de l’homme que Klein avait déjà interpelée pour empêcher son expulsion eu égard au risque sérieux de mauvais traitements à son égard en Colombie, somme la Russie à s’abstenir de l’extrader jusqu’à nouvel ordre 10. La Colombie a jugé inacceptable cette décision, et a protesté contre la déclaration de la Cour selon laquelle Bogota serait incapable de garantir que Yair Klein ne subira pas de mauvais traitements. Le ministre colombien des Affaires étrangères Jaime Bermúdez a déclaré que la suprématie de la loi est assurée en Colombie qui respecte les droits de l’homme et que la Colombie garantit que les droits de Yair Klein ne seront pas lésés 11 » (selon Wikiipedia). On est aujourd’hui à vouloir l’entendre en Israël. En 2012, il avait provoqué un choc en affirmant qu’Alvaro Uribe, avant même d’arriver au pouvoir avait payé pour former des milices paramilitaires d’extrême droite. Le narcotrafiquant «  »El Alemán », le frère de « Don Mario », alias Daniel Rendon, un des trafiquants de drogue et des paramilitaires en Colombie le plus recherché et qui a aussi affirmé avoir été l’ancien commandant du groupe (Bloque) « Élmer Cárdenas » (ou) BEC dira de même le 23 août 2009. Selon lui, Uribe savait que Castano allait être assassiné.

(1) mais possède toujours une bonne claque pour l’applaudir, dont l’ineffable Collon, encensé par le pouvoir que lui même encense (ils tournent en rond ici en direct !) Jean Araud, cité précédemment, ou notre ami du net québecquois, Oscar Fortin, qui voit des coups d’Etat là où il n’en a pas, et qui écrit : « je suis pour la démocratie, celle qui fait participer le peuple. Je suis pour le néo-libéralisme, soumis aux exigences du bien commun dont l’État est l’ultime responsable. Je suis pour l’humanisme chrétien, celui qui met l’institution ecclésiale au service des Évangiles et qui fait des Évangiles une source d’inspiration pour les peuples.. » On lui demandera un jour si son humanisme chrétien accepte de répandre la cocaïne sur la jeunesse d’un pays, tiens…

SOURCE: http://www.centpapiers.com/coke-stock-xcvi-rappel-d%E2%80%99une-sombre-histoire-venezuelienne/

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Rappel de lecture :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxviii-un-second-164974

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxvix-le-precedent-165608

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxx-l-heritage-du-160160

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxi-l-esbrouffe-160211

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxii-le-venezuela-160618

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiii-au-venezuela-160235

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiv-pris-la-main-160456

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxv-un-temoignage-165293

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvi-l-implication-165185

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvii-un-procureur-160617

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxviii-chavez-le-160616

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxix-la-corruption-165661

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xc-la-route-de-l-165730

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xciii-on-revient-165740

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Ma série d’articles sur le trafic de drogue au Venezuela (1) a été un franc succès : j’ai même eu le droit à des réactions… amusantes. Telle celle de Michel Collon, l’homme qui voulait remettre il y quelque temps le prix Nobel à Ahmadinejad  (ici sponsorisé par le sinistre Croah de Joe le Corbeau) ou plus exactement une réaction de Jean Araud, qui écrit chez Collon (2). Oh un gars dont l’indépendance ne fait aucun doute à lire ses activités actuelles : « il travaille pour le ministère de la Femme. il y coordonne un travail de lutte contre la désinformation que les grands médias internationaux véhiculent dès que l’on a affaire au Venezuela. » peut on lire ici. On retrouve le même dans le « fameux » Cercle des Volontaires » du rouge-brun Raphael Berland (celui qui invite facilement la négationniste María Poumier) pour affirmer chez Berland qu’il « vit des journées exceptionnelles à Caracas », ou « il n’a vu aucune violence »L’homme est aveugle, ou ne connait pas les statistiques, c’est sûr. Caracas avec 119 meurtres par 100 000 habitants était en 2012 a troisième ville la plus dangereuse au monde après San Pedro Sula (au Honduras et Acapulco. Et ça empire (on est aujourd’hui à 125 pour 100 000 à Caracas), Valencia et Maracaibo s’ajoutant à la liste. De quoi dissuader les touristes, en effet. Plantons donc tout d’abord le décor… n’en déplaise à Michel Collon et ses amis …

