COKE EN STOCK (CXV): les mormons… encore, et la découverte d’un véritable consortium international de contrebandiers

L’appareil lui appartenait toujours, selon la FAA, lorsqu’il s’est écrasé.  
Et bien revoilà que notre homme a fait reparler de lui, en plein mois d’août et d’une façon aussi spectaculaire, comme l’a indiqué le journaliste Pierre Nizet dans le journal La Meuse en date du 20 août dernier.  
Le frère du consul honoraire de Belgique en Utah semble cette fois-ci dans de beaux draps, accusé cette fois d’avoir participé à un trafic d’or.  
Oui, de l’or cette fois, habilement dissimulé.
 
passeport-marc-didier-510x362Le passeport du belge Marc Didier  saisi par la police
Après la coke, le métal précieux …
L’avion saisi cet été au Paraguay avec de l’or habilement dissimulé dans un alliage de bronze appartient en effet à notre désormais habitué des faits divers, à savoir Marc Didier et sa société d’achat et de vente d’avions installée dans le fief mormon de Draper, Best Aircraft Deals, LLC (son siège est en effet situé à 1378 E Perrys Hollow Road, à Draper (84040), son « agent » résidant au 1378 Perrys Hollow road de Salt Lake City, UT 84103).  Or c’est aussi l’adresse de la maison (estimée plus de 900 000 dollars) du patriarche mormon de la famille Didier, à savoir Charles Didier, d’origine belge, devenu il y a plusieurs années une haute autorité de l’église mormone (le fils ayant été privé par décision de justice de sa propre villa, comme j’ai pu déjà l’écrire ici-même).  Dans le registre de création d’une des sociétés de Marc Didier, Charles est d’ailleurs le « secured party » de l’entreprise, à savoir son garant.  Et il l’est aussi pour Best Aircraft Deals… ou l’était, Best Aircraft Deals, créé le 11 février 2015 a en effet été fermé le 12 juin suivant…  l’agent représentant la société se définissant comme celui de Dominican Oil & Gas Exploration, LLC to, dont le responsable n’est autre que… Marc Didier en personne (la firme ayant été créée voici aujourd’hui onze ans).  Tant d’opacité maintenue laisse envisager plein de choses douteuses, et … c’est le cas.  Le nom de Dominican Oil & Gas Exploration, LLC était apparu en 2011 avec un premier lien avec des mexicains, en s’associant à Grupo Zapata Arce, une division de Metales y Minerales S.A. De C.V, pour d’obscurs achats et ventes d’acier.  Le même mois, le groupe ainsi formé avait investi 1,200,000 dollars dans Rsignia, Inc.  (1) un groupe s’occupant de cyber securité solutions mais aussi de détection, de calculs de risques d’impacts (« mitigation« ), de contre-mesures ou d’analyses.  La société a été acquise en 2012 par KEYW Corporation (2).  En 2016, Air&Cosmos annonçait que Rsignia INC avait signé un contrat de trois ans avec l’Air Force Research Laboratory…bae-125Marc Didier avait rappelons-le bel et bien acheté le BAE 125  numéro de série 257138/NA-0298, immatriculé N917TF.  On l’avait retrouvé en pièces détachées sur la plage de Puerto Columbia le 20 mai 2015, après un crash filmé de bout en bout par l’armée colombienne, qui avait suivi de près sa descente, filmée par des caméras infrarouges. L’appareil n’avait pas été abattu, semble-t-il, mais il s’était bien crashé avec un moteur en feu.  Il lui avait été vendu le 1er mai 2015 par Florida Aircraft Sales, mais n’avait été radié du registre américain que le 28 mai bout-repêché1-12015 et annoncé comme vendu à Marc Didier (et à une de ses entités, le « Grupo Zapata Arce Division Metales y Minerales LLC« , une société travaillant officiellement au Mexique et en Chine dans l’extraction du minerai de fer et la fabrication d’acier, du moins c’est ce qu’elle annonçait)… Lavion s’était donc écrasé huit jours auparavant, la FAA ne l’ayant radié définitivement que le 2 juin 2015 alors qu’il était déjà en miettes !!! Etrange rattrapage de faits… L’enquête que j’avais effectuée avait révélé d’autres étrangetés de ce dossier, comme le fait que Marc Didier affichait sur le net un autre lien pour les achats d’avions, un lien ne répondant plus depuis plusieurs mois déjà. Tout avait intrigué dans cette affaire, comme le fait que le site B3A (Bureau of Aircraft Accidents Archives) relatant les crashs, affichait désormais depuis un lien perdu vers la photo de l’appareil (voir ici  et là) alors que le dossier relatant l’accident avait lui disparu… le site d’Aviation Safety Network relatant lui désormais le crash, précisant bien que « the aircraft was identified as N917TF which departed Fort Lauderdale Executive Airport, Floria for Toluca, Mexico on May 1, 2015′.Avec l’ami Falcon, on avait donc bien retrouvé l’avion avant que ASN n’annonce sa disparition… le seul bout reconnaissable flottant en mer était bien le bon ! A noter que l’ASN n’a mis en ligne cette certitude que le le 4 août 2016… soit bien après nos révélations !!!
lire sur: http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-cxv-les-mormons-encore-et-la-decouverte-dun-veritable-consortium-international-de-contrebandiers/

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BOLIVIE (Coke en Stock (CXII)): des liens inquiétants avec le pouvoir

8 février 2016

Comme on a pu le voir dans l’épisode précédent, un bon nombre d’élèves-pilotes formés par le nombre important d’écoles de l’air boliviennes sont devenus des transporteurs de coke, effectuant le plus souvent le trajet Pérou-Bolivie, puis Bolivie-Brésil, ou inversement. Si ces écoles nourrissent elles aussi le trafic, c’est qu’un certain laxisme existe à leur égard. Notamment l’absence totale de vérification des ventes d’appareils américains, provenant le plus souvent de rebuts, ce qui explique aussi un bon nombre de crashs recensés étant donné leur vétusté. Mais d’autres formes de facilitation du trafic apparaissent dans les arcanes du pouvoir du pays. Les militaires eux aussi ont été tentés, comme on va s’en apercevoir, et une personnalité surprenante est apparue dans ce contexte : l’ex miss Bolivie, devenue proche d’un ministre, retrouvée en liaison avec un trafiquant brésilien recherché, lié lui-même à des personnes troubles que l’acteur Sean Penn avait suivis de près, sans que la presse ne le rappelle récemment. Pourquoi donc, voilà une bonne question !