La violence endémique au pays est bien dissimulée, nous dit aussi MadmoiZelle.com : « une partie du problème est liée à la violence et aux criminels eux-mêmes, qui ne cessent de se multiplier : la violence est en augmentation depuis des années (+14% en 2012) notamment à cause de la quasi-impunité de ces crimes. Très souvent, il n’y a aucun suivi, aucune enquête, donc forcément les criminels ne se sentent pas menacés et n’hésitent pas à recommencer. En cela la politique n’aide pas ; l’insécurité, principal cheval de bataille de l’opposition, est étouffée par le gouvernement, qui depuis 9 ans a interdit de diffuser régulièrement toute information officielle sur les chiffres de la criminalité et la violence. Les journalistes se rendent eux-mêmes tous les lundis matins à la morgue de Bello Monte, principale morgue de Caracas, pour tenter d’obtenir des informations de première main’ ». Un régime qui n’étouffe pas que ça… les chiffes sont atterrants : rien que pour le mois d’août, 368 corps ont été apportés à la morgue de Bello Monte (un quartier de collines à Caracas même) raconte cet été même El Nacional.

crime-dd647A se demander comment Jean Araud fait donc pour ne pas la voir, cette violence !!! « Caracas est la ville la plus dangereuse du pays. Si la majorité des crimes sont commis dans les « Barrios », bidonvilles locaux disséminés dans la ville, aucun autre quartier n’est réellement épargné par ce fléau. Le quartier de Chacaito (avenue de « Sabana Grande » notamment), pourtant situé dans l’est de la capitale, zone plus résidentielle et considérée comme relativement moins dangereuse que l’ouest et le centre, n’est pas non plus sans risque. Plusieurs de nos compatriotes ont été victimes d’agressions dans ce quartier. » Le gouvernement français, donne comme consigne à ses ressortissants de faire attention, à Caracas mais aussi dans «  les autres grands centres urbains (qui) ne sont pas épargnés »L’une des zones les plus dangereuses décrites étant le « les zones frontalières avec la Colombie et le Brésil, particulièrement dangereuses en raison des activités de la guérilla colombienne ainsi que des mafias spécialisées dans le trafic de stupéfiants, la contrebande d’essence et les enlèvements. » On y vient, effet… a ce générateur de violence qu’est le trafic de drogue.

Aeronave-abatida-f18eeLe 24 mai dernier s’est produit un événement désormais habituel là-bas. Un crash d’avion, lié à un trafic de drogue. Ou en tout cas présenté comme tel par les autorités, toujours les seules habilitées à en parler, dans le pays. Ça s’est passé à Ricaurte, dans près de Cojedes, au Venezuela, endroit où la ville principale s’appelle… Libertad. C’est situé au Nord du pays, mais l’avion, selon les autorités, venait de Manaus, au Brésil. Par la route, 2352 km, et un peu plus de 1600 en avion (en ligne droite). Ce dernier étant un Embraer EMB-820C, la version sous licence brésilienne du Piper Navajo, appareil qui semble avoir la prédilection des trafiquants brésiliens en ce moment : souvenez-vous du PT-LHO (choisi sur Wikipedia ?) découvert en Apure, muni de bidons d’essence supplémentaires pour augmenter son rayon d’action, comme j’avais ci vous le montrer. L’avion a au départ une portée de 1,875 km, mais pas à charge maximale. Dans ses soutes, avant et arrière, l’avion peut emporter 600 livres (soit 272 kg) de bagages ; comme on le sait.

autol_good-75534Pour ce qui est de l’avion tombé ce 24 mai dernier, et présenté encore une fois comme « abattu » par la chasse bolivarienne, il n’y pas de doute : c‘est bien un Embraer… venu du Brésil, une information confirmée par Le député fédéral brésilien Marcelo Rezende Salvio Vieira le surintendant régional de la police fédérale dans l’Etat d’Amazonie, qui affirme aussi que le Brésil n’enquêtera pas, car l’avion était en règle là-bas. Sur place, au Venezuela, en effet, on a vite semble-t-il déjoué la fausse immatriculation arborée par l’avion détruit.  Cétait un simple autocollant affichant le numéro YV1246 (vénézuélien) qui recouvrait l’original, qui était bien le PT-RCN brésilien (montré ici par Irwin Ascanio, le responsable de la lutte antidrogue, qui enlèvera lui-même l’autocollant pour mieux le montrer). Vu de plus près, l’autocollant semble fort peu adhésif, pourtant, et ressemble plutôt à une feuille de papier froissé : c’est de la bâche adhésive, tout simplement.