cessna couchéLa chute des avions commencée l’année 2015 se poursuite donc en ce milieu d’année : le 13 juin, nouvel arrivage, à Piraicito cette fois. Et nouveau décollage raté : un très élégant Cessna 210 Centurion II s’est couché sur l’aile droite, visiblement embourbé sur sa roue droite, en tentant de décoller sous le feu des hommes de l’armée bolivienne  venus intercepter l’appareil. A bord, il y a 60 paquets de cocaïne pour 125 kg au total. Au moment de l’intervention des soldats, deux hommes se sont échappés dans les montagnes, mais il seront arrêtés un peu plus tard, cachés dans des buissons. Deux frères ont été tués dans l’affrontement, en descendant de leur 4×4 venu prêter main forte à l’avion :  Carlos Toni (30 ans) et Yasmani Carballo Loza (25 ans), impliqués selon les renseignements « dans des activités de trafic de drogue ». crash cessnaDeux radios et un bidon à essence d’aviation sont également découverts. L’avion est immatriculé ZP-TMV. Selon la version officielle, une patrouille avait déjà observé un atterrissage d’avion léger dans la région, lorsque le Cessna est à nouveau apparu, plusieurs personnes dans un véhicule ont ouvert le feu sur les soldats, la réplique ayant tué les deux trafiquants présumés. Le 26 juin, on reparle de l’école des kamikazes vu dans l’épisode précédent avec un petit Cessna 152 appartenant à une école d’instruction, Alas Beni, qui s’est écrasé à Trinidad; à quelques mètre seulement de l’aéroport Jorge Henrich.  Alexis Soruco (l’instructeur) et David Fernando (Edwin) Orellana (l’étudiant) sont tous deux tués dans l’accident. L’appareil,  CP-2808 a été complètement détruit à l’impact. Il est effectivement en miettes. L’avion, numéro de série 15284032ancien N4937H américain datait de… 1979, il avait 36 ans… il avait été exporté des USA en 2013 par « RAUL BEUNO EXPORTATION INC« , enregistré à… Wilmington, dans le Delaware (on l’aurait parié !). L’enquête évoquera une panne moteur, tout simplement. Le 15 juillet, on découvre 40 kilos de coke à Beni, avec 49 000 dollars à la clé. Le trafic avait lieu à Trinidad et Santa Ana; le gang ayant pour chef un dénommé « Negro Fabio ». Trois avions et un véhicule lui appartenant sont saisis.

CP2838Le 22 août on part.. au Pérou, direction les vallées de l’Apurimac et de l’Eune (zone du VRAE). Deux hélicoptères MIL en patrouille ont aperçu un avion bolivien, ou plutôt ce qu’il en restait. Il était immatriculé CP-2838. Aperçu ici  à El Trompillo (SRZ / SLET) en Bolivie le 22 janvier 2015. « Tombé à Vilcabamba et chargé avec de la cocaïne, son pilote avait survécu à l’accident et avait réussi à communiquer par téléphone satellite avec la Bolivie, au propriétaire de la coke… qui lui avait envoyé un autre avion pour la transporter alors que deux groupes d’indigènes de Llochegua étaient partis pour secourir le conducteur et la charge « . Ce sont eux qui auraient vidé l’avion, « peu de temps avant l’arrivée du contingent de police ». Le CP-2838 avait été exporté en Bolivie en 2013 par Martin Rapozo. En Bolivie, il a été enregistré au nom de Sandra Datzer Rodriguez, la femme de Fernando Rapozo, le frère de Martin. Avant cela, il avait volé à Anchorage, Alaska… exactement comme le Cessna U260G CP-2890 retrouvé lui aussi abandonné mais avec à côté  356,6 kilos de cocaïne et un téléphone satellite , deux GPS Garmin device deux transmetteurs radio et deux téléphones portables. Or surprise, le propriétaire de l’avion s’appelait aussi…  Martin Rapozo !!! Selon Insight Crime « l’avion était un parmi ces dizaines de vieux avions américains vendus à des acheteurs boliviens au lieu d’être envoyés à la ferraille »…

saisie

Mapa_nuevo2L’excellent Insight Crime va à partir de cet exemple brosser un terrible réquisitoiavions rapozore contre celui qui prive de vie de jeunes pilotes boliviens : « Martin Rapozo Villavicencio, le propriétaire du petit avion écrasé CP-2890 en 2014, a acheté plus de 30 avions aux États-Unis, qui ont été par la suite exportés vers la Bolivie. Idl-Reporteras et  Caretas ont lu les numéros d’immatriculation des 33 avions de Raposo, dont beaucoup ont été repérés volant dans le VRAEM et dans la vallée de Pichis-Palcazu. Beaucoup d’avions ont été déclarés sur des sociétés fictives enregistrées, mais certains ont également été enregistrés sous le nom de son frère, Fernando Rapozo. A plusieurs reprises, le nom de la famille Rapozo est apparu lorsque l’on regarde dans les registres des avions, capturé, ou crachés au Pérou ». A droite les 10 avions repérés comme appartenant bien à la famille Rapozo. Le 26 Août, 2015  la presse bolivienne rapporte que le Pérou avait détecté pas moins de 222 vols de narco-avions en trois mois, sur le territoire national péruvien. Il était entré autant d’aéronefs pour charger 77 tonnes de drogue, selon un député du Pérou. Un rapport de la Direction Anti-Drogue révèle que 13 vols par jour partent vers la jungle péruvienne dans l’est de la Bolivie. Le gouvernement a approuvé la loi pour abattre des avions emportant de la drogue.

CP-2914blessésLes arrivés incessantes au Pérou rendent les militaires impatients sur la gâchette. Le Cessna CP-2914 visible ici à gauche resté accroché dans les arbres a été abattu par un hélicoptère péruvien le 15 avril 2015 dans le Río Tambo, à Satipo. Son pilote, Ramos Silva, 28 ans, est brésilien. Pilote de ligne à Curitiba, il a a été blessé lors du crash à Satipo. Selon la presse « il a été embauché par une connaissance d’un ami qui vit en Bolivie pour faire ce transport privé ». Aucune trace de drogue n’avait été trouvé à bord ». Ses parents et surtout sa mère, Vera Lúcia de Moura, crient à l’erreur manifeste. Le 17 avril, le pilote Brésilien est transféré à Lima et il est admis à l’hôpital Hipólito Unanue publique, après avoir reçu une balle dans le bras et l’abdomen. Le 21 mai, il est libéré de la prison de Satipo, dans le département de Junín. Visiblement, il y a avait eu.. bavure. On avait pu voir les miliaires péruviens s’activer dans leur hélicoptère auprès des deux blessés, dont le jeune Silva (ici à droite).