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Un avion visible ici, au Manaus Aeroclube de Flores (un aérodrome assez actif à une seule piste, ici sa page Facebook, celle de passionnés d’aviation où règne une sympathique ambiance) une photo prise le 21 février 2015, à peine trois mois avant où il se présentait dans la livrée dans laquelle il s’est écrasé, ou presque. A un détail près… A signaler que l’approche de l’aérodrome de Manaus, situé au bord de la ville, est plutôt dangereuse. De gros porteurs s’y posent pourtant tel ce Boeing 767 Cargo d’Absa vu ici en phase de descente.

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Pour clore le débat, sur la provenance de l’appareil, rien de tel que sa plaque de fabrication, qui ôte tous les doutes : pas de problème puisqu’on nous la propose officiellement, photographiée en gros plan :

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Fernando_e_Sorocaba-18564Avant d’appartenir à une école de pilotage, l’avion avait été loué par deux vedettes locales brésiliennes, un duo (plutôt pénible à écouter) intitulé Fernando et Sorocaba, qui ont abandonné l’appareil pour un Beechcraft C-90 plus puissant, immatriculé PT-FES vu ici au décollage sur la piste de Raimundo de Andrade devant des fans extasiés. On peut voir ici le cockpit, et là l’arrivée de l’appareil. Les deux loustics collectionnent les vols sur avion-taxi, comme ici sur un Beech 200, toujours à Raimundo de Andrade. Au Brésil, l’avion d’affaires de ce type est courant, tant il existe de petits aérodrome herbeux. Et là aussi, on y abandonne parfois de superbes montures. Surtout les trafiquants !!! Le Beechcraft King Air B-200 GT PR-ARN, datant de 2007 (N° BY-021, ex N34651 par exemple, vu ici au décollage de São José do Rio Preto-SP, en 2009. Un reportage assez ahurissant de la télévision brésilienne du 20 décembre 2010 nous l’annonçait comme… abandonné sur un aérodrome privé d’Iturama par une firme censée être une société fabricante de sucre et d’alcool. down1-0d060Le Brésil est confronté à des trafiquants, qui ne font pas tous dans la drogue et qui n’hésitent pas à abandonner leurs appareils quand il le faut, comme leurs collègues andins : ceux du Twin Commander 500-S, immatriculé PT-DRO ayant tenté de se poser en pleine nuit sur une piste à à 3 km de la ville de Piracuruca avaient été obligés de le faire… vu l’état de leur avion, au train brisé. L’avion appartenait à la société Marnanglo Empreendimentos e Participaçôes S / C / Ltda. Une société mise hors de cause, la personnalité du véritable utilisateur étant celle d’un ancien vérificateur fiscal condamné par la Cour fédérale à São Paulo pour inconduite. down2-4c7b7En mars 2013, il avait déjà été visé par l’opération de police « Persona », qui avait montré qu’avec un partenaire, il avait créé un groupe avec plusieurs sociétés destiné à des importations frauduleuses, qui ont laissé un déficit de 3,3 milliards de reals en impôts. À l’époque, avaient été saisis de 86 milliards de reals de marchandises. Cette fois-ci, l’appareil avait bien transporté de la coke : à bord avaient été trouvés des fragments de cocaïne, deux équipements GPS (Global Positioning System), neuf bidons d’essence et des tuyaux de carburant. L’avion avait une fausse immatriculation, collée à l’adhésif…

chinita-92fc1L’immatriculation qui masque l’originale de notre cas d’étude du jour, étrangement, rappelle des choses. En 2009, un document judiciaire chargeait deux vénézuéliens, Alfredo Rolando Martinez (alias Freddy Doe) Luis González, responsables de l’entreprise Taller Aeronautico Maracaibo installés à l’aéroclub de l’aéroport international de La Chinita (indicatid SVMC), qui avaient été accusés de trafic de cocaïne. Des traces évidentes de coke et de chlorhydrate avaient été relevées sur trois de leurs avions. Le numéro YV1410, de modèle Piper Seneca II, N° de série 34-757286, certificat d’immatriculation 6644, le YV1246, de marque Cessna Modèle 210N, numéro de série 21064761, mais aussi le YV1217, detention_avions-81199un Cessna T210M, numéro de série 21062899, précédemment enegistré HK-4576 (avec comme propriétaire en 2008 Ramirez Perez Jose Antono). Le Cessna, ex N110M de 1982 provenait de la société International Oilfield Chemicals inc à Lafayette, USA Avant le procès, d’autres noms de trafiquants avaient alors été cités par le chef de l’antidrogue vénézuélienne, Néstor Reverol, et d’autres avions encore, tel le YV2186 et le YV2513 (lYV2513 ou le YV1028P?), lors d’une présentation médiatisée du 2 Juin, 2009, comme le pouvoir vénézuélien en a pris l’habitude. Les gens qui ont choisi l’immatriculation de l’appareil qui s’est récemment écrasé n’avaient donc, on suppose, aucune connaissance de l’existence de son ancien confrère, un Cessna 210N, immatriculé pareil, et saisi voici six ans par les autorités pour trafic de drogue !!! Une inconscience révélatrice ? A croire, en tout cas qu’il y en a beaucoup, d’appareils, qui, saisis par les autorités vénézuéliennes, sont restés sur place, immobilisés, au point que plus personne ne sache exactement leur immatriculation, ou leur nombre exact. Certains ont même complètement… disparu !