Et ce n’est pas fini. « Le 13 février de cette année (2015), les forces de sécurité publique auraient découvert les restes d’un avion écrasé dans les forêts de Pichari. Le numéro de série sur le moteur de l’avion était encore identifiable, et lié à un avion acheté par une entreprise d’ Opa-Locka, en Floride, et exporté- vers « Rapozo Export » à Santa Cruz, en Bolivie. Sur les trente avions achetés par Rapozo aux États-Unis (où il a une résidence à Tarpon Spring, en Floride) et exportés vers la Bolivie, les dossiers des forces de sécurité ont compté le CP-2859, capturé en juillet 2014; le CP-2721, capturé en 2012, tandis que le CP-2812 écrasé juste trois jours après le CP-2890 en novembre 2014. En termes de sécurité aérienne, le trafiquant bolivien Rapozo et d’autres transporteurs ont fabriqué les lignes de bus les plus mortelles de Lima question sécurité. Presque tous ces avions sont achetées vers la fin de leur capacité de voler. Chaque pont aérien de vol représente un profit pour les trafiquants de drogue, mais le mépris pour la vie des pilotes. »

ATB CessnaLe 1er septembre,  c’est un pilote brésilien de trafiquants de drogue lié au Commando Vermelho qui est tué dans une fusillade avec la brigade des antinacos de l’Unidad Móvil Policial para Áreas Rurales (UMOPAR) à Montero (en fait il meurt dans son transfert à l’hôpital d’El Trompillo), dans le département de Santa Cruz, alors que son avion contenant 300 kilos de cocaïne s’est embrasé. Son copilote paraguayen est arrêté. L’avion est à nouveau un Cessna 210L immatriculé ZP-BHW, l’ancien N4643Q américain.  Ce dernier, le  27 août 2014 faisait le trajet Floride-Providenciales (une île dépendant de l’archipel de l’archipel des Turques-et-Caïques) Le journal télévisé d’ATB rend compte de l’affaire et montre même le survivant arrêté en l’interviewant : l’homme avoue bien avoir transporté 300 kilos de coke. L’avion avait été enregistré comme exporté au Paraguay. Le vendeur étan « N6364S LLC », enregistré bien sûr dans le Delaware ! Le site de la société annonce exporter au nom d’Arturo Anibal Acosta. En 2014, le 18 avril, l’homme a vendu le  Cessna 210L Centurion, numéro de fabrication 21059940 datant de 1973, immatriculé aux USA N627BA, dans l’état de « USADA A REPARAR » à un dénommé LUIS MARIA SARUBBI DUARTE.

saisie capitaineRebelote le 3 septembre avec un Cessna Stationair TU206G 6 avec l’enregistrement CP-2781  (ex N925Y américain, venu de Boise, dans l’Idaho) qui se fait pincer à l’atterrissage, juste avant son redécollage, après que les hommes du Groupe pour le Renseignement et les Opérations Spéciales (ISOG) et de la FELCN (les forces boliviennes) soient restées en planque une semaine sur place en attendant son arrivée. A bord, 362 kilos de pâte de coca… prête à partmilico-narco-1ir vers le Brésil. Cette saisie courante dan le secteur et surtout l’arrestation de son pilote vont bousculer le choses en fait. Car son pilote n’est autre que Yimy José Urzagaste Zabala, qui est aussi capitaine de la Fuerza Aérea Boliviana (FAB), comme l’atteste la photo ci-contre prise lors de sa formation. L’affaire fait automatiquement grand bruit. En avril, un article avait indiqué que les forces de la FELCN elles-mêmes étaient « vulnérables aux narcotrafiquants ». Car son cas pose question, et il n’est pas le seul : en mars, c’est l’ancien commandant de la police nationale et ancien chef de la FELCN, le général Oscar Nina qui avait été accusé de blanchiment d’argent, d’enrichissement illicite et d’avoir eu des liens avec le trafiquant le plus connu, Joaquin «El Chapo» Guzman, dont les déboires ont fait la une de tous les journaux récemment. En septembre, c’était  le chef du Groupe de la police civile de soutien (GACIP) de la ville bolivienne d’El Alto, Juan Carlos Tapia Mendoza, qui avait été arrêté le 12, accusé de trafic de cocaïne. 42,7 kilos de cocaïne ont été retrouvés chez lui, à Santa Cruz, à 900 kilomètres de El Alto. Zabala, Nina, puis Tapia : l’Etat bolivien voit ses représentants sombrer devant l’attrait de l’argent que leurs promettent les trafiquants !

CP-2630 19Sep15Le 19 septembre, c’est encore un autre Cessna U206F modèle Stationair, immatriculé CP-2630 (N°U20602939) qui est retrouvé à San José de Chiquitos. A intérieur, on a retrouvé 6 sacs de jute avec 35 paquets de cocaïne. Le 7 octobre, c’est un nouvel appareil d’une école d’aviation de Viru Viru qui se crashe dans une commune rurale de Santa Rosa del Sara, blessant le pilote instructeur et son élève. « Une défaillance mécanique » selon le rapport des autorités. L’avion était un Cessna 152 II (IFR) immatriculé CP-153, ex N89564. Le numéro de fabrication de l’avionest le N°15282788 : il datait de 1979… et avait donc 36 ans d’âge, encore une fois.

Les avions pleuvent, et la Bolivie ou le Pérou leur font la chasse. idl-rLe Pérou surtout, comme on avait pu le voir avec un Cessna CP-2907 aperçu à Santa Rosa fin novembre 2014. Filmé ici au dessus de sa zone d’atterrissage en tain de tenter de fuir un Hind de l’armée péruvienne. L’équipe de IDL-R à l’affût filmant la poursuite. Des Hind plus très jeunes, que le Pérou possède en effet depuis les années 90... C’est à la même équipe que l’on avait dû l’atterrissage d’un Cessna (CP-2873) ensuite attaqué par les forces terrestres péruviennes. 

miss bolivia

Une question se pose : en Bolivie, Morales, partisans de ne pas pénaliser les paysans faisant pousser de la coca, plante « nationale » a-t-il trop laissé faire ? On serait à même de le penser en lisant un article inquiétant du journal Veja. Celui-ci évoque clairement des liens entre des trafiquants et le pouvoir. « Veja a eu accès aux rapports produits par une unité de la police bolivienne de renseignement, révélant entre autres choses, une connexion directe entre un confident d’Evo Morales, le ministre de la présidence Juan Ramon Quintana, et un trafiquant de drogue brésilien qui purge actuellement sa peine dans la prison de sécurité maximale de Catanduvas à Parana. Un document intitulé « Arrestation d’un fugitif international » et signé avec le nom d’infiltration « Carlos », décrit comment les agents boliviens ont identifié la maison du Brésilien Maximiliano Dorado Munhoz Filho en 2010″. 