YV1315_4-21721Le 24 juillet dernier, le Ministère des Transports annonçait d’ailleurs en écho à cette constatation la liste (impressionnante) des avions « abandonnés » (3), selon lui, au Venezuela. Mal lui en a pris : on pense à une clarification, sur l’intensité du trafic de drogue, et c’est tout l’inverse en fait, tant le répertoire offert est truffé d’erreurs flagrantes. Sont notamment comptabilisés comme « abandonnés » des avions complètement en miettes ou même disparus…. Cela ressemble à un beau mic-mac, en effet : il y en aurait 500 exemplaires en effe laissés sur place par leur propriétaire... selon les autorités. Or la liste est pour le moins…fantaisiste. Figurent par exemple le Cessna 310R (YV1975) parti de Puerto Ordaz et crashé en Apure : l’avion, pris dans des turbulences le 26 août 2008, s’était désintégré et ses morceaux éparpillés sur 1,5 km !! Comme exemple d « abandon » on pourrait trouver mieux !!! Le YV2193 y est aussi cité, un Cessna modèle 182P, qui avait été contraint d’atterrir sur la route dans à San Sebastian de los Reyes… avant de s’enficher dans l’arrière d’un camion : l’avion avait été détruit : drôle « d’abandon », encore une fois ! correspondances-dfab6-af4f5Le YV2615, un Britten-Islander de 1968 (le N°20) avait lui complètement disparu avec 6 personnes à bord début 2013 au large du parc de l’archipel de « Los Roques » (ici son dernier décollage, avec sa porte mal fermée !). On le retrouvera le 27 juin 2013 gisant par 73 mètres de fond : un total « abandon », passagers compris, pour cette fois-là ? Pour le numéro YV2527 cité, ce n’est guère mieux : cest un hélicoptère Bell 206B complètement détruit, lui encore, à Las Malvinas II, près de San José de Guanipa, dans l’état d’Anzoátegui, en 2012. L’YV2663 est lui un Cessna 402B qui a plongé en pleine mer le 9 février 2012 à Punto Fijo, dans l’état de Falcon : un appareil « abandonné » aux poissons du coin ? Dans la liste on trouve aussi un autre tas de ferraille qui pourra difficilement revoler : le Britten Islander YV2238accidenté le 16 janvier 2015 lors d’un atterrissage violent sur l’île Gran Roque. Idem pour le YV1315 au même endroit, avec cette fois un beau plongeon le 10 octobre 2014… 2531_repere-b5ed5l’avion avait été littéralement coupé en deux avant d’aller à la baille ! il n’y avait eu que des blessés (sept), un vrai miracle ! Etc et etc… le sommet étant atteint, je pense, avec le Beechcraft 200 immatriculé 2531, qui avait servi à faire un show médiatique sur une prétendue saisie de drogue (lire ici la version de Daniel Hopsicker), et que des observateurs avaient retrouvé plus tard… incendié : on ne peut mieux comme abandon (4) !! Bref, un ministère qui compte comme « abandonnés » par leur propriétaire des avions détruits, irréparables ou même complètement disparus, voilà qui ne fait pas franchement sérieux….