Maximiliano Dorado Munhoz Filho« Max, comme il est connu, et sa bande avaient une hacienda à Guajara-Mirim et dans huit autres villes de Rondonia, qui ont reçu la drogue apporté à partir d’aéronefs boliviens. Mensuellement, le groupe de « Max » reçoit environ 500 kilos de cocaïne qui sont ensuite transportés à San Paulo et Rio de Janeiro (schéma extrait de Globo.com, dossier Epoca). Le trafiquant de drogue s’est échappé de Urso Branco (1) dans Rondonia en 2001, et d’ici là il est  soupçonné se cacher en Bolivie.  En fait, il était caché dans un bâtiment sur la rue Chiribital,  au coin de Pachiuba dans un quartier riche de Santa Cruz de la Sierra. Le 18 novembre 2010 à 14 heures, les policiers qui gardaient le bâtiment y ont été les témoins d’un dîner de fête. Quintana, alors le deuxième  homme le plus puissant de la République est apparu en compagnie de Jessica Jordan, 28 ans, célèbre dans son pays pour être élue Miss Bolivie seulement quatre ans plus tôt. Tous deux avaient à l’époque, une position de confiance parmi les institutions étatiques ». Quintana a été le directeur de l’Agence pour le développement de macro-régions et des zones frontalières. Il y a deux mois, Jessica a été nommée par le vice-président Alvaro Garcia Linera (ci-dessous à gauche avec Jessica) comme Directrice Régionale du Développement de l’Etat de Beni, département qui partage des frontières avec Rondonia, entre le Brésil où va la plupart de la drogue bolivienne. Jessica Quintana est entrée dans la maison de Max les mains vides et 20 minutes plus tard est ressorti avec deux mallettes. Le contenu de celui-ci est inconnu » précise Veja, laissant entendre bien des choses  fort deuxdérangeantes. « Deux mois après la réunion avec les membres du gouvernement de Morales, « Max » a été arrêté dans une opération conjointe menée par la Police fédérale brésilienne et un groupe de membres triés sur le volet du service de renseignement a conduit de la Bolivie au Brésil. D’autre part, Quintana a été nommé par Evo Morales, l’année suivante en tant que ministre de la présidence, l’équivalent de la maison civile brésilienne, poste qu’il avait déjà occupé de 2006 à 2009. L’histoire de l’agent Carlos et de la rencontre entre les membres du gouvernement et le trafiquant de drogue brésilien et font partie d’une série de documents divulgués à la presse bolivienne et américaine pour mouvement politique vers le socialisme (MAS), le parti de Morales ». Depuis, en avril 2014, Jessica a été éloignée et expédiée comme consul à New-York. ce qui n’a pas été sans critiques : « Jessica Jordan n’a pas les capacités politiques et diplomatiques pour prendre la charge. Le gouvernement devrait nommer une personne avec une histoire et une expérience diplomatique pour effectuer un bon travail et bien représenter notre pays « , avaient  les députés de la Convergence nationale (CN), Osney Martinez et Thomas Monasterio ». Mannequin et ambassadrice : à quand ici un poste de ministre pour Nabila (ou son chien) ?.

Selon Insight Crime toujours, la Bolivie est aujourd’hui « à l’épicentre du trafic de drogue en Amérique du Sud » . Avec notamment en point de mire le trafic vers le Brésil. « La Bolivie est très située près de celui qui est actuellement le deuxième plus grand consommateur de drogues illicites dans le monde: le Brésil. Elle partage une frontière avec également le principal producteur de cocaïne au monde, le Péro, et le principal producteur de cannabis en Amérique du Sud, le Paraguay. En outre, l’Argentine connaît une augmentation de la consommation intérieure de drogue, en particulier de « crack » ou du « paco », une forme de cocaïne qui peut être produite en Bolivie. Aujourd’hui, même les marchés intérieurs de la consommation de drogue au Chili et au Pérou affichent une croissance. Aujourd’hui, la Bolivie est littéralement au cœur du commerce de stupéfiants en provenance d’Amérique du Sud. Si l’on ajoute le fait que la Bolivie produit également son propre cocaïne, nous constatons qu’il ya une variété d’opportunités criminelles. Cette dynamique en Amérique du Sud est totalement indépendant des itinéraires de trafic de drogues traditionnelles qui fournissent le marché américain. En effet, des sources nous ont dit ici à InSight Crime a déclaré que l’analyse chimique de la cocaïne saisie aux États-Unis montre que seulement cinq pour cent de celui-ci vient de Bolivie. » L’exception en Bolivie étant une faible criminalité : « curieusement, il ya peu de violence entre clans criminels de la Bolivie, ce qui est la raison pour laquelle leurs activités attirent peu d’attention. Contrairement aux Colombiens et de plus en plus du Brésil, la criminalité organisée bolivienne préfère résoudre pacifiquement leurs différends. Ceci peut être expliqué en partie par la force de la culture indigène en Bolivie, qui a horreur de la violence et essaye de trouver des solutions communes à des problèmes. Cependant, il ya des preuves d’une augmentation des meurtres liés à la drogue à Santa Cruz, même si cela est peut être plus liée à la COT que les différends entre clans criminels de la Bolivie. L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a averti que l’augmentation de la violence est presque inévitable si la Bolivie maintient sa position en tant que producteur et de point de transit pour les drogues. » 
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L’un des principaux trafiquants brésiliens opérant en Bolivie s’appelle Maximiliano Dorado Munoz Filho. En 1996 il avait été condamné à 7 ans de prison pour trafic de drogue. Il avait été arrêté dans l’état de Rondonia, dans le Guayaramerín, au Brésil, il avait mis en place un laboratoire de cristallisation de la cocaïne. Trois ans plus tard, il est accusé d’avoir ordonné l’assassinat du Directeur de la Sécurité de la prison d’ursa Branco à Porto Velho, où il avait été enfermé. En 2000, retrouvé libre, il est à nouveau arrêté pour trafic de drogue et possession illégale d’armes à feu : la police brésilienne a établi qu’il était le propriétaire d’un avion transportant la drogue, qui était entré au Brésil. en 2001, il avait fuit le Brésil pour se réfugier en Bolivie. Deux ans plus tard on l’accuse de l’assassinat du capitaine Edvilson, de la police militaire de l’Etat de Rondônia, dans la ville de Pimenteiras, à la frontière avec la Bolivie. En fuite depuis novembre 2010, il est arrêté à Trinidad, puis est expulsé de la Bopennlivie par les autorités, pour se retrouver à la prison fédérale de Porto Velho au Brésil pour y purger une peine de 33 ans d’enferment. Son frère, Osi, a été arrêté près de Trinidad, dans l’état de Beni. Mais l’histoire des deux trafiquants va devenir plus… complexe, disons, en mêlant des personnes inattendues. Les deux frères étaient liés à Jacob Ostreicher, avait-on appris lors de l’enquête. En 2010, l’homme aurait remis  25 millions de dollars  à une secrétaire colombienne, Liliana Rodriguez, la secrétaire d’André Zolty, un avocat suisse, pour un obscur projet de développement agricole datant de 2008 portant sur la production de riz. Les 25 millions devaient être en effet investis en Bolivie selon lui, du blanchiment selon d’autres. Le gestionnaire de la ferme des investisseurs, Ronny Suarez, avait en effet été déclaré comme trafiquant de drogue. Au même moment, l’ambassadeur américain avait critiqué la confiscation des grandes fermes et des ranchs de grands propriétaires terriens décidés par Morales, dont celui d’un éleveur américain, nommé Ronald Larsen. Selon les investisseurs, c’est Liliana Rodriguez (Claudia Liliana Rodríguez Espitia) qui avait détourné leur argent lors de l’achat de machines et de fournitures à crédit et en mettant aussi des titres fonciers à son nom seul, disaient-ils, reconnaissant qu’elle avait planté le riz sur des terres appartenant au trafiquant de drogue brésilien Maximiliano Dorado et à son frère cadet. Une défense qui semblait un peu sommaire, Rodriguez étant leur femme de confiance depuis des années. Les révélations de l’affaire feront grand bruit, Zolty et Ostreicher étant des juifs orthodoxes. Etrangement, l’acteur Sean Penn, qui a fait parler de lui récemment pour l’affaire d’El Chapo, avait lui aussi rencontré Ostreicher et avait même assisté à son procès en décembre 2011 !!! Après avoir réglé une caution, le même Ostreicher, né à Brooklyn, sera simplement assigné à résidence en Bolivie. Le cas va devenir plus étonnant encore, quand le 16 décembre 2013, Ostreicher réapparaît soudainement aux États-Unis après être resté près de 30 mois en Bolivie. Personne ne sachant comment il avait réussi à fuir le pays ! Au Brésil, pendant ce temps, Maximiliano Dorado Munoz Filho semblait lui toujours jouir d’une aura incroyable et de soutiens jusque dans la magistrature : récemment, en 2015, on a appris en effet qu’il avait déjà réussi à changer de statut comme prisonnier… pour réussir à sortir en semi-liberté et pour aller prendre par la même occasion des cours de pilotage d’avion (ça ne s’invente pas !) :  « Pendant deux ans et dix mois, Maximiliano Dorado Munhoz Filho, l’un des chefs (« ambassasors ») du « Narcosul », est resté derrière les barreaux pour implication dans le trafic de drogue entre le Brésil et la Bolivie. En octobre de l’année dernière, Max a réussi à passer du régime fermé à la résidence surveillée. Le 6 mars de cette année,  il a encore bénéficié d’un autre avantage: il a gagné le droit de prendre des cours de pilotage d’aéronef à l’aéro-club de Porto Velho – alors que les plus grandes organisations du Narcosul y opéraient un pont aérien de cocaïne de la Bolivie, le Brésil, le Pérou et le Paraguay »… le problème n’est pas que bolivien, visiblement. C’est bien pourquoi nous allons nous diriger vers le Brésil, dans de futurs épisodes…

(1) Le pénitencier de sécurité maximale Jose Mario Alves da Silva, mieux connu sous le nom d’ursa Branco (Ours Blanc), est une prison dans la ville brésilienne de Porto Velho, Rondônia. La vie y est infernale : « depuis 2001, les personnes de ette prison souffrent de graves abus, avec des épisodes de faim et la mort même pour les prisonniers, la police en ayant violemment exécuté comme répression (au moins une centaine de détenus). Le cas de non respect répété des droits de l’homme a été l’objet d’un jugement de la Cour des droits de l’homme interaméricaine, avec des sanctions imposées au Brésil et le suivi des mesures adoptées par le pays »

on peut relire :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xxxix-en-bolivie-une-91607

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-cxii-en-bolivie-aussi-des-liens-inquietants-avec-le-pouvoir/

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AERO-NARCOTRAFIC (Coke en stock – XCV): une nouvelle mise en scène au Venezuela

coke en stock

Ma série d’articles sur le trafic de drogue au Venezuela (1) a été un franc succès : j’ai même eu le droit à des réactions… amusantes. Telle celle de Michel Collon, l’homme qui voulait remettre il y quelque temps le prix Nobel à Ahmadinejad  (ici sponsorisé par le sinistre Croah de Joe le Corbeau) ou plus exactement une réaction de Jean Araud, qui écrit chez Collon (2). Oh un gars dont l’indépendance ne fait aucun doute à lire ses activités actuelles : « il travaille pour le ministère de la Femme. il y coordonne un travail de lutte contre la désinformation que les grands médias internationaux véhiculent dès que l’on a affaire au Venezuela. » peut on lire ici. On retrouve le même dans le « fameux » Cercle des Volontaires » du rouge-brun Raphael Berland (celui qui invite facilement la négationniste María Poumier) pour affirmer chez Berland qu’il « vit des journées exceptionnelles à Caracas », ou « il n’a vu aucune violence »L’homme est aveugle, ou ne connait pas les statistiques, c’est sûr. Caracas avec 119 meurtres par 100 000 habitants était en 2012 a troisième ville la plus dangereuse au monde après San Pedro Sula (au Honduras et Acapulco. Et ça empire (on est aujourd’hui à 125 pour 100 000 à Caracas), Valencia et Maracaibo s’ajoutant à la liste. De quoi dissuader les touristes, en effet. Plantons donc tout d’abord le décor… n’en déplaise à Michel Collon et ses amis …

La violence endémique au pays est bien dissimulée, nous dit aussi MadmoiZelle.com : « une partie du problème est liée à la violence et aux criminels eux-mêmes, qui ne cessent de se multiplier : la violence est en augmentation depuis des années (+14% en 2012) notamment à cause de la quasi-impunité de ces crimes. Très souvent, il n’y a aucun suivi, aucune enquête, donc forcément les criminels ne se sentent pas menacés et n’hésitent pas à recommencer. En cela la politique n’aide pas ; l’insécurité, principal cheval de bataille de l’opposition, est étouffée par le gouvernement, qui depuis 9 ans a interdit de diffuser régulièrement toute information officielle sur les chiffres de la criminalité et la violence. Les journalistes se rendent eux-mêmes tous les lundis matins à la morgue de Bello Monte, principale morgue de Caracas, pour tenter d’obtenir des informations de première main’ ». Un régime qui n’étouffe pas que ça… les chiffes sont atterrants : rien que pour le mois d’août, 368 corps ont été apportés à la morgue de Bello Monte (un quartier de collines à Caracas même) raconte cet été même El Nacional.