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Et ce qui vaut pour les petits vaut aussi pour les plus gros : est cité par exemple dans la liste le YV2749, qui est en fait un DC-9-32 comme l’est aussi le YV368T, lui aussi cité. Or ce sont des appareils commerciaux de la société Avesa Airlines, photographiés ici en 2007 à La Guaira avec un troisième collègue en cours de démontage de réacteurs…  la firme vénézuélienne existe toujours, et elle a été obligée de changer en 2014 ces derniers DC-9 contre des MD-88 plus récents, provenant de Floride, et dOpa-locka  !!! Ce sont nullement des abandons, mais bien des appareils réformés !!! Et que dire du YV397T : un Boeing 737 certes de 35 ans d’âge, mais toujours vaillant chez Rutaca Airlines, qui ne présente parmi ses appareils aucun avion réformé ou scrappé. Pour ne rien améliorer, est aussi listé l’YV379T et le YV369T, tous deux encore en état de fonctionnement, avec le même propriétaire bien actuel ! Le 2 mai dernier encore, un MD-88 d’Aeropostal, numéroté YV485T, subissait une explosion de réacteur au moment de l’atterrissage a l’aéorport Internacional Jacinto Lara… Idem pour le cas du DC-9 YV136T datant de 1976, ex Finnair, qui avait subi un « hard landing » à Puerto Ordaz comme on dit sobrement dans sa fiche de décès : un atterrissage tellement brusque le 13 juillet 2011 que ses deux réacteurs étaient tombés, le fuselage se tordant par la même occasion. Il y avait ce jour là 130 personnes à bord ! Un vrai miracle ! Direction la casse (avant, « l’abandon »... ») !

photo_broyage-626f0Le plus amusant, dans cette annonce, est que le Ministère du Pouvoir Populaire pour le Transport Aérien et Aquatique (MPPTAA), l’organisation des aéroports bolivariens (BAER), dans la foulée déclaré « l’expulsion des aéronefs déclarés juridiquement abandonnés », au terminal international « Jacinto Lara » situé à Barquisimeto, dans l’Etat de Lara mais aussi sur l’aérooport « Oscar Machado Zuloaga » de Miranda ; celui de la La Chinita » à Zulia et à l’aéroport international « Arturo Michelena » de Valence, dans l’État de Carabobo. Joint à l’article de presse, on pouvait en effet voir une pelleteuse munie d’une mâchoire s’en prendre à un birmoteur Piper. D’autres aéroports font l’objet d’un « nettoyage » d’épaves. A la ChinitaSVMC (les DC-9 de Zuliana y sont), il y a fort à faire,comme le montre ce reportage vidéo comme ici au SVMI (l’aéroport Int’l Maiquetía Simón Bolívar).

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Celles-ci sont broyées par une pelleteuseles morceaux rassemblés en tas (comme ci-dessus) avant d’être jetés dans une benne de un semi-remorque de ferrailleur. L’aéroport de José Antonio Anzoátegui fait de même. L’opération fait l’objet dune communication officielle du BAER. Le pouvoir en place annonce la destruction de 69 épaves. Par rappport à la liste des manquants, c’est une goutte d’eau ridicule. Celle-ci en affiche… 1068. Les écuries d’Augias de l’aviation vénézuélienne sont encore loin d’être nettoyées… !!!

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Des avions « abandonnés », ou réduits à des tas de ferraille, des avions broyés, comme celui qui nous intéresse aujourd’hui (visible ci-dessus qui semble effectivement aussi avoir été victime de l’opération de « nettoyage » des débris), et que nous allons étudier en détail très bientôt, si vous le voulez bien… un peu de patience… que diable !

(1) pour tout dire, j’ai commencé cette série début 2010 chez Agoravox avec la découverte en novembre 2009 du Boeing 727 retrouvé incendié à Tarkint au Mali, sous le nom de Morice. Un sujet riche : j’en suis à bientôt 100 articles en effet. Dès le premier article, j’ai aussitôt été l’objet d’un post-mining qui aujourd’hui ne m’étonne plus, quand je vois les personnes que cela a pu concerné. L’article d’abord refusé (alors que j’étais un des premier à avoir analysé l’évènement) a été ensuite accepté, des mois après, quand les auteurs des attaques et des votes négatifs en masse ont été virés du site. Ici, j’avais alors résolu de m’appeler Momo, pour éditer notamment une longue série de 17 épisodes décrivant Dieudonné et ses turpitudes, longue enquête bloquée chez Agoravox pour les raisons que vous pouvez facilement soupçonner. Le site Cent Papiers étant tombé entre temps en rade, et moi-même ayant perdu ma connexion « Momo », j’ai recréé rapidement un « fantôme de Momo », d’où l’appellation actuelle. N’en déplaise à certains; Morice=Ghostofmomo » en effet. Je garde ainsi ma liberté de parole, que ça plaise ou non… (surtout ici aux partisans du régime vénézuélien, parodie de démocratie), voici donc le 95eme épisode d’une série sur le trafic de cocaïne dans le monde, dans lequel je ne retiens en général que le trafic aérien (seul, je ne peux pas tout traiter en effet !!).