crime-dd647A se demander comment Jean Araud fait donc pour ne pas la voir, cette violence !!! « Caracas est la ville la plus dangereuse du pays. Si la majorité des crimes sont commis dans les « Barrios », bidonvilles locaux disséminés dans la ville, aucun autre quartier n’est réellement épargné par ce fléau. Le quartier de Chacaito (avenue de « Sabana Grande » notamment), pourtant situé dans l’est de la capitale, zone plus résidentielle et considérée comme relativement moins dangereuse que l’ouest et le centre, n’est pas non plus sans risque. Plusieurs de nos compatriotes ont été victimes d’agressions dans ce quartier. » Le gouvernement français, donne comme consigne à ses ressortissants de faire attention, à Caracas mais aussi dans «  les autres grands centres urbains (qui) ne sont pas épargnés »L’une des zones les plus dangereuses décrites étant le « les zones frontalières avec la Colombie et le Brésil, particulièrement dangereuses en raison des activités de la guérilla colombienne ainsi que des mafias spécialisées dans le trafic de stupéfiants, la contrebande d’essence et les enlèvements. » On y vient, effet… a ce générateur de violence qu’est le trafic de drogue.

Aeronave-abatida-f18eeLe 24 mai dernier s’est produit un événement désormais habituel là-bas. Un crash d’avion, lié à un trafic de drogue. Ou en tout cas présenté comme tel par les autorités, toujours les seules habilitées à en parler, dans le pays. Ça s’est passé à Ricaurte, dans près de Cojedes, au Venezuela, endroit où la ville principale s’appelle… Libertad. C’est situé au Nord du pays, mais l’avion, selon les autorités, venait de Manaus, au Brésil. Par la route, 2352 km, et un peu plus de 1600 en avion (en ligne droite). Ce dernier étant un Embraer EMB-820C, la version sous licence brésilienne du Piper Navajo, appareil qui semble avoir la prédilection des trafiquants brésiliens en ce moment : souvenez-vous du PT-LHO (choisi sur Wikipedia ?) découvert en Apure, muni de bidons d’essence supplémentaires pour augmenter son rayon d’action, comme j’avais ci vous le montrer. L’avion a au départ une portée de 1,875 km, mais pas à charge maximale. Dans ses soutes, avant et arrière, l’avion peut emporter 600 livres (soit 272 kg) de bagages ; comme on le sait.

autol_good-75534Pour ce qui est de l’avion tombé ce 24 mai dernier, et présenté encore une fois comme « abattu » par la chasse bolivarienne, il n’y pas de doute : c‘est bien un Embraer… venu du Brésil, une information confirmée par Le député fédéral brésilien Marcelo Rezende Salvio Vieira le surintendant régional de la police fédérale dans l’Etat d’Amazonie, qui affirme aussi que le Brésil n’enquêtera pas, car l’avion était en règle là-bas. Sur place, au Venezuela, en effet, on a vite semble-t-il déjoué la fausse immatriculation arborée par l’avion détruit.  Cétait un simple autocollant affichant le numéro YV1246 (vénézuélien) qui recouvrait l’original, qui était bien le PT-RCN brésilien (montré ici par Irwin Ascanio, le responsable de la lutte antidrogue, qui enlèvera lui-même l’autocollant pour mieux le montrer). Vu de plus près, l’autocollant semble fort peu adhésif, pourtant, et ressemble plutôt à une feuille de papier froissé : c’est de la bâche adhésive, tout simplement.

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Un avion visible ici, au Manaus Aeroclube de Flores (un aérodrome assez actif à une seule piste, ici sa page Facebook, celle de passionnés d’aviation où règne une sympathique ambiance) une photo prise le 21 février 2015, à peine trois mois avant où il se présentait dans la livrée dans laquelle il s’est écrasé, ou presque. A un détail près… A signaler que l’approche de l’aérodrome de Manaus, situé au bord de la ville, est plutôt dangereuse. De gros porteurs s’y posent pourtant tel ce Boeing 767 Cargo d’Absa vu ici en phase de descente.

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Pour clore le débat, sur la provenance de l’appareil, rien de tel que sa plaque de fabrication, qui ôte tous les doutes : pas de problème puisqu’on nous la propose officiellement, photographiée en gros plan :

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Fernando_e_Sorocaba-18564Avant d’appartenir à une école de pilotage, l’avion avait été loué par deux vedettes locales brésiliennes, un duo (plutôt pénible à écouter) intitulé Fernando et Sorocaba, qui ont abandonné l’appareil pour un Beechcraft C-90 plus puissant, immatriculé PT-FES vu ici au décollage sur la piste de Raimundo de Andrade devant des fans extasiés. On peut voir ici le cockpit, et là l’arrivée de l’appareil. Les deux loustics collectionnent les vols sur avion-taxi, comme ici sur un Beech 200, toujours à Raimundo de Andrade. Au Brésil, l’avion d’affaires de ce type est courant, tant il existe de petits aérodrome herbeux. Et là aussi, on y abandonne parfois de superbes montures. Surtout les trafiquants !!! Le Beechcraft King Air B-200 GT PR-ARN, datant de 2007 (N° BY-021, ex N34651 par exemple, vu ici au décollage de São José do Rio Preto-SP, en 2009. Un reportage assez ahurissant de la télévision brésilienne du 20 décembre 2010 nous l’annonçait comme… abandonné sur un aérodrome privé d’Iturama par une firme censée être une société fabricante de sucre et d’alcool. down1-0d060Le Brésil est confronté à des trafiquants, qui ne font pas tous dans la drogue et qui n’hésitent pas à abandonner leurs appareils quand il le faut, comme leurs collègues andins : ceux du Twin Commander 500-S, immatriculé PT-DRO ayant tenté de se poser en pleine nuit sur une piste à à 3 km de la ville de Piracuruca avaient été obligés de le faire… vu l’état de leur avion, au train brisé. L’avion appartenait à la société Marnanglo Empreendimentos e Participaçôes S / C / Ltda. Une société mise hors de cause, la personnalité du véritable utilisateur étant celle d’un ancien vérificateur fiscal condamné par la Cour fédérale à São Paulo pour inconduite. down2-4c7b7En mars 2013, il avait déjà été visé par l’opération de police « Persona », qui avait montré qu’avec un partenaire, il avait créé un groupe avec plusieurs sociétés destiné à des importations frauduleuses, qui ont laissé un déficit de 3,3 milliards de reals en impôts. À l’époque, avaient été saisis de 86 milliards de reals de marchandises. Cette fois-ci, l’appareil avait bien transporté de la coke : à bord avaient été trouvés des fragments de cocaïne, deux équipements GPS (Global Positioning System), neuf bidons d’essence et des tuyaux de carburant. L’avion avait une fausse immatriculation, collée à l’adhésif…