(2) avec deux articles censés répondre aux miens…

http://www.michelcollon.info/Venezuela-un-article-d-Agoravox.html

http://www.michelcollon.info/Venezuela-un-article-d-Agoravox,5205.html?lang=fr

C’est amusant de constater que l’auteur s’appuie pour la Colombie sur les dires remontant à 1998 de Paul Coverdall, sénateur américain républicain, responsable du fameux Peace Corps créé en 1961 par John Fitzgerald Kennedy et nommé par Bush (père) et plus tard a soutenu directement le fils dans sa campagne électorale contre McCain… ou quand les rouges-bruns s’appuient sur du bleu.

Dans le second volet, la phrase hilarante du « guérillero médiatique » (c’est comme ça quil se décrit) est « Mais comme le show doit continuer, Washington et ses larbins vénézuéliens apatrides s´entêtent à poursuivre leurs tentatives cycliques d´impliquer le gouvernement vénézuélien avec le narcotrafic, un moyen comme un autre de justifier tout type d´interventions, incluant coup d´état ou invasion made in USA. Les épisodes se succèdent donc au rythme d´objectifs soigneusement choisis. » Selon Araud, il ne faut donc pas être « apatride » au Venezuela , alors quil est lui-même français, pour parler correctement du pays, et comme il le laisse entendre, je serais le « larbin » des USA, après avoir dénoncé sans répit ici les activités de la CIA, celles de G.W.Bush pendant la guerre en Irak ou mon nombre d’articles conséquent sur la militarisation des esprits aux USA ou les gabegies du Pentagone…. « larbins apatrides » on croirait entendre le PCF des années 50, voire un clone de Dieudonné … !!!

(3) la liste complète est là :

http://www.inac.gob.ve/informacion/AvisoDeclaratoria

(4) lire ici la terrible charge contre le gouvernement, accusé d’avoir assassiné deux personnes susceptibles d’être compromettantes : Edilberto Rosales Escalante, le conducteur de la Ford F-350 (N°A76AEOB) qui avait recueilli le chargement de cocaïne et Luis Alberto Fuentes Garde nationale Pernia, le second pilote qui savait qui était le fournisseur et qui servait d’intermédiaire avec les trafiquants. Selon lui, l’avion avait fait pas moins de 5 aller-retours entre La Carlota et Cabo San Roman. La lutte antidrogue, le CICPC étant selon l’auteur le grand manipulateur de l’opération, ainsi que le ministre Tarek Zaidan El Aissami Maddah, devenu depuis gouverneur d’Aragua, largement impliqué dans l’affaire. L’homme est lié à « El Pollo » Carjaval (voir mes articles).

 

PS : Il semble bien en effet que notre lecteur assidu n’ait pas tout lu. Alors voici donc les articles concernés :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxviii-un-second-164974

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxvix-le-precedent-165608

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxx-l-heritage-du-160160

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxi-l-esbrouffe-160211

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxii-le-venezuela-160618

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiii-au-venezuela-160235

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiv-pris-la-main-160456

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxv-un-temoignage-165293

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvi-l-implication-165185

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvii-un-procureur-160617

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxviii-chavez-le-160616

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxix-la-corruption-165661

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xc-la-route-de-l-165730

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xciii-on-revient-165740

on peut lire aussi :

http://www.insightcrime.org/news-analysis/is-venezuela-becoming-the-most-dangerous-nation-in-latin-america

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DEAEn ce temps là, Mario Le Corff magouillait grave avec la DEA (Drug Enforcement Agency) pour se faire mousser.

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Il s’arrangeait aussi avec le juge Renard de Nice en charge du dossier de Claudio Locatelli!

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C’est Mario Le Corff de l’OCTRIS qui « organisa » l’évasion de Claudio Locatelli* afin de l’utiliser comme un informateur!

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*Le baron de la drogue italien Claudio Locatelli, 61 ans, a été condamné en septembre 2013 par les assises des Alpes-Maritimes à trois ans de prison pour s’être évadé il y a 24 ans de l’hôpital de Grasse (Alpes-Maritimes). Le ministère public avait requis dix ans de prison à son encontre, l’estimant en outre coupable du braquage d’un homme lors de son évasion.

source: http://www.leparisien.fr/nice-06000/evasion-en-1989-3-ans-de-prison-pour-le-baron-de-la-drogue-italien-claudio-locatelli-03-09-2013-3104217.php

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Un peu d’italien!