chinita-92fc1L’immatriculation qui masque l’originale de notre cas d’étude du jour, étrangement, rappelle des choses. En 2009, un document judiciaire chargeait deux vénézuéliens, Alfredo Rolando Martinez (alias Freddy Doe) Luis González, responsables de l’entreprise Taller Aeronautico Maracaibo installés à l’aéroclub de l’aéroport international de La Chinita (indicatid SVMC), qui avaient été accusés de trafic de cocaïne. Des traces évidentes de coke et de chlorhydrate avaient été relevées sur trois de leurs avions. Le numéro YV1410, de modèle Piper Seneca II, N° de série 34-757286, certificat d’immatriculation 6644, le YV1246, de marque Cessna Modèle 210N, numéro de série 21064761, mais aussi le YV1217, detention_avions-81199un Cessna T210M, numéro de série 21062899, précédemment enegistré HK-4576 (avec comme propriétaire en 2008 Ramirez Perez Jose Antono). Le Cessna, ex N110M de 1982 provenait de la société International Oilfield Chemicals inc à Lafayette, USA Avant le procès, d’autres noms de trafiquants avaient alors été cités par le chef de l’antidrogue vénézuélienne, Néstor Reverol, et d’autres avions encore, tel le YV2186 et le YV2513 (lYV2513 ou le YV1028P?), lors d’une présentation médiatisée du 2 Juin, 2009, comme le pouvoir vénézuélien en a pris l’habitude. Les gens qui ont choisi l’immatriculation de l’appareil qui s’est récemment écrasé n’avaient donc, on suppose, aucune connaissance de l’existence de son ancien confrère, un Cessna 210N, immatriculé pareil, et saisi voici six ans par les autorités pour trafic de drogue !!! Une inconscience révélatrice ? A croire, en tout cas qu’il y en a beaucoup, d’appareils, qui, saisis par les autorités vénézuéliennes, sont restés sur place, immobilisés, au point que plus personne ne sache exactement leur immatriculation, ou leur nombre exact. Certains ont même complètement… disparu !

YV1315_4-21721Le 24 juillet dernier, le Ministère des Transports annonçait d’ailleurs en écho à cette constatation la liste (impressionnante) des avions « abandonnés » (3), selon lui, au Venezuela. Mal lui en a pris : on pense à une clarification, sur l’intensité du trafic de drogue, et c’est tout l’inverse en fait, tant le répertoire offert est truffé d’erreurs flagrantes. Sont notamment comptabilisés comme « abandonnés » des avions complètement en miettes ou même disparus…. Cela ressemble à un beau mic-mac, en effet : il y en aurait 500 exemplaires en effe laissés sur place par leur propriétaire... selon les autorités. Or la liste est pour le moins…fantaisiste. Figurent par exemple le Cessna 310R (YV1975) parti de Puerto Ordaz et crashé en Apure : l’avion, pris dans des turbulences le 26 août 2008, s’était désintégré et ses morceaux éparpillés sur 1,5 km !! Comme exemple d « abandon » on pourrait trouver mieux !!! Le YV2193 y est aussi cité, un Cessna modèle 182P, qui avait été contraint d’atterrir sur la route dans à San Sebastian de los Reyes… avant de s’enficher dans l’arrière d’un camion : l’avion avait été détruit : drôle « d’abandon », encore une fois ! correspondances-dfab6-af4f5Le YV2615, un Britten-Islander de 1968 (le N°20) avait lui complètement disparu avec 6 personnes à bord début 2013 au large du parc de l’archipel de « Los Roques » (ici son dernier décollage, avec sa porte mal fermée !). On le retrouvera le 27 juin 2013 gisant par 73 mètres de fond : un total « abandon », passagers compris, pour cette fois-là ? Pour le numéro YV2527 cité, ce n’est guère mieux : cest un hélicoptère Bell 206B complètement détruit, lui encore, à Las Malvinas II, près de San José de Guanipa, dans l’état d’Anzoátegui, en 2012. L’YV2663 est lui un Cessna 402B qui a plongé en pleine mer le 9 février 2012 à Punto Fijo, dans l’état de Falcon : un appareil « abandonné » aux poissons du coin ? Dans la liste on trouve aussi un autre tas de ferraille qui pourra difficilement revoler : le Britten Islander YV2238accidenté le 16 janvier 2015 lors d’un atterrissage violent sur l’île Gran Roque. Idem pour le YV1315 au même endroit, avec cette fois un beau plongeon le 10 octobre 2014… 2531_repere-b5ed5l’avion avait été littéralement coupé en deux avant d’aller à la baille ! il n’y avait eu que des blessés (sept), un vrai miracle ! Etc et etc… le sommet étant atteint, je pense, avec le Beechcraft 200 immatriculé 2531, qui avait servi à faire un show médiatique sur une prétendue saisie de drogue (lire ici la version de Daniel Hopsicker), et que des observateurs avaient retrouvé plus tard… incendié : on ne peut mieux comme abandon (4) !! Bref, un ministère qui compte comme « abandonnés » par leur propriétaire des avions détruits, irréparables ou même complètement disparus, voilà qui ne fait pas franchement sérieux….

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Et ce qui vaut pour les petits vaut aussi pour les plus gros : est cité par exemple dans la liste le YV2749, qui est en fait un DC-9-32 comme l’est aussi le YV368T, lui aussi cité. Or ce sont des appareils commerciaux de la société Avesa Airlines, photographiés ici en 2007 à La Guaira avec un troisième collègue en cours de démontage de réacteurs…  la firme vénézuélienne existe toujours, et elle a été obligée de changer en 2014 ces derniers DC-9 contre des MD-88 plus récents, provenant de Floride, et dOpa-locka  !!! Ce sont nullement des abandons, mais bien des appareils réformés !!! Et que dire du YV397T : un Boeing 737 certes de 35 ans d’âge, mais toujours vaillant chez Rutaca Airlines, qui ne présente parmi ses appareils aucun avion réformé ou scrappé. Pour ne rien améliorer, est aussi listé l’YV379T et le YV369T, tous deux encore en état de fonctionnement, avec le même propriétaire bien actuel ! Le 2 mai dernier encore, un MD-88 d’Aeropostal, numéroté YV485T, subissait une explosion de réacteur au moment de l’atterrissage a l’aéorport Internacional Jacinto Lara… Idem pour le cas du DC-9 YV136T datant de 1976, ex Finnair, qui avait subi un « hard landing » à Puerto Ordaz comme on dit sobrement dans sa fiche de décès : un atterrissage tellement brusque le 13 juillet 2011 que ses deux réacteurs étaient tombés, le fuselage se tordant par la même occasion. Il y avait ce jour là 130 personnes à bord ! Un vrai miracle ! Direction la casse (avant, « l’abandon »... ») !

photo_broyage-626f0Le plus amusant, dans cette annonce, est que le Ministère du Pouvoir Populaire pour le Transport Aérien et Aquatique (MPPTAA), l’organisation des aéroports bolivariens (BAER), dans la foulée déclaré « l’expulsion des aéronefs déclarés juridiquement abandonnés », au terminal international « Jacinto Lara » situé à Barquisimeto, dans l’Etat de Lara mais aussi sur l’aérooport « Oscar Machado Zuloaga » de Miranda ; celui de la La Chinita » à Zulia et à l’aéroport international « Arturo Michelena » de Valence, dans l’État de Carabobo. Joint à l’article de presse, on pouvait en effet voir une pelleteuse munie d’une mâchoire s’en prendre à un birmoteur Piper. D’autres aéroports font l’objet d’un « nettoyage » d’épaves. A la ChinitaSVMC (les DC-9 de Zuliana y sont), il y a fort à faire,comme le montre ce reportage vidéo comme ici au SVMI (l’aéroport Int’l Maiquetía Simón Bolívar).