Operazione Cotugre

Agli inizi deI 1989 il « Bureau central des stups » di Parigi (OCRTIS) disponeva di
informazioni secondo cui un’importante figura di pregiudicato, tale Claudio Locatelli,
era giunto a Nizza per ricevere 42 kg di cocaina. Locatelli era uno dei luogotenenti
del noto boss calabrese Alessandro Barberi. Ex perito chimico per l’Enichem di Gela
Barberi era uno dei « colonnelli » del famoso clan della « n’Drangheta » dei Madonia
che si opponevaa quello di Salvatore lacolano in una guerra senza esclusioni di colpi.
Barberi gestiva il riciclaggio di forti somme di denaro sporco utilizzate per acquistare
cocaina in Sudamerica. ln pratica era il finanziatore di un narco businnes che ha poi
portato al ricupero di oltre un quintale e mezzo di stupefacente con partite sequestrate
in mezza Europa. ln tale contesto vennero a galla vari nomi, fra cui quello di Alfio
Caruso, un feroce assassino, latitante dopo essere stato condannato a 30 anni di
carcere per una serie di omicidi avvenuti in Sicilia.
Da tempo erano in corso intercettazioni telefoniche sul gruppo di Locatelli, ma i
francesi non disponevano di dati concreti per « chiuderc » l’ operazione. lnvece di
attendere pazientemente, come logicamente avrebbero dovuto fare, commisero una
serie di affrettati arresti e perquisizioni negli appartamenti occupati dagli uomini di
Locatelli. Il risultato fu pressoché nullo, i 42 chili non furono trovati.
Fra gli arrestati c’era il pluripregiudicato Alessandro Troja, trovato con un
documento faiso. Su di lui la polizia francese, l’OCRTIS, fece allora delle enormi
pressioni ottenendo le informazioni necessarie per incastrare il Locatelli.

A suivre…

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En ce temps la:

EN EUROPE ET AUX AMÉRIQUES

Trafiquants et corrompus

par Maurice Lemoine, juin 2001

« QUAND ils n’ont pas connu de fin violente, la plupart des trafiquants que j’ai fait mettre sous les verrous sont libres (…). Quant aux financiers dont les noms sont apparus dans le cadre des enquêtes sur le blanchiment de l’argent de la drogue, ils n’ont pas été inquiétés (1). » Commissaire de police suisse spécialiste de la lutte antidrogue, Fausto Cattaneo est l’un des agents de pénétration des réseaux de trafiquants les plus décorés de sa génération. Il raconte « les relations inavouables qui unissent les cartels de la drogue aux mondes de la banque, de la finance, de la politique et à certaines franges de la police et des services secrets ».

S’entrecroisent dans son ouvrage la nébuleuse des mafias, des magistrats frileux – parmi lesquels Mme Carla Del Ponte, actuelle procureur du Tribunal pénal international à La Haye -, le groupe Fininvest de M. Silvio Berlusconi, le Vatican, et une « morale de l’histoire » : « Tous les chemins mènent aux blanchisseries suisses. »

Tous les chemins mènent-ils également aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ? Oui, prétendent la légende noire de la « narcoguérilla » et quelques mouches du coche qui, sur ce pays, ressassent les lieux communs : les guérillas auraient « monté en puissance en même temps que s’estompait leur dimension idéologique et qu’elles dérivaient vers le crime organisé  (2). »

EXPOSANT l’exacte nature de leurs relations, Jean-François Boyer rappelle (3) comment les « commerçants » du cartel de Cali, à la fin des années 1980, prennent pied dans la haute Amazonie et acceptent les conditions que leur imposent les FARC. « Ils sont prêts à payer l’impôt révolutionnaire. » Toute autre démarche, M. Carlos Castaño, chef des paramilitaires, « possède ses propres laboratoires de cocaïne [et] semble jouer le rôle de juge de paix (…) lorsque se présente un conflit [entre narcos] ». Même si, comme le note l’auteur, quelques cadres des FARC, transgressant les règles de leur organisation, ont passé des accords contre nature, localement, avec les mafias.

Il relate comment, dans le Mexique de M. Carlos Salinas de Gortari, « les privatisations de la période 1989-1995 (…) ont permis aux narcos, avec la complicité de l’Etat et des narcopoliticiens, de devenir une puissance économique légale ». Rappelant que le système bancaire américain blanchit la moitié des 500 à 1 000 milliards de dollars issus des activités criminelles, l’auteur évoque le financement de la campagne électorale du président colombien Ernesto Samper, en 1994, par le cartel de Cali.