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Celles-ci sont broyées par une pelleteuseles morceaux rassemblés en tas (comme ci-dessus) avant d’être jetés dans une benne de un semi-remorque de ferrailleur. L’aéroport de José Antonio Anzoátegui fait de même. L’opération fait l’objet dune communication officielle du BAER. Le pouvoir en place annonce la destruction de 69 épaves. Par rappport à la liste des manquants, c’est une goutte d’eau ridicule. Celle-ci en affiche… 1068. Les écuries d’Augias de l’aviation vénézuélienne sont encore loin d’être nettoyées… !!!

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Des avions « abandonnés », ou réduits à des tas de ferraille, des avions broyés, comme celui qui nous intéresse aujourd’hui (visible ci-dessus qui semble effectivement aussi avoir été victime de l’opération de « nettoyage » des débris), et que nous allons étudier en détail très bientôt, si vous le voulez bien… un peu de patience… que diable !

(1) pour tout dire, j’ai commencé cette série début 2010 chez Agoravox avec la découverte en novembre 2009 du Boeing 727 retrouvé incendié à Tarkint au Mali, sous le nom de Morice. Un sujet riche : j’en suis à bientôt 100 articles en effet. Dès le premier article, j’ai aussitôt été l’objet d’un post-mining qui aujourd’hui ne m’étonne plus, quand je vois les personnes que cela a pu concerné. L’article d’abord refusé (alors que j’étais un des premier à avoir analysé l’évènement) a été ensuite accepté, des mois après, quand les auteurs des attaques et des votes négatifs en masse ont été virés du site. Ici, j’avais alors résolu de m’appeler Momo, pour éditer notamment une longue série de 17 épisodes décrivant Dieudonné et ses turpitudes, longue enquête bloquée chez Agoravox pour les raisons que vous pouvez facilement soupçonner. Le site Cent Papiers étant tombé entre temps en rade, et moi-même ayant perdu ma connexion « Momo », j’ai recréé rapidement un « fantôme de Momo », d’où l’appellation actuelle. N’en déplaise à certains; Morice=Ghostofmomo » en effet. Je garde ainsi ma liberté de parole, que ça plaise ou non… (surtout ici aux partisans du régime vénézuélien, parodie de démocratie), voici donc le 95eme épisode d’une série sur le trafic de cocaïne dans le monde, dans lequel je ne retiens en général que le trafic aérien (seul, je ne peux pas tout traiter en effet !!).

(2) avec deux articles censés répondre aux miens…

http://www.michelcollon.info/Venezuela-un-article-d-Agoravox.html

http://www.michelcollon.info/Venezuela-un-article-d-Agoravox,5205.html?lang=fr

C’est amusant de constater que l’auteur s’appuie pour la Colombie sur les dires remontant à 1998 de Paul Coverdall, sénateur américain républicain, responsable du fameux Peace Corps créé en 1961 par John Fitzgerald Kennedy et nommé par Bush (père) et plus tard a soutenu directement le fils dans sa campagne électorale contre McCain… ou quand les rouges-bruns s’appuient sur du bleu.

Dans le second volet, la phrase hilarante du « guérillero médiatique » (c’est comme ça quil se décrit) est « Mais comme le show doit continuer, Washington et ses larbins vénézuéliens apatrides s´entêtent à poursuivre leurs tentatives cycliques d´impliquer le gouvernement vénézuélien avec le narcotrafic, un moyen comme un autre de justifier tout type d´interventions, incluant coup d´état ou invasion made in USA. Les épisodes se succèdent donc au rythme d´objectifs soigneusement choisis. » Selon Araud, il ne faut donc pas être « apatride » au Venezuela , alors quil est lui-même français, pour parler correctement du pays, et comme il le laisse entendre, je serais le « larbin » des USA, après avoir dénoncé sans répit ici les activités de la CIA, celles de G.W.Bush pendant la guerre en Irak ou mon nombre d’articles conséquent sur la militarisation des esprits aux USA ou les gabegies du Pentagone…. « larbins apatrides » on croirait entendre le PCF des années 50, voire un clone de Dieudonné … !!!

(3) la liste complète est là :

http://www.inac.gob.ve/informacion/AvisoDeclaratoria

(4) lire ici la terrible charge contre le gouvernement, accusé d’avoir assassiné deux personnes susceptibles d’être compromettantes : Edilberto Rosales Escalante, le conducteur de la Ford F-350 (N°A76AEOB) qui avait recueilli le chargement de cocaïne et Luis Alberto Fuentes Garde nationale Pernia, le second pilote qui savait qui était le fournisseur et qui servait d’intermédiaire avec les trafiquants. Selon lui, l’avion avait fait pas moins de 5 aller-retours entre La Carlota et Cabo San Roman. La lutte antidrogue, le CICPC étant selon l’auteur le grand manipulateur de l’opération, ainsi que le ministre Tarek Zaidan El Aissami Maddah, devenu depuis gouverneur d’Aragua, largement impliqué dans l’affaire. L’homme est lié à « El Pollo » Carjaval (voir mes articles).

 

PS : Il semble bien en effet que notre lecteur assidu n’ait pas tout lu. Alors voici donc les articles concernés :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxviii-un-second-164974

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxvix-le-precedent-165608

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxx-l-heritage-du-160160

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxi-l-esbrouffe-160211

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxii-le-venezuela-160618

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiii-au-venezuela-160235

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiv-pris-la-main-160456

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxv-un-temoignage-165293

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvi-l-implication-165185

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvii-un-procureur-160617

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxviii-chavez-le-160616

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxix-la-corruption-165661

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xc-la-route-de-l-165730

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xciii-on-revient-165740

on peut lire aussi :

http://www.insightcrime.org/news-analysis/is-venezuela-becoming-the-most-dangerous-nation-in-latin-america

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