On est loin du parti pris d’un troisième ouvrage (4), propagandiste du concept de « narcoguérilla ». Ouvertement critiques à l’égard des négociations de paix entamées par le président Andrés Pastrana, les deux auteurs (ou l’un d’entre eux) se déshonorent en donnant pour représentatifs de pseudo-sondages publiés par une certaine presse colombienne : « Plusieurs enquêtes révèlent que (…) 60 % de la population ne souhaitent pas le démantèlement des paramilitaires (5) (…), une majorité de la population demande la participation directe de troupes américaines pour détruire la guérilla. » Passant rapidement sur le fait que « le cartel [de Cali] arrosait systématiquement toutes les couches de la société colombienne », ils se livrent à une défense sans nuance de l’ex-président Samper.

Leur ouvrage a évidemment déclen ché moins de réactions que La rage au coeur, récit autobiographique de la sénatrice colombienne Ingrid Betan court (6). Elle a fortement agacé ceux qui ne veulent voir dans la nation andine qu’une « démocratie » prise en otage par des « groupes criminels armés ». Or, si elle se montre très critique à l’égard des guérillas, la sénatrice lance de graves accusations contre une classe d’hommes politiques « sans envergure, sans idéaux, seulement épris de pouvoir et d’argent », dont l’ancien président Ernesto Samper (1994-1998).

Menant contre la corruption d’Etat une lutte courageuse, elle donne à voir l’un des ressorts, souvent sciemment dissimulé, d’une guerre civile qui n’en finit pas : « Le peuple colombien a aujourd’hui le sentiment d’être impuissant face à ces élus corrompus qui, sous prétexte de prendre en main son destin, le lui ont confisqué. »

Maurice Lemoine

(1) Fausto Cattaneo, Comment j’ai infiltré les cartels de la drogue, Albin Michel, Paris, 2001, 345 pages, 120 F.

(2) Yvon Le Bot, « Quel zapatisme après le zapatisme ? », Le Monde, 8 mars 2001.

(3) Jean-François Boyer, La Guerre perdue contre la drogue, La Découverte, Paris, 2001, 256 pages, 130 F.

(4) Alain Delpirou et Eduardo Mackenzie, Les cartels criminels. Cocaïne et héroïne : une industrie lourde en Amérique latine, PUF, coll. « Criminalité internationale », Paris, 2001, 228 pages, 148 F.

(5) Les paramilitaires se livrent actuellement à d’importants massacres de populations civiles dans le Sud Bolivar, le Cauca, le Putumayo, et ont littéralement investi, avec la complicité de la force publique, la ville de Barrancabermeja.

(6) Ingrid Betancourt, La rage au c ur, XO Editions, Paris, 2001, 249 pages, 119 F.

source: http://www.monde-diplomatique.fr/2001/06/LEMOINE/1666

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LIRE aussi:

FRANCE: Histoire secrète de la corruption sous la 5e République.

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Arrestation spectaculaire à Bucarest.

media La cheffe du parquet chargé de la criminalité organisée et du terrorisme, Alina Bica, à Bucarest en juillet 2014.
AFP PHOTO / DANIEL MIHAILESCU

La chef du parquet anti-mafia a été placée en détention préventive pour 30 jours. Elle serait impliquée dans une affaire de corruption qui aurait provoqué un préjudice de plus de 60 millions d’euros à l’Etat roumain.

Avec notre correspondant à Bucarest, Luca Niculescu

Même pour un pays où l’on est habitué à voir des hauts responsables derrière les barreaux, cette affaire est énorme. La chef du parquet chargé de la criminalité organisée et du terrorisme a été interpellée en pleine rue, puis placée en garde à vue pour une affaire de corruption. Ce sont les procureurs d’un autre parquet, la Direction anticorruption, qui mènent l’enquête.

L’affaire remonte à 2011. À l’époque, Alina Bica était responsable de l’agence pour la restitution des propriétés qui avaient été confisquées par l’ancien régime communiste. À ce titre, elle aurait fermé les yeux sur une très forte surévaluation d’un terrain. Le préjudice pour l’Etat roumain serait de plus de 60 millions d’euros.

Lutte sans merci

L’enquête n’est qu’à ses débuts et plusieurs autres personnes ont été arrêtées. Des sources proches de l’enquête ont déclaré que cette affaire pourrait secouer profondément le monde politique roumain et que d’autres révélations sont attendues les prochains jours.

Depuis quelques années, la justice roumaine est engagée dans une lutte sans merci contre la corruption. Dans ce contexte, plusieurs dizaines de hauts responsables, dont un ancien Premier ministre, ont été condamnés à de lourdes peines de prison.

Publié le 23-11-2014

source: http://www.rfi.fr/europe/20141123-roumanie-cheffe-parquet-anti-mafia-arretee-corruption-alina-bica/

